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2010

Mois d'octobre

Les Echos du 29 octobre

 

PROCES CONTRE AMADOU DJICORONI
La réécriture de l’Histoire du Mali en marche
Tout ce que nous craignions commence à se réaliser : la réécriture est en marche. La famille du Dr. Faran Samaké porte plainte contre Amadou Djicoroni pour diffamation.
Au cours d’une conférence qu’il a animée à Nara le 8 juillet dernier à l’occasion des festivités du cinquantenaire sur le parcours du président Modibo Kéita, Amadou Djikoroni a repris ce qui n’a jamais été démenti : "la thèse de la mort de Modibo Kéita est claire. C’est un empoisonnement par injection, sur une ordonnance prescrite par le Dr. Faran Samaké…"
En réaction, Tiécoro Diakité, "ami de la famille Samaké", et les héritiers de feu Dr. Faran Samaké, ont décidé d’ester en justice contre Amadou Djicoroni, un ex-compagnon de Modibo Kéita pour "calomnie" de la mémoire de feu Dr. Faran Samaké.
Depuis un certain temps, des militaires, contemporains des putschistes, ont écrit sur les conditions d’arrestation, de détention et de mort du premier président de la République, le père de notre indépendance, Modibo Kéita. Dans cet épisode douloureux de notre pays, malgré les ouvrages qui ont été produits, il reste des zones d’ombre, des débats refoulés, des non-dits…
Mais, parmi les constances : le rôle de Dr. Faran Samaké. Aussi bien "Ma vie de soldat" du capitaine Soungalo Samaké et, surtout de "Transferts définitifs" du colonel Assimi Dembélé qui, évoquent la mort de Modibo Kéita et le suicide de Dr. Faran Samaké, font un lien du genre que le Dr. s’est suicidé de peur que Tiécoro Bakayoko, qui devait passer au procès (en 1978), ne parle. Il y a le livre de Soungalo Samaké qui est une mine en la matière, puisqu’il donne des détails clairs. Morceaux choisis :
De quoi est mort Modibo Kéita ? Le mystère.
" Ma vie de soldat", un livre édité en 2007 par le geôlier de Modibo, le capitaine Soungalo Samaké, sous les presses de la "Ruche aux livres", est à ce jour l’un des rares témoignages sur la détention et la mort de Modibo Kéita.
" Un jour, le soldat qui lui apportait ses repas est venu précipitamment me voir pour dire que Modibo était tombé au pied de son lit. J’ai couru, pour aller dans sa cellule. Il bavait. Je l’ai pris ; j’ai dit au soldat : aide-moi. Nous l’avons couché dans son lit. J’ai pris une serviette pour essuyer la bave. Je lui ai posé la question : qu’est-ce que tu as ? Qu’est-ce que tu as ? Il voulait parler, mais le son ne sortait pas. J’ai fait appeler l’infirmier major et je lui ai posé la question : Modibo a-t-il été soigné ce matin ?
Oui.
A quelle heure ?
A dix heures.
Qui a fait la prescription ?
C’est le Dr. Faran Samaké.
Qui a fait le traitement ?
C’est moi".
Le capitaine Soungalo Samaké, parti rapidement au domicile de Dr. Faran Samaké au Point G, lui pose les mêmes questions concernant les traitements administrés à son détenu. Le Dr. reconnaît avoir vu Modibo le même jour. Sur demande du capitaine, ils partent ensemble au camp, au chevet de Modibo.
Vu que son état s’empirait, le Dr. Faran Samaké a recommandé son évacuation sur Gabriel Touré. Mais l’autorisation du président Moussa Traoré devait être recueillie. Le président Modibo décède entre-temps dans sa cellule, la tête sur les jambes de son geôlier, qui était retourné à son chevet.
Toujours dans les témoignages du capitaine Soungalo, le président de la République, Moussa Traoré fut informé ainsi que des membres du CMLN (Tiécoro Bagayoko, directeur des services de sécurité et Kissima Doukara, ministre de la Défense).
Ses funérailles ont été l’occasion d’une mobilisation populaire de parents, d’amis et d’étudiants. Une mobilisation sanctionnée par la répression militaire, car le régime en place se sentait défié.
Ces détails n’avaient ému ni famille ni ami de Faran Samaké, puisque, depuis personne ne les a entendus se plaindre ou vouloir donner la bonne version. Amadou Djicoroni qui n’a rien dit à Nara de nouveau, apparaît comme un bouc émissaire, et le procès comme un objet de chantage qui est exhibé par la famille et l’ami de Dr. Faran Samaké pour botter en touche, empêcher le débat sur ce qui s’est passé.
L’UM-RDA, lors de la présentation de son rapport de colloque, a soutenu Amadou Djicoroni par la voix de Bocar Moussa Diarra, son président : "le président Modibo Kéita a été assassiné. C’est le vocable du parti. Il est mort en prison dans des circonstances douteuses. Tout militant et tout bon Malien doit chercher à le clarifier proprement. Le combat d’Amadou Djicoroni Traoré est le nôtre, à l’avant-garde de la manifestation de la vérité dans sa plénitude. Nous sommes solidaires d’Amadou Djicoroni, engagés pour connaître la vérité. Nous le manifesterons le moment venu". Cela ne suffit pas : il a été dit que le testament de l’ancien président existe. A l’UM-RDA d’exiger sa recherche et le rendre public pour l’Histoire, pour le Mali.
Il apparaît que Modibo Kéita a reçu des injections de Dr. Faran Samaké, s’il n’a pas contribué à son assassinat, qu’est-ce qu’il lui injectait ? Pourquoi Dr. Faran Samaké s’est-il suicidé ? Pourquoi juste avant le procès de Tiécoro Bakayoko ? Pourquoi, depuis tout le temps que le Dr. Faran Samaké est accusé d’assassinat sur la personne du président, c’est seulement maintenant que la famille réagît ?
Au moment où le général ATT, témoin de cet épisode funeste de notre pays, parle de réconciliation, ce procès qui va à contre-courant sera pourtant une bonne occasion de mettre sur le tapis toutes les abominations du régime GMT, les assassinats, les brimades de leaders politiques ou de simples citoyens comme Abdoul Karim Camara dit Cabral.
Même si le témoignage de GMT n’a pas de valeur juridique, il devrait parler : c’est lui qui a fait arrêter Modibo, l’a fait condamner et est comptable de sa mort. Il est vivant et dans les bonnes grâces d’ATT.
A moins que dans l’entendement du président ATT réconciliation ne rime pas avec réhabilitation de GMT, il lui revient de faire en sorte que le procès contre Amadou Djicoroni qu’on veut juste passer en bouc émissaire, soit vraiment l’occasion de faire connaître aux Maliens la vérité.
Alexis Kalambry

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INSECURITE
Risques d’enlèvements à Mopti !
Selon une correspondance, signée du consul de France au Mali, Patrick Mazounie et datée d’hier, il est demandé aux Français résidents à Mopti et Sevaré de ne plus se déplacer de nuit ou de s’aventurer hors de ces villes.
" Il ressort d’informations parvenues au ministère des Affaires étrangères et européennes que le risque d’enlèvement d’Occidentaux en général et de Français en particulier dans la région de Mopti s’est subitement accru", dit le communiqué.
Il ajoute : "Dans le contexte actuel où cinq compatriotes ont été enlevés au Niger et sont actuellement détenus par AQMI et où Oussama Ben Laden a adressé un message sonore au peuple français justifiant ces enlèvements, et en ce début de saison touristique, il revient à chacun de prendre toutes les précautions utiles pour assurer sa sécurité".
Le consulat demande, en plus, aux Français et Occidentaux de ne pas se rendre dans la région de Mopti (le pays Dogon fait partie de cette région). En plus, il prévient que l’évolution de la situation pourrait les amener "à durcir" ces règles de sécurité.
A. Kalambry

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JNV CONTRE LA POLIO SAUVAGE
ATT administre la 1re dose à Sénou
Ce sont des enfants âgés de 0 à 5ans qui sont concernés par la vaccination contre la poliomyélite sauvage qui a resurgi dans les pays de la sous-région. Le lancement de la vaccination dans notre pays s’est déroulé jeudi à Sénou, en Commune VI du district de Bamako.
C’est le président Amadou Toumani Touré, des membres du gouvernement et des représentants des organisations partenaires dans la lutte contre la poliomyélite (Uncef, OMS) qui ont administré jeudi les premières goûtes du vaccin contre la polio sauvage à des enfants âgés de 0 à 5 ans à Sénou, un quartier périphérique de Bamako, marquant ainsi le coup d’envoi de l’opération de vaccination qui prend fin le 31 octobre.
Certes l’initiative mondiale d’éradiquer la maladie, depuis 1997, a connu un succès, particulièrement au Mali. En 1988, 350 000 cas ont été recensés dans 124 pays et à la fin de la même année, ce chiffre est tombé à 1500 cas soit une réduction de 95 %.
" Mais les 5 % représentent pour nous une menace permanente et nous interpelle à achever le travail", a indiqué le ministre de la Santé, Oumar Ibrahima Touré, d’autant plus qu’au Mali 4 cas de polio sauvage ont été notifiés dont le plus récent, celui de type 3, a été détecté dans le district sanitaire de Gao le 15 octobre 2010.
" La détection de cas est considérée comme une urgence internationale", a ajouté le ministre Touré, précisant que tant qu’il existe un pays endémique dans notre sous-région ouest-africaine, tous les autres pays sont exposés. Le Mali n’est pas le seul pays qui a connu une ré-contamination, il faut y ajouter le Ghana et le Togo.
D’où la nécessité d’une synchronisation de la vaccination qui se déroule simultanément dans 11 pays de l’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Gambie, Guinée-Conakry, Guinée-Bissau, Libéria, Mali, Niger, Sénégal, Sierra Léone).
Pour ce qui est de notre pays, au cours de cette campagne, 4 676 425 enfants de 0 à 5 ans, même ceux déjà vaccinés devraient recevoir la dose de vaccin. Pour cela, l’Etat et ses partenaires n’ont pas lésiné sur les moyens humains et financiers.
L’opération va coûter, aux dires du ministre de la Santé, environ 1 milliard de F CFA, alors qu’ils seront 20 478 vaccinateurs et 2424 superviseurs sur le terrain pour assurer la réussite de l’opération, la stratégie adoptée étant le porte-à-porte.
Les partenaires notamment l’Unicef et l’OMS à travers leurs représentants respectifs, Marcel Rudasygwa et Dr. Fatoumata Diallo Binta Tidiane ont tous assuré du soutien indéfectible de leurs organisations pour faire bouter hors du continent la polio sauvage, "il faudra impérativement aller jusqu’au village le plus difficile d’accès pour retrouver les enfants et les vacciner", a suggéré Dr. Diallo. Et M. Rudasygwa d’ajouter que des maladies handicapantes peuvent être évitées grâce à la vaccination.
Denis Koné

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LUTTE CONTRE LE PALUDISME
Enda-Mali au chevet des talibés
Enda-Mali et ses partenaires ont initié des journées de salubrité avec pulvérisation, désinfection et remise de moustiquaires imprégnées aux écoles coraniques du district afin d’améliorer la santé des enfants talibés.
Dans le cadre des activités du Mois de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion, l’ONG Enda-Mali a procédé le jeudi 28 octobre à l’école coranique feu Ousmane Kalapo, ancien imam de la Grande mosquée d’Hamdallaye, au lancement officiel des journées de salubrité avec pulvérisation, désinfection et remise de moustiquaires imprégnées aux centres coraniques.
Pendant une semaine, les équipes, avec l’accompagnement et la facilitation de l’Association des maîtres coraniques de Bamako, du Haut conseil islamique du Mali (HCIM), vont sillonner les six communes du district de Bamako pour pulvériser et désinfecter les centres coraniques et remettre des moustiquaires imprégnées aux enfants talibés.
Le coordonnateur national d’Enda-Mali, Soumana Coulibaly, a expliqué aux autorités religieuses et politiques de Bamako et de la Commune IV que l’initiative de son ONG vise à réduire le taux de paludisme chez les enfants vulnérables, principalement les talibés qui vivent, selon lui, dans une précarité exécrable.
M. Coulibaly a rappelé que le choix de la période pour mener une telle activité n’est pas fortuit. "Le pic de la transmission du paludisme dans notre pays s’étend de septembre à novembre", a-t-il indiqué. Et de poursuivre que ces journées vont améliorer de façon significative la prévention en cette période de forte transmission du paludisme.
Le représentant de la Délégation spéciale de la Commune IV Ibrahim H. Dicko a salué l’initiative d’Enda-Mali et s’est réjoui du choix porté sur sa commune pour abriter le lancement des présentes journées. Il a plaidé en faveur d’une prise en charge sanitaire des enfants talibés, à l’instar des autres catégories d’enfants vulnérables par les collectivités décentralisées.
Selon les études, le paludisme constitue la première cause de consultation pour les enfants talibés et la première cause de mortalité en général.
Amadou Waïgalo

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CONSEIL DE CERCLE DE SIKASSO
Un budget de près de 2,2 milliards de FCFA
Plus de 2 milliards 195 millions de F CFA. Tel est le budget du Conseil de cercle de Sikasso équilibré en recettes et en dépenses.
Le budget du Conseil de cercle de Sikasso pour l’année 2011, dont l’examen a démarré lundi dans la salle de délibération de l’Assemblée régionale, est en légère augmentation au titre des recettes et des dépenses par rapport au budget précédent. Il se chiffre à 2 milliards 196 millions de F CFA.
Le budget d’investissement s’élève à 1 milliard 237 millions. Il s’appuie sur un programme d’investissement articulé autour de l’environnement, l’aménagement du territoire, l’éducation et la santé. Dans ce secteur, on note l’adoption du projet de construction du Centre de santé de référence de la Commune rurale de Niéna à hauteur de 1 milliard de F CFA, avec l’appui des partenaires néerlandais.
Le budget de fonctionnement s’élève à 959 millions de F CFA. Une bonne partie de ce montant est réservée à l’entretien des écoles, des centres de santé et aux salaires du personnel contractuel. Le président du conseil du cercle nourrit de grandes ambitions pour le cercle à travers l’intensification des effets de recouvrement dans toutes les 43 communes du cercle, la vulgarisation des missions de la collectivité et l’amélioration du service.
Le président a signalé et stigmatisé certaines pratiques qui contrarient l'exécution normale des budgets locaux comme le recouvrement timide des taxes et impôts dans les communes dû à l’incivisme. Il a invité les contribuables à redoubler d’effort pour que la collectivité puisse faire face aux dépenses de la Biennale artistique et culturelle 2010 que Sikasso organisera en décembre prochain.
B. Y. Cissé
(correspondant régional)

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DOSSIER
LA PEITURE MALIENNE
PEINTURE MALIENNE
Ces artistes qui font la fierté du Mali
Un peintre est quelqu'un qui s'est penché sur quelque processus de création, y a pris goût et s'est entêté à explorer, repoussant sans cesse les limites du chemin à parcourir. Au Mali, beaucoup d’artistes se sont fait une renommée grâce à la passion des couleurs, des formes, des matières mais surtout du processus.
Ces artistes ont mis les pieds dans les pas des grands peintres maliens comme Ismaël Diabaté, Abdoulaye Konaté, Mamadou Diané, Kamara Ka, Moussa Koné qui ont donné une renommée internationale au Mali.
Parmi les jeunes peintres, on peut citer Sira Sissoko, l’une des rares femmes artistes peintres du Mali, voire de l’Afrique. Très engagée, elle dirige aujourd’hui l'atelier papier "Mali" et une association d’appui aux jeunes filles en difficultés. Artiste peintre, femme de talent et de défis, professeur d'histoire de l'art, elle éclabousse de son talent ses compatriotes et tous les amoureux des arts plastiques.
Son talent a vite franchi les frontières du Mali. La preuve en est qu’elle faisait partie des sept artistes présents au passage serpentin du 3 mai au 13 juillet 2007 (Paris-France) dans le cadre de l’exposition intitulée "Mali".
Une autre figure de l’art malien, c’est Mohamed Diakité. Revenu au pays après 4 ans d'études en communication, il navigue entre sa profession et sa passion, la peinture. C'est auprès de son frère aîné, artiste peintre professionnel que Mohamed Diakité a appris la peinture.
Jeune peintre malien Abou Diallo, lui, mélange collages, détournements d’images et marqueteries. Il utilise l’acrylique et l’huile au même titre que le café. Un univers coloré et inventif à découvrir.
Enfin Thierno Diallo, qui n’est plus à présenté au public malien, est un véritable temple de contemplation par son décor. Perdu entre ses tableaux et sculptures sous un hangar truffé de fleurs, Thierno nous a fait voyager dans un monde imaginaire et concret qui nous relate notre vie de tous les jours.
Anne-Marie Kéita

EL HADJI LAYA DOLO PEINTRE AUTODIDACTE
" Je suis devenu peintre grâce à mon frère"
" C’est en forgeant qu’on devient forgeron", dit l’adage. Passionné de dessin depuis l’enfance, El hadji Laya Dolo est, de nos jours, un jeune peintre autodidacte, un métier auquel il n’était pas prédestiné.
Nombreux sont des artistes peintres qui apprennent cet art dans les établissements spécialisés tels l’Institut national des arts de Bamako. En 1963, l’INA de Bamako naît et devient un établissement d’enseignement secondaire et professionnel dépendant du ministère de la Culture. Il est chargé de donner un enseignement artistique ; à savoir : la musique, les arts plastiques, des métiers d’art (forge, maroquinerie, bijouterie, menuiserie ébénisterie, tissage).
De cet établissement sortiront de grands artistes (dans tous les domaines) qui feront la fierté du pays comme Aly Dolo, artiste peintre. Si M. Dolo a eu la chance d’apprendre la peinture à l’école, ce ne sera pas le cas de son jeune frère, El hadji Laya Dolo.
" J’étais, dès mon enfance à l’école primaire, très porté sur le dessin. Je faisais tous les dessins des classes (croquis, portraits, cartes) en sciences naturelles, géographie. J’ai dû abandonner mes études", raconte El hadji Dolo, qui ajoute qu’il est venu à la peinture grâce à son grand frère Aly Dolo. Ce dernier dispose d’un atelier de peinture surtout dans la spécialité du bogolan.
" Comme il savait que je suis un bon dessinateur, il m’a fait venir auprès de lui et il me confiait certains travaux. Au fil du temps, j’ai acquis de l’expérience qui me permet de m’en sortir seul".
Comme il l’a appris sur le tas à côté de son grand frère, El hadji réalise ses œuvres sur le bogolan. Pour lui, la peinture pouvait auparavant nourrir son homme. Mais avec la cherté des produits, du tissu, l’envahissement du secteur par des firmes étrangères, la peinture sur bogolan rapporte peu.
Cependant, il n’entend pas pour autant abandonner ce métier, loin s’en faut, car, dit-il, la peinture est aussi une passion, une façon qui permet à l’artiste de s’exprimer, de communiquer avec le monde extérieur.
Denis Koné

OUMAR KAMARA KA, DR. EN ARCHEOLOGIE
" La majorité des peintres maliens ne vivent pas de leur art"

La peinture dans sa définition étymologique, son évolution générale dans le temps et au Mali en particulier sont, entre autres, sujets abordés par Dr. Oumar Kamara Ka, docteur Ph. D en archéologie et ancien directeur de l’INA. M. Kamara qui est peintre également enseigne à la Faculté des lettres, langues, arts et sciences humaines (Flash) de l’Université de Bamako.

Les Echos : Quelle définition donnez-vous à la peinture?

O. K. K. : La peinture est un médium, une technique dont le peintre se sert pour suggérer, de façon abstraite ou figurative, le monde auquel il appartient. La peinture, comme l’art en général, est de ce point de vue une forme de conscience sociale, où se révèle la personnalité de l’artiste à travers sa force émotive.

Les Echos : Y a-t-il une histoire de la peinture au Mali ?
O. K. K. : Cette question peut paraître complexe. C’est pour cela qu’il faut poser le problème sous un angle plus général : la peinture en Afrique a-t-elle une histoire ? L’histoire de la peinture en Afrique remonte à l’époque du néolithique au Sahara (6000 ans avant notre ère). Ce sont ce que l’on a appelé "les peintures rupestres", qui sont des représentations des activités sociales des populations préhistoriques. Ces peintures existent également sur des sites préhistoriques d’Afrique du Sud. De ce point de vue, la peinture sur le continent africain, considérée à tort comme une invention occidentale, n’est pas attestée. A partir de cette mise au point, on peut affirmer que la peinture au Mali a son histoire. Ce n’est plus seulement une question de logique, mais une réalité vivante : les peintures décoratives des façades et des intérieurs ; les techniques d’impression sur tissus (le bogolan, les boubous…).

Les Echos : La société traditionnelle malienne connaissait-elle la peinture?

O. K. K. : Les historiens d’art seraient beaucoup plus à l’aise s’il s’agissait de la sculpture traditionnelle. Cependant, les techniques d’impression et de décoration traditionnelle des cases et autres façades étaient une pratique courante au Mali. Les falaises des aires culturelles dogon en sont la parfaite illustration : les symboles géométriques, les figurines armées de javelots, des représentations de personnages chargés d’idéogrammes, etc.
La décoration des cases était généralement confiée aux femmes, plus inventives et plus douées. Les couleurs (à base végétale) les plus utilisées étaient des ocres avec leurs différentes dégradations. Le noir était appliqué pour renforcer le contraste. C’était de simples signes géométriques ou encore des dessins représentatifs du monde animal familier. Ces techniques de peinture sont encore utilisées dans certaines zones rurales.
Il est vrai qu’aujourd’hui, avec des nouvelles techniques et les peintures industrielles héritées de l’Occident, cette peinture va connaître un nouvel élan en fonction des préoccupations et besoins nouveaux : la prolifération des ateliers de teinture amène les artistes à innover dans le choix des motifs et à expérimenter davantage des techniques d’impression ; la décoration des façades d’ateliers de couture dans des styles aussi naïfs que caricaturaux ; les peintures sur des Sotrama (transport en commun de la ville de Bamako) à vocation décorative, plus triviales et d’inspiration populaire ; les peintures hiératiques représentant des bouchers sur des murs noircis et craquelées (un charme particulier) des "dibiteries". Les jeunes peintres diplômés, plus ou moins doués se sont spécialisés dans la décoration des panneaux publicitaires, avec la multiplication des petites et moyennes entreprises.
Ce type de peinture est dit, de façon péjorative, "alimentaire" du fait qu’elle ne se situe pas dans le domaine de la créativité artistique au sens de la production de chef-d’œuvre.

Les Echos : Quelle est l'évolution de cet art dans notre pays ?

O. K. K. : L’évolution de cet art est liée à l’existence au Mali d’une école d’art, l’Institut national des arts (INA). Cette école a été créée en 1933 sous l’appellation de la Maison des artisans soudanais. C’est à partir de 1963 qu’il est devenu l’Institut national des arts. A ses débuts, l’école comptait trois sections : arts plastiques, art dramatique et musique. C’est dans la section arts plastiques qu’ont été formés la plupart des artistes de renom de notre pays. Certains parmi eux ont continué leurs formations à l’étranger, notamment à Moscou, à Cuba et en Italie.
Aujourd’hui, la tradition est assurée par certains de ces artistes dans des voies les plus diverses, souvent avec des tentatives de retour à leurs courants artistiques initiaux. Ismaël Diabaté apparaît comme le peintre le plus doué de son temps en raison de son immense talent et de sa force de créativité toujours renouvelée. Il est l’un des artistes qui ont fait émerger le bogolan au rang d’art. On peut citer ici l’œuvre "Monument aux martyr" ; la série des tableaux intitulés "la Foule", la série des "Fenêtres", initiée à partir des idéogrammes dogons, la série des œuvres sur la sacralité de la parole en milieu bambara, etc.
Quant à Abdoulaye Konaté, il est l’un des premiers inspirateurs de la peinture contemporaine au Mali. Il expose, après le 26 mars 1991 des voitures calcinées au CCF de Bamako, des séries d’œuvres en hommage aux chasseurs ; des installations sur le monde des nomades du désert ; des installations sur la sécheresse, etc.
D’autres jeunes peintres, formés à l’INA et au Conservatoire font également leur entrée dans la création contemporaine au Mali : Souleymane Ouologuem et Modibo Doumbia sont aujourd’hui les peintres les plus talentueux de leur génération. Ils ont exposé au Mali et dans beaucoup de pays européens. Ils sont déjà inscrits dans le répertoire des artistes plasticiens du Mali publié par "l’Association Acte sept", dirigée par le metteur en scène Adama Traoré.
En 2004, une nouvelle école de formation artistique a été créée : le Conservatoire des arts et métiers multimédia/BFK. C’est une école supérieure qui donne un enseignement pluridisciplinaire : arts plastiques, musique, danse, multimédia et théâtre. Elle ambitionne d’ouvrir une section mode et design compte tenu des enjeux du marché des arts aussi bien au Mali qu’à l’extérieur.

Les Echos : La peinture nourrit-elle son homme au Mali ?

O. K. K. : C’est une question récurrente. Partout ailleurs, les spécialistes de la peinture vous répondront par la négative. Ceci est dû au caractère spécifique de ce genre d’expression qu’est la peinture. C’est le domaine de la création, le plus souvent évoluant dans un "cercle" quand il s’agit de son appréhension très élitiste. Cette peinture n’est pas pour les roturiers. Elle a ses mentors occidentaux qui lui dictent des "comportements". Alors, les artistes ayant réussi à faire écho dans leurs œuvres les visions et les aspirations de ces mentors peuvent vivre de leurs arts. La grande majorité des artistes maliens, aussi talentueux les uns que les autres, sont à la périphérie de ce "cercle".

Les Echos : Le Mali est-il un pays qui a connu de grands peintres ?

O. K. K. : Le Mali est de plus en plus présent sur la scène internationale. Ceci est le résultat des expériences attestées dans le domaine des enseignements et de la pratique de l’art.
Citons quelques noms de peintres ayant joué un rôle inestimable dans l’émergence des consciences à travers leurs productions artistiques : Malick Sidibé, peintre de formation, aujourd’hui il est l’un des plus célèbres photographes du continent, de renommée internationale ; feu Somé Coulibaly, peintre, étudie plus tard à l’Institut d’Etat de peinture à Moscou, ancien directeur de l’Institut national des arts ; feu Moussa Dembélé, peintre de talent formé plus tard à l’Ecole des beaux-arts de Florence (Italie) ; Ismaël Diabaté, peintre polyvalent, initiateur de plusieurs techniques dont l’émergence du bogolan au rang d’art ; Dami Théra, sculpteur atypique, l’un des maîtres de la nouvelle plastique contemporaine en sculpture au Mali ; Abdoulaye Konaté, peintre de renommée internationale, initiateur des installations au Mali. Il a fait ses études supérieures à Cuba. Il est l’actuel directeur du Conservatoire des arts et métiers multimédia/Balla Fasséké Kouyaté ; Habib Ballo, peintre, graphiste de talent, étudie à l’Institut d’Etat de peinture de Moscou. Il est actuellement le chef du département multimédia au Conservatoire ; Mouctari Haïdara, peintre formé à l’Institut d’Etat de peinture de Moscou, actuel directeur des études au Conservatoire.
En marge de ces peintres, on peut citer à titre exceptionnel, le peintre autodidacte au talent immense, Amara Sylla (dit Amsyl), évoluant dans un canon contemporain hors "classique". Ses œuvres reflètent la dimension profonde de son âme et de son émotivité face aux réalités qu’il affronte. Il intervient dans la décoration des espaces publics lors des cérémonies : le Centre international des conférences de Bamako, le "Bla Bla", le palais présidentiel, etc. Son art est basé sur la récupération d’objets divers, aussi bien naturel que préfabriqués : des pierres ramassées sur la berge du fleuve Niger, des cornes, fibres végétales, des troncs d’arbre transformés en vases ou en pots de fleurs, etc. Récemment, il a ouvert un centre de création contemporaine baptisé "Lubama" (la grande famille), faisant sûrement allusion à la grande famille des artistes du Mali. Ce centre abrite régulièrement des ateliers animés par des artistes de divers horizons.

Les Echos : La peinture a-t-elle des genres ou des domaines comme la musique ou d'autres aspects de l'art ?

O. K. K. : La peinture, comme l’art en général, a connu une évolution dans son histoire : l’art préhistorique, l’art de l’Antiquité, l’art médiéval, l’art moderne et l’art contemporain. Aujourd’hui, on parle de plus en plus d’art du temps actuel, désignant par ce terme neutre "d’actuel" les activités artistiques se déroulant ces dernières années. Il y a dans la peinture deux grands courants : le courant figuratif et le courant abstrait.
Le courant figuratif est basé sur la représentation des modèles tels qu’ils existent dans la réalité avec le respect rigoureux des normes académiques. Par exemple, le "Monument Kwame Nkrumah", "le Monument Kontron et Sanè".
Par contre, le courant abstrait est une représentation mentale d’une réalité quelconque. Dans ce genre de représentation, c’est l’idée qui est primordiale et non la chose qui est censée être figurée. Par exemple, "Hommage aux chasseurs du Mandé" d’Abdoulaye Konaté, le "Ginna dogon" de Souleymane Ouologuem, "La parole attachée" d’Ismaël Diabaté, etc.
En fait, ce sont les manifestations artistiques des 19e-20e siècles en Europe qui annoncent et entretiennent, à partir du symbolisme, les différents styles de ce courant abstrait. Il s’agit, en substance, du cubisme, de l’impressionnisme, de l’expressionnisme, du dadaïsme, du surréalisme, etc. Tous ces styles artistiques (ce que vous appelez genres) ont un contenu.
Propos recueillis par
Abdrahamane Dicko

MOUSSA KONE, PEINTRE DE PROFESSION
" L’art peut nourrir ou non son homme"
Dans les Etats modernes, en l’absence de soutien politique et financier aux artistes, il est évident que c’est la traversée du désert pour nombre d’entre eux.
Le peintre est un artiste qui s’exprime par la peinture c'est-à-dire les pigments colorés afin de traduire en image une pensée, une émotion, une scène ou un objet. C’est en fait un moyen de communication d’un individu avec sa communauté. A ce titre, c’est une forme de conscience sociale.
Déjà en 1933, la Maison des artisans du Soudan existait. Au niveau de cette école étaient formés des artisans cordonniers, sculpteurs, de tissage… On peut dire que depuis cette date la peinture a fait son apparition au Mali. Mais bien avant on avait dans le milieu traditionnel la teinture du bogolan, de l’indigo et du batik.
La Maison des artisans du Soudan a été transformée en 1963 par la 1re République en Ecole des beaux arts avant de devenir en 1978 sous la IIe République Institut national des arts (INA) et depuis peu existe le Conservatoire Balla Fasseké, qui forme à un niveau supérieur des peintres. Il existe un petit bon nombre de peintres qui ont été formés dans cette école. Mais la plupart d’entre eux se sont orientés vers d’autres filières.
Selon Moussa Koné, professeur à l’INA et peintre de profession, le fait de dire que l’art nourrit ou pas son homme est à nuancer. "Oui, l’art nourrit son homme non l’art ne nourrit pas son homme. Je peux dire que je vis de mon art. Grâce à cet art, j’ai eu une fonction. Peut être que je suis un privilégié". Il ajoute que ceux qui n’ont pas eu sa chance ont d’énormes difficultés à vivre de leur art. Aujourd’hui, la situation est telle que malgré l’existence d’écoles de formation et les nombreuses professions formées, il n’y a que deux peintres maliens qui soient mondialement connus. Il s’agit d’Abdoulaye Konaté, directeur du Conservatoire Balla Fasseké, et Ismaël Diabaté.
" Hormis ces deux, les peintres d’aujourd’hui, pour la plupart, créent des œuvres pour un public européen et tout le monde n’a pas accès à ce marché. Ce qui rend davantage la situation des artistes maliens précaire", regrette le professeur-peintre.
A ses dires, le métier d’artiste au XVIIe siècle a bénéficié du soutien financier et politique des autorités de l’époque. "Le roi Louis XIV subventionnait les artistes pour leur permettre d’être au-dessus du besoin afin de pouvoir créer. Mais, aujourd’hui, dans nos Etats modernes, ce soutien politique et financier fait défaut", relève Moussa Koné.
Il lie la précarité de certains artistes maliens à l’absence d’un marché des arts plastiques permanent dans notre pays. Toutes les actions entreprises par les autorités sont des actions ponctuelles. "Ce qui fait que les artistes peuvent faire une année sinon plus sans vendre une œuvre. Dans ces conditions, il est difficile de vivre de son art".
De toute évidence, M. Koné pense que la faute incombe aux autorités maliennes mais que c’est aussi un problème culturel. "Le Malien n’a pas encore dans sa culture la consommation d’œuvre d’art comme le tableau. Rarement, un Malien peut dépenser de l’argent pour payer un tableau peinture sauf ceux qui ont été en contact avec la culture européenne", conclut notre interlocuteur.
Mohamed Daou

ABDOULAYE KONATE
Un grand maître dans l’art
Homme sensible et discret, quelque peu anxieux, le grand maître de la peinture ne perçoit son œuvre que comme témoignage de son temps. Portait.
Après une formation artistique à l'Institut national des arts (INA) à Bamako et à l'Institut supérieur des arts de La Havane (Cuba), Abdoulaye Konaté, puisque c’est de lui qu’il s’agit, travaille au Musée national du Mali comme graphiste et se consacre parallèlement à la peinture.
Ses premières œuvres sont marquées par sa formation. Mais très vite il s'en détache, car sa sensibilité discrète, mais profonde, le conduit à l'observation de ce qui l'entoure. Et ce qui l'entoure quotidiennement est l'art africain marqué du sceau de la religiosité mais aussi de l'élégance des formes.
Né en 1953 à Diré, Abdoulaye Konaté a étudié à l'Institut national des arts, section peinture. Entre 1976 et 1978, il travaille comme technicien au Musée national du Mali. De 1978 à 1985, il est à Cuba pour des études supérieures en arts plastiques (peinture) et depuis juin 1985, il est diplômé de l'Institut supérieur des arts de la Havane.
" Ce qui l'intéressait, c'était l'élégance du mouvement qui suggère les lignes du masque antilope basanas", témoigne un de ses collègues. Par la suite, l'art africain, en ce qu'il a de magique et de force mystique le séduit jusqu'à la fascination.
Il utilise, dans ses compositions sur tissu écru ou n'galama, les objets issus de la tradition (hommage aux chasseurs du Mandé 1995 qui lui a valu le grand prix Léopold Sédar Senghor à la Biennale d'art contemporain de Dakar, Dak'Art 1996) ou dans ses installations (La Défense 1995, La Naissance, la Mort et la Culture 1995), non comme forme d'expression artistique faisant la part belle à l'esthétique, mais comme moyen de communiquer ce qu'il ressent de la puissance magique quasi universelle de ces objets. Qui en effet, qu'il soit d'Europe ou d'Asie, peut rester insensible devant ces mises en scène d'objets hétéroclites qui renvoient à nos croyances originelles à tous ?
Pour autant, Abdoulaye ne s'éloigne jamais de l'art pictural. Parallèlement à ses compositions sur tissus et ses installations, il peint de nombreuses acryliques sur lesquelles on retrouve les objets issus du patrimoine : formes et couleurs des gris-gris (1995) est une série dans laquelle il donne libre cours à son goût pour la peinture.
En homme sensible aux problèmes de son temps, il cherche à communiquer ses angoisses et ses espoirs sur les problèmes du monde contemporain. Mais qu'on ne s'y méprenne, Abdoulaye n'est ni un philosophe mystique, ni un politique. Sa revendication est d'abord artistique, Mais lui, homme si sensible, si discret, quelque peu anxieux, ne perçoit son œuvre que comme témoignage de son temps.
Idrissa Sako

PEINTURE AU MALI
Deux écoles de formation

Les autorités de la 1re République ont baptisé la Maison des artisans du Soudan avant de la transformer en 1963 en Ecole des beaux arts. En 1978 sous la IIe République, l’Ecole des beaux arts se muera à son tour en Institut national des arts (Ina) et depuis 6 ans, il existe le Conservatoire des arts multimédias Balla Fasseké Kouyaté qui sont les creusets des artistes peintures du Mali.

L’Institut national des arts (INA) est identifié à travers un groupe de peintres et de plasticiens qui émergent dans les années 1930 avec la Maison des artisans du Soudan. Elle prend sa source avec les premiers artistes en formation académique à l’ancienne Maison des arts du Soudan qui deviendra peu après l’Ecole des beaux arts.
A l’INA de Bamako, la section art plastique est composée de bien d’autres aspects. En ce qui concerne l’art plastique, il y a le dessin, la peinture, la décoration et la sculpture. Ces éléments, aux dires de Pr. Modibo Sissoko alias Van, constituent les arts plastiques. Pour ce qui est de l’effectif, les élèves suivent une formation d’un tronc commun de 4 ans.
A partir de cette étape, l’élève choisit un thème pour son rapport de fin de cycle. A l’INA, 300 élèves environ apprennent au sein de différentes sections. A en croire Pr. Sissoko, des difficultés persistent, notamment les problèmes de nuances. "Si quelqu’un veut être peintre, il va faire le concours en art plastique. Après avoir réussi le concours, on commence de la première année jusqu’en fin de cycle, à savoir la 4e année", dit-il Pr. Sissoko.

Cam/BFK
En plus de l’INA, il existe le Conservatoire des arts et métiers multimédias Balla Fasséké Kouyaté (Cam/BFK), qui correspond au cycle supérieur de l’INA. Le Cam/BFK a ouvert ses portes le 10 octobre 2004. Depuis cette date, il accompagne des générations d’élèves vers la réussite, se forgeant une réputation d’excellence à Bamako.
Aujourd’hui, il accueille 260 étudiants (du cours normal aux masters), sans oublier les managements, développe pour tous un enseignement de qualité tourné vers l’avenir. "Nous avons enregistré des partants à la fonction publique et dans la section art plastique, il y a 10 étudiants par section et par classe, soit 50 au total pour cette année", renseigne le directeur adjoint du Conservatoire des arts, multimédias (Cam), Moctar Haïdara.
La façade et la toiture du CICB, les peintures des Biennales de Kayes et celle du cinquantenaire de Sikasso sont les œuvres des élèves et étudiants de l’INA et du Cam/BFK.
Boubacar Diakité Sarr

LE CENTRE SOLEIL D’AFRIQUE
Un outil de promotion des artistes
Au Mali, les adeptes de l’art plastique ne sont pas nombreux, cependant le Centre Soleil d’Afrique de Jamana unique dans le secteur culturel au Mali entend inverser la tendance en s’approchant davantage du public.

Créé en 1999 avec le soutien financier de la Fondation Prins Claus et l’appui technique de Rijksakademie van Beeldende Kunsten des Pays-Bas, le Centre Soleil d’Afrique crèche dans son propre local à Hamdallaye ACI-2000.
Il est composé d’une salle d’exposition, un espace de travail, une salle d’infographie équipée d’ordinateurs, deux magasins et deux bureaux. Un staff composé de huit personnes de profils divers assure le fonctionnement quotidien du Centre au sein duquel on peut identifier une vingtaine d’œuvres d’artistes maliens et étrangers qui sont passés pour une formation ou en tant que collaborateurs.
Le président de Soleil d’Afrique, Hamma Goro, considère son établissement comme un acteur unique sur la scène culturelle bamakoise sinon malienne et qui constitue, selon lui, un cadre et un lieu de rencontre approprié au service de tous les acteurs de la culture. La plupart des permanents de l’association sont des artistes spécialisés dans les différentes disciplines de l’art plastique.
" Nous envoyons nos artistes se spécialiser dans les domaines de la communication, management… Par exemple, j’ai subi plusieurs formations dans le domaine de la gestion", explique Bourama Diakité, responsable des finances de Soleil d’Afrique. Pour lui, il revient aux artistes de faire en sorte que le public malien s’intéresse à la peinture et à ses activités. A l’en croire, son Centre s’est dédié à cela à travers l’organisation de festival multimédia ou "Image virtuelle".
" Le festival multimédia est un événement annuel accompagné de concert au cours duquel nous procédons à une projection vidéo artistique à fin de faire découvrir au grand public des œuvres artistiques", explique M. Diakité. Et de rappeler que toutes les activités relatives aux expositions et aux ateliers de formations que Soleil d’Afrique organise visent à faire la promotion des jeunes artistes maliens.
Financement
Pour ce faire, le Centre a adopté la stratégie du réseautage et d’union pour susciter une synergie au profit des artistes. Aujourd’hui, les membres de Soleil d’Afrique confirment, sans modestie, que tous les artistes maliens qui commencent à s’illustrer sur le plan international ont bénéficié de l’appui de leur association, d’où leur satisfaction.
Cependant, le Centre, révèle-t-on, qui n’a pas un budget de fonctionnement, est confronté à un problème de financement, ce qui compromet actuellement ses activités. Mais, Hamma Goro reconnaît que son établissement arrive cependant à joindre les deux bouts grâce aux recettes issues de la vente de ses tableaux et à la confection des banderoles et des T-shirt pour les entreprises et les particuliers.
Selon le président de Soleil d’Afrique, les perspectives de son association sont orientées vers une large ouverture à travers le développement de son festival "Image virtuelle" et du programme d’art plastique. En entendant, le secteur de l’art plastique, principalement la peinture continue sa traversée du désert depuis les années 1990 après la ruée sur les œuvres comme le bogolan.
Amadou Waïgalo

EPILOGUE
La peinture au Mali
Il est difficile de dire si nos sociétés traditionnelles ont connu la peinture avant leurs contacts avec les Européens dans la seconde moitié du XIXe siècle, mais ce qui est sûr, c’est que l’art, de façon générale, était déjà pratiqué chez nous bien avant eux. En outre, la présence de nombreuses gravures et peintres rupestres dans certaines de nos grottes, semble signifier que nos sociétés anciennes, en dépit de la culture de l’oralité, connaissaient aussi la peintre ou quelque chose qui s’en approche.
Mais il ne faut rien exagérer parce que les gravures et peintures rupestres aperçues dans nos grottes et abris sous roche peuvent parvenir de populations anciennes de passage chez nous tout comme elles peuvent être l’œuvre de nos ancêtres. L’art, chez nous, est une chose ancienne mais il faut bien avouer que dans bien des sociétés, il s’est toujours confondu avec les métiers de l’artisanat et, de fait, l’artiste, pour beaucoup de gens, se confond avec l’artisan.
Si l’on entend par peinture la représentation graphique d’une pensée ou d’une idée (nature ou scène de la vie) sur un support en toile, on en déduira que cette forme de peinture a peu prévalu chez nous jusqu’à la fin du XIXe siècle. Il a fallu attendre les progrès scientifiques et techniques des XVIIIe et XIXe siècles pour voir les artistes peintres se réaliser pleinement et révéler au monde leur talent.
Dans nos sociétés traditionnelles, s’il y avait beaucoup de sculpteurs, d’artisans de bois et de potières, il y avait très peu de peintres pour ne pas dire que ceux-ci n’existaient pas. Jusqu’aux XVIIIe et XIXe siècles, en Europe c’était le dessin et le portrait qui dominaient, mais les progrès scientifiques ayant permis la fabrication de produits chimiques et de matériels nécessaires au développement de la peinture, celle-ci prit son essor et se développa grandement dans les années 1880-1890 pour exploser au début du XXe siècle avec le mouvement du cubisme.
La peinture, dès le début, fut comme la littérature. Elle s’attaqua aux problèmes sociaux les plus graves : conditions de vie difficiles des ouvriers, chômage, abus de la grande bourgeoisie, goût du luxe des classes sociales supérieures, etc.
Cependant, la peinture, de manière générale, fut introduite dans sa forme du XIXe siècle chez nous par le biais de la colonisation. Le dessin figurait dans les programmes scolaires de la 1re année au secondaire et même au-delà. A côté de cela, il y avait les gens qui étaient naturellement doués pour le dessin et qui, sans être scolarisés, travaillaient pour eux-mêmes en ville surtout. En dépit de la bonne volonté des maîtres et du talent des élèves, la colonisation ne put produire de grands peintres dont l’histoire de la peinture de ce pays se souvient. Il y eut certes des talents, mais ceux-ci n’explosèrent pas comme ce fut le cas après l’indépendance. On ne connaît d’ailleurs pas une grande école d’art créée à Bamako sous la colonisation et qui aurait formé des peintres immortels. A tout prendre, ce fut dans la période de l’indépendance avec la création dans les années 1962-1963 de l’Institut national des arts (INA) que la peinture au Mali eut ses lettres de noblesse.
Cet institut de formation, avec sa section "art plastique", est à l’origine de l’éclosion de nos premiers talents en peinture. En la matière, on peut citer la première génération des peintures avec des talents comme Ismaël Diabaté ou Abdoulaye Konaté qui exposèrent aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Mais l’Etat ne pouvant les utiliser que dans l’enseignement, beaucoup de ces peintres furent déployés dans les différentes écoles pour y enseigner le dessin et la peinture.
Ils furent aussi les maîtres de beaucoup de peintres de la 2e génération qui commença à faire entendre sa voix dans les années 1975-1976. Qu’il s’agisse des peintures de la 1re génération ou de ceux de la 2e, leurs tableaux restent collés à la réalité socio-économique du pays et font ressortir les peines du petit peuple. En dépit de l’option socialiste et du parti unique de fait, l’art sous la Ire république fut libre de 1960 à 1968 avec beaucoup de facilités accordées aux peintres : bourses d’études à l’étranger, stages dans les grandes nations de peinture : France, Italie, etc.
Dans la période politique qui suivit, celle de 1968 à 1991, l’art connut une situation difficile, car la peinture fut pratiquement mise en hibernation comme d’ailleurs la plupart des domaines de l’esprit. La libéralisation des activités intellectuelles (elles avaient été accaparées par la pensée unique du parti unique) en 1991 permit à la peinture de rebondir prodigieusement en faisant naître une nouvelle génération de peintres plus portés sur la critique de la dictature et de l’autocratie que la peinture banale du paysage ou de nouveautés venues d’Europe. Présentement, le Mali dispose de grands peintres de talent capables de rivaliser avec les grands de renommée internationale d’Europe et d’Amérique.
La peinture comme moyen d’expression d’un intellectuel ou d’un penseur fut tardive chez nous, mais dès qu’elle se mit en place, son œuvre apparut immense. Tout comme les autres domaines de l’art, elle fut utilitaire et ignora presque la théorie de l’art pour l’art dans la mesure ou elle devait d’abord permettre à l’artiste de survivre.
Facoh Donki Diarra


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CAN FEMININE AFRIQUE DU SUD-2010
" Le coup est jouable"
Moustapha Laïco Traoré, l’entraîneur des Aigles dames et ses pouliches sont depuis hier en Afrique du Sud où l’équipe disputera à partir de dimanche jusqu’au 14 novembre prochain, la 7e édition de la Coupe d’Afrique des nations (Can) de football féminin.
" Très honnêtement, le coup est jouable et notre objectif est de passer le 1er tour", annonçait le technicien juste après leur départ mercredi dernier d’un hôtel de la place. Dans cette enceinte, l’ambiance entre les joueuses et leurs encadreurs (techniques et médicaux) était bon enfant. La concentration était de taille.
" Nous sommes prêtes à mouiller le maillot, pour réaliser un bon parcours en terre sud africaine. Notre objectif principal, c’est de passer le 1er tour, voire disputer la finale", a affirmé pour la capitaine Diaty Ndiaye. C’est depuis fin août les Aigles dames de football féminin étaient en stage bloqué à Bamako.
Depuis leur arrivée à Johannesburg, après une brève escale à Nairobi (Kenya), les Aigles dames livrent deux séances d’entraînements. L’encadrement médical de l’équipe, veille au grain. "Pour le moment, il n’y a pas de soucis majeurs", assure l’encadrement médical qui soutient que, sur le plan sanitaire, les joueuses sont prêtes pour la compétition. Au cours de celle-ci, les Aigles dames évolueront dans le groupe A, en compagnie de l’Afrique du Sud, pays hôte, du Nigeria et de la Tanzanie.
Dans ce groupe basé à Johannesburg, les Aigles dames ouvrent le bal dimanche face au Super Falcones du Nigeria. Trois jours plus tard, elles se mesureront à la Tanzanie, les néophytes, qui se sont préparées aux Etats-Unis.
Pour leur troisième sortie, les Aigles joueront face à la sélection du pays hôte, l’Afrique du Sud, qui nourrit des ambitions dans cette compétition dominée par le Nigeria depuis une décennie.
Le groupe B basé également dans le Gauteng de Johannesburg comprend le Ghana, la Guinée équatoriale, championne en titre, et le Cameroun. Dans cette compétition, le parcours des Aigles dames est plus ou moins sinueux. Mais, la cuvée 2010, conduite par le coach Moustapha Laïco Traoré, en dépit des problèmes du dernier virage, ambitionne de vaincre le signe indien : c’est-à-dire passer le 1er tour tout d’abord.
Boubacar Diakité Sarr

La liste des 21 joueuses retenues
Gardiennes : Oumou Karembé (Mandé), Fatouma Karentao (Réal) et Goundo Samaké (Patronage, Congo).
Aminata Sacko, Malado Maïga, Fatouma Doumbia, Aïcha Konaté (Super Lionnes), Salimata Koné, Diaty Ndiaye (capitaine), Fatoumata M. Diarra, Rokiatou Samaké, Bassira Touré (Mandé), Aïchata Doumbia, Hawa Coulibaly (Usfas), Mariam Kéita, Kébe Traoré, Hawa Tangara (Réal), Ramata Kéita, Oumou Coulibaly, Yacaré Coulibaly (FC Amazone) et Nafissatou Kéita (Super club).
Entraîneur : Moustapha Laïco Traoré

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