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Saison pluvieuse catastrophique à Djenné

Malgré l’espoir suscité par des pluies abondantes enregistrées au Mali, la mauvaise répartition semble jouer contre Djenné, une ville située pourtant sur la partie inondée du fleuve Bani. Cette situation atypique annonce de nouveaux désespoirs pour ces populations qui vivent essentiellement de culture de riz, une céréale qui exige beaucoup d’eau.

Contrairement aux autres localités du pays, l’hivernage dans la zone de Djenné est largement au dessous de la moyenne locale. Déjà, elle accuse, selon le chef de la station météo locale, un déficit pluviométrique de 200 mm par rapport à l’année passé, qui on le sait, n’avait pas été fameuse non plus. L’insuffisance des hauteurs de pluies a fait que des semis de riz ont séché. Selon le chef service local agricole en conseils appui et équipement rural (SLACAER) de Djenné, M. Diakité, « cette année sera une très mauvaise saison agricole à Djenné compte tenu des constats que nous avons fait sur le terrain. La dernière solution serait de lâcher l’eau à partir du barrage de Sélingué pour alimenter les cours d’eaux. Sinon, il y aura très peu de récolte de riz à Djenné ». Pis, la Direction Régionale d’Agriculture et la Direction Nationale de l’Agriculture, à partir des déclarations des paysans de Djenné, ont déjà classé la cité zone sinistrée bien avant la fin de la saison des pluies. Le retard pluviométrique serait extrêmement difficile, voire impossible à rattraper.

Le fleuve Bani, affluent du Niger, est loin d’atteindre son niveau normal. Pire, l’eau a commencé de se retirer devant des pécheurs bozos impuissants. « Nous sommes très inquiets car il n’y a pas assez d’eau dans le fleuve, donc pas de poissons. Deux années de suite dans cette situation, j’avoue que je ne comprends plus rien » disait Zoumana Droufo, pêcheur à Djenné, avec un profond regret. Les bozos vivent essentiellement des revenus de la pêche. La mauvaise saison pluviométrique de l’année dernière a fait partir beaucoup de ces pêcheurs bozo en exode dans les zones poissonneuses de la Côte-d’Ivoire. Malgré le conflit, «  nous n’avons pas le choix de partir en Côte d’Ivoire, puisque c’est une question de vie ou de mort, nous ne connaissons que la pêche depuis la nuit des temps » poursuit Zoumana Droufo

Cette année avec l’espoir d’une bonne pluviométrie, ils ont regagné le pays. Hélas, c’est le désespoir total au bout de l’épreuve.

En ce qui concerne le mil, seconde culture après le riz, selon les experts, il n’est pas très menacé, pourvu qu’il pleuve au moins une ou deux fois encore.

 

Levy DOUGNON

Djenné

 

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