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2010

Mois d'octobre

Les Echos du 28 octobre

 

BOUGOUNI
Coulibaly et Diakité à couteaux tirés
Un conflit de leadership oppose les Coulibaly de Kola aux Diakité de Bougouni. Cette ville était sous haute tension le lundi 25 octobre où une marche pacifique organisée par les Coulibaly a été étouffée dans l’œuf après l’envoi d’un détachement de la gendarmerie venu de Sikasso.
Le Banimonotié, nom authentique de Bougouni situé entre le "ba" (fleuve) et le "mono" (rivière), était sous haute tension le lundi 25 octobre 2010. Les Coulibaly, installés dans le village de Kola à environ 5 km de Bougouni, avaient menacé de marcher sur la ville pour manifester leur mécontentement contre les Diakité, fondateurs et chefs traditionnels du Banimonotié.
La marche, dite pacifique, organisée sous le parrainage du patriarche de Kola, le chef coutumier soma et des associations citoyennes de Kola et Bougouni, a été reportée sine die. Les organisateurs ont dû renoncer à leur projet suite au quadrillage de la ville par un contingent de gendarmes de Sikasso. D’autres étaient en état d’alerte à Bamako.
Les Coulibaly de Kola, Massabla (des banlieues de Bougouni situées entre 5 à 7 km) dénoncent le comportement des Diakité qui, selon eux, frise l’autoritarisme alors qu’ils ne sont pas plus autochtones qu’eux.
Dans un manifeste, les initiateurs de la marche forcée demandent la fin "du pouvoir traditionnel illimité des Diakité", la "restauration de l’autorité de l’Etat", la "fin de la suprématie discriminatoire des Diakité sur les autres citoyens de Bougouni (les menaces constantes de vandalisme et d’agression cas récent de Djoutèbougou)", la "fin des ingérences négatives des Diakité dans la gestion des services publics laquelle doit revenir aux techniciens".
Le manifeste met aussi en exergue certaines ingérences des Diakité dans la création de nouveaux quartiers afin d’améliorer la gestion administrative de la ville, dans le retard de la publication de la décision de nomination de chefs de villages et de quartiers de Bougouni ainsi que leur implication dans la gestion du centre de santé de référence en matière de gestion du personnel et d’équipement en matériels.
Le manifeste qui dit prendre à témoin les bonnes volontés de la société civile est signé de l’Association Arsko des ressortissants et sympathisants de Kola, de l’Association des Coulibaly de Bougouni, le Badenyaton des ressortissants de Tiémala et de l’Association Sabuyuman.
Les signataires interpellent en même temps les autorités administratives, politiques, judiciaires, la société civile, les confessions religieuses de la ville pour trouver des solutions aux problèmes posés. Ils disent œuvrer pour la paix, le dialogue et le respect d’autrui en écartant toute idée de répondre à la provocation ou de se rendre justice.
Abdrahamane Dicko

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TRAQUE DES VEHICULES "CH"
Et si les autres cessaient d’être autres que des Maliens !
Dans une apparition quasiment spectaculaire à la télévision malienne cette semaine, le commandant de la circulation routière a mis ses gangs contre les propriétaires des véhicules non immatriculés qu’il présente comme le pire danger dans notre pays. Et pourtant 60 à 70 % de ces engins sont des propriétés de ses collègues policiers et autres porteurs d’uniformes grands commis de l’Etat magistrats et politiciens.
A la suite de la poursuite d’un véhicule non immatriculé qui aurait refusé d’obtempérer, un policier s’est malheureusement fait tuer par le conducteur dudit véhicule qui a fini par prendre la fuite sous le regard impuissant des témoins dont aucun n’est parvenu à l’identifier. Une mort déplorable, car un seul arrêt même négocié ne serait-ce qu’avec "le prix du thé" aurait pu l’éviter. Ou alors même peut être l’observation de l’une des consignes de la hiérarchie qui interdit toute poursuite de véhicule avec les engins non autorisés ; un plaisir auquel se livrent à longueur de journées les jeunes policiers sur leur moto Jakarta derrière les Sotrama dont les chauffeurs, "remontés par les drogues" de tous genres, sèment la terreur dans la ville.
Les "CH" au Mali sont typiquement liés à des statuts sociaux bien connus. Ce sont les intouchables de l’administration, des corps habillés de l’Etat, de la magistrature, les hommes politiques et les puissants opérateurs économiques. Ils ont en commun l’influence, un véritable handicap pour l’Etat.
Sur dix véhicules rencontrés à Bamako, cinq ne sont pas immatriculés au Mali, et sur les cinq deux portent une immatriculation d’un pays de la sous-région et les trois autres portent un hypothétique "CH" et un seul est réellement dédouané et attend sa plaque le plus souvent déjà disponible.
Des proprios connus !
Le "CH" ne correspond en réalité qu’aux quatre derniers chiffres du châssis du véhicule. Un moyen de facilitation de son transit jusqu’au pays de destination finale. Malheureusement, ce numéro est utilisé par des personnes de mauvaise foi pour montrer leur importance ou leur appartenance à un corps organisé ou à un rang social élevé.
Les véhicules non dédouanés appartiennent généralement aux douaniers eux-mêmes. Et pourtant ces soldats de l’économie bénéficient de multiples avantages liés à leur fonction. Mais la plupart du temps ils les revendent à des tiers pour circuler eux-mêmes dans d’autres véhicules sans plaque et cela au bénéficie de leur tenue. Rarement on voit un douanier en tenue dans un véhicule dédouané au seul motif que "ce sont les maudits qui ne profitent pas abusivement de leur fonction". Or ils devraient donner l’exemple en raison des avantages dont ils bénéficient. D’ailleurs, on peut retrouver trois à quatre véhicules propriétés d’un seul douanier : deux pour lui-même, une pour sa femme et une pour les courses de la maison et même quelques fois une pour une...
Il en est de même des policiers ainsi que des militaires quel que soit leur rang et autres porteurs d’uniforme. La tenue en elle-même est un laisser passez dans ce pays ; tant pis pour les pauvres ! Au nombre des bénéficiaires naturels de laisser passez, il faut citer les députés dont les macarons font office de plaque d’immatriculation officielle. Les honorables auraient eux aussi droit à plusieurs macarons chacun.
Autres grands bénéficiaires de l’influence, les puissants magistrats de la République et leurs amis avocats et autres auxiliaires de justice détenteurs de macarons et spécialistes en appels téléphoniques avec le slogan "libérez immédiatement tel véhicule !"
Au sommet de l’influence se trouvent les fils et filles à papa, le casse tout brise-tout dont la République se presse de réparer tous les dégâts causés par leur soin au fil de la nuit et à l’occasion de grandes fêtes, quelques fois dans des fonds bleus. S’il y a à vous donner un conseil à ce niveau ayez plutôt affaire à papa qu’à Papus.
La liste peut s’étendre aux grandes dames circulant dans de grosses cylindrées américaines dotées en carburant et entretenues par le Trésor public, aux marabouts et féticheurs protecteurs des gros bonnets, les grands commerçants et hommes d’affaires aux mains larges…
Il faut arrêter la saignée
L’exhibition à laquelle les policiers se livrent dans la ville de Bamako ne durera pas plus d’une semaine et tous les véhicules conduits en fourrière se retrouveront dans la circulation la semaine prochaine.
Les raisons sont simples : d’abord l’opération se veut la suite de l’assassinat d’un agent de police dans l’exercice de ses fonctions, aussitôt sa mort oubliée on reviendra aux vieilles pratiques, ensuite les policiers se disent qu’ils n’y gagnent rien, car le règlement à l’amiable ne se fait plus au coin de la rue mais au vu et au su de tous.
Un véhicule dans la cour, c’est au moins mille francs de perdu pour l’agent de la circulation, une intervention téléphonique d’un haut placé correspond à une peine perdue, et une contravention payée au Trésor public est une malédiction.
Bénéficiaires de titres, de gros salaires, d’avantages, de primes, d’intéressements, les intouchables sont aussi ceux qui empêchent au Trésor public d’encaisser les ressources nécessaires à la prise en charge des dépenses de l’Etat. Les recettes en divagation pour non-application de la loi s’élèvent à des milliards de francs et lorsqu’il y a peu d’argent ce sont les plus petits qui doivent attendre.
A-t-on besoin que le président de la République, qui ne le fera pas, tape du point sur la table pour arrêter cette pratique préjudiciable à la sécurité des personnes et à l’économie nationale ? Chacun à son niveau se doit de ne considérer que le seul intérêt supérieur de l’Etat.
Vaine liturgie au pays de l’impunité ?
Alou Djim

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TOURISME DANS LE NORD DU MALI
La mauvaise information tue l’économie !
Depuis novembre 2009, le tourisme à Tombouctou ne nourrit plus les populations dont 55 % des revenus provenaient de cette activité. A l’origine du mal, les incessants messages des autorités françaises invitant leurs ressortissants à déserter les régions nord du Mali, depuis l’enlèvement d’un de leurs ressortissants (vers Ménaka) par des groupes terroristes. A Tombouctou, les populations aussi bien que les touristes qui s’y rendent ne comprennent rien à cette attitude de ce pays ami (la France) qui aide le Mali plus que n’importe quel autre pays.
" C’est une surprise totale pour moi, d’entendre certains communiqués du gouvernement français à propos de l’insécurité dans les régions nord du Mali, notamment à Tombouctou. D’ailleurs, tout ce groupe qui est avec moi est composé de Belges, d’Allemands et de Français. Nous sommes au nombre de 12. Les autorités françaises ont vraiment perdu la tête. Les zones où sont enlevés des ressortissants français et autres sont à des milliers de kilomètres d’íci. Il faut éviter de voir le danger là où il n’est pas. Je me sens d’ailleurs moins en sécurité chez moi, qu’ici à Tombouctou". La touriste belge qui s’exprime ainsi s’appelle Mme Lieve Lombaerts (INEOS. N Neuve Veg 1 Haven 1053 - B 2070 Zwijndrecht ñ Belgim).
Nous venons de la rencontrer en compagnie d’un groupe de touristes, sillonnant en ce 13 octobre 2010, dans une des rues de Tombouctou. Plus loin, non loin de la célèbre mosquée de Djingareyber, une vingtaine d’autres touristes (principalement des Français), en compagnie de jeunes guides filment et photographient l’historique lieu de culte.
A la Maison des artisans, à la mosquée de Sankoré, de Sidi Yahia, devant ces maisons jalousement conservées et où avaient vécu les explorateurs René Caillé (Français), Henrich Bart (Allemand) et autres, les lieux sont envahis par d’autres visiteurs étrangers.
A Tombouctou, point d’insécurité !
" Les alertes de nos pays à propos de l’insécurité au Mali sont exagérées et elles sont de nature à réjouir les terroristes. Leur objectif étant de créer la psychose et la panique. Dommage que les dirigeants européens, notamment ceux de la France tombent dans ce piège", nous explique Jean-Pierre, un retraité de Toulouse (France), en vacance dans la Cité des 333 Saints.
Pour sa part, nous dit le président de l’Assemblée régionale de Tombouctou, M. Mohamed Ibrahim Cissé, "je suis surpris et indigné par la promptitude du gouvernement français, à décrire la région de Tombouctou comme une zone interdite pour les touristes français, au motif que, à des milliers de kilomètres de là, au Niger des Français ont été pris en otage. Nulle part au monde de nos jours, il n’existe d’insécurité zéro. Mais, à Tombouctou, il y a une réelle sécurité. Certes, il y a des problèmes dans la zone sahelo-soudanienne, mais ces problèmes ne sont pas nouveaux. Cependant, la région de Tombouctou comme celle de Gao, de Mopti ou d’ailleurs au Mali ne sont guère en proie à une quelconque insécurité pouvant mettre en danger nos populations ou nos amis touristes".
A Tombouctou, les étrangers (notamment les Français) sont considérés comme de vrais amis et nous sommes surpris par les incessantes décisions du gouvernement français d’interdire à ses ressortissants de se rendre à Tombouctou. Toutes choses qui pénalisent nos populations dont 55 % des revenus proviennent du tourisme, poursuit M. Cissé.
Par ailleurs, à Tombouctou, ce n’est pas seulement le secteur du tourisme qui est de nos jours à genoux à cause de la désinformation. C’est aussi tout le développement régional qui est en panne. Et pour cause, des projets y sont actuellement bloqués, parce que nombre de techniciens en la matière sont rentrés à Bamako ou chez eux.
Une situation qui aura créé dans cette localité (qui a comme devise : les plus vulnérables en haut, les plus forts en bas) le désespoir, mais aussi la ferme conviction que la vérité rattrapera toujours le mensonge.
En attendant, à Tombouctou, les promoteurs d’hôtels, les artisans, les guides et autres qui vivent du tourisme ne savent plus à quel saint se vouer pour s’en sortir dans cette ville, Tombouctou des 333 Saints.
Boubacar Sankaré

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COUR D’ASSISES
Le violeur repenti prend 7 ans de prison
Quoiqu’il ait avoué son délit et demandé la clémence des jurés pour sa réinsertion sociale, la Cour présidée par Amadou Bâ a été défavorable à Harouna Ouattara qui a été condamné à 7 ans de prison pour avoir violé une fille mineure.
Accusé de pédophilie, Harouna Ouattara a reconnu les faits qui lui ont été reprochés. Le 1er avril 2007, la mère d’Assétou Drabo constate chez sa fillette de 7 ans un changement dans sa démarche. Elle mène des investigations par ses propres moyens pour découvrir que Harouna Ouattara, leur voisin tailleur, entretenait des relations contre-nature avec sa fille. Avant son interpellation, Harouna passe lui-même aux aveux et tente de s’excuser auprès du père de la petite fille. Mais, celui-ci, effarouché par son comportement indécent, saisit aussitôt la police.
Mardi, à la barre, l’accusé n’a pas nié les faits. Selon ses explications tout est parti le jour où la fille a sollicité ses services pour coudre un pan de sa robe. Le fait d’enlever sa jupe a éveillé chez Harouna des instincts pervers. "Quant la fille a enlevé sa jupe, j’avoue que je n’ai pas pu résister, je suis resté à la regarder et j’ai fini par lui avouer que je l’aime. Puisqu’il pleuvait, j’en ai profité pour l’asseoir sur mes genoux pour ensuite l’emmener dans ma chambre. Mais, j’ai vite compris que je ne pouvais pas faire des rapports sexuels avec elle. Et comme j’étais trop excité, j’ai procédé à des attouchements", a avoué l’accusé.
Pendant les attouchements, la petite fille n’a manifesté le moindre refus, a soutenu l’accusé à la barre. L’expertise médicale de la fillette rapporte une fissure périnéale, une défloration hyménale et un vagin plus large par rapport à son âge. L’avocat de l’accusé, Me Maïga, a plaidé coupable et a demandé à la Cour de donner une nouvelle chance à son client en lui accordant des circonstances atténuantes. Une demande rejetée par l’audience qui a condamné Harouna Ouattara à 7 ans de prison.
Anne-Marie Kéita

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CHINE-MALI-AFRIQUE
Une coopération au service de destins liés
La coopération sino-malienne célèbre ce mois d’octobre 2010 un double anniversaire. Sur le plan bilatéral, Maliens et Chinois fêtent les cinquante ans de l’établissement des relations diplomatiques entre leurs pays le 25 octobre 1960. Au niveau multilatéral, c’est la célébration des dix ans du Forum de coopération Chine-Afrique qui s’est tenu à Beijing du 11 au 12 octobre 2000. Et sur les deux plans, le soutien de l’Empire du milieu au Mali est aujourd’hui un atout de développement précieux pour ce pays comme pour le continent africain.
Le président Amadou Toumani Touré a lancé, le lundi 25 octobre 2010 dans la Cité des Balanzans, les travaux de l’autoroute Bamako-Ségou (plus de 240 km). Le choix de cette date est tout sauf fortuit. En effet, l’événement coïncide avec le cinquantenaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et la jeune République du Mali, un certain 25 octobre 1960. C’est à cette date que l’ambassadeur de la Chine, avec résidence en Guinée, remettait ses lettres de créances au président Modibo Kéita.
Ainsi, dans 64 mois, les usagers de la route Bamako-Ségou pourront rouler sur une autoroute interurbaine, la première dans notre pays en cinquante d’indépendance. D’un coût total de 182 milliards de F CFA, l’autoroute Bamako-Ségou sera réalisée en deux phases. La première phase, dont l’accord de prêt a été signé le 27 septembre 2010, va coûter 75 milliards de F CFA pour un délai d’exécution de 22 mois.
Quatre mois seront consacrés aux études techniques. Quant à la deuxième phase, elle va coûter environ 107 milliards de F CFA pour un délai d’exécution de 42 mois. Le financement est assuré par le gouvernement chinois avec la participation de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD).
Cette infrastructure gigantesque est à la hauteur de l’excellence des relations entre la Chine et le Mali. Une coopération, à tout point de vue, mutuellement bénéfique et qui s’est concrétisée par une multitude de réalisations. Au Mali, l’appui chinois est multiforme et très dynamique dans des domaines comme l’éducation, la santé, l’environnement, la bonne gouvernance, les infrastructures, l’agriculture et l’agro-industrie.
Un concret dynamisme
Cette coopération féconde, dynamique et exemplaire s’est traduite au fil des ans par la réalisation de nombreuses infrastructures socio-économiques, dont les plus récentes sont constituées par la construction du 3e pont de Bamako et de l’hôpital du Mali à Yirimadio, la réalisation d’un Centre antipaludique à Kati, la fourniture d’experts agronomes et l’augmentation du nombre de bourses de formation.
L’attribution de prêts préférentiels pour la réalisation de projets prioritaires comme l’autoroute Bamako-Ségou, l’annulation de dettes pour près de 23 milliards F CFA, le bénéfice du tarif zéro pour 442 types de produits d’exportation vers la Chine, la construction d’écoles rurales et de stades figurent en bonne place au nombre de ces réalisations. Tous ces actes concrets reflètent la vitalité des relations de coopération entre Bamako et Pékin, entre les deux peuples et surtout les dirigeants des deux pays.
Des relations bilatérales consolidées davantage par le Forum sino-africain. "Ce forum est un espace d’échanges n’a cessé de s’affirmer sur la scène internationale comme un mécanisme efficace de dialogue, de concertation et de coopération dans les domaines politique, économique, commercial, culturel, scientifique et social. Cette dynamique a permis de promouvoir et de développer, au cours de la décennie écoulée, une coopération mutuellement bénéfique et marquer du sceau de l’amitié sincère et de la confiance réciproque entre la Chine et les pays africains, singulièrement le Mali", a jugé le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, S. E. M. Moctar Ouane, lors de la conférence-débat organisée par son département et l’ambassade de la Chine à l’occasion du 10e anniversaire du Forum de coopération sino-africaine.
" Du point de vue du développement strictement économique, la présence de la Chine en Afrique est avantageuse pour cette dernière sous certains aspects. La demande chinoise dope les prix des matières premières, ce qui améliore les termes de l’échange et les recettes d’exportation des pays africains et les nouvelles relations sino-africaines contribuent à réintroduire l’Afrique dans les flux internationaux du commerce formel, dont elle s’est trouvé à l’écart plusieurs décennies durant", soulignait un expert béninois participant à une rencontre des experts sur la problématique de la présence asiatique en Afrique qui s’est tenue à Rabat (Maroc) du 28 au 29 mai 2010.
Jalousie occidentale
Organisée conjointement par l’Institut des études africaines de l’Université Mohammed V-Souissi et l’Association marocaine des études asiatiques ainsi que le Forum afro-asiatique pour le développement et la sécurité humaine, cette rencontre avait planché sur le thème "les enjeux de la présence asiatique en Afrique". Naturellement, l’Occident ne voit pas d’un bon œil l’omniprésence asiatique, notamment chinoise, en Afrique. Elle dénonce cette largesse faite sans aucune conditionnalité.
Pis, elle essaye de nous faire avaler le fait que cette aide appauvrit l’Afrique parce qu’elle est faite en échange de l’exploitation des matières premières. Ces mêmes matières que les industries impérialistes ont pillées sans aucune contrepartie pendant des siècles sans scrupule aucune. Eclipsé, l’ancien chef de village souhaite toujours qu’il arrive malheur à la communauté pour le remettre en selle dit l’adage.
Ceux qui voient d’un mauvais œil l’inexorable avancée chinoise au Mali et en Afrique déplore qu’elle se fasse au détriment du transfert des technologies. Mais, quelle est cette puissance qui accepte de transférer ses technologies, acquises au prix de décennies de recherche, comme des produits de seconde main ? De la colonisation à nos jours, combien de technologies les Français, les Britanniques, les Allemands, les Italiens, les Belges… ont-ils transféré en Afrique ?
Pendant des années, ils n’ont aidé nos dirigeants qu’à museler leurs peuples, à piller leurs pays et à gaspiller nos ressources dans la réalisation d’éléphants-blancs. En dix ans, le Forum de coopération Chine-Afrique a ainsi apporté plus à l’Afrique que des décennies de France-Afrique ou de Commonwealth. Cette accusation de non transfert de technologie tient plus de l’intox qu’à la réalité parce que le gouvernement chinois à fait sien l’adage selon lequel il est préférable d'apprendre aux gens à pêcher que de leur donner des poissons.
Ainsi, la Chine à non seulement fourni de l'assistance, mais aussi exporté des technologies vers l'Afrique. Mieux, elle a formé sans acculturer des ressources humaines afin de l'aider à éradiquer la pauvreté dans plusieurs domaines, notamment l’agriculture. Les milliers d’entreprises chinoises qui évoluent présentement sur le continent ne sont pas là que pour du profit. Elles partagent aussi une expérience, une expertise et un savoir-faire avec les Africains.
Les échanges sur une courbe ascendante
Sans compter que les retombées du Forum sont palpables. Mieux, les nouvelles mesures annoncées lors de la 4e conférence ministérielle du forum sino-africain a permis de mettre en œuvre de nouveaux projets économiques et commerciaux qui prennent réellement en compte les besoins et les problèmes pressants des pays africains. Un intérêt auquel l’Occident a rarement tenu compte. Sans compter que le mécanisme du Forum ne cesse de s’améliorer afin de faciliter le commerce et l'investissement et d'approfondir la coopération financière tout en soutenant l'intégration économique du continent africain.
Le commerce entre la Chine et l'Afrique a explosé ces dix dernières années, passant de 10,6 milliards de dollars en 2000 à 106,8 milliards de dollars en 2008. Le gouvernement chinois a mis en place le Fonds de développement sino-africain, lors du sommet de Beijing 2006. A ce jour, celui-ci s'est engagé à investir 1 milliard de dollars et a financé 35 projets dans 20 pays africains pour un total de 4 milliards de dollars.
La plupart de ces projets sont centrés sur les ressources et l'énergie, le traitement et l'industrie manufacturière, la construction des infrastructures et l'agriculture. Et les investissements directs de la Chine en Afrique ont augmenté à 1,44 milliard de dollars en 2009, contre 210 millions de dollars en 2000. L'établissement des zones de coopération commerciale et économique d'outre-mer progresse également, et les entreprises chinoises ont établi six zones de coopération commerciale et économique en Afrique.
C’est pourquoi il faut s’attendre à ce que, en fin 2010, le volume des échanges sino-africains atteignent les 100 milliards de dollars. A ce moment, la Chine devient sensiblement le premier partenaire commercial de l’Afrique, place tenue actuellement par les Etats-Unis.
Une évolution qui donne raison à Dr. Seydou Badian Kouyaté (qui a séjourné 34 fois en Chine) pour qui "l'Afrique et la Chine ont des destins liés". Et "la Chine a connu ce que nous avons connu, le sous-développement. Je me souviens d’une phrase prononcée par Mao. Il m’a dit exactement ceci : le jour où la Chine s’écartera de l’Afrique, elle courra à sa perte, parce que l’Afrique est son allié naturel. Tôt ou tard on s'en rendra compte", se souvient le célèbre écrivain, auteur de l’hymne national du Mali. Effectivement, on s’en rend compte aujourd’hui.
Si à l’indépendance, des pays comme le Mali avait suivi le modèle chinois, ils ne seraient certainement pas à ce niveau de développement aujourd’hui. Mais, nos Etats se sont plutôt accrochés au mirage de l’Occident dont les modèles ne visaient qu’à nous asservir davantage avec le poids des dettes… Mais, il n’est peut-être pas trop tard pour corriger ce tir. Cela est d’autant nécessaire que, comme le dit Dr. Seydou Badian Kouyaté, "la Chine, c’est la technique, c’est le savoir-faire, et il faut que le Mali s’en inspire pour s’en sortir. Nous sommes indépendants depuis 50 ans. Il faut maintenant se réveiller".
Pour son développement, le Mali et l’Afrique ne doivent pas donc miser sur l'Europe, voire sur l’Occident. Mais, plutôt sur la Chine qui est très pragmatique dans ses relations partenariales !
Alphaly

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L’ACCAPAREMENT DES TERRES EN AFRIQUE
Un coup fatal dans la lutte contre la pauvreté
Environ 45 millions d’hectares de terre dans le monde ont été vendus à des investisseurs étrangers, entre octobre 2008 et août 2009, ce qui représente environ quatre fois la superficie d’un pays comme le Malawi. Par rapport aux années précédentes, ce chiffre a été multiplié par dix. Oxfam tire la sonnette d’alarme.
Selon un communiqué de presse d’Oxfam, deux tiers des terres accaparées l’ont été en Afrique, où l’insécurité alimentaire est plus importante. Cette année au Mozambique, on estime qu’environ 10,9 millions d’hectares ont été concernés par ce phénomène. Cela représente plus de deux fois la superficie des Pays-Bas (4,2 millions d’hectares) ou de la Suisse (4,1 millions hectares).
" Par accaparement des terres, nous entendons l’acquisition à grande échelle par des investisseurs privés (compagnies ou pays) de terres, avec un impact négatif sur le bien-être et la sécurité alimentaire des populations locales", a affirmé Lamine Ndiaye porte-parole d’Oxfam à la réunion de l’Union africaine au Malawi. "Alors que les directives de l’Union africaine dans ce sens sont un pas dans la bonne direction, Oxfam reste inquiet par le fait que l’accaparement des terres ne soit pas adéquatement pris en compte de manière urgente au niveau national, régional et global".
" Les petits agriculteurs qui verraient des opportunités dans ces nouveaux investissements agricoles constatent que ces investissements sont très peu régulés et mal exécutés", selon Mariam Sow de Enda-Pronat, un partenaire d’Oxfam. Dans ce domaine la première responsabilité des gouvernements est de protéger leurs populations contre de mauvais contrats. Reconnaître et renforcer toutes formes de droits de la terre, dans le but de s’assurer de l’accès des communautés aux ressources naturelles dont leur bien-être dépend, doit être une priorité.
Dans les pays où de tels droits ne sont pas totalement garantis, il est urgent de soutenir les communautés dans leurs revendications aux droits à la terre. C’est ce que fait Oxfam par son soutien aux mouvements de la société civile, aux structures d’aide judiciaire et aux organisations en charge du bien-être, en organisant des recherches et analyses relatives à des questions foncières locales.
Les femmes qui sont à la base des activités agricoles dans la plupart des Etats africains, ne peuvent déjà pas tirer entièrement bénéfice de la terre et accéder à un niveau de vie décent. L’accaparement des terres peut alors représenter un coup fatal dans la mesure où la lutte pour la terre est exacerbée par les investissements fonciers qui réduisent l’accès aux ressources naturelles, en déplaçant les populations locales, et n’arrivent pas à satisfaire les promesses d’emplois aux femmes travailleuses.
Oxfam espère que le document 2009 de l’Union africaine, "Cadre et lignes directrices de la politique foncière en Afrique" dont le lancement aura lieu ce jeudi à Lilongwe au Malawi, ne sera pas un document supplémentaire, mais servira comme un outil critique pour orienter les investissements privés agricoles au niveau des pays, pour soutenir la sécurité alimentaire et neutraliser les risques associés à l’accaparement des terres auxquels sont confrontés les communautés locales africaines.

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OLYMPISME
Habib Sissoko honoré
Le prix du mérite de l’Association des comités nationaux olympiques (Acno) a été décerné le 21 octobre dernier à Acapulco (Mexique) au président du Comité national olympique et sportif du Mali (Cnosm), Habib Sissoko.
Le prix du mérite de l’Acnoa est décerné à toute personne, organisme ou organisation qui, de l’avis d’au moins deux tiers des membres, a fait preuve d’excellence dans les services rendus à l’Association et au mouvement olympique en général.
" Ce 27 octobre est un grand jour, mais le 21 octobre dernier en était un également à Acapulco à l’occasion de la XVIIe AG de l’Acno regroupant 205 Cno du monde entier. Quand le président Mario Vasquez Rayan a dit que Habib est un gestionnaire hors pair et exemplaire, un olympien, j’ai failli tomber car très émus, car Habib a été cité avant Palenfo qui a également reçu un prix", a révélé hier le directeur exécutif du Cnosm, Oumarou Tamboura, qui a participé à l’AG avant d’être rejoint plus tard dans la ville mexicaine par le récipiendaire.
A l’occasion de l’AG mexicaine, notre pays a été élevé à une très grande dignité olympique. "Avant tout, nous dédions ce prix à S. E. Amadou Toumani Touré dont le soutien matériel et moral n’ont jamais fait défaut sur la scène sportive. Pour gagner, il faut travailler et ce travail doit être dans un esprit d’équipe. L’esprit d’équipe n’a jamais manqué durant tout mon mandat. Ce prix est aussi pour le peuple tout entier. Les valeurs éthiques et morales du sport sont nos credo", a souligné ému Habib Sissoko.
M. Sissoko, président du Cnosm depuis 2000, vice-président de l’Union africaine de judo, directeur de développement du judo mondial à la Fédération internationale de judo, ancien membre de la Commission de développement de l’Acnoa, s’est vu décerner cette année, à l’occasion de la XVIIe AG de l’Acno, le prix du mérite pour les énormes services rendus à notre pays, à l’Afrique et au monde.
Ce prix honore le Cnosm, le Mouvement national sportif et olympique, le peuple malien tout entier et toute l’Afrique. Pour annoncer cette bonne nouvelle, le Cnosm et son président ont choisi en premier les hommes de médias.
Boubacar Diakité Sar

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