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SUBVENTION DU RIZ AU MALI

La colère des chefs de famille

Malgré l’exonération de TVA accordée à certains commerçants sur l’importation du riz par l’Etat, le prix du kilogramme de cette céréale n’a pas connu de baisse. Il demeure toujours entre 300 et 380 F CFA, d’où l’ire de consommateurs.

De 225 à 250 F CFA selon les variétés, le prix du kilo du riz est passé à plus de 350 F . Pour circonscrire cette flambée insupportable par bon nombre de citoyens, le gouvernement a décidé de détaxer l’importation de cette céréale.

Au lieu d’être un baume de soulagement en cette période de soudure, la mesure semble enfiévrer le marché des céréales car, non seulement les prix n’ont pas baissé, mais également la qualité du riz importé laisse à désirer. Les plaintes partent d’abord des chefs de famille qui croyaient à une baisse des prix avec l’importation en vrac du riz « d’ailleurs » et qui est de surcroît subventionné.

A quoi aurait alors servi cet avantage accordé par l’Etat à Bakoré Sylla et Cie ? C’est la question que se posent des acheteurs. « De deux choses, l’une : soit la question de subvention n’est pas claire, soit on est en train de berner les consommateurs. Si le riz subventionné par l’Etat est plus cher que celui non subventionné, pourquoi accorde-t-on des subventions qui raclent les fonds des caisses de l’Etat ? » s’interroge Mamoudou Fané, enseignant de son état, qui dénonce le manque de suivi des politiques du gouvernement.

« Si après la subvention, les prix n’ont pas baissé, l’Etat devait interpeller les opérateurs économiques qui en ont bénéficié et mettre en place des comités de suivi au niveau de tous les marchés. C’est un prix unique qui devait être fixé et applicable sur toute l’étendue du territoire. Mais tel n’est pas le cas, c’est le désordre total sur le marché » , regrette-t-il.

Qualité douteuse

A l’image de M. Fané, nombreux sont les acheteurs qui dénoncent ce galop des prix et demandent à l’Etat de revoir sa politique en matière de sécurité et d’autosuffisance alimentaires. « Au lieu de subventionner l’importation des céréales, l’Etat doit songer à mettre les moyens de production à la disposition des paysans. Il s’agit par exemple de faire baisser ou de subventionner le prix des intrants agricoles, d’aménager beaucoup de terres pour les donner aux producteurs et mécaniser l’agriculture… », propose un exploitant agricole.

Pour les ménagères, la qualité du riz importé est sujette à caution. Nombreuses de nos sœurs se demandent si ce riz est propre à la consommation dans les pays où il est cultivé. « Avec trop d’eau ou peu d’eau de cuisson, tu as des problèmes. Le riz devient comme de la bouillie et quand ça dépasse un temps sur le feu, ça s’assèche. Vraiment, nous avons des problèmes avec ce ri ;, sa préparation demande beaucoup d’attention et il n’a pas bon goût », explique Mme Salimata Traoré.

Ce riz, ajoute-t-elle, a failli provoquer le divorce d’une de ses amies. « Au début, son mari l’accusait d’être incapable de préparer du riz. Parce que, chaque jour, si le riz n’était pas broyé, il était trop sec. Avant de comprendre les techniques de cuisson de ce riz, sa femme a trop souffert. Son mari avait même décidé de remplacer le riz par des spaghettis ».

Toujours est-il que la période de soudure est vécue par bon nombre de citoyens comme un enfer, l’argent a disparu, les céréales sont intouchables, de même que les hydrocarbures. Bref, pour parodier l’autre, « mon pays va mal ».

Sidiki Y. Dembélé ‘’Les Echos’’

 

 

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