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2011

Mois de fevrier

Les Echos du 04 fevrier

 

LES 2 KILOS D’OR DE BITTAR A ATT
Quand tombent les masques
Malgré le tollé, Bittar persiste et signe : les regards sont maintenant tournés vers le président. De sa décision dépendent désormais toutes les analyses et toutes les religions.

Bittar veut récompenser ATT. A ce jour, aucun Malien n’a compris de quoi, si tant est qu’ATT, président de la République, à équidistance des hommes et des institutions, n’a rien fait qui ne soit son devoir et son serment. Cette accointance avec les milieux économiques, de surcroît les plus décriés et les plus épinglés par le Vérificateur général ne crédibilise ni l’institution de président de la République ni la personne du chef de l’Etat.
Que Bittar et ses affidés ne perçoivent pas cela ou, pis, tentent de piéger ATT est à la limite compréhensible de leur part : ils se seraient comportés de la même manière avec n’importe quel chef qui le leur permettrait. D’ailleurs, ATT sera surpris : à son successeur, ils vont tenir les mêmes langages, jurant n’avoir jamais été de ceux qui l’ont poussé à la faute, de ceux qui l’ont flatté pour lui faire lâcher le fromage.
La République, normalement, est au-dessus des questions d’ego. Déjà, normalement, n’importe quel Malien, aujourd’hui, est en droit de s’émouvoir des accointances malsaines qui se dessinent. Les problèmes sont nombreux au Mali. Jamais, nous n’avons vu ses commerçants mobiliser le moindre kopeck ou même s’en émouvoir.
Certes, le plus gros lot, contraint et forcé a mis la main à la poche (puisqu’une liste est dressée et à chaque fois, il a été dit aux généreux donateurs que la liste sera montrée à ATT, une raison suffisante pour encourager la générosité des pingres mais, en règle générale, des opérateurs véreux comme Bittar ont plus d’un tour dans leur besace.
Culte de la personnalité
Que veut ATT ? Dans cette affaire, Bittar compte pour peu. C’est ATT qui a un devoir vis-à-vis de nous ses concitoyens, vis-à-vis de la République. En acceptant l’or de Bittar, en acceptant que l’on aille "remplir une salle, mobiliser des télés" pour le célébrer, il confirme tout ce que l’on a dit de lui à propos des "ATTbougou" : son goût pour le culte de sa personne. Ainsi dira-t-il à la face du monde que le peuple malien lui demande de rester, mais lui le soldat, le démocrate refuse. Faisant croire qu’il pouvait en être autrement. La révolution du 26-Mars, c’est aussi contre le culte de la personnalité.
L’Histoire ne se répète pas, a-t-on coutume de regretter, mais, les Romains avaient une bonne coutume : quand César faisait, dans son chariot le tour de l’Olympe pour recevoir les vivats des foules et se proclamer égal des dieux, débout à côté de lui, quelqu’un était là juste pour lui répéter à satiété la phrase : "Souviens-toi que tu n’es qu’un mortel".
" ATT, souvenez-vous que vous êtes un élu", avec un mandat à durée limitée dans le temps. Nous ne sommes pas contre votre décoration M. le président, mais cela doit être l’œuvre de gens d’honneur, des gens à la probité établie. Ne vous laissez pas piéger par ceux qui ne pensent qu’à leurs affaires, qui veulent vous acheter avec de l’or. Laissez tomber "la reconnaissance" (du ventre) de Bittar ; optez pour celle éternelle du peuple malien qui, dans ce cas, sur des générations, vous célèbrera et gardera une bonne image de vous.
Alexis Kalambry

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PASSATION DES MARCHES PUBLICS
La plaie de la gouvernance ATT
L’attribution des marchés publics est devenue scandaleuse au Mali. Seuls ceux qui sont dans les secrets des Dieux se taillent la part du lion. Les autres continuent d’être aliénés. La réforme du code des marchés publics de 2008 est venue accroître le nombre des formalités et des règles écrites sans pour autant marquer une amélioration qualitative.
Depuis l’adoption d’une réglementation des marchés publics par notre pays en 1983, les dénonciations n’ont cessé de tomber sur la table des différents régimes qui se sont succédé. De 1983 à nos jours, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et la perception des citoyens de la chose publique a changé. Sous la dictature de l’UDPM, le système de gouvernance permettait peu de courroux et de tensions sociales liées à l’attribution des marchés publics, tant les règles de cession étaient connues de tous. La moralisation de la passation des marchés publics attendue à l’avènement de la démocratie n’a pas vraiment eu lieu puisque ce sont les mêmes pratiques qui ont mené la vie dure aux honnêtes citoyens qui perdurent.
Mais les plaintes des soumissionnaires n’ont jamais été aussi criantes qu’au cours des dix dernières années. L’Etat a beau clamer son innocence et mettre en avant sa bonne foi en vue d’attributions transparentes, les dysfonctionnements et les irrégularités sautent à l’œil.
En réalité, la réforme du code des marchés publics de 2008, qualifiée "d’envergure" par les gouvernants, n’a été qu’un fiasco programmé par les autorités pour masquer un système de favoritisme et de gabegie à grande échelle. Maintes fois exprimée dans les discours, à travers notamment le fameux "renouveau de l’action publique", la déconcentration des services publics a vraiment de la peine à avancer dans le pays.
Ce qui handicape sérieusement les soumissionnaires de l’intérieur du pays ambitieux de concurrencer leurs homologues de la capitale, où tout est centralisé. A partir de ce moment, il n’est point question de parler d’égalité de chances entre les différents postulants. Aussi le relèvement du seuil de passation des marchés de l’Etat, conformément à la réforme de 2008, suscite des interrogations quand on sait que les montants prévus pour les prestations servent de gouffre financier à certains. La passation des marchés de gré à gré, c'est-à-dire sans appel d’offres ou de demande de proposition, est au cœur des problèmes qu’engendrent les mauvaises passations des marchés publics.
Coexistence gênante
L’on n’a pas besoin d’une torche pour identifier les marchés qui sont créés sur la base des affinités dans un pays où divers rapports de contrôle des services de l’Etat relèvent couramment le manque d’équité et l’étouffement de toute concurrence dans l’attribution des marchés publics. Et dans les cas où les appels d’offres sont faits, les dés sont déjà pipés. C’est ainsi que tout est généralement mis en œuvre pour disqualifier des postulants au profit d’autres.
L’aménagement du projet ACI de Dialakorobougou vient de fournir une preuve supplémentaire qu’être le meilleur postulant dans un marché public ne garantit pas son acquisition ou du moins le feu vert pour l’exécution des travaux. La société Hydrosahel qui a été retenue pour la réalisation de ce projet en a vu de toutes les couleurs.
Comme le projet de Dialakorobougou, l’aménagement de 2174 hectares dans la zone Office du Niger a aussi occasionné la mise à l’écart d’entreprises qualifiées pour une autre structure dont les œuvres antérieures n’incitent pas à l’optimisme. Les sociétés perdantes ont décidé de recourir à toutes les voies légales pour se faire entendre. Mais c’était sans savoir que c’est là où le bât blesse.
Créée à la faveur de la réforme concernant l’attribution des marchés publics en 2008, l’Autorité de régulation des marchés publics et des délégations de services publics n’arrivent pas vraiment à marquer le terrain de leur empreinte. Avec pour mission d’assurer "la régulation du système de passation des marchés publics et des conventions de délégation de service public en vue d'en accroître la transparence et l'efficacité", ces entités rattachées à la Primature semblent être les victimes de la présence de la direction générale des marchés publics.
Les deux structures ont pour but commun "la transparence et l’efficacité" dans l’attribution des marchés publics, mais la complémentarité entre elles ne se fait pas sentir autour des cinq fonctions essentielles ayant trait au domaine des marchés publics : passation, contrôle, réglementation, régulation et traitement des recours et plaintes.
Les deux services donnent l’impression de se marcher sur les pieds et leurs usagers ne savent même pas souvent à qui s’adresser. Une situation qui démontre que la transparence et l’effectivité recherchées par les autorités dans l’attribution des marchés publics est encore au stade du rêve.
Ogopémo Ouologuem
(correspondant aux USA)

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LITIGE FONCIER ENTRE LES BOZOS ET LA FAMILE TOUNKARA
Bill en médiateur
Afin de retrouver une solution au litige foncier qui oppose, depuis un certain temps, la famille Tounkara aux Bozos à Badalabougou, Boubacar Bah dit Bill, le maire de la Commune V, a réuni hier autour d’une table les différents protagonistes.
La rencontre sur le litige foncier entre la famille Tounkara et les Bozos a eu lieu dans la salle de délibération de la mairie de la Commune V. Pendant plus de 3 h, le maire de la Commune V, des députés et conseillers municipaux de la Commune V, le chef de quartier de Badalabougou, le coordonnateur des chefs de quartier de la Commune V, les représentants des forces de sécurité, les représentants des Bozos et de la famille Tounkara, ont débattu du problème.
« Depuis deux semaines certains médias sont en train de dire que c’est moi Bill qui a vendu la parcelle convoitée. Nous avons convoqué cette rencontre pour rétablir la vérité avec les rappels historiques. Nous n’avons pas vendu la parcelle », a indiqué le maire.
Adama Koné, le chef de quartier de Badalabougou, a rappelé que c’est Badalabougou qui a donné la parcelle aux Bozos. Pour le maire Bill, c’est vrai que les Bozos occupent le lieu depuis plusieurs années mais, a-t-il précisé, la parcelle a été vendue à la famille Tounkara en 1996 par le ministère des Finances.
« Le tribunal a donné raison à la famille Tounkara. Nous ne pouvons rien faire. L’affaire est à la Cour suprême, on attend le verdict de la justice. », a dit Bill, ajoutant que, seul l’Etat peut retirer cette parcelle à la famille Tounkara ».
Le représentant des Bozos dira qu’ils ont occupé le lieu depuis l’indépendance du Mali. « Nous ne sommes pas prêts à l’abandonner comme ça ».
Le représentant de la famille Tounkara a, pour sa part, expliqué qu’ils ne sont en conflit avec personne. « C’est l’Etat qui nous a vendu le terrain. Nous ne voulons pas de conflit. Nous voulons seulement travailler », a-t-il ajouté.
Le maire a invité les différentes parties à trouver une solution à l’amiable au conflit.
Sidiki Doumbia

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INTEGRATION DANS LA FONCTION PUBLIQUE
Les contractuels de la santé déclassés
Le reversement des contractuels dans la fonction publique, commencé depuis plusieurs années, n’a touché aucun contractuel de la santé. Déplorant cette situation, les contractuels de la santé comptent mener des actions concrètes.
Le Mouvement social pour l’aboutissement des revendications des contractuels de la santé a tenu le mardi 1er févier 2011 une assemblée générale au CHU Gabriel Touré. La réunion a enregistré la présence des contractuels des différents hôpitaux et centres de santé de Bamako et des régions.
L’objectif de l’assemblée était de faire le point de l’intégration des contractuels de la santé dans la fonction publique qui tarde à se réaliser. Depuis plus de 2 ans, l’Etat a décidé de reverser les contractuels dans la fonction publique. Ce processus d’intégration touchera bientôt à sa fin. Malheureusement, jusque-là aucun contractuel de la santé n’a été reversé à la fonction publique.
Dans une lettre adressée au Syndicat national de la santé et de l’action sociale, le Mouvement exige un éclaircissement sur le processus de reversement des contractuels cette semaine.
Le Mouvement a décidé de prendre en mains son destin en s’organisant et en menant des actions concrètes. Le Mouvement social pour l’aboutissement des revendications des contractuels de la santé a été récemment créé par les contractuels de la santé pour faire face à leur problème. Ce n’est pas un mouvement syndical.
Sidiki Doumbia

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FESTIVAL SUR LE NIGER
Ségou, capitale de la culture malienne

La 7e édition du festival sur le Niger a été lancée mercredi à Ségou en présence de nombreux visiteurs, qui ont pris d’assaut le Quai d’art.

La 7e édition du festival sur le Niger a été lancée mercredi par le ministre de l’Artisanat et du Tourisme, Ndiaye Bah. C’était en présence des autorités administratives, politiques du pays, d’une foule nombreuse qui a pris d’assaut le Quai d’art. Evénement du donner et du recevoir, le festival, cette année, regroupe plusieurs nationalités venues du monde entier.
Avec comme thème "tradition et modernité, un repère pour la jeunesse", il est une opportunité pour mieux se retrouver. C’est d’ailleurs cette retrouvaille qui a prévalu la présence de Gao comme ville invitée du festival. Comme d’ordinaire, le ton a été donné avec la prestation de l’artiste Néba Solo, le Super Biton de Ségou et le Takamba produit par des étudiants du Centre multimédia Balla Fasseké.
Le ministre du Tourisme a souligné les innovations festival : le conseil pour la promotion de l’économie locale, le Centre culturel Korè, la Fondation festival sur le Niger, le concours Talents de la cité. Toutes ces structures ont permis, à l’en croire, à l’Association pour la restauration, l’hôtellerie et le tourisme en tant que structure faîtière, la mise en marché des produits phares de Ségou, avec une extension sur les autres régions du Mali.
Dans cette démarche dira le ministre, les populations sont pleinement impliquées et engagées dans les projets de développement découlant du festival afin qu’elles en tirent le plus grand bénéfice.
Le maire de Ségou, Ousmane Simaga, et le directeur du festival sur le Niger, Mamou Daffé, se sont félicités de l’impact du festival dans la ville des 4444 Balazans. M. Simaga en a profité pour répondre à ceux qui pensent que le Mali et Ségou sont dans une zone d’insécurité. "La sécurité est assurée, n’hésitez pas à venir visiter Ségou. Le Mali est une destination sûre plus que jamais".
Toutefois, à la cérémonie d’ouverture, contrairement aux années précédentes, le nombre d’étrangers surtout les Occidentaux a diminué.
Amadou Sidibé

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DOSSIER
MICROFINANCE ET BANQUE
Un mariage de raison
Les banques et les IMF sont deux catégories d’institutions d’essence différentes mais qui, bien souvent, se dévouent pour la même cause : collecter l’épargne et financer l’économie. Cependant, l’avènement de la micro finance est une réponse à la défaillance des banques qui étaient critiquées pour leur non assistance aux pauvres. La micro finance a eu pour objectif de départ de combler le vide laissé par les banques.
En fait, les banques et les institutions de micro finance (IMF) travaillent depuis longtemps dans une relation de banque à client. Les IMF, "la banque de détail", du fait de ses atouts de transparence et de proximité, chasse de plus en plus sur des terrains traditionnellement réservés à la banque.
La banque a toujours été les partenaires privilégiés des IMF pour la gestion de leur liquidité et dans une moindre mesure leur financement ou l’accès aux transferts d’argent internationaux. Au Mali, la Banque nationale pour le développement agricole (BNDA) s’est carrément spécialisée dans le financement des IMF.
A. K.

 

EPILOGUE
Les petites banques
L’institution bancaire, qui chez nous date de la période coloniale, a mis du temps à s’implanter dans le paysage économique du fait de nos anciennes habitudes d’épargne. Dans nos sociétés traditionnelles, en effet, l’habitude était de thésauriser centime sur centime ou d’acheter du gros bétail ou d’autres formes de richesse matérielle pour servir d’économie.
L’épargne réalisée dans ces conditions, soit par l’argent gardé dans des cachettes spéciales, soit sous forme de troupeau de bœufs, était utilisé pour les dépenses sociales : mariage, baptême, etc. Ainsi qu’on peut le deviner aisément, cet argent était gardé à domicile aux risques et périls de l’épargnant.
Mais, généralement il ne lui arrivait rien sauf dans les cas d’incendie qui pouvaient tout emporter, mettant le propriétaire dans l’obligation de repartir de zéro, le système traditionnel de l’épargne ignorant le mécanisme des assurances qui permet aux clients lésés de se faire rembourser partie ou totalité de l’économie envolée par la fumée.
Toutefois, la mise en place du système bancaire sous la colonisation ne s’accompagna pas immédiatement de la création de beaucoup de banques dans les colonies. Celle-ci fut progressive et il fallut attendre pratiquement la fin du 2e conflit mondial pour voir les banques occuper l’espace économique de façon significative.
Mais même quand elle fut faite, seuls les Européens confiaient leurs sous aux banques la grande masse des colonisés n’y ayant pas foi. Dans les années 1960, au moment de l’indépendance, les banques étaient rares et travaillaient presque exclusivement avec les sociétés et les compagnies de traite coloniale qui appartenaient majoritairement aux Libano-Syriens.
Les fonctionnaires ignoraient le virement bancaire et les commerçants locaux gardaient chez eux leurs bénéfices. Les clients des banques, en nombre réduit, se recrutaient essentiellement au sein du personnel européen et quelques colonisés évolués travaillant dans le secteur bancaire de préférence.
De façon générale, l’évolution du système bancaire au Mali suivit celle de l’économie générale. Sous la Première République, les banques d’Etat occupèrent l’espace économique et commercial au détriment des initiatives privées d’ailleurs sciemment entravées par l’orientation socialiste du régime.
La IIe République, quoique plus libérale, ne fut pas plus capable de mettre en place un système bancaire cohérent et dynamique pouvant servir de locomotive à l’économie nationale, si bien que jusqu’en 1990, ce fut toujours le secteur public qui domina.
Les banques privées investissaient peu dans l’économie du fait de l’inquiétude liée à la nature totalitaire du régime qui pouvait basculer à tout moment et tomber du jour au lendemain. Dans ce système, seuls les fonctionnaires, qui étaient les clients des banques et les commerçants présentant des garanties immobilières, arrivaient à emprunter aux banques d’Etat ou mixtes et rembourser avec intérêt.
Le système changea du tout au tout après les événements de mars 1991 quand fut décrétée la libération de l’économie et les échanges commerciaux les banques privées se redynamisèrent et se multiplièrent au même moment où de nouvelles naissaient. Au bout de quelques années (4 à 5) les banques privées furent en mesure de concurrencer les structures d’Etat en nombre et même en activités. Mais, la libération pleine et entière du secteur créa en même temps des inégalités dans la mesure où une partie importante de la population n’avait pas encore accès au crédit. Les non-salariés et les femmes n’ayant pas sa source de revenu pérenne, étaient exclus des circuits bancaires.
Au bas mot c’était toute l’économie informelle qui était marginalisée, voire pénalisée par les dispositions bancaires en vigueur. C’est pourquoi des capitaux privés songèrent à réunir leurs efforts à partir de 1991, pour mettre en place des banques de proximité prêtes à prêter sans gros intérêt aux populations n’ayant pas de grands moyens économiques.
On avait alors compris que le secteur économique informel était tout aussi important que le formel et qu’il méritait d’être soutenu, car capable de constituer un plan de lutte au chômage des jeunes diplômés. Le secteur de la micro finance prit son envol et se développa rapidement à pas de géant. Ces petites banques privées prêtent facilement aux travailleurs du secteur informel qui n’ont pas accès au crédit des grandes banques, à des conditions moins compliquées et c’est, selon plusieurs témoignages, tout bénéfice pour les clients.
Les remarques et reproches généralement faits à ces banques de proximité sont les conditions de remboursement jugées très contraignantes pour beaucoup, car le paiement est hebdomadaire et à échéance convenue. En cas d’impossibilité de paiement, le client est entouré d’ennuis qui vont de la saisie de certains biens à l’emprisonnement.
Il semble que face à l’impossibilité de faire face aux créances, beaucoup de clients ont déjà pris la fuite. Tout cela fait dire à certains spécialistes que les promoteurs de micro finance ont trouvé le moyen de prêter aux pauvres avec intérêt, quitte à les embastiller par la suite en cas de difficulté dans le remboursement.
Facoh Donki Diarra

 

BOUBACAR DIAKITE, 1er VICE-PRESIDENT APIM-MALI
" La part des SFD dans le PIB est entre 7 à 8 %"
Les Systèmes financiers décentralisés ou microfinance accordent d’importants services aux populations à revenu faible et aux femmes ainsi qu’au PIB de notre pays. Boubacar Diakité, 1er vice-président de l’Association professionnelle des institutions de micro finance du Mali (Apim-Mali) et DG de Misselini en témoigne. Interview.

Les Echos : Qu’est-ce que la micro finance ?

Boubacar Diakité : Une institution de micro finance ou un système financier décentralisé (SFD) est constitué d’un ensemble de systèmes qui a pour but de financer les personnes qui ont des revenus faibles, des personnes économiquement défavorisées. Une autre définition est que les institutions de micro finance financent les personnes qui n’ont pas accès au financement bancaire.
Les Echos : Depuis combien d’années les SFD existent au Mali et vous êtes au nombre de combien aujourd’hui ?

B. D. : Les institutions de micro finance de deuxième génération (il y avait avant les mutuelles qui faisaient des crédits) sont apparues au Mali sous la forme actuelle dans les années 1980 (plus exactement en 1982) dans le pays Dogon. On compte à nos jours une quarantaine d’institutions de micro finance. Il y a les réseaux, les associations avec quelque 600 points de vente à travers le territoire national.

Les Echos : Pensez-vous que les SFD ont eu un impact positif sur la vie du Malien moyen ?

B. D. : De 1982 à nos jours, nous constatons qu’il a eu une nette progression dans le secteur. Le premier indicateur de l’impact positif est cette progression. Si c’était quelque chose qui ne marchait pas, les activités n’allaient pas connaître un grand essor. L’encours des crédits des institutions de micro finance atteint plus de 40 milliards de F CFA. Ces institutions englobent l’ensemble des secteurs d’activité au Mali.
Selon les statistiques dont nous disposons, un Malien sur 6 bénéficie soit directement ou indirectement des services de la micro finance. En plus, les SFD offrent des services bancaires dans des zones où il n’y a pas de banque, où les banques ne peuvent pas aller. Je pense à certains petits villages qui se sont mis ensemble pour créer leurs caisses. Cela prouve à suffisance qu’il a eu des impacts positifs. Ça c’est au niveau macroéconomique.
Au niveau microéconomie, les SFD ont fait un impact certain sur la vie des femmes, qui constituent la couche la plus vulnérable. Les femmes qui ont besoin de 50 000 à 100 000 F CFA comme fonds de commerce ont toutes les difficultés pour se faire financer au niveau des banques faute de garantie matérielle. A notre niveau à Misselini, nous avons financé cette catégorie de femmes à revenus faibles pour fructifier leurs affaires. Financée au départ entre 50 000 à 500 000 F CFA, la plupart d’entre elles brassent des millions de F CFA et sont propriétaires foncières.
L’éducation des enfants est un autre impact positif parce que ces femmes sont parvenues à s’occuper de l’éducation de leurs enfants en faisant face aux frais et fournitures scolaires à travers leurs activités génératrices de revenus. Les SFD ont une responsabilité sociale dans le développement économique du Mali. Nous avons des procédures qui permettent de cibler les pauvres. Nous intervenons dans des quartiers défavorisés, les petits villages. Nos produits financiers sont diversifiés et adaptés aux pauvres. Nous avons des crédits solidaires de 20 000 25 000 F CFA, des crédits solidaires 50 000 à 100 000 F CFA et des crédits individuels de millions de F CFA.
Nous employons plus de 1000 personnes inscrites à l’INPS, qui payent des impôts, etc. C’est un impact à ne pas négliger. Certes, il y a des efforts à faire, mais nos caisses ont apporté beaucoup dans bien de chapitres. Nous souhaiterions savoir l’impact des SFD sur le PIB. Si je ne me trompe pas, la part de financement de l’économie par les SFD tourne aux alentours de 7 à 8 % contre 1 à 2 % il y a 7 ans. Nous avons créé la saine émulation parce que les banques commencent à s’intéresser aux financements de proximité. Cela est à notre avantage. Le maraîchage autour de Bamako est totalement financé par les institutions de micro finance.

Les Echos : Le Mali est-il pionnier dans ce domaine ou l’exemple vient d’ailleurs ?

B. D. : On peut dire que le Mali est un pionnier dans le secteur. Je disais tantôt que nous avons commencé dans les années 1980. C’était les premières institutions de micro finance en Afrique de l’Ouest à l’époque. Il y a eu les CVK ensuite Kafo Jiginew. Même si on n’est pas les tout-premiers, on figure parmi les premiers. Le Mali a fait un progrès notable malgré les ralentissements de ces dernières années. Beaucoup de pays se sont inspirés de notre expérience et continuent de le faire. Beaucoup de caisses ont marché comme d’autres ont connu des difficultés. Ainsi va la vie. Malgré tout, nous sommes en peloton de tête dans la sous-région ouest-africaine.

Les Echos : Quelles sont les missions de l’Apim-Mali dont vous êtes le 1er vice-président ? Est-ce une faîtière ?

B. D. : On ne peut pas dire que l’Apim est une faîtière dans le sens des produits que nous offrons. Nous nous retrouvons tous à l’Apim pour défendre les intérêts du secteur. Mais il ne s’agit pas d’un syndicat non plus. Il s’agit de discuter des difficultés que le secteur rencontre. L’Apim est concertée par toutes les décisions concernant la micro finance au Mali.
L’Apim fait des appuis techniques aux SFD en termes de formation, d’études. Il y a beaucoup de volets dans les activités de l’Apim qui permettent au secteur de se retrouver et de discuter de l’ensemble des problèmes, de mutualiser un certain nombre de services pour avancer. L’Apim est l’interlocuteur des autorités. Il serait fastidieux de discuter individuellement avec la quarantaine de caisses sans la présence de l’Apim.
Propos recueillis par
Abdrahamane Dicko

 

MICROFINANCE AU MALI
Des défis à relever
La micro finance se définit comme l'offre des services financiers destinée aux personnes n'ayant pas accès au système financier classique. De 1980 où les institutions de micro finance ont vu le jour en Afrique de l’Ouest à aujourd’hui, les institutions de micro finance (IFM) (mutuelles d’épargne et de crédit, institutions de crédit solidaire, etc.) n’ont cessé de gagner du terrain. Cependant, cette rapide expansion cache mal leurs insuffisances.
Seydou Diallo est soudeur de son état dans un quartier périphérique de la capitale. Grâce à des prêts consentis par une institution de micro finance dont il est membre depuis 1988, il a reconstruit son atelier et dispose d’équipements modernes de soudure.
Son épouse, elle, a acquis un réfrigérateur qu’elle utilise pour la vente d’eau glacée et autres boissons sucrées, notamment le gingembre, le "bissap", etc. Les institutions de micro finance au Mali, ont indéniablement contribué à améliorer les conditions de vie des populations : en leur permettant l’accès au crédit.
Cependant, force est de constater que de nombreux défis qu’elles se doivent de relever, empêchent leur développement et incitent les populations à être de plus en plus méfiantes envers elles. Selon Boubacar Diallo, conseiller technique en micro finance au "Freedom from hunger", ces défis sont, entre autres, la professionnalisation du secteur, le perfectionnement du système d'information et de gestion, le contrôle (interne et externe) du secteur.
Ces défis qui sont en réalité des insuffisances du système de micro finance ont fait que des institutions de micro finance ont connu des difficultés à honorer leurs engagements vis-à-vis de ses membres suite à des malversations financières.
L’affaire portant sur le détournement de 171 millions de F CFA au détriment des Kafo Jiginew à Koutiala par un inspecteur général de la même institution en 2006 et récemment les mauvais temps vécus par les sociétaires de Jemeni et du Canef en sont des exemples patents.
Denis Koné

 

MICRO FINANCE AU MALI
Un taux d’intérêt trop élevé
Malgré un taux de remboursement assez élevé, les institutions de micro finances à l’image de Kafo Jiginew connaissent un fort taux d’affluence.

La micro finance se définit comme l'offre des services financiers destinée aux personnes n'ayant pas accès au système bancaire classique. De l’avènement de la démocratie au Mali en mars 1991, selon M. Diakité, agent de la caisse Kafo Jiginew à Ségou, les institutions de micro finance (mutuelles d’épargne et de crédit, institutions de crédit solidaire, etc.) se sont multipliées.
Au Mali, à ses dires, le nombre de leurs sociétaires a augmenté surtout avec la politique que les responsables de la micro finance ont insufflé depuis un moment. Créé avec l’espoir de combler les attentes de ses adhérents, Kafo Jiginew a aussi conquis la confiance des partenaires financiers. Toutes choses qui dénotent l’octroi de crédit.
" Au Mali, ils sont des centaines de nos compatriotes à épargner dans nos structures et les emprunteurs sont tout aussi nombreux", affirme notre interlocuteur. Pour Mohamed Koné, client, "au-delà du partenariat, l’institution accorde des crédits sans trop d’exigence. Et les retraits se font sans problèmes".
Les femmes ne sont pas en reste des services offerts par la micro finance. Elles sont légion celles qui économisent ou sollicitent même des prêts qu’elles restituent par la suite. Aminata Diarra, vendeuse de savons : "Notre caisse d’épargne m’a permis d’avoir un fonds de commerce", témoigne-t-elle.
Dans les villages les plus reculés, la micro finance est en pleine expansion avec des citoyens qui font de plus en plus confiance aux structures locales d’épargne. "L’on peut aisément voir les femmes prendre la direction des centres d’épargnes informels pour sauvegarder leurs maigres ressources ou solliciter des prêts", affirme Alima Doumbia, vendeuse de karité.
Toutefois, les sociétaires affirment que le taux de remboursement est élevé dans les institutions de micro finance de notre pays. "Ce qui pose le problème de remboursement du crédit", commente un sociétaire.
A Kafo Jiginew, le non-remboursement des crédits est un problème auquel l’institution est confrontée. "Certains sociétaires après avoir pris du crédit s’éclipse avec les sous", déplore une source.
Amadou Sidibé

 

MICRO FINANCE
La chaîne de la solidarité
Si une frange de la population n’a pas accès au système financier classique (les banques), il n’en est pas de même dans les institutions de micro finance qui n’excluent personne.
Les premières expériences de micro finance au Mali date de 1986 dans le pays Dogon. Comprise comme l’ensemble des activités de collecte des petites épargnes et l’octroi de crédits de faibles montants, la micro finance joue le rôle d’intermédiaire entre les formes traditionnelles d’épargne et la forme moderne, connue sous l’appellation banque. Au Mali, le taux de bancarisation se chiffre à 11,6 %, dont 5 % représentant l’apport de la micro finance.
A la différence des systèmes bancaires, personne n’est d’office exclue des services des institutions de micro finance. Elles prennent en compte tous ceux qui sont économiquement actifs, mais qui ont de faibles revenus. Généralement, les clients des institutions de micro finance évoluent dans les activités génératrices de revenus. Ils sont tailleurs, artisans, cordonniers et de plus en plus quelques salariés.
Selon le directeur général de Nyèsigiso, Modibo Coulibaly, la micro finance offre des atouts majeurs à travers une politique de proximité bien engagée, l’écoute et l’adaptation des produits aux besoins de la clientèle. "Nous touchons une grande masse économiquement active. Le service que nous offrons est un service humanisé puisque nos produits et services sont adaptés aux besoins de la clientèle", explique-t-il.
Cependant, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. En dépit des avantages que présente la micro finance, force est de reconnaître que le secteur rencontre de nombreuses contraintes. Pour Modibo Coulibaly, c’est un métier dans lequel le risque est élevé. Risqué parce que la clientèle ciblée est celle qui a un revenu faible qui ne dispose d’aucune comptabilité. S’y ajoutent la crise économique, qui affecte l’économie des Etats, et le resserrement du crédit par les banques qui impacte négativement la micro finance.
Toutefois, reconnaît le DG de Nyèsigiso, il existe une volonté politique pour promouvoir le secteur de la micro finance dans notre pays. Ce rôle de promotion se manifeste par la surveillance par l’Etat du fonctionnement du secteur et sa protection. Dans le cadre du développement du secteur, l’Etat a procédé à la mise en place d’un programme destiné au financement des couches vulnérables.
A ce jour, l’Association professionnelle des institutions de micro finance au Mali (Apim), dont Nyèsigiso est membre fondateur, compte une cinquantaine d’institutions membres.
Mohamed Daou

 

MICRO FINANCE
Un secteur sous surveillance
Au Mali, la réglementation applicable aux Systèmes financiers décentralisés (SFD) est celle qui s’applique à l’ensemble des Etats de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa). Les textes de la loi-cadre portant réglementation des institutions d’épargne et de crédit ont été adoptés par le conseil des ministres de l’Uémoa en décembre 1993.
Entre 2005 et 2009, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bcéao) a mis en œuvre un programme régional, le Prafide. Il vise à améliorer l’environnement réglementaire de la micro finance, renforcer la surveillance et promouvoir de bonnes pratiques de management et de gouvernance au sein des SFD. Pour limiter la prolifération anarchique des institutions bancaires, trois dispositions sont applicables selon leur nature.
En premier lieu, les institutions mutualistes ou coopératives d’épargne et de crédit, leurs unions, fédérations ou confédérations doivent solliciter un agrément auprès du ministère chargé des Finances. Secundo, les groupements d’épargne et de crédit, à caractère coopératif ou mutualiste sont exclus du champ d’application de la loi mais peuvent solliciter une reconnaissance. Tertio, les structures ou organisations d’épargne et de crédit non constituées sous forme mutualiste ou coopérative doivent signer une convention cadre pour une durée maximale de 5 ans renouvelable.
Dans le cadre des réformes régissant la micro finance en Afrique de l’Ouest, l’avant-projet de loi et de décret du cadre juridique et réglementaire a été validé par les acteurs des Etats membres de l’Union en juillet 2006 à Lomé. Cette réforme vise à accroître la sécurisation des transactions, en particulier celles relatives à l’épargne et à adapter les textes juridiques aux mutations en cours dans le secteur.
La principale innovation porte sur l’instauration d’un régime unique d’autorisation d’exercice quelle que soit la nature juridique de l’institution et une implication de la Bcéao à la fois au niveau de l’instruction des dossiers de demande d’agrément et au niveau de la surveillance.
Dans le cadre de l’adoption des projets de loi et de décret relatif à cette réforme, le processus doit suivre son cours au niveau de chacun des Etats membres. Des instructions complémentaires édictées par la Bcéao viendront compléter le processus.
Une nouvelle référence comptable pour le secteur a été adoptée et devait entrer en vigueur au sein des institutions à partir de l’année 2008. A cet effet, des formations ont été organisées. Créée en avril 1999, la Cellule d’appui et de suivi des Systèmes financiers décentralisés (Cas/SFD), a été scindée afin de séparer les fonctions de promotion et de contrôle du secteur incompatibles. Deux nouvelles entités ont été créées en janvier 2005.
Il s’agit de la Cellule de contrôle et de surveillance des SFD (CCS/SFD), rattachée au secrétariat général du ministère chargé des Finances et du Centre de promotion et d’appui des SFD (CPA/SFD), rattaché au ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce.
Aminata A. Lah

 

Micro trottoir
Des Bamakois à propos de la micro finance
Dans le micro trottoir ci-dessous, des Bamakois se prononcent sur l’importance de la micro finance. Réactions.

Sinaly Ballo (menuisier)
« La micro finance nous aide dans nos projets de développement. C’est donc un domaine qui mérite d’être soutenu par les autorités »

Mme Dolo Sitan Traore (vendeuse):
« La micro finance est une bonne chose car beaucoup de gens en tireNT profit notamment les femmes qui souhaitent développer leur petit commerce mais qui n’ont pas assez de revenus »

Fatoumata Sidibé (ménagère) :
« Je pense que la micro finance pourrait être une importante source de revenu si elle était réellement comprise, mais beaucoup de gens empruntent auprès des caisses d’épargne sans autant avoir un projet pour développer ce fonds. Les gens utilisent les prêts dans d’autres choses qui ne permettent de rentabiliser ce fonds. Cela crée beaucoup de difficulté au moment de remboursement »
Sidiki Doumbia
Dotigui Niaré
(stagiaire)

 



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CHEICK F. KEITA, EX-GLOIRE DE FOOT
Profession, canonnier et après…
Salarié dans une entreprise de manutention à Mourtieu en Savoie (France) où il s’occupe des armoires électriques, Cheick Fantamady Kéita, meilleur buteur de la Can "Yaoundé-72" avec 5 buts, qui prendra cette année une retraite bien méritée, envisage le retour définitif au bercail.
Marié et père de 5 enfants, dont 2 filles, Cheick Fantamady Kéita, ancienne gloire du football malien, ex-sociétaire de l’AS Réal, qui vit en France depuis plusieurs années, a ravi la vedette à l’occasion du 1er gala international de l’Union nationale des anciens footballeurs du Mali (Unafom) en décembre 2010. "Nous saluons cette initiative à sa juste valeur d’autant qu’elle est symbolique et unique en son genre", se félicitait-il.
L’équipe nationale a obtenu sa première qualification à une phase finale de Coupe d’Afrique des nations (Can), en 1972, en éliminant le Niger et la Guinée-Conakry. En son sein évoluait un avant-centre percutant du nom de Cheick Fantamady Kéita, qui sera le meilleur canonnier de la compétition avec 5 buts sur les 11 inscrits par le Mali. Sur cette mémorable campagne de Yaoundé 1972, il garde encore des souvenirs.
" A l'époque, la Can a coïncidé avec l’examen du baccalauréat, alors que je devais passer cette épreuve. Il y a eu beaucoup de rumeurs autour de cela. Certains pensaient qu'on allait me faire admettre directement. C’était loin d’être le cas sinon qu’après la campagne de Yaoundé, j'ai effectivement fait un examen spécial de bac. Mais, ça n’a pas marché".
Sur le terrain, bien qu’annoncé favori contre le Congo en finale, le Mali s’inclinera à la surprise générale. Une élimination qui créera une polémique sans précédent dans le pays. Le débat fait encore rage dans le milieu footbalistique malien. "En 1972, nous avions sous-estimé le Congo en finale", avoue aujourd’hui le goaleador number one de Yaoundé 1972, qui a quitté le Mali après la campagne de Yaoundé-72 pour l’Hexagone où il était courtisé par plusieurs grands clubs.
Souvenir ému de Tiécoro
Victime des vicissitudes de la vie et ignoré par les responsables sportifs de l’époque, il tourne le dos au football de son pays. "Après ma carrière, j’ai passé plus de 30 ans sans revenir au Mali, mais depuis 2005 je reviens constamment", confie-t-il. Un autre mauvais souvenir de sa riche carrière, ce fut son bref passage au pays de l’oncle Sam : "Aux Etats-Unis, les choses n'ont pas marché à souhait, car le club américain n'a pas voulu accepter ma proposition et je suis retourné en France".
Cheick Fantamady garde un souvenir ému du dirigeant du Djoliba de l’époque, Tiécoro Bakayoko (paix à son âme). "Il a beaucoup fait pour moi. C'est lui qui m'a offert un terrain que j'ai d'ailleurs construit. Cet homme m'a beaucoup aimé", reconnaît l'ancien pensionnaire du lycée de Badala. "Les joueurs ne mènent pas une vie de sportif alors qu’il faut des joueurs de décision dans chaque équipe".
L’AS Réal, c’est aussi une partie de Fantamady Kéita, un monument qui a marqué l’histoire du club. Il remportera successivement les coupes du Mali de 1966, 67, 68 et 69 après les victoires de 1962 et 64.
Peu importe, le football reste une succession de cycles. Et la carrière de Fantamady Kéita, sacré meilleur buteur de la Can en 1972, jalonnée de succès et de contrariétés à l’AS Réal de Bamako (1970-1972), au Stade rennais, Angoulême et Chaumont (France). Autant d’événements qui ont plombé une carrière qui semblait pourtant prometteuse.
Boubacar Diakité Sarr


Rêve brisé
Février 1972. Le Mali est finaliste de la Coupe d’Afrique des nations au Cameroun. A côté du génie Salif Kéita alias Domingo, Bakoroba Touré, Ousmane Traoré, Sadia Cissé, c’est le jeune attaquant du Réal de Bamako, Fantamady Kéita qui est couronné buteur n°1 du tournoi. Un titre qui lui ouvre les portes du Stade Rennais. Ses débuts sont satisfaisants. Ses qualités authentiques et son sens du but l’imposent.
Son duo avec l’Ivoirien Laurent Pokou marche très fort. Mais le climat et l’ambiance qui règnent à Rennes vont peser lourdement. Pour l’ancien sociétaire des Scorpions, la solitude devient insupportable. Fantamady craque. C’est la dépression et les contre-performances. Son club, en mauvaise posture, ne pardonne pas. Fantamady s’en va, il croit trouver une seconde chance à l’AS Angoulême. Là encore, c’est l’échec et la voie du garage, avant le renoncement total.
B. D. S.


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