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2011

Mois de fevrier

Les Echos du 03 fevrier

 

MONNAIE
Le retrait de la Côte d’Ivoire signerait la mort du CFA
Philippe-Henri Dacoury-Tabley, gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bcéao) n’a pas démissionné de ses fonctions, car la démission consiste en un acte libre, volontaire et express. Si son geste revêt le dernier caractère, il ne s’avère ni libre ni volontaire. Il y a été forcé. Le gouverneur Dacoury-Tabley de Côte d’Ivoire a été mené vers la "démission" par Abdoulaye Wade, coutumier du fait au Sénégal et qui a poussé à la roue ; les autres se sont contentés d’accompagner par le silence.
Ceci dit, même si nous désapprouvons cette "démission" - nous y reviendrons plus loin - nous la comprenons, la respectons et quelque part marquons une admiration certaine envers l’attitude du gouverneur, car quand on sait ce qu’il y a derrière cette fonction en termes financiers, matériels et d’influence, on ne peut que lui tirer le chapeau.
A l’époque où, en l’absence de la Guinée-Bissau, les membres de l’UMOA étaient au nombre de sept, notre aîné le président Famara I. Sagna, ancien ministre des Finances du Sénégal, taquinait à peine le gouverneur Charles Konan-Banny, lorsqu’il lui répétait qu’avec sa Bcéao, il représentait, de fait, le 8e Etat. Tellement le gouverneur de la Bcéao est puissant.
Nous devons reconnaître que le gouverneur Dacoury-Tabley a adopté une posture de véritable "garçon" (expression ivoirienne pour désigner un homme courageux et de refus). Il a refusé de se laisser humilier en Afrique après avoir été l’objet de menaces injustifiées en Europe. Le gel des avoirs vis-à-vis de personnalités africaines qui ont gagné honnêtement leur argent et n’ont rien fait de mal contre l’Europe (drogue, terrorisme, etc.), nous paraît comme tout à fait illégal et abusif.
Il serait utile d’engager une action auprès de juridictions compétentes comme la Cour européenne des droits de l’Homme pour amener à l’adoption d’une décision judiciaire seule apte à faire cesser ce genre d’excès de pouvoir qui s’assimile à un chantage. A l’ère de la mondialisation, circuler et investir librement constitue un segment des droits humains.

Venons-en au fond du débat
Le 23 décembre 2010, le conseil des ministres de l’Uémoa se réunit à Bissau à l’effet de se prononcer sur les événements de Côte d’Ivoire. Le conseil finira par prendre la décision politique que l’Union monétaire reconnaît Alassane Ouattara comme président légitime de la Côte d’Ivoire, d’où acte pris par la Bcéao et mise en œuvre pratique de ladite décision se traduisant par l’introduction des représentants Ouattara.
Sous réserve d’intervention de textes nouveaux que nous pourrions ignorer, nous soutenons, à l’examen combiné des traités de l’UMOA (qui existe toujours) et de l’Uémoa que cette décision du conseil des ministres est triplement illégale. Ici, illégal signifie non conforme aux dispositions pertinentes des deux traités, UMOA et Uémoa qui cohabitent et se complètent.
D’abord, dans les deux traités ainsi que dans les statuts de la Bcéao, les attributions du conseil des ministres sont limitativement listées et nulle part il n’est permis au conseil de se prononcer sur ce type de sujet et de prendre ce genre de décision. Donc en agissant comme il l’a fait, le conseil des ministres a outrepassé ses attributions. Les organes de l’Union ne peuvent agir que dans la limite des attributions à eux conférées.
Ensuite, parce que dans le Traité de l’Uémoa, il est spécifié (nous citons de mémoire) que "Pour les questions politiques et de souveraineté, les ministres des Affaires étrangères doivent siéger aussi lors de la réunion du Conseil des ministres". Ce n’était pas le cas à Bissau, d’où violation des termes du Traité.
Enfin, les décisions du conseil des ministres se prennent à l’unanimité. Il se trouve que seuls 7 pays sur 8 étaient présents. La Côte d’Ivoire (version Gbagbo ou Ouattara) n’y prenait pas part. Donc décision illégale.
Pour toutes ces raisons, le gouverneur aurait dû ne rien appliquer du tout, tandis que le gouvernement de Côte d’Ivoire - en droit international public, la notion de gouvernement légitime n’existe pas sauf dans des appréciations subjectives - aurait dû, immédiatement, saisir la Cour de justice de l’Union plutôt que de se lancer dans des démarches diplomatiques infructueuses.
Mutatis mutandis, la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement aussi a failli à son devoir en méconnaissant les limites de ses attributions. Elle savait parfaitement que tout limogeage du gouverneur revêtirait un caractère illégal car fondé sur des exigences illégales. Elle n’ignorait pas que son rôle consiste, pour l’essentiel "à définir les grandes orientations de la politique de l’Uémoa". Or cette politique ne saurait être politicienne. Il s’agit, strictement, de politiques de développement, d’intégration économique, de politiques économique, financière, monétaire, sectorielles (transport, agriculture, fisc, douanes, etc.).
L’on nous rétorquera qu’il est prévu que lorsqu’une question n’a pas été résolue par accord unanime au conseil des ministres, celle-ci peut être tranchée par la conférence des chefs d’Etat. Certes, mais dans la limite des domaines de compétence de l’Uémoa, ce qui n’était pas le cas en l’espèce.
La conférence des chefs d’Etat n’est ni la Cour internationale de justice ni une Cour arbitrale internationale ni un supra Conseil constitutionnel international. Elle n’a pas compétence pour dire qui est président de tel ou tel pays membre. Sa posture se révèle donc illégale.
Voilà pourquoi, même si nous saluons la décision courageuse de M. le gouverneur Dacoury-Tabley de "démissionner", nous aurions préféré - nous l’annoncions plus haut - qu’il n’en fit rien et qu’il laissât la conférence des chefs d’Etat prendre la responsabilité de le limoger.
Cela aurait renforcé la saisine de la Cour par les autorités ivoiriennes, car le mandat du gouverneur est dit "irrévocable", surtout qu’il n’a pas été auteur de faute grave ainsi que démontré ci-dessus. Nous sommes d’autant plus réservés sur l’opportunité de cette "démission" qu’elle ne règle rien, car nous demeurons bloqués par cette affaire de signature.
De quoi s’agit-il ?
Aucun chef d’Etat ne signe quoi que ce soit à la Bcéao. Donc, parler de signature de Gbagbo ou d’Alassane Ouattara est une évocation impropre. C’est un haut fonctionnaire (ex : directeur du Trésor, directeur de la comptabilité publique, trésorier payeur général ou autre directeur général, etc.) qui détient la signature pouvant mouvementer le compte de son pays auprès de la Bcéao. A cet effet, la Bcéao-siège est informée du nom du signataire (ou des signataires) par lettre, télex, fax, mail, message chiffré selon une identification claire de la source par la Bcéao.
En d’autres termes, c’est le ministère des Finances à Abidjan qui peut donner l’information pas un courrier ou un message provenant d’une auberge ou d’un palace. Même dans les pires situations de coups d’Etat (et Dieu sait qu’il y en a eu dans l’Union), la Bcéao a toujours fonctionné ainsi en traitant avec le détenteur effectif du pouvoir.
Nous allons nous limiter à la question des salaires pour ne pas alourdir le texte en dissertant sur les autres considérations touchant la relation financière Etat-Bcéao (ex : anticipations sur les bénéfices nets, bons du trésor, concours à l’économie - Etat et secteur bancaire -, concours globaux divers, décaissements sur facilités Banque mondiale, FMI et autres bailleurs de fonds, etc.).
Cette histoire de salaires préoccupe tout le monde et d’aucuns comptent dessus pour étouffer le gouvernement de Côte d’Ivoire avec, pour conséquence, provocation d’un soulèvement populaire contre les tenants du pouvoir. Nous avons déjà indiqué que c’est le Trésor public ivoirien et non la Banque centrale qui paie les salaires.
Si ce Trésor venait à avoir besoin d’un complément ponctuel, un delta, pour s’acquitter de sa tâche, pourquoi devrait-on le bloquer, l’empêcher de mettre en œuvre tel ou tel mécanisme ou de tirer sur son compte simplement parce qu’un différend politicien oppose des gens ? Pourquoi l’infirmier de Yamoussoukro, la secrétaire du préfet d’Abengourou, le greffier du Tribunal de Bouaké, l’instituteur de Dimbokro, le gendarme en service à Gagnoa devraient-ils être privés de leur salaire parce que le titulaire de la signature séjourne dans un hôtel plutôt que dans une structure du ministère des Finances ?
Pourquoi devrait-on se situer en position de pénaliser le fonctionnaire ou agent de l’administration ivoirienne qui, tout un mois, a travaillé pour ses concitoyens et son pays, simplement parce que des "en haut de en haut" (les chefs) s’étripent sur la politique politicienne alors que lui, a une famille à nourrir et des engagements de toutes natures qui le pressent. Pis, c’est quand on atteint le retraité.
Imposer le transfert de signature aux mandataires de Ouattara qui ne se trouvent pas dans les locaux publics relevant du ministère des Finances, n’est pas opérationnel, et c’est bien ce que le gouverneur a objecté à juste titre. Il n’est fautif de rien du tout. Nul ne peut mettre en œuvre une décision illégale et matériellement impossible à appliquer sur le terrain tandis qu’elle s’avérerait injuste vis-à-vis du citoyen qui n’a rien à voir dans ce conflit politicien. A moins que nous soit démontré comment seraient payés les salaires et pensions de retraite par les mandataires d’Ouattara.
Signalons que depuis le lundi 24 décembre dernier, les salaires ivoiriens sont payés. Aucun Etat ne l’a fait dans l’Union. On tire trop sur la corde et si l’on recherchait le retrait de la Côte d’Ivoire de l’Union et la création de sa propre monnaie, on ne s’y prendrait pas mieux. Même s’il s’agit là d’un autre débat, ce n’est pas une vue de l’esprit et des gens sérieux insistent là-dessus à Abidjan. Ce serait la mort de notre CFA ouest-africain.
Dans le monde entier, la considération d’une Banque centrale repose sur son indépendance, socle de son efficacité qui fonde sa crédibilité. Cette intrusion sauvage et inédite de la politique politicienne dans le fonctionnement de la Bcéao n’augure rien qui vaille. Le mieux serait que la Cour de justice infirme, rapidement, les décisions illégales et rejette la "démission" qui ne remplit pas les critères de liberté et de volonté ; que le gouverneur Dacoury-Tabley soit invité à poursuivre sa mission, tandis que le dialogue permette de trouver solution à la crise politique en question.
Jean-Paul Dias
(ancien membre du conseil des ministres de l’UMOA)

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PARTIELLES EN COMMUNE IV
A chaque parti sa campagne électorale
Les populations de la Commune IV éliront le dimanche 6 février leurs conseillers municipaux à la faveur des élections partielles. Celles-ci se dérouleront en même temps à Sandaré, Toya et Bourem. En commune IV où la campagne bat son plein, l’atmosphère est surchauffée par les soupçons de vol de cartes d’électeurs.
Les campagnes ouvertes officiellement le 21 janvier prennent fin demain vendredi. Les candidats de la quinzaine de listes mènent leur campagne chacun avec sa stratégie. Alkassoum Maïga, tête de liste Adéma parle de « décentralisation » de la campagne cette année. Les sous-sections sont les mieux impliquées. Selon M. Maïga, chacune d’elles a lancé individuellement sa campagne le 21 janvier. Les structures du parti comme les comités jouent leur rôle dans la sensibilisation pour le retrait de cartes d’électeurs et la participation massive au vote. L’Adéma en Commune IV fait du porte-à-porte pour toucher du doigt ceux que le parti a désigné sous le vocable de grands électeurs. Ceux-ci sont les leaders d’opinion, les chefs de quartier, les religieux et familles de notabilité.
La Codem, un jeune parti qui a fait son implantation en Commune IV a choisi, lui aussi de faire du porte-à-porte. Cheick Tidiane Kéita et Moussa Kondé deux têtes de liste de la Codem justifient que c’est la meilleure stratégie pour cueillir des voix.
Le PDES, le parti proche d’ATT qui est à son premier coup d’essai électoral sort les grands moyens. Il est talonné par Yéléma de Moussa Mara. En plus du porte-à-porte, ils sortent la grosse artillerie avec des manifestations populaires de rue ou à bord de camion mobile qui sillonne les principales artères de la Commune IV. Ces deux partis se font remarqués dans le pavoisement des rues d’affiches géantes.
Si le PDES a choisi d’afficher la liste de ses candidats portrait en grandeur nature, Yéléma a loué des grands panneaux publicitaires de l’Amap pour son président et tête de liste, Moussa Mara. Le message ne passe pas inaperçu pour les populations de la Commune IV dont le citoyen lambda identifie le parti Yéléma à son président fondateur qui veut signer son come-back à la mairie de la Commune IV.
La Campagne au RPM est menée de main de maître par son président Ibrahim Boubacar Kéita (IBK). Après le lancement en fanfare de la campagne au Centre islamique d’Hamdallaye le dimanche 30 janvier, IBK qui semble jouer son va tout à ces élections municipales partielles, a pris personnellement les choses en main. Il a rendu une série de visites de courtoisie aux notabilités de la Commune IV, les chefs de quartier et les chefs religieux à qui il a confié le sort de la liste de son parti.
Dans cette ambiance de campagne électorale électrisée, l’atmosphère est pourrie par des accusations de vols de cartes d’électeurs. Des partis qui viennent de faire leur baptême de feu accusent les vieux routiers d’avoir subtilisé des centaines de cartes à des fins de fraude le jour du 6 février 2011. Un responsable de parti et candidat aux partielles balaie d’un revers de la main ces accusations. Selon lui, des jeunes sans emploi ont été commis pour le retrait des cartes d’électeurs de leurs militants. Et d’ajouter qu’il y a certes des cas de vol mais qui sont aussitôt éventrés. A ses dires, l’enlèvement des cartes se fait avec une pièce d’identité qui permet toujours de retrouver les traces des cartes d’électeurs.
En Commune IV, 15 listes composées majoritairement de partis politiques sont en lice. Une seule liste de candidature indépendante de l’Association Kaoural Renouveau est en jeu. Des partis ont décidé de voler de leurs propres ailes tandis que d’autres sont en coalition. La liste Cnid-URP, RDS-UFDP-RJP et Sadi-PIDS sont dans ce cas de figure.
Il y a en tout 630 candidats pour 167 607 électeurs repartis dans 343 bureaux de vote et 16 centres. Ceux-ci sont situés à Lafiabougou (4), Hamdallaye (3), Djicoroni Para (3), Sébénikoro (2) et Lassa, Taliko, Sibiribougou et Kalabambougou ont chacun 1 centre de vote.
Abdrahamane Dicko

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GESTION DE LA MAIRIE DE LA COMMUNE IV
Le RPM se prévaut de son bilan
Le Rassemblement pour le Mali (RPM) compte rafler la majorité absolue des voix à l’élection communale partielle le 6 février. Sa direction de campagne était le 1er février 2011 face à la presse pour échanger sur le bilan des cinq années de gestion RPM. Un bilan somme toute honorable.
Face aux 14 listes de partis ou d’indépendants en lice pour l’élection communale partielle en Commune IV, le Rassemblement pour le Mali compte arriver en tête en remportant la majorité absolue des voix. "Cela est possible", a affirmé mardi Boubacar Touré, le porte-parole de l’équipe de campagne, qui, en compagnie de certains de ses membres était face à la presse pour dresser le bilan des cinq années de gestion à la mairie.
Pour son programme quinquennal (2004 à 2009) à la mairie de la Commune IV, l’équipe du maire du RPM s’était fixée un objectif de 7,5 milliards de F CFA de recettes sur lesquels 3,5 milliards seront recouvrés, soit un taux de réalisation de 45 %. En termes d’infrastructures, l’équipe du RPM compte à son actif la construction de 129 salles de classes, 3000 tables bancs, la construction et la réhabilitation de plusieurs CSCOM ainsi que de centres d’état civil, des forages pour eau potable dans trois quartiers de la Commune, la création de 3 centres multifonctionnels.
En matière d’assainissement, l’équipe, en 5 ans de gestion, a pu dégager 40 millions de kg de tas d’ordures et a pu doter la Commune d’un camion benne collecteur. En matière d’emploi, la mairie a procédé au recrutement de 23 jeunes des deux sexes qui étaient chargés du recouvrement des taxes de la Commune.
Selon Issa Guido, ancien maire, ce partenariat avec les jeunes a été bénéfique tant pour les jeunes que pour la collectivité. Cette expérience, le RPM compte la renouveler s’il revenait aux affaires. Si généralement les passations se font sans sous dans la caisse, à la date du 31 mai 2009 lorsque le RPM cédait son fauteuil à l’indépendant Yelema, la cagnotte de la mairie s’élevait à 235 millions de F CFA. Chose dont il se dit fier. Pour le Tisserand l’objectif principal s’il revenait aux affaires, est d’augmenter le taux de recouvrement des recettes qui était de 45 %.
D’autre part, il s’agira de faire en sorte qu’il y ait une adéquation entre les ressources et les besoins de la population. "En termes de bilan, entre 2005 et 2009, notre parti peut se targuer d’avoir à son actif des réalisations incontestables. Toutes choses qu’il compte poursuivre et renforcer", a indiqué l’équipe de campagne.
Les conférenciers ont indiqué que le parti n’a pas eu vent de cartes électorales volées et IBK dont le nom ne figurait pas sur la liste, est maintenant bien en possession de la sienne. Le RPM dit qu’il restera vigilant pour que ce scrutin se déroule dans la transparence.
Denis Koné

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NIONO FATOUMATA KAMANA, PROMOTRICE DE L’OGS
" Je suis fière de ce que je fais"
Née à Mopti, Mme Niono Fatoumata Kamana n’aime pas parler d’elle. Après ses études, elle a travaillé 6 ans environ dans une banque. De son propre chef, elle décidé très tôt de s’installer en 1991 à son propre compte en s’orientant vers le secteur de l’assainissement à travers la création de l’Office malien d’entretien, de nettoyage et de service (Omenet) devenu par la suite Omenes. Quelques années plus tard, Mme Niono a ajouté une autre corde à son arc en créant l’Office de gardiennage et de surveillance (OGS). Aujourd’hui promotrice des sociétés Omenes-OGS, Mme Niono Fatoumata Kamana qui emploie plus de 500 personnes pense qu’il n’y a pas de sot métier.
Partisane de lutte contre le chômage et la pauvreté, dans l’entretien qui suit la promotrice de l’OGS qui se dit fière de ce qu’elle fait revient sur les circonstances de la création de l’OGS, les contraintes, les perspectives…

Les Echos : Après sa création en 1996, l’Office de gardiennage et de surveillance (OGS) tient-il toujours bon ?

Mme Niono Fatoumata Kamana : Je dois d’abord dire que l’OGS est géré par mon mari Cheick Niono qui m’a beaucoup aidé et qui continue à m’aider. Si ça ne va pas toujours, je suis obligée de venir parce qu’on n’est pas promotrice pour rien. Aujourd’hui, l’OGS se porte même très bien. Il faut le dire, nous avons fait 20 ans d’expérience. Je suis liée à des sociétés avec lesquelles j’ai des contrats. C’est quand les contrats prennent fin que nous sommes butés des fois à de petits problèmes. Néanmoins, nous sommes parvenus à maintenir le cap.
Il est important de signaler que je suis promotrice de deux sociétés ; à savoir : l’Office malien d’entretien, de nettoyage et de service (Omenes). C’est avec Omenes que j’ai commencé timidement. J’ai brassé beaucoup de petits contrats et un jour j’ai eu un contrat qui imposait que je fasse aussi la sécurité. Il s’agit du contrat du Centre régional d’énergie solaire (Cres) en 1991 qui est l’un de mes plus importants contrats. Ce contrat m’a amené à associer le gardiennage au nettoyage. C’est ainsi que je me suis retrouvée en même temps dans le nettoyage et le gardiennage. Je me suis retrouvée avec deux sociétés dont l’Omenes englobait tout.
Quelques années plus tard, l’Etat a demandé à ce que la société de gardiennage soit une société à part entière. C’est ainsi qu’Omenes a été divisé en deux, l’OGS étant créé et dirigé par M. Niono. Et Omenes est toujours resté. Cependant, il a changé de nom juridique. Au lieu de sécurité, le "s" est devenu service. C'est-à-dire, tous les services que je mène au plan décoration. Par la grâce de Dieu, l’OGS à ce jour a une santé de fer.

Les Echos : Qu’est-ce qui vous a véritablement incité à créer une société de gardiennage ?

F. K. : Je voyais souvent les enfants après leurs études autour du thé et très honnêtement ça m’a fait mal au cœur. Puisque j’avais déjà commencé à garder au Cres sur la colline, j’ai pensé à recruter les jeunes sortants de l’école. Je les forme et puis je les déploie un partout. A la fin du mois, ils ont de quoi faire face à leurs dépenses. Je me retrouve aujourd’hui avec beaucoup de gaieté de cœur en voyant ses jeunes qui se sont mariés et qui sont même sortis pour créer la même chose. Le Mali est tellement immense qu’une seule personne ne peut pas tout faire.
En réalité, j’ai créé l’OGS pour aider, pour contribuer à quelque chose dans mon pays. C’est une façon pour moi de contribuer à la réduction du taux de chômage et de lutter contre la pauvreté. Quand on va à l’école, ce n’est pas pour faire uniquement une seule chose mais pour avoir des ouvertures. On peut faire le nettoyage, le gardiennage, la menuiserie métallique… Lorsqu’on essaie de faire quelque chose, il suffit d’avoir l’imagination, l’approfondir et puis foncer. Avec un tel engagement, il n’y a pas de raison que ça ne marche pas. Quand on persévère, il y a toujours le résultat. Je me suis toujours dis qu’on peut faire de leur vie quelque chose tous ces hommes et femmes qui sont au-dehors en passant la journée à demander de l’argent à tort et à travers.

Les Echos : Dans votre politique de lutte contre le chômage et la lutte contre la pauvreté, plus de 500 agents sont à ce jour engagés par votre société. Qu’est-ce que cela vous coûte en termes de masse salariale ?

F. K. : Pour moi, ce qui est important c’est que le gardien ne soit pas payé au salaire minimum inter garanti (Smig). Sinon plus. Je ne peux pas souffrir de voir un gardien ou un de mes travailleurs payés en dessous du Smig. Cela n’est pas Omenes encore moins OGS. Mais là où il y a problème, c’est lorsque des gens se reportent sur des structures internationales comme l’Union européenne, La Banque mondiale. Le salaire des gardiens qui travaillent pour le compte de ces institutions ne peut pas être le même que pour ceux qui travaillent pour des structures de la place. En essayant de mettre les deux salaires ensemble, ça ne peut pas aller parce que la nature des contrats diffère.
Ce n’est pas par méchanceté, mais tout dépend de la teneur du contrat. Qu’il s’agisse des structures de la place ou internationales, j’ai toujours dit que si l’argent ne couvre pas toutes les dépenses afin que le gardien puisse avoir au bas mot le Smig, ce n’est pas la peine. Ce qu’il faut savoir, c’est que les gardiens avant de commencer à travailler sont d’accord sur le salaire. Il n’y a jamais eu de problème. C’est seulement quand le contrat arrive à terme ou quand le gardien se comporte mal (sommeil, retards répétés…) et que le client demande à ce qu’on le change en mettant fin à son contrat, c’est là où l’on se retrouve avec des problèmes dont vous entendez souvent et qui ne sont même pas fondés.
Après cette mise au point, je reviens à votre question. Notre masse salariale se chiffre à plusieurs dizaines de millions. N’oublie pas que je couvre de Kayes jusqu’à Kidal. Ça me demande non seulement beaucoup d’argent mais aussi beaucoup d’énergie étant donné que nos factures accusent des retards de paiement. Et au-delà de trois mois, nous sommes obligés de faire recours à des banques pour payer les gardiens déployés par notre société. A elles, nous leur demandons parfois de nous aider à faire les salaires. Permettez-moi d’exprimer à cet effet ma profonde gratitude à la Bank of Africa et à la BDM-SA pour la promptitude avec laquelle elles répondent toujours à nos requêtes.

Les Echos : Il se dit que les employés des sociétés de gardiennage sont sous-payés alors qu’elles sont fortement rémunérées par les services avec lesquels elles ont des contrats. Que répondez-vous ?

F. K. : Je dirais que ce sont des accusations non fondées. Les contrats sont là. Mieux, les gens qui sont là peuvent saisir l’inspection du travail si jamais ils pensent qu’ils sont lésés. Il y a toujours un recours. Sans démagogie, je suis fière de ce que je fais. Dans la vie, je n’ai jamais eu de problème avec qui que ce soit. Cette année, c’est moi-même qui ai demandé à résilier certains contrats compte tenu de la demande pressante des gardiens qui ne comprennent pas que ces derniers temps il y a beaucoup de problèmes parce que bon nombre de mes clients connaissent des tensions de trésorerie. J’ai des clients qui n’ont pas payé depuis deux ans, d’autres six ans. Je m’assume. Mais cela n’entrave en rien le paiement du salaire. Si certains disent qu’ils sont sous-rémunérés, je suis désolée. Pas quelqu’un qui travaille avec moi qui soit mal payé dans la mesure où personne n’est au-dessous du Smig. Au contraire. D’ailleurs, l’Etat nous demande de ne pas abuser d’une personne et ne pas le payer au-dessous du Smig.

Les Echos : Est-ce facile de gérer une société de gardiennage à la dimension de l’OGS ?

F. K. : Honnêtement, ce n’est pas facile (rires). Cependant, dans la vie, il faut toujours essayer de faire quelque chose. Lorsqu’on se lance dans une aventure et qu’on parvienne à réussir, il y a toujours des problèmes. On les gère de jour en jour. Souvent, je ne dors pas. Tant que je ne paye pas mes employés à la fin du mois, je ne suis pas tranquille. Parce que j’ai permanent en conscience que j’ai utilisé des gens pendant un mois. Les clients nous utilisent pour éviter les vols mais s’il y a vol malgré l’assurance qu’on prend, c’est moi qui répond très souvent en payant. Même si je sais que je ne suis pas responsable à 100 %, moralement je suis obligée de faire quelque chose parce que je ne veux aucunement ternir l’image des relations qui existent entre le client et nous.

Les Echos : De la création de l’Omenes dans les années 1991 à celle de l’OGS en 1996 que de chemin parcouru. Durant ce parcours d’une vingtaine d’années, qu’est-ce qui vous a surtout marqué et qu’est ce qui vous a le plus fait mal ?

F. K. : Je remercie Dieu de m’avoir donné la pensée de pouvoir créer quelque chose et à pouvoir faire travailler mon prochain. La plupart de ces gens qui évoluent avec moi ont leur enfant qui porte mon nom. Cela n’est pas donné à tout le monde. Le plaisir que j’ai c’est que quand je sors je suis saluée comme une reine. Quand je rencontre mes gardiens, ils abandonnent tout, ils viennent vers moi. Quand je vois leurs épouses, leurs enfants, ils disent c’est la patronne de papa, c’est la patronne de mon mari. Ce qui me réconforte, c’est le sentiment de les aider pour ne pas devenir des délinquants. Vous savez, quand je vais à l’aéroport, au point G, au Gabriel Touré… je vois des gardiens à la porte qui me connaissent, qui ont été formés par moi. Tout cela constitue un réconfort moral
Par contre, ce qui me frise c’est quand on se sépare à la suite d’une rupture de contrat.

Les Echos : Comment voyez-vous l’avenir de l’OGS ?

F. K. : Je crois en l’avenir de l’OGS. Mais il va falloir changer de système. Il va falloir franchement changer de comportement et de façon de gérer les gardiens de même que les moyens logistiques. Au-delà du salaire, je me suis dit que ce sont des gens qui ont choisi d’être là et ils ont le droit d’être dans des bonnes conditions de travail. C’est dans cette dynamique que j’ai pensé tout dernièrement à les habiller décemment.
Propos recueillis par
Mohamed Daou

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PROGRAMME « ZONES GRENIERS AU MALI »
Plus de 60 milliards de F CFA pour la circulation céréalière
Après le succès de « l’initiative riz », le ministère de l’Agriculture et ses partenaires viennent d’élaborer un grand programme appelé programme de Transformation intégrée des « Zones greniers au Mali ». Il vise à développer la production et la commercialisation des céréales.
Le Programme de transformation intégrée des « Zones greniers au Mali » a été conçu par le ministère de l’Agriculture et l’Alliance pour la révolution verte en Afrique (Agra). Le programme a été présenté aux membres du gouvernement par le ministre de l’Agriculture, Aghatam Ag Alhassane et son secrétaire général, Moussa Léo Sidibé.
Selon le ministre, le projet est conçu pour 7 ans. A ses dires, le programme a fixé ses priorités d’actions sur les filières à plus fort potentiel technique comme le maïs, le riz, le sorgho et le mil.
Aghatam Ag Alhassane dira que le programme touchera toutes les régions, mais a-t-il ajouté, Sikasso a été choisie comme région pilote.
Dans son exposé, Moussa Léo Sidibé a expliqué que Sikasso et Ségou sont ressorties comme les « zones greniers prioritaires du Mali ». A l’en croire, Sikasso, émerge comme la région à plus fort potentiel céréalier muti-filières (maïs, riz, sorgho et mil).
Le Programme « zone grenier pilote » de Sikasso s’articule autour de 4 piliers : l’appui sélectif à l’émergence de 400 à 525 agrégateurs pour le développement de la production et de la commercialisation, la croissance des moyennes et grandes exploitations structurées, le développement de l’aval et des débouchés autour de la transformation, de l’élevage et des exploitations et l’alignement des actions transversales autour de 5 axes prioritaires.
Le coût du programme « zone grenier pilote » de Sikasso est estimé à plus de 58 milliards de F CFA. Le financement du programme sera assuré par une forte contribution du secteur privé stimulée par un investissement et des appuis focalisés du secteur public. Ainsi, le programme prévoit une contribution publique de 50 à 65 milliards de F CFA.
Le concept du programme a été jugé bon par tous les membres du gouvernement présents à la réunion.
Le Premier ministre a recommandé de revoir le système de financement du programme et de l’étendre à tout le pays.
Sidiki Doumbia

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GUIMBA NATIONAL
" Kanouté ka visa ko"
Le mardi 1er février, au village du festival sur le Niger, Habib Dembélé alias Guimba National a déclamé une pièce qu’il a écrite face à un public trié sur le volet. Intitulé "Kanouté ka visa ko", ce spectacle est consacré comme son titre l’indique à l’émigration.
" Kanouté ka visa ko" raconte l’odyssée d’un jeune candidat à l’émigration en France. Il passe par toutes sortes de péripéties sans pour autant atteindre son objectif. Ce texte est écrit, mis en scène et interprété par Habib Dembélé alias Guimba National.
Après plusieurs mois d’absence des scènes maliennes, Habib Dembélé dit Guimba a proposé son spectacle individuel aux festivaliers de la Cité des Balanzans. C’était en présence des autorités administratives, politiques de la région. "Kanouté ka visa ko", est le titre de cette pièce qui fait rire, pleurer, réfléchir.
D’un trait, Guimba dépeint la société malienne contemporaine. Sans concession, sans complaisance. C’est l’histoire d’un fils de pauvre qui, refusant sa condition, se compare aux enfants de riches pour finalement abandonner les études et tout miser sur un visa pour la France. Un visa qu’il n’aura jamais.
Il est confronté à toutes les tracasseries aux services consulaires de l’ambassade de France, malgré la production des documents exigés. Il ne put entrer en possession du "précieux sésame", qu’est le visa. Dans "Kanouté ka visa ko", Guimba montre la nécessité, pour les Maliens, de s’approprier leur culture. "Le tronc d’arbre à beau séjourner dans l’eau, il ne sera jamais caïman", souligne-t-il.
Au passage, Guimba parle de la condition des Maliens en France, des Maliens d’ici, du problème d’acculturation, d’inculturation, de déculturation, d’assimilation, de mégalomanie, de développement, de sous-développement, d’arnaque, de conditions de vie…
Rien n’échappe à ce texte de belle facture qui parle des villes et des campagnes, des familles, des valeurs et des maux. Le public qui a pris d’assaut le village du festival situé dans l’enceinte de la CMDT, n’a pas regretté son déplacement. Tous ont ri à s’en fendre la gorge. "Depuis plusieurs années je n’avais pas ri comme ce soir", a admis un spectateur.
Amadou Sidibé

 



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CHAN
Coup d’envoi demain !
Le championnat d’Afrique des nations de football réservé aux joueurs évoluant sur le continent donnera son coup d’envoi demain à Khartoum (Soudan).
Les 16 équipes qualifiées sont reparties en 4 poules de 4 équipes. Les 2 premières accéderont aux quarts de finale. Le match d’ouverture opposera demain le Soudan au Gabon. Les équipes sont passées de 8 à 16 à cette édition. A signaler que 4 pays (Ghana, Sénégal, RDC et Côte d’Ivoire), présents en 2009 en Côte d’Ivoire, seront au Soudan.
Le groupe A est composé du Soudan, du Gabon, de l’Ouganda et de l’Algérie. Dans le groupe B, on retrouve le Ghana, l’Afrique du Sud, le Zimbabwe et le Niger. Le groupe C, renferme la RDC, vainqueur de l’édition inaugurale, le Mali, la Côte d’Ivoire et le Cameroun. Dans le groupe D, on retrouve la Tunisie, le Sénégal, le Rwanda et l’Angola.
L’entraîneur des Aigles locaux, Amadou Pathé Diallo, doit en principe quitter Bamako ce matin, en direction de Khartoum avec ses 23 joueurs. Il compte revenir avec la victoire en dépit du calendrier surchargé des clubs.
Sur place, selon le coordinateur général de la Caf des stades de Khartoum et Hilal, notre compatriote Souleymane Magassouba, approché par nos soins, tout est fin prêt pour la biennale des joueurs évoluant dans les championnats locaux : "Tout se déroule à souhait et les villes s’apprêtent à accueillir l’événement dans la ferveur".
En plus de Magassouba, notre pays sera représenté à ce Chan par les arbitres Koman Coulibaly (central) et Balla Diarra (assistant). Ce dernier qui n’a pu officier au Rwanda pour des problèmes de santé, devra passer par un test pour être apte à officier.
Il faut noter qu’en marge de la compétition, la Confédération africaine de football (Caf), organisera le 23 février son assemblée générale à laquelle participeront le président, le 1er vice-président et le secrétaire général de Malifoot. A l’ordre du jour figurent les élections pour 6 places au comité exécutif de la Caf et deux places au comité exécutif de la Fifa.
Dans la liste rendue publique par le sélectionneur Amadou Pathé Diallo figurent 3 gardiens de but. Il s’agit de Soumbeyla Diakité (Stade malien de Bamako), Adama Kéita (COB) et Sambou Fofana (CSD). Le Mali affrontera dimanche 6 février la Côte d’Ivoire, le 10 février la RDC, tenant du titre et enfin boucle avec le Cameroun le 14 février.
Boubacar Diakité Sarr

Liste des 23 joueurs
Soumbeyla Diakité, Adama Kéita (COB) et Sambou Fofana (CSD), Bakary Dembélé (Stade malien), Souleymane Konaté (Jeanne d’Arc), Moussa Coulibaly (Stade malien), Mahamadou Traoré (COB), Oumar Koné (Stade malien).
Ousmane Diarra (Association sportive de Korofina (Asko), Cheick Oumar Ballo (COB), Idrissa Traoré (Djoliba), Mamoudou Simpara (Stade malien), Diakalia Sangaré (JA)), Ibrahim Kader Coulibaly (Réal), Idrissa Nama Laïco Traoré (Djoliba), Mory Makan Koita (Stade malien), Cheick Tounkara (Stade malien), Demba N’faly Kéita (Réal), Boubacar Sissoko (ASB), Sidi Mohamed Kéita (COB), Alou Bagayoko (Djoliba), Seydou Ballo (CSD) et Salif Ballo (AS Réal).

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