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DJENNE DJENO ?

Levy Doudjon

 

La ville de Djenné, ce beau fleuron tant renommé pendant la période médiévale est situé à 130 km au sud-ouest de Mopti. Elle est depuis la préhistoire un important carrefour de plusieurs mouvements migratoires et une zone d'attraction pour l'homme et les animaux en raison de ses potentialités halieutiques, agricoles et pastorales surtout le bourgou Echinocloa Stagina. Au fil des siècles, la ville de Djenné, aux portes du Delta intérieur du Niger, cette vaste zone d'inondation localement appelée Pondo, a vu naître et s'épanouir plusieurs civilisations et cultures dont Djenné Djéno située à 4 km au sud-est de l'actuelle ville de Djenné.

 

 

                                   Photo aérienne de Djenné et des sites archéologiques

 

 

Le gardien du site de Djenné Djeno

                                   Une vue du site archéologique de Djenné Djeno

 

 

Les fouilles archéologiques dirigées par le couple américain Susan et Roderick McIntosh de l'Université de Rice à Houston aux USA en 1977et 1981, ont révélé que Djenné Djéno, habitée au 3e siècle avant notre ère, est l'une des  plus anciennes agglomérations urbaines de l'Afrique au Sud du Sahara. Les premiers habitants de cette cité florissante seraient des proto-Soninkés qui sont probablement arrivés du sud du Sahara (une zone humide et fertile, transformée en désert pendant le premier millénaire avant Jésus Christ) à la suite d'une longue migration de plusieurs siècles.

Ces nouveaux venus connaissaient déjà l'agriculture et la métallurgie du fer. Djenné Djéno s'est rapidement développée. Vers 300-500 après Jésus Christ, elle est devenue une cité. Les sépultures en jarre funéraire datent de cette période tout comme les cases rondes dont les traces sont visibles sur le site. Entre 600 et 800 après Jésus Christ, la ville atteint son apogée avec une superficie de 33 ha.   Cette cité était  fortifiée par un rempart épais de 3, 70 m à la base et s'étendant sur 2 km autour du site.  Elle fut abandonnée vers 1400, pour des raisons non encore élucidées pour l'actuelle ville de Djenné,   après seize siècles d'occupation.

 

Fouilles archéologiques de 1981 sur le site archéologique de Djenné Djeno

 

                        Jarres funéraires sur le site de Djenné Djéno

                        Traces d'habitat sur le site

 

Divagation des animaux sur le site

 

 

                        Coupe schématique de l'évolution de la ville de Djenné Djéno.

 

Ces vestiges archéologiques, les témoignages exceptionnels de civilisations préislamiques et urbaines  présentes dans le delta intérieur du Niger ont été un des critères (iii), ayant contribué à l'inscription du bien <<les villes anciennes de Djenné>> sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Le site de Djenné Djéno, constitue après la mosquée de Djenné, l'une des attractions touristiques de la ville.  Il est visité annuellement par plus d'une dizaine de milliers de touristes toutes nationalités confondues.

Le site de Djenné Djéno est aussi loin de livrer tous ses secrets. Les fouilles archéologiques jusque là menées sur le site ne représentent qu'environ 2% de la surface totale du site qui est de 33 ha.

 

Cependant, ce riche potentiel archéologique, se dégrade inexorablement affectés par des facteurs naturels et anthropiques dont l'érosion provoquant des ravinements, l'accélération des eaux de ruissellement, les phénomènes éoliens,  l'urbanisation anarchique, la divagation des animaux et la négligence.  L'érosion provoque chaque année  la disparition de 15 cm environ du site de  Djenné Djéno.

 

 

 

Malheureusement, la conservation (la consolidation voire le renouvellement) de ces équipements de protection n'a pu être assurée de façon satisfaisante. Le cordon pierreux est très dégradé n'offrant plus une protection suffisante pour empêcher le transport des éléments constitutifs des niveaux élevés vers les niveaux bas. De plus, la ceinture verte constituée d'arbres plantés autour du site est devenue très clairsemée voire rabougrie et détruite par endroits, du fait des coupes anarchiques et des pâturages incontrôlés.

 

Le site de Djenné Djéno est malheureusement inscrit depuis 1996 sur la liste rouge des sites les plus en danger dans le document intitulé « list of 100 most endagered site » selon le World Monument Fund.

 

 

 

 

                                   Trou de pillage sur le site de Djenné Djeno.

 

A cela, il faut ajouter un émiettement très prononcé du mobilier archéologique de surface, provoqué par les piétinements incessants (touristes, bétail, riverains), la persistance du pillage et la construction de la route de dérivation devant traverser le site de Hambarketolo.

Malgré, sa  richesse, le site archéologique de Djenné Djéno, ne répond pas aux critères d'une visite organisée surtout pour les visiteurs non accompagnés. Les inscriptions du seul panneau introductif sur le site commencent à être défraîchies. 

 

Le site souffre de différents maux :

-         absence d'équipements pour l'interprétation et la lisibilité des vestiges (brochures guide, panneau d'information, signalétique, dispositif d'interprétation),

-         absence d'équipements de visibilité des sites, notamment les panneaux d'orientation dans la ville et sur les sites ;

-         un seul gardien pour 33 ha.

Pour répondre aux attentes des touristes de plus en plus exigeant, il faut disposer très rapidement des équipements promotionnels. 

Dans le but de promouvoir les activités touristiques,  la Mission culturelle dont la mission est la sauvegarde et la promotion du patrimoine culturel sollicite la  construction  d'un mur d'enceinte autour du site archéologique de Djenné Djéno le plus exposé à ces phénomènes et de réaliser des équipements pour une meilleure interprétation du dit site surtout pour les visites non accompagnées.

Au vu de la situation de dégradation du site archéologique de Djenné Djéno, la Mission culturelle lance un appel à tous les amoureux de Djenné et les archéologues à un sursaut d'orgueil afin de sauver ce témoignage matériel de notre riche histoire, l'un des trente (30) sites les plus importants du monde.

Cependant compte tenu des moyens limités allouées à la mission culturelle, celle-ci s'associe à des partenaires techniques et financiers afin d'atteindre les objectifs sus- visés, à savoir la préservation et la mise en valeur  de notre patrimoine archéologique, un pan de notre identité culturelle.

 

Levy Dougon

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