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2010

Mois de septembre

Les Echos du 1er septembre

 

FONCTION PUBLIQUE
Un total de 38 927 fonctionnaires pour 36 075 en activité
C’est un total de 38 927 agents toutes catégories confondues qui émargent présentement au budget de l’Etat chaque mois en tant que fonctionnaires au service du Mali.
Le statut général des fonctionnaires est défini par l’ordonnance n°77-71/CMLN. La loi n°93-59 du 8 septembre 1993 a réparti les fonctionnaires en quatre catégories (A, B2, B1, C). Dans son chapitre 2, le statut général des fonctionnaires tend à limiter le nombre des fonctionnaires à un strict minimum, interdisant tout recrutement qui n’a pas effectivement pour objet de pourvoir à la vacance de l’un des emplois permanents spécifiés dans l’article 1er alinéa 1er.
Le recrutement s’effectue par voie de concours. Toutefois, il est possible de déroger au principe du concours s’il est constaté que le nombre de candidats est inférieur à celui des emplois mis en compétition. Dans ces conditions, le recrutement s’effectue sur titre (loi n°85-01/AN-RM du 11 février 1985).
Le Conseil supérieur de la fonction publique est un organisme central de consultation créé par le décret n°272 PGRM. L’article 9 de ce décret définit les attributions du Conseil. Celui-ci connaît de "toute question de caractère général intéressant les fonctionnaires et la fonction publique du Mali […]".
L’article 10 précise qu’il s’agit "d’un organisme consultatif appelé à donner des avis et à faire des recommandations", il connaît en particulier des questions concernant : le statut particulier de chaque cadre de fonctionnaire du Mali, l’interprétation des dispositions du statut général des fonctionnaires et des statuts particuliers, la modification des statuts particuliers, l’avis sur les décrets de dégagement des cadres.
Formé à égalité de représentants de l’administration centrale et de représentants des fonctionnaires, cette représentation paritaire est le gage de la nature démocratique de l’institution. Le Conseil est présidé par le ministre de la Fonction publique (article 2 du décret), et est composé de 8 membres pour un mandat de 2 ans : ministre des Finances, de l’Education nationale, de la Justice, le directeur de la fonction publique et du personnel. Le Conseil siège en assemblée plénière tous les 6 mois ou en session extraordinaire sur convocation.
En plus du Conseil supérieur de la fonction publique, il existe aussi des commissions administratives paritaires.
En attendant l’établissement de la base de données sur le nombre des cadres de l’Etat formés par le Mali et les pays dans lesquels ils sont formés, la direction nationale de la fonction publique (FP) dispose déjà de statistiques claires sur l’effectif des fonctionnaires par position statutaire et catégorie.
Sur un total de 38 927 fonctionnaires, 36 075 sont en activité, les 2852 restants sont indisponibles pour des raisons diverses. Ils sont soit en congé maladie ou de formation, en détachement longue durée, en disponibilité, soit en suspension administrative ou suspension pour détournement.
Aujourd’hui, ils sont 47 fonctionnaires toutes catégories confondues qui sont frappés par une suspension administrative. Et 15 autres sont suspendus pour détournement.
Le nombre des cadres de l’Etat qui constituent la catégorie A dans la catégorisation des fonctionnaires s’élève à 12 997. Ces derniers comme toutes les catégories de la fonction publique subissent permanemment des formations de recyclage et de perfectionnement au Mali ou à l’étranger.
Pour l’heure, la base de données sur le nombre de cadres formés et les pays dans lesquels ils sont formés est en cours de construction.
A noter que les fonctionnaires de l’Etat sont aidés dans leurs tâches quotidiennes par les conventionnaires en activité dans la FP. Au nombre de 18 555 dont trois en suspension administrative et un en congé d’expectative, ces conventionnaires bénéficient également de congé de formation au même titre que les fonctionnaires.
Amadou WaîgaloEncadré
Les différentes statistiques relatives aux fonctionnaires et aux conventionnaires ne tiennent cependant pas compte des contractuels des collectivités qui peuvent être considérés comme des agents au service de l’administration publique engagés au profit de la décentralisation.
ARENA
Des cadres au service du pays
Dans le but de servir leur pays, les cadres de la catégorie A se sont constitués en Association pour la revalorisation de l’expertise nationale (Arena). Pépinière de fonctionnaires et de conventionnaires de l’Etat, l’Arena a vu le jour le 5 août 2004 selon la loi n°04-038.
Les objectifs de l’Arena sont nombreux mais ciblés. Dans le but de servir le Mali même après la retraite, ses adhérents se veulent des partenaires nationaux à la disposition des autorités publiques et privées. A cet égard, elle entend mettre à la disposition des ces derniers des ressources humaines de haute qualité au savoir et savoir-faire avérés.
L’Arena comprend deux sortes de membres : les membres actifs et les membres associés et d’honneur. Les premiers doivent être, selon l’article 5 du statut de l’Association, fonctionnaires ou conventionnaires maliens de cadre A à la retraite. Les seconds, eux, sont des personnes physiques ou morales choisies comme personnes ressources en raison de services rendus au Mali. Ces personnes sont proposées par le bureau et laissées à l’appréciation de l’assemblée générale. Elles ne sont ni électrices ni éligibles.
Dans tous les cas, ils désirent assurer une synergie de pensée entre nouveaux et anciens dans la constitution de certains dossiers au niveau des départements ministériels, la conduite des négociations et la maîtrise des certains projets. Afin que cet objectif soit consolidé, ils procèdent à la formation permanente des ressources humaines. Ils souhaitent aussi participer à l’analyse et l’étude de la problématique et des enjeux des politiques publiques afférentes aux préoccupations économiques, sociales et culturelles des populations.
En plus de la place qu’elle de prendre dans le débat national permanent, l’Arena veut, seule ou en association avec des organisations dont elle partage les objectifs, initier des conférences-débats d’intérêt national. L’Arena compte restaurer, préserver et promouvoir la notoriété des cadres supérieurs retraités dont l’expertise, l’expérience et le service rendu à la nation doivent être reconnus et qu’il y ait recours à des fins pertinentes et rationnelles.
L’Arena fonctionne avec trois instances : l’assemblée générale, le bureau et le commissariat aux comptes. L’assemblée générale est l’instance suprême de l’Arena. Elle définit son orientation et sa politique. Le bureau est l’organe exécutif de l’Association. Il comprend 8 membres : le président, le vice-président, le trésorier général et son adjoint, le secrétaire à l’organisation, le secrétaire à l’information et à la communication et enfin le secrétaire à la promotion et à la solidarité.
Etant l’organe de direction de l’Arena, les membres du bureau sont élus pour une durée de trois ans renouvelable pendant la session ordinaire de l’assemblée générale. C’est le président qui préside à la fois le bureau et le l’Association. De plus, il est le représentant de l’Association dans les rapports avec les tiers. L’adhésion à l’association n’est pas une fin en soi. Les membres du bureau exécutent leurs tâches à titre bénévole. Les membres qui ne respectent pas le statut et les règlement de l’Association sont avertis, suspendus et même exclus.
Aminata A. Lah
(stagiaire)

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HUICOMABOUGOU
Un gréviste décède
C’est dans des conditions inhumaines, qu’un des ex-travailleurs de Huicoma, qui occupent la Bourse du travail, Salia Togola, est décédé à la suite d’un « malaise ». C’est le deuxième cas de décès du genre au siège de l’UNTM.
Depuis près de neuf mois qu’ils ont squatté la Bourse du travail (Huicomabougou), pour se faire davantage entendre par les pouvoirs publics, les ex-travailleurs, les saisonniers et les retraités de la Société des huileries cotonnières du Mali Huicoma-SA, tirent toujours le Diable par la queue.
Pour revendiquer son dû, Salia Togola, 57 ans, est décédé mardi 31 août 2010 à la Bourse du Travail « des suites d’un malaise ». Selon une source proche de Huicomabougou, M. Togola « après ses prières de l’aube a eu un malaise et quelques instants après, il est décédé ». Selon une autre source, plusieurs ex-travailleurs souffrent de problèmes de santé. « Mais, ils n’ont pas les moyens de s’acheter les médicaments pour les premiers soins ».
Visages affamés, yeux au hagard, certains travailleurs ne décollèrent pourtant pas. Ils accusent les plus autorités de ne pas s’investir pour faire aboutir leurs revendications.
Pour faire aboutir leurs revendications, les ex-travailleurs ont frappé à toutes les portes, mais sans succès. C’est ce désespoir qui les a poussé à rompre le silence avec des marches et des grèves de la faim.
L’une des revendications de Huicomabougou est la résiliation du contrat entre l’Etat et le groupe Tomota. Chose réaffirmée dans le rapport 2009 du Végal. Pour Sidi Sosso Diarra, « à défaut des investissements réalisés conformément au plan inséré dans le protocole, l’Etat a le droit d’annuler la cession de ses actions au Groupe Tomota et reprendre la direction de Huicoma ».
Rappelons que le décès de Salia Togola est le deuxième du genre à la Bourse du travail. Un ancien partant volontaire à la retraite avait trouvé la mort au siège de la centrale syndicale (UNTM) en 2006.
Amadou Sidibé

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FSEG
Un étudiant tire à bout portant sur des camarades
L’incident est survenu lundi 30 août, dans la cour de la Faculté des sciences économiques et de gestion (Fseg) suite à une dispute au sujet de la gestion du parking.
Moussa Diarra alias "Hitler", est l’auteur présumé d’un cas grave d’indiscipline et de violence dans l’espace universitaire. Etudiant en gestion, il a, à l’aide d’un pistolet artisanal, tiré lundi dernier à bout portant sur quatre de ses camarades.
Selon les autorités de la Faculté, les victimes dont une est dans « un état très grave », souffrent toutes de blessures.
De source proche de l’université, « Hitler » serait déjà entre les mains de la police. Le doyen de la Fseg a ténu à informer par écrit le rectorat de la situation. Le rectorat a pu constater l’ampleur de la violence sur les victimes dont certaines subissent une opération chirurgicale d’extraction des balles.
L’administration de la Fseg a diligenté une procédure de discipline au niveau du rectorat qui doit, dans les jours à venir, statuer sur le cas.
Amadou Waïgalo

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MME GINETTE BELLEGARDE AUX ENSEIGNANTS
« Nous attendons plus de rigueur »
Sans trouver une satisfaction sur l’alignement de leurs salaires sur ceux de leurs collègues de la sous-région, les enseignants du supérieur vont se contenter, à partir du 1er juillet 2010, de la revalorisation de la grille de rémunération à 10 % et d’autres avantages financiers et académiques.Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique Mme Siby Ginette Bellegarde était lundi 30 août face à la presse pour s’entretenir sur le protocole d’accord signé le 17 août dernier entre le gouvernement et les syndicats nationaux de l’Education et la culture (Snec), d’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (Snesup).
Ce protocole qui a permis au gouvernement et aux enseignants du supérieur de trouver un compromis sur plusieurs points de désaccords, est intervenu après plusieurs mois de grève, observée par les syndicats d’enseignants.
Il s’agissait alors, pour le département en charge de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, de partager le contenu dudit protocole signé, selon le ministre, grâce à « l’engagement de toutes les couches socioprofessionnelles, dont le président la République en personne ». Mme Siby Ginette Bellegarde a réaffirmé la volonté affichée des autorités, souvent accusées de ne pas respecter les accords, à appliquer le protocole axé sur deux points principaux. Il s’agit des points à incidences financières et des points ayant un caractère académique.
Selon la conférencière, l’incident financier du protocole est évalué à plus de 3 milliards de F CFA. Cet incident a trait à une augmentation de 10 % du salaire des enseignants et plusieurs autres avantages en termes de primes et d’indemnités.
Concrètement, les enseignants vont toucher à compter du 1er juillet 2010 une prime de fonction spéciale de 40 000 F CFA. A cela, s’ajoutent 50 000 F CFA, alloués en 2007, au titre de l’indemnité de logement pour constituer l’indemnité de résidence. Une prime académique aux taux mensuels de 43 333 F CFA sera accordée aux Assistants et attachés de recherche, les maîtres-assistants et chargés de recherche toucheront 56 667 F CFA et 50 000 F CFA pour les maîtres de conférence, maîtres de recherche et professeurs et directeurs de recherche. Mais, le ministre reconnaît que c’est l’alignement du salaire des enseignants sur ceux de la sous-région qui constituait l’une des difficultés des discussions.
« Nous-nous sommes informés par rapport à ce qui se passe ailleurs dans la sous-région et notre conclusion a été qu’il était difficile de satisfaire cette doléance », a indiqué le ministre précisant que les discussions sont toujours ouvertes sur cette revendication.
Le protocole prévoit un tarif unique de 5000 FCFA en guise de majoration des taux des heures supplémentaires et prévoit l’intégration des enseignants contractuels dans la Fonction publique (FP). Le département examinera par ailleurs les possibilités légales et académiques permettant aux contractuels de se présenter au concours d’intégration à la FP. Mais le département en charge de l’Enseignement supérieur entend faire d’abord le point de la gestion des heures supplémentaires qui est, pour le moment, caractérisée, selon le ministre, par peu de lisibilité.
Pour Mme Siby Ginette Bellegarde, la volonté du gouvernement à travers ce protocole est de valoriser la fonction enseignante. Maintenant, rappelle-t-elle, il est attendu des enseignants plus de disponibilité et de rigueur.
Amadou Waïgalo

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RENTREE SCOLAIRE A SIKASSO
Double angoisse des parents d’élèves
L’ambiance de la rentrée scolaire 2010-2011 se sent déjà dans certaines villes de la 3eme région du Mali (Sikasso, Bougouni, Koutiala et Kadiolo), au moment où les élèves sont toujours emportés par les activités des dernières semaines des vacances. Les parents sont inquiets par la double angoisse de trouver une place dans le meilleur établissement et de s’acquitter de la scolarité de leurs enfants.
Ce ne sont pas les structures d’accueil qui manquent dans ces localités ; bien au contraire, c’est une large gamme qui embarrasse les parents d’élèves. Les choix diffèrent d’un parent à l’autre, mais le souci premier demeure le même : trouver la bonne école, celle capable d’éduquer convenablement les enfants. Les parents d’élèves ont encore en souvenir les mauvais résultats des examens de l’année scolaire écoulée.
Selon Moussa Diallo parent d’élève, « l’Etat a l’obligation de recevoir les enfants à l’école, mais à l’heure actuelle ce n’est pas possible pour plusieurs raisons notamment la mauvaise gouvernance. Chaque parent soucieux de l’avenir de sa progéniture devra d’ores et déjà changer de fusil d’épaule ». Sur ce plan, les appréciations varient et déterminent les choix. Certains parents se fient aux publicités. D’autres préfèrent les écoles des quartiers huppés dont le cadre attire et rassure sur les conditions de travail et d’accueil des enfants.
Les parents les plus précis n’ont de repère que les résultats scolaires des années antérieures des établissements. A tout point de vue, le montant de la scolarité dans les écoles privées et encore la proximité jouent un grand rôle. Par-dessus, il existe une catégorie qui n’a pas le choix : il s’agit des pauvres, la seule issue est de trouver une place dans un établissement public.
En attendant l’effectivité de la rentrée, pendant que certains établissements privés multiplient les publicités dans les médias pour convaincre parents et élèves dans leur choix en avançant images et chiffres alléchants, d’autres fléchissent sous le poids des demandes. C’est le cas des quartiers de Wayerma 1 et 2 à Sikasso. Ils sont sollicités de toutes parts et leurs fondateurs ne savent pas à quel saint se vouer. Les performances à eux reconnues ont construit leur réputation au point qu’ils en sont victimes. Seuls les tests de sélection auxquels les parents se soumettent volontiers aident à juguler les flux. Quant aux établissements publics, ils n’ont pas besoin de tapage pour annoncer leur présence ; le secrétariat du directeur de l’école ressemble parfois à une salle d’attente d’un hôpital. Même s’ils sont traités à tort ou à raison de laxistes, ces structures restent de loin les plus pourvues en enseignants de qualité à qui le privé prête mains fortes.
Mais force est de reconnaître que l’inadéquation de ces écoles avec les défis de la scolarisation de nos jours, a engendré des effectifs pléthoriques qui entachent la qualité de l’enseignement et de l’éducation. Ce sont des réalités qui ont amené des parents à exprimer une certaine réticence à y inscrire leur progéniture dans le public en attendant un lendemain meilleur. Ces derniers se retrouvent dans le piège des établissements privés où souvent les classes rivalisent d’effectifs pléthoriques autant que le public. Et le désir des parents est doublement déformé : ils sont contraints de payer à prix d’or l’offre gratuite de l’Etat qu’ils ont fuie. Dans cette atmosphère d’interrogations et d’équations à résoudre, les principaux concernés, les enfants à inscrire apparaissent comme les grands oubliés. Le choix des parents ne traduit pas toujours leurs besoins réels.
B.Y.Cissé
(correspondant régional)

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MONUMENT DU CINQUANTENAIRE SUR LE NIGER
Les futures générations sacrifiées sur l’autel d’une célébration
Si gouverner c’est prévoir et anticiper, les Maliens ont réellement des soucis à se faire. En effet, ce sont deux notions qui ont visiblement échappé à ceux qui ont présentement leur destinée en main. La preuve flagrante est la construction d’un monument dit du « Cinquantenaire » sur le fleuve Niger. Un cours d’eau dont les jours sont comptés sans une réelle volonté politique et des actions citoyennes allant dans le sens du changement radical des comportements.
L’un des projets dont se vante le plus la Commission nationale de la célébration du cinquantenaire du Mali porte sur la construction d’un monument sur le fleuve Niger. Il s’intègre parmi les grands chantiers en cours de réalisation pour marquer à jamais cette date historique. Le « Monument du Cinquantenaire » sera un édifice de 100 mètres érigé dans le prolongement symbolique de l'Avenue de l'Indépendance jusqu'au fleuve.
La société civile malienne désapprouve naturellement cet aménagement sur plusieurs hectares presque dans le lit du Djoliba. Confiés à une entreprise chinoise, les travaux sont évalués à environ 3,1 milliards de F FCFA à la sueur du contribuable. Comment des dirigeants responsables peuvent-ils accepter investir autant d’argent dans un projet qui ne peut qu’hypothéquer le bien-être des générations futures ?
La célébration des 50 ans passés doit-elle conduire à sacrifier la vie future d’une nation ? Ce n’est pourtant pas surprenant de la part d’un Etat dont le laxisme a favorisé la construction des immeubles et des hôtels polluants tout au long des berges de cette source vitale pour la capitale et le pays.
En tout cas, depuis le début des travaux, des voix ne cessent de s’élever ici et là pour condamner la construction d’un monument à ce niveau. De nombreux observateurs jugent préjudiciable la présence d’un monument dans le lit d'un fleuve qui se débat déjà contre l'ensablement et d’autres menaces écologiques comme la pollution liée aux activités des populations riveraines.
Une initiative largement condamnée
« Ce site a été choisi non seulement pour sa position stratégique, mais aussi par un manque d’espace au centre-ville. Trouver un site a donc été la croix et la bannière. Mais, en accord avec l’Autorité du bassin du Niger (ABN), nous avons choisi le présent site. Ce monument s'incruste parfaitement dans le plan d'aménagement des rives du fleuve Niger au niveau de la capitale. Nous allons aménager environ 32 kilomètres sur les deux rives du fleuve Niger pour la fluidité de la circulation », s’est défendu le président de la commission dans sa tentative d’étouffer la polémique au cours d’une récente conférence de presse.
« Le Monument du Cinquantenaire est un symbole culturel fort, porteur d'un message intemporel. C'est une représentation du passage de témoin entre les générations. C'est un mariage de la modernité et de la tradition, tourné vers le développement et l'avenir », avait-il tenté de convaincre.
Il faut davantage pour nous convaincre sur la pertinence de construire un monument à cette place. Nous réfutons surtout la thèse du manque de place au centre ville qui regorge pourtant d’édifices publics et privés. L’Etat est souverain pour exproprier tout propriétaire foncier en raison des travaux d’utilité publique. Et nous pensons que la construction du Monument de l’Indépendance l’est. Sans compter qu’il est difficile de comprendre que la commission n’ait trouvé nulle part, à Bamako, l’espace nécessaire alors qu’il y a toujours des espaces vides au niveau des Zones ACI par exemple.
Selon la petite enquête que nous avons menée, sept Bamakois sur dix condamnent ce projet ou affirment ne pas comprendre sa pertinence à cet endroit. « Au moment où la société civile mobilise les partenaires et la communauté internationale au chevet du fleuve Niger menacé de disparition, l’Etat aurait pu faire économie de ce scandale environnemental. Il avait déjà fait preuve d’irresponsabilité et de laxisme en fermant les yeux sur la construction des hôtels et des immeubles sur les berges de ce cours d’eau vital pour Bamako et le Mali voire pour toute notre sous-région », dénonce le responsable d’une ONG écologiste.
Une immense catastrophe écologique en cours
C’est à croire que nos dirigeants n’ont vu des œuvres comme « Le Nil des Noirs en Périls » de Jean-Marc du magazine français, « Paris Match ». A travers un édifiant reportage photo, ce confrère met en évidence le péril qui pèse sur le fleuve Niger, notamment entre Tombouctou et Gao. Il s’agit d’images qui reflètent mieux l'ampleur de la catastrophe écologique et humanitaire qui menace ce cours d’eau et dont les autorités maliennes ne se soucient guère !
S’il est pollué à Bamako, c’est dans la légendaire « boucle » du Niger, que le fleuve est le plus agressé par l’ensablement, les boues... En pleine saison sèche, par exemple, il est à peine navigable et se retire très loin des villages, contraignant les habitants à de harassants allers et retours pour se procurer de l’eau.
Avec la désertification, les marigots et les lacs ont presque tous disparu faisant de ce grand fleuve désormais la seule ressource régionale d’approvisionnement en eau.
De l’avis du confrère, de troupeaux et de gens vivent dans sa vallée, accélérant sa disparition progressive. Ce qui fait qu’aujourd’hui, certains lacs ont disparu et d’autres, comme le lac Débo, ne tarderont pas à connaître le même sort. Une situation qui devait conduire le gouvernement à initier des actions vigoureuses de préservation au lieu de contribuer à la dégradation de cette source à laquelle dépend la vie des millions de Maliens et des générations futures.
Le salut dans le changement des comportements
Selon de nombreux spécialistes seuls un changement radical de comportement des riverains et de nouveaux arbres pourront éviter le désastre. Et faute de « fixer » ses berges, le Niger, risque de périr. Le « Nil des Noirs », cher à Ptolémée, est plus que jamais à l’agonie. Le réchauffement de la planète, l’avancée du ¬désert, la diminution des pluies, l’érosion accélérée, la multiplication des dunes, plus la déforestation, l’occupation anarchique de ses berges et la pollution sont en train d’avoir raison du « Djoliba ».
Et selon de nombreuses sources, en trente ans, le débit du Niger s’est tari de moitié. Ainsi, les géographes évoquent sa probable disparition dans quelques années si rien n’est entrepris. Au total, 120 millions de personnes (200 millions en 2020) sont en danger si rien n’est fait. D’où la mobilisation internationale au chevet de cette sève nourricière des riverains.
Curieusement, les autorités maliennes n’ont toujours pas conscience de l’ampleur de la menace puisqu’ils brillent par leur laxisme par rapport à la réalisation des projets qui ne peuvent que condamner davantage le fleuve Niger.
Synergie d’action contre le laxisme de l’Etat
C’est pourquoi, comme le souhaitent les organisations de la société civile, « nous devons nous lever contre ce projet au risque de voir notre droit à l’eau sérieusement compromis ». C’est un devoir citoyen et humanitaire au nom des générations futures. C’est le moment d’aller vers une synergie des actions pour empêcher non seulement la construction de ce monument, mais aussi d’autres projets qui ne manqueront pas de voir le jour dans son lit ou sur ses berges.
En effet, comme la société civile malienne, nous sommes convaincus que l’érection du Monument du Cinquantenaire n’est que l’amorce d’un projet de re-profilage du fleuve visant à la transformation du fleuve en canal dans la ville de Bamako par la construction du mur, le remblaie et la vente des parcelles ainsi créées. Ce pays appartient à nous tous et personne n’a le droit de sacrifier des générations pour la célébration d’une indépendance qui tarde à se concrétiser sur les plans socioéconomiques et politique à cause de tels errements de nos dirigeants.
Alphaly

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ELIMINATOIRES CAN 2012
Les Aigles en préparation à Kabala
Les Aigles ont entamé hier mardi leur stage de préparation en prévision du premier match des éliminatoires de la Can 2012 face au Cap-Vert, le 4 septembre prochain, au stade de Praia.
Le sélectionneur national, Alain Giresse, a battu le rappel de 22 joueurs, dont Ismaël Kéita (Nantes) qui fera ainsi ses premiers pas en sélection et le revenant Drissa Diakité (Nice). Le début du stage a été marqué par un dégraissage et les premiers conseils.
La moitié de l’effectif est présente au centre d’entraînement pour sportifs d’élites, Ousmane Traoré de Kabala à l’occasion de l’entame du regroupement. Il s’agit, en effet, de Soumbeyla Diakité, Abdoulaye Y. Maïga (Stade malien de Bamako), Mohamed Traoré (Club africain de Tunis), Bakaye Traoré (Nancy), Adama Kéita (COB) et Drissa Diakité (Nice).
Tous ces joueurs sont sur place. Ils devraient être rejoints par le reste du contingent hier pour compléter le groupe.
En attendant, l’ensemble des joueurs sera présent aujourd’hui au stade Mamadou Konaté, pour la prise de contact avec le gazon synthétique sur lequel les dirigeants n’écartent pas que la rencontre pourrait se disputer sur un terrain similaire à Praia.
Outre les locaux Adama Kéita, Soumbeyla Diakité et Abdoulaye Maïga, Alain Giresse pourra diriger la séance d’entraînement de ce soir en présence de certains professionnels, à l’instar de Drissa Diakité ou Bakaye Traoré.
A noter la défection de l’attaquant Modibo Maïga (Sochaux), pour cause de blessure. Celui-ci auteur d’un but samedi en championnat de Ligue de France avec son club est indisponible pour quelques jours.
Le sélectionneur national, Alain Giresse, animera aujourd’hui une conférence de presse à Kabala pour donner plus d’amples informations sur le groupe et la suite du programme de stage. Dans sa dernière rencontre du vendredi dernier avec les médias locaux, Giresse avait attiré l’attention de ses poulains sur la difficulté du rendez-vous du 4 septembre prochain.
Boubacar Diakité Sarr


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