Cooperative culturelle ; Cooperative multimédia
Jamana Contact
Imprimer
 

 

 

2011

Mois de fevrier

Les Echos du 18 fevrier

 

IBA N’DIAYE, 1er VICE-PRESIDENT DE L’ADEMA/PASJ
" Arrêtons d’être de mauvais perdants"
Sur la candidature à la candidature, les élections communales partielles et l’état de santé de l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma/PASJ) à quelque 12 mois de la présidentielle de 2012, Ibrahima Ndiaye, le 1er vice-président du comité exécutif, accessoirement ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, a bien voulu nous entretenir. Il répond sans tabou à nos questions.

Les Echos : Quels commentaires faites-vous des résultats des élections communales partielles ?

Iba Ndiaye : En tant que citoyen, mais aussi responsable politique aussi, je me réjouis des conditions dans lesquelles ces élections se sont déroulées. Il se peut qu’il ait eu quelques petits problèmes, mais je n’ai pas été informé d’incident et de problème majeur. Il faut le souligner et s’en féliciter. Je pense que c’est une victoire du gouvernement et de la classe politique.
Je rappelle que les élections communales de 2009 ont été suivies de beaucoup de contentieux de la part des partis politiques eux-mêmes qui ont passé tout le temps à s’affronter à la justice pour remettre en cause les résultats des urnes. Ça été très pénible et très dommageable. Si nous sommes à l’abri de cela. Je pense que c’est une avancée significative.
L’autre c’est vraiment le phénomène que nous avons vu en Commune IV. Je pense qu’il faut tirer le chapeau à M. Mara, qui a réalisé une percée spectaculaire avec 19 conseillers sur 41. On a rarement vu un tel résultat surtout pour un parti jeune, surtout quand le candidat est jeune en même temps et dans une grande ville comme Bamako. Je ne peux pas me prononcer sur ces élections sans mentionner cela et vraiment m’en féliciter et féliciter l’intéressé.
C’est suite à des contentieux que nous avons repris ces élections. Il y a eu une confirmation des premiers suffrages. Que ce soit à Yélimané, à Sandaré ou en Commune IV. A Bourem, il y a eu un changement, mais ce changement c’est entre le premier et le second, c'est-à-dire entre ce qui était le Mouvement citoyen, le PDES aujourd’hui, et l’Adéma.
Il y a eu inversion à ce niveau. Mais, globalement c’est une confirmation. Ça veut dire que dans la plupart des cas, si je m’en réfère aux résultats, on n’avait pas souvent besoin d’aller devant les tribunaux. Faisons en sorte que les élections se passent normalement et que les suffrages qui en sortent soient les moins contestés au bénéfice de l’administration qui comptabilise.
J’en viens maintenant au fait partisan, qui concerne mon parti, l’Adéma. Je pense que nous avons tout lieu de nous satisfaire de ces résultats. C’est une confirmation de ce que nous sommes sur l’échiquier politique. L’Adéma était dans la compétition dans les quatre communes et partout, nous arrivons dans le trio de tête. Je pense que c’est une confirmation de la place de l’Adéma sur l’échiquier politique et de la crédibilité de ce parti.
A Yélimané par exemple, on avait été contesté, nous avons confirmé effectivement que nous étions les plus forts. Malheureusement, là où on a été éliminé sans une reprise, on ne n’a pas pu avoir la preuve que là-bas on avait gagné à la sortie des urnes, qu’on était les plus forts.
En Commune IV, c’est le statu quo. On était troisième, on est revenu troisième. On avait six conseillers, on a maintenu ces six conseillers. On n’a pas reculé. On n’a pas avancé non plus. Si je prends d’autres communes comme Sandaré, on a progressé, mais le Parena y a confirmé son leadership. On a eu un ou deux conseillers de plus dans cette commune. A Bourem, cela a été très dur, mais nous avons occupé la 2e place. Nous ne sommes pas le premier, mais c’est quand même un score honorable. Même si nous ne sommes pas 1er partout, avec notre position de 1er, 2e ou 3e, si nous développons cela à l’échelle nationale, nous pouvons dire que l’Adéma doit venir largement en tête encore. Notre souhait est que cela se maintienne jusqu’à d’autres rendez-vous et qu’on puisse travailler pour que cela se consolide.

Les Echos : Quel est l’état de santé de l’Adéma à ce jour ?

I. N. : C’est comme si j’ai un peu anticipé sur votre question. L’Adéma se porte très bien. Evidemment, un grand parti comme celui-là ne peut pas ne pas connaître de problèmes. Des partis moyens connaissent des difficultés à plus forte raison un parti comme l’Adéma. Mais, notre ancrage sociologique est tel que quand il y a beaucoup de problèmes on arrive à les résoudre ou à les contourner parce qu’il y a une base qui est réelle, qui est dynamique.
Cependant, il faudrait qu’on se ressaisisse. En nous ressaisissant, je pense que nous amplifierons le travail qui se mène à la base et nous n’allons pas gâcher tous ces efforts. Je pense que cela est très important à souligner. Je peux dire que l’Adéma se porte bien. Depuis les élections municipales, nous n’avions pas eu d’autres occasions de le tester, mais il y a d’autres signaux, d’autres repères qui nous permettent d’être optimistes.

Les Echos : Qu’est-ce qui explique le report des dépôts de candidature pour la présidentielle de 2012 ?

I. N. : C’est vrai que quand j’écoute les uns et les autres, il y a beaucoup d’appréhensions sur la capacité de l’Adéma à réussir l’exercice démocratique du choix d’un candidat interne. Alors, si l’on reporte dans un tel contexte, pour certains, c’est une confirmation de cette inquiétude. Mais, je dis non. C’est pour des raisons techniques que ça a été reporté. Il y avait d’autres agendas qui étaient là et la superposition a montré qu’il faut avoir des moments meilleurs. Voilà l’explication.
Il y a beaucoup de débats, beaucoup de tiraillements. Si vous êtes bien informés, c’est une réunion qui n’a pas été difficile du tout et à l’analyse, on a compris. Nous souhaiterons simplement que ce rendez-vous se tienne et dans les meilleures conditions. Si les meilleures conditions c’est en juillet, tant mieux ! Je pense que c’est ça le plus important. Certaines personnes comme moi avons simplement quelques appréhensions en disant que les militants sont angoissés parce qu’ils se disent que le parti va se disloquer. Et, puisque la désignation n’est pas encore envisagée dans l’immédiat, on craint que les gens n’en viennent à se décourager. Il faut aller vite pour résoudre le problème et que chacun soit assuré, que ce souci là n’ait plus de place.
Certains parmi nous voulaient que ça se tienne à une date rapprochée, mais il y a d’autres raisons, d’autres contraintes qui ont fait qu’il fallait ce report. Nous resterons toujours collés à la réalité pour faire le bon choix. Le bon choix en termes du moment, de la date et le bon choix aussi pour celui qui sera le candidat.

Les Echos : S’agira-t-il ‘d’un candidat naturel’ ou est-ce que le jeu sera ouvert pour tout le monde ?

I. N. : Je pense que si vous avez suivi la conférence de presse du président du parti, il a dit clairement qu’il n’y a pas de candidat naturel. Il a indiqué que ce qui sort de nos débats, ce que les textes prévoient, c’est un exercice démocratique qui fait que le président du parti n’est pas forcément le candidat naturel. Vous savez, il y a jurisprudence en la matière. Souvenez-vous du contexte dans lequel IBK a quitté le parti. C’était sur le même sujet où on disait qu’il n’y avait pas de candidat naturel.
Donc il y a jurisprudence en la matière. C’est un exercice démocratique, il faut y aller. C’est un match de football. Celui qui aura la confiance de la majorité du comité exécutif sera proposé à la conférence nationale, qui décidera en dernier ressort. Cela dit, j’ai le sentiment qu’on va comme à un match de football, une compétition démocratique. Si on est démocrate, il ne doit pas nous inquiéter outre mesure. Ce qui doit inquiéter c’est quand les gens ne donnent pas l’assurance que s’ils ne sont pas retenus ils vont quitter le parti ou ils vont chercher un candidat ailleurs.
Pour ma part, je dis : il faut que chacun prête serment que si ce pas moi, je voterai pour l’autre qui aura la confiance de mon parti. C’est aussi simple que ça. Je pense qu’il faut aller sur ça et insister sur cela et que chacun soit fidèle à son parti. En 2002, je le rappelle, c’était une gestion de crise où les gens de l’Adéma n’ont pas pu se surpasser pour gérer au mieux et à l’époque il fallait faire le bon choix et nous avons fait le bon choix qui a permis à l’Adema de se maintenir.
La prochaine fois ce n’est pas un non-partisan qui va peut être à la tête de l’Etat. Et si ce n’est pas le cas, je pense que ce ne serait pas très favorable pour un parti comme l’Adéma qui est quand même le principal sur l’échiquier politique.

Les Echos : L’autre handicap, c’est que l’Adéma est un parti avec un comité directeur extra large, est-ce que cela favorise un consensus ?

I. N. : C’est un compromis politique à l’occasion des congrès. Quand il y a risque de dérapage, chaque congrès essaye de faire en sorte que toutes les sensibilités soient représentées pour qu’elles ne soient pas la menace pour la cohésion du parti. L’Adéma n’est pas le seul maintenant. Vous voyez la taille des bureaux nationaux qui sortent des congrès. C’est des bureaux qui sont de plus en plus larges. On comprend un peu le souci qu’il y a derrière. Nous sommes 80 et actuellement avec l’exclusion d’Adama Diarra et de notre frère et ami, Santara (paix à son âme), nous sommes 78. Ces 78 personnes vont mettre leur bulletin dans l’urne.
Ç a peut paraître beaucoup, mais en une heure de temps, la boucle est bouclée. Maintenant, qu’est-ce qu’il faut pour qu’au sein de ce parti, au sein de ce comité exécutif, nous puissions dégager un candidat qui soit proposé ? Il faut une éthique. Il faut des comportements pour qu’il n’y ait pas de blessure, pour que lorsqu’un parmi nous est choisi que les autres soient dans les dispositions psychologiques pour le soutenir.
S’il y a trop de blessures, s’il y a trop de dérapages, c’est des choses qui sont toujours difficiles au plan humain. Et quand un candidat gagne, il ne faut pas toujours penser à la seule victoire. L’enjeu n’est pas la seule victoire d’un sur les autres, mais c’est de faire en sorte que le choix qui est fait soit accepté démocratiquement de tout le monde. Vous pouvez battre tous les autres, si vous allez avec un morceau de l’Adéma ça gâche tout. Que Dieu nous en garde.
C’est cet engagement que je demande à chacun de nous, à chaque membre du comité exécutif. Il faut éviter quelles que soient les raisons, quand on n’a pas la faveur de tout le monde, qu’on claque la porte. On a eu deux événements majeurs qui ont été des amputations importantes. Il faut les regretter, les déplorer. Mais, cela n’a pas empêché l’Adéma de se régénérer et de se maintenir. Dieu merci !

Les Echos : Serez-vous candidat à la candidature ?

I. N. : J’aurais voulu avoir votre question après l’annonce de la date de dépôt de candidature ! Cependant, je vous retourne la question : s’il doit y avoir trois, quatre ou cinq candidatures, ne serait-il pas surprenant que le 1er vice-président n’y soit pas ? Je pense qu’en toute logique cela devrait être. Je peux certainement indiquer mes intentions, mais le choix véritable ce sera au moment où la question sera posée à la direction nationale. Je suis là. Je crois que ça commence à bouger déjà.

Les Echos : Sur quoi reposerait votre candidature ?

I. N. : Toute candidature au sein de l’Adéma doit reposer sur un certain nombre de choses. La première, c’est toujours de participer à des exercices démocratiques pour consolider la démocratie interne. Comme je le dis souvent, les partis sont des antichambres. Quand vous réussissez des idées de ce genre, cela peut permettre au parti d’affronter le même exercice grandeur nature, à l’échelle nationale. Et d’être des vrais démocrates quand nous serons en compétition avec d’autres parce qu’avec eux, nous pouvons gagner comme nous pouvons ne pas gagner, mais il ne faut jamais être un mauvais perdant.
A la veille du dernier congrès, beaucoup avaient juré que l’Adéma allait éclater. On a surpris tout le monde. Dans mes propos au président du parti lors de la présentation de nos vœux, je disais qu’il nous faut étonner et surprendre les observateurs par la réussite de cet exercice qui est vital.
La candidature pourra avoir comme motivation ce goût de la compétition démocratique. Quand on postule à des postes que ce soit à l’interne du parti, que ce soit en dehors du parti, il faut d’abord être convaincu qu’on peut donner quelque chose, qu’on peut faire quelque chose. Cette confiance doit fonder toute candidature. Les ors des palais ne doivent pas attirer.
Quand vous avez une conscience aiguë de vos responsabilités dans un pays comme le Mali, je vous assure que vous ne visez pas ce luxe apparent que les gens observent. Votre esprit est ailleurs. C’est ce qui fait qu’en se proposant pour de telles fonctions, au niveau d’une commune, d’une région ou au niveau national pour le poste de président de la République, honnêtement il faut une conscience aiguë des enjeux de la dimension des problèmes pour oser parler de candidature.
Si quelqu’un ose parler de candidature, j’imagine qu’il a déjà intégré cette dimension. L’autre aspect, c’est toujours cette volonté de vouloir assumer des responsabilités qui vous permettent d’apporter votre part de contribution à la construction nationale. Voilà un ensemble de choses qu’on peut faire autant, sinon mieux que les autres dans une compétition, mais toujours avec les autres.
Les Bambaras disent que si vous êtes excellents, le plus brillant de tous, si vous n’êtes pas avec des gens compétents, vous n’irez nulle part.

Les Echos : Vous avez fortement soutenu ATT. Est-ce que ce ne sera pas un handicap pour vous ?

I. N. : Handicap, je ne sais pas pourquoi. Certains vous diront, c’est une boutade ; s’il n’était pas dans le gouvernement, est-ce qu’il allait oser même parler de candidature pour sa personne ? Vous voyez pour certains c’est un avantage d’être dans le gouvernement jusqu’à ce que ça vous donne du culot. N’oubliez pas que je suis parmi ceux qui ont pris le risque de dire votons pour ATT en 2002. C’était suite à une analyse approfondie de la situation. Je suis toujours convaincu que c’est le choix qu’il fallait faire sinon on allait connaître des situations plus difficiles.
Et, j’étais heureux après que l’Adéma ait fait le choix de le soutenir sur les 10 ans. Je ne peux pas être dans le gouvernement d’ATT et ne pas être pour ATT. Ça c’est hors de question, il faut être honnête dans la vie, et profondément je le suis. S’il y a un handicap, il faut que je sache surmonter ce handicap. Je ne pense pas que ça soit un. Je pense que c’est un atout au contraire. En tant que Adéma, je pense que les fondamentaux depuis 91 sont maintenus et c’est ça qu’il faut maintenir et faire en sorte que ces fondamentaux se poursuivent.
Le moment venu mes propos seront plus précis, mais je n’écarte pas cette éventualité et je l’ai dis en d’autres endroits, ça me paraît tout à fait conforme à la place que j’occupe dans ce parti depuis sa création. Je suis parmi les fondateurs de l’Adéma Association et jusqu’à la date d’aujourd’hui j’ai été toujours dans le comité exécutif. Dans le premier bureau, j’étais secrétaire adjoint à la solidarité. Je suis celui qui a le plus progressé dans la hiérarchie du bureau. Cela se fait de manière même constante. Secrétaire adjoint de la solidarité, secrétaire général, 2e puis 1er vice-président aujourd’hui. Je n’ai jamais été en abandon de poste.
Quelles que soient les raisons j’ai été permanemment dans le bureau du comité exécutif parce que je pense me connaître et je pense aussi connaître mon pays et je pense que nous devons ensemble au niveau de l’Adéma réussir cet exercice. Si chacun s’engage à respecter les règles de jeu et que le jeu se fait dans la transparence de manière honnête et sincère il n’y a aucun problème.
Le parti est, au-delà de l’aspect politique, un réseau de solidarité, d’amitié et de fraternité. Je pense qu’on s’aidera, on aidera le parti, on aidera le pays en réussissant cet exercice pour être au grand rendez-vous et dans les meilleures conditions. Je crois qu’avec ce que nous avons aujourd’hui comme atout si Dieu le veut bien, ça ne doit pas gâcher.
Propos recueillis par
Alexis Kalambry

Acceuil


POLITIQUE
Et si le Mopam avait raison ?
Le Mouvement pour un autre Mali (Mopam) est en phase avec l’Histoire de notre continent dont les derniers développements sont sans équivoque. Des peuples, comme un seul homme, refusent désormais l’asservissement, rabattent le caquet aux dictateurs les plus cruels, aux oligarchies les plus tenaces. Et comme ça n’arrive pas qu’aux autres, le Mopam avait proposé, il y a 7 mois de repenser l’Etat malien. La balle est dans le camp des décideurs.
Dans une retentissante conférence de presse, le 24 juillet 2010, le président du Mopam, Adama Koly Coulibaly, lançait un cri du cœur, qui reste d’actualité : "Ayons le courage de nous réformer et de réformer notre gouvernance sans violence. Jamais un gouvernement organisé et administré pour des intérêts particuliers ne peut assurer le bien-être collectif. Jamais une minorité de citoyens s’accaparant tous les biens et services n’a pu faire le bonheur du plus grand nombre. C’est dire combien, il nous faut sacraliser l’Etat et la chose publique".
Ce qui s’est passé en Tunisie et en Egypte, malgré des appareils sécuritaires des plus féroces et des plus performants à la solde des tenants du pouvoir, peut arriver dans n’importe quel autre pays africain où le régime est corrompu, inique et peu enclin à honorer ses engagements, où le pays mis sous coupe réglée par une nouvelle classe sociale sans foi ni loi. Les populations, visiblement, ont hâte d’en finir avec l’arrogance des parvenus.
Le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali, le dirigeant naguère bien aimé de son peuple et béni par l’Occident pour avoir fait de son pays un Etat émergent a fini par l’apprendre à ses dépens. Son régime s’est effondré comme un château de cartes à la suite d’un soulèvement populaire de quelques jours. L’immolation d’un jeune diplômé sans emploi vivant du commerce de fruits, chassé par des agents municipaux du trottoir où il exerçait son commerce, a embrasé le pays alors que nul ne s’attendait à un tel dénouement.
Des millions de jeunes fatigués par des années de chômage et des parents mécontents par l’insolence des nouveaux riches ont occupé la rue. La suite est connue, Ben Ali a fini par fuir le pays. La révolution du Jasmin a produit un effet de contagion en Egypte. Le vendredi 11 février 2011, le président Hosni Moubarak, contraint par la rue et par l’armée, a également rendu son tablier.
Le président Moubarak et sa famille, dont la fortune est estimée à 15 milliards de dollars US (dans un pays où la pauvreté est galopante et le taux de chômage exécrable), sont à l’origine de la poussée d’adrénaline au pays des Pharaons. Comme la famille Ben Ali, la sienne était mêlée à tout ce qui était richesse en Egypte. Qu’il s’agisse de la création d’entreprises, qu’il s’agisse des marchés publics ou de l’aide destinée aux pauvres, etc., tout passait par les Moubarak et compagnie.
Sans le vernis
Malgré la révolution héroïque du 26-Mars et les discours démagogiques, le Mali reste donc en proie à la mauvaise gouvernance, à des dérives et manquements aux règles républicaines comme dans les républiques bananières et malgré tous les vernis, plus de 95 % de la population croupissent dans une misère crasse.
Des chefs de famille sont bafoués et humiliés parce qu’ils ne peuvent plus faire face aux dépenses quotidiennes. Des jeunes diplômés sont abandonnés dans la rue. D’honnêtes citoyens sont spoliés de leurs terres. L’école reste malade, faute d’un environnement propice.
Plus de 97 % des acteurs du secteur privé sont abandonnés à leur propre sort alors qu’un autre secteur privé (moins de 1 %), parrainé, arrogant et méprisant, bénéficie de tous les privilèges et se croit autorisé à prendre le peuple en otage. Les aspirations légitimes des populations (droit à l’alimentation, à la santé, à l’éducation, à l’emploi, à la justice, etc.) d’ailleurs inscrites dans la Constitution sont hypothéquées.
La réalité du Mali, c’est aussi ces cadres honnêtes formés à grands frais par l’Etat, mais qui sont écartés pour délit de patriotisme. Qu’avons-nous fait du slogan "l’homme qu’il faut à la place qu’il faut" ? La preuve de la mauvaise gouvernance, ce sont les partis politiques, les institutions de la République phagocytés pour le confort du prince.
Le tableau est noir comme la cire de Chine. Les citoyens sont désemparés. La balle est dans le camp des gouvernants.
Abdrahamane Dicko et
A. M. Thiam

[haut]

Acceuil


CUMUL DE FONCTIONS AU GOUVERNEMENT
Pourquoi ATT doit revoir sa copie
La gestion cumulée des ministères de la Santé et des Maliens de l’extérieur par le seul Dr. Badra Alou Macalou est insoutenable dans un pays où les deux domaines sont considérés comme prioritaires. Le président de la République devra très vite rectifier le tir.
La situation socio-économique et politique du Mali laisse naturellement une place à un remaniement ministériel. Tous les ingrédients sont réunis pour que les Maliens voient de nouvelles têtes dans des départements ministériels : vie chère, incompétences et distraction de certains ministres à quelques encablures de la prochaine présidentielle, rapports des forces politiques en présence…
Mais, les Maliens ont beau réclamer le changement gouvernemental, le président de la République, comme à son habitude, ne l’entend pas de cette oreille. Pour lui, mieux vaut prouver à ses compatriotes qu’il est le seul décideur que d’accéder à leurs demandes relayées par les médias. D’ailleurs, lors de sa conférence de presse du 8 juin 2010, ATT rappelait aux journalistes que "vous avez fait et défait des gouvernements", en référence aux multiples annonces de remaniement ministériel par les hommes de médias alors que lui reste de marbre.
Vraisemblablement, à part les pressions des organismes internationaux à travers le démasquage de certains scandales de détournement et de favoritisme, rien ne peut pousser ATT à se débarrasser de ses ministres usés et incapables d’apporter des réponses concrètes aux attentes des populations.
Sinon comment comprendre que plus de deux mois après la "démission" du ministre de la Santé Oumar Ibrahima Touré que celui-ci n’ait pas été remplacé par une nouvelle tête alors que le chef de l’Etat ne peut avoir que l’embarras du choix pour lui trouver un successeur à part entière ?
La solution concoctée d’ATT en faisant cumuler les fonctions de ministre des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine avec celle de la Santé par le Dr. Badra Alou Macalou n’est qu’un leurre et ne saurait résister aux dures épreuves auxquelles fait face le gouvernement Modibo Sidibé.
Même s’il est vrai qu’après le départ du ministre de l’Environnement et de l’Assainissement Nancoma Kéita, à la suite de l’annonce des résultats controversés de l’élection présidentielle de 2007, Natié Pléa a géré au mieux les intérêts du département de la Jeunesse et des Sports et celui de l’Environnement en même temps.
" Autre temps, autres mœurs". Le département de la Santé étant stratégique, il nécessite une attention toute particulière et des efforts conséquents. La 4e Enquête démographique et de santé (EDS) révèle que les indicateurs de santé de notre pays sont parmi les plus bas au monde.
Or, de la réalisation de l’EDS-IV en 2006 à nos jours, la situation sanitaire n’a cessé de se détériorer avec des infrastructures en état de délabrement total, des matériels inexistants ou inadaptés, des débrayages du personnel sanitaire de plus en plus nombreux. Il serait donc inutile de signaler qu’il faudrait un chef d’orchestre uniquement dédié au département de la Santé pour assurer la survie des Maliens.
Cacophonie présidentielle
Or, le ministre Alou Badra Macalou, déjà décrié pour son inefficacité au département des Maliens de l’extérieur, n’est pas un gage d’assurance aux commandes du ministère de la Santé. Promoteur d’une clinique médicale de renom sur la rive droite à Bamako, le Dr. Macalou l’a prestement fermée à sa nomination au gouvernement tandis que la préservation et le recouvrement de la santé doivent être la préoccupation de tout médecin soucieux du bien-être social.
Incapable de se hisser à hauteur des attentes au ministère des Maliens de l’extérieur, le Dr. Macalou ne semble pas bénéficier de préjugés favorables pour briller à la Santé, où les relations avec les partenaires techniques et financiers sont primordiales. L’un des problèmes de l’ancien secrétaire général de l’US-RDA se situe justement au niveau de ses rapports avec les partenaires de son département.
Financé par l’Union européenne, le Centre d’information et de gestion des migrations (Cigem) est au point mort à cause notamment des voltes faces et du non-respect des engagements par le ministre de tutelle. Ce dernier aurait même eu l’outrecuidance de ne pas personnellement recevoir des parlementaires européens venus se faire religion sur l’avancement du Cigem. Entre Badra Alou Macalou et les Maliens de l’étranger, ce n’est pas le grand amour.
Nos compatriotes tombent comme des mouches et sont humiliés dans beaucoup de coins du monde sans que le ministre ne daigne lever le petit doigt. C’est ce qui expliquerait l’indifférence de beaucoup d’associations de résidants maliens à l’étranger aux consignes du ministre. Le quiproquo né de l’élection du président du Haut conseil des Maliens des Etats-Unis est beaucoup révélateur des relations difficiles qu’entretiennent le ministre Macalou et la diaspora malienne.
Au demeurant, la gestion cumulée de deux ministères par le ministre Macalou est un reniement personnel de la politique ATT. A chaque fois que l’occasion lui est offerte, le chef de l’Etat parle du bien-être des Maliens sans leur fournir une garantie sanitaire, elle aussi tributaire de responsables uniquement engagés pour la cause de la santé publique. Qui plus est, en maintenant le ministre Macalou à la tête de deux départements, le général ATT démontre une dissonance entre ses propos et ses actes : s’il est vrai que le Mali compte sur ses fils vivant à l’étranger, qui sont un filon pour l’économie nationale, le ministre des Maliens de l’extérieur ne devrait assumer d’autres responsabilités que celles relevant de son département.
Ogopémo Ouologuem
(correspondant aux USA)

[haut]

Acceuil


COMODE
Déclaration
La situation socio-économique et politique de notre pays est aujourd’hui très préoccupante. Elle se caractérise notamment par : la cherté de la vie, l’insécurité dans le nord du pays, mais également dans les centres urbains, par les spoliations foncières, la corruption, la persistance de la crise de l’éducation, le chômage des jeunes.
• Malgré les exonérations distribuées à tour de bras à certains opérateurs économiques, les denrées de 1re nécessité (le lait, le sucre, l’huile le bois de chauffe, le charbon le gaz butane) restent inaccessibles pour une large majorité de la population qui s’enfonce davantage dans la misère. Ils sont nombreux, les Maliens qui ne sont pas en mesure d’assurer à leur famille, les trois repas quotidiens. Cette situation ne semble pas émouvoir outre mesure ces opérateurs économiques, prédateurs de l’économie nationale, soucieux de préserver la situation de rente, et les privilèges indus dont ils jouissent avec arrogance. Les plus connus d’entre d’eux (qui sont également des responsables politiques) viennent de décerner avec fanfare et trompette au Président de la République dont ils se réclament, une médaille à coût de plusieurs centaines de millions de nos francs. Les Maliens ne sont pas dupes et ont compris le sens de cette "reconnaissance".
• Progressivement le nord Mali devient une zone de non-droit livrée aux narcotrafiquants parfois envahie et occupée par des armées étrangères.
Que deviennent la souveraineté nationale, et la défense de l’intégrité territoriale ? Nos centres urbains, en particulier la capitale, autrefois, réputés pour leur sécurité sont devenus la proie des brigands qui sont mieux armés que nos policiers et nos gendarmes. Dans ces zones, les populations ne dorment que d’un œil, tant leur anxiété est grande.
• La corruption qui se manifeste sous diverses formes et gangrène tous les secteurs de l’Etat, constitue une des entraves majeures au développement socioéconomique de notre pays.
• Quant à la spéculation foncière, elle prospère au mépris des lois et règlements de notre pays, au grand dam d’honnêtes citoyens, victimes de spoliateurs, véritables prédateurs insatiables, et hélas, assurés de l’impunité. Nos pouvoirs publics sont plus que jamais interpellés : il est plus que temps de passer du discours bien rodé, aux actes, et mesures énergiques pour mettre fin au calvaire des populations confrontées aux diverses formes de spéculations.
• La persistance du chômage des jeunes (diplômés, ou nom) dans les milieux urbains malgré les initiatives prises par les pouvoirs publics reste un véritable cauchemar. Cet état de fait conduit au désespoir et annihile toute possibilité de relève.
• Malgré les efforts considérables d’investissement consentis par les gouvernements successifs au bénéfice de l’école, et les nombreuses concertations autour de la question de l’éducation en général et de la crise scolaire en particulier, un malaise profond persiste chez tous les acteurs de l’école : de lourdes menaces continuent de planer sur l’année universitaire et suscitent angoisse et désespoir chez les élèves et étudiants. L’espace scolaire et universitaire renoue avec l’agitation et la violence : en témoignent, les événements récents survenus dans les lycées de Gao et Kita. En outre, à cette date, les inscriptions continuent pour les 1res années des facultés, tandis que les autres niveaux n’ont pas encore validé l’année académique 2009/2010.
• Au regard de tout ce qui précède la Comode, rappelle que c’est avec le sang des jeunes, des femmes et des hommes de ce pays que la constitution du 25 février 1992 a été écrite. Notre Loi fondamentale consacre le régime républicain dans tout son attribut, elle inscrit les élections comme la forme la mieux appropriée d’expression démocratique, ouvrant la voie à l’alternance politique. Désormais le pouvoir échappe à toute forme de "patrimonialité personnelle". Aussi la bonne gouvernance, l’amélioration des conditions de vie des populations constituent des axes majeurs de la Révolution du 26 mars 1991.
Elle engage donc les pouvoirs publics à :
• prendre des mesures urgentes efficaces et pérennes permettant de pallier la cherté de la vie.
• accélérer la mise en œuvre de politiques volontaristes vigoureuses pour combattre le chômage des jeunes.
• équiper et à former nos forces armées et de sécurité afin qu’elles puissent accomplir dignement leur mission de défense de l’intégrité territoriale.
• prendre des mesures énergiques pour une application stricte de la loi pour enrayer le fléau de la corruption et de la délinquance financière.
• mettre fin au règne de l’impunité afin de préserver les intérêts des plus faibles, en rétablissant dans les droits les victimes des spoliations foncières.
• dynamiser les cadres de dialogue et de concertations autour de la crise scolaire en rétablissant la confiance entre acteurs de l’école (syndicats d’enseignements, d’élèves et étudiants, parents d’élèves et gouvernement) et en accélérant la mise en œuvre des recommandations issues des différentes concertations.
A cet effet, il importe que tous les protagonistes respectent les engagements auxquels ils ont souscrit afin d’atteindre l’objectif commun de Refondation de notre système éducatif.
La COMODE réaffirme sa fidélité aux idéaux du 26 mars 91, et son attachement à la mémoire de tous les martyrs de la lutte pour l’indépendance du Mali, pour la démocratie et le progrès social. Elle restera mobilisée pour la sauvegarde et la consolidation des acquis de la révolution du 26 mars 1991.
Elle s’opposera avec détermination à toute tentative de tripatouillage de notre Constitution.
Elle invite les "apprentis sorciers" qui veulent entraîner le président ATT dans un processus de prolongation des mandats électifs, à méditer sur le cas de Tandja et sur le sort dramatique de Ben Ali, hier adulé parce que constructeur de routes, bâtisseur d’universités, d’hôpitaux et d’habitats à loyers modérés (HLM), etc ; et de ce fait qualifié par les myopes politiques, d’homme "providentiel, indispensable et irremplaçable".
Bamako, le 17 février 2011
P/La Comode
Le président
Pr. Ali Nouhoum Diallo

[haut]

Acceuil


OFFICE DU NIGER
Le Parena réplique
" Le 7 février 2011, le Parti pour la renaissance nationale (Parena) a adressé au président de la République un mémorandum en 24 points sur la cession des terres de l’Office du Niger aux investisseurs nationaux et étrangers.
A cette occasion, le Parena a exhorté le gouvernement à publier la liste complète des bénéficiaires de terres et les superficies correspondantes (paragraphe 18), car, selon nos informations, de 2003 à nos jours, près de 800 000 hectares ont été cédés au privé national, à des sociétés et gouvernements étrangers.
Nous ajoutions que les conventions d’établissement, les lettres d’accord, les cahiers de charges et toutes leurs clauses devraient être rendus publics. L’opacité qui entoure les cessions de terres devant cesser (paragraphe 19).
Le samedi 12 février 2011, le gouvernement a répondu au Parena, à travers une conférence de presse organisée par le PDG de l’Office du Niger et en distribuant aux journalistes invités un document intitulé "éléments de réponse sur le mémorandum du Parena…"
Nous saluons l’effort du directeur général de l’Office du Niger, mais nous pensons que c’était au gouvernement de réagir compte tenu de la gravité d’une question aussi importante que l’attribution ou la cession du patrimoine foncier national dans les proportions dénoncées. Il est regrettable que la mise au point de l’Office du Niger passe sous silence les cessions aussi importantes que celles faites à Malibya agricole (100 000 ha), à Huicoma (100 000 ha), au GDCM (7400 ha). Le directeur de l’Office du Niger peut-il nier ces attributions ? Quelle autorité a signé ces cessions ? Ont-elles été faites légalement ? A quelles conditions ?
Qu’en est-il du projet de céder 100 000 hectares à la Lonrho ? Comment peut-on céder des superficies importantes sans débat, sans passer par le conseil des ministres, sans information du Parlement ? Le peuple malien a droit à l’information véritable et pas au jeu de mots. Et c’est un jeu de mots de dire que les terres ne sont pas cédées mais attribuées.
D’ailleurs la "convention d’investissement dans le domaine agricole" entre le Mali et la Libye dit clairement en son article 3 : "La République du Mali offre à la société Malibya agricole une superficie de 100 000 hectares destinée à l’agriculture dans la région de Ségou, dans le delta du fleuve Niger, précisément à l’ouest de Macina".
Que dire ? Une cession ? Une attribution ? Une offre ?
Nous continuerons de demander que la nation soit édifiée totalement sur ce qui se passe à l’Office du Niger, loin des demi-vérités, des dénégations, des dissimulations et d’affirmations péremptoires qui confinent à un mépris s’adressant, au-delà du Parena, à la nation entière qui doit savoir la vérité dans la mesure où les décisions prises engagent l’avenir et ne doivent pas, par conséquent, être prises à la sauvette.
Si l’on en croit le document abondamment diffusé par le gouvernement, les pouvoirs publics n’ont cédé à l’Uémoa que 11 288 ha au lieu de 100 000. Le gouvernement doit aller plus loin en publiant la liste complète des bénéficiaires et les superficies attribuées ainsi que les contrats et conventions, comme nous l’avons demandé.
En restant sur les chiffres que le gouvernement maîtrise mieux, le total des superficies attribuées ou cédées ne serait pas près de 800 000 ha comme le Parena l’a écrit, mais 761 200 ha ! Cette mesquinerie qui donne l’impression d’ignorer la gravité des informations confirme d’ailleurs la qualité des données que nous avons publiées.
Enfin, le Parena veut être très clair, sur cette question du patrimoine foncier national à l’Office du Niger et ailleurs, comme sur toutes les autres questions d’importance nationale : il ne se taira pas !"
Bamako, le 16 février 2011
Djiguiba Kéita

[haut]

Acceuil


 

PATRIMOINE CULTUREL NATIONAL
La ville ancienne de Djenné se meurt
Aujourd’hui, Djenné est menacée de déclassement sur la liste des villes classées patrimoines mondiales par l’Unesco. Plusieurs faits sont à l’origine de cette menace de notre patrimoine culturel, qui est l’ensemble des biens et des valeurs que nous avons hérités du passé.
Parmi les biens et valeurs de Djenné, on peut citer l’architecture de terre exceptionnelle, plusieurs sites archéologiques dont Djenné-Djenno, Hambarkétolo, Kaniana et Tonomba qui offrent un témoignage exceptionnel sur les civilisations préislamiques du delta intérieur du Niger.
Aussi, le crépissage annuel de la mosquée, le Tahiho ou battue des lièvres, le Takho ou festival des marionnettes, la course des pirogues, le savoir-faire artisanaux (l’architecture de terre, la poterie, le tissage, la broderie, la cordonnerie, la menuiserie, la bijouterie, la vannerie, etc.) sont-ils des pratiques culturelles qui font l’exception de Djenné plusieurs fois séculaire.
Cet ensemble d’éléments culturels constituant le bien du patrimoine mondial, dénommé "ville ancienne de Djenné", est menacé. En cause : le pillage des sites archéologiques, l’urbanisation anarchique, c'est-à-dire l’empiétement de l’habitat sur les sites archéologiques (à Djenné tout le monde peut vendre un terrain là où il le veut impunément), l’occupation des berges de la ville ancienne.
S’y ajoutent l’utilisation des matériaux modernes sur les façades et les toitures du bâti en terre : ciment, briques cuites, peinture industrielle, tôles) ; les nombreuses maisons en ruines dans l’ancien tissu urbain de la ville, l’abandon de pratiques culturelles traditionnelles sous l’influence de la modernité et de l’insalubrité (devenues légendaires sous l’ère communale) avec les eaux usées ménagères stagnant dans les rues et ruelles, les ordures ménagères déversées sur les berges, etc.
La conservation, la protection et la promotion de ce riche héritage culturel incombent aussi bien à l’Etat (d’où la création de la Mission culturelle), à la collectivité décentralisée qu’aux citoyens ordinaires… Une "éducation au patrimoine" s’impose. C’est la réponse que la Mission culturelle de Djenné propose comme un moyen permettant de conscientiser, d’éveiller, d’imprégner et de responsabiliser les populations sur l’héritage culturel.
Il s’agit d’amener les secrétaires généraux des communes, les responsables d’associations culturelles, les guides touristiques, les scolaires et même les enseignants à servir d’interfaces pour permettre aux populations de s’approprier leur patrimoine culturel afin de participer à sa conservation, sa valorisation et sa transmission aux générations futures.
Le Projet de renforcement des capacités et de promotion de l’action culturelle (Coopération espagnole au Mali) s’intéresse beaucoup à ce volet.
Lévy Dougnon
(Radio Jamana Djenné)


Enseignants sans salaire
Depuis une semaine, les écoles fondamentales sont fermées à Djenné pour non-paiement des salaires de janvier des enseignants. Ainsi, les enseignants ont choisi la position extrême en observant une grève illimitée jusqu’au paiement des salaires. Cette même position a été d’abord observée par les professeurs du lycée pour la même cause. Ils ont eu gain de cause. Les enseignants du fondamental ont trouvé cette formule comme le meilleur moyen pour entrer dans leurs droits.
L. D.



[haut]

Acceuil


 

FOOTBALL
Pourquoi nos équipes nationales échouent ?
La récente débâcle des Aigles locaux en Championnat d’Afrique des nations (Chan, Soudan-2011) confirme la baisse du niveau de nos sélections nationales de football. Tentative de décryptage.
Février 2008. Il y a quatre ans, les Aigles se noyaient à la Can au Ghana. En ce mois de février 2011, c’est le tour des Aigles locaux de sortir par la petite porte au Soudan. Depuis 4 ans, nos sélections nationales sont abonnées aux défaites lamentables.
Quadruple échecs des Aigles dames (2004, 2006, 2008 et 2010), triple insuccès des Aigles (2006, 2008 et 2010), le double naufrages des espoirs sur les routes des JO 2008 et Jeux africains 2007, quintuples déboires des juniors et des cadets dans les campagnes de 2003 à 2011... Il faut toutes les pages de ce journal pour parler des fiascos de ceux qui sont censés défendre nos couleurs nationales sur l’arène internationale.
Le Mali qui, pour la première fois de l'histoire, a remporté par l’entremise du Stade malien de Bamako un trophée majeur de clubs à savoir la Coupe Caf en 2009, est incapable de qualifier une sélection au second tour d’une compétition africaine. Il est sur le point d’être relégué au rang de petite nation du football.
Depuis les années 2003 et 2004, qui ont vu les juniors de Cheick Diallo à la Can-2003 au Burkina, les Olympiques de Cheick Oumar Koné aux JO d’Athènes-2004 et les Aigles d’Henri Stambouli, la même année, de faire une belle prestation à la Can de Tunis, les sélections maliennes ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes sur la scène internationale.
Au moment où les juniors de Cheick Diallo cherchent un coin du Maghreb (qui n’est plus un havre de paix avec les derniers soubresauts politiques) pour affûter leurs armes en vue de la Can, nos sélections féminine, cadette et locale frôlent le ridicule. Pourquoi ?
A l’épreuve, les entraîneurs se rabattent sur des joueurs de seconde zone à quelques exceptions près. Les équipes nationales éprouvent des difficultés et se font éliminer par des sélections presque montées à la hâte. Le phénomène se répète année après année.
Le constat est accablant. L’équipe de Giresse par exemple séduit sur le papier, mais sur le terrain elle est incapable de produire un jeu chatoyant et surtout de marquer des buts. Il y a surtout la mésentente entre les différents niveaux de décision qui est fatale aux sélections nationales.
Entre indignation et colère
A ce propos, dans le journal "Prétoire" d’hier, Djibril Traoré de l’ORTM et de la commission médias de la Caf, tirait la sonnette d'alarme : "En fait ce sont des échecs préparés et peut être attendus. C’est vraiment mon point de vue. Tous les observateurs ont vu ce qui s’est passé même avant que l’équipe n’aille en Angola. C’est le problème de voyage qui s’est posé dans un premier temps et ensuite le problème de préparation".
Il poursuit : "Il y avait trop de problèmes autour de l’équipe et au niveau du management. Les dirigeants de la Fédération et ceux du ministère ne s’entendaient pas. Ça a même cloché en Angola et donc, on ne pouvait pas s’attendre à mieux que le résultat qu’on a fait. Personnellement, je pensais qu’avec cet échec, les dirigeants allaient faire le bilan et essayer de voir ce qui n’a pas marché pour préparer les futures échéances. Malheureusement, cela n’a pas été le cas, à mon avis".
Hier comme aujourd’hui, les Aigles sont passés à côté de leur sujet comme s’ils avaient été paralysés par l’enjeu. Nous avions besoin d’un bon parcours. C’était peut-être trop leur demander. Présentement, les amoureux du ballon rond sont partagés entre indignation et colère. La colère, parce qu’on a l’impression que nos joueurs ne savent pas réagir sur le terrain quand il le faut.
Ils sombrent facilement quand l’adversaire pose son jeu. Face à la Côte d’Ivoire au Chan, les joueurs ont montré leur incapacité à gérer la rencontre. Mais faut-il vraiment leur en vouloir, même si on peut leur reprocher de n’avoir pas donné tous leurs moyens ?
Toujours est-il que les sorties prématurées de nos sélections nationales toutes catégories confondues sont inadmissibles dans un pays qui consent des efforts, palpables. Le public sportif est indigné parce que nos sélections nationales ont pris le vilain plaisir de nous trahir au moment où tout le monde croit en elles. Il est en colère, parce que chaque fois que l’exploit est possible, les joueurs se payent sa tête en ratant le possible.
Les dirigeants tout comme les entraîneurs devraient sans doute s'interroger davantage sur les compétences qu'ils réunissent autour d'eux et redonner, comme le suggère le directeur technique national de Malifoot, Joachim Fickert, plus de pouvoir aux techniciens surtout locaux.
Boubacar Diakité Sarr

[haut

Acceuil


DU NOUVEAU AUX EDITIONS JAMANA

PETIT PRECIS DE REMISE A NIVEAU

SUR L'HISTOIRE AFRICAINE...

Prix:6500 f cfa

Droit civil

Tome 1: 4000f cfa

Tome 2: 6000f cfa

 

 

L'épopée shongoî

Prix:2500 cfa

La conjuration

Prix:4000f cfa

[haut]

acceuil

Dans ce site web vous trouverez :
OpeneNRICH

 

 




 
Les fondateurs
:: JAMANA : Coopérative Culturelle Multimédia AV. Cheick Zayed - Porte 2694 - Hamdalaye Bamako Mali ::
Tél. 00(223) 229 62 89 - Fax : 00 (223) 229 76 39 - http://www.jamana.org