Cooperative culturelle ; Cooperative multimédia
Jamana Contact
Imprimer
 

 

 

2010

Mois de septembre

Les Echos du 03 septembre

 

RAPPORT PDES-AUTRES PARTIS POLITIQUES
A l’heure des tribulations
Les tentatives d’établissement d’un partenariat fécond entre le Parti pour le développement économique et la solidarité (PDES) et les autres formations politiques au Mali semblent vouer à l’échec à cause d’un manque de confiance au néo-parti. C’est un authentique chassé-croisé qui découle globalement des traitements infligés aux partis par le président ATT, notamment ceux de l’Alliance pour la démocratie et le développement (ADP).
Les choses sérieuses commencent pour le Parti pour le développement économique et la solidarité (PDES). Après tout le tintamarre qui a précédé et suivi sa création, le PDES est à la conquête du terrain politique. Ces chefs tentent de multiplier les contacts et de placer les pions tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays afin de mieux ancrer la formation des thuriféraires d’ATT et les "idéaux" de ce dernier. L’une des étapes de ces efforts a été la rencontre récente du PDES avec des partis politiques de la place. Une approche complexe, vu ce que le PDES représente réellement pour les autres formations politiques.
Malgré la disponibilité des ressources de l’Etat pour sa cause, le PDES paraît déjà perdu dans le paysage politique touffu du Mali. A tel point qu’il est difficile de lire dans ses démarches timides ou d’en déduire des objectifs clairs pour le court terme. Et le fait qu’un nombre important de barons du parti n’ont pas de militants à la base en est moins une cause que leur inexpérience en politique.
En prenant langue avec les autres formations politiques de la place, le PDES essaie de résoudre une équation sans solution, le divorce ayant été consommé depuis l’annonce de la mise du parti sur les fonts baptismaux. Cette rupture est l’une des résultantes du peu de considération qu’a le pouvoir en place pour les formations politiques, particulièrement celles qui accompagnent ATT dans ses "actions" depuis 2002.
Une négligence ouvertement symbolisée par le mépris du fait majoritaire dans le pays (la nomination du Premier ministre par exemple en dehors des partis politiques). Alors qu’au même moment, le PDES, qui s’attire les foudres depuis son lancement le 17 juillet dernier, s’identifie explicitement à ATT et même à l’administration publique.
Il serait donc difficile de parier, dans ces conditions, sur un dialogue ou un partenariat constructif entre le PDES et les autres partis politiques dans la mesure où beaucoup parmi ces derniers se sentent trahis. L’ancien ministre de l’Administration territoriale du président Alpha Oumar Konaré et actuel secrétaire politique de l’Adema, Ousmane Sy déclarait il y a quelques jours dans "Les Echos" que "la création du PDES me laisse un sentiment de manque de reconnaissance vis-à-vis des partis de l’ADP qui soutiennent avec constance et fidélité le président ATT. Il met ainsi ses lieutenants et ses hommes de troupe en ordre de bataille. Même si je n’ai pas été d’accord avec le soutien sans condition de mon parti au président actuel, avec beaucoup de naïveté, je m’attendais qu’il confortât au moment de son retrait, les partis politiques qui l’ont accompagné. Quel est le projet derrière la création de son parti ? Je n’en sais rien pour le moment. Dans tous les cas, on finira par le savoir".
Me Tall face au PDES
A y voir donc de près, la rencontre entre des dirigeants de l’Adéma et une délégation du PDES, sur demande de celui-ci, le jeudi 26 août à Bamako-Coura peut être qualifiée de causerie ordinaire entre amis et connaissances, au lieu d’un créneau d’échanges partenariaux, en l’absence d’une confiance mutuelle.
De même, il serait dérisoire de parler de saine collaboration entre le PDES et le Congrès national d’initiative démocrate (Cnid), une autre formation de l’ADP. Quand on sait que les acolytes d’ATT ont dépouillé le parti du Soleil levant de nombre de ses cadres valables et surtout que Me Tall, le président du Cnid, est réputé avoir la rancune tenace.
Selon des sources bien introduites au groupe parlementaire du Cnid, Me Tall et ses lieutenants, notamment l’honorable élue en Commune V du district de Bamako, Mme Sissoko Fanta Manthini Diarra, ne jureraient plus que par faire payer au PDES et à ses "traites" l’énième division au Cnid. Le député de Ségou avait déjà annoncé les couleurs en quittant la salle bien avant la fin de la cérémonie de lancement du PDES.
Si Me Tall est furieux contre le PDES pour raison de débauchage et de trahison, Dr. Oumar Mariko et son parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (Sadi) mettent en avant les principes directeurs de leur lutte politique.
Affirmant que le "PDES est le patronat des pourris", l’ancien leader estudiantin a fulminé que les fondateurs du PDES, qui sont dans tous les sales jeux depuis 2002, trompaient l’opinion en jurant qu’ils ne font pas de la politique alors qu’ils sont aujourd’hui réunis autour de leur mentor pour s’emparer du pouvoir en 2012.
L’appropriation par le PDES du bilan du Programme de développement économique et social du président ATT ne fait que compliquer une bonne cohabitation entre le PDES et les autres partis politiques qui ont aveuglement soutenu ATT. Ahmed Diane Séméga ne cesse de mentionner le bilan d’ATT en ignorant superbement d’y noter les partis de l’ADP alors que si bilan il y a réellement, cela devrait être pour tous ceux qui ont participé à la "concrétisation" du PDES (programme d’ATT).
Le micmac autour du bilan d’ATT dénote les exploitations abusives et les coups bas, extériorisés par les démissions, scissions et mésententes incompréhensibles, dont bien de partis politiques ont souffert pendant les deux mandats d’ATT. Et il est facile d’imaginer que ces partis politiques ne se laisseraient plus manipuler au nom d’une quelconque unanimité politique ou d’une gestion consensuelle de l’Etat.
Une preuve : en moins de deux ans du départ d’ATT de la présidence, des profiteurs d’autres partis politiques que le PDES, montrent au chef de l’Etat leur vrai visage en consacrant tous leurs efforts à la défense de leurs intérêts politiques, au détriment de la nation. Il est certain que ceux-ci et leurs partis ne feront aucun cadeau au PDES.
Ogopémo Ouologuem
(correspondant aux USA)

Acceuil


50 ANS D’INDEPENDANCE…
… Mais le Mali à vau-l’eau !
Je suis née dix ans après les indépendances, et je me demande si le sort n’eut-il pas mieux fait que je sois née avant. J’aurais vu des enfants allant à l’école pour en sortir avec des connaissances certaines, des cadres travailleurs dévoués à leur pays, et une jeunesse pleine d’espoir.
Le Mali s’apprête dans quelques semaines à célébrer cinquante années d’indépendance - c’est d’ailleurs toute une vie ! Mais au juste, qu’est-ce qu’il y à célébrer ? Une rétrospective sur nos échecs, nos frustrations, nos rêves brisés, nos espoirs déçus ? C’est peut-être une demie victoire au regard des quelques acquis du moment : la pause de la première pierre d’un barrage dont le projet date des années 1900, des milliers d’enfants ayant accès à l’école mais qui ne savent malheureusement pas lire même en 4e année ; une université - qui n’a d’université que son nom - dont les étudiants peinent à étudier décemment et qui, malheureusement, produisent des résultats fortement contestables sans réel apprentissage.
Dans une classe de fortune en paille, visages blancs, 60 pairs d’yeux, fesses collées au sol ou sur des pierres, essaient de déchiffrer ce qu’un maître leur dit dans son français approximatif. Les femmes meurent encore en donnant la vie à des êtres qui mourront certainement avant le 5e anniversaire ; l’argent a pris le dessus et le clientélisme est devenu monnaie courante. A son bras, le panier troué, la ménagère ne sait où se tourner, car même les denrées produites localement ont pris l’ascenseur.
Mon village a la même allure, sauf qu’il y a quelques lampadaires de plus, de l’eau courante chez les plus fortunés, et que des étrangers ont ouvert des hôtels. Quelle dérive ! Qu’est donc devenue la fierté locale ? La démocratie mal comprise, divise mon peuple et met dos-à-dos mes frères. Alors que nous sommes au XXIe siècle, nos cultivateurs labourent à la houe, utilisent encore des bœufs de labour sur des surfaces dont les superficies feraient sourire plus d’un pendant que l’on parle d’autosuffisance alimentaire. 70 % de la population vit d’agriculture, mais seules quelques centaines de tracteurs sont montés pour leur venir en aide - le ridicule ne tue pas fort heureusement. Industries ? Vous dites industries ? Ce mot rime plutôt avec "rien» au Mali. Nos productions locales pourrissent sur place faute de marchés et de volonté politique, lorsqu’elles ne sont pas ramassées à la pelle par les pays voisins - suivez mon regard - pour être réexportées sous leur label. A Bamako, ma capitale, sortent de terre quelques échangeurs qui nous donnent pour quelques instants seulement l’illusion d’une ville moderne pendant qu’en plein cœur de cette même "Bamada" des petits corps, fesses en l’air, se font mousser sur l’avenue de l’Indépendance. Quelle ironie ! Dans du béton, on choisit d’investir 7,8 milliards de F CFA, alors que se meurent des populations entières dans l’Azaouad comme dans la zone soudano-sahélienne.
Le 22 septembre prochain, nous ferons appel à des témoins oculaires, et hypocrites que nous sommes, nous irons applaudir nos exploits, euh que dis-je nos exploiteurs, et célébrer nos échecs.
Or le temps s’égrène inexorablement, et c’est à se demander si un sursaut, mais de quel genre, nous sortira de l’ornière, et quand ? Quand ? Peut-être jamais : les politiciens recomposent leurs alliances au gré du vent de la probable victoire d’un éventuel candidat ; les mêmes reviendront sous d’autres couleurs, et le peuple à leur merci ne pourra que s’en remettre à son sort alors qu’il a besoin d’une démocratie forte et d’une justice saine au-dessus de tout soupçon. Triste sort. Mais que vive le Mali, pour une prise de conscience collective !
Kadiatou Cissé Abbassi

[haut]

Acceuil


TRIBUNE
Le Mali, une nation qui cherche encore un Etat
Le projet politique de chacune des deux premières Républiques qui consiste à forger une nation uniforme sous la férule d’un Etat centralisé a nié l’évidence de la diversité de nation malienne qui est pourtant perceptible à chaque recoin de ce grand pays de transition entre l’Afrique blanche et l’Afrique noire.
De son indépendance aux événements de mars 1991, le Mali a connu trois décennies de centralisme politique, administratif et économique. Le 22 septembre 1960, Modibo Kéita et ses compagnons de l’Union soudanaise du Rassemblement démocratique africain (US-RDA) ont choisi de mettre en place un régime dirigiste qui ambitionnait de s’inspirer des valeurs africaines de solidarité et de partage pour construire un Etat socialiste qui prendrait en compte les aspirations de la nation plurielle qu’est le Mali. Mais la réalisation de cette ambition s’est articulée, dans les faits, autour d’un parti unique de fait qui a combattu toutes expressions de la diversité perçues comme une entrave à la réalisation du projet politique.
Le 19 novembre 1968, un groupe d’officiers réuni au sein du Comité militaire de libération nationale (CMLN) dirigé par le lieutenant Moussa Traoré, sous le prétexte de libérer les populations des contraintes imposées par le régime socialiste de l’US-RDA, mit fin brutalement à la Ire république par un coup d’Etat. Ce Comité militaire, après avoir géré une longue période d’exception jusqu’en 1976, procéda à l’installation de la IIe République caractérisée, elle aussi, par la mise en place d’un parti-Etat, sous l’appellation de l’Union démocratique du peuple malien (UDPM). Ce parti qui s’est pris pour le seul creuset d’expression de la Nation plurielle du Mali a abouti à une gestion publique désastreuse et un État prédateur qui s’effondra sous les coups de boutoir des manifestants de décembre, janvier, février et mars 1991.
La Conférence nationale, tenue du 29 juillet au 12 août 1991 et qui a réuni toutes les composantes de la nation malienne, après un état de la nation présenté par le pouvoir de la transition, le Comité transitoire de salut public (CTSP) (mars 1991-juin 1992), dirigé par lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré a, entre autres textes, adopté : un projet de Constitution et un projet de charte des partis politiques, reconnaissant à chaque citoyen malien le droit de créer ou d’adhérer à la formation politique de son choix. A travers cette Constitution qui fut validée par le référendum de 12 janvier 1992, le Mali décide de se doter d’un Etat de droit ancré sur une architecture institutionnelle pluraliste bâtie sur l’expression et la prise en compte de la diversité des opinions et de choix des Maliennes et Maliens.
Le Mali, à l’instar de la plupart des pays de l’Afrique dispose d’un énorme potentiel en ressources naturelles de toutes sortes (agricoles, aquifères, minières) et une population en majorité jeune. Cette population, soudée par plusieurs siècles de cohabitation organisée, est dotée d’un patrimoine institutionnel solide qui a forgé sa façon d’être, de vivre ensemble et avec les autres. Le projet politique de chacune des deux premières Républiques qui consiste à forger une nation uniforme sous la férule d’un Etat centralisé a nié l’évidence de la diversité de nation malienne qui est pourtant perceptible à chaque recoin de ce grand pays de transition entre l’Afrique blanche et l’Afrique noire.
Cette inadéquation entre le projet politique et le vécu et références institutionnelles des peuples est à la base de la fragilité de la légitimité des institutions et des décideurs publics, donc de toutes les formes de crise et d’inefficacité de la gestion publique.
La IIIe République en jetant les bases d’une démocratie pluraliste a engagé le pays dans la voie de la construction d’un Etat de droit qui, non seulement prend en compte la diversité, mais aussi la reconnaît. Mais ce choix de la promotion du pluralisme dans la sphère politique doit se prolonger dans les sphères culturelles, économiques et sociales.
La décentralisation de la gestion publique, entamé en 1999/2000 par la mise en place des collectivités territoriales et leurs organes de gestion et la mise en place du Haut conseil des collectivités (HCC) qui est l’expression au niveau de l’Etat central de la diversité de notre nation, sont les premiers pas sur le long chemin qui doit nous conduire à la nécessaire réconciliation de l’Etat hérité de la colonisation et des sociétés qui sont restées ancrées dans leurs patrimoines. Les institutions publiques étatiques doivent nécessairement aller à la rencontre des sociétés pour ancrer leur légitimité si elles veulent être durables et gagner en crédibilité et en efficacité.
Cette question ouvre le débat sur le projet démocratique et tous les défis qu’il engendre. Quelles sont les modèles valides (représentative et/ou participative) quelles modalités d’expression des choix (vote et/ou consensus) et quelle modalités de gestion publique (perdant/gagnant et/ou partage).
Au défi du projet démocratique, j’ajoute deux autres défis que sont la création de la richesse interne au pays et la création des emplois pour les jeunes qui sont les plus nombreux. Le Mali, comme la plupart des pays du continent est installé dans un paradoxe : un grand potentiel naturel et une des populations les plus pauvres du monde. Au mon avis, le placage de l’Etat-Nation postcolonial conçus du dehors sur les communautés maliennes reste aujourd’hui encore une des entraves majeures aux ambitions de développement du pays. Cet Etat est né en 1960 avec deux handicaps majeurs : premièrement celui d’avoir été pensé et construit en fonction des besoins et selon des desseins qui étaient totalement étrangers aux populations ; de ce fait, il demeure encore aujourd’hui trop éloigné de ces populations et deuxièmement, l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation qui a été érigée en dogme.
Cinquante ans après l’indépendance, nous sommes encore victime de la difficulté à remettre en cause la logique qui a présidé à la fondation de l’Etat colonial. Les pouvoirs politiques installés après les indépendances ont ainsi poursuivi, souvent malgré eux, la volonté coloniale consistant à construire une identité nationale spécifique, étriquée et exclusive dans un territoire conçu et dessiné à l’origine pour ne servir que le dessein du colonisateur. Au Mali, comme partout en Afrique, le projet politique majeur des cinquante premières années d’indépendance, qui a fini par devenir obsessionnel, est la construction d’une nationalité unique et homogène sur un territoire occupé par des communautés caractérisées d’abord par leur grande diversité humaine et linguistique.
Dans les constructions institutionnelles, à commencer par la Constitution, les logiques communautaires et la grande diversité qui caractérisent les sociétés sont ignorées au profit de la mise en exergue de l’identité de l’individu et de sa nationalité exclusive. La diversité des réalités de territoires locaux et régionaux est occultée au profit du culte d’un territoire national délimité par des frontières qui hachent des dynamiques communautaires encore vivaces.
Le jacobinisme centralisateur a été érigé en méthode de gouvernement même si les proclamations politiques et les textes disent le contraire. Bien que déjà la Constitution du 22 septembre 1960 affirmât que les collectivités territoriales devaient s’administrer librement par des conseils élus et que dans ces collectivités, le délégué du gouvernement est en charge des intérêts de la République, du contrôle administratif et du respect des lois, cette disposition est restée lettre morte jusqu’à la naissance de la IIIe République qui a rendu effectif ce principe fondamentale de la décentralisation.
De nos jours encore et malgré la mise en place des collectivités décentralisées, les populations, surtout rurales, sont considérées et traitées comme des "sujets administrés» qui n’ont que des devoirs et non comme des citoyens qui ont aussi des droits et des responsabilités. Cela explique, en grande partie, le peu de souci que les institutions et les décideurs publics ont de leur légitimité et de celle de leurs décisions. Malgré les tentatives de constructions démocratiques en cours depuis près de deux décennies, les formations politiques et les pouvoirs publics qui en sont issus misent toujours sur le clientélisme et les pratiques de corruption que sur la recherche de l’adhésion des populations à leurs projets pour autant d’ailleurs qu’ils en aient un. Le pire, c’est que des pratiques comme l’utilisation de la force en lieu et place de la recherche de l’adhésion et l’imposition des corvées comme méthode de mobilisation sociale, développées par le colonisateur et "recyclées" par les pouvoirs politiques et administratifs postcoloniaux, ont fini par être présentées comme intrinsèques nos sociétés.
De ce fait, les communautés rurales et urbaines ont développé deux types d’attitudes vis-à-vis de l’État national centralisé. D’une part, son assistance est sollicitée parce qu’il faut lui soutirer le maximum de profit pour soi et les siens. D’autre part, l’État central et ses démembrements sur le territoire restent la bête noire dont les communautés de base se méfient encore de nos jours.
Je me range aux côtés de ceux, qui pensent que la voie du changement ne passera pas par la réplication de modèles politiques, économiques et institutionnels ou encore par des plans de sauvetage échafaudés dans les bureaux des grandes agences de coopération internationale. Il est de nos jours largement admis que les programmes d’ajustement structurel n’ont produit que des drames humains et les cadres stratégiques de réduction ou de lutte contre la pauvreté n’engendrent que l’attentisme et le désespoir. La mendicité individuelle et collective est érigée en modèle de gestion de la société et des affaires publiques.
Pour résoudre l’équation infernale de la paupérisation croissante des populations et des conflits incessants qui n’engendrent que de l’instabilité, le Mali doit chercher à sortir de l’impasse dans laquelle l’enferme la poursuite des tendances actuelles de mal gouvernance. A mon avis, cela passe par la mise en œuvre persévérante de deux réformes structurelles majeures : 1) la décentralisation de la gestion publique pour impliquer la majorité de la population dans l’effort de construction du développement ; 2°) la promotion d’une intégration régionale volontariste afin de renforcer la capacité du pays à exister dans un monde qui se globalise.
La décentralisation de la gestion publique et l’intégration des pays impliquent une autre façon de d’aborder la gestion des affaires publiques. La construction d’une société démocratique pour le bien-être de tous, ne peut se faire en dehors de valeurs, de normes connues, comprises et admises par les populations. Ce sont les conditions minimales qu’il faut réunir pour qu’une gestion publique soit légitime. Il ne saurait y avoir de bonne gestion des affaires publiques dans un pays où les communautés urbaines et rurales et tous les autres groupes sociaux affichent une indifférence totale par rapport aux institutions publiques. On ne trouvera de réponses à cette indifférence que si la majorité des populations se reconnaissent dans l’État et légitime ses institutions. La démocratie formelle telle qu’elle est entrain de se construire n’est pas une réponse suffisante. Chaque société doit savoir, à chaque étape de son évolution, inventer des réponses spécifiques à ses problèmes de gestion publique en fonction de sa culture et de ses défis, besoins et exigences du moment.
Je conclus en disant que le Mali, à l’entame du 2e cinquantenaire de son indépendance, doit prendre appui sur son riche patrimoine multiséculaire pour inventer les modalités de la gestion publique qui soient enracinées et partagées par sa population. De ce fait la gouvernance devient légitime parce que les maliennes et maliens de tous les âges et de toutes les catégories sont en accord et se reconnaissent dans la manière dont leurs affaires sont gérées. Ce qui est très loin d’être le cas aujourd’hui avec le type d’Etat qui est en place. Dans le domaine de la construction de l’Etat, comme le dit la sagesse populaire, " il faut chercher une chaussure qui aille à nos pieds au lieu de nous évertuer à vouloir tailler nos pieds pour les loger dans une chaussure qui manifestement n’est pas à la bonne taille".
Ousmane Sy
(président du conseil d’administration de l’IAG et coordinateur de l’Arga)

[haut]

Acceuil


FORUM D’OBAMA A DC
Sango fait un pied de nez à Blaise
Vous désirez une société meilleure avec des institutions qui fonctionnent à merveille ? Investissez dans la jeunesse ! Obama semble avoir compris cela. Et c'est pourquoi il a rencontré du 3 au 5 août dernier 120 jeunes Africains parmi lesquels, Abdoul Karim Sango, homme politique, juriste de formation, et enseignant permanent de droit public à l'Enam de Ouagadougou.
En organisant cette rencontre avec la jeunesse africaine à Washington DC pour célébrer les 50 ans des indépendances de 17 pays africains, le président américain a voulu rompre le cercle des sommets et autres conférences ou des conventions jamais appliquées pourtant signées et ratifiées par nos chefs d'Etat. Sa méthode : discuter avec la future classe dirigeante.
En agissant ainsi, Obama vient de mettre fin à une coutume qui veut que les puissances occidentales aient toujours pour interlocuteurs leurs homologues africains. Des leaders charismatiques. Mais que cache cette initiative américaine ? Serait-ce encore l'une de ces initiatives qui consiste à endoctriner et à "fabriquer" des dirigeants qui seront à leurs soldes dans le futur ? L'histoire de l'Afrique et notamment du Burkina a été marquée d'événements tragiques. Des leaders comme Thomas Sankara, Patrice Lumumba, pour ne citer que ces deux, qui voulaient exprimer leur singularité par rapport à la gestion du pouvoir ont été férocement combattus par les Occidentaux.
Ces derniers voulaient le maintien du cordon ombilical du colonialisme, du néocolonialisme. Et quel sort leur a été réservé ? La mort. Et cela simplement parce qu'engagés et soucieux du devenir de leurs peuples, ils voulaient une société libre et prospère pour leurs peuples. Dans son discours d'ouverture durant la rencontre de DC, Obama a exprimé son désir d'une société libre et démocratique pour l'Afrique.
Est-il, tout comme les dirigeants des anciennes puissances coloniales, prêt à ce que cette élite en devenir exige et obtienne l'indépendance dans la gestion des pays africains pays ? A DC, les représentants de la jeunesse africaine ont soutenu l'idée selon laquelle l'Afrique a besoin d'une démocratie effective. Mais comment l'obtenir ? Comment s'assurer que les dispositions constitutionnelles relatives à la gestion du pouvoir, à la bonne marche de la démocratie soient respectées ?
Sango affirme que dans un questionnaire adressé à Obama, il a suggéré que cette dernière problématique soit débattue à l'Assemblée générale des Nations unies afin qu'une solution concertée soit trouvée. Nécessité du sentiment d'appartenance. En attendant cela, comment le Burkina peut-il bénéficier des retombées de la rencontre de DC ? Pour Abdoul Karim Sango, une réplique au niveau national du forum d'Obama permettra à la jeunesse burkinabé de réfléchir et de mener des actions concrètes pour l'avancée du pays.
Mais cette action seule n'est pas suffisante. La jeunesse doit d'abord être habitée par le sentiment d'appartenance au pays, être fier d'être Burkinabé et surtout savoir que leurs actions détermineront l'avenir du pays. Outre cela, une prise de conscience par la population africaine et surtout burkinabé de sa capacité à faire changer positivement sa société est salutaire.
Si cette population prend conscience que c'est elle qui détient le pouvoir, que c'est elle qui peut élire ou destituer un quelconque dirigeant, cela sera une très grande avancée. Car tout chef d'Etat, qui pense que sans lui la terre s'arrêtera de tourner, réfléchira à plusieurs reprises avant de modifier un article de la Loi fondamentale.
Selon M. Sango, le seul des trois représentants burkinabé que nous avons pu rencontrer durant le séjour américain, le forum d'Obama revêt deux significations. La première est une forme de reconnaissance à un très haut niveau du travail que certains jeunes Burkinabés font pour l'avancée de la démocratie au Faso.
La deuxième est de discuter de la vision de l'Afrique pour les 50 prochaines années et constituer un vaste réseau des jeunes Africains et Américains en vue de monter des projets communs au bénéfice des peuples d'Afrique et des Etats-Unis. Et pour ce faire, peu importe le bord politique de l'individu, seul son engagement citoyen compte. La récompense au bout du compte.
A cet effet, M. Sango pense que c'est son engagement pour un meilleur devenir de la société burkinabé qui a valu sa sélection par l'ambassade des Etats-Unis à Ouagadougou : "Je dois dire que dans ma génération, je fais partie de ceux qui animent le plus grand nombre de conférences et d'ateliers sur les questions de démocratie, de droits de l'Homme et de liberté de la presse".
Ceci étant, il s'est dit offusqué par le fait que certains Burkinabés l'aient qualifié "d'opposant radical à Blaise" qui ira noircir le tableau de ce dernier une fois à DC. "Les Etats-Unis ont pas besoin de Sango pour apprécier la qualité de la gouvernance démocratique dans notre pays. Est-ce moi qui ai écrit le rapport du MAEP et le rapport du Collège des sages ?", lance Sango, sur la défensive.
Nonobstant ce point sombre, Abdoul Karim Sango se dit heureux de voir son engagement pour son peuple reconnu par les Américains, même si dans le contexte burkinabé, les efforts des jeunes ne sont pas reconnus à leur juste valeur "par ceux qui ont l'illusion d'être puissants aujourd'hui" ou ces ministres qui se croient "tellement importants qu'ils n'ont pas votre temps".
Et pour lui, la récompense pour son engagement est le privilège qu'il vient d'avoir en rencontrant Obama : "Aujourd'hui, c'est le président Obama qui m'ouvre les portes de la Maison Blanche, qui me tend la main pour me saluer. Or, nos gouvernants doivent utiliser des lobbys pour accéder à la Maison Blanche qui symbolise quand même l'idée de démocratie et de la liberté".
Ramata Soré
(journaliste burkinabé)

[haut]

Acceuil


VIE DU JOURNAL
Barica nous rend visite
La visite de courtoisie que les responsables du Bloc des alternances pour la renaissance, l’intégration et la coopération africaine (Barica) ont rendue hier au journal les Echos à son siège à Hamdallaye, s’inscrit dans une dynamique de consolidation de la démocratie, du dialogue et d’échange.
A la demande du bureau exécutif national du parti Barica, une délégation, conduite par son président, Hamé Traoré a rendu hier une visite de courtoisie au journal Les Echos. Elle a été reçue par Alexis Kalambry et Abdoul M. Thiam, respectivement directeur de publication et rédacteur en chef du journal Les Echos.
Selon les responsables du bureau politique national du Barica, cette prise de contact, qui intervient au lendemain du 2e congrès ordinaire du parti, s’inscrit dans la dynamique d’une prise de contact avec la presse écrite dans le but de renforcer la démocratie, le dialogue.
Si l’on en croit les responsables du Barica, le choix du premier journal privé du Mali (Les Echos) pour inaugurer la série de rencontres en vue découle du rôle éminemment important que ce journal a joué dans l’avènement de la démocratie. Si les responsables du Barica sont unanimes à reconnaître que la formation a traversé des zones de turbulences suite au décès de son président, Mamadou Sinayogo dit Gaucher, député élu à Bougouni, ils soutiennent que le calme est aujourd’hui de retour. Pour le bureau politique national du Barica, "le parti est plus que jamais présent" avec 35 élus communaux et 5 maires.
Bien que l’honorable Soungalo Togola, le seul député qui restait au parti ait fait défection, au Barica, l’on considère M. Togola comme l’un des leurs au motif que celui-ci n’a pas adressé de correspondance officielle au parti pour faire part de sa décision. "Pour nous, Soungalo Togola est élu Barica. Sa décision est unilatérale. Il est parti à l’Adéma sans nous écrire officiellement comme l’exigent les statuts et le règlement. Nous considérons Soungalo comme notre député", dit le Barica qui estime qu’il n’y a plus de problème à Bougouni.
Les échéances de 2012, la question sécuritaire, la crise scolaire… ont figuré en bonne place dans les échanges entre les décideurs du journal Les Echos et le bureau politique national du Barica. Tout en réaffirmant qu’il est de la mouvance présidentielle, le parti Barica estime qu’il n’a pas encore décidé du choix de son candidat à la présidentielle de 2012. "Nous sommes en train de conquérir le peuple d’abord", indique-t-on. Donnant sa position sur la situation sécuritaire dans le pays, le Barica indique que "l’insécurité est un problème de l’ensemble des partis qui ont soutenu ATT". Idem pour la crise scolaire où le Barica estime qu’il est temps que la corruption cesse dans nos écoles de même que les notes sexuellement transmissibles.
Sur ces questions, le parti reconnaît n’avoir jamais écrit au président de la République pour attirer son attention sur des dérives qui guettent le pays comme l’incursion des forces étrangères. Seulement, il reconnaît s’être contenté de communiquer pour faire part de ses préoccupations avant de soutenir que la question sécuritaire a été un échec pour le président ATT. "Il va falloir que le président s’explique. La sécurité engage tout le monde".
Le dirpub et le rédchef des Echos ont salué la démarche du parti Barica. Les deux conviennent que c’est la première fois que le journal reçoit les membres du bureau politique national d’un parti.
Mohamed Daou

[haut]

Acceuil


 

LOGO-SABOUCIRE
Le point de départ d’une histoire commune
Le lancement du mois du cinquantenaire a permis au Mali de jeter un regard sur le passé et sur une histoire commune entre la France et le Mali.
Point de départ de l’époque coloniale au Mali, le village de Logo-Sabouciré est un lieu de mémoire incarnant à travers le 22 septembre 1960 la fin de cette époque. Le lancement du mois du cinquantenaire dans ce village par le président de la République, ATT, offre l’opportunité de jeter un regard sur le passé commun entre la France et le Mali.
Le choix de Logo-Sabouciré pour le lancement du mois du cinquantenaire est tout à fait logique du point de vue historique et symbolique. Logo-Sabouciré est un village martyr qui a résisté à la pénétration française et fut aussi la première à tomber sous les canons du colonisateur le dimanche 22 septembre 1878.
En rendant hommage aux grands hommes qui ont refusé l’esclavage des Blancs, au prix de leur vie, ATT a expliqué que c’est à Logo-Sabouciré que le premier coup de fusil de la riposte a été donné.
" Une mémoire partagée, puis qu’aujourd’hui plus qu’hier, les Maliens doivent s’approprier leur histoire, chercher à la connaître, à la propager et en être fiers", a dit le président.
L’événement a été marqué par la visite des sites historiques du village de Logo-Sabouciré et l’inauguration d’un monument de la Résistance nationale. Selon Diadié Yacouba Danioko, historien et ancien ministre de la Culture, "le pays tout entier se voit à travers ce monument".
Long de 7,50 m, le monument de la Résistance nationale est bâti sur trois niveaux. Le premier contient des expositions des anciens objets de la bataille. Le second niveau est un socle où repose trois personnages. Enfin, le troisième constitue trois personnages (un batteur de tambour entre deux guerriers).
L’un des moments forts de cette cérémonie a été la restitution de la bataille de Sabouciré qui a eu lieu le 22 septembre 1878 à 6 h à Sabouciré. Pour revivre l’histoire, des anciens ont interprété et démontré par des échanges de tir, comment s’est passée la bataille.
Les troupes soudanaises opposées aux troupes de l’administration de Faidherbe ont combattu pendant des heures malgré les tirs nourris des canons.
Anne-Marie Kéita
(envoyée spéciale)

[haut]

Acceuil


 

DOSSIER
Epilogue
Les grands commis de 1960
Après plus d’un siècle de colonisation, le Mali put accéder à l’indépendance en 1960, mais le fit dans des conditions très difficiles marquées par des insuffisances dans le personnel de substitution en cas de départ de l’administration française.
Il faut dire que la colonisation française avait plus songé à son avenir politique et économique qu’à celui des colonies qu’elle était venue soumettre à une exploitation économique si féroce que d’aucuns la comparèrent à l’esclavage.
En réalité, les théoriciens de la colonisation avaient tablé sur la durée et furent surpris par l’accélération des événements à la fin du second conflit mondial. Suivant cette idéologie de maintien de la présence française, la métropole avait peu fait pour former des cadres indigènes capables de prendre la relève, le moment venu, des Européens alors priés de rentrer.
L’école française d’Afrique était née dans un contexte de nécessité absolue pour l’administration coloniale d’avoir à ses côtés des auxiliaires indigènes et d’autres agents subalternes pour l’aider dans son fonctionnement normal. Toutefois, la scolarisation des petits Africains (Soudanais dans ce cas) se fit au compte-gouttes jusqu’en 1945 où le contexte politique et international changea et imposa la scolarisation massive des enfants des colonisés.
En 1960, au moment de la déclaration d’indépendance, le Soudan français ou plutôt la République soudanaise manquait cruellement des cadres aussi bien dans l’administration publique que dans le privé, à même de pallier le départ des Français. C’est dans ce contexte de pénurie notoire en personnel administratif que la France décide du rapatriement brutal de tous ses cadres hormis ceux, une petite minorité, qui décida de rester pour des raisons politiques ou idéologiques.
Face à cette situation, le gouvernement de l’époque n’eut d’autre choix que de redéployer le personnel administratif existant et de faire appel aux étudiants soudanais à l’extérieur en fin de cycle et dont beaucoup rentèrent précipitamment sans diplôme. L’urgence du contexte fit que ces étudiants ainsi promus furent nommés à des postes de responsabilité auxquels ils n’étaient pas toujours préparés mais dont ils s’acquittèrent avec honneur et dignité.
C’est dire qu’en 1960 le Soudan manquait de tout alors que les besoins étaient immenses, vu l’étendue géographique du pays. Le personnel de santé était nettement insuffisant parce que très peu de médecins et de sages-femmes avaient été formés et la priorité fut donnée aux centres de santé des agglomérations urbaines. Non seulement le personnel était en nombre insuffisant, mais également les centres hospitaliers et les dispensaires étaient sommairement équipés pour ne pas dire que le matériel n’existait pas.
En dépit de ces carences, sous la Première République, ce personnel abattit une somme de travail considérable qui fit qu’avec la gratuité des soins de santé votée par le régime de l’US-RDA, les maladies ne se transformèrent pas en épidémies dans les villes et les campagnes.
Le manque criard de cadres conduisit d’ailleurs le régime à opter pour la politique des grandes écoles dans l’enseignement supérieur au détriment de la formule de l’université, jugée trop coûteuse et inadaptée à la situation qui commandait de former à peu de frais et dans un délais court le maximum de cadres dans tous les domaines. Ce choix était un volet de la réforme de l’enseignement de 1962 qui servit de base au système éducatif malien des années bien après la chute de l’US-RDA en 1968.
Le résultat de ces innovations fut qu’en quelques années, le pays eut beaucoup d’enseignants de qualité, d’agents de santé, d’administrateurs et de magistrats sortis des grandes écoles d’administration, de droit et d’économie du pays.
La France ayant fait rapatrier presque tous ses cadres, le gouvernement dû se tourner aussi vers les pays socialistes d’Europe d’Asie, l’ex-URSS et la Chine populaire en premier lieu. Avec ces pays s’établirent des relations de coopération économique et politique, de même que les accords de formation qui permirent à nombre d’étudiants maliens d’aller se former dans ces pays ou d’y accomplir des stages de perfectionnement.
Les coopérants russes et chinois prirent temporairement la place des Français et en dépit des barrages, dans certains cas, accomplirent mieux ce rôle que les Français. Il faut aussi signaler que le personnel formé par la France comportait plus de littéraires que de scientifiques parce que selon une idéologie des colons et des administrateurs civils, les Noirs étaient plus aptes pour les disciplines littéraires que pour les matières scientifiques.
C’est même ce facteur qui explique le nombre élevé d’enseignants en 1960 par rapport aux autres disciplines. Le trou fut partiellement comblé par la réforme de 1962 qui mit l’accent sur la nécessité du développement des filières scientifiques.
L’option socialiste fit que les travailleurs, dans leur ensemble, acceptèrent la politique des bas salaires proposés par le gouvernement et le parti. En conséquence de 1960 à 1968, l’UNTM accompagna l’activité gouvernementale et la période n’enregistra aucune grève d’envergure.
Dans l’armée, il y avait peu d’officiers et sous-officiers. Le gouvernement ayant décidé de renvoyer chez elle les troupes françaises, se voit obliger de mettre sur pied une armée nationale chargée de la défense du territoire. Dans ce but, malgré l’avis contraire de certains officiers supérieurs dont le général A. Soumaré, pour lesquels c’était dangereux d’élever au grade d’officiers des sous-officiers sans formation politique, le gouvernement décide d’accorder les galons de lieutenant à un certain nombre de sous-officiers alors en formation en France.
Pour la petite histoire, on retiendra que ce fut cette poignée d’officiers promus à ce grade par l’US-RDA et son gouvernement, qui renverse le régime en novembre 1968.
Facoh Donki Diarra

ETAT DES LIEUX
Du néant à l’essentiel
Avec un système éducatif basé sur la colonisation des esprits, le Mali indépendant a scolarisé en un an trois fois plus d’enfants qu’avant 1960.
Les écoles créées au Mali comme dans la plupart des Etats africains par le colonisateur découlaient d’une domination du conquérant blanc que d’une volonté réelle d’éduquer.
Les toutes premières écoles qui ont vu le jour étaient "l’Ecole des otages de Kayes", fondée en décembre 1886 par Galliéni. Ensuite ce fut le tour des localités de Bafoulabé et de Kita d’ouvrir leurs premières salles de classes. Les fils des chefs et des notables étaient recrutés de force et formés dans ces écoles.
L’enseignement n’était basé que sur les rudiments de l’apprentissage du français et quelques notions en mathématiques. Les néo-alphabétisés devenaient des auxiliaires dans l’administration coloniale et des subordonnés du colonisateur qui avait le pouvoir de contrôler leurs faits et gestes.
La formation a connu des hauts et des bas. Louis Archinard, le successeur de Galliéni s’arroge le droit de supprimer toutes les écoles pendant trois ans (1890-1893), pour des raisons budgétaires, dit-on. Seules, les écoles "des otages de Kayes" et la "Mission catholique" de Kita sont restées ouvertes.
Il faudra attendre l’arrivée d’un nouveau gouverneur du nom de Trentinian entre 1885 et 1899 pour que les écoles soient autorisées à ouvrir. Ces écoles avaient pour vocation de former des cadres subalternes de l’administration coloniale (interprètes, commis et employés de commerce). Toute velléité de révolte contre l’éducation coloniale était réprimée.
Bamako a eu l’honneur d’abriter en 1916 la première école professionnelle appelée "l’Ecole primaire supérieure". Celle-ci était appelée Terrasson de Fougères en 1931 pour devenir successivement Collège classique de Fougères puis le lycée Terrasson de Fougères avant d’être baptisée lycée Askia Mohamed à l’indépendance.
L’enseignement en Afrique occidentale française dont était partie intégrante le Soudan français (actuel Mali) s’organise plus tard dans un cadre formel. Il a commencé à être régi par des décrets en 1903, 1912 et 1948. Cette école qui commence à se défaire de son vestige colonial était réservée à une certaine élite.
A l’indépendance, il n’y avait que 8 % des enfants scolarisés. L’éducation devint dans ces conditions la priorité du premier président du Mali indépendant, Modibo Kéita. L’enseignement de masse et de qualité a été décrété par la Première République. L’objectif était de disposer de cadres pour le développement du pays. L’enseignement proposé dans un élan patriotique était axé sur la décolonisation des esprits et l’émergence des valeurs sociétales et culturelles.
Une réforme instituant le système éducatif a été adoptée en 1962 avec un programme de construction d’écoles, de recrutement et de formation de maîtres, de fournitures d’équipements.
Le progrès était visible un an après. Avec 1/3 de garçons et 20 % des filles scolarisés, le pays avait trois fois plus d’enfants inscrits à l’école qu’avant 1960 à l’indépendance.
Abdrahamane Dicko

LES LIEUX DE FORMATION
Des écoles pour le besoin du pays
Le Mali devenu indépendant de la France coloniale en 1960, l’une des priorité des nouvelles autorités sous la conduite du président Modibo Kéita, était de construire des écoles de formation, d’où sortiront des cadres pour relever le défi du développement économique, social et culturel.
Comme dans toutes ses colonies, l'objectif de la France en matière d’éducation consistait à former de petits cadres pouvant servir de relais de l’administration auprès des populations autochtones. Ainsi, le programme mettait plus l'accent sur la France, son histoire et sa géographie.
A l'indépendance, 90 % de la population était illettrée et 88 % des enfants ne fréquentaient pas l'école. Dans le pays, il n’y avait pratiquement que 3 vétérinaires, 12 professeurs, 10 médecins, 3 pharmaciens, 12 avocats, 7 ingénieurs.
A l'indépendance en 1960, les nouveaux dirigeants du Mali croyaient fermement en l'importance de l'éducation pour promouvoir le développement économique et la santé, ainsi que pour promouvoir l'unité nationale dans un pays avec de nombreux groupes ethniques.
Le système colonial français d'éducation qui existait avant l'indépendance n'avait pas servi les besoins du pays. Des pays de l’Est notamment l’ex-Union des républiques socialistes soviétiques vont aider le Mali à construire une école de formation de maîtres en l’occurrence l’Ecole normale supérieur ainsi que la Dnafla, qui sera très utile dans l’alphabétisation des populations.
Le domaine de l’agriculture ne va pas demeurer en reste avec la création de l’Institut polytechnique rural IPR et du Centre d’apprentissage agricole (CAA).
Dans le domaine de l’administration, l’Ecole nationale d’administration (ENA) sera créée avec pour mission de former les futurs cadres de tous les domaines de l’administration.
Dans le domaine de la culture de l’Institut national des arts (INA) sera une école d’où sortiront de talentueux artistes.
Denis Koné

FORMATION A L’INDEPENDANCE
Priorité des priorités de L’US-RDA
Après l’accession du Mali à la souveraineté, le premier président, Modibo Keita et l’US-RDA ont fait de la formation de tous les animateurs de la vie socio-économique, une question primordiale de leur politique. Dans tous les secteurs, toutes les productions étaient accompagnées d’éducation idéologique et de formation professionnelle.
Au lendemain de l’indépendance du Mali, les autorités de l’époque, dans leur souci de mettre en place une nation prospère, ont posé des actes allant dans le sens de la fortification du régime socialiste. Pour assurer l’appareil d’Etat, un fonctionnement efficace dans tous les domaines a été opéré. Il était axé sur la formation.
Plusieurs types de formations ont été à l’ordre du jour. Globalement, la formation a été d’abord d’ordre idéologique, puis professionnel. Selon Amadou Seydou Traoré dit Amadou Djicoroni, la formation idéologique a concerné le parti (l’US-RDA), les organisations démocratiques de masse…
Pour animer l’action sociale et culturelle de la "révolution", il fallait des cadres nombreux et compétents, des cadres sérieux et dévoués techniquement, capables et politiquement engagés, dit-il. "Il fallait aussi des ouvriers et techniciens qualifiés travaillant sur un style nouveau outre que celui du colonisateur".
C’est pourquoi, des milliers de jeunes étudiants ou autres travailleurs, aux dires de M. Traoré, ont été envoyés un peu partout à travers le monde se former.
Les formations ont embrassé tous les domaines du développement du pays : santé, transport, sécurité, agriculture, finances, commerce, banques, justice, industrie, culture, sport… "L’US-RDA, par sa politique juste, a formé des administrateurs, des magistrats, des pilotes, des transporteurs, des ingénieurs… qui ont laissé leur empreinte indélébile sur le développement de la jeune République".
A cela, il faut ajouter des contingents entiers de stagiaires qui avaient reçu des cours théoriques et pratiques à l’étranger comme à l’intérieur. "Pas un corps, pas une spécialité n’a été négligée", poursuit-il. "Le Mali disposait de bons cadres techniques pour la production, de même que des fonctionnaires et des ouvriers ayant une bonne qualification". Et de conclure que dans les usines, sur les chantiers, dans les bureaux, toutes les productions étaient accompagnées de formation professionnelle et d’éducation idéologique. C’est dire qu’au temps de Modibo, la question de ressources humaines a été prise comme une priorité.
Amadou Sidibé

APPEL DE LA NATION
Des cadres ont répondu présents
Depuis la proclamation de son indépendance le 22 septembre 1960, le jeune Etat malien s’est appliqué à exister. Mais, il n’a pas disposé du temps nécessaire pour repenser l’Etat post-colonial à mettre en place. En outre, il manquait de cadres et d’esprits capables de porter une réflexion aussi importante dans l’urgence.
Dans une déclaration lue par Mamadou Diarrah, le congrès assigne au gouvernement des tâches prioritaires : s'attaquer immédiatement et vigoureusement à la décolonisation économique, instituer rapidement des structures économiques nouvelles en renversant et en développant les circuits commerciaux dans le cadre d'une planification socialiste fondée sur les réalités africaines.
De 1960 à 1963, le Mali va connaître une expérience exaltante : la société malienne va complètement changer de physionomie.
Les jeunes, qualifiés de force de la nation, feront l'objet d'attentions particulières. Plusieurs structures vont être créées en faveur de la jeunesse : des organisations éducatives et culturelles afin de revaloriser la culture traditionnelle et mobiliser l'ardeur et le dynamisme des jeunes, les mouvements des pionniers pour développer leur esprit patriotique. Le service civique pour assurer la formation politique et civique de ceux d'entre eux qui vivaient dans les campagnes.
L'éducation nationale fut radicalement transformée pour l'adapter à la réalité et à l'intérêt national. Il s'agissait de mettre en place un enseignement de masse et de qualité qui décolonise les esprits et réhabilite l'homme africain.
Le régime de Modibo Kéita insista énormément sur l’importance d’une renaissance de la culture africaine, complément indissociable de l’accès à l’indépendance. Le 26 mai 1967, un alphabet est adopté pour la transcription des langues bambara, fulbé, songhaï et tamasheq.
Dans le milieu rural, des structures de groupement et de coopération furent créées visant à établir une économie rurale socialiste. Cette organisation était destinée à permettre d'accroître la production et faciliter l'organisation des circuits de distribution.
C’est ainsi Modibo Kéita, avec le régime socialiste, a lancé un appel à toutes les forces vives pour l’édification d’un Mali fort et prospère. L’Etat-nation a donc inspiré la politique de construction nationale du Mali fraîchement indépendant. Sans aucune autre forme de procès, des cadres et étudiants dans tous les domaines (enseignants, banquiers, infirmiers, docteurs, hommes de culture, juristes et hommes de science…) ont pour les uns écourté leurs études et pour les autres, abandonné leurs fonctions pourtant plus rémunérées pour répondre à l’appel de la nation. Cinquante ans après, ceux qui, par leur génie, leur engagement et leur disponibilité ont contribué au développement socioéconomique et culturel de la nation sont pour la plupart décédés.
Mais après cinquante ans d’action, le résultat semble osciller entre l’échec patent pour les plus critiques et la fragilité des acquis pour les plus persévérants. L’occasion du cinquantenaire des indépendances donne la possibilité qu’un débat serein et sans complaisance se tienne sur la construction de l’Etat-nation du Mali.
Idrissa Sako

LE MALI DES ANNEES 60
Une éducation timide
Après les luttes menées pour l’indépendance, c’était au tour de la gestion de la jeune nation. Pour cela, l’élite disponible était indispensable. Or, elle était embryonnaire pour ne pas dire inexistante. C’est que la colonisation n’était pas une situation et propice à la formation d’intellectuels.
" Le Mali est une nation qui été abandonnée, oubliée. Il était une réserve de cerveaux pour les colons. Ils se sont d’abord occupés de la côte. Alors nous avons été lésés". Ces propos du professeur Bakary Kamian sont avérés. Les colons ont pris soin de ne former que très peu d’intellectuels. En effet, dit-il, le taux de scolarisation pendant la Première guerre mondiale (1914-1918) était de 0,5 %. "A cette époque, le niveau d’un élève dans un premier temps, ne dépassait pas la 3e année actuelle, ensuite la 6e année puis la 9e année. Le baccalauréat ne fut instauré qu’en 1949 et avec ses nombreux critères pour le passer", souligne Amadou Traoré dit Djicoroni.
Malgré les barrières et les pièges pour que soit formés le moins de Noirs possible, de rares téméraires ont pu se former progressivement. "A l’indépendance, le Mali avait atteint entre les 6 et 7 % de taux de scolarisation. Il y avait 57 000 élèves dont 23 000 dans l’enseignement secondaire", rappelle M. Kamian.
En 1960, ajoute-t-il, les cadres supérieurs étaient au nombre de 15 au service du Mali. Formés dans plusieurs domaines, ils sont revenus pour la plupart de France. Les domaines de formation les plus répandus à l’époque étaient l’enseignement, l’agriculture, la médecine, la pharmacie, le droit et les travaux publics.
Dans l’enseignement, il y avait Oumar Coulibaly, feu Moussa Kéita (frère du premier président du Mali et ex-ministre) et Bakary Kamian, qui a eu pendant trois ans, les présidents Compaoré (à l’EN Sup), et ATT (à l’Ensec) en qualité de directeur de ces deux établissements.
Le pays disposait de Salah Niaré, et Karamoko Doumbia (ingénieurs agricoles) et Mamadou Aw (ingénieur des travaux publics) comme cadres techniques. Dans le domaine de la médecine et de la pharmacie, il y avait Noumoucounda Konaté, qui fut directeur des approvisionnements de la Pharmacie populaire du Mali (PPM). Sominé Dolo, Seydou Badian Kouyaté, Karim Sangaré et Cheick Sow étaient les médecins du pays. En droit, il y avait Me Hamaciré N’Douré, Me Oumar Baba Diarra, Me Demba Diallo et Me M’Be Bengaly. Les deux derniers, se souvient Bakary Kamian, ont été directeurs de cabinets.
Hormis ces cadres supérieurs, le Mali avait une réserve de 126 étudiants en France dont la plupart étaient titulaires d’au moins la licence. Ces derniers appréhendaient la situation de la jeune nation malienne de 1960, c’est pourquoi un grand nombre d’entre eux n’a pu revenir au pays natal.
Aminata A. Lah
(stagiaire)

LES FORMATIONS AVANT LES INDEPENDANCES
Au service du colon
L’école coloniale était un instrument de domination qui formait des cadres subalternes au commandement du colon.

Le système éducatif colonial, à caractère assimilateur, était fondé sur la négation ou la méconnaissance de toute civilisation négro-africaine et avait abouti à une aliénation, voire la dépersonnalisation de l’Africain colonisé. Avant les indépendances africaines, la caractéristique fondamentale de la formation était foncièrement de type colonial.
Elle visait à produire le personnel subalterne indigène nécessaire au service de la bonne marche de l’administration coloniale. C’était le cas par exemple de l’Ecole des otages à Kayes, ouverte par Gallieni en 1887 sur le principe de l’ancienne Ecole des otages de Faidherbe au Sénégal.
En fait d’otages, c’étaient des fils des chefs soumis à l’autorité d’occupation. Ceux-ci étaient réduits à recevoir comme enseignements les rudiments de la langue, de la lecture, de l’écriture et du calcul. La finalité recherchée : faire d’eux d’excellents relais et surtout des défenseurs de l’influence française.
L’acculturation et la promotion de la civilisation française étaient patentes. En atteste le décret de 1903 relatif au système colonial qui assignait des objectifs précis aux huit territoires de l’AOF (l’Afrique Occidentale Française) : "De même qu’il nous faut des interprètes pour nous faire comprendre des indigènes, de même il nous faut des intermédiaires appartenant aux indigènes de par leurs origines et au milieu européen de par leur éducation, pour faire comprendre aux gens du pays et leur faire adopter cette civilisation étrangère pour laquelle ils manifestent, sans qu’on leur en puisse tenir rigueur, un misonéisme bien difficile à vaincre".
Moussa Camara
(stagiaire)

LES PREMIERS CADRES
Sursaut d’orgueil
Durant la colonisation, l’éducation dispensée n’avait pas pour but de former des intellectuels. La formation dispensée ne dépassait pas le niveau DEF. Elle était destinée aux futurs commis. Les études universitaires n’existaient pas.
Le souci majeur du colonisateur était de procéder à une colonisation des esprits afin de faire accepter sa domination à travers l’école. La base de la formation des indigènes était calquée sur les idéologies de soumissions à la France colonisatrice.
Un sursaut d’orgueil est né après la guerre 1939-1945 et les années d’indépendance. Les partis politiques comme l’US-RDA se sont levés pour faire de l’enseignement leur cheval de bataille. Ils ont remit en cause l’éducation depuis la base. L’accession du Mali à l’indépendance a été déterminante dans la mise en œuvre et le renforcement d’une politique éducative.
L’accent a été mis sur la construction d’écoles, la formation des maîtres et l’inscription massive des élèves à l’école. Plusieurs jeunes ont été envoyés étudier à l’extérieur dans tous les domaines, pour devenir les cadres.
L’indépendance a beaucoup contribué à décoloniser les esprits à travers l’enseignement. Des cadres travaillant déjà sous d’autres cieux sont rentrés au pays pour prêter main forte à la jeune administration. On peut citer en médecine les docteurs Mamadou Gologo, Seydou Badian Kouyaté. Dans le domaine technique, il y a respectivement l’ingénieur Mamadou Aw (travaux publics), Salah Niaré, ingénieur agronome, Karamoko Doumbia. Mes Demba Diallo N’be Bengaly sont rentrés de Paris. Moussa Kéita de Tati, titulaire d’une maîtrise en biologie, et Bakary Kamian, titulaire d’un doctorat en géographie sont venus exercer dans le domaine de l’enseignement.
Beaucoup d’officiers militaires tels que Moussa Traoré, Yoro Diakité, le général Abdoulaye Soumaré et le colonel Sékou Traoré ont servi la jeune armée nationale.
Cheick Larab Diarra
(stagiaire)

MICRO TROTTOIR
Des Bamakois à propos des premiers bâtisseurs
Dans le micro-trottoir ci-dessous, des Bamakois parlent de l’engagement des premiers bâtisseurs qui doit, selon eux, nous servir d’exemple.
Diakaridia Kéita (commerçant) :
" L’ambition des premiers dirigeants après l’indépendance était le développement du Mali. Ces hommes et femmes ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour le Mali. Ceux parmi eux qui sont en vie, méritent la reconnaissance de l’Etat et ceux qui ont disparu doivent être considérés comme nos martyrs".

Sékou Kané (enseignant à la retraite) :
" Au moment de l’indépendance, beaucoup de gens se sont battus pour le pays. Ces premiers bâtisseurs étaient engagés pour le bien-être du Mali. Ils ont accepté de se sacrifier pour le pays. L’intérêt du pays primait pour eux. Ces hommes sont des références".

Seydou Touré (maçon) :
" Si nous avons la volonté de bâtir le Mali comme ceux qui nous ont précédés, nous allions progresser. Les premiers responsables avaient l’amour du Mali. Le peuple respectait le pouvoir, car il y avait l’autorité. Tout le monde était engagé pour le développement. C’est ce qui nous manque présentement".

Aïchata Tangara (infirmière à la retraite) :
" Nous sommes à l’ombre des arbres plantés par des premiers bâtisseurs. Ces personnes sont nos repères. Leur engagement doit nous servir d’exemple".
Propos recueillis par
Sidiki Doumbia


[haut

Acceuil


DU NOUVEAU AUX EDITIONS JAMANA

PETIT PRECIS DE REMISE A NIVEAU

SUR L'HISTOIRE AFRICAINE...

Prix:6500 f cfa

Droit civil

Tome 1: 4000f cfa

Tome 2: 6000f cfa

 

 

L'épopée shongoî

Prix:2500 cfa

La conjuration

Prix:4000f cfa

[haut]

acceuil

Dans ce site web vous trouverez :
OpeneNRICH

 

 




 
Les fondateurs
:: JAMANA : Coopérative Culturelle Multimédia AV. Cheick Zayed - Porte 2694 - Hamdalaye Bamako Mali ::
Tél. 00(223) 229 62 89 - Fax : 00 (223) 229 76 39 - http://www.jamana.org