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Mois de mai

Article du 27-05-06

 

PALAIS DE KOULOUBA

Cent ans et toujours témoin impassible de l'histoire du Mali

Le Palais de Koulouba, lieu de résidence et de travail du président de la République, a 100 ans. Les festivités commémoratives du centenaire qui s'achèvent ce dimanche ont débuté le 23 mai dernier à Koulouba sous l'égide du chef de l'Etat.

Bamako a été érigée en capitale à la place de Kayes en 1903. Les travaux de construction du palais de Koulouba ont duré de 1904 à 1908. L'administration prit place à Koulouba en 1906 et le gouverneur y aménagea en 1908. Aussi la date de 1906 est-elle considérée comme l'année de naissance du palais de Koulouba dont l'anniversaire est en train d'être fêté. Le palais de Koulouba, bâti grâce à l'initiative du gouverneur colonial, le général De Trentinian, a hébergé six gouverneurs blancs de Borgnis-Desbordes à E. Louveau.

Les festivités du centenaire du palais de Koulouba sont une initiative personnelle du président ATT. Il l'a fait savoir mercredi au cours du lancement des cérémonies qu'il a présidé. Selon lui, la célébration de cet événement, est un témoignage aux générations futures. Le palais, explique-t-il, est le siège du pouvoir mais aussi un patrimoine national.

La cérémonie proprement dite a commencé par la projection d'un film documentaire co-réalisé par l'ORTM et le service de communication de la présidence. Ce film retrace l'historique du palais à travers les explications du Pr. Bakary Kamian. Il a été suivi du vernissage de photos des différents gouverneurs coloniaux qui se sont succédé à Bamako et des images du palais qui a subi des transformations au fil des ans.

Deux milliards pour agrandir le palais

Le chef de l'Etat a salué les efforts de ses prédécesseurs visant à rendre plus beau et plus attrayant ce joyau architectural. Chacun y a laissé son emprunt, de Modibo Kéita à Alpha Oumar Konaré en passant par Moussa Traoré. Alpha Oumar Konaré a construit une salle de conseil des ministres, un jardin avec l'effigie des différents gouverneurs, entre autres. ATT lui-même avec l'aide des partenaires étrangers procède actuellement à des travaux d'agrandissement pour la construction de nouveaux bureaux pour ses collaborateurs directs. La nouvelle bâtisse va coûter plus de 2 milliards de F CFA.

Des invités de marque étaient de la partie : le Pr. Iba Der Thiam du Sénégal et les représentants de toutes les régions économiques du Mali étaient présents à la cérémonie d'ouverture. La présence de Djimé Makadji, un octogénaire vivant à Nara et qui fut cuisinier au palais sous six gouverneurs blancs, a été le côté insolite du lancement des festivités. M. Makadji a donné des témoignages vivant sur ses rapports avec ses maîtres qu'il a trouvés généreux.

Les festivités qui s'étendent jusqu'à dimanche prévoient différentes manifestations : des expositions photos et d'archives, des tables rondes à la télé et à la radio, des animations culturelles, l'inauguration du buste du général De Trentinian, etc.

Abdrahamane Dicko

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COMPETITIVITE ET DIVERSIFICATION AGRICOLES

Vingt-trois milliards de F CFA pour le PCDA

D'un montant de plus de 23 milliards de F CFA, le Programme compétitivité et diversification agricoles (PCDA), financé conjointement par le Mali et la Banque mondiale, s'insère dans la double perspective de l'éradication de l'extrême pauvreté et la protection durable de l'environnement.

Fruit d'un partenariat fécond entre le gouvernement du Mali et la Banque mondiale, les activités du PCDA ont été officiellement lancées dans un hôtel de la place le 18 mai dernier par le ministre de l'Agriculture, Seydou Traoré, qui avait à ses côtés ses collègues de l'Elevage et de la Pêche, de l'Equipement et des Transports, de l'Environnement et de l'Assainissement, de l'Industrie et du Commerce.

D'un montant de plus de 23 milliards de F CFA sur 6 ans, le Programme est financé conjointement par le Mali et la Banque mondiale. D'envergure nationale, il démarrera ses activités prioritairement dans les régions de Koulikoro, Ségou, Sikasso, Mopti et le district de Bamako. Il cible des filières agricoles, d'élevage, de pêche et de cueillette à vocation commerciale. Son principal domaine d'intervention est axé sur le développement des filières porteuses dans le but de répondre aux grands défis nationaux pour un développement durable dans un contexte de libéralisation de l'économie, de promotion du secteur privé, de décentralisation et de désengagement de l'Etat des activités productives.

De façon concrète, il permettra la diversification de l'économie rurale et de tirer profit des opportunités économiques liées aux marchés d'exportation internationaux et de la sous-région. Il cherchera à promouvoir l'agriculture commerciale comme alternative à l'agriculture de subsistance et privilégiera une stratégie de mise en ouvre basée sur l'approche filière, l'approche régionale et la décentralisation, les interventions à la demande, la contractualisation et le principe du « faire-faire ».

En s'insérant dans la double perspective de la lutte contre la pauvreté et de la promotion d'investissements privés soutenus par les opérateurs économiques, le PCDA met l'accent sur l'augmentation et la diversification de la production agricole, le renforcement des capacités d'intervention de l'ensemble des acteurs du secteur, l'accès au crédit et le développement des infrastructures et équipements de base. Le tout mis bout à bout contribue à l'atteinte de deux Objectifs majeurs de développement du Millénaire à savoir : l'éradication de l'extrême pauvreté et de la faim et la protection durable de l'environnement.

La formulation du PCDA participe de la volonté du gouvernement, de valoriser davantage le potentiel agricole et de rendre plus compétitives les filières agricoles. Caractérisé par un montage institutionnel et un mode opératoire novateurs se traduisant par une forte responsabilisation des ministères en matière de pilotage et de coordination de sa mise en ouvre et la contractualisation des activités, le Programme est structuré autour de 5 composantes techniques : innovation et diffusion de technologies d'intensification et de valorisation des produits agricoles, appui à l'amélioration des performances des filières, amélioration des conditions d'accès au financement, réalisations d'infrastructures routières et marchandes, gestion administrative et financière du Programme.

Le ministre de l'Agriculture n'a pas caché sa satisfaction et sa confiance quant à la spécificité du Programme, tant il préconise une nouvelle vision de l'agriculture malienne, celle d'une agriculture vers le marché et une opportunité pour les professionnels des filières agricoles d'élargir leur base de revenu.

A sa suite, Mme Bouaré Fily Sissoko, assurant l'intérim de la représentante de la Banque mondiale au Mali, a réaffirmé la constante disponibilité de l'équipe de la Banque mondiale à ouvrer aux côtés du Mali pour la réussite du Programme combien porteur d'espoir pour les populations rurales.

Mohamed Daou

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YAMOUSSA FANE, CHEF MISSION CULTURELLE DE DJENNE

« Djenné renferme les témoignages d'une civilisation disparue »

Djenné devra son développement rapide à son inscription sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Dans l'interview ci-dessous le chef de la Mission culturelle de Djenné, Yamoussa Fané, évoque l'architecture unique de Djenné, les contraintes liées à son statut mondial, les infrastructures acquises et les retombées du tourisme sur la ville historique. Entretien.

OKN  : Vous étes le chef de la Mission culturelle de Djenné, pouvez-vous nous dire ce que c'est qu'une mission culturelle et quels sont ses objectifs ?

Yamoussa Fané : Une Mission culturelle a pour mission d'assurer la mise en ouvre de la politique nationale en matière de préservation et de mise en valeur du patrimoine culturel, classé patrimoine national du Mali et patrimoine mondial de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco). A cet effet, elle est chargée d'inventorier les biens culturels mobiliers et immobiliers présents sur le site ; élaborer et mettre en ouvre un plan de conservation, de restauration et de promotion du site ; assurer la participation des structures communautaires et des associations culturelles à la gestion du site ; exploiter et diffuser les sources écrites et orales de l'histoire locale.

Une mission culturelle est dirigée par un chef de mission nommé par arrêté du ministre chargé de la Culture sur proposition du directeur national du patrimoine culturel. Le chef de mission culturelle est chargé, sous l'autorité du ministre chargé de la Culture, de diriger, coordonner, animer et contrôler les activités du service. Il a rang de chef de division.

Une mission culturelle comprend les bureaux suivants : le bureau recherche et conservation, le bureau sensibilisation et promotion.

Le bureau recherche et conservation a pour mission d'inventorier les biens mobiliers et immobiliers du site et assurer leur conservation et leur mise en valeur ; élaborer et mettre en ouvre un plan de conservation, de restauration et de promotion du site ; assurer le contrôle des activités de recherche sur le terrain ; collaborer avec les institutions nationales et internationales de recherche ; contribuer à l'élaboration et à la mise en ouvre du programme d'aménagement culturel.

Le bureau sensibilisation et promotion a pour mission de diffuser les informations relatives au site pour le faire connaître ; assurer une large diffusion des textes en vigueur relatifs à la protection du patrimoine, notamment classé ; mener des activités culturelles tendant à préserver et à valoriser l'ensemble du patrimoine du ressort de la mission ; associer les structures communautaires traditionnelles, les associations culturelles, les commissions régionales et locales de sauvegarde du patrimoine culturel et les collectivités territoriales à la protection et à la promotion du site ; exploiter et diffuser les sources écrites et orales de l'histoire locale.

OKN : Quels ont été les critères qui ont prévalu au classement de Djenné comme patrimoine mondial par l'Unesco ?

Y. F. : Les villes anciennes de Djenné sont inscrites depuis décembre 1988 sur la liste du patrimoine mondial selon les critères III et IV ; à savoir la valeur exceptionnelle de son architecture de terre, qui a influencé le mode de construction de toute la sous-région et les sites archéologiques (Djenné Djéno, Hambarkatolo, Tonomba, Kaniana, Algassouba et Welingara), qui renferment les témoignages d'une civilisation exceptionnelle disparue.

OKN : Qu'est-ce que Djenné gagne grâce à son statut de patrimoine mondial ?

Y. F. : Le statut de patrimoine mondial de Djenné confère à la ville une renommée touristique presque inégalée dans la sous-région. Depuis quelque temps le nombre de touristes ne fait que croître (8981 touristes en 2003 et 9456 en 2004, selon l'Omatho/Djenné). La ville a reçu plus de 15 000 visiteurs en 2005, toutes nationalités confondues. Les implications économiques sont nombreuses et se traduisent par des créations d'emploi, la restauration, l'artisanat et les retombées pour le petit commerce.

Le tourisme contribue pour 30 % aux ressources internes de la Commune et a constitué 60 % des ressources mobilisées en 2003 et 2004. En plus des ressources générées par le tourisme, la ville a bénéficié de plusieurs projets dont entre autres : la construction en 1993 de la route bitumée Djenné-RN6 d'une longueur de 30 km dont environ 4 km entre le fleuve et la ville ; l'électrification en 1996 de la ville sur financement propre d'EDM-SA ; le projet d'adduction d'eau de la ville en 1992 financé par le Canada ; la réalisation du château d'eau en 1996, ouvre de la Coopération allemande (KFW) ; les projets de restauration et de réhabilitation de l'architecture traditionnelle financés par le Musée national d'ethnologie de Leyde (Rijksmuseum voor Volkenkunde Leiden), etc. La première phase de ce projet (1996-2003) a permis de restaurer une centaine de maisons monumentales. La seconde phase (2004-2007), en cours d'exécution, prévoit la réalisation des activités suivantes : 21 crépissages ; 5 crépissages plus documentation ; 11 restaurations.

Le projet pilote pour l'infiltration des eaux usées : ce projet, financé par les Pays-Bas, a permis la construction dans les quartiers de Algassouba et de Yoboucaïna de plus de cent systèmes d'infiltration des eaux usées et la formation d'ouvriers locaux. Les résultats sont probants. Les rues desdits quartiers sont assainies, remédiant ainsi à la stagnation des eaux usées.

Le projet de réalisation de systèmes d'infiltration : ce projet, financé par la KFW, a permis de réaliser 800 minis égouts à travers la ville.

Le réseau d'évacuation des eaux pluviales : le réseau d'évacuation des eaux pluviales prévu dans le cadre du schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme de 1992 a été réalisé. Il comprend 6,5 km de caniveaux de dimensions variables : 40/40, 60/60, 70/70 et 80/80 ; 1,160 m de cunettes. La longueur totale des ouvrages d'évacuation des eaux pluviales est de 8,4 km (caniveaux et cunettes)

La voie digue Djenné Mougna-Saye avec des voies secondaires à l'intérieur de la ville ; la restauration de la Grande mosquée de Djenné par le Réseau Aga Khan pour la culture. La construction du Musée de Djenné financée par l'Union européenne. La construction de la bibliothèque des manuscrits financée par le Psic.

OKN  : Le statut de patrimoine mondial comporte-t-il des contraintes et quelles sont les mesures d'accompagnement ?

Y. F. : L'inscription des villes anciennes de Djenné en lettres d'or au panthéon des sites du patrimoine mondial n'est plus un bien des populations, mais un patrimoine universel. Elle constitue non seulement une fierté seulement pour les Djennékés en particulier mais aussi pour les Maliens en général. Ce classement sur la prestigieuse liste du patrimoine mondial pose le problème de la gestion et de la conservation surtout pour un site vivant.

Ainsi, les populations sont portées sur les modifications de plan par l'introduction de matériaux durables à cause des difficultés économiques auxquelles elles sont confrontées depuis une décennie. La diminution du pouvoir d'achat des populations, due au déficit pluviométrique, ne permettait plus de faire face aux exigences d'entretien annuel que demandent les constructions en terre. Il a été constaté, qu'en dix ans, suite à deux inventaires que 30 % des maisons avaient disparu faute d'entretien.

Pour préserver cette belle architecture, caractéristique de notre identité nationale, d'une disparition inexorable, le Mali a initié en 1996 le Projet de restauration et de conservation de l'architecture de Djenné financé par le Royaume des Pays-Bas. La première phase de ce projet (1996-2003) a permis de restaurer une centaine (100) de maisons. La seconde phase (2004-2007) en cours d'exécution prévoit les activités suivantes : 21 crépissages ; 5 crépissages plus documentation ; 11 restaurations.

Ces projets de restauration, qui ont privilégié les façades monumentales, ont permis de sauver de la disparition de plusieurs maisons et de transformer l'ancien tissu urbain. Cette dynamique de restauration doit se poursuivre afin de couvrir l'ensemble du tissu ancien. En plus de la restauration de l'architecture, la ville a bénéficié de plusieurs projets de développement cités plus haut.

  OKN  : Vous êtes à la phase d'élaboration du plan de gestion et de conservation des villes anciennes de Djenné, pourquoi maintenant et quels sont les avantages de ce plan ?

Y. F. : Depuis son inscription en décembre sur la liste du patrimoine mondial, les villes anciennes de Djenné n'ont pas disposé d'un plan de gestion et de conservation.

Eu égard aux nombreux changements constatés tant dans l'ancien tissu urbain que sur les sites archéologiques, la Mission culturelle procède à l'élaboration d'un plan de gestion et de conservation des villes anciennes de Djenné dont l'objectif final est une vision partagée de tous les acteurs pour une bonne conservation et une promotion des villes anciennes de Djenné.

Ce plan de gestion et de conservation permettra une gestion consensuelle des villes anciennes de Djenné. Il permettra aussi de contribuer de la façon la plus efficace à la préservation et à la mise en valeur de la ville de Djenné dans une perspective de développement durable. A l'issue de ce travail, les limites de la zone classée ainsi que les zones tampons seront mieux définies permettant aux populations de réaliser certaines de leurs aspirations.

Propos recueillis par

Lévy Dougnon (Radio Jamana Djenné)

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LOGEMENTS SOCIAUX

"Koulouba II" inauguré à Nioro

A Nioro du Sahel, vingt nouvelles familles viennent de s'ajouter aux 1609 bénéficiaires de logements sociaux dans le cadre du programme immobilier lancé par le président de la République.

Bâtis sur une superficie de plus de 3 ha dans le quartier Koulouba, les 20 logements sociaux de type F2 ont coûté 306 757 387 F CFA, dont 169 552 183 F CFA de contribution de l'Etat malien représentant les frais d'études et de viabilisation.

Le prix de cession de chaque logement est de 6 111 600 F CFA qui seront remboursés sur 25 ans, sans intérêt, soit 20 372 F CFA par mois.

"La construction des 20 logements sociaux de Nioro , dira le ministre de l'Habitat et de l'Urbanisme, Modibo Sylla, est la traduction concrète de la volonté du président de la République d'étendre le programme de construction de 3500 logements sociaux à certaines localités de l'intérieur du pays" .

Aux 20 bénéficiaires (19 à Nioro et un résidant en France), le ministre dira que la réussite du programme dépendra de leur engagement à respecter les termes du contrat et à veiller à l'hygiène et la salubrité des lieux. Les bénéficiaires, par la voix de leur porte-parole, Sétigui Sako, ont promis d'honorer leur engagement et remercié le généreux donateur en ces termes. "ATT - A comme assistance aux peuples, T comme toit pour tous, T comme travail avant tout. Ce geste restera à jamais graver en lettres d'or dans l'histoire du Sahel occidental" , a-t-il dit.

Le maire de Nioro, Abbas Sylla, pour qui ce programme traduit toute la dimension sociale et humanitaire de l'action gouvernementale, s'est joint aux acquéreurs pour présenter des doléances à ATT. Il s'agit de la construction des écoles, centres de santé, la restauration des bâtiments administratifs, la couverture télévisuelle, etc. Le président de la République a pris bonne note de ces doléances et promis la réalisation d'une 2e tranche de logements à Nioro.

Amadou T. Touré se rendra ce week-end à Bandiagara et Mopti où il procédera à l'inauguration des logements sociaux de ces localités.

Sidiki Y. Dembélé

( envoyé spécial)

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DOSSIER PIERCING

La mode du nombril nu

Que Jennifer Lopez apparaisse sur un écran de TV avec un nez percé dans lequel est fichée une boucle d'oreille ou avec une chemisette sans boutons laissant voir sa plantureuse poitrine, le lendemain, dans les rues de Bamako ou de Kayes, il se trouvera des filles faisant les mêmes choses, peut-être avec plus d'éclat qu'elle. Mais.

Les temps de l'esclavage ont laissé chez nous des marques et des pratiques qui n'ont pas complètement disparu dans certaines sociétés. En raison de la précarité des conditions d'existence qui faisait qu'à tout moment on pouvait perdre sa liberté et devenir esclave, les groupes ethniques se sont inventés des marques à partir desquelles leurs membres pouvaient se reconnaître, où qu'ils fussent.

Les balafres et les autres scarifications corporelles sont nées de ce besoin de ne pas disparaître dans les violences intestines, mais elles ont perduré plus que de raison et sont arrivées jusqu'à nous. Dans certaines sociétés, les balafres ont toujours cours alors que dans beaucoup d'entre elles sont tombées en désuétude. Toutefois, les femmes de nos sociétés traditionnelles ont conservé certaines des pratiques anciennes qui relèvent plus de l'esthétique que de la terreur de la guerre.

Les canons de la beauté féminine bamanan, par exemple, recommandent à la jeune fille de se faire noircir les lèvres avec les moyens rudimentaires que lui offre la chirurgie esthétique traditionnelle, de faire ceindre la taille avec une tonne de perles dites « baya » qui déclenchent tout un orchestre derrière elle lorsqu'elle se met en mouvement. Chez les Peul, les deux lèvres sont noircies en plus des parures aux différentes parties du corps : cou, nez, chevilles, etc. Toutes ces précautions prises pour rendre la femme belle, n'ont rien à voir avec ce qu'on voit maintenant et que d'aucuns tentent de faire descendre des pratiques anciennes.

Dans les temps anciens, nos filles s'habillaient légèrement, mais cette forme de nudité ne choquait pas parce qu'elle était dans l'air de la mode vestimentaire de l'époque. Maintenant, elles s'habillent avec une négligence telle qu'on les croît partantes pour la provocation ou l'exhibitionnisme bon marché. Voulant paraître coûte que coûte, elles en arrivent à se dénuder partiellement et à exposer des parties de leur corps qui ne doivent pas l'être au grand jour.

Ne regardant que les chaînes de TV étrangères dont la plupart sont spécialisées dans les émissions à sensation et à scandale, où la nudité ne gêne guère, elles se mettent à imiter maladroitement les stars et les vedettes américaines et européennes. Que Jennifer Lopez apparaisse sur un écran de TV avec un nez percé dans lequel est fiché une boucle d'oreille ou avec une chemisette sans boutons laissant voir sa plantureuse poitrine, le lendemain, dans les rues de Bamako ou de Kayes, il se trouvera des filles faisant les mêmes choses, peut-être avec plus d'éclat qu'elle.

Même chose pour Jessica Parker qui se montrerait en robe de nuit sans vêtement de dessous ou marcherait en claudiquant comme un albatros malade. La manie d'imiter l'étranger est si puissante chez nos sours qu'elles oublient qu'elles ont un passé dans lequel elles peuvent se mirer et que le tronc d'arbre ne se transforme pas forcément en caïman en dépit d'un séjour prolongé dans le fleuve.

La mode du nombril nu est entrée chez nous il y a à peine dix ans. Depuis, aucune fille de la bonne société ne cache plus, aussi bien en public qu'en privé, ce petit bout de chair du bas ventre qui, en toute décence, ne doit pas être à l'air libre. Dans les sociétés rurales d'antan, le nombril des filles n'était pas caché ; il était exposé comme beaucoup d'autres parties du corps. Mais, les temps ont changé et les modes vestimentaires aussi. Mais pour autant, il ne faut pas pousser nos sours à se mettre dans des sacs noirs comme le veulent certains marabouts qui, les voyant en pantalons moulants et la moitié du crâne tondue comme chez les skinheads anglais, crient à la dépravation des mours et à la répression morale.

Il n'est pas logique de dénoncer les coups d'oil à l'Occident et de bénir les oillades de la mode arabe, même si on est musulman. L'arabisme, à tout prendre, est aussi condamnable que l'imitation servile et l'Occident en matière de mode et de création.

L'argument que développent ces filles et leurs parents pour justifier ces événements est que par les temps qui courent, c'est difficile d'avoir un mari. Nos sours feraient donc tout ça pour plaire aux hommes et se faire épouser. Elles iraient donc à poil et partiellement transformées par la mode étrangère pour avoir un époux. Mais hier comme aujourd'hui, les mariages se font aux mêmes conditions et une fille qui vont se marier arrive toujours à se caser.

Quand une fille a reçu une bonne éducation, elle n'a pas besoin de tous ces artifices pour avoir un mari. Parce que les artifices, c'est pour les petites gens. Et quand un peuple a cessé de croire à ces propres valeurs de civilisation et ne vit plus que sur celles de l'étranger, il devint ce qu'on appelle en bamanan un « don ba lafili » , autrement dit un être méconnaissable.


Facoh Donki Diarra

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Dr. YOUSSOUF BATHILY, MEDECIN

"Des règles d'hygiène à observer"

La pratique du piercing fait courir aux uns et aux autres beaucoup de problèmes de santé. Il y a même eu des cas de décès. Le Dr. Youssouf Bathily qui ne le condamne pas, précise ci-dessous les règles à observer.

Limité jusqu'à ces dernières années au percement du lobe de l'oreille, le piercing, sous l'influence d'un effet de mode, s'est étendu à d'autres localisations anatomiques telles que la langue, les lèvres, le nombril, les sourcils, voire les organes génitaux externes. Cette pratique consiste en la pose de brillants ou d'anneaux faits d'acier chirurgical, de titane, de niobium ou d'or.

Le piercing pose beaucoup de problèmes de santé. Il y a d'abord le fait que n'importe qui s'est s'installé perceur et que tous ne respectent pas les règles d'hygiènes et d'asepsie indispensables comme l'utilisation de matériel à usage unique et les lavages des mains. Ceci entraîne des infections de la peau par les bijoux.

« Toute effraction de peau ou des muqueuses, si minime soit-elle expose aux infections bactériennes à partir de la peau elle-même, du matériel et des bijoux. La cicatrisation demandera alors de quelques semaines à quelques mois. Cependant, cette pratique, qui est devenue une mode de nos jours, nécessite des règles d'hygiène très rigoureuses » , affirme Dr. Youssouf Bathily.

Début 2004, une étudiante de 19 ans est décédée des suites d'un piercing nasale, la perforation ayant servi de porte d'entrée à la bactérie ayant entraîné la mort de la jeune fille.

Ce cas extrême rappelle que la pose d'un piercing n'a rien d'anodin. « Ce n'est pas condamnable, ça nécessite un suivi, une pratique par des professionnels et par des matériels usage unique » , conclut le Dr. Youssouf Bathily.

Sarata Maïga

( stagiaire )

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ANDRE VANHOOREBEKE, REPRESENTANT D'ANGERS A BAMAKO

« Le partenariat Bamako-Angers est exemplaire »

Après huit années de loyaux services, le représentant de la ville d'Angers à Bamako, André Vanhoorebeke, s'apprête à quitter le Mali, très satisfait du partenariat Angers-Bamako. Dans l'entretien ci-dessous, il dresse l'état de l'exemplaire coopération, vieille de plus de 30 ans.

OKN : Quel est le rôle de la Maison du partenariat dans les relations Bamako-Angers ?

André Vanhoorebeke  : La Maison du partenariat est la représentation angevine à Bamako. Elle a plusieurs vocations ; celle d'être un outil de développement au service de la coopération décentralisée entre Angers et Bamako, notamment dans le cadre des projets mis en place par la ville d'Angers autour de la petite enfance, de la jeunesse et des sports, de la santé publique et prochainement autour de la démocratie de proximité. La seconde vocation de la Maison du partenariat (une institution qui intervient à travers Angers-Loire, une métropole qui se trouve être la communauté d'agglomérations autour d'Angers 29 communes) , c'est une collaboration étroite avec Bamako dans les domaines de l'eau, l'assainissement, les déchets solides et liquides.

OKN : Dans les domaines que vous venez de citer, qu'avez-vous réaliser concrètement ?

A. V.  : Pour l'assainissement, nous sommes intervenu essentiellement sur les déchets solides. Les projets sont en état de réflexion avancée pour ce qui concerne les déchets liquides. Lorsqu'on examine la filière collecte et évacuation des déchets solides à Bamako, il y a deux étapes. La première est la pré-collecte dans les concessions jusqu'aux centres de transit et la seconde est l'évacuation des dépôts de transit vers la décharge finale. Nous avons mis à disposition 4 tracteurs remorques à 4 GIE de Bamako dont deux en Commune II, un en Commune IV et un Commune VI. Au niveau des centres de transit, nous avons réalisé l'avant-projet par rapport à l'aménagement du dépôt de transit du CFP à coté du stade Modibo Kéita. Ce centre de transit sera le premier aménagé dans le district de Bamako qui ressemblera à un véritable dépôt de transit.

OKN : Quels peuvent être, selon vous, les impacts des réalisations sur les populations ?

A. V. : L'impact général est l'amélioration des conditions de vie des populations du district. Pour ce qui concerne les projets de la ville d'Angers, ils sont destinés à l'amélioration des conditions d'entrée des enfants au fondamental puisque nous avons réalisé six centres de lecture et d'animation pour enfants. Nous avons permis à ce que ces enfants entrent dans les établissements et de s'initier à la lecture, l'écriture et le calcul.

Pour l'aspect sportif, nous avons réalisé 4 plateaux sportifs dans le district de Bamako et là aussi, nous améliorons l'exercice du sport de masse. Nous allons étendre l'exercice de ce type de sport dans les quartiers.

S'agissant de l'aspect sanitaire, nous avons participé à l'amélioration de la couverture sanitaire dans les différentes communes de Bamako, la réalisation de centres de santé dans chaque commune pour compléter la carte sanitaire de chaque commune. Les impacts sont clairement identifiables. Nous avons participé à une amélioration de la desserte de l'eau potable des populations riveraines. Il y aura d'autres actions.

OKN : Lesquelles ?

A. V. : Ces projets seront essentiellement tournés vers la démocratie de proximité. Nous sommes en cours de discussion avec la Commune II pour réaliser une initiative locale, qui a pour vocation de favoriser une citoyenneté active dans la Commune. Une maison qui sera l'interface entre les pouvoirs locaux et la société, les associations, les ONG en Commune II. La maison permettra le dialogue entre les acteurs de la société civile.

OKN : Il y a quelques années la municipalité d'Angers a mis à la disposition de la ville de Bamako une partie de son budget annuel. Est-ce qu'on peut s'attendre à une prochaine augmentation du taux ?

A. V. : Je pense que ce sont des chiffres qu'on affiche très souvent. Mais je crois qu'on est déjà au-delà de tout ça. Un aspect important, original de notre partenariat avec Bamako, c'est que plus de 80 associations angevines sont partenaires avec des associations, des institutions maliennes. Cela est unique dans le cadre de la coopération décentralisée entre la France et le Mali. Il n'y a pas d'autres cas de ce genre.

OKN : Quelles ont été les difficultés auxquelles le partenariat a souvent buté ?

A. V. : Des difficultés, nous en avons connu. Mais on n'est jamais complètement satisfait de ce que l'on peut faire. Il y a toujours quelque chose à améliorer. Il y a des Claec pour enfants qui ont encore du mal à promouvoir ce qu'ils font dans la commune. Nous avons des plateaux sportifs dont on aimerait que l'exploitation soit soutenue. Nous avons signé avec tous les maires une convention de stage pour jeunes qui reste inappliquée. Du côté malien, je voudrais que les gens jouent le jeu et fassent preuve d'un dynamisme et d'engouement pour qu'on puisse appliquer ce que nous avons signé.

OKNs : Que retenez-vous de Bamako au moment où vous partez ?

A. V. : J'ai beaucoup de nostalgie. Mon épouse est Malienne même si elle travaille actuellement au Mozambique. Ici les gens sont très chaleureux, accueillants. On dit souvent que c'est la seule richesse que les gens ont et qu'on ne trouve dans aucun autre pays. C'est avec beaucoup d'amertume que je quitte ce pays.

Propos recueillis par

Amadou Sidibé

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