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2010

Mois de septembre

Les Echos du 02 septembre

 

22 SEPTEMBRE 1960-22 SEPTEMBRE 2010
Logo Sabouciré, le Mali au rendez-vous de l’Histoire
Après 132 ans, le Mali a rendu mercredi 1er septembre 2010, pour la seconde fois après celui de Modibo Kéita le 22 septembre 1960, hommage aux combattants de Logo Sabouciré (Kayes) et à tous nos héros combattants pour la dignité, la liberté et l’indépendance.
Situé à 25 km de la ville de Kayes, Logo Sabouciré, est ce village par où le colonisateur blanc a fait son entrée dans le Soudan français. La bataille qui s’est déroulée le 22 septembre 1878 vers 6 heures, a été l’une des plus sanglantes livrées par le colonisateur français, entre 1857 et 1898, pour le contrôle du Soudan.
La proclamation de l’indépendance du Mali le 22 septembre 1960, par le premier président du Mali, Modibo Kéita, marque un symbole fort et une reconnaissance aux combattants de Logo Sabouciré. Ils sont rares, les Maliens à faire un lien entre la date du 22 septembre 1878 et celle du 22 septembre 1960. C’est parce que l’histoire de la bataille de Logo Sabouciré n’a pas été suffisamment enseignée dans les classes. Le chef de l’Etat, présent à Logo Sabouciré le 1er septembre, l’a reconnu. Dans son allocution, ATT, a souligné que les faits de nos héros n’ont reçu malheureusement l’éclairage qu’elle mérite. Pour le chef de l’Etat, il est devenu nécessaire d’écrire les pages de notre histoire. Ne serai-ce que pour les futures générations pour qu’elles s’en approprient.
Le chef de l’Etat a rendu un vibrant hommage à Logo Sabouciré et à tous les villages dont les populations se sont opposées vaillamment au colonisateur. De Niamodi Sissoko en passant par Babemba, Tiéba, Samory Touré et autres Bazani Théra, le président de la République a souligné la bravoure de tous les vaillants héros précurseurs de notre lutte pour l’indépendance. ATT a rendu un hommage mérité à Modibo Keita, premier président du Mali et à ses compagnons qui, sans prendre les armes, ont lutté âprement pour la conquête de notre liberté.
Un verrou
Pour perpétuer la mémoire de nos héros de la résistance, un monument de la résistance a été érigé à Sabouciré. Le choix de Logo Sabouciré pour abriter le lancement de la célébration du cinquantenaire n’est pas du hasard pour le président de la République, car c’est dans cet ex-royaume qu’eurent lieu le premier coup de canon du colonisateur et la riposte du peuple pour sa liberté. Selon ATT, "nous devons préserver les valeurs". Il a souhaité que ce monument de la résistance porte témoignage pour l’éternité.
Pour ceux qui ne le savent pas, Sabouciré était la capitale du Royaume du Logo. Selon Diadié Yacouba Danioko, chercheur et ancien ministre de la Culture, sous l’administration Faidherbe, les Français se sont rendus compte de l'existence d'un verrou qui rendait difficile la progression de leurs forces en Afrique de l’Ouest.
Pour cette raison, la France a confié cette bataille au lieutenant-colonel Reybaud dont la troupe était partie de Saint-Louis (Sénégal), le 11 septembre 1878 pour arriver à Sabouciré quelques jours plus tard, c'est-à-dire, le 22 septembre, dans l'intention de se rendre au Niger, en passant par le Mali.
A la tête d’une force de 585 hommes, 4 canons et 80 chevaux, Reybaud a affronté dès l’aube et pendant cinq heures, les troupes du roi Niamodi Sissoko.
Malgré la vaillance des défenseurs de la cité qui était protégée par un imposant "tata", la puissance de feu du détachement colonial ne pouvait que faire la différence à la longue avec de lourdes pertes en vies humaines de chaque côté. Il y a eu 13 morts, dont 2 officiers (un capitaine et un lieutenant) et 51 blessés chez les assaillants. Du côté des défenseurs du royaume de Logo, on a dénombré 150 morts dont le roi Niamodi Sissoko.
La bataille de Sabouciré a été l'une des plus sanglantes livrées par le colonisateur français, entre 1857 et 1898. Pour le contrôle du Soudan, "il fallait faire sauter le verrou à Logo Sabouciré pour pouvoir prendre Bafoulabé, Kita, Bamako…"
Amadou Sidibé
Denis Koné

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REQUISITIONS DE VEHICULES
Les D-Cap expriment leur ras-le-bol
La rentrée scolaire 2010-2011 a été arrêtée au 4 octobre 2010 à l’issue de la conférence des directeurs des Académies et centres d’animation pédagogique (Cap). La rencontre a été mise à profit pour évoquer ce que les conférenciers considèrent comme un casse-tête : la réquisition excessive de leurs véhicules.
La conférence annuelle des directeurs des Académies et centres d’animation pédagogiques (Cap) est un cadre d’échange sur les préoccupations de notre système scolaire et une occasion de préparer la nouvelle année scolaire.
Cette année, les travaux ont regroupé du 26 au 28 août les directeurs des Cap et Académies à l’Institut des langues Abdoulaye Barry (Ilab).
Les participants ont examiné la faiblesse des résultats enregistrés à l’examen du diplôme d’études fondamentales (DEF) suite à l’application de la réforme de l’examen de fin de cycle de l’enseignement fondamental, dégagé une stratégie d’harmonisation des évaluations en 6e année, en vue de moraliser les passages des élèves en 7e année et de garantir la qualité de l’enseignement…
Autant de questions qui ont été débattues sans que les préparatifs liés à la rentrée scolaire prochaine soient oubliés.
Mais, certains patrons des Cap et Académies sont restés sur leur faim au sujet de certaines de leurs préoccupations qu’ils ont voulu débattre avec les autorités de tutelle. Il s’agit de la réquisition de leurs véhicules de service par les préfets et gouverneurs de région.
Des directeurs des Cap et Académies ont révélé que les préfets et gouverneurs exercent souvent des excès de pouvoir dans la pratique de réquisition des véhicules.
A l’occasion de certaines missions, des préfets et souvent des gouverneurs réquisitionnent les véhicules des services techniques de l’Etat dont les Cap et Académies, conformément aux textes en vigueur qui leur confèrent cette prérogative.
Lettre de dérogation
Les directeurs des Cap et Académies confirment qu’ils n’ont rien à reprocher aux textes. Cependant, ils regrettent le fait que leurs véhiculent reviennent toujours avec des pannes qu’ils sont tenus de réparer sans autre forme de procès.
" Nous ne sommes pas contre la réquisition, mais il ne faut pas qu’ils partent casser nos véhicules pour ensuite nous demander de les réparer", dénonce un directeur d’Académie.
Selon nos informations, des préfets laissent leurs propres véhicules pour réquisitionner ceux des autres services. Pis, des préfectures qui possèdent plus d’un véhicule de service sont accusées de louer leurs véhicules à des services qui font plus de missions sur le terrain comme les centres de santé communautaire.
A l’issue de la conférence des directeurs des Académies et des Cap, des participants soulignent l’existence d’une lettre de leur ministère de tutelle qui demande d’épargner leurs véhicules. "Mais cette lettre n’a jamais été respectée", regrette un directeur de Cap.
Le chef de cabinet du ministère de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues nationales, Adama Coulibaly, n’a pas voulu polémiquer quand la question a été soulevée à la cérémonie de clôture. Il s’est tout juste borné à confirmer que la réquisition des véhicules d’Etat est "constitutionnelle".
Amadou Waïgalo

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TENUE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION DU CANEF
La présidente s’oppose
La présidente du conseil d’administration du Centre d’appui nutritionnel et économique aux femmes (Canef) serait hostile à l’idée d’un conseil d’administration extraordinaire, habilité à ester en justice contre le DG de l’institution de micro finance qui a commis des indélicatesses financières.
L’affaire de détournement de fonds au Centre d’appui nutritionnel et économique aux femmes (Canef) est loin de connaître son épilogue. Du fait de pratiques peu orthodoxes du DG de l’institution de micro finance, Bakary Traoré, le Canef est tombé à terre.
La réalité aujourd’hui est que les caisses sont vides, les guichetiers sont en cessation de paiements. Au même moment, les déposants réclament à cor et à cri leur argent. Mais rien de tout cela ne semble émouvoir le DG du Canef qui reste à la fois inaudible et injoignable même s’il nous est revenu qu’il a élu domicile à l’hôtel Kuntena à l’ACI-2000.
Lorsqu’il a commis son forfait, qui a consisté à s’accaparer de l’épargne des citoyens se chiffrant à des centaines de millions de F CFA, Bakary Traoré a abandonné son bureau, il y a plus de 4 mois. Malgré les dénonciations et les protestations des travailleurs du Canef et celles de certains clients qui ont même recherché son domicile ou essayé de le joindre au téléphone, M. Traoré reste toujours introuvable.
Non seulement, il n’est pas accessible, mais aussi il ne prend plus les appels inconnus. Les autorités sont au parfum de la situation qui prévaut au Canef à commencer par le ministre de l’Economie et des Finances. L’audience demandée par des responsables d’antenne du Canef auprès du ministre en question n’a pas encore eu de suite.
Après la mission de contrôle de la BCEAO en avril 2010 dans toutes les antennes du Canef et qui est parvenue à la conclusion selon laquelle il y a eu malversation financière à outrance au Canef, l’on se demande pourquoi les autorités maliennes ne se sont pas saisies du cas Bakary Traoré ?
Mais, selon nos informations, les clients du Canef doivent encore prendre leur mal en patience. Parce qu’en plus du silence assourdissant des pouvoirs publics, il y a celui du conseil d’administration de l’institution qui est également un organe habilité à porter plainte contre Bakary Traoré pour sa responsabilité dans la faillite du Canef.
Selon nos sources, rusé qu’il est, le DG du Canef s’est fait entourer en majorité dans le conseil de "novices" qui ignorent tout des arcanes de la finance. Les mêmes sources rapportent qu’une banque de la place était prête à financer les frais de tenue du conseil d’administration extraordinaire afin d’engager des poursuites judiciaires contre le DG du Canef, mais il semble que la présidente du conseil d’administration, une certaine Bintou Bouaré est opposée à cette idée.
D’où, apprend-on, les administrateurs n’ont pas pu saisir la justice puisqu’il faudrait que le conseil délibère sur la question. Personne ne sait pourquoi Bintou a opposé une fin de non recevoir à la tenue du conseil d’administration de l’institution. A-t-elle une part de responsabilité dans le gouffre financier du Canef ? Pourquoi veut-elle protéger Bakary Traoré à tout prix au détriment des intérêts des déposants ?
Une chose est sûre : ce sera le point de départ de la fin annoncée du Canef du fait des turpitudes d’un seul homme.
Mohamed Daou

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CINQUANTENAIRE DU MALI
Un non-événement
Le rôle de la République est de créer un environnement concurrentiel permettant aux entreprises de créer, produire et surtout d’absorber les centaines de milliers de diplômés sans emploi. Dans le cas malien, la célébration fastueuse du cinquantenaire est un non-événement.
La mobilisation gouvernementale est sans précédent. Une commission, dotée d’un budget de quelque 7 milliards de F CFA de nos maigres ressources, a été mise en place pour fêter les cinquante ans du Mali. Réfutant toute idée de bilan des cinquante années passées, le gouvernement dresse une situation rose du Mali d’aujourd’hui. Plus un journal télévisé ne passe sans en mentionner les vertus. Cependant, l’espoir tant suscité par l’indépendance et l’avènement de la démocratie reste un mirage. Des avancées notables ont certes été enregistrées dans le domaine des libertés, mais la pauvreté et le chômage prennent des proportions inquiétantes.
En termes de liberté politique, le progrès est honorable. La centaine de partis politiques qui nous donnent le spectacle de la dispersion sont tout de même une avancée certaine. La presse au Mali, bien qu’étant des plus précaires au monde, reste libre et indépendante pour la plupart. Les populations aussi jouissent d’une liberté inégalée. Aujourd’hui, à quelques exceptions, chacun peut dire ce qu’il veut comme il le veut quand il le veut. Mais la démocratie n’est pas une fin en soi.
Sans droits sociaux économiques et culturels, les libertés civiques et politiques sont largement inopérantes. La démocratie a ses valeurs intrinsèques, mais elle ne nourrit pas l’affamé. Ecoutons Saint Just : "La liberté ne peut s’exercer que par des hommes a l’abri du besoin". Un affamé n’a que faire du droit de vote de même qu’un analphabète n’a que faire de la liberté de la presse.
Pour jouir des libertés politiques, les libertés économiques sont nécessaires. Qui parle de liberté économique parle d’égalité d’opportunité, d’accès, et de chance pour chacun. Jacques Roux, l’une des personnalités marquantes de la Révolution française de 1789, dit "l’égalité n’est qu’un vain fantôme quand le riche, par son monopole, exerce le droit de vie et de mort sur son semblable".
Qu’il s’agisse du problème foncier, l’accès à l’emploi et aux opportunités, les démunis ne disposent d’aucun moyen de recours. En conséquence, nous assistons désormais à une polarisation de notre société. Cette polarisation de la société malienne crée un climat délétère qui risque de bouleverser la donne politique et économique dans un avenir proche.
La politique d’emploi demeure l’enjeu principal de notre temps. Le cas particulier des jeunes diplômés sans emploi est désespérant. Trouver un emploi régulier et dignement rémunéré est désormais l’exception qui confirme la règle. Le gouvernement n’a pas dérogé à la tradition de la IIIe République qui consiste à mettre en œuvre une tactique de promotion d’emploi en lieu et place d’une vraie stratégie de promotion d’emploi.
Les milliers de jeunes stagiaires dans les services publics en est le parfait exemple. La République ne réalise toujours pas, cinquante ans après l’indépendance, qu’il n’est ni possible ni souhaitable qu’elle se substitue au secteur privé, pourvoyeur principal de l’emploi dans une économie moderne. Le rôle de la République est de créer un environnement concurrentiel permettant aux entreprises de créer, produire et surtout d’absorber les centaines de milliers de diplômés sans emploi.
Sans ce climat concurrentiel avec des procédures claires et accessibles, et des moyens de recours légaux et crédibles en cas de non-respect des contrats, ni les investisseurs nationaux ni ceux de l’extérieur (avec technologie et compétence tant convoitée par tous) n’investiront au Mali. Ainsi, le niveau d’industrialisation du pays reste et restera un des plus faibles au monde.
Pour finir, et non moins important, l’éducation qui demeure le principal levier en faveur de la lutte contre la pauvreté et les inégalités, qui devrait aussi constituer l’objectif central de la politique gouvernementale est un échec cuisant à bien d’égards. Sa politisation a commencé avec l’avènement de la démocratie et nous continuons à en faire les frais. La place des élèves et étudiants se trouve dans les salles de classes ou la cour d’école, et non dans la rue ou les débats politiques.
Plus que jamais, il faut repenser le rôle de l’enseignement et de la formation pour rendre les diplômés maliens compétitifs dans un monde globalisé où les entreprises nationales et multinationales recrutent les meilleurs, sans tenir compte de nationalité. Les compétences et aptitudes de base doivent, donc être incluses dans notre politique d’éducation. Il y va de notre indépendance.
En dépit des progrès notables dans le champ politique, les maux économiques et sociaux sont à leurs combles. Il faut une remise en question totale et une concertation nationale sur les réformes à mener pour éviter les erreurs du premier cinquantenaire.
Le gouvernement est d’un autre avis. Il préfère le tapage médiatique, les festivités grandioses et les slogans dénués de tout sens. Pour bien des Maliens, cependant, le cinquantenaire est apprécié à sa juste valeur : un non-événement.
Soya Djigué
(économiste à Bamako)

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Dossier
LA POLYGAMIE

Une pratique ancestrale
Le terme est formé à partir de deux mots grecs : polus qui signifie "plusieurs" et gamos, "mariage". En sciences humaines, le terme polygamie est souvent employé par abus de langage pour désigner la polygynie.
La polygamie désigne la situation dans laquelle une personne dispose au même moment de plusieurs conjoints de même sexe : pour une femme ayant plusieurs maris, on parle de polyandrie ; pour un homme ayant plusieurs femmes de polygynie.
Selon les démographes et les ethnologues, 80 % des sociétés connues et étudiées sont polygames de droit et, parmi elles, seulement 1 % sont polyandriques. Au sein des sociétés majoritairement polygéniques, on constate que 60 à 80 % des foyers sont monogames de fait (et non de droit).
La polygamie est à distinguer des mariages de groupes, forme de poly-amour impliquant plusieurs partenaires de chaque sexe. La polygamie est à distinguer de la bigamie, situation dans laquelle une personne contracte plusieurs mariages séparément, sans avoir juridiquement obtenu la dissolution du précédent ou sans que les deux conjoints soient au courant de cette situation.
La polygamie s'oppose à la monogamie. Dans le cas précis de deux conjoints simultanés, il s'agit d'une bigamie. On distingue différents sous-types de polygamie, notamment la polygamie parallèle qui désigne la situation jusqu'à présent où un individu a des relations avec plusieurs partenaires au cours d'une même période reproductive et la polygamie séquentielle qui consiste, pour un individu, à avoir plusieurs partenaires différents au cours de sa vie, mais pas de façon simultanée. Cette dernière forme de polygamie est aussi dite monogamie sérielle.
Une évolution permanente
De nombreux pays autorisent la polygynie sans l'encourager ouvertement. C'est le cas non seulement de la totalité des pays à forte population musulmane, à l'exception de la Turquie et de la Tunisie où elle est interdite depuis 1957, mais également de quelques pays animistes africains. Quelques Etats autorisent aussi la polyandrie. La polygynie est encore autorisée - ou tolérée - aujourd'hui, dans des pays représentant près du tiers de la population de la planète. Seulement 10 % des hommes y ont plusieurs femmes, essentiellement les plus riches.
La polygamie est une pratique mal perçue dans la civilisation occidentale au point que de nombreux Etats la reconnaissent comme un délit. Toutefois, certaines des administrations en question la tolèrent dans la pratique, et l'admettent comme remède au taux de masculinité (sex ratio) qui devient nettement en faveur des femmes à l'âge adulte. La polygamie n'a pas que des détracteurs.
Il faut cependant considérer que la monogamie stricte n'existe que dans les sociétés qui, en même temps qu'interdire la polygamie, interdisent le divorce : en effet les sociétés qui ont opté pour la licité du divorce ne sont pas monogames, permettant de fait une polygamie sérielle ou successive.
Au Mali, le phénomène prend de plus en plus de l’ampleur, et, selon nos constats, les jeunes de plus en plus optent pour la polygamie, avec des arguments plus ou moins valables.

POLYGAMIE
Problème ou exutoire ?
Longtemps considérée dans certaines coutumes de notre pays comme le régime matrimonial normal de "l’homme", la polygamie, certes toujours en vogue, est au centre des débats qui agitent actuellement notre société.
Le mariage est considéré comme un fondement de notre société. Qu’on soit homme ou femme, pour être respecté, il faut être marié à un certain moment de la vie. Etre dans les liens du mariage est donc une exigence sociale. L’islam et le christianisme, les deux religions révélées les plus répandues au Mali, accordent une place importante au mariage. Dans notre pays, la tradition et le législateur donnent d’amples précisions.
Selon le code du mariage au Mali, les hommes peuvent se marier à une, deux, trois ou quatre femmes. Toutefois, la polyandrie est sévèrement punie. Cependant, on constate généralement que les femmes ne partagent pas toutes l’idée de la polygamie.
Certaines coutumes, comme la polygamie, continuent de prospérer, surtout celles dont la survivance arrange bien les affaires des hommes. La polygamie est aujourd’hui en pleine expansion, surtout au niveau des jeunes.
80 % des mariages célébrés à la mairie principale de la Commune I, selon les statistiques, vivent sous ce régime.
Des jeunes filles en âge de se marier optent de plus en plus pour le régime polygamique. L’évolution des mentalités altère souvent certains phénomènes sociaux. La monogamie ou la polygamie se situe à ce niveau. L’option pour l’un ou l’autre de ces régimes matrimoniaux n’a jamais cessé d’alimenter les discussions depuis des décennies.
Les débats sont parfois vifs entre les fiancés ou entre les parents des futurs conjoints. Ils se terminent dans la plupart des cas sur des prises de positions tranchées entre les futurs conjoints. Le consensus est obtenu après plusieurs séances de négociations. La monogamie n’a jamais eu les faveurs dans notre société. La polygamie, par contre, arrange la majorité des jeunes générations.
Il semble aujourd’hui que cette dualité des options matrimoniales se dissipe. Les fiancées se prononcent de plus en plus en faveur du régime polygamique. Le Coran autorise tout homme musulman à avoir jusqu'à quatre épouses. A condition qu’il en ait les moyens, être juste et équitable, vivre en dehors de toute luxure, etc. Juridiquement reconnue, il reste que sa gestion pose problème quant au respect des droits notamment des femmes et des enfants nés dans les ménages polygames.
La polygamie est souvent vécue comme une violence par les femmes dans les ménages polygames dès lors qu’il y a non-respect des droits fondamentaux de la personne. Le réel problème est le traitement inégal, voire la maltraitance d’une ou de plusieurs épouses dans ces ménages polygames.
Les femmes bien que mariées devant le maire dans le cadre d’un ménage polygame n’échappent pas à cette injustice, qui peut être considérée comme la négation de la dignité humaine de la femme à travers des insultes, des pressions psychologiques, des agressions physiques… qu’elles subissent de la part de l’époux et de la conjointe privilégiée, pis des enfants de celle-ci.
La polygamie entraîne de nombreuses tensions dans les foyers, notamment entre les coépouses et entre leurs enfants. Mais il arrive que l’époux prenne parti pour une de ses épouses en la préférant, elle et ses enfants aux autres. Ce qui crée une discordance dans le foyer et entraîne la dislocation totale de la famille suite au partage de l’héritage. Peu à peu cependant, la polygamie commence à reculer du moins dans les foyers, mais existe sur le papier d'autant que les conditions économiques ne favorisent guère ce genre de régime matrimonial.
La polygamie comme sécurité est un choix pour certaines femmes pour être à l’abri de surprises désagréables. Pour ne pas rester célibataires et avoir une place respectable dans la société, des jeunes filles, malgré leur niveau intellectuel, acceptent la polygamie.

Les réserves du Coran
Le Coran limite la polygamie et impose de sévères restrictions à ceux qui la pratiquent.
" ... Il vous est permis d’épouser deux, trois ou quatre femmes parmi celles qui vous plaisent ; mais si vous craignez de ne pouvoir être juste envers elles, alors une seule" (sourate Annissaou du Coran 4:3).
Selon Mamadou Tiémoko Kamité, prêcheur, avant que le Coran ne soit révélé, le nombre d'épouses n'était pas limité et plusieurs hommes en avaient des dizaines et certains, des centaines. L'islam a limité ce nombre à quatre.
L'islam permet à un homme d'épouser deux, trois ou quatre femmes, mais à condition d'être juste envers chacune d'elles. L’islam a réglementé la polygamie en exigeant un traitement égal et équitable envers chacune des épouses.
Le musulman n’a aucunement le droit de se montrer inéquitable envers ses épouses en ce qui a trait aux dépenses qu’il fait pour elles, au temps qu’il passe avec elles, et à ses autres obligations de mari. L’islam ne permet pas à un homme d’épouser une autre femme s’il est susceptible de ne pas les traiter toutes de façon équitable.
Le prophète Mohammed (PSL) a interdit la discrimination entre les épouses ou entre les enfants. D’après M. Kamité toutefois certains hommes musulmans ne sont pas équitables entre leurs épouses. "Ceux-ci seront sévèrement châtiés dans l’autre monde", avertit le prêcheur Kamité.
Toujours dans la sourate Annissaou, au verset 129, on peut lire : "Vous ne pourrez jamais être équitables entre vos femmes…" (Le Coran, 4:129)
Pour Daouda Dia, chef du bureau des ulémas à l’ORTM, il n’est dit dans aucun extrait du Coran que l’homme doit prendre plusieurs femmes, mais les avis divergent dans certains hadiths. Selon lui, la polygamie n'est pas une règle, mais une exception. Beaucoup de gens croient, à tort, qu'il est obligatoire pour un musulman d'épouser plus d'une femme.
Pour lui, la source de tous les problèmes qui peuvent exister dans la polygamie est l’homme. "Tant que l’homme n’a pas une parfaite équité entre ses épouses, il sera toujours la source des problèmes du foyer", dit-il.
A ses dires, notre société est sous une sorte de transition tant nous avons les mœurs d’antan qui commencent à disparaître dans les villes où toutes les charges de la famille incombaient à la femme, d’un côte et de l’autre le modernisme qui prend de l’ampleur dans la gestion du foyer où les femmes sont instruites et connaissent leurs droits.

… Le niet de la Bible
Contrairement à la religion musulmane où la polygamie est autorisée sous certaines conditions, le christianisme par contre, l’interdit.
Selon notre interlocuteur qui a préféré ne pas être cité, dans l’Ancien Testament, la polygamie n’était pas condamnée. Mais, déjà, l’Ancien Testament en décrit les méfaits : jalousie, rivalités, souffrances. Après la période de l’Exode on n’a plus entendu parler de polygamie chez le peuple d’Israël. Le Nouveau Testament exclut la pensée de la polygamie.
Pendant longtemps la polygamie a été permise en Israël. Au temps des patriarches, à l’exception d’Isaac, tous étaient polygames. Le mari pouvait prendre une deuxième si la première était stérile, ou bien son épouse lui fournissait une concubine de rang servile. "A cette époque, le peuple de Dieu a connu la grande polygamie, elle n’était pas condamnée", souligne-t-il.
A ses dires, à l’époque de Jésus, la polygamie a pratiquement disparu en Israël. La pratique du peuple de Dieu a évolué sa réflexion sur l’alliance, l’amour et la fidélité de Dieu lui a permis de comprendre que c’est dans le mariage monogame que l’amour s’exprime le mieux, à l’image de celui de Dieu pour son peuple.
C’est certes un appel de l’évangile qui demande de changer nos habitudes, nos coutumes. Mais devenir chrétien pour notre interlocuteur demande un changement de vie et la vie chrétienne est très exigeante. "L’indissolubilité du mariage est une exigence de Jésus", précise-t-il.
Chez les chrétiens le sens du mariage est très fort, "Jésus n’a jamais parlé de la polygamie ni appuyer là-dessus, au contraire il a dit qu’il ne faut pas que l’on sépare ce que Dieu a unis. Il est non seulement contre la polygamie mais aussi contre le divorce", énonce-t-il.

EN RELECTURE A L’A. N.
Quand le code de la famille divise !
Le nouveau code n’a pas été loin sur la polygamie. Elle relève d’une option qui reste ouverte à ceux qui en font le choix. Il ne reste pas moins vrai que certaines personnes subissent plus que ne vivent la polygamie. Ces personnes ont peut-être besoin de la protection de la loi dans le cadre d’un ordre public de protection.
Si la polygamie servait autrefois à unifier une concession, à perpétuer la tradition d’un village, ou à combler un veuvage, aujourd’hui, elle est parfois signe d’ostentation, ou d’utilité pour des jeunes femmes qui cherchent un statut, ou à s’en sortir financièrement.
S'agissant du mariage, le code des personnes et de la famille a conservé, pour l'essentiel, les dispositions du code du mariage et de la tutelle de 1962. Il définit clairement le mariage comme " un acte laïc et public par lequel un homme et une femme contractent une union légale", rejetant ainsi tout mariage homosexuel.
S’agissant de l’option matrimoniale, le mariage peut être contracté : soit sous le régime de la monogamie : les époux ne peuvent contracter un second mariage avant la dissolution du premier, soit sous le régime de la polygamie : il faut que la femme y consente et l’homme ne peut être tenu simultanément dans les liens du mariage avec plus de quatre femmes.
L’option matrimoniale peut être souscrite dans le contrat de mariage où au moment de la célébration. Il en sera fait mention dans l’acte de mariage. L’engagement de la polygamie peut être pris postérieurement à la célébration du mariage par un acte passé devant un officier public. Il en sera fait mention en marge de l’acte de mariage.
Toute personne qui, étant engagée dans les liens d’un mariage monogamique, en aura contracté un autre avant la dissolution du précédent sera punie conformément aux dispositions prévues par le code pénal. Il en sera de même pour toute personne qui, étant engagée dans les liens d’un mariage polygamique, ayant quatre épouses légitimes, aura contracté une cinquième union.

TEMOIGNAGE
Des victimes innocentes
Fait de société, la polygamie est devenue une constante. Cependant, dans les cas où une fonctionnaire devient la rivale d’une analphabète, les problèmes sont décuplés, comme dans ce témoignage.
On est à la fin des années 1990, Oumou s’unit pour la deuxième fois, après plus d’une dizaine d’années de vie de célibat, avec Bouba, déjà marié à une femme et père de deux fils. "Même s’il faut que le dernier de mes petits pagnes y passe, tu partiras d’ici", dit Awa la première femme de Bouba à Oumou.
" Depuis mon arrivée dans cette maison, ma vie n’est plus de tout repos", confie Oumou. "J’ai tout fait pour ne pas la vexer, en vain. Je lui avais même confié ma fille pour qu’elle ne se sente pas lésée. Mais la méchanceté et la jalousie de Awa sont sans égales", ajoute-t-elle.
Tout le voisinage est impliqué ; il faut choisir son camp, soit on est avec Awa, la voisine de tous les jours, la vendeuse de jus et de friperie du marché du quartier, soit on choisit le camp de la nouvelle épouse, Oumou qui, à bien des égards, est très utile !
Noire, 1,72 m, la trentaine, à peu près 70 kg, Oumou est cadre A, fonctionnaire de son état. Cette jeune femme a en charge sa mère et sa fille. Elle se bat pour assurer le rôle qui est devenu le sien : celui de prendre soin de ces deux personnes.
Féministe, Oumou s’est toujours battue pour être respectée par la gent masculine. Elle est décrite par ses collègues comme une personne honorable, à cheval sur l’éthique et la déontologie de son métier. Elle arrive à se faire respecter de sa petite ville. Lors de ses nombreux va-et-vient dans la banque où elle a ouvert un compte, elle rencontre celui qui sera son époux, Bouba.
Estropié de la jambe droite, quadragénaire, le visage carré et la mine serrée, Bouba est un homme peu bavard, mais très vigilant et observateur ! De ses yeux en forme de noix de karité, rien ne lui échappe. Evoluant dans le privé, Bouba ne travaillait que pour sa petite famille. Sa mère, ses frères et ses sœurs n’en étaient point contents !
" Je n’ai pas mis mon fils au monde pour souffrir sachant qu’il peut m’aider. Mais à cause de sa maudite femme, il ne fait presque rien", dit Assan en colère. Ce rapport difficile entre ces parents lui rendait la vie difficile. "Souvent, dès que Bouba arrive, il commence à parler sans arrêt. Il arrive qu’il me donne l’air de quelqu’un qui est sur le point de devenir fou. Je le plaignais !", confie M. Sow, un de ses amis.
" Entre mari et femme, on ne sait jamais ce qui se passe. Seul Dieu peut le savoir". "Awa était sûre qu’elle est l’unique femme que Bouba aurait", explique Oumou. Depuis son premier jour, cette femme n’a cessé de se battre. "Je croyais qu’une fois mariée, je serais tranquille. Je ne m’attendais pas à une telle guerre. C’est lassant !", ajoute Oumou, d’un air déçue.
Malgré tout Oumou ne se laissait pas faire. Awa est une femme dépigmentée, maigre d’un mètre 68. Avec ses incisives noircies par manque d’entretien, Awa ne fait ressortir aucun charme et ne semble être dotée d’aucune courtoisie. Or, ce sont là les atouts dont jouit Oumou, plus douce, charmante et tendre.
Chaque matin, cette famille assiste à une crise de jalousie de Awa et à l’indifférence pour laquelle Oumou a fini par opter. Ces matins-là, il peut y avoir même des querelles. Oumou, avec sa démarche de reine de Sabah, sait qu’elle énerve sa coépouse. Cette dernière n’hésite pas à la traiter de mœurs légères.
Selon les humeurs de Oumou, la maison peut être le théâtre d’échange de paroles vulgaires auxquelles assiste le voisinage impuissant. Devenu une habitude, certaines personnes viennent pour rire du malheur de ces deux personnes.
" Il n’y a qu’ici qu’on puisse rire. Ces femmes se disent des insanités souvent drôles, et moi j’aime bien voir Awa humiliée. C’est une personne méchante. Maintenant que Oumou est là, elle fait semblant de s’intéresser à ses voisins", ironise Haby, la voisine de la famille de Bouba.
Ces querelles étaient rapportées à Bouba, surtout quand il revenait de ses nombreuses missions. Après une mise au point, Awa en prenait pour son manque de sang-froid. Fatim, la fille de Oumou, n’arrivait pas à comprendre. Adolescente, elle ne comprenait pas. En effet, elle en bavait aussi. Elle était une victime de Awa. Cette dernière n’hésitait pas à l’insulter père et mère et de la façon la plus vulgaire.
" Je ne sais pas ce que je lui ai fait. Quand elle n’est pas contente ou qu’elle se dispute avec ma mère, c’est moi qu’elle vient insulter", confie Fatim les larmes aux yeux. Awa vivait avec une de ses demi-sœurs et sa nièce. Ces dernières sont participantes aux complots contre Oumou et Fatim, au même titre que ses fils dont le plus âgé avait 13 ans.
L’union de Oumou avec Bouba fit long feu. Malgré la joie de sa belle-mère, après trois ans de mariage, ils se séparent. "Grâce à cette femme bénie, mon fils pense beaucoup plus à moi et prend soin de moi", regrette-t-elle. Lors d’une des innombrables disputes de ces femmes, Fatim n’a pas supporté d’être prise à parti.
Convalescente d’une opération chirurgicale et de son échec scolaire, elle prie Awa de la laisser tranquille. Ces mots poussent cette dernière à la traiter d’enfant illégitime. Fatim lui rappelle son illégitimité. Cela calme Awa, mais c’est sa domestique qui intervient et pousse sa patronne à insulter Fatim. Alertée par les hurlements de Awa, Oumou intervient. Elle se fait narguer. "Cette fois, tu partiras sinon je dévoilerais le secret que je cache", assure-t-elle à Oumou.
Personne n’a pu situer ni expliquer la suite des évènements. Bouba, de retour de sa énième mission, a juste demandé à son havre de paix de partir et cela sans raison. Les parrains de ladite union, sont intervenus en vain. Dans le regard perdu de Oumou se lisaient la déception et le chagrin. Et Bouba, regrettant, a échoué dans sa tentative de retrouver cette femme qui l’avait aidé à faire certaines réalisations.
Dossier réalisé par Aminata Traoré et Aminata A. Lah
(stagiaire)

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IBK A POITIERS
" La Chine est une amie généreuse, mais l’Afrique doit se développer par elle-même"
C’est dans une atmosphère cordiale et estivale que Jean-Pierre Raffarin, président de la "Fondation pour l’innovation et la prospective", et ancien Premier ministre de Jacques Chirac, a reçu son homologue Ibrahim Boubacar Kéita (IBK) dans son fief de Poitiers (Sud-ouest de la France), le 26 août 2010 pour participer au séminaire "la Chine vue d’Afrique".
Les deux hommes, qui se vouent une estime réciproque, ont pour points communs d’être des élus locaux et de diriger des grands partis dans leurs pays respectifs. Jean-Pierre Raffarin est en effet sénateur de la Vienne et vice-président du parti présidentiel français, l’Union pour un mouvement populaire (UMP), alors qu’IBK est député de Bamako et président du Rassemblement pour le Mali (RPM). Bien que sa formation politique soit membre de l’Internationale socialiste, l’ancien Premier ministre malien a tenu à répondre à l’invitation de Jean-Pierre Raffarin, qui est également représentant personnel du président Sarkozy pour la Francophonie.
" Ce n’est pas ma famille politique, mais je suis là par ouverture d’esprit et pour favoriser l’échange d’expérience", indiquait IBK, venu débattre avec d’autres hommes d’Etat et chercheurs lors de ce séminaire consacré à la "Chine vue d’Afrique". Avant lui, et cela a été opportunément rappelé, d’autres hommes de gauche comme Jean-Pierre Chevènement ou Hubert Védrine avaient eu les honneurs de la "Fondation pour l’innovation et la prospective".
Seul invité d’Afrique sub-saharienne, IBK a eu l’occasion d’évoquer son expérience de la coopération chinoise à travers ses fonctions passées de ministre des Affaires étrangères, puis de Premier ministre du Mali. Il est notamment revenu sur le soutien indéfectible que la Chine apporte à l’Afrique, et particulièrement au Mali depuis plusieurs décennies, notamment à travers la construction d’infrastructures.
Ayant balayé les accusations de néo-colonialisme souvent portées par les Occidentaux, il a tout de même encouragé la Chine à favoriser davantage le transfert de compétences et la transformation sur place de certaines matières premières. Le président du RPM a insisté sur le fait que les Africains ne pouvaient pas tout attendre de la Chine et des autres partenaires, et qu’ils devaient impérativement se développer par eux-mêmes, en commençant par bâtir des Etats forts.
La plupart des autres intervenants ont approuvé IBK sur le rôle positif que joue la Chine en Afrique, et la chance qu’elle représente pour stimuler les investissements sur ce continent. Jean-François Copé, ancien ministre et président du groupe parlementaire UMP à l’Assemblée nationale française, Anne-Marie Idrac, ministre du Commerce extérieur, ou encore Stéphane Gompertz, directeur Afrique au ministère des Affaires étrangères français, ont chacun relativisé la prétendue perte d’influence de la France en Afrique, et ont appelé les entreprises françaises à faire preuve de plus d’audace.
Quant à Chen Tao, vice-président de l’Institut chinois des affaires étrangères et ancien ambassadeur de Chine au Mali, il a exprimé sa joie de retrouver Ibrahim Boubacar Keïta, qu’il considère comme "un véritable ami de la Chine", puis s’est fait l’avocat de la relation sino-africaine, "bénéfique pour les deux parties", en égrenant les nombreuses réalisations de son pays sur le continent.
Avant de quitter Poitiers le vendredi 27 août en fin d’après-midi, IBK s’est prêté à une série d’interviews avec des médias français présents.
Cellule de communication RPM

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ELIMINATOIRES DE LA CAN-2012
Alain Giresse pleurnichard ?
C’est ce dimanche que l’équipe nationale du Mali, les Aigles, affrontera son homologue du Cap-Vert à Praïa. Mais, dès cette entame, l’entraîneur est loin d’être rassurant.
Le match Cap-Vert/Mali s’inscrit dans le cadre des éliminatoires de la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations (Can) prévue au Gabon et en Guinée équatoriale en 2012. Le nouveau sélectionneur des Aigles, Alain Giresse, après le match amical joué contre la Guinée Conakry en France, n’est pas rassurant.
Déjà, en France, Giresse avait commencé à se plaindre de l’absence ou de la blessure de certains cadres de l’équipe, notamment Frédéric O. Kanouté, Mohamed L. Sissoko, Seydou Kéita qui n’ont pas répondu à l’appel, M. Diarra "Djilla", A. Coulibaly "Police" étant à l’époque blessés.
Le coach continuera à évoquer, tout en affichant un air désemparé, ces absences lors de la conférence de presse qu’il a animée, il y a une semaine, au siège de la Fémafoot. Comme si ces défections au match amical ne suffisaient pas, celles de Siga Mary Diarra et de Modibo Maïga ont accentué les inquiétudes à l’allure de peur du sélectionneur français.
" Kanouté et Momo n’ont pas daigné prendre mon appel, Seydou dit qu’il prend du recul", n’a cessé de répéter Giresse. Il se précipitera d’ajouter qu’on ne vient pas à l’équipe nationale à reculons ou qu’on ne peut pas tirer par les bras des gars qui ne veulent pas venir. Ces mises au point trahissent l’engagement ou la détermination du sélectionneur à relever le défi, lui, qui était pourtant à la tête de l’équipe nationale du Gabon, dépourvue de joueurs de renom.
C’est l’occasion pour lui de faire valoir ses compétences de manager au lieu de pleurer sur son sort. C’est dans les difficultés que les vraies valeurs d’un homme explosent, dit-on. Alors Giresse doit faire mentir les pessimistes, les détracteurs, en réarmant sa troupe, en inculquant à son groupe un esprit de gagneur. Surtout que le public malien aspirait, dans sa majorité, à un remaniement profond de cette équipe nationale du Mali.
Pour le supporter lambda, le groupe Djilla, Police, Seydou, Diamouténé, et même Kanouté et Momo, qui ont rejoint les autres plus tard, avait fait sa preuve. Pour beaucoup, ils n’avaient plus rien à prouver. L’occasion est maintenant donnée à d’autres joueurs de s’exprimer et cela pourrait changer l’opinion qu’on se fait de l’équipe. L’étape de Praïa est un bon challenge pour Giresse. Il lui appartient de le saisir.
Badri

AVANT CAP-VERT-MALI
Des Aigles se prononcent
Mahamadou Diarra "Djilla" (capitaine, Réal Madrid) :
"Ç a va être difficile, mais pas compliqué pour la simple raison que nous avions mal entamé le début des éliminatoires des six dernières années. Cette fois-ci, il nous faut une victoire pour vaincre ce signe indien. C’est très important. Au Réal Madrid, je vais bien par la grâce de Dieu et le soutien de tous les Maliens".

Adama Coulibaly (défenseur, Auxerre) :
" D’abord, nous ne devons pas sous-estimer l’adversaire qui est bien en place sur le plan international. La preuve, l’équipe capverdienne a tenu en échec le Portugal en amical avant de mettre le Sénégal en difficulté devant son public. Nous avons un groupe et nous avons la mission de réussir ce début des éliminatoires, car cela fait longtemps que nous perdons nos premiers matches, hormis celui que nous avions gagné (1-0) contre le Congo lors des éliminatoires de la Can/Mondial-2006".


Sambou Yattabaré (milieu défensif, Caen) :
" C’est une première en officiel en ce qui me concerne avec le Mali. Pour cela, j’attends un bon début et une bonne sélection contre le Cap-Vert. Au niveau de mon club (Caen), tout se passe bien, nous sommes 5e avec une victoire et un nul. Ce qui s’est passé entre moi et l’équipe nationale n’avait rien à avoir avec le foot. C’est une histoire dans le bureau. Mon objectif, c’est de gagner ce premier match et je pense qu’avec le groupe que nous avons, cela est possible".
Ismaël Kéita (milieu défensif, Nantes) :
" Nous allons aborder ce premier match dans la plus grande sérénité. Nous sommes attendus par le public et nous devons donner le meilleur de nous-mêmes afin de nous réconcilier avec lui. Une victoire contre le Cap-Vert est bonne à prendre pour le moral du groupe et pour la suite de la compétition".

Lassana Fané (milieu défensif, El Merriek) :
" Je suis confiant pour le groupe, sa capacité de réaction et tout le monde est au top pour aborder ce match. Après la Can en Angola, nous avons entendu beaucoup de choses. A nous de prouver que nous sommes capables. Je suis optimiste".
Propos recueillis par
B. D. S.


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