Cooperative culturelle ; Cooperative multimédia
Jamana Contact
Imprimer
 

 

 

2010

Mois d'octobre

Les Echos du 15 octobre

 

ASSEMBLEE NATIONALE
Un nouveau bureau consensuel
C’est par 134 voix pour, 3 contre et 0 abstention sur les 137 votants que les députés ont approuvé jeudi la liste des membres du bureau de l’Assemblée nationale.
Selon le règlement intérieur de l’Assemblée nationale en son article 11, chaque année les mandats des membres, à l’exception du président, élu pour 5 ans, sont renouvelés.
Ce renouvellement du bureau s’est déroulé dans un climat apaisé. Ce même climat était perceptible dans la salle de plénière. Le nouveau bureau est presque la copie conforme du précédent. Le changement provient de la constitution du PDES en groupe parlementaire.
Le Parti pour le développement économique et la solidarité 15 députés à l’Assemblée Le président Dioncounda Traoré a salué ce nouveau bureau.
Après la mise en place du nouveau bureau, les députés vont commencer maintenant l’examen des projets de lois qui sont au nombre de trente et parmi lesquels le projet de budget d’Etat.
Denis Koné

Liste du bureau
Président : Dioncounda traoré
1er vice-président : Younoussi Touré (URD)
2e vice-président : Assarid Ag Imbarcawane (Adéma)
3e vice-président : Hamadaou Sylla (PDES)
4e vice-président : Baba Oumar Boré (URD)
5e vice-président : Kalifa Doumbia (ACM)
6e vice-président : Abdrahamane Sylla (RPM)
7e vice-président : Mahamane H. Diallo (MPR)
8e vice-président : Hady Niangado (Cnid)
9e vice-président : Oumar Mariko (Sadi)
1er questeur : Mahamadou Cissé (Adéma)
2e questeur : Moussa Cissé (URD)

Acceuil


MAINTIEN DE LA PAIX EN AFRIQUE
Les médias apportent leurs expériences
Après Johannesburg en juillet dernier, les éditeurs africains sont en conclave à Bamako pour leur 3e Forum. La rencontre permettra de situer le rôle des médias dans l’établissement et le maintien de la paix sur le continent. A l’issue des assises, une déclaration dite de Bamako sera publiée.
Les travaux de la conférence bi-annuelle du Forum des éditeurs africains se sont ouverts hier à Bamako. La cérémonie d’ouverture était présidée par le chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré, qui avait à ses côtés le ministre de la Communication. La rencontre a enregistré la présence du vice-président du Liberia et de plusieurs autres invités de marque.
" Les médias et le défi de la paix en Afrique" est le thème de cette 3e édition dudit forum. Le thème de la conférence qui a été débattu avec l’implication de l’Union africaine, qui a déclaré 2010, Année de la paix et de la sécurité en Afrique, permettra de situer le rôle des médias dans l’établissement et le maintien de la paix sur le continent. Cela, selon les organisateurs, concorde avec la question continentale et elle donne la possibilité de parler du rôle des médias dans l’établissement et le maintien de la paix.
Le Forum va aussi honorer des leaders qui ont aidé à faire de l’Afrique un terrain propice à la pratique des médias. Parmi eux, les Sud-Africains Nelson Mandela et Thabo Mbeki, John Kufuor du Ghana et Alpha Oumar Konaré. Le Forum va aussi honorer des journalistes qui nous ont quittés. Il s’agit de Jean Léonard Rugambage, Pius Njawe, Chief Manne, Norbert Zongo, Deïda Hydara.
Plusieurs communications seront faites au cours de la rencontre de trois jours. Il s’agit entre autres du défi des conflits sporadiques qui éclatent dans certains Etats et la manière dont le gouvernement conçoit le rôle des médias dans ce genre de situation ; les propositions spécifiques de collaboration future entre les médias africains et l’Union africaine.
Le président ATT a mis l’accent sur le rôle et la place que les médias doivent jouer dans le maintien de la paix. A ses dires, les éditeurs et communicateurs ont un rôle d’accompagnement et de recherche pour une solution durable dans les crises. Il a invité les hommes de médias du continent à recouper au maximum les informations avant leur diffusion surtout lorsqu’il s’agit d’une question d’intérêt national, qui peut provoquer des soulèvements.
Créé en 2003, le Forum des médias est une organisation panafricaine de responsables de médias dont le siège est à Johannesburg en Afrique du Sud. Il vise la défense et la promotion de la liberté et de l’indépendance de la presse, à faire des médias des supports professionnels et crédibles.
La rencontre va se terminer sur une visite à Tombouctou, carrefour des civilisations.
Amadou Sidibé

[haut]

Acceuil


ATT AUX EDITEURS AFRICAINS :
" Nous n’avons de leçon à recevoir d’aucun instructeur"
Profitant de la tribune du 3e Forum des éditeurs africains, le président de la République Amadou Toumani Touré a répliqué aux accusations que certains font au Mali dans la gestion de l’insécurité dans la bande sahélo-saharienne. Pour ATT, "le Mali est victime et otage d’une situation qui ne nous regarde pas".
Devant les patrons et journalistes africains, le chef de l’Etat, dans un discours de plus d’une trentaine de minutes, est revenu sur la gestion de l’insécurité dans la bande sahélo-saharienne, où il ne cesse d’être traité de "partialité" par certains pays.
ATT a brossé le tableau de la situation qui prévaut dans la bande sahélo-saharienne, les actions entreprises par le Mali, son niveau d’engagement dans la gestion de la crise. On a vu un ATT presque en colère. Pour le chef de l’Etat, "le Mali n’a aucune leçon à recevoir d’aucun instructeur militaire dans la gestion du conflit dans la bande".
Pour lui, les islamistes ne sont pas des Maliens et c’est ailleurs qu’ils opèrent pour ensuite venir nous causer des ennuis. "Le Mali ne connaît pas ce terrorisme, il est venu ailleurs". Et de réitérer que le Nord du Mali est le Sud d’un pays, l’Est d’un autre. Il a conclu que la solution dans le conflit dans le Nord-Mali passe nécessairement par la combinaison des efforts de tous les pays concernés.
A. S.

[haut]

Acceuil


LETTRE EPISCOPALE
Une foi inébranlable pour nous élever
La troisième et dernière partie de la lettre pastorale : "Plaidoyer pour une vraie solidarité : devenir de mieux en mieux ‘Un peuple, Un but, Une foidans un Mali cinquantenaire", porte sur une "Foi". Pour les évêques du Mali, "avoir foi en l’avenir du Mali, c’est vraiment croire que pour les jours à venir, l’unité nationale tire sa force de l’unité de dessein".
Pour la conférence, pour "Une foi", il faut croire en la paix constructive de notre unité nationale, promouvoir la paix. Ils décèlent "des menaces contre la paix qui sont les tensions sur le foncier, l’attachement à l’émigration, les risques latents de conflits frontaliers, l’insécurité et le manque de garde-fous à notre démocratie".
En somme, la paix acquise est encore précaire si les menaces qui pèsent sur elle ne font pas l’objet d’une prise de conscience commune et de la recherche de solution rapide. Au-delà, les évêques du Mali affirment que la paix commence par "l’ordre intérieur". "La paix l’un avec l’autre passe toujours par la paix intérieure. D’ordre spirituel, cette paix intérieure est accessible à tous les Maliens. Quelle que soit leur communauté confessionnelle, ils sont appelés à faire de la culture de la paix la marque distinctive de leur appartenance et de leur soumission à Dieu".
• Imaginer des leaders religieux donnant à l’Alliance sacrée une personnalité suffisante qui leur permette de parler d’une seule voix et pour conserver à notre pays son sens du dialogue entre tous… Serait-ce trop demander ?
• Imaginer des femmes et des hommes politiques qui viendraient aux affaires pour servir et non pour être servis, comprenant combien "il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir…" Serait-ce démagogique ?
• Imaginer tous les hommes et femmes du service d’Etat soucieux de leur dignité et de celle des administrés… Serait-ce un simple rêve ?
• Imaginer un mécanisme national de remise des dettes, tant au niveau de la nation que des individus… Serait-ce injuste ?
• Imaginer un mécanisme de solidarité intergénérationnelle qui rassurerait tous les Maliens contre les incertitudes du vieil âge et donne confiance aux jeunes dans la recherche d’un emploi de quelque nature qu’il soit… Serait-ce illusoire ?
• Imaginer un mécanisme d’allocation familiale au bénéfice des veuves en responsabilité parentale… Serait-ce un luxe pour le Mali ?
• Imaginer un mécanisme qui facilite l’accès à la gratuité accordée à certains soins, surtout ceux d’urgence en cas d’accident et qui sauverait bien des vies… Serait-ce trop ambitieux ?
• Imaginer une nouvelle école où la conscience serait autant magnifiée que la science, la morale aussi exaltée que les résultats de l’instruction, tant en ce qui concerne les éducateurs que les apprenants… Serait-ce utopique ?
• Imaginer un mécanisme de mutualité nationale qui permettrait aux victimes de catastrophes naturelles de garder courage… Serait-ce une simple vue de l’esprit ?
• Imaginer un mécanisme de subventions qui rendrait mieux accessibles le gaz et l’énergie solaire et encouragerait le reboisement ou le traitement des déchets plastiques… Ne serait-ce pas une réelle solidarité avec notre environnement ?
Pour les cinquante prochaines années de notre indépendance, notre devise nationale garde toute sa jeunesse et son actualité. Vivre en tant que : "Un peuple, Un but, Une foi", sera encore plus pressant qu’au moment où nous avons accédé à l’indépendance et requerra de nous une plus grande foi. Nous croire capables de faire un Mali nouveau, mais surtout croire que Dieu seul peut nous donner une intelligence nouvelle et un cœur nouveau, capables de faire advenir une nouvelle ère.
A. Kalambry

[haut]

Acceuil


PRODUITS ALIMENTAIRES
Les Maliens en danger d’intoxication
Plus que la cherté des denrées alimentaires, c’est le foisonnement dans nos marchés de produits impropres à la consommation qui est source d’inquiétude. Ces "poisons" nuisent complètement à la santé humaine et peuvent être considérés comme des "tueuses silencieuses" dans un contexte marqué par le manque de rigueur et d’efforts conséquents de l’Etat.
On ne le dira jamais assez : les Maliens ne sont pas protégés contre les produits alimentaires de qualité douteuse qui pullulent. Chaque jour que Dieu fait, des citoyens sont silencieusement des victimes de substances dangereuses. Comme ils font partie du bas de l’échelle sociale, "le chien aboie, la caravane passe". Les rares personnes qui s’entêtent à dénoncer la présence de ces "poisons" sur nos marchés sont assimilées à des "utopistes", cherchant à transformer nos réalités locales en "mode occidentale".
Mais, est-il aussi compliqué de surveiller la qualité des aliments sur le marché avec la pléiade de services créés à cette fin au Mali ? Décidément non, car ne voilà-t-il pas qu’avec un peu d’audace et de responsabilité les services vétérinaires ont réalisé, la semaine dernière, un coup d’éclat en saisissant plus d’une tonne de viande clandestine. Une réussite qui survient après tant d’appels du pied.
Mais, il faudrait prendre avec des pincettes ce succès parce que les services vétérinaires ont mis du temps à se signaler alors que leurs cibles s’offrent à eux jour et nuit. Les abattages clandestins continuent dans plusieurs communes dont celle de Kalabancoro et un bon nombre de bouchers ne se plient pas aux règles élémentaires d’hygiène des deux abattoirs frigorifiques de Bamako.
Une situation qui démasque les complicités sordides sur le dos des pauvres consommateurs. Et sur ce point, la présidente de l’Association des consommateurs du Mali (Ascoma), Mme Coulibaly Salimata Diarra, est sans équivoque, malgré les controverses qui entourent le rôle des associations de consommateurs dans la vie des Maliens. "Nos opérateurs économiques sont très indélicats", s’offusque-t-elle. La présidente de l’Ascoma fait allusion aux promesses jamais réalisées de produits de bonne qualité prises par de véreux opérateurs économiques. Au nez et à la barbe de l’Etat.
L’Agence nationale pour la sécurité sanitaire des aliments (Anssa) n’arrive toujours pas à sortir de sa torpeur quand bien même sa mission essentielle est d’assurer que les produits présents sur nos marchés soient conformes aux normes sanitaires requises. Au lieu d’aller à la conquête des aliments malsains (boîtes de conserves périmées, eaux en sachet et autres aliments souillés…), les autorités de ce service se plaisent à confirmer les critiques virulentes des Maliens à leur égard. Et dire que dans ces conditions les autorités tiennent beaucoup à l’érection de cantines scolaires.
Nuisances fatales
L’on se demande si parfois certains responsables pensent aux effets collatéraux de leurs actes ou aux conditions pré-requises avant d’entamer en grande pompe la concrétisation de leur projet. De sources officielles au département de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues nationales, l’on apprend que le Programme alimentaire mondial (Pam) est le principal partenaire dans la réalisation des cantines scolaires. Alors que cette même structure internationale vient de déclencher une sorte de "tsunami" parmi les consommateurs maliens, suite à sa volonté de mettre à la disposition des populations une importante quantité d’huile périmée.
L’huile est décidément la source de tous les dangers au Mali. En dépit de quelques tours en ville et des menaces stériles proférées aux usines de production d’huile par le ministère de l’Industrie, du Commerce et des Investissements, peu d’usines locales disposent de toute la chaîne complète du processus de raffinage d’huile.
Pour preuve, une mission de contrôle de l’Etat en fin 2007 a conclu à une augmentation du nombre d’huileries, 57 au total et sur lesquelles seulement deux disposaient de la chaîne complète pour le raffinage de l’huile, les autres produisant de l’huile de coton impropre à la consommation humaine. Un constat intolérable qui avait poussé Dr. Ibrahima Sangaré, vétérinaire hygiéniste et membre de l’Ascoma à tirer la sonnette d’alarme.
" Les risques, pour le consommateur après une longue période d’absorption de l’huile non-raffinée, sont énormes. Elle contient du gossypol qui provoque l’infertilité permanente, voire la stérilité chez l’homme (l’azoospermie, diminution de la libido, de la spermatogenèse et de la mobilité des spermatozoïdes de manière irréversible. Certains contraceptifs masculins sont d’ailleurs à base de gossypol). Il provoque également l’irrégularité ou l’arrêt des menstrues, l’interruption de grossesse chez la femme, des problèmes gastriques dus aux effets toxiques sur le foie, des pathologies cardio-vasculaires à l’origine d’arrêts cardiaques ainsi que des cas de cancers", avait averti Dr. Sangaré.
Au Mali, l’huile impropre est généralement utilisée pour fumer le poisson, lui aussi source de tous les dangers. Selon un constat du comité national du codex alimentarus, un programme commun de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) consistant en un recueil de normes relatives à la production et à la transformation agroalimentaires, des matières fécales animales, notamment la bouse de vache, sont utilisées dans le fumage du poisson au Mali.
Des pesticides sont aussi utilisés pour la conservation du poisson fumé, alors qu’aucune étude ne peut attester de leur non-toxicité pour la santé humaine. Pis, des matières plastiques, les vieux sachets noirs, servent également à fumer le poisson.
Ogopémo Ouologuem
(correspondant aux USA)

[haut]

Acceuil


 

DOSSIER LITTERATURE MALIENNE
EPILOGUE
Les lettres maliennes
La colonisation française mit en place une politique éducative qui favorisa plus la formation des littéraires que des scientifiques. Dans les programmes scolaires, aussi bien au niveau du primaire que du secondaire, l’accent était mis sur la maîtrise de la langue française que celle des matières scientifiques de façon générale.
Beaucoup de maîtres français considéraient comme un délit le fait de méconnaître les règles grammaticales et les autres astuces orthographiques, mais n’étaient pas étonnés de voir l’écolier africain avoir des insuffisances dans le calcul mental parce que l’idée était largement répandue que les Noirs pouvaient être forts en lettres, mais demeuraient majoritairement médiocres dans les mathématiques.
Ceci explique que la colonisation française a produit plus de littéraires que de scientifiques de haut niveau aussi bien en AOF qu’en AEF mais le fait demeure aussi qu’un peu partout en Afrique française, les premiers hommes de lettres furent souvent des scientifiques.
L’écriture étant un don et une passion, en dépit du contexte colonial fait de violence et de mépris du colonisé, en dépit aussi des barrières mises à l’instruction des Noirs auxquels on a longtemps refusé le droit à l’enseignement supérieur, des fonctionnaires, le plus souvent de formation scientifique, s’essayèrent à la création littéraire, les uns pour flétrir le système colonial, les autres pour le vanter et avoir ses faveurs.
Ce fut le roman qui le premier attira les lettrés africains candidats à la création littéraire. Au Soudan français, les premiers hommes de lettres furent des instituteurs à l’image de Fily Dabo Sissoko. Leur formation les poussait vers un créneau en les mettant constamment en rapport avec les livres, mais surtout, fonctionnaires de l’Etat colonial, ils en subissaient les brimades et les humiliations.
Fily Dabo Sissoko, instituteur qui n’a pas beaucoup exercé, commença à écrire et à produire dès l’époque coloniale, mais son engagement politique eut un impact négatif sur son œuvre littéraire jugée ambiguë à l’indépendance, ce qui fit que celle-ci fut mise sous silence pour des décennies et ne fut à l’honneur à nouveau qu’après les événements de mars 1991.
Si l’US-RDA avait de bonnes raisons de faire oublier cette œuvre riche de plusieurs titres dont "Savane rouge" et "la Passion de Djimé", le CMLN et l’UDPM n’en avaient aucune, mais par ignorance continuèrent à la maintenir dans l’oubli. Comme écrivain de renom de la période coloniale, on ne peut cependant citer que lui parce que curieusement les hommes politiques qui luttaient pour l’indépendance ont très peu eu de l’inspiration littéraire en dépit de la formation reçue et qui les qualifiait pour cela.
Le contexte littéraire né de l’avènement du mouvement de la Négritude de la période de l’entre-deux guerres ne fut pas pour le Mali une période ayant enregistré de grands talents en matière de création romanesque et dramaturgique et il fallut attendre l’indépendance pour voir Seydou Badian Kouyaté et Massa Makan Diabaté remettre l’ouvrage sur le métier. Ces deux auteurs, qui ont commencé leur inspiration sous la colonisation, la continuèrent à l’indépendance en donnant la maturité à leur œuvre.
Seydou Badian Kouyaté en l’occurrence écrivit un roman "Kany sous l’orage" et une pièce de théâtre, "la Mort de Chaka", qui restèrent longtemps une référence dans la littérature malienne. De son côté, Massa Makan Diabaté continua au Mali une carrière littéraire commencée en France avec un livre, "Si le feu s’éteignait…" qui fit parler de lui en son temps. Il en écrivit d’autres comme "Janjon et autres chants populaires" et sa fameuse trilogie sur la vie du lieutenant de Kouta.
Dans la même période, Amadou Hampâté Bâ s’attacha à remettre en valeur les traditions orales peules et bamanan à travers des titres comme "Kaydara", "le Récit de la grande étoile" et un essai, "Tierno Bocar, le sage de Bandiagara". La consécration littéraire ne lui vint pourtant qu’avec "l’Etrange destin de Wagrin", publié sous le régime militaire.
Mais véritablement l’auteur qui a contribué à faire connaître le Mali et sa littérature fut Yambo Ouologuem avec son roman "Devoir de violence" qui obtint le prix Renaudot en 1968-1969. Le contenu de ce roman, la polémique que cela déchaîna à l’époque en plus de la personnalité de l’auteur lui-même, opposé aux canons chers à la Négritude, tout cela contribua à faire de ce livre l’événement littéraire majeur des années 1969-1970 et même au-delà.
Facoh Donki Diarra

 

LE MALI 50 ANS APRES
La littérature de l’indigence
La littérature malienne, 50 ans après notre indépendance ? Hum… Le sujet est probablement saugrenu. Parce que parler de littérature suppose d’abord l’existence d’un lectorat. Or, combien de fois le constat a été fait et refait ? Les Maliens ne lisent pas. De tous les pays de la sous-région, le Mali est le moins doté en librairies, bibliothèques et maisons de la culture… qui fonctionnent et sont rentables. Au Mali, nous avons pris le pli de mépriser la littérature.
Quel journaliste ou hommes de lettres n’a croisé une fois, dans sa vie, un fonctionnaire de "très haut rend» en train de se vanter de ne jamais lire ? Combien de fois vante-t-on tel "milliardaire" qui n’a jamais été à l’école. Comme s’il y avait un rapport entre la lecture et l’argent !
De différentes conversations avec les aînés, on peut résumer une chose : la littérature malienne a entamé son agonie le 19 novembre 1968 avant d’entamer une légère rémission à partir de 1991. Ne coupons donc pas les cheveux en quatre : l’amour du roman, de la poésie, de l’essai, du drame…, le produit culturel est devenu marginal avec l’arrivée du régime militaire au pouvoir.
Aujourd’hui, nous avons des professeurs d’université, des magistrats, des avocats, des ministres, des généraux qui n’ont jamais lu entièrement un seul livre de leur vie ! Et ils en sont fiers. Peu importe les conséquences dramatiques de cet illettrisme proclamé sur la marche de la nation. Pourtant, malgré les écueils, l’environnement hostile et la cherté du produit, le Mali a produit des plumes exceptionnelles.
Comment oublier le monument des lettres, Yambo Ouologuem et son "Devoir de violence", prix Renaudot. Un chef d’œuvre linguistique, une narration époustouflante et un sens de la métaphore jamais vu en Afrique francophone. Yambo Ouologuem qui a ensuite subi les foudres de rivaux jaloux, menés par le poète-président Léopold Sédar Senghor, a été littéralement sacrifié par son propre pays au point de se réfugier dans la marginalité et la procrastination.
Comment ignorer un surdoué de la trempe de Seydou Badian Kouyaté. Son œuvre la plus achevée, "Sous l’orage" est enseignée dans toutes les écoles d’Afrique et certaines des plus grandes universités du monde. Au-delà du simple conflit de générations qu’on nous raconte en 9e année fondamentale, "Sous l’orage" est un portrait de la société dans ses valeurs, ses contradictions, son honneur et son hypocrisie foncière. Contemporain de Seydou Badian dans la politique active, Fily Dabo Sissoko, dans "Savane rouge", chronique prémonitoire, nous annonçait en filigrane, les terribles bouleversements qu’allait vivre la société malienne.
Et Massa Makan Diabaté ? Le taureau du Mandé, auteur de la trilogie qui fut de lui l’auteur le plus prolifique et le mieux inspiré de sa génération. Doté d’un inégalable sens de l’humour et maniant à la perfection un français à la sauce mandé. Feu Pascal Baba Couloubaly a mêlé lettres, sociologie et anthropologie pour nous plonger dans l’univers bamanan fait de cosmogonie et de rites initiatiques.
La littérature malienne est, en somme, une survivance tenace, le fruit d’une obstination de quelques entêtés et amoureux de belles lettres. La génération de l’indépendance avait en tête de glorifier une certaine idée de l’Afrique et du Mali, puis, Yambo Ouologuem a brisé le consensus en étalant sur la place publique les tares de nos pays. Au début des années 1980 résume l’écrivain Mandé Alpha Diarra, la littérature malienne a fait le saut de " la critique acerbe de l’échec de nos dirigeants et de tout projet de société".
L’écriture engagée est alors entrée brutalement dans la sphère politique. Nous avons une relève de qualité mais le produit livre ne se vend malheureusement pas. Moussa Konaté, Ismaïla Samba Traoré, Aïda Mady Diallo, Oumou Ahmar Traoré, sans être exhaustif, gardent le flambeau. Il faut cependant déplorer l’intrusion "d’écrivains" sans talent ni compétence, édités par complaisance ou à coups de comptes d’auteur, véritables virus de l’univers littéraire même si, il faut le noter, certains livres auto-édités peuvent se justifier.
Par contre, à la date d’aujourd’hui, on pourrait bien chercher en vain le titre d’un best-seller, édité et mis en marché au Mali.
Ousmane Sow

 

LITTERATURE MALIENNE
Au commencement était le verbe
La littérature malienne est intimement liée à la tradition orale d’où elle a puisé et continue de puiser toute sa sève nourricière.
Malgré le fait que le Mali dispose de peu d’industries du livre, le pays n’en demeure pas moins un espace où la création littéraire sur le support papier ou autre a rencontré beaucoup de succès. "Au commencement, il y a eu le verbe : la parole est au Mali un art majeur. C’est d’ailleurs ce qui résume cette phrase d’Amadou Hampaté Bah : ‘En Afrique quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. La parole commence avec la palabre, ce rite qui peut asseoir un groupe d’anciens pendant un mois sous l’arbre à palabre dans le but de résoudre un conflit".
Ainsi résume Issa Coulibaly de la Bibliothèque nationale l’histoire de la littérature malienne qui, ajoute-t-il, tire ses origines de la tradition orale. La tradition orale a connu et continu de connaître au Mali des heures de gloire à travers les récits de Baba Cissoko. A en croire notre interlocuteur, Baba Cissoko, plus connu sous le nom de Djéli Baba Cissoko, est sans doute le conteur le plus célèbre du Mali de l’indépendance à nos jours.
Ses récits, qui retracent l’histoire et l’épopée de certains empires du Mali, ont servi de base pour de nombreux chercheurs ou historiens pour comprendre l’organisation, voire le fonctionnement de ces empires. Les causeries de Baba Cissoko sont écoutées avec un plaisir exquis collectif. La littérature malienne a été avant tout orale, selon Issa Coulibaly, gestionnaire de la médiathèque de la Bibliothèque nationale.
Pour lui, l’oralité a permis à chaque individu de connaître l’existence de son peuple et la généalogie de ses ancêtres. Grâce à la littérature orale, il a été possible de retracer l’épopée des héros de l’empire du Mali. La littérature orale est source d’inspiration pour les écrivains maliens puisqu’elle véhicule la culture et la civilisation.
Les thèmes les plus fréquents de la littérature écrite malienne sont la vie quotidienne, la culture, les contes et les épopées. De nombreux écrivains ont contribué aux lettres de noblesse de la littérature malienne. Parmi eux, Amadou Hampaté Bah qui a consacré sa vie à décrire les traditions culturelles du Mali. Ses livres les plus connus sont "l’Etrange destin de Wangrin", "Amkoullel, l’enfant peulh", "Oui mon commandant".
Les œuvres d’Issa Baba Traoré dépeignent encore la culture malienne mais de façon plus engagée. Aujourd’hui, Moussa Konaté ("le Prix de l’âme, ils ont assassiné l’espoir"), est considéré comme le plus contemporain des écrivains. Dans des romans, poèmes et pièces de théâtre, il dissèque les problèmes de la société, le poids des traditions et milite pour la condition des femmes. Il a écrit également plusieurs romans policiers dont "l’Empreinte du renard", paru aux éditions Fayard Noir où le commissaire Habib mène une enquête en pays Dogon. En 2006.
Ibrahim Aya avec "Les larmes du Djoliba" sur la vie quotidienne et Ousmane Diarra qui s’investit dans la littérature pour enfants avec plusieurs nouvelles, contes et romans dont le plus célèbre est "le Vieux lézard" qui relève plutôt de divertissement, sont deux plumes respectées au sein de la nouvelle vague des écrivains maliens.
Les femmes ne sont pas demeurées en reste dans la création artistique littéraire au Mali. Adame Ba Konaré avec "le Dictionnaire des femmes célèbres" (1992), "l’Os de la parole" (2000) et "Parfums du Mali dédié aux femmes" est l’écrivaine la plus productive de tous les temps du pays. Ses écrits sont de chefs d’œuvre qui contribuent au rayonnement de la littérature nationale.
Denis Koné

 

YAMBO OULOGUEM, ECRIVAIN
Premier lauréat africain du Renaudot

Alors que beaucoup de romanciers négro-africains chantaient la douceur de la terre mère et les valeurs de la Négritude, Yambo Ouologuem, dans "Devoir de violence", renvoie une image de l’Afrique qui ne rentrait pas dans les canons exigés par les besoins idéologiques de la décolonisation. C’est pourquoi, selon des spécialistes de l’écriture, il a été accusé d’un certain plagiat pour ne pas avoir mis des passages entre guillemets, qui ne sont pas d’ailleurs de sa faute.
Quarante-deux ans après le sacre de son 1er roman au prix Renaudot, "Devoir de violence" de l’écrivain, Yambo Ouologuem, reste toujours d’actualité dans le monde de la littérature malienne et africaine.
" Devoir de violence" a fait sensation dès sa parution en 1968. Et M. Ouologuem a été le premier romancier malien à recevoir le prix Renaudot. Selon Ibrahim Sadio Cissé, professeur de littérature, "le succès ne sera pas de longue durée et le roman fut retiré de la vente". En Occident, au moment où il commençait à savourer sa récompense l’intellectuel malien a été accusé de plagiat. Maîtrisant la langue de bois, Ouologuem a pris soin d’utiliser tout ce qu’il fallait pour que l’ouvrage soit à la hauteur des attentes. Quelle ne fut sa surprise d’apprendre, selon M. Cissé, qu’il aurait utilisé, sans les indiquer "selon les règles de l’art, des références appartenant à des auteurs". Saisi, l’écrivain, s’est bien défendu avec des arguments solides. Il affirmait alors avoir utilisé des guillemets pour ces citations. C’est la maison éditrice, "Le Seuil" à en croire notre interlocuteur, qui les aurait ôtés sans concertation préalable.
Pour quelle raison a-t-il été accusé de plagiat ? Les arguments ne tiennent pas. Selon les explications fournies par Nabo Sène, "Devoir de violence" est un roman qui dérange le déroulement de l’histoire africaine telle qu’elle a toujours été racontée et enseignée. A travers l’histoire fictive de l’empire du Nakem et de la dynastie des Saifs, des rois mi-juifs, mi-musulmans mais complètement fétichistes, l’auteur, à ses dires, décrit une histoire africaine où la féodalité ne débouche pas sur une renaissance mais directement sur une période affreusement barbare et sanguinaire. Elle est marquée par l’esclavagisme sous toutes ses formes : de l’asservissement moral et physique au commerce humain (…)
Acharnement
Bref, la dynastie des Saifs et le personnage de Saif ben Isaac El Heit sont des modèles que Yambo Ouologuem met en scène pour montrer que l’histoire de l’Afrique pré-coloniale n’est pas jalonnée que de personnages mythiques. "Il n’existait pas que des Soundjata Kéita et des Chaka ou alors il faudrait remettre en question leur histoire et les récits connus de leurs vies". "Devoir de violence" représente alors une révision de l’histoire africaine, ce qui, conclut-il, en a indisposé plus d’un.
Ouologuem fait dire à ses personnages que les guerres tribales, l’esclavage et la corruption étaient répandus en Afrique bien avant le fait colonial. De même, bien qu’imaginaire, le destin de l’empire du Nakem est proche de celui d’Etats et d’empires africains ayant réellement existé : guerres, alliances, dislocation, disparition. Une permanence des événements qui rend "Devoir de violence" intemporel.
" L’ouvrage de Yambo Ouologuem était, en 1968, en parfaite contradiction avec la littérature africaine peu militante de l’époque. Après les indépendances il était de bon goût de magnifier l’Afrique. Le ton parodique employé pour décrire un empire africain était donc à l’opposé de la poésie senghorienne et du politiquement correct", affirme M. Sène. La cruauté des Saifs était aussi dramatiquement différente de l’épopée de Soundjata.
Plagiat, parodie historique trop dérangeante ? Cette polémique n’empêchera pas ce chef-d’œuvre de la littérature négro-africaine de devenir un ouvrage fondateur. Pour l’écrivain, "Devoir de violence" restera dans les annales en raison de l’audace des thèmes abordés mais surtout par l’acuité de leur actualité.
Mais si le livre a été censuré en France, il est devenu un roman étudié dans le monde entier. On doit saluer cette réédition aux éditions "Le Serpent à Plumes" en 2003. Né le 22 août 1940, à Bandiagara, dans le pays Dogon, Yambo Ouologuem a suivi des études de lettres et de philosophie en France.
Amadou Sidibé

 

LITTERATURE MALIENNE
Une présence notable
Sans être la plus rayonnante, la littérature malienne a su marquer son territoire.
L’essor de la littérature malienne se mesure à l’aune de l’indépendance du pays. De 1960 à 1968, 12 auteurs maliens ont publié 18 œuvres auxquelles se greffent les deux dernières œuvres de Fily Dabo Sissoko qui ne parurent qu’en 1970, soit 6 ans après sa disparition.
Les 2/3 de la production sont éditées en France. Les deux premières publications maliennes en langue française sont : "Koumi Diossé", un héros d’Issa Baba Traoré (1962) et "Si le feu s’éteignait" de Massa Makan Diabaté (1967).
Parmi les premiers auteurs il convient de préciser ceux qui sont considérés comme les figures tutélaires de la littérature malienne et qui se sont bien illustrés dans les années 1950. Il s’agit d’Amadou Hampâté Bâ, Seydou Badian Kouyaté et Fily Dabo Sissoko. A ceux-ci, on peut ajouter Ibrahima Mamadou Ouane malheureusement oublié aujourd’hui.
Cette période a été également marquée par des auteurs comme Yambo Ouologuem dans "Devoir de violence", prix Renaudot, Mamadou Gologo avec ses deux recueils "Mon cœur est un volcan" (1961), "Tornade d’Afrique" (1966) et son roman "le Rescapé de l’Ethylos" (1963).
De 1969 à 1978, c’est la période de l’inflation de la production littéraire malienne avec en prime 50 œuvres éditées soit une moyenne de cinq œuvres par an contre deux pour la période précédente. Par la suite de nouvelles figures littéraires vont émerger comme Abdoulaye Ascofaré, Albakaye Ousmane Kounta, Nagognouma Urbain Dembélé.
Signe de la vitalité littéraire de l’époque, trois grands prix littéraires seront décernés à des auteurs maliens en l’occurrence Massa Makan Diabaté en 1971 pour "Janjo et autres chants du Mali", Amadou Hampâté Bâ en 1974 pour "l’Etrange destin de Wangrin" et Aoua Kéita dans son récit autobiographique intitulé "Femme d’Afrique".
Les années 1980 et 1990 seront animées par plusieurs auteurs engagés comme Mamby Sidibé, Ibrahima Ly, Gaoussou Diawara, Pascal Baba Couloubaly, Mandé Alpha Diarra et autres. Avec l’avènement de la démocratie, la production littéraire va s’amplifier davantage avec la multiplication des parutions.
La littérature malienne aura connu une participation parcimonieuse des femmes. Sur 106 auteurs répertoriés, on ne comptait que 9 encore en 2004, dont Mme Adame Ba Konaré. Les premières plumes furent Aoua Kéita (1975) et Shaïda Zarumey (1982). Il a fallu attendre 1994 pour la première romancière Aïcha Fofana qui publie "Mariage on copie" qui sera suivie par Aïda Mady Diallo dans "Kouty mémoire de sang". D’autres femmes à l’image de M’Bamakan Soucko et Diop Khady Guèye vont publier un ouvrage collectif "Nouvelles d’ici".
Moussa Camara
(stagiaire)

 

BIRAMA KONARE
Humilité et pragmatisme au service de la littérature
Promoteur de l’agence "Binthily Communication", après un master en communication et système des médias, Birama Konaré est un jeune écrivain, auteur de deux livres : "la Colline sur la tête" et "les Marguerites ne poussent pas dans le désert". Portait d’un jeune écrivain, humble et pragmatique.
Grand de taille, le teint légèrement clair, Birama Konaré, affectueusement appelé Iba est issu d’une famille d’enseignants (il est le 3e fils du précédent couple présidentiel). Son profil littéraire et son esprit créatif vont lui permettre en 2006 de s’installer à son compte. Toujours au bureau, son travail lui prend presque tout son temps. Né il y a 28 ans, Iba est un jeune écrivain qui est en passe de franchir le seuil de la cour des grands.
Très tôt, il a embrassé l’écriture. "J’ai toujours aimé l’écriture. J’écrivais des contes et des petites histoires que j’apprenais", se souvient-il. Et d’ajouter qu’il a été encouragé par sa mère, non moins célèbre auteur qui, à l’en croire, lui tendait toujours un stylo, une feuille pour l’inciter à écrire. "J’ai été influencé par ma mère qui accorde beaucoup d’importance à l’écriture", reconnaît-il.
Iba, alors, s’essaye dans l’écriture. Il est l’auteur de "la Colline sur la tête". Dans cet ouvrage autobiographique, il parle de son expérience à Koulouba en tant que fils de président de la République. "Etant à Koulouba, mes frères et moi avons subi beaucoup de pression, nous avons vécu des moments de joie et de moments de peine aussi, mais aujourd’hui, je n’ai vraiment pas de ressentiment contre qui que ce soit", dit-il.
La démarche de Birama est simple. Elle part de son vécu. Et il sent le besoin d’étaler ses problèmes pour que les gens le comprennent et l’aident à trouver une solution. En voulant garder le contact avec le monde des intellectuels, il anime dans Les Echos, une rubrique mensuelle appelée la Chronique d’Iba. Cette chronique laisse découvrir un révolutionnaire qui parle, car sa plume revêt toujours un côté social. "Il essaye toujours d’être la voix des personnes opprimées". L’écriture, pour Birama, est une forme de thérapie. Son deuxième roman s’intitule "les Marguerites ne poussent pas dans le désert".
L’écorché vif devenu bourreau du travail
Dans cette collection de nouvelles, il aborde le problème de l'injustice qui mine la société africaine et fragilise les populations, les jeunes en particulier qui sont, selon lui, pour la plupart sans ressources financières et tentés par l'aventure en Occident. "Pour d'autres, leur destin est lié à celui de leurs mères, grand-mères et doivent accepter le mariage forcé, la polygamie..." Pour Birama Konaré, le lecteur peut trouver dans ce livre tout le sens de son combat, celui d'un auteur qui voudrait donner la parole aux plus fragiles. "Je l'ai fait sans désir de plaire donc ne soyez pas surpris par la dureté de mon regard".
Iba est tout simplement un auteur qui veut faire de l'écriture un outil d'éveil des consciences et qui présente une société basée sur le respect de la dignité et de la sacralité de la vie. "Ma plume se veut une arme qui tire sur l'inacceptable", dit-il. Ce jeune battant, qui croit fermement en ses propres capacités, sait qu’on ne peut pas tout avoir dans la vie. "Mais nous devons travailler pour vivre dignement et contribuer au développement du pays", dit-il.
Après l’école "Annexe IPEG", l’actuelle Ecole Jean-Richard et l’Ecole de Koulouba où ils étaient une centaine d’élèves dans une même classe, Iba va poursuivre ses études secondaires en France. Il ne reviendra au Mali qu’après le décès de sa grand-mère qu’il aimait au plus profond de lui-même et passe avec brio le bac économie (MTE) au lycée Kodonso.
Il va atterrir à New York, à l’Université de Cor Dany à Columbia pour son bachelor avant de poursuivre un master en France dans le domaine publicitaire. Puis, suivra un stage à Tunis. "L’amour pour le travail bien fait chez Birama a fini par prendre le dessus sur son impatience et sa nervosité", témoigne un de ses collègues.
Entreprenant et courageux, l’homme est aussi promoteur d’un Centre de sports à l’ACI-2000 dénommé "Fitness Center", créé en 2004. Iba déteste l’injustice sous toutes ses formes. Il aime surtout le partage, la solidarité et le dialogue. Car, consent-il, "ce sont des débats que jaillit la lumière".
Idrissa Sako

 

OUSMANE DIARRA ECRIVAIN
" Au Mali, on est superbement ignoré par la presse d’Etat"
Bibliothécaire au Centre culturel Français (CCF) Ousmane Diarra est auteur de plusieurs ouvrages. Son récent récit est un texte intitulé "Voyage au bout de ma peine" qu’il a rédigé à la faveur d’un ouvrage collectif dédié au cinquantenaire des pays africains. Dans cette interview M. Diarra regrette le peu de considération accordée à l’enseignement de la littérature ce qui, dit-il, a pour conséquence le manque du débat d’idées. Entretien.

Les Echos : Est-il facile aujourd’hui de produire un livre au Mali et quelle perception avez-vous de l’enseignement de la littérature dans notre pays ?

Ousmane Diarra : La production littéraire n’est pas facile au Mali puisqu’il n’y a pas avant tout un engagement réel des autorités pour la promotion de la littérature qui, quand même, fait partie des pratiques culturelles et des arts qui font rayonner une nation. Pour preuve, avec "Vieux Lézard" en 2006, j’ai eu le prix du prince Pierre de Monaco et je suis, à mon avis, le 1er à recevoir cette distinction, après Léopold Sédar Senghor. Et j’étais en compétition avec plusieurs nationalités, cependant, c’est passé inaperçu.
Mon livre "Pagne de femme" a été présélectionné pour le prix Renaudot, là aussi les choses sont passées inaperçues, seule la presse privée parle et continu de parler de nos ouvrages. Jusque-là, la presse d’Etat s’est peu intéressée à nos activités. Le Café littéraire qu’organisait le ministère de la Culture et qui était l’un des cadres uniques d’expression, n’existe plus. Je veux tout simplement dire que c’est important que lorsqu’il y a une production littéraire d’une certaine qualité que la presse publique (télévision), qui a une plus grande audience, en parle dans les émissions littéraires.
Or, il suffit que quelqu’un publie un simple rapport pour qu’il soit invité sur les plateaux de la télévision nationale au mépris des œuvres qui sont reconnues sur le plan international. Au Mali, on est superbement ignoré par la presse d’Etat ce qui n’encourage pas le littéraire. Cela dit, je suis satisfait de mon travail, car les statistiques de la médiathèque du CCF montrent cette année que "Vieux Lézard" est en tête de tous les documents empruntés.
Du temps où j’étais au lycée, je peux affirmer sans me tromper que l’enseignement de la littérature aujourd’hui est en déperdition. Cela va de pair avec la dégradation du système éducatif en général. Il faut valoriser les professeurs de lettres et pousser les jeunes à opter pour la vocation.

Les Echos : Vu que l’Etat ne fait pas grand-chose pour le développement de l’activité littéraire, comment vous vous organisez à votre niveau pour créer un engouement autour du livre ?

O. D. : En toute modestie, mon engagement c’est auprès des jeunes générations qui aiment écrire et lire. Je reçois à longueur de journée des jeunes qui viennent avec leurs manuscrits, je leur donne des conseils, les motive et si je rencontre un bon texte, je peux le recommander à n’importe quel éditeur. Il y a déjà trop d’associations de littéraires et d’éditeurs et sans les vexer, les associations se disputent les maigres moyens, alors que le travail de l’écrivain est très solitaire ce qui ne lui permet pas forcément de s’engager dans du militantisme au sein des associations.

Les Echos : Pensez-vous que l’une des conséquences du déclin de la littérature est le manque de débats d’idées au Mali ?

O. D. : Bien sûr ! Je me demande si nos gouvernements lisent même nos œuvres. Vous savez au Mali, les autorités adoptent une attitude très méprisante pour faire taire les détracteurs. C’est les ignorer ! C’est une stratégie qui est bien appliquée dans notre pays.

Les Echos : Qu’est-ce qu’il faut faire dans ce cas pour amener la jeunesse à s’intéresser au livre et à la littérature ?

O. D. : Il faut susciter le débat. Un pays ne peut se développer dans l’unanimisme beat que nous vivons aujourd’hui. Si aujourd’hui les gens prétendent mobiliser la foule au nom d’une religion comme cela s’est passé avec l’affaire du code des personnes et de la famille, c’est parce qu’il n’y a pas de débats contradictoires, ce qui provoque des confusions et incompréhensions. Le mal que les autorités sont en train de faire en évitant le débat risque de nous faire sombrer dans l’obscurantisme. Au-delà de cela, la culture de la lecture doit s’instaurer depuis l’enfance : en donnant aux enfants le goût de la lecture et du livre.
Propos recueillis par
Amadou Waïgalo

 

MICRO TROTTOIR
Des Bamakois à propos de la littérature
Dans ce micro trottoir ci-dessous, des Bamakois parlent de la valeur et de l’importance de la littérature au Mali. Réactions.

Modibo Samaké (professeur de lettres) :
" Le début de la littérature malienne date des années 1930. Dans les années 50 et 60, Fily Dabo Sissoko a enrichi la forme de la littérature située entre l'oral et l'écrit en publiant plusieurs recueils de poèmes ainsi qu'une autobiographie. Seydou Badian est un autre auteur important de la scène littéraire du Mali. Notre littérature a joué un rôle important dans l’éveil de conscience de la population".

Molobali Touré (enseignant) :
" La littérature malienne est riche et diverse dans la créativité. Le croisement entre l'islam et la tradition auquel le peuple reste attaché est en grande partie responsable de la richesse et de la diversité de la culture malienne. La littérature malienne est imbibée de ce métissage depuis l’époque coloniale".

Moussa Diarra (société civile) :
" Beaucoup de nos littéraires ont remporté des prix littéraires importants depuis la fin des années 60. La littérature malienne a de beaux jours devant elle".

Gana Konaté (artisan) :
" Les littéraires sont à féliciter pour leur courage et leur abnégation. Je pense qu’ils jouent bien leur rôle. Ils sont les gardiens de notre culture. Aujourd’hui, beaucoup de personnes s’intéressent à l’écriture. L’Etat doit les encourager en cela".
Propos recueillis par
Sidiki Doumbia

[haut]

Acceuil


 

SHORTS DECOUPES DES AIGLES
Les excuses de l’équipementier
Pour les shorts déchirés des Aigles lors du match Mali-Liberia (2-1) de samedi dernier au stade du 26-Mars, l’équipementier de l’équipe nationale, notre compatriote Malamine Koné, dans une lettre datée du 12 octobre 2010, dont une copie nous a été montrée, s’excuse.
Et de poursuivre : "Pourtant, nous avons accordé une attention particulière à sa réalisation. Je pense qu’il est intolérable de voir les joueurs dans ces conditions".
Par ailleurs, il assure qu’il a pris des mesures et des sanctions pour que cette situation n’écorne plus l’image du Mali et de la marque Airness. Aussi, il dit avoir pris des dispositions pour procéder à une nouvelle fabrication. "Mon représentant sera bientôt à Bamako pour les nouvelles tenues".
A l’en croire, à l’avenir, les Aigles disputeront leurs matches en présence d’un de ses représentants.
Boubacar Diakité Sarr

LIGUE 1
Des coachs étrangers débarquent
Le coach ghanéen Yusuf Abubakar, ancien entraîneur des Hearts of Oaks et de Bechem Chelsea de Kumasi, a été recruté par les Onze Créateurs et le Stade malien de Bamako, champion en titre, a aussi désormais un nouvel entraîneur. Il s'agit du Franco-Algérien Kamel Djabour.
Le premier, avant d’être recruté par la formation de Niaréla, avait eu des pourparlers avec un autre club de Ligue 1. Le second, ancien joueur du Racing Club de Paris a, selon ses propos, plusieurs joueurs sur ses tablettes qui évoluent aujourd'hui dans les championnats européens dont Karim Ziani en Allemagne.
" J'ai eu l'opportunité aussi de mettre en place un projet sportif au niveau du Bénin", ajoute le nouveau patron du staff technique de Sotuba.
La Coupe INPS, dont le coup d’envoi a été donné mercredi dernier au stade Modibo Kéita avec les victoires respectives (2-1) et (1-0) de l’Usfas et Onze-Créateurs sur l’ASB et l’Asko, sert déjà de revue d’effectifs pour les deux techniciens.
B. D. S.

[haut

Acceuil


DU NOUVEAU AUX EDITIONS JAMANA

PETIT PRECIS DE REMISE A NIVEAU

SUR L'HISTOIRE AFRICAINE...

Prix:6500 f cfa

Droit civil

Tome 1: 4000f cfa

Tome 2: 6000f cfa

 

 

L'épopée shongoî

Prix:2500 cfa

La conjuration

Prix:4000f cfa

[haut]

acceuil

Dans ce site web vous trouverez :
OpeneNRICH

 

 




 
Les fondateurs
:: JAMANA : Coopérative Culturelle Multimédia AV. Cheick Zayed - Porte 2694 - Hamdalaye Bamako Mali ::
Tél. 00(223) 229 62 89 - Fax : 00 (223) 229 76 39 - http://www.jamana.org