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ADDUCTION D’EAU A DJENNE

L’eau a une couleur politique !

La ville de Djenné est située dans la partie centrale du delta du fleuve Niger, qui apparaissait jadis comme une véritable mer intérieure pendant les périodes de crue des fleuves Niger et de son affluent, le Bani.

Cette situation géographique crée inéluctablement un problème de santé lié à l’eau. Cette situation greffée au statut de patrimoine de l’UNESCO de la ville ont beaucoup contribué au financement d’une adduction d’eau par la coopération allemande (KFW).

La présence de cette adduction d’eau à Djenné a permis de résoudre d’énormes problèmes de santé liés à l’eau comme le cholera (qui était devenu une maladie endémique), les maladies diarrhéiques, parasitaires etc.… Et depuis, du constat des agents de santé, les maladies liées à l’eau ont considérablement baissé chez les enfants, réduisant du coup la mortalité infantile. Cela, malgré une tradition de pêche pratiquée par une catégorie largement majoritaire de la population, c'est-à-dire les bozos et les sonrhaï.

L’eau est moins chère à Djenné que partout ailleurs au Mali, : 200 f CFA le m3, selon les gestionnaires de l’adduction. Du coup, on a assisté à une utilisation immodérée de l’eau de robinet par la population avec son cortège de problèmes collatéraux tels la gestion des eaux usées, l’insalubrité aigue de la ville. Partout stagnent des eaux souillées. Les autorités communales ont été incapables de donner une réponse positive à cette nouvelle situation d’eaux souillées créée par l’adduction d’eau. Alors on est revenu à la case de départ avec les maladies et en première ligne le paludisme qui continue de tuer les enfants et leurs mamans.

Une situation critique qui a obligé le partenaire allemand (KFW) à faire un avenant de plus de 100 millions dans le cadre de la gestion des eaux usées issues des familles. Avec ce nouveau financement, la ville devenait de plus en plus salubre.

Mais voilà que le partenaire exige le renouvellement des instances qui gèrent l’adduction d’eau conformément aux statuts et règlements sous peine d’arrêter son financement. Un renouvellement qui part, selon les textes fondateurs de la base avec les délégués des consommateurs appelés « Robinet Ton », pour remonter au comité de surveillance et finir par le conseil d’administration.

Pour un mandat de trois (3) ans, l’actuel conseil d’administration a fait plus de 10 ans sans être renouvelé ; ce qui contrarie tous les principes de la bonne gouvernance locale. Voilà une des motivations du partenaire pour exiger le renouvellement des instances. Au lieu de penser aux enfants qui meurent suite à une gestion calamiteuse de l’eau potable, les politiciens se sont mêlés de la danse ; les grands partis voulant récupérer l’instance supérieure de Gestion de l’eau. Aujourd’hui, la ville est complètement divisée et l’eau a pris une couleur politique. A quand la fin de cette ‘’guerre cynique’’ ?

Levy DOUGNON

Djenné

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