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2011

Mois de fevrier

Les Echos du 10 fevrier

 

ATT CE SAMEDI A L’OFFICE DU NIGER
Le Parena sonne l’alerte
Le Parena a remis mercredi dernier un mémorandum au président de la République, pour attirer son attention sur la spéculation foncière qui sévit actuellement en zone Office du Niger.

Le 12 février 2011, le président de la République se rendra dans le Kouroumari (cercle de Niono) pour lancer les travaux d’aménagement de 1700 ha sur un total de 100 000 octroyés à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) dans la zone de l’Office du Niger.
Ces dernières années, en vue d’attirer les investissements privés étrangers comme nationaux dans le secteur rural, l’Etat malien a cédé des centaines de milliers d’hectares de l’Office du Niger, sans aucune assurance, à ce jour, que cette politique de cessions de terres agricoles permettra d’atteindre l’autosuffisance alimentaire et d’assurer la souveraineté alimentaire de notre peuple.
Ces cessions ont suscité et suscitent de profondes inquiétudes des populations installées dans cette région dont certaines risquent d’être chassées des terres qu’elles exploitent depuis plusieurs générations. Le Mali est un pays à vocation agricole. L’agriculture, l’élevage et la pêche occupent plus de 80 % de la population active.
Créé en 1932, autour du barrage de Markala, l’Office du Niger a un potentiel d’irrigation de plus d’un million d’hectares dans les zones du Kala, du Kurumaari, de Ké-Macina, du Méma, du Farimaké, du Karéri, du Kokeri et du Bewani.
L’Office a le monopole de la gestion de ces terres qui sont un titre foncier de l’Etat. Un décret du 1er juillet 1996 (n°96-188/P-RM) consacre l’emprise de l’Office sur les terres aménagées et équipées, mais aussi sur celles situées dans les zones non aménagées, celles irriguées et celles pouvant l’être à partir des ouvrages du barrage de Markala (long de 816 mètres, construit de 1934 à 1947).
Il existe plusieurs modes de gestion de ces terres : le contrat annuel, le permis d’exploitation agricole, le bail d’habitation, le bail ordinaire, le bail emphytéotique. En 78 années d’existence de l’Office, malgré les efforts consentis par les gouvernements successifs et les partenaires, le total des superficies aménagées oscille autour de 88 000 hectares sur un potentiel, rappelons-le, de plus d’un million d’hectares.
Après le coton dont la culture a été abandonnée en 1970, le riz est la principale production agricole de la zone. Les cultures maraîchères et la canne à sucre y sont également introduites. L’aménagement d’un hectare dans la zone coûte entre 3 et 4,5 millions F CFA selon la nature du sol.
L’Office du Niger est unique en son genre en Afrique de l’Ouest. Il devrait permettre au Mali d’assurer son autosuffisance alimentaire, voire exporter un excédent de produits agricoles. Il est triste de constater qu’il n’a pas atteint cet objectif pour de multiples raisons, liées, entre autres, à la taille insuffisante de la majorité des exploitations familiales. 54 % des paysans installés à l’Office n’arrivent pas à couvrir les besoins alimentaires de leurs familles pendant toute l’année. Et l’Office n’arrive pas à produire assez pour couvrir les besoins de consommation des Maliens.
Malgré tout son potentiel hydro-agricole, le Mali a du mal à nourrir sa population estimée en 2010 à 15 millions d’âmes. L’autosuffisance alimentaire reste un objectif à atteindre. Bon an, mal an, nous importons des centaines de milliers de tonnes de riz. En vue d’accroître la production agricole, assurer l’autosuffisance alimentaire, et, éventuellement, exporter le surplus, les pouvoirs publics tentent, depuis plusieurs années, d’attirer l’investissement privé dans la zone Office du Niger.
Depuis 2003, une cinquantaine de conventions ont été signées avec des sociétés ou institutions maliennes ou étrangères pour près de 800 000 hectares de terres. De nombreuses sociétés nationales et internationales participent à la ruée vers les terres agricoles du Mali.
Parmi les gros acquéreurs dans la zone de l’Office :
Huicoma (Mali) : 100 000 ha
Malibya Agriculture (Jamahiriya arabe libyenne) : 100 000 ha
L’Uémoa : 100 000 ha
Agroener (Mali) : 40 000 ha
Le projet MCA (USA) : 22 441 ha
CAMEX (Brésil) : 20 000 ha
Société Yattassaye (Mali) : 20 000 ha
Socogem (Mali) : 20 000 ha
SNF (Mali) : 15 000 ha
Illovo Group et Schaffer (Afrique du Sud et Royaume-Uni) : 14 000 ha
Petrotech (Mali) : 10 000 ha
GDCM (importateur malien de riz) : 7400 ha.
Interrogations et indignations
Divers groupes étrangers parmi lesquels la multinationale Lonrho, des capitaux saoudiens, soudanais, chinois ont obtenu ou sont en voie d’obtenir de grandes superficies, certaines allant jusqu’à 50 000 hectares pour les Saoudiens. La Lonrho convoiterait 100 000 hectares.
Au total 472 000 ha ont déjà été cédés aux investisseurs étrangers. Les privés nationaux sont bénéficiaires de plus 233 000 ha. Selon nos informations plus de 26 000 ha ont été attribués à une dizaine de particuliers maliens.
En outre, si certains investisseurs étrangers aménagent les terres pour y installer des exploitants maliens (cas du Millenium Challenge Account) d’autres envisagent une exploitation directe en utilisant la main d’œuvre paysanne. L’examen des conventions, lettres d’accord et baux par lesquels des centaines de milliers d’hectares du patrimoine foncier national ont été cédés au privé suscite interrogations et parfois indignation.
La facilité avec laquelle les terres agricoles ont été distribuées est étonnante. On a l’impression que la terre du Mali est cédée à titre gracieux, les signataires maliens ne prenant presque pas de précaution.
A l’occasion de la visite du président de la République sur les hectares de l’Uémoa, le Parti pour la renaissance nationale (Parena) invite le gouvernement à publier la liste complète des bénéficiaires de terres à l’Office du Niger et les superficies qui leur ont été accordées. De même, les conventions d’établissement, les lettres d’accord, les cahiers de charges et toutes leurs clauses doivent être rendus publics sans délai. L’opacité qui entoure les cessions de terres à l’Office doit cesser.
La convention qui lie l’Etat à Malibya Agriculture ne comporte aucune date de signature. Elle est vague. Si les études d’impact environnemental et social de ce projet ont été menées, leurs résultats doivent être rendus publics. L’opinion doit savoir quel est l’impact du canal de 40 km considéré comme "le plus géant du Mali et l’un des plus grands d’Afrique" sur le reste du système hydraulique de l’Office ? Quel est l’impact de ce fleuve intérieur (11 millions de m3 par jour, 4 milliards de m3 par an) sur les zones inondées du Delta central (Mopti, Youwarou, Tenenkou notamment) ? Quelle serait la destination du riz produit par Malibya Agriculture ? Le marché malien ?
Par ailleurs, une information complète de l’opinion est nécessaire sur les 100 000 hectares alloués à l’Uémoa. Qui en seront les bénéficiaires ? Qui en seront les exploitants ? La même exigence de transparence doit s’appliquer à l’ensemble des investisseurs privés qui ne semblent pas s’acquitter de leurs obligations contractuelles et dont certains se livreraient à la spéculation foncière sur des terres qui ne leur appartiennent pas.
Le Parena n’est pas opposé à l’intervention du privé dans le secteur rural en général, à l’Office du Niger en particulier. Il pense toutefois que cette intervention doit se faire dans un cadre organisé, dans le cadre d’un Etat remobilisé et vigilant, qui crée les conditions du développement en protégeant le faible contre l’arbitraire.
Le Parena recommande au gouvernement d’organiser une concertation avec toutes les parties prenantes : la direction de l’Office, les représentants du Syndicat des exploitants de l’Office, de la Confédération nationale des organisations paysannes, les représentants des investisseurs privés nationaux et étrangers, les élus locaux et nationaux de la région.
Bamako, le 7 février 2011
Le comité directeur du Parena

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GENERAL SOULEYMANE Y. SIDIBE, DIRECTEUR EMP
" Les opérations de maintien de la paix sont éternelles"
En marge de la réunion des commandants des centres d’excellence de la Cédéao pour les opérations de soutien à la paix, le général de division Souleymane Yacouba Sidibé, directeur général de l’Ecole de maintien de la paix Alioune Blondin Bèye, a accepté de répondre à nos questions sur le fonctionnement des écoles de maintien de la paix, les problèmes de sécurité, etc.

Les Echos : Quelles sont les missions des écoles de maintien de la paix qui n’existent que dans l’espace Cédéao qui compte 16 Etats ?

Général Souleymane Y. Sidibé : La nécessité d’implantation des écoles de maintien de la paix n’est plus à démontrer parce que la majeure partie des opérations de maintien de paix a malheureusement cours en Afrique. Lors d’une intervention, j’ai donné de façon significative les statistiques sur la part du budget des Nations unies consacrée aux opérations de maintien de la paix en Afrique. L’intervention a également concerné le nombre des pays africains qui, depuis l’indépendance jusqu’aujourd’hui, ont été affectés malheureusement par des opérations de maintien de la paix, eu égard aux problèmes inter étatiques, intra-étatiques, ethniques, raciaux, etc.
L’Afrique a été, malheureusement, pendant les trois dernières décennies le théâtre de beaucoup d’opérations de maintien de la paix. Il faut le dire, l’Afrique francophone est peut-être l’espace privilégié dans ce domaine. Nous avons remarqué également qu’il y avait un déséquilibre parce que la plupart des intervenants dans les opérations de maintien de paix en Afrique francophone étaient des Anglophones, donc la nécessité de rééquilibrer a permis d’avoir des écoles de formation francophones dans cet espace-là.
Les chefs d’Etats de la Cédéao ont décidé de mettre en place des écoles de formation pour donner l’instruction nécessaire aux militaires, aux civils et aux policiers devant intervenir dans les opérations de maintien de la paix. C’est ainsi que la Cédéao a choisi trois centres d’excellence, trois écoles qu’elle a nommé le Centre d’excellence de formation de la Cédéao pour le renforcement des capacités en soutien de la paix des Etats de la Cédéao. Il s’agit en l’occurrence de National Defense College du Nigeria de Kofi Annan, International Center d’Accra et de l’Ecole de maintien de la paix Alioune Blondin Bèye de Bamako.
Les trois opèrent successivement au niveau théorique pour le Nigeria, au niveau opérationnel pour le Ghana et au niveau tactique pour le Mali. Ces trois écoles assurent des formations qui correspondent à des formations standard. Les rôles sont répartis entre eux pour accompagner la montée en puissance de la Force africaine en attente d’une manière générale pour parler de l’Union africaine et spécialement la montée de la Force en attente de la Cédéao.
On avait fixé à l’horizon 2010, l’achèvement de cette montée en puissance et chaque région économique de l’Afrique, donc les communautés économiques régionales avaient pour mission de former chacune une brigade en attente. Pour ce faire, dans le cadre des opérations de maintien de la paix, au stade de la Cédéao, nous avons opté à peu près pour une brigade de 6500 personnes comme effectif et nous sommes en train d’achever cette formation. C’est dans ce cadre-là que l’Ecole de maintien de la paix Alioune Blondin Bèye accompagne la Cédéao dans la montée en puissance de cette Force africaine.

Les Echos : En quoi une Ecole de maintien de la paix diffère-t-elle d’une école classique. Autrement dit, les écoles de maintien de la paix sont-elles seulement réservées aux corps habillés ?

G. S. Y. S. : Il faut être très clair : les écoles de maintien de la paix ne forment pas des diplomates. Elles ne forment pas autre chose que de personnels devant intervenir dans les opérations de maintien de la paix. D’ailleurs, la définition de l’Ecole de maintien de la paix Alioune Blondin Bèye de Bamako dit seulement que nous sommes là pour accompagner le renforcement des capacités de la Force en attente de la Cédéao en vue de former du personnel militaire, civil et paramilitaire pour les verser dans les opérations de maintien de paix dans le cadre des Nations unies et dans le cadre de l’Union africaine ou de toute autre communauté économique régionale.
Les populations pensent que l’Ecole de la paix ne forme que des militaires. Non, l’Ecole de maintien de la paix forme des militaires, des paramilitaires et des civils. Concernant les militaires et les paramilitaires, c’est une question de souveraineté nationale, donc ce sont les Etats qui ont le choix des personnes qu’ils envoient parce que nous ne pouvons pas interférer. Mais, s’agissant des civils, l’école a un comité pour faire le tri sous forme de concours.
Les meilleurs candidats peuvent être reçus au fur à mesure des formations que nous organisons. Nous ne faisons pas de cours d’enseignement général ici. Nous ne faisons que des cours qui ont trait à tous les modules concernant le maintien de la paix. Préparer des hommes aguerris pour pouvoir intervenir dans les opérations de maintien de la paix pour éviter le maximum d’erreurs possibles.

Les Echos : Comment accède-t-on à une école de maintien de la paix comme la vôtre ?

G. S. Y. S. : Pour les civils, je vous l’ai déjà dit, l’entrée se fait sur concours. Pour les militaires et les paramilitaires, c’est une question de souveraineté. J’ai oublié de vous dire que l’Ecole de maintien de la paix Alioune Blondin Bèye de Bamako œuvre essentiellement pour la montée en puissance de la Force de la sous-région c’est-à-dire la Cédéao, mais au-delà de ça, eu égard aux moyens et aux infrastructures que nous avons, nous opérons en réalité pour toute l’Afrique.
L’Ecole de maintien de la paix Alioune Blondin Bèye de Bamako a reçu en 2010, 43 pays africains, ce qui constitue la quasi-totalité des pays africains puisque nous sommes 53 Etats. Ça veut dire que nous dépassons l’espace francophone, nous embrassons l’espace lusophone et l’espace anglophone. Concernant, le personnel civil, c’est d’abord des gens qui doivent avoir une certaine expérience dans les opérations de maintien de la paix, qui ont donc participé à des opérations antérieures et qui ont un CV sélectionné, soit des gens qui ont fait des études spécialement et qui sont inscrits dans le domaine de spécialisation de maintien de la paix, qui ont de fortes chances de voir leur candidature aboutir.
Il faut dire également que même les militaires que nous formons ici sont des officiers supérieurs. Nous ne formons pas de troupe, nous ne formons pas de soldat. L’Ecole de maintien de la paix forme aussi bien sur le sol malien, c'est-à-dire à l’EMP ici à Bamako, mais nous exportons également notre savoir-faire à l’étranger puisque nous envoyons des instructeurs dans les pays étrangers pour dispenser une formation à un public large dont notre établissement ne peut pas prendre en charge les capacités.
L’année dernière, un pays comme le Cambodge nous a sollicités pour aller dispenser de l’enseignement au niveau du Cambodge.

Les Echos : L’Afrique est de plus en plus marquée par des crises politiques débouchant sur une insécurité. La situation est plus grave avec la présence d’Aqmi dans la bande sahélienne. Est-ce que les écoles de maintien de la paix ont une partition à jouer dans l’établissement d’une paix durable ?

G. S. Y. S. : Absolument ! Parmi les autres objectifs, nous cultivons la culture de la paix au niveau de l’EMP ici. Nous contribuons également par le brassage des promotions à sceller la fraternité entre tous ces gens parce que ce sont des cadres qui viennent de tous les horizons et ici la rencontre crée des liens d’amitié, ce qui favorise le brassage de l’intégration africaine.
Nous allons commencer en 2011 des cours sur la sécurité transsaharienne. Ça touche déjà le problème de sécurité, je préfère ne pas employer le terme de terrorisme, mais la sécurité dans l’espace sahélo-saharien. C’est une première au niveau de l’Ecole de maintien de la paix. Nous espérons que les pays frontaliers qui ont le même problème que nous seront parties prenantes de ces cours que nous allons développer. D’ailleurs, ils nous ont déjà montré leur intérêt. Je parle du Niger, de la Mauritanie et de l’Algérie qui partagent cet espace avec nous et qui connaissent le même problème.
Nous allons faire ce cours avec l’apport des partenaires étrangers qui nous assistent parce que nous avons des partenaires qui nous accompagnent qui nous ont d’abord accompagné dans la construction de cette école et qui nous accompagnent dans son fonctionnement. Nous comptons sur eux pour accompagner pour le développement de ce cours qui sera prêt dans l’année 2010 pour être opérationnel.

Les Echos : De quoi êtes-vous fier aujourd’hui depuis que vous êtes à la tête de cette école ?

G. S. Y. S. : Cette école avait été pressentie pour être une école de l’espace sous-régional, aujourd’hui elle rayonne dans l’espace continental, cela veut dire déjà que nous avons dépassé les attentes de nos chefs d’Etat de la sous-région.
Deuxièmement, il fait plaisir de savoir que l’EMP de Bamako est mieux connue à l’extérieur qu’au Mali et je vous assure qu’au-delà de notre continent, les réactions, les observations et les appréciations sur l’école sont très positives, ce qui est de nature à nous émerveiller. Je crois que nous devons cela à l’homme dont cette école porte le nom, Alioune Blondin Bèye (paix à son âme), dont l’abnégation, le sacerdoce et la dédicace de sa vie au service de maintien de la paix n’est plus à démontrer parce qu’il l’a payé de sa vie par cet accident malheureux pour la paix en Angola.

Les Echos : Après avoir gravi quasiment tous les échelons de l’armée, quel conseil donnez-vous à vos cadets ?

G. S. Y. S. : Vous savez, il faut, malheureusement faire ce constat : les opérations de maintien de la paix sont vouées à continuer éternellement. Parce que tant qu’il y a la vie, il y a des problèmes. Tout n’est pas rose dans la vie. Et nous aurons toujours à former des gens. Au-delà des missions traditionnelles qui sont confiées aujourd’hui à l’Ecole de maintien de la paix, il ne faut pas croire que la mission d’une telle école pourrait finir avec l’achèvement de la montée en puissance de la Force africaine en attente. Il faut préparer le problème de la relève parce que des hommes seront prêts à partir à la retraite, la relève doit être assurée. Donc c’est une école qui a de beaux jours devant elle avec ou sans le général Sidibé.
Propos recueillis par
Abdrahamane Dicko
et Sidiki Doumbia

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CONSEIL ECONOMIQUE, SOCIAL ET CULTUREL
Les conseillers font vibrer leur fibre écologique
" Toute personne a droit à un environnement sain. La protection, la défense de l’environnement et la promotion de la qualité de la vie sont un devoir pour tous et pour l’Etat", stipule l’article 15 de la Constitution malienne.
Le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement, Pr. Tiémoko Sangaré, était devant le Conseil économique, social et culturel (CESC) mardi matin pour exposer la politique nationale de protection de l’environnement. Son intervention se situait dans le cadre de la 3e session ordinaire de la 4e mandature de cette institution. La session en cours du CESC est consacrée à la situation environnementale et climatique de notre pays.
D’entrée de jeu, le ministre Sangaré a souligné l’importance qu’accorde notre pays aux questions environnementales, indiquant qu’elles sont prises en compte dans le marbre de la Constitution de 1992 en son article 15. "Toute personne a droit à un environnement sain. La protection, la défense de l’environnement et la promotion de la qualité de la vie sont un devoir pour tous et pour l’Etat", stipule cet article de notre Loi fondamentale.
Tiémoko Sangaré a précisé ensuite que la politique nationale de protection de l’environnement, adoptée par le gouvernement en août 1998, repose sur quatre principes : l’équité et l’égalité de tous, l’implication et la participation de tous, la prévention et la précaution et l’internalisation des coûts de l’environnement.
Pour la mise en œuvre de la politique nationale de protection de l’environnement, il a été créé le Conseil national de l’environnement dont la mission est de donner un avis et formuler des propositions et recommandations sur les questions se rapportant à l’environnement. Le Conseil national de l’environnement est composé des représentants de l’ensemble des départements ministériels et des organisations de la société civile.
Ses propositions et recommandations sont traduites en actes concrets par le ministère de l’Environnement et de l’Assainissement à travers ses démembrements que sont : la direction nationale des eaux et forêts (DNEF), la direction nationale de l’assainissement et du contrôle des pollutions et nuisances (DNACPN), l’Agence du bassin du fleuve Niger (ABFN), l’Agence de l’environnement et du développement durable (AEDD), l’Agence nationale de gestion des stations d’épuration du Mali (Angesem).
Tiémoko Sangaré a expliqué que notre pays a besoin d’une politique volontariste de protection de l’environnement, car, a-t-il argumenté, la dégradation de l’environnement a atteint un niveau alarmant. Plus de 500 000 ha de forêts sont perdus chaque année dans notre pays du fait de l’action de l’homme et des effets des changements climatiques. Les moyens mis à la disposition de son département sont largement en deçà des besoins, a-t-il laissé entendre, en donnant l’exemple d’un besoin de 1500 agents rien pour le service des eaux et forêts.
Le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement a fait savoir aussi que selon une étude du Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue), si notre pays ne prend pas en compte les questions environnementales dans ses projets de développement, il perd 20 % de son PIB chaque année. Si l’Etat décide de tenir compte des problèmes environnementaux, il devra débourser par en 10 % du PIB. Pour le ministre Sangaré, il est donc préférable de dépenser 10 % du PIB pour éviter d’en prendre 20 %.
Les membres du Conseil ont, dans leurs interventions, montré qu’ils sont sensibles aux questions environnementales. Une intervenante a même proposé que l’environnement soit pris en compte dans les financements extérieurs accordés à la lutte contre le paludisme. "Si nous voulons lutter contre le paludisme, nous devons combattre les nids de moustiques. Cela relève du domaine de l’environnement", a-t-elle développé.
Nombre des conseillers ont proposé que les messages de sensibilisation sur les questions environnementales soient diffusés gratuitement par les médias publics, afin que l’ensemble des citoyens soient imprégnés de l’acuité du problème. Un conseiller a suggéré qu’un conseiller technique chargé de l’environnement soit nommé au niveau de tous les départements ministériels, comme c’est le cas actuellement pour la défense. "Les questions environnementales sont transversales. Et notre avenir en dépend", a-t-il argumenté.
Quant au président du Conseil économique, social et culturel Jeamille Bittar, il a indiqué qu’après cet échange, son institution est confortée dans son choix de consacrer sa présente session à l’environnement. "L’environnement nous concerne tous. Et nous devons tous participer à sa protection", a-t-il souligné en assurant du soutien du CESC les actions du ministère de l’Environnement et de l’Assainissement.
Bréhima Touré
(CM/MEA)

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POUR LA REMISE DE LA MEDAILLE A ATT
Des commerçants se rebellent contre Bittar
A l'occasion de la remise de la médaille au président de la République, Amadou Toumani Touré, des émissaires de la commission d’organisation auprès des détaillants du Grand marché avaient voulu recourir à la force afin que des détaillants fassent le déplacement du stade. Certains ont été menacés de représailles. En vain.
D’ordinaire, le Grand marché de Bamako est nettoyé le premier vendredi de chaque mois dans l’après-midi. Pour ce mois de février, les organisateurs ont reporté le nettoyage pour mettre au samedi, afin de permettre aux uns et aux autres d’aller au stade Omnisports pour assister à la remise de la médaille au chef de l’Etat. C’est ainsi que les boutiques devraient fermer samedi 5 février et non vendredi.
Des occupants du marché Rose ne l’entendaient pas de cette oreille. Ils ont refusé d’observer la consigne. Le vendredi 4 février, ils ont fermé leurs boutiques et laissé la place aux services de nettoyage. Le lendemain, c’est-à-dire samedi 5 février, jour de la remise de la médaille d’or à ATT par Bittar, ils ont refusé de fermer mais également d’aller au stade. "La remise de médaille à ATT ne nous regarde pas", ont protesté des commerçants détaillants du Grand marché, qui ont affirmé avoir été catégoriques face aux démarcheurs de Bittar.
A leurs dires, les envoyés du président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM) avaient tenté d’utiliser la manière forte en faisant appel aux forces de l’ordre et aux vigiles pour le respect de la consigne et essayé d’interpeller les "récalcitrants" au motif qu’ils ont refusé que le marché soit nettoyé. Finalement, ils ont fini par prendre les noms des chefs de file et le numéro des commerçants qui ont organisé la "rébellion". Le paiement des perdiems de 100 000 F CFA à l’assemblée consulaire tenue la veille et dont les participants étaient majoritairement des régionaux était conditionné à la participation à la cérémonie de remise de médaille.
Il faut rappeler que le jour de la remise de la médaille, des victimes de l’incendie du marché de Bamako, en l’occurrence des tailleurs, étaient venus faire part de leur ras-le-bol pour le non-paiement de leurs droits. C'est en cela que Bittar devra plus s'atteler. Normalement…
Amadou Sidibé

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GIE D’ASSAINISSEMENT EN COMMUNE II
La coordonnatrice désavouée…
La coordonnatrice des GIE de ramassage des ordures en Commune II, Madeleine Togo, n’est plus en odeur de sainteté avec ses collaborateurs, qui exigent son départ.
C’est une atmosphère délétère qui prévaut au sein de la coordination des GIE chargés du ramassage des ordures en Commune II. La tension est telle, que la coordonnatrice est sur un fauteuil éjectable.
Au pire des cas, l’on s’achemine vers la création d’une coordination des GIE/bis dans la Commune. En réunion le jeudi 3 février 2011 au siège de la Maison d’initiatives locales à l’Hippodrome, 19 GIE sur les 24 se sont désolidarisés de la coordination que dirige Madeleine Togo.
Ce jour-là, les 14 GIE ont fait savoir qu’ils ne se reconnaissent plus ni en Madeleine ni en la coordination. Ils ont, par conséquent claqué la porte. Ce cinglant désaveu à la coordonnatrice des GIE de la Commune II résulte de sa gestion opaque. Les dissidents reprochent à Madeleine Togo la mauvaise administration des biens. Sous son règne, selon nos informations, il n’existe aucune trace en guise de bilan financier pouvant éclairer la lanterne des adhérents.
Pourtant, aux dires du maire chargé de l’assainissement de la Commune II, Abdoulaye Bassolé, "c’est Madeleine Togo qui vend les contrats et encaisse les fonds". Détentrice d’une telle prérogative, la coordonnatrice désavouée des GIE s’est refusée à tout compte rendu.
Voracité
De sources dignes de foi, la chef contestée des GIE de la Commune II a perçu 18 000 F CFA par GIE pour la vente des contrats. Et 14 GIE se seraient acquittés de ce montant. Mais des membres du bureau ignorent l’utilisation faite des montants encaissés.
De plus, Madeleine Togo, en complicité avec le maire chargé de l’assainissement de la Commune II, avait initié la perception des fonds auprès des déposants des ordures au dépôt de transit face au stade Omnisports Modibo Kéita. Il a fallu mettre le holà à ce racket des populations.
Ce sont tous ces faits dignes de "l’escroquerie" qui expliquent l’amertume des 19 GIE qui ont boudé la coordination. Leur départ a contribué à mettre en minorité Madeleine et à l’isoler. Affaiblie, ses adversaires veulent son départ. En cas d’entêtement de sa part, "les frondeurs", selon des indiscrétions, n’écartent pas l’hypothèse de la mise en place d’un bureau parallèle.
A moins que celle qui ne fait plus l’unanimité accepte de s’expliquer sur la gestion des fonds. Mais puisqu’elle n’a jamais de temps pour nous, en donnant sa version des faits face aux nombreuses accusations dont elle fait l’objet, Madeleine Togo va-t-elle s’essayer à cet exercice délicat comme l’exigent ses contestataires ?
Mohamed Daou

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FESTIVAL SUR LE NIGER
Les Gnawa, l'attraction du festival
Au 7e Festival sur le Niger, les Gnawa, une ethnie marocaine d’origine africaine a été l’une des attractions du festival.

Les Gnawa sont les descendants des populations issues d’Afrique noire en provenance de plusieurs pays : Mali, Sénégal, Guinée, Mauritanie, Niger. Au Maroc, la confrérie des Gnawa compte plusieurs milliers d’adeptes dont les pratiques rituelles sont fondées sur la musique et la danse, la transe et les symboles mystiques. Au 7e Festival sur le Niger, les Gnawa ont démontré qu’ils sont effectivement d’origine de l’Afrique de l’Ouest.
Profitant de l’inauguration du Centre culturel Korè, ils n’ont eu aucune difficulté à partager la scène avec les korèdugaw (troupe traditionnelle) qui tournent en groupe dans tous les événements de la vie sociale. Tiètemalo ( le chef des korèdugaw) et les siens, ont su montrer à leurs "frères" partis depuis des années qu’entre la danse Gnawa et celle des korèdugaw, il n’y a pratiquement pas de différence, une manière de dire que la musique n’a pas de frontière, même s’il y a différence entre les instruments utilisés (les Gnawa utilisent des instruments de musique : le guembri, un luth basse avec 3 cordes en boyau), les karkabas, le tabal (gros tambour à battement lourd).
Connus pour être des grands danseurs, les Gnawa dansent en solo ou en groupe assurant des chorégraphies. Le danseur Gnawi (singulier de gnawa) est souple et élastique. Ses prestations spectaculaires et ses acrobaties laissent le spectateur bouche bée. En spectacle de rue ou en concert les groupes de Gnawa sont souvent vêtus de ganduras de couleurs vives de babouches, de bonnets ornés de cauris et d’une parure composée de bijoux qui rappellent la mère Afrique.
Ils pratiquent ensemble un rite de possession syncrétique, où se mêlent les apports africains et arabo-berbères, pendant lequel certains adeptes s’adonnent à la pratique de danses, de possession et à la transe. Selon un document ventilé à l’occasion du Festival sur le Niger, les Gnawa se repartissent en deux catégories : les Gnawa des villes impériales et ceux des villes berbères.
De manière évidente, les origines de Gnawa sont à rechercher en Afrique noire. Leur histoire croise celle des conquêtes des Almoravides, qui a entretenu au fil des années une relation constante faite de raids, de commerce et d’échanges avec les pays du Sahara. Ainsi le terme Gnawa est sans doute la transformation phonétique du mot "Guinée".
L’importance sociale des Gnawa repose sur leur pouvoir particulier d’apaiser les maux de l’esprit et de provoquer la transe par la musique qui a un rôle thérapeutique, libérateur et intégrateur. Les gens font appel souvent à leur talent reconnu pour soigner les morsures de scorpions ou animer des cérémonies de purification. Le terme Gnawa désigne au Maghreb les descendants d’anciens esclaves d’origine africaine. Leur musique a fait le tour du monde.
Amadou Sidibé

 



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AMICAL COTE D’IVOIRE-MALI : 1-0
Le sursaut d’orgueil n’est peut-être plus loin
En match amical international disputé mardi dernier au stade Georges Pou de Valence (France), les Aigles se sont inclinés (0-1) devant la Côte d’Ivoire. Ya-Konan Didier a inscrit l’unique but de la partie (3e).
Les Ivoiriens au grand complet avec leur capitaine, Didier Drogba, de retour en sélection, ont démarré la rencontre sur les chapeaux de roue, ce qui explique l'ouverture du score dès la 3e par Ya-Konan Didier, conclusion d’un "une deux" avec Gervinho et Drogba.
Les Aigles ne s'avoueront pour autant pas vaincus. Ils ratissèrent sur les côtés pour titiller la défense ivoirienne, ce qui fut payant avec un penalty raté par Mamadou Samassa (45e).
Ce léger avantage des Eléphants à la mi-temps autorisait les deux sélections à mieux envisager la 2e période avec des objectifs différents. A la différence de la Côte d’Ivoire, qui enregistre le retour de son capitaine Didier Drogba en sélection depuis la Can-2010 douloureuse en Angola, le Mali a entamé sa reconstruction aussi après une Can-2010 désastreuse. Il évolue sans plusieurs de ses cadres, dont Seydou Kéita du FC Barcelone.
Beaucoup de choses peuvent changer dans les jours à venir. C’est ce que pense le milieu de terrain, Sidi Yaya Kéita, blessé. Mardi, les joueurs ont montré beaucoup d’envie dans un match international qui était loin d’être amical. Ils ont prouvé l’envie d’affronter une équipe comme la Côte d’Ivoire. Maintenant, il faudrait enchaîner avec des victoires à commencer par le match contre le Zimbabwe.
Mali-Côte d’Ivoire, c’est une vague de souvenirs. Le dernier en 2008 au Ghana, mais aussi les catégories d’âge avec les cadets à la Chan "Rwanda-2011" et la semaine dernière avec les locaux. Autant de victoires ivoiriennes face aux Aigles, ancrées dans la mémoire des supporters Aigles. Le succès (3-1) des olympiques du duo Cheick Oumar Koné-Moussa Bah en route pour Athènes 2004 au stade Modibo Kéita ne demandait pourtant qu’à ressurgir.
Les Aigles chercheront à vaincre le signe indien la prochaine fois. Pour Alain Giresse, le match de mardi n’avait rien d’un match amical traditionnel. Malgré la défaite, les Aigles ne demandaient que ça pour ce 28e Mali-Côte d’Ivoire de l’histoire. "On ne devait pas perdre cette rencontre. C’est regrettable, mais le score est à notre défaveur".
" Le réalisme, l’efficacité, la réussite devant les buts, voilà comment expliquer que le dernier geste n’est pas réussi. Cela fait partie malheureusement du football. Aujourd’hui c’est à notre défaveur quand on a vu des occasions que nous avons eues", a ajouté le sélectionneur.
Boubacar Diakité Sarr

L’équipe de départ : Soumbeyla Diakité, Adama Coulibaly, Ousmane Berthé, Adama Tamboura, Drissa Diakité, Kalilou Traire, Sigamary Diarra, Abdou Traoré, Mahamadou Diarra (capitaine), Gara Dembélé et Mamadou Samassa.
Entraîneur : Alain Giresse

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