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2011

Mois de fevrier

Les Echos du 11 fevrier

 

TRIBUNE
La révolution arabe et nous
" La religion est l’opium des peuples". La célèbre formule de Marx explique-t-elle "l’immobilisme" léthargique des sociétés arabes abreuvées aux dogmes, dont les monarchies et les régimes caporalisés, soutenues par l’Occident à coût de pétrodollars et de largesses, se sont maintenus au pouvoir autant dans la durée ?
Aujourd’hui, la rue arabe gronde et sonne le glas des régences de raïs, désormais en sursis un peu partout, depuis l’effondrement du régime policier de Zine el-Abdine Ben Ali en Tunisie. Tandis que la maison Moubarak chancelle au Caire, la bourrasque méditerranéenne plane sur le Yémen, et les capitales arabes résonne à la vague déferlante des récifs de Carthage.
Les médias occidentaux, partie prenante de cette volte-face populaire des "souris" excitées contre le Shah, dénotent un parti pris qui dévoile le véritable rôle des "puissances amies" dans le programme d’éviction des inamovibles dirigeants du monde arabe, subitement devenus des partenaires encombrants.
Le cri entendu de la bouche des manifestants, tant à Tunis qu’à Alexandrie, est celui de la difficulté de vivre digne, de travailler et gagner son pain. Cela est habilement habillé par le "besoin réel" de débarrasser les peuples de leur "dictateur", des régimes corrompus à propension dynastique, pour un changement démocratique, pour plus de justice sociale et de solidarité. Je fais la part des choses contre les idées reçues propagées par les limiers du libéralisme guerrier, maîtres d’ouvrage de ces révolutions téléphonées.
Nous n’allons pas nous plaindre du déguerpissement des autocrates et autres usurpateurs, tous ces imposteurs qui, une fois en place, sombrent dans la mégalomanie, la tentative maladive de patrimonialisation de l’Etat, dans le travers d’un droit de jouissance invétérée du bien commun, dans le délire obsessionnel des privilèges, du goût des honneurs et du confort de la belle-famille (cas tunisien), pour choir, par finir, dans l’auto satisfecit des illusions entretenues par de vils profiteurs et des jacquemarts de service.
Cela vaut tant chez nos frères arabes que dans la République nègre qui couve la pègre. Ce qui m’amène à une analyse en raison et comparaison, pour tirer les enseignements espérés utiles à l’Afrique. La chute de Ben Ali ressemble étonnamment dans la forme à celle de Moussa Traoré, il y a 20 ans. Il y a au moins 10 points communs :
1) Leurs pouvoirs comptabilisent, chacun, 23 ans de règne sans partage.
2) Régimes policiers, bien assis, avec un parti instrumentalisé au pouvoir, ils sont jugés stables, très solidement implantés dans le pays.
3) Leur chute est précipitée, à la surprise générale, par des manifestations de rue enclenchée par des jeunes aux mains nues, suivie du ralliement de l’armée.
4) La situation se caractérise par le ras-le-bol des populations dans la dèche, la jeunesse sans emploi, l’école sans issue, la corruption généralisée célébrée et les abus des entourages (proches, dignitaires, belles familles comprises).
5) Le point de non-retour s’impute à des tueries orchestrées par des contingents armés incontrôlés, non identifiés à ce jour (on a entendu dire des mercenaires).
6) La centaine de victimes sacrifiées (de 100 à 200 morts) signant le crime de sang.
7) Les 2 pays sont des anciennes dépendances de la France, où elle jouit d’une influence indéniable, voire d’une mainmise sur les affaires intérieures.
8) Les mouvements protestataires s’intensifient à la fin de l’année, période de vacances de ministres "stratégiques" de l’Hexagone en Afrique, pour se boucler dans le premier trimestre.
9) La puissance assume, à n’en pas douter, un rôle déterminant dans les événements, malgré les dénégations et des propos plutôt contradictoires.
10) Le gouvernement français a une raison souterraine de rupture avec le régime : Pour Moussa, c’était, on s’en souvient, le bras de fer à La Baule devant l’injonction de démocratie aux chefs d’Etat africains. Ce n’est donc pas l’ancien schéma foccardien des coups d’Etat, mais, le vent attisé de la demande démocratique. L’ancien chef de l’Etat a affirmé à son procès, et ce n’est pas faux, qu’il a été victime d’une machination orchestrée par le président François Mitterrand et la Fondation France Liberté de son épouse, Danièle.
Pour Ben Ali, la liberté des Tunisiens ou la démocratie n’est pas la préoccupation française. Tous les gouvernements successifs s’y sont fait et ont fermé les yeux. Alors, que s’est-il passé ? Le célèbre journal "Le Canard Enchaîné" nous laisse entrevoir une piste fort plausible. Les grandes firmes françaises auraient été l’objet de tracasseries fiscales du régime tunisien. Pour qui sait les convictions et les amitiés du locataire de l’Elysée, le point de cassure, certainement, va de cet accroc, avec un entêtement tunisien à ne pas obtempérer, ou lâcher du lest. Peu importe...
Le motif réel, il y a bien une raison inavouée qui n’est pas le sort des Tunisiens, devant qui le président Chirac, en visite, mon ami Jacques, lui-même, s’est exclamé que "la grève de la faim était un droit..." à l’adresse de l’opposition tunisienne victime d’arrestations arbitraires et de dénis de droit, et qui attendait, à défaut d’un "rappel à l’ordre" du raïs, un plaidoyer minimum pour la démocratie et la liberté, pour leurs fameux "droits de l’Homme", sinon une compassion pour le gréviste croupissant et crevant dans la geôle d’injustice de cette "amitié franco-tunisienne", muette, sourde et aveugle.
Le bien-être de nos populations et la qualité de nos gouvernances, ne nous leurrons pas, sont loin des visées des Occidentaux. Ils peuvent leur servir de prétexte pour s’ingérer dans les affaires de nos Etats, mettre en mal des régimes, bons et mauvais, uniquement à la poursuite de leurs intérêts de domination et de puissance. Merci !
Il est patent que ce qui se passe aujourd’hui dans le monde arabe et qui se propagera sûrement en Afrique subsaharienne est le fait des manœuvres subversives des puissances alliées qui refont la carte du monde devant une Russie neutralisée et une Chine à contenir.
Si nous ne pouvons qu’être solidaires des peuples arabes et africains opprimés, aspirant à la liberté, à l’égalité, à la justice, contre les pouvoirs d’oppression et leurs soutiens, faut-il pour autant se réjouir du changement à tout prix ? Faut-il admettre et avaliser pareilles séditions par la manipulation des Occidentaux ? Les esprits courts diront qu’on ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs, ni vouloir une chose et son contraire. Les experts prompts aux raccourcis voient qu’il y a là des establishments trentenaires, que l’essentiel est qu’ils dégagent et que tous les moyens sont bons pour ce faire.
Bien sûr, certains contestent que les Etats-Unis et la France y soient pour quelque chose, pensant que ce serait une façon de dénier le mérite des populations tunisiennes et égyptiennes ; les puissances ne venant que s’immiscer dans une lutte qu’ils voudraient récupérer, et autres fadaises déjà entendues. Il faut pourtant savoir lire l’Histoire derrière les événements.
Mon propos ici est incisif, parce qu’il faut que nous nous arrêtions d’avaler des couleuvres et de pondre dans les propos et écrits, sans réfléchir, des lieux communs entendus sur RFI, BBC ou VOA, permettant, innocents bêtas, aux Occidentaux de continuer leurs basses œuvres, puisque nous n’y comprenons rien. Une Tunisienne excédée réclame à cor et à cri "que les Occidentaux cessent de contribuer à soumettre nos peuples à des dirigeants peu vertueux qu’eux-mêmes méprisent, mais qu’ils instrumentalisent pour se servir et nous mettre en retard".
L’enjeu majeur de ces événements, je l’affirme, est la question palestinienne (ou plutôt le "dossier israélien"), sur lequel bute et se confond l’administration Obama. La France qui s’est alliée, en s’alignant comme jamais, sous l’estocade de Bush, profite à côté de la superpuissance américaine pour préserver ses "intérêts" dans le monde, sauvegarder le blé dans son champ. L’exemple tunisien, efficacement managé par main invisible, et qui lui fait demander clairement "une transition constitutionnelle" (sic) devait servir à se débarrasser de tous ceux qui pèsent et gênent dans le monde arabo-musulman, qui peuvent servir de rempart contre une éventuelle agression de l’Iran, donc contre une certaine gestion du cas palestinien.
Le Soudan, à présent, est réduit par sa partition. L’Algérie et la Syrie sont dans le collimateur. La sainte alliance ne pouvant contrôler les bouleversements dans tous les pays arabes à la fois, si elle veut réussir son coup, doit donc y aller coup après coup. L’ébullition au Yémen s’est attiédie en attendant l’épilogue égyptien. Mais, vous aurez remarqué qu’il n’est pas question jusque-là de la Libye, on y fait à peine allusion.
Les Libyens sont loin de la misère collective des premiers, donc impossible de jouer sur le levier du désespoir des pauvres, et de la hargne libertaire de la "roturocratie" ; cette infra couche dans les classes moyennes des pays émergents, qui regroupe les nouvelles catégories de parvenus, sans statut social, une sorte de lumpen bourgeoisie. Ce qui ne veut pas dire qu’ils ne tentent rien contre Kadhafi en ce moment. Mais, il est clair qu’aucun leader arabe ne leur fait plus confiance.
Ils ont misé sur Mohamed El Baradéi en Egypte, devenu l’espace d’un après-midi une figure marquante de l’opposition, comme Bush l’avait fait avec Hamid Karzaï, en Afghanistan. Ce monsieur ne représente que lui-même en réalité, jockey de l’Occident pour rafler la mise et devenir calife à la place du calife. Et, comme pour préparer ce coup tordu, on fait bomber une église coopte en plein Noël, on tente de semer la zizanie entre chrétiens et musulmans, donnant au pays le sentiment d’insécurité et de rejet du pouvoir.
Mais, toute l’Égypte a condamné, les Frères musulmans en premier. Le raïs a dénoncé un complot de l’étranger (comme ce fut le cas pour Goodluck Jonathan, du Nigeria, après l’attentat de la fête d’indépendance, avant qu’on ne l’oblige curieusement à porter l’accusation sur le MEND). Et pourtant, c’est bien la forfaiture de l’étranger que tous savent, mais ont peur de nommer.
Le tour de force égyptien va les obliger à revoir leur copie. Ils ont trouvé l’astuce du soutien de Benyamin Netanyahou à Moubarak, pour le discréditer aux yeux de l’opinion arabe, réfractaire à la collaboration. Echec. Après avoir neutralisé son promoteur, Julian Assange, en violation des droits de l’Homme, pour le museler, ils passent par WikiLeaks, dont ils contrôlent maintenant les "révélations", pour dire que le général Suleyman, le vice-président, est un allié sûr des autorités israéliennes et "qu’ils se téléphonaient".
Là aussi, chou blanc. La pyramide Moubarak semble tenir le coup, parce qu’elle a su enrayer les subversions sous couvert du statut des médias. Pourquoi croyez-vous que les manifestants, autorisés, libres, devaient montrer leurs cartes d’identité au passage des accès à la place ? Il ne s’agissait pas d’un contrôle d’identité, mais d’un contrôle de nationalité.
Parce que le régime a compris et remédié à la stratégie d’infiltration d’agents subversifs et de marginaux entraînés, débarqués pour venir impulser et actionner le détonateur, en dirigeant la foule là où ça ne rate jamais. Il reste, pour ceux qui résistent à cette "rue-volition" arabe, le pronunciamiento de palais ou la mutinerie de l’armée.
En vérité, tout ce remue-ménage des harems byzantins est justifié par la nouvelle stratégie de gestion des problèmes palestiniens, iraniens, syro-libanais. Faire chuter les régimes arabes qu’ils ont toujours entretenus relève de la volonté d’affaiblir le monde arabe face aux dénouements en préparation. L’interventionnisme occidental est à déplorer sur toutes ses facettes, tant dans l’accès au perchoir, le maintien que dans le lâchage et le renvoi de nos dirigeants.
La croisade à G. W. Bush dans laquelle il a voulu entraîner la chrétienté, contre l’avis du défunt pape, en voulant combattre l’islam de l’intérieur par l’instrumentalisation de l’islamisme radical servant à justifier l’action terroriste fomentée par eux-mêmes sous couvert de groupes extrémistes montés de toutes pièces, de groupuscules manipulés, faisant quelques otages occidentaux, de rares morts blancs, quelques communiqués de menace, des attentats simulés et des milliers de morts musulmans par jour, n’apporte rien à l’Occident ni aux chrétiens ni à l’humanité. Les puissances doivent arrêter le terrorisme qu’ils suscitent et alimentent.
Obama a dénoncé les dérives de la politique états-unienne sous son prédécesseur, mais, il se fait piéger par qui l’on sait, en voulant assumer une continuité là où la rupture est devenue impérieuse. Question de vie ou de mort.
Mohamed Coulibaly
(ingénieur)

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OBAMA ET LA SITUATION EN EGYPTE
" Yes they can !"
Le président Barack Obama des Etats-Unis est un partisan inaliénable du changement, spécifiquement des transmutations positives. Il suit de près l’évolution de la crise sociopolitique en Egypte, dont il croit que les citoyens doivent finalement goûter aux délices de la démocratie. Sa position est d’autant plus difficile à assumer que le régime du président Hosni Moubarak a jusque-là été un partenaire clé dans les relations arabo-américaines.
Depuis plusieurs semaines, le peuple égyptien réclame l’avènement de la démocratie au pays des Pharaons à travers des scènes de protestation. Cette situation ne laisse personne indifférent dans le monde, particulièrement les Etats-Unis.
Hosni Moubarak, le chef contesté des bords du Nil, est un allié stratégique de longue date de l’Amérique dans le monde arabe. La complicité entre l’octogénaire égyptien et les différents gouvernements du pays de l’oncle Sam a été aussi manifeste qu’incompréhensible.
En plus d’être au service des Etats-Unis dans le conflit israélo-palestinien et dans la réduction de l’influence du régime iranien au Moyen-Orient, Moubarak est aussi engagé aux côtés des grandes puissances planétaires dans la lutte contre le terrorisme. Une bonne partie du peuple égyptien l’accuse même d’être à la solde des Etats-Unis en échange d’environ deux millions de dollars d’aide américaine dans le cadre de la coopération bilatérale.
Mais, la réalité est qu’au moins 90 % de cette somme a servi à entretenir l’armée, la police et à financer les activités de celui qui règne sans partage sur l’Egypte depuis bientôt trois décennies. C’est à ce niveau que se situe véritablement la colonne vertébrale du pouvoir du successeur du président Anouar el-Sadate.
Ancien responsable militaire, Moubarak s’est servi de l’armée pour mater ses opposants et enterrer davantage la liberté d’expression et d’action dans son pays. Un scénario qui contraste avec les valeurs républicaines défendues par les Etats-Unis. Néanmoins, de la lecture des actes posés par la diplomatie américaine, il ressort que seuls comptent les intérêts du moment du pays de l’oncle Sam.
Pour s’adresser au monde musulman dans le cadre de "l’intérêt et du respect mutuel" selon les propres termes du président américain, Obama a jeté son dévolu, quelques mois seulement après sa prise de fonction, sur le pays légendaire, sachant bien que ses dirigeants ne sont pas des références démocratiques. Aux yeux du président démocrate, rien d’autre que l’obtention de résultats probants par son geste d’ouverture n’était important à l’époque.
Surtout que l’Egypte est très influente dans le concert des nations arabes. Aujourd’hui, la donne a changé. Les Etats-Unis, soucieux du devenir du peuple égyptien, appellent au changement, avec notamment une ouverture démocratique sans précédent dans l’histoire du pays des Pharaons.
Prémonition
Le président Obama et la secrétaire d’Etat, Hillary Rodham Clinton, ne font plus mystère de leur volonté de voir se dessiner une "transition démocratique" en Egypte. Tout en admettant que son homologue égyptien était d’accord avec sa plaidoirie pour l’avènement de la démocratie au bord du Nil, Obama a, dans une adresse publique récente, indiqué que "pendant des siècles l’Egypte a connu de grands moments de changement. Et les événements de ces dernières semaines sont un de ces moments".
Prenant position pour une transition "immédiate, significative et pacifique", Obama a précisé que le peuple égyptien est responsable de son destin et que seule prime sa volonté. Le président américain est allé même plus loin : en plaçant les repères d’une transition démocratique.
" Il y aura des jours difficiles devant. Beaucoup de questions relatives au futur de l’Egypte restent sans réponse, mais je suis confiant que le peuple égyptien trouvera les réponses adéquates. Le processus démocratique doit inclure toutes les sensibilités sociales et les partis de l’opposition. Il doit conduire à des élections libres et équitables. Et le gouvernement qui résultera de ce processus devra non seulement avoir pour point d’appui les principes démocratiques, mais devra aussi être une réponse aux aspirations du peuple égyptien".
Ces mots d’Obama sont des signes précurseurs d’une démocratie authentique dans le pays arabe le plus peuplé au monde. Et le vice-président des USA, Joe Biden, et l’attaché à la presse de la Maison-Blanche ont emboîté le pas à leur patron, en rejetant vigoureusement les propos du nouveau vice-président de l’Egypte, Omar Suleiman qui a affirmé mardi que son pays n’était "pas prêt pour la démocratie".
En tout cas, un sondage sur la situation en Egypte a révélé que 58 % des Américains demandent à leurs gouvernants une "approche attentive" du cas égyptien, craignant qu’une ouverture démocratique n’occasionne la montée en puissance des islamistes, qui mettraient en mal la sécurité des Etats-Unis.
L’administration Obama tournera-t-il le dos à son peuple ou défendra-t-elle les valeurs démocratiques qu’incarnent les Etats-Unis ? Wait and see.
Ogopémo Ouologuem
(correspondant aux USA)

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KALABANCORO
La quête d’un commissariat de police
Ventes d’armes à feu, trafic de stupéfiants, banditisme à grande échelle sont, entre autres maux, qui coupent le sommeil aux populations de Kalabancoro. La brigade de gendarmerie est incapable de circonscrire ces méfaits, le salut pourrait venir d’un commissariat de police.
Sur le papier, Kalabancoro est une commune rurale. Mais, de par son emplacement et son peuplement, elle n’a rien à envier aux autres circonscriptions de Bamako. Elle compte plus de 80 000 âmes reparties entre plus de 10 quartiers et 10 villages. Aujourd’hui, la sécurité de tout ce monde pose problème. La seule brigade de gendarmerie avec des moyens dérisoires n’est plus que l’ombre d’elle-même.
Ses quelques actions menées se limitent à l’audition des plaignants et concernent les affaires civiles. D’ailleurs, à la brigade, on se dit incapable de couvrir le quartier "avec nos moyens très faibles".
Conséquence : des bandits et autres malfaiteurs sont en train de transformer le quartier en un nid de vagabonds irréductibles, au grand dam de la population, qui ne sait plus à saint se vouer. Les rares patrouilles ne sont pas en mesure d’inquiéter les bandits tellement leur champ d’opération est vaste et incontrôlable pour une seule brigade.
Autodéfense
Devant l’ampleur des attaques avec des armes à feu (les brigands se dirigent dans les familles et menacent les occupants d’ouvrir la porte de leur chambre s’ils veulent rester en vie), des jeunes s’adonnent à la vente de pistolets à vil prix. Dans un lieu jugé secret non loin de la brigade de la gendarmerie, des chefs de familles se ruent sur ses pistolets, qui se vendent comme du petit pain.
Du côté des autorités, on affirme donner l’alerte. "Mais rien à faire". C’est ce qui explique sûrement l’attaque de paisibles citoyens. Devant de telles actions, le département de la Sécurité intérieure et de la Protection civile est interpellé. A Kalabancoro, tout porte à croire que la seule brigade de peut faire l’affaire de la population.
La création d’un commissariat de police avec des postes dans les différents secteurs est de plus en plus sollicitée par les autorités municipales et administratives. Elle ne serait pas une nouvelle surprenante dans la mesure où dans l’agenda du MSIPC, figure la création d’un commissariat de police dans le quartier.
Amadou Sidibé

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CONFERENCE DE OUAGA SUR LA PF
Plus de 65 milliards de F CFA pour la SR
" A partir de cette année, la France dégagera 100 millions d’euros, soit plus de 65 milliards F CFA par an sur les cinq prochaines années, en guise de contribution à l’amélioration de la santé de la mère et de l’enfant". L’information a été donnée par le ministre français de la Coopération Henri de Raincourt à l’ouverture de la rencontre de Ouagadougou (Burkina) du 8 au 10 février 2011.
A travers cette déclaration devant le président du Faso, Henri de Raincourt a confirmé la promesse faite par le président Nicolas Sarkozy sur l’initiative des pays membres du G-8 en faveur de la santé de la reproduction. Raison invoquée : la planification familiale a sa place dans le cadre de cet engagement avec les trois autres thèmes pour la santé des femmes et des enfants.
Il s’agit de la nutrition, la santé reproductive et la formation du personnel socio-sanitaire particulièrement les sages-femmes. Et à Henri de Raincourt d’ajouter que l’engagement du président français sera décliné à la fois sur le plan bilatéral et multilatéral. "Le volet bilatéral consacrera, sur les cinq prochaines années, 100 millions d’euros pour des actions en faveur de la planification familiale dans les pays francophones d’Afrique de l’Ouest", a-t-il dit. Aussi a-t-il laissé entendre qu’en partenariat avec les pays bénéficiaires et à travers les dispositifs de coopération bilatérale et l’Agence française de développement, ces projets seront mis en œuvre dès cette année.
S’agissant du volet multilatéral, la France mettra la main à la poche, selon M. de Raincourt, pour financer des actions qui seront pilotées sur le terrain par les principales organisations internationales compétentes. Il s’agit de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’UNFPA. "Premier contributeur européen au niveau du Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme, la France y a soutenu activement la création d’un volet d’activités spécifiques dédiées à la santé de la mère et de l’enfant".
Notons que dans la sous-région, 20 à 30 % des femmes qui désirent espacer leurs grossesses ou arrêter d’avoir des enfants, selon les indicateurs, n’ont pas accès à une méthode de contraception sûre et efficace. "Or, il est démontré que la planification familiale joue un rôle essentiel dans l’atteinte des OMD, et constitue un levier de croissance économique".
En Afrique subsaharienne, le risque pour une femme de perdre sa vie au cours d’une grossesse ou d’un accouchement demeure élevé avec un ratio de 1 pour 26. Environ 13 % des décès sont attribués à des interruptions de grossesse mal pratiquées et en l’absence d’un suivi sanitaire adéquat. Cette situation résulte directement de l’ampleur des besoins non couverts en matière de planification familiale et d’un accès insuffisant à des services et à une information de qualité.
Dans tous les cas, ce geste de la France contribuera à coup sûr de repositionner dans l’agenda politique des Etats de l’Afrique de l’Ouest francophone, la planification familiale comme un facteur déterminant pour l’amélioration de la qualité de vie des populations.
Idrissa Sako
(envoyé spécial)

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MOUNTAGA TOURE, DIRECTEUR EXECUTIF DE L’AMPPF
" Le développement est subordonné à la PF"
Dans la mouvance de la conférence internationale sur population, développement et de la planification familiale en Afrique de l’Ouest "l’urgence d’agir" qui se tenait à Ouagadougou du 8 au 10 février, nous avons rencontré Mountaga Touré, directeur exécutif de l’Association malienne pour la protection et la promotion de la famille (AMPPF). Il nous parle du bien-fondé de la rencontre, les problèmes liés à la PF et les perspectives. Interview.

Les Echos : Vous êtes à la tête de la structure pionnière dans la promotion de la planification familiale au Mali, que représentent pour vous des rencontres de ce genre ?
Mountaga Traoré : Les fondateurs de l’AMPPF, le 3 mars 1972, n’auraient jamais imaginé que, 40 ans après, un forum de ce genre serait tenu en Afrique et que le Mali prendrait part à ce rendez-vous pour parler de planning familial, parce qu’en 1972 à la création de l’AMPPF, tout sur la question était interdit. Il n’était pas question de parler de planning, ni d’avortement encore moins d’espacement de naissance. Aujourd’hui, des responsables au plus haut niveau se retrouvent dans ces problèmes, cela veut dire que l’AMPPF avait sa raison d’être.

Les Echos : Cela veut-il dire que la planification demeure une question d’actualité ?

M. T. : Oui, même si les débats sont aujourd’hui orientés essentiellement sur l’aspect économique. Il est établi dans nos Etats que les populations s’accroissent à grande enjambée alors que les ressources économiques ne suivent pas dans la plupart de ces Etats. Alors qu’au début de la promotion de la PF, on était beaucoup plus préoccupé par la réduction du taux de mortalité maternelle et infantile parce qu’il y avait trop de morts pendant la grossesse et l’accouchement.
Aussi, une fois que l’enfant venait au monde, il avait de fortes chances qu’il meurt avant 5 ans. C’est pour toutes ces raisons que l’AMPPF et des structures analogues sont créées au Mali et un peu partout dans la sous-région parce qu’on a pensé que la PF était un moyen de régler ce problème. Vous constatez avec moi que 40 ans après les mêmes problèmes sont là sauf que les aspects économiques ont pris le dessus sur la mortalité maternelle et infantile.

Les Echos : La PF est perçue comme une affaire de l’Occident ou un débat d’intellectuels, cela ne constitue-t-il pas un défi ?

M. T. : Exactement ! Parce qu’au Mali on a pensé dans un premier temps qu’il fallait opposer la religion (islam) à la PF alors que l’islam est venu chez nous à un moment où il y avait des notions ou des pratiques de PF. Les Arabes et les Français ont trouvé ces pratiques chez nous. Donc, c’est un faux débat. Ce que je retiens, c’est la mentalité des gens de ne pas avoir une politique de population.
Tout ce qui est PF, tout ce qui est sexe est tabou. Il est arrivé un moment où tout le monde a lâché la PF parce qu’il était difficile de faire le combat. Aussi, dans les années 1980 le Sida est apparu, la peur de la pandémie a aussi contribué à l’abandon de la planification familiale. On s’est lancé dans des programmes de lutte contre le VIH/Sida et l’on a injecté tous les fonds dans cette lutte.

Les Echos : Et l’avenir de la PF ? Est-il rose ?

M. T. : Je pense qu’avec des débats et des rencontres de ce genre, l’espoir est permis. Des débats ont lieu et toutes les couches acceptent plus ou moins la confrontation des idées. Je pense qu’on avance… Aussi, je dois dire qu’un nouveau soleil s’est enfin levé en faveur de la PF depuis l’arrivée de Barack Obama au pouvoir aux USA. Vous n’êtes pas sans savoir que maintenant l’USAID organise des programmes en faveur de la PF. Je pense que cela va continuer parce qu’on a compris que sans PF des problèmes de santé, d’éducation et de développement économique n’auront pas de solution ? Vu sous cet angle, ça va marcher.

Les Echos : Au Mali il y a plus de 30 % de besoins non satisfaits, ça vous paraît paradoxal non ?

M. T. : C’est vrai, il y a des problèmes, et je suis d’accord que les services de santé soient plus près des populations. Que celui ou celle qui a envie de recourir à une méthode de PF puisse la trouver à côté parce qu’on ne peut pas faire 100 ou 200 km pour trouver un produit qui coûte 100 F CFA. Il faut la sécurité contraceptive. Mais, le produit c’est d’abord des bonnes conditions de stockage, c’est aussi une bonne politique de ravitaillement. Or, quand vous prenez un pays comme le Mali, un pays chaud avec une superficie de 1,241 millions de km2, vous conviendrez avec moi que ce n’est pas facile et surtout s’il faut aller à l’intérieur où il n’y a ni eau potable ni électricité et assurer la qualité des produits ce n’est pas non plus facile. Mais quand on a des produits, il faut se donner les moyens de les conserver.

Les Echos : Est-ce que la volonté politique suit ?

M. T. : J’ai été heureux de voir le président Blaise Compaoré lancer les activités de la conférence parce que chez nous en Afrique ce qui manque le plus dans ce problème c’est l’engagement des décideurs au plus haut niveau. On laisse tout aux bailleurs des fonds. Et quand un bailleur décide de réorienter ses priorités nos Etats ne font que suivre. Tant qu’il y a la volonté politique, il y aura des textes et cela se traduit par l’insertion d’une ligne budgétaire. C’est une bonne chose de voir nos dirigeants s’intéresser à ce problème.
Propos recueillis, à Ouaga, par
Idrissa Sako

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DOSSIER : GROSSESSES
Les grossesses qui font peur
Il n’y a pas si longtemps la grossesse était encore considérée comme un événement heureux parce qu’elle ne coûtait rien ou presque. Non seulement, son coût financier était dérisoire, mais également elle ne représentait aucun danger pour la mère et l’enfant.
Dans les campagnes, jusque dans les années 1980, la plupart des accouchements se faisaient dans les cases aux mains de vielles femmes appelées accoucheuses traditionnelles. Les sages-femmes n’étaient pas alors très nombreuses, de même que les maternités qui étaient majoritairement implantées dans les centres urbains.
Dans ces conditions, en milieu rural, la femme enceinte ne faisait l’objet d’aucune attention particulière même de la part de son mari pour qui elle ne courait aucun danger. Elle continuait à travailler normalement comme tout le monde jusqu’au jour du travail où elle était conduite dans une case et laissée aux bons soins de quelques vieilles femmes qui la faisaient accoucher sans problème.
Les consultations prénatales n’existaient que dans les centres urbains et chez seulement les gens aisés. Dans les milieux populaires, le système traditionnel du suivi de la grossesse et l’accouchement était largement répandu si bien que beaucoup de femmes vivant en ville accouchaient elles aussi à la maison. L’avantage du système traditionnel, qu’il soit pratiqué en ville ou à la campagne, est qu’il engendre peu de frais et cause moins de dégâts en dépit des conditions de sécurité minimales dans lesquelles il s’opère.
Les prestations des vieilles personnes sont presque gratuites (en dehors des petits cadeaux, il n’y a pas de prix) et, l’enfant, une fois mis au monde, est soigné par elles à l’aide de plantes médicinales jusqu’au moment où il apprend à marcher. Les hommes sont peu impliqués dans ce processus en dehors des cas de complication dans l’accouchement ou leur concours est requis pour le transport de la femme en difficulté dans le centre urbain le plus proche.
Mais ce système a perdu de la vitesse et de l’importance au contact de celui dit moderne et qui est pratiqué dans les maternités. Les accoucheuses traditionnelles et leurs assistantes ont été remplacées par des sages-femmes et des matrones qui, sans connaître à fond la science obstétricale, imposent leurs lois dans les maternités et les PMI.
Elles exigent désormais des visites médicales à intervalles réguliers mais payantes, ce qui, pour elles, garantit plus la bonne santé de la mère et de l’enfant. Sans ces visites au cours desquelles un carnet est délivré à la femme enceinte, celle-ci n’est pas assistée le jour de son accouchement. Dans les campagnes, cela peut parfois tourner au drame parce que la sage-femme ou la matrone, sous ce prétexte fallacieux, refuse de s’occuper de la femme enceinte et la laisse accoucher toute seule.
Pour les paysannes qui n’ont pu joindre à temps la maternité et s’en sont sorties toutes seules, les responsables de la maternité refusent de leur délivrer les papiers devant servir à l’établissement des pièces d’état-civil si elles ne sont pas payées. Selon plusieurs témoignages, les femmes enceintes qui n’ont pas régulièrement suivi les pesages recommandés (consultations prénatales) sont rabrouées, voire verbalement agressées parce que leur absence représente un manque à gagner non négligeable pour le personnel féminin de la maternité.
Le paiement des services dans les maternités a été diffus et discret plusieurs années, mais il a éclaté au grand jour à partir de 2002 avec la perte d’autorité de l’Etat et l’installation de l’incivisme dans les services. Le personnel des centres de santé et des maternités n’ont fait plus qu’à leur seule tête, convaincu qu’ailleurs on fait pareil ou même pire et que rien n’en sortira.
La chasse à l’enrichissement est aussi passée par là et a transformé les habitudes, arrivant à rendre payante la moindre petite prestation. L’accouchement fait, la mère est aussi retenue dans les locaux de la maternité jusqu’au paiement d’une certaine somme et la remise de cadeaux (pagnes, thé, sucre) aux braves sages-femmes qui feignent de n’être pas payées pour faire ce travail.
L’introduction récente de la césarienne, plutôt que de faciliter les accouchements, les a encore rendus plus pénibles par la cupidité des sages-femmes qui vont accoucher leurs sœurs avant terme rien que pour le bénéfice financier, quitte à faire mourir soit la mère, soit l’enfant.
Le temps est maintenant révolu où les 9 mois de la grossesse se passaient sans occasionner de grosses dépenses pour les familles. La science obstétricale est presque devenue un fonds de commerce aux mains des sages-femmes et des matrones qui n’hésitent plus à monnayer leur savoir pour s’enrichir. L’accouchement, par plusieurs aspects, ressemble aujourd’hui au parcours du combattant pour plusieurs familles à cause de son coût trop élevé.
Les gestes gratuits ont disparu des maternités et ont fait place aux services payants dans des structures où tout se marchande, se vend et s’achète aux dépens des usagers ou plutôt des clients.
Facoh Donki Diarra

GROSSESSE
Des dépenses obligatoires ou urgentes
La grossesse n’est pas une maladie. Mais suivre médicalement une grossesse jusqu’à son terme nécessite beaucoup de dépenses. A combien s’élève le coût d’une grossesse ?
Les progrès de la science et de la technique ont permis aux centres de santé et hôpitaux de prendre toutes les dispositions pour le suivi de la grossesse. Selon Dr. Barthélemy Koné, le coût de la grossesse dépend du rang social de l’individu et parfois de l’état physique de la femme enceinte.
Malgré la prise en charge de la grossesse en cas de césarienne, celle-ci demeure chère tant dans les établissements sanitaires étatiques que.
Pour Mme Diarra Fatimata Kéita, sage-femme en service dans un centre de santé de référence de la capitale, "une consultation prénatale coûte 500 F CFA et c’est le même prix pour le carnet de suivi de la grossesse. Nous demandons aussi aux femmes enceintes de faire des analyses par exemple l’analyse de groupage, le test sanguin, une énumération, etc."
Pendant la grossesse, poursuit la praticienne, il est conseillé aux femmes de prendre du fer, des médicaments antipaludiques car cette maladie est source de complications qui peuvent aboutir à un avortement, voire à un mort né.
Généralement, ces deux produits ne coûtent pas cher. Au centre, les 60 comprimés de fer coûtent 300 F CFA. Sans donner de chiffre rond, la sage-femme estime que l’addition peut avoisiner les 40 000 F CFA, voire plus en cas de tests (salivaire, urinaire, sanguin etc.). Dans certains établissements privés, le coût d’un test salivaire est compris entre 10 000 et 12 000 F CFA. Ce prix est le même pour les autres tests.
Les dépenses durant la grossesse dépendent également de la physionomie de la femme, explique Dr. Koné, qui indique que les femmes bien portantes ont moins de complications lors de leur accouchement et donc moins de dépenses à faire. A ses dires, les femmes enceintes qui ne se font jamais consulter sont celles qui payent généralement plus cher.
Pour ce médecin d’une clinique située sur la rive droite "une consultation coûte 6000 F CFA. Au cours de la grossesse, les femmes font en moyenne cinq à six consultations, soit une somme de 30 000 à 36 000 F CFA. Dans notre clinique, nous leur demandons aussi de faire trois fois une échographie qui coûte 8000 F CFA. Elles ont aussi à faire des tests que ce soit la première ou troisième grossesse".
Une première grossesse demande de nombreux examens, entre autres, la détermination du groupe sanguin, qui coûte 2000 F, la numération sanguine (3500 F CFA), l’électrophorèse hémoglobine facturée à 7000 F CFA. En plus des médicaments, s’ajoutent les frais d’hospitalisation ce qu’on appelle le prix de lit d’hospitalisation fixé à 2000 F CFA.
Denis Koné

FEMMES ENCEINTES
Les maladives et les résistantes
Le traitement durant la grossesse dépend de la physionomie de la femme.

Un enfant, c’est le plus beau cadeau de la vie, a-t-on coutume de dire. Mais, tout porte à croire que la grossesse est une étape que chaque géniteur aujourd’hui vit difficilement. Si dans la majorité des cas, la grossesse se déroule le plus normalement, certaines maladies peuvent néanmoins présenter des risques pour la mère et l’enfant. Il peut s’agir de problèmes de santé existants ou d’infections qui se déclarent chez la femme enceinte.
Selon Mme Oumou Diarra, sage-femme, tomber enceinte est synonyme de bouleversement de l’organisme, qui va avoir des répercussions sur tous les organes. Toutefois, les dispositions sont prises dans les centres de santé pour le suivi adéquat de la grossesse. A en croire Mme Diarra, il y a deux catégories de femmes : les maladives et celles qui sont vraiment résistantes.
" La physionomie de la femme joue aussi un rôle capital dans le processus de la grossesse". A titre d’exemple, souligne-t-elle, "on rencontre des femmes qui n’occasionnent pratiquement rien durant leur grossesse, qui accouchent dans des bonnes conditions et donnent aussi des beaux bébés. Par contre, pour les femmes maladives, c’est évident que ça se complique souvent. Donc, elles ne peuvent que dépenser de l’argent dans les visites médicales, les ordonnances…"
Mme Diarra conseille aux femmes de suivre un régime alimentaire adapté pendant la grossesse. "Souvent la femme enceinte a envie de manger toutes sortes d’aliments. Pour ça, on est obligé de dépenser de l’argent. Mais, il y a des femmes même enceintes qui ne changent pas du tout leur régime alimentaire. Elles n’ont pas les petites envies", affirme notre interlocutrice.
Et d’ajouter que les dépenses durant la grossesse dépendent finalement de la physionomie de la femme. Fatoumata Koné, obstétricienne au Cscom "Espoir" à Kalabancoro, ajoute que ça ne coûte rien pour une future mère de faire des consultations. Toutefois, certaines s’y refusent catégoriquement. "Une consultation prénatale ne coûte que 500 F CFA et c’est le même prix pour le carnet".

Le paludisme en menace
Elle appelle les femmes à être disciplinées en faisant des analyses de groupage, de test sanguin… Surtout que le gouvernement a décidé de prendre en charge le coût de traitement des femmes enceintes contre le paludisme.
" Pendant la grossesse, il est conseillé aux femmes de prendre du fer et la nivaquine contre le paludisme. Parce que le paludisme est très dangereux pour une femme enceinte. Ca risque de lui créer des complications comme l’avortement ou même avoir un mort né lors de l’accouchement", conseille celle qui se fait appelé affectueusement la mère de l’humanité, tant elle aime son métier.
A ses dires, l’infection palustre pendant la grossesse est un problème de santé publique majeur survenant dans toutes les régions du Mali. Selon Dr. Moussa Camara, médecin généraliste, la plupart des femmes enceintes représentent le principal groupe d’adultes exposé à la maladie. "Les symptômes et les complications du paludisme au cours de la grossesse diffèrent selon l’intensité de la transmission", indique le médecin.
La femme enceinte étant vulnérable au paludisme. Ainsi pour éviter le développement de l’anémie au cours de la grossesse, la baisse du poids de l’enfant à la naissance et des accouchements prématurés, l’unité "paludisme et grossesse" : Le Malaria Research Training Center (Centre de recherche sur le paludisme) dirigé par le Pr. Ogobara Doumbo au Point G de Bamako, a mis en place deux axes de recherches.
Le premier axe de recherche a consisté à comprendre les mécanismes de transmission du paludisme chez la femme enceinte en vue de le prévenir.
Amadou Sidibé

Que de dépenses !
Les dépenses pendant la grossesse, c’est aussi chez le gynécologue. Une consultation coûte en moyenne 6000 F CFA. Au cours de la grossesse, les femmes font en moyenne cinq à six consultations, soit une somme comprise entre 30 000 à 36 000 F CFA. Une échographie coûte 8000 F et des analyses à faire "que ce soit une première ou troisième grossesse". "Si c’est une première grossesse, ça demande un grand nombre d’examens, notamment : la détermination du groupe sanguin qui coûte 2000 F CFA, la numération sanguine qui coûte 3500, l’électrophorèse hémoglobine facturée à 7000 F CFA, etc."
A. S.

PREMIERES SEMAINES DE LA GROSSESSE
Le coût du bilan prénatal
Pour détecter les petits et gros troubles qui pourraient mettre en danger l’embryon, on recommande à la femme enceinte de faire, durant les premières semaines de la grossesse, le bilan prénatal qui porte sur une dizaine de tests.
Au moins 7 consultations sont prévues au début de la grossesse en plus de l’échographie. Il s’agit des tests de toxoplasmose, de NFS, de glycémie, de rhésus, de BW, de groupe sanguin et d’Emmel.
Le test de toxoplasmose est recommandé à la femme enceinte pour savoir si elle est atteinte de la toxoplasmose, une maladie due à un parasite que l’on trouve dans la terre et dans la viande. Cette maladie qui peut, également, être transmise par les chats et leurs excréments, entraîne de graves lésions chez l’enfant à naître. Le coût du test de toxoplasmose varie entre 7500 et 10 000 F CFA dans les cliniques privées.
Le coût du bilan prénatal est moins cher dans les hôpitaux publics que dans les cliniques privées. Au Centre de santé de référence du Quartier-Mali, le coût de l’ensemble des tests (glycémie, rhésus, BW, toxoplasmose, groupe sanguin et Emmel) est fixé à 7750 F CFA. Mais, le test de NFS seul est facturé à 3000 F CFA dans certains centres de santé de référence.
Ces nombreux tests dans le cadre du bilan prénatal sont précédés de l’échographie. La première échographie doit avoir lieu entre 11 et 13 semaines après le début des dernières règles. Elle permettra de vérifier la localisation intra-utérine de la grossesse ainsi que la vitalité de l’embryon. Le coût de l’échographie varie entre 6500 et 7500 F CFA dans les hôpitaux publics. Certaines cliniques privées la font à 10 000 F CFA.
C’est à travers l’échographie que le médecin pourra estimer la date de l’accouchement. Pour effectuer ce calcul, il demandera à la femme en état de grossesse, de lui indiquer le premier jour de ses dernières menstrues. Cette consultation comportera un interrogatoire médical détaillé, un examen clinique général et un examen gynécologique.
Pour plus de vigilance, le gynécologue demande le bilan prénatal et l’échographie. Ces consultations obligatoires permettront au médecin de veiller au bon déroulement de la grossesse et de détecter les petits et gros troubles qui pourraient mettre en danger le bébé. Ces premières consultations doivent impérativement avoir lieu au cours du premier trimestre de la grossesse pour pouvoir protéger le bébé dans le ventre à l’abri des maladies infectieuses.
Outre ces consultations, d’autres examens peuvent être réalisés si le médecin les estime nécessaires.
Sidiki Doumbia

 



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SORY KOUROUMA DIT REMETTER, EX-GLOIRE DE FOOT
Un rempart à ne pas oublier
Qui a dit que le Mali ne formait pas d’excellents gardiens ? La réussite de Sory Kourouma alias Remetter est un démenti.
A son époque, il fut le plus sérieux espoir malien au poste de gardien de but. Après la retraite de Bassirou Diamoutené au Djoliba et Seydou Traoré (Guatigui) en équipe nationale, le portier djolibiste Sory Kourouma a rapidement gagné sa place au prix de performances souvent exceptionnelles. On se souvient encore de ses parades miraculeuses face à Bendel Insurance du Nigeria. La même baraka qui l’accompagnait le suivait dans les stades maliens et africains.
Surnommé Remetter, nom qu’il doit à un de ses amis de collège à Conakry en référence à un ancien Bleu des années 1950. Sory Kourouma est arrivé au Djoliba en 1972 de façon extraordinaire. "J’étais en vacances à Bamako en provenance de Kankan et je suis allé m’entraîner avec le Djoliba au stade Mamadou Konaté. Après la séance, Tiécoro Bagayoko est venu me féliciter et m’a mis en contact avec Karounga Kéita. Voilà les raisons de ma venue au Djoliba et même au Mali et tout est parti de là", se rappelle-t-il.
Marié et père de 8 enfants, l'ancienne gloire du football malien, l'ancien sociétaire de Nimba club Nzérékoré (1966-71) et de Milo Club de Kankan (1971-72) en Guinée, du Djoliba (1972-84) et de l’Office des ports et rades (Oprag) du Gabon (1984-86) est à la retraite après avoir passé plus d’une décennie à l’Institut nationale de prévoyance sociale (INPS). "Au Djoliba, on m’a trouvé du boulot à l’INPS. Je suis resté de septembre 1972 au 10 janvier 1984. Soit 13 ans de service et après je suis parti au Gabon".
En équipe nationale, Sory Kourouma, âgé de 61 ans (il né en 1950 à Bamako) a fait ses grands débuts en 1974 et a connu comme entraîneurs, Karounga Kéita, un Russe et un Allemand. "C’était en amical contre une équipe russe", se souvient-t-il. Et d’ajouter qu’après, il a fait ses valises pour une autre aventure, un autre pays. "Après ces moments, je suis parti au Gabon".
Sur une frustration
Comme meilleurs moments de sa riche carrière et du football malien, Remetter raconte une anecdote. "C’était en match retour des compétitions africaines des clubs en 1974 au Nigeria contre Bendel Insurance. Au match aller, j’étais remplaçant et au match retour également, car Moussa Dembélé, le titulaire, était dans les buts. A quelques heures du match, Moussa se sentait mal à l’aise et a signé forfait. A l’époque Cheick Kouyaté (paix à son âme) était le secrétaire général de la Fédération. Il a dit à Tiécoro si Moussa ne peut pas jouer, mieux vaut qu’on signe forfait. Cette phrase m’a un peu tiqué, j’étais frustré. Tiécoro m’a soulagé en disant que si Moussa ne peut pas jouer, Sory peut prendre sa place. Aussitôt j’ai été aligné : J’ai fait mon meilleur match de ma carrière. C’est le seul bon souvenir que j’ai pu garder car j’avais un défi à relever et ce jour de mai 1974, Dieu était avec moi", se souvient-il.
S’il parle de ses meilleurs moments, Remetter n’oublie pas les mauvais. Parmi ceux-ci, il aborde le culte de la personnalité de Tiécoro autour de son club, le Djoliba et de l’AS Réal avec la finale de la Coupe du Mali de 1978. "On se sentait frustré d’autant plus que les gens pensaient que le succès du Djoliba était dépendant de Tiécoro".
En finale de la Coupe du Mali, appelée à l’époque Coupe de la vérité en 1978, il témoigne. "A l’époque le Djoliba était la meilleure équipe, donc il fallait prouver sur le terrain que le Djoliba pouvait faire et sans Tiécoro. J’ai longtemps gardé ce mauvais jugement que certains faisaient de notre équipe".
Abordant la gestion actuelle de notre sport roi, Sory parle d’une marche à reculons. "On régresse, c’est dommage". Et de déclarer qu’il faut avoir le courage de le dire même avec le trophée de la Coupe Caf du Stade, gagné en 2009.
A l’actuelle génération, il conseille d’approcher leurs aînés pour profiter de leurs expériences. Ancien professionnel, il passe son temps depuis sa retraite méritée en 1984, entre sa famille, les terrains de sport et ses amis.
Boubacar Diakité Sarr

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