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2010

Mois d'octobre

Les Echos du 06 octobre

 

FESTIVITES DU 22 SEPTEMBRE 2010
L’heure des comptes
Toute œuvre humaine est, par essence, perfectible ; on n’est d’accord. Cependant, la grande fête annoncée du cinquantenaire nous laisse beaucoup sur notre faim...
Bienséance oblige, il faut féliciter les autorités nationales et toutes ces personnes qui se sont donné, corps et âme, pour faire de l’événement du 22 un temps mémorable de notre parcours. Il y a eu de très bonnes choses, comme, par exemple, l’hymne du pays dans nos langues, bravo ! La partition de cette chorale d’enchantement, la reviviscence du tableau phonique et du mouvement d’ensemble. Mais, il faut laisser aux plumitifs de service la charge des auréoles à attribuer, à tort ou à raison.
Mon devoir d’observateur appelle une pédagogie de la critique constructive, chevauchant des vérités irrécusables, qui permettra, de mon intention et souhait, de tirer des enseignements en vue de mieux faire à l’avenir. Tout citoyen digne du nom, se demande honnêtement si nous avons bien rempli notre contrat avec le pays qui s’appelle "le Mali", si nous avons correctement assumé notre devoir patriotique d’héritiers des Soudanais, si le jeu a honoré l’enjeu, par la tâche suffisante et bien menée, si nous n’aurions pas pu mieux faire, si le bilan est à hauteur d’attente légitime. En somme, à l’heure des comptes, il faut évaluer, et correctement évaluer.
D’autres s’occupent du dépistage de l’argent. C’est le cas du Vérificateur, du Contrôle financier, de la Casca, du Contrôle des services publics, de l’Inspection des finances, du contrôle parlementaire, de la Cour des comptes, et surtout des "sans marché" aigris, tant on veut voir clair au fond de la marmite. Et l’arbre du clair-obscur finit par cacher la forêt de combines.
Moi, je préfère, comme à l’accoutumée, m’atteler à l’idée, au travail, au symbole qui parle à notre conscience, à la raison qui fait le plus souvent défaut. Les manquements en la matière, lorsqu’ils sont évitables, s’avèrent des plus frustrants.
Cet exercice d’examen et d’appréciation n’est pas un intellectualisme, encore moins de la scolastique, mon cher Jacques. Il n’est ni pour dénigrer ni pour gâcher à Hamadi (Ala hoku diam) sa fête en air de réussite triomphale, mais un devoir pour prémunir d’intelligence la nation à l’avenir, une leçon pour les plus jeunes, pour nos enfants qui prennent le relais dans moins d’une décennie, ne l’oublions pas.
Le futur projeté est donc plus proche qu’on ne semble le percevoir. L’avenir en perspective, c’est dans 10 ans. Ce sera, pour ainsi dire, le "soixantenaire" en 2020. Un rendez-vous plus significatif dans notre système numérologique traditionnel. Car 60 ou "mani’n kèmè", c’est-à-dire 100 au Mandé, correspond en années au temps du Sigi dogon, corrélé d’après les spécialistes (je n’en suis pas un) au passage de la comète d’Halley. C’est l’âge de l’assagissement, de l’expérience confirmée, de la notabilité dans la cité. L’exercice me paraît utile pour la postérité et même profitable. Pour la simple raison que nous n’avons nullement besoin de copier ou singer ce qui se fait ailleurs. Nous avons ce qu’il faut pour nous imposer avec la facture originale de notre identité nationale. La preuve est là, et la voici.
Commençons par les vices en la forme. Il a manqué sous la chaleur torride des bâches, qui a dérangé plus d’un officiel, quelques brasseurs d’air suspendus ou des rafraîchisseurs amovibles posés aux flancs. Il fallait y songer.
Deux jours de défilé - quelle innovation ? Ce n’est pas très raisonnable, car il ne s’agit pas d’un défoulement gratuit des jambes. La fête peut durer le temps qu’il nous chante, mais la manifestation officielle dans sa solennité, c’est bien le 22 septembre, et seulement le 22 ; tout le reste se classe en contour événementiel. L’enthousiasme, fort heureusement, n’a pas périclité, mais fut quelque peu émoussé de sa ferveur, car c’est le premier tableau, la communion populaire, qui passa au second plan.
C’est bien dommage. Je reviendrais dans le fond sur cette méprise grossière. Au vu de la programmation, je n’ai pas bien compris l’intérêt d’une Commission nationale du cinquantenaire. Franchement. Je suis curieux de savoir le cahier des charges.
J’ai sillonné quelques coins de Bamako la veille du 22, dans la soirée ; une nuit comme les autres, au marché comme ailleurs, sauf ces attroupements clairsemés à certains niveaux (comme à la Tour de l’Afrique) d’un public sorti pour s’entasser là, à attendre je ne sais quelle apparition. C’est seulement à minuit, zéro heure, avec les feux d’artifice qui tonnèrent au ciel, que cette foule religieuse dans la contemplation du vide frémit d’une clameur à la vue du firmament étincelant. Moins de 30 minutes après, plus rien, silence radio.
Pas un seul écho au lointain de djembé, de bara, de djita, de ngoni, de takamba ; pas de bala, d’appolo, de sabar, de goumbé ; aucun didadi, kamalén’goni, donson’goni, sogonikoun, dansa ; pas de tendoro, de nyoko, de bourou ; pas de chants au clair de lune insolent, mais où donc sont les jeunes ?
Devant la télé sans doute ou peut-être à ce fameux concert cadeau qui déchanta dans la "casse fanga". Quelques rares drapeaux flottent à quelques endroits. Le commerce a fermé dans la semi-obscurité ambiante de tous les soirs, comme d’ordinaire. Je n’ai pas entendu, ni eu connaissance, d’un seul message d’invitation, un simple appel incitatif, des populations à animer la ville, à manifester leur joie, à créer l’ambiance en dehors des hôtels, dans tous les coins et recoins de nos villes et villages, de nos campements et hameaux.
Or la fête populaire du cinquantenaire (en me limitant à l’aspect festif), c’était d’abord la récréation ensemble, le night-club à ciel ouvert, l’opéra et le théâtre dans la rue, le bal poussière, gratuits, au frais des populations mobilisées, avec leurs artistes, chansonniers, musiciens, ménestrels, chacun y allant de son talent, en don de générosité pour le public, car tous les Maliens savent sacrifier à leur pays. C’est dans notre sang.
Ces réjouissances qui marquent la mémoire collective, où chacun au physique participe, entend, voit, échange, côtoie, se frotte, s’informe, entonne, joue, danse, chante, se gargarise, est la vraie Fête, en majuscule. Les défilés et autres activités cadrées, budgétivores, plus ou moins pertinentes, ne peuvent se substituer à cette mêlée d’emphase, à l’euphorie de la ruée, à la magie mélodieuse et envoûtante de nos nuits d’Afrique avec leurs roulements, pincements, tintements et battements sonores ; leurs trémoussements, balancements, déhanchements, "décalements" ; leurs solos, trémolos, sopranos, contraltos, fort rigolo ; dans la liesse bue des wahoo ! et cris de joie des jeunes heureux de vivre, de savourer, d’aimer, de rêver, de partager ces instants loin de leurs angoisses et détresses quotidiennes. Les feux d’artifice, bénis soient-ils, nous ont sauvé la mise à la capitale.
On aurait pu, rien qu’une nuit, nous épargner l’obscurité et la morosité dans nos rues et ruelles, nos marchés et places publiques, nos écoles et établissements, nos édifices et services, en demandant à chacun d’éclairer, "banniérer", nettoyer sa porte. Les drapeaux n’étaient même pas sur les blocs de pylônes conçus pour, qui jalonnent les artères, ni autour des principaux monuments. Il n’était pourtant pas difficile de sensibiliser des corporations (transporteurs, commerçants, artisans, par exemple) pour qu’ils s’impliquent dans la visibilité de la fête ni de convaincre les mille écoles à nos portes à une attitude moins passive, contemplative. On semble malheureusement avoir confondu le "défilé en fête" et la "fête en défilé".
Mauvaise lecture
Venons-en au fond. Faire de la parade militaire le plat principal des festivités du cinquantenaire du Mali, c’est oublier qu’il y aura un cinquantenaire de l’Armée nationale, dans moins de 4 mois, réservé exclusivement aux armes (qu’il y ait célébration ou pas). Qu’est-ce qui peut justifier que la revue militaire (troupes et légions de bataille) prenne le pas sur la marche civile de l’ensemble des populations, du peuple malien. Il y a manifestement un problème de lecture de sens.
L’Europe a connu plus de guerres que partout ailleurs dans le monde ; et au sortir des guerres mondiales, les défilés de leurs nations conservent ce goût martial de la "démonstration" de force, garant de paix, salué par des foules enthousiastes, en commémoration de la vaillance au front, de la Victoire.
Que nous reproduisions ce schéma du "service du drapeau" à notre libération du joug colonial ; que le CMLN, mal aimé des voisins, amis de Modibo, s’y réfugie en dissuasion ; et que l’UDPM, caporalisé, en fasse une détente de musculature aux yeux des opposants ; OK, ceci justifie cela. Mais, qu’en plein régime démocratique, et en temps de paix, on vienne substituer l’Armée aux forces vives de la nation lors d’un jubilé d’indépendance, je suis assez réservé sur la justesse d’un tel choix. Certes, on peut sortir ses "griffes" dans une atmosphère de présomption de tension, ou d’après guerre, pour témoigner de sa force de frappe, et dire attention ! aux bellicistes et aux "imprudents".
La situation orchestrée par les Occidentaux au nord du Mali, nous mettant en conflit avec des groupes armés qu’ils font semblant d’affronter, en nous exposant, n’appelle pas une action classique d’une armée conventionnelle, c’est connu. Il en va du terrorisme comme de la guérilla. L’armée la mieux équipée a ses limites. S’il y avait un besoin de "démonstration de puissance" (sourire), cela appelle l’exhibition de moyens adaptés aux combats contre les menaces actuelles, réponse significative, parlante, et non une simple sortie blanchie d’arsenal d’époque, re-mixé, qui a surtout les inconvénients que nul n’ignore, parce contre productif. Pas besoin d’être expert.
C’est dire combien ce défilé militaire qui a pourtant émerveillé les Maliens, avec ses belles tenues flashées, ses pas cadencés, son ballet aérien et ses impeccables sauts parachutistes, ne fut pas à sa place, malheureusement. Cela ne saurait éblouir nos hôtes, mieux équipés en la matière ; je pense à tous ces ambassadeurs du monde et non aux seuls chefs de délégation présents, au monde entier qui nous suivait à la télé.
Franchement, j’ai envie d’interpeller l’autorité politique, ici. Il est grand temps de ré-équiper nos casernes, de réinvestir nos armes dans la performance, de nous doter d’une Armée moderne, en hommes, esprit et moyens, et de vraiment nous épargner les cirages, vernis et peintures des mêmes des "années 40", recyclés depuis la 1re République, bons aujourd’hui pour le musée de l’Armée, à côté, qui les attend.
On a parlé dans ce pays, jusqu’à ce que l’expression soit passée de mode, de la "loi de programmation militaire". Et bien, c’est le moment, mon général ! Il ne s’agit pas de renoncer à notre option de paix, mais de la renforcer sur un socle solide et crédible de défense. Le premier bien de toute nation, assurément, est sa sécurité. Les Maliens comprennent et sont prêts à ce sacrifice, car la dépense irréfragable est parfaitement justifiée. N’oublions pas que c’est notre diplomatie d’antan et la droiture des chefs, civils et militaires, qui nous a permis d’avoir une armée digne, respectée, équipée et bien formée.
Revenons au débat sur le menu servi au cinquantenaire de l’indépendance. Au lieu de l’apparat d’appareil, voilà l’occasion ratée pour faire voir au monde entier le visage du grand Mali, sa mosaïque humaine, ce qu’il vaut, par ses aînés, par l’œuvre de ses hommes et de ses femmes, sa culture, son travail, son humanité, l’espoir de ses jeunes, le rêve de ses enfants, ce qu’il a pu moissonner en 50 ans, les acquis nationaux, les luttes et le projet d’avenir. Comment ? Je commence par les rubriques évidentes, en demandant indulgence pour l’ordre suivi et les omissions inévitables.
Le sport : Nous aurions dû, au lieu des processions civiles d’inconnus en ordre de bataille, demander à voir Daba Modibo Kéita, en tête, notre champion du monde ; Salif Kéita, ce dieu du stade et ses compagnons restant de Yaoundé 70 ; nos basketteuses, championnes d’Afrique ; des arbitres internationaux ; pour faire court, toutes ces gloires du sport malien, avec les poucets des équipes emblématiques de ces 50 années d’édification nationale : AS Réal, COB, Djoliba AC, Stade malien, Usfas, qui ont ouvert la marche et nous ont égayé 50 ans durant. Mais aussi les élites de toutes ces fédérations qui échappent aux jumelles désaxées d’un département en confusion de mission, rivé sur le seul ballon rond. Je peux citer Mamina Ndiaye du jeu de dame, les athlètes victorieux de handisport, etc.
La culture : Avec Karamoko Bamba, Baala Guimba et Ousmane Soumano en tête, Salif Kéita, Mariam Bagayoko, Souleymane Cissé, Aminata Dramane Traoré, Bara Sambarou Sarré, Boncana Maïga, Malick Sidibé, Bakary Sangaré, Youssouf Tata Cissé, Gaoussou Diawara, Fanta Sacko, Tita Koné, Moussa Sidibé (Tiéman), Zouber, Ismaïl Diabaté, Bako Dagnon, Djélimady Sissoko, Tounkara et Diabaté, Cheick Oumar Sissoko, Ibrahim Ag Youssouf, Kar Kar, Tata Bambo, Ismaïl Samba Traoré, Sory Bamba, Wandé Kouyaté, Fissa Maïga, Djéli Barou Dembélé, Ami Koïta, Ousmane Sow, N’Tji Diakité, Abdoulaye Diabaté, Mah Kouyaté, Nahawa Doumbia, Kassé Mady Diabaté, Sali Sidibé, Kandia Kouyaté, Samuel Sidibé, Abdoulaye Konaté, Babili Kanouté, Zani Diabaté, Moussa Konaté (écrivain), Kardjiguè Laïco Traoré, Massamou Wélé Diallo, Ina Baba Coulibaly, Mamadou Diané, Amadou et Mariam Bagayoko, Oumar Kamara, Guimba national et Michel, Haïra Arbi, Albakaye Kounta, Amara Sylla, Mahamane Tandina, Moussa Traoré (Taras), Koko Dembélé, Modibo Niazan Traoré, Maïcano, Maïmouna Hélène Diarra, Seydou Touré, Gabriel Magma Konaté, Alioune Ifra Ndiaye... mais aussi les héritiers de traditions : Naïni (Bazoumana), Toumani et Madou (Sidiki Diabaté), Souleymane (Djéli Baba Sissoko), avec des pancartes et photos des grands absents comme l’inoubliable Batourou Sékou Kouyaté, Yoro Arsikoula Ba, Fanta Damba, Falaba Issa Traoré, Coumba Saba, Fodé Kouyaté, Harouna Barry, Ali Farka Touré, ou encore le ministre Mahamane Touré... Et pour la jeune génération : Habib Koité, Oumar Koïta, Oumou Sangaré, Bouba Sacko, Yoro Diallo, Rokia Traoré, Balakè Sissoko, Afel Bocoum, Nèba Solo, Abdallah Ag, Diara et Tènèman Sanogo, Kary Coulibaly, toutes nos belles et ravissantes jalimusow pour ne pas les nommer ou encore les rappeurs Tata Pound, Master Soumi...
Beaucoup de la nouvelle vague sont partis, comme Chéché Dramé ou Mangala Camara, le dernier en date, qui aurait pu défiler : Muchacha, Ramata Diakité, Tènè Sidibé, Lobi. Et les régions doivent faire de même pour honorer les talents passés et présents. A Kayes, on songera à la mémoire d’Ousmane Sacko. A Sikasso à Lamissa Bengaly. A Ségou à Karamoko Niang, Safoura Dénon. A Mopti à Hamadjan Sacké, Bela Oumarou, Konaké. A Gao à Dicko...
Ces deux mondes du spectacle étaient faciles à mobiliser. Les médias qui les côtoie, également.
La presse : Le doyen Abdoul Sy, de grandes signatures comme Gaoussou Drabo, Mamadou Kaba, Cheick Moutary Diarra, Soumeylou Boubeye Maïga ; l’icône Aïssata Cissé ; Amadou Thiam, Diadié Traoré, Abdoulaye Sidibé, Lamine Coulibaly, Daouda Ndiaye, Djibril Mbodge, Madou Diarra, Tiona Mathieu Koné, Cheickna Hamalla Diarra, Sadio Touré, Sékou Coulibaly, Boubacar Traoré ; Sidiki N’Fa Konaté et toute l’équipe de l’ORTM dévouée ; Seydina Oumar Dicko, Fatima Sidibé, Saouti Haïdara, Hamidou Konaté, Sambi Touré, et tous ceux qui nous donnent à lire dans les titres ; Ibrahim Souleymane Coulibaly, Mory Soumano, Hamèye Cissé, Fatoumata Coulibaly, Makoro Camara Diaby, Ramata Dia, Maïmouna Traoré, les dessinateurs Kays et Lassavane, les photoreporters comme l’icône Ousmane ; Moussa Ouane avec les cinéastes, vidéastes et créateurs audiovisuels...
Avec la génération actuelle, la forte légion de la Chaîne II, les coqueluches des stations FM comme Sy Solo, Daba, Dragon, Seydou bamanan, Tonton Lamine et les siens, avec in memorium Moussa Konaté (Anim), Oumar Cissé (OC), El hadj Brahima Coulibaly, Boubacar Kéita (La Roue), Balla Moussa Kéita, Colécéro Cissé, Dieudonné Sow, Baba Halaou, Papus Daff, Harouna Diarra, Thierno Ahmed Thiam, Oumar Touré, Hinda Coulibaly, Bréhima Traoré, Louis Pierre Sidibé (Klédu), Moussa Kéita...
Par contre, il fallait persuader, et c’est possible, pour les fonctions de la discrétion.
L’éducation : Le Pr. Kamian en tête, le premier agrégé, avec à ses côtés Modibo Kéita (ancien Premier ministre), Oumar Issiaka Ba, Baba Akhib Haïdara, Urbain Dembélé, Soumana Maïga, Mohamed Ag El Tawati, Mamadou Konaté, Adama Berthé, Kader Samaké, Madina Tall Ly, Victor Sy, Yaya Goïta, Mamadou Doucouré V-Zéro, Bintou Sanankoua, Pr. Younouss Hamèye Dicko, Moussa Soussin Dembélé, Alphonse Dembélé, Sina Coulibaly, Pr. Sidiki Traoré, Pr. Drissa Diakité, Cheïbane Coulibaly, Diogo Togola, Salif Berthé, Emile Camara, Nègèdougou Sanogo... avec une pensée pour Tiéman Coulibaly, les professeurs Kary Dembélé, Yaya Bagayoko, Mamadou Sarr, Mamadou Lamine Traoré, et tant d’autres serviteurs de mérite de cette passion humaine.
J’y adjoins ceux de la médecine : les Pr. Mamadou Dembélé, bistouri d’or, Ali Nouhoum Diallo, Alou Ba, Mamadou Marouf Kéita, Bouba et Moussa Diallo, Ali Guindo, Abdou Traoré dit Diop, Somita Kéita, Sadio Yénan, Bayo, Traoré, Dianguina et Sambou Soumaré, Mahamane Maïga, Koumaré, Touré, Amadou Dolo, Kalilou Ouattara, Chérif Cissé, Kader Traoré, les docteurs Pam, Mariam Diakité, Mme Togo, Sanoussi Nanakassé, Hamidou Baba Sacko, Moussa Sacko, Oury Cissé, Fatoumata Ouattara, Tiéman Coulibaly, Ali Landouré, Alou Sylla, toutes ces équipes maliennes et étrangères de nos hôpitaux... des plus célèbres aux anonymes, des anciens aux tout jeunes.
Comment oublier sous le ska tambouriné de la fanfare d’un défilé, impersonnel dans tous ses états, tout ce monde, ces personnes : enseignants, éducateurs, médecins, sage femmes, infirmiers, qui nous ont éduqués, formés, soignés, de père en fils. La seule occasion pour le public de les saluer, de les honorer, de les acclamer (y en aura-t-il une autre ?) pour leurs nobles services... que dire ?... non rémunérés, leurs dons de soi en sacrifices pour un pays qui ne leur a donné comme salaire que "ce qu’il a pu", et dont certains demeurent encore aujourd’hui des oubliés injustes des médailles du mérite, le seul symbole réparateur (à voir s’il en a encore la vertu).
Retenons les points essentiels. Comment célébrer le cinquantenaire et ne pas songer à faire porter sur le macadam la bannière de la charrue de l’US-RDA (parti unifié à l’Indépendance avec le PSP en un front national de souveraineté), avec ses survivants et ses pionniers, dont l’icône Bakary Pionnier ? Comment ne pas amener les religieux : chrétiens et musulmans, à se donner la main en défilant ensemble, pour montrer au monde notre "maaya" qui n’exclut personne ? Pourquoi amener les "donsos" à circuler au pas de la fanfare, et non à s’exhiber comme ils savent le faire, avec leurs airs épiques ?
Pourquoi aller prendre des jeunes, des femmes, inconnues au bataillon, et les aligner derrière des pancartes sourdes, muettes et aveugles : "les écoles", "les associations de jeunes", "les associations féminines", "les régions", en nous privant de voir plutôt chaque région du Mali avec ses couleurs artistiques et culturelles, en tenues et parures, tresses et coiffes, en œuvres et spécialités, en identités et personnalités de renom ? De voir les travailleurs du Mali, l’UNTM et le CSTM, ensemble, passer, avec leurs chefs, Siaka Diakité et Hamadoun Amion Guindo, et la troupe des militants bien connus ?
Comment ignorer, qu’on les approuve ou pas, le Cofem, la Cafo, l’APDF, l’Afima,... en parlant des femmes, et ne pas voir Oumou Touré, Oulématou Sow Dembélé, Fatoumata Siré Diakité, Nana Sanou, les femmes ministres et parlementaires... ? Qui n’a pas voulu que les bozos nous présentent le poisson du Niger, que les artisans nous montrent leurs savoir faire, et avec un peu d’imagination, que les aides ménagères (nous en avons tous dans nos familles) défilent la tête haute pour dire : "Nous participons" ? Mais, qui donc a-t-on fait défiler à la place de ces groupes légitimement attendus sur l’ouvrage, dans une plate figuration banalisée, sans aucune expressivité, inintelligible ?
Inutile de rajouter à ces impairs constatés. La chose est claire. Le défilé militaire devait accompagner et non se substituer à la première matière, en faisant appel aux anciens combattants et retraités médaillés qui ont eu la chance de vivre l’évènement, les soldats emblématiques comme le colonel Gamou, si je ne m’abuse, mais aussi les intégrés, brandissant le Pacte national et les accords, "Mama la paix" au-devant avec les femmes du Nord pour la paix, les anciens des mouvements qui sont restés sur le sentier de la paix : Iyad Ag Ghali, Zéidane Ag Sidalamine... Le défilé, ainsi, revêtirait un sens qu’il semble avoir perdu.
Un conseil réagit, amicalement, à mon propos : "Pourquoi n’as-tu pas été voir la commission pour faire tes propositions là ?". Je n’en avais pas, et l’on ne m’a rien demandé ; j’étais loin de me douter qu’il en serait autrement, car la Commission a été, me semble-t-il, saisie de beaucoup de projets, d’offres multiples, de programmes variés.
La leçon que nous en avons tirée est de suggérer, à l’avenir, que les commissions du genre lancent des "appels à propositions". L’intérêt d’une telle démarche est de pouvoir profiter de toutes les expériences, expertises et savoir faire hors commission, d’avoir un éventail d’actions clairvoyantes et de choix motivés, d’éviter les fautes par mégarde, méconnaissance ou omission qui appelleront toujours un juste "recadrage".
A bon entendeur, salut !
Mohamed Coulibaly
(ingénieur)

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ASSEMBLEE NATIONALE
Consensus sur le Code de la famille
La session ordinaire du mois d’octobre communément appelée session budgétaire de l’Assemblée nationale, ouverte lundi, aura à examiner 55 projets et propositions de lois parmi lesquelles la Loi de finances 2010-2011 et surtout le Code des personnes et de la famille autour duquel un consensus semble être trouvé, selon Dioncounda Traoré, le président de l’Assemblée nationale.
La session ordinaire de l’Assemblée nationale s’étendra jusqu’au 31 décembre. Cinquante-cinq projets et propositions, dont 24 instances en constituent le menu. Le Mali disposera avant la fin de l’année d’un nouveau Code des personnes et de la famille. Le président de l’Assemblée nationale l’a affirmé à l’ouverture de la session. A l’en croire, un cadre de concertation a été créé entre l’institution parlementaire et le Haut conseil islamique autour de quelques dispositions du Code qui ont été objet de controverses.
Plusieurs séances de travail ont eu lieu, a-t-il précisé, entre les deux parties qui ont été "empreintes de courtoisie, de responsabilité, de convivialité et de cordialité. Pour l’Assemblée nationale, il s’agissait surtout de sortir des malentendus et des procès d’intention, pour parvenir à concilier les impératifs de l’Etat républicain avec certaines de nos valeurs traditionnelles et pour le Haut conseil islamique du Mali à ce que le nouveau texte prenne en charge certaines préoccupations spirituelles des populations, mais surtout que dans le cadre de la laïcité bien comprise, il n’impose à aucun citoyen des dispositions qui pourraient être en contradiction avec ses convictions religieuses".
A en croire Dioncounda Traoré, beaucoup de dispositions ont été, clarifiées, précisées ou reformulées. Comme changement majeur, du haut de son perchoir, il a noté la reconnaissance du mariage religieux, la suppression de l’adoption/filiation et la reformulation de l’article 748 sur les droits de la succession. Cet article dans la première mouture du Code reconnaissait le droit de succession à l’enfant hors mariage. "Il faut dire que ce texte consensuel tout en gardant sa substance a véritablement gagné en clarté et devait, c’est mon souhait, être voté par l’Assemblée nationale", a-t-il conclu.
Denis Koné

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DIONCOUNDA TRAORE ET LES MAUX DE LA NATION
Le discours interpellateur
Parlant de l’école, des insécurités routière et alimentaire et du terrorisme… Dioncounda Traoré, le président de l’Assemblée nationale, a saisi l’opportunité que lui offre la rentrée parlementaire pour rappeler au gouvernement, à l’Etat, aux parents d’élèves, élèves et enseignants leurs devoirs.
L’accalmie constatée sur le front scolaire après les négociations entre le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et le Syndicat national de l’enseignement supérieur a ravi le président de l’AN puisque son appel au dialogue lancé à la cérémonie d’ouverture de la session d’avril a été entendu. Cependant, le président de l’AN suggère qu’une de nos références en matière d’éducation soit l’adéquation formation-emploi.
S’agissant de l’insécurité routière, il a déploré les ravages occasionné par les engins à deux roues et autres moyens de locomotion. Dioncounda a prôné une sensibilisation, mais estimé que " force doit rester à la loi, faite pour tous les citoyens pour leur sécurité et bien-être. Respectons la scrupuleusement et défendons-la !".
Sur la sécurité alimentaire le chef du Parlement, tout en se réjouissant de la bonne pluviométrie enregistrée cette année, a regretté les inondations qu’elle a occasionnées. "C’est le lieu d’inviter nos compatriotes à épargner les lits des rivières et cours d’eau qui ne peuvent constituer des lieux d’habitation".
" Je renouvelle avec insistance les recommandations relatives à l’approvisionnement correct des populations en céréales et en denrées de première nécessité. Le gouvernement doit maintenir, voire renforcer ses dispositifs de surveillance et de régulation du marché pour prévenir des pénuries, réelles ou artificielles et leurs corollaires de hausse de prix", a proposé le président Traoré.
Denis Koné

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INTERVENTION FRANÇAISE AU NORD-MALI
La Cédéao interpellée
Profitant du symposium sur le développement, qui se tient présentement à Ouagadougou, une participante du Mali, au cours des travaux de groupe, a interpellé la Commission de la Cédéao, à travers son vice-président Jean de Dieu Somda, sur son mutisme face aux "dérives" que les forces françaises sont en train de commettre dans le Nord-Mali.
En effet, depuis l’enlèvement des 7 otages, l’armée française a déployé des soldats pré positionnés au Niger avec des avions prêts à intervenir. Les interventions militaires de l’armée mauritanienne, appuyées par celle de la France, ont occasionné des victimes, selon certaines sources a rappelé l’interpellatrice qui répond au nom d’Aminata Kéita.
Pour elle, la Cédéao allait tout au moins condamner les actes de la France et la Mauritanie dont la dernière ne fait pas partie de l’espace. Elle s’est dite "inquiète face à la situation". Et a demandé que l’institution sous-régionale fasse au moins une déclaration.
Dans sa tentative de réponse, le vice-président de la Cédéao, Jean de Dieu Somda, a été évasif se contentant de dire que pour l’instant son organisation n’a pas compétence à intervenir, mais également n’a pas d’armée pour cela.
Toutefois, à ses dires, la Cédéao a mis sur pied une force d’intervention composée de 7000 hommes stationnée dans les pays respectifs, prête à intervenir en cas de besoin. "Leur déploiement ne serait possible qu’avec l’accord des chefs d’Etats, qui ont les prérogatives pour décider du déploiement des forces placées sous commandement de la Cédéao", a affirmé M. Somda.
Amadou Sidibé

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COUP D’ENVOI DE L’ANNEE SCOLAIRE A NIORO
Appel à une citoyenneté modèle

De Nioro où il était parti pour procéder au lancement de l’année scolaire 2010-2011, le Premier ministre s’est adressé aux parents, enseignants, partenaires et à l’ensemble des élèves qui sont, cette année, plus de 3 millions à reprendre le chemin de l’école, pour un sursaut national afin de construire des citoyens modèles.
Cette année, c’est la ville sainte de Nioro qui a abrité, dans une ferveur populaire, le lancement officiel de l’année scolaire 2010-2011 le 4 octobre dernier.
Accompagné des ministres de l’Education, de l’Alphabétisation et des langues nationales Pr. Salikou Sanogo, et de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, le général Sadio Gassama, des partenaires techniques et financiers (PTF) et des autorités politiques et administratives de la région de Kayes ainsi que de Nioro, c’est au 1er cycle de Nioro I que Modibo Sidibé a assisté, aux environs de 9 h, à la montée des couleurs par des élèves.
C’est à l’issue d’une leçon modèle sur les symboles de la République qu’il a suivie avec toute sa délégation dans une classe de 6e année que l’année scolaire a démarré sur toute l’étendue du territoire national.
La maîtresse de la classe, Mme Touré Aïssata Diallo, sous le regard attentive du Premier ministre et sa suite, a décortiqué avec ses élèves la signification et l’importance des symboles de la République (hymne national, drapeau, sceau et devise du Mali).
Les écoliers ont défini ces différents symboles comme la carte d’identité du Mali marquant l’unité nationale, la richesse du pays, l’hommage aux martyrs à travers l’hymne qui est, selon eux, une chanson à la gloire du peuple malien.
Motivation et responsabilité
En décidant de démarrer l’année scolaire par un exposé sur la leçon modèle relative aux symboles de la République, les autorités maliennes disent vouloir bâtir une nouvelle citoyenneté. Au cours de la cérémonie de lancement devant la préfecture de Nioro, le Premier ministre a invité, en présence des Niorois sortis massivement, tous les acteurs à la "prédication" de la jeunesse malienne.
Pour M. Sidibé, l’ambition est de rendre chacun et chacune plus digne de la patrie à l’occasion, précise-t-il, de la première année scolaire de l’an un des prochaines 50 années à venir. Aux dires du chef du gouvernement, il s’agira alors de cultiver et de préserver, à partir de cette rentrée, une "citoyenneté motivée, responsable et respectueuse des lois et règlements".
Pour cela, il a assuré de l’engagement de l’Etat à accroître d’ici 2012 les ressources consacrées à l’éducation nationale qui sont fixées pour 2011 à 35,38 % des charges récurrentes de l’Etat.
Sans donner de réponse précise à la requête du maire de Nioro, Kalilou Diakité, relative à la clôture de toutes les écoles de sa commune, le PM lui a demandé de mobiliser aussi ses concitoyens et de récolter le maximum de ressources au profit de sa Commune.
Le patron de la Maison du peuple a averti que la décision d’accroître le budget de l’éducation doit être accompagnée de mesures déjà édictées par le Forum national de l’éducation afin de faire, dira-t-il, de l’école un creuset socioéconomique et ouvrir de nouvelles opportunités d’emploi au profit de la jeunesse.
Mariage précoce
Le chef du gouvernement est convaincu que la forte pression démographique et la grande population d’enfants scolarisables, sont des défis parmi tant d’autres qui menacent notre système éducatif.
En effet, le choix de Nioro pour abriter le lancement de l’année scolaire procède de la volonté des plus hautes autorités de se conformer avec la décentralisation à laquelle l’école ne saurait se dérober. Aussi, la ville de Nioro se distingue par la faiblesse de son taux de scolarisation dû à des pesanteurs socioculturelles.
Le mariage précoce qui se trouve être un phénomène réel à Nioro dont les habitants sont constitués majoritairement de malinké, peul et arabe, a un impact négatif sur la scolarisation des filles.
Le directeur de l’Académie d’enseignement de Nioro, Koina Ag Ahmadoun qui a présenté la situation scolaire de sa circonscription a reconnu que ce taux connaît une légère amélioration grâce aux efforts de sensibilisation et d’éducation déployés sur le terrain par l’Etat et ses partenaires.
Avec 61 premiers cycles, 11 seconds cycles, 17 écoles communautaires et 36 Medersa…, la Commune urbaine de Nioro fait de plus en plus face au problème d’accueil lié à l’insuffisance d’infrastructures.
Pour y remédier, le gouvernement en partenariat avec le Fonds africain de développement (Fad) a décidé de doter Nioro d’un Institut de formation de maîtres (IFM). Modibo Sidibé a profité de sa présence dans la ville sainte pour effectuer une visite de terrain sur le chantier de l’Institut qui devra ouvrir ses portes en novembre 2010. Bâti sur 5 hectares, le futur établissement comportera 12 salles de classes, des ateliers, un bloc administratif de dix bureaux, des dortoirs et des logements d’astreinte.
La cérémonie de lancement de l’année scolaire a pris fin dans la toute nouvelle direction de l’Académie de Nioro par une rencontre d’échange entre la délégation ministérielle et le corps enseignant. Les enseignants en ont profité, pour soumettre au PM certaines de leurs préoccupations relatives à leur recrutement, la création d’une école technique, la formation et l’amélioration du niveau des élèves.
Amadou Waïgalo
(envoyé spécial à Nioro)


Fini les contractuels !
Le chef du gouvernement a déclaré haut et fort que l’heure des contractuels à un certain niveau de l’éducation est désormais révolue. Les enseignants contractuels qui remplissent les conditions vont dorénavant être soit dans la fonction publique (FP) de l’Etat soit dans celle des collectivités.
" Cette année, ils seront plus de 4000 enseignants à être recrutés dans la FP des collectivités territoriales".
A. W.

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N’GALADJO LAMBERT BAMBA, COMMISSAIRE A LA CEDEAO
" Il faut des solutions endogènes pour la sous-région"
Le 1er Symposium de la Commission de la Cédéao sur le développement se tient à Ouagadougou ; une occasion pour les universitaires, les intellectuels, la société civile… de débattre des nouvelles pistes de relations en vue du développement. Pour le commissaire macroéconomique de la Cédéao, Pr. N’Galadjo Lambert Bamba, l’Afrique ne doit plus subir le développement, mais être un acteur. Il a ajouté qu’il est temps d’inverser la tendance. Interview.

Les Echos : Quels sont les enjeux de ce 1er Symposium organisé par la Commission de la Cédéao ?

N’Galadjo Lambert Bamba : Les enjeux, c’est la recherche en quelque sorte des pistes nouvelles pour le développement de l’Afrique de l’Ouest. Pourquoi ? Parce que nous fêtons dans tous nos Etats membres le cinquantenaire de nos indépendances. Ce qu’on nous raconte tous les jours, c’est que dans les années 1960, beaucoup de nos Etats membres étaient à un même niveau de développement que des pays comme la Corée.
Mais, aujourd’hui, alors que ce pays d’Asie fait partie des pays industrialisés non membres du G-20, nous sommes à la traîne. Et je pense même que nous sommes devenus plus pauvres que pendant les années 1960 alors que nous avons suivi beaucoup de modèles de stratégies de développement qui ont été recommandés par les grandes agences de développement comme la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, le Pnud, l’Unicef, l’Unesco, etc. Elles nous ont conseillés des choses à faire que nous avons faites, mais rien n’a marché jusque-là.
Nous avons pensé, au niveau de la Commission de la Cédéao, qu’il était bon d’essayer de faire le point de ces questions, de voir ensemble ce qui n’a pas marché et si nous pouvons trouver des nouvelles pistes, qui soient endogènes, c’est-à-dire propres à nous et qui vont permettre de redonner les nouvelles orientations pour enclencher le processus de développement véritable de notre sous-région.

Les Echos : D’aucuns pensent que l’échec des politiques mises en œuvre découle d’un manque de vision des autorités. Qu’en dites-vous ?

N. L. B. : Le problème aujourd’hui n’est pas de chercher les boucs émissaires : les politiciens, la société civile ; qui a failli qui n’a pas failli. Je pense qu’on ne doit plus être à ce niveau, ce temps est révolu. Il faut agir maintenant en toute sérénité. Peut-être que nous n’avons pas pu être collectivement, suffisamment stratège, c’est pourquoi nous ne nous en sortons pas. Je pense que c’est l’occasion pour nous de nous interroger entre intellectuels de différentes disciplines scientifiques, pour essayer de voir ensemble quelle est la bonne stratégie que nous pouvons adopter pour sortir de cette situation.
Je pense qu’honnêtement, je ne connais aucun chef d’Etat qui n’aimerait pas qu’on applaudisse parce qu’il a réussi de belles choses. Peut-être qu’ils n’arrivent pas à prendre les bonnes décisions. Peut-être qu’on ne leur a pas donné la bonne information sur laquelle ils devaient s’appuyer pour prendre la bonne décision. Donc, il ne faut pas chercher à jeter la pierre dans le jardin d’une seule personne. Je dis que c’est également des intellectuels qui nourrissent en idées les comportements des sociétés.

Les Echos : Que faut-il faire pour que l’Afrique de l’Ouest, ce grand ensemble avec des potentialités énormes, puisse emprunter enfin le chemin d’un développement durable ?

N. L. B. : Je pense qu’il est préférable que nous attendions la fin des travaux. On va avoir un certain nombre de propositions et nous allons faire sortir une synthèse à restituer aux politiques. Le président Blaise Compaoré, choisi comme parrain, va recevoir les éléments. Il devra à son tour les présenter à ses pairs pour leur permettre ensemble après un débat de prendre les orientations, les grandes stratégies à travers lesquelles on va promouvoir le développement de notre espace.
Dès que nous finalisons, nous allons trouver les moyens de diffuser au maximum les résultats au niveau de l’ensemble de la population. Nous sommes convaincus que le développement résulte d’un ensemble de changement de comportement, de mentalité de l’ensemble de la population. Ce changement de mentalité va nous permettre d’améliorer notre bien-être. C’est comme ça que nous concevons le développement. Il faut aussi donner toute la place de la recherche dans le développement de la sous-région.
C’est pourquoi nous tenons à ce que les grands résultats soient largement diffusés pour permettre à ce que les populations puissent participer à cela et s’orienter avec cet esprit. C’est ce qui explique que nous avons amené à la fois les universitaires, mais également la société civile, à travers leurs différents regroupements, que tous participent aux débats et qu’on ait plus ou moins la vision de tout le monde. Nous allons faire en sorte que l’initiative du symposium soit pérennisée.
Propos recueillis, à Ouagadougou, par
Amadou Sidibé (envoyé spécial)



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MALI-LIBERIA
Le pari de la mobilisation lancé
Les Aigles se préparent depuis lundi dernier pour recevoir les Warriors du Libéria samedi prochain au stade du 26-Mars à partir de 19 h.
La commission nationale chargée d’organiser les rencontres internationales au niveau de la billetterie est à pied d’œuvre pour réussir une forte mobilisation. Aux termes de sa conférence de presse d’hier au Carrefour des jeunes de Bamako, nous avons approché le président de la commission billetterie. Abdoulaye Ouédraogo nous parle des grandes dispositions.
" La commission nationale de billetterie reprend ses droits d’organisation. Nous avons pris des mesures qui ne sont pas aussi rigoureuses comme celles des éliminatoires combinés Can-mondial-2010 puisque cette fois-ci cet événement est régi par les textes de la Caf et nous pensons que jusque-là nous avons pu atteindre substantiellement nos objectifs", indique-t-il d’entrée de jeu.
Pour le match de samedi, la commission, selon son président, a confectionnée 35 000 billets. Les prix varieront de 1000 à 1500 F CFA. 3300 cartes VIP au prix de 3000 et 5000 F CFA ont été confectionnées.
A l’en croire, l’Etat a assuré l’ensemble des charges inhérentes à cet événement.
Le coup d’envoi de la rencontre étant fixé à 19 h, l’ouverture du stade interviendra à 16 h. "Il faudra que tous les Maliens prennent cet événement comme un événement très important", ajoute M. Ouédraogo.
Pour rappel, le Mali, dernier du groupe, doit impérativement s’imposer samedi pour se relancer dans la course à la qualification, après sa défaite (1-0) lors de la 1re journée contre le Cap-Vert à Praia.
Boubacar Diakité Sarr

 

LE MINISTRE HAMANE NIANG AU PARLEMENT DES JEUNES
Des JNJ à l’horizon pour stimuler les initiatives des jeunes
Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Hamane Niang, était à l’honneur le lundi 4 octobre 2010 au Parlement national des jeunes du Mali. Il était invité à faire une communication sur la politique de promotion de la jeunesse ay Mali.
" La République du Mali, dès son accession à la souveraineté nationale et internationale, s’est engagée dans la mobilisation de la jeunesse à travers l’éducation populaire pour le renforcement de l’unité nationale, la sauvegarde du patrimoine culturel national et le développement sportif de proximité dans le but d’élargir la base de la pyramide sportive", a souligné le ministre Hamane Niang, introduisant sa communication.
Il a ensuite fait un état des lieux des initiatives nationales en termes de promotion de la jeunesse au Mali. Des actions dont le point de départ fut 1961, avec l’organisation de la Semaine des pionniers de Bamako par l’inspection régionale de la jeunesse et des sports. Des compétitions sportives en athlétisme, basket-ball et football ainsi que des concours artistiques et culturels en chant, danse traditionnelle et théâtre avaient été alors organisés afin de permettre aux jeunes Maliens de s’épanouir dans tous les domaines.
Cette expérience a abouti à l’organisation, en 1962, de la première Semaine nationale de la jeunesse, puis des biennales sportives, artistiques et culturelles. Il est indéniable, selon les observateurs, que ces initiatives ont contribué à l’organisation des loisirs sains, socioéducatifs et à l’émergence de talents, qui ont durablement marqué les arts et la culture ainsi que la jeunesse et les sports au Mali.
Aujourd’hui, le Projet de développement économique et social (PDES) du président Amadou Toumani Touré, pour la période 2007-2012, traduit à la fois sa volonté et son ambition pour notre pays à l’horizon 2012. "C’est aussi sa vision du Mali que notre génération veut laisser en héritage au vôtre. Cette vision du Mali cadre parfaitement avec les grandes orientations stratégiques de l’Union africaine pour l’épanouissement de la jeunesse africaine consignées dans la Charte africaine de la jeunesse", a souligné le ministre Niang. C’est le lieu de rappeler que notre pays est parmi les premiers à ratifier cette Charte.
Face aux jeunes parlementaires, le ministre de la Jeunesse et des Sports a aussi évoqué le Programme national de promotion de la jeunesse (PNPJ, 2006-2008) dans ses grandes lignes. Cette initiative a doté le pays d’un document de planification des actions en faveur de la jeunesse avec comme objectifs, entre autres, la définition des besoins et aspirations prioritaires de la jeunesse, la formulation d’une stratégie collective pour aborder les problèmes de la jeunesse. Pour sa mise en œuvre, l’Etat a mobilisé près de 446 millions de F CFA, contre environ 93,4 millions F CFA aux partenaires techniques et financiers (PTF), pour la réalisation de 72 activités en trois ans.
M. Niang a mis en exergue d’autres initiatives majeures du gouvernement malien en faveur de l’insertion socioéconomique des jeunes du pays. Il s’agit notamment de l’Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes (Apej), du Fonds d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage (Fafpa), du Programme décennal de formation professionnelle pour l’emploi, du Programme national d’action pour l’emploi en vue de réduire la pauvreté (PNA-ERP), du Programme pour le développement de la formation professionnelle au niveau du secteur privé (Papisrem), la ligne BOAD pour le financement des projets en faveur des jeunes et des femmes. Sans oublier le Programme d’appui à la jeunesse malienne (PAJM, 2008-2011) qui résulte du 23e Sommet Afrique-France de Bamako et mis en œuvre par le ministère de la Jeunesse et des Sports.
A la date d’aujourd’hui, le PAJM a permis à 550 jeunes de toutes les régions et du district de Bamako d’intégrer le dispositif "Entrepreneuriat" et de suivre une formation en "Compétences économiques par la formation à l’esprit d’entreprise" (CEFEE) avec 290 projets financés pour un montant de 493 millions F CFA et un taux de remboursement de 76 % enregistré un an après le début de ce processus. Grâce à ce programme, plus de 30 associations de jeunes ont aussi bénéficié de subventions pour près de 45 millions de F CFA.
Dans le souci de renforcer les capacités du jeune/citoyen dans le domaine du volontariat, il vient d’être lancer le Projet d’appui à la mise en place d’un Centre national pour la promotion du volontariat (CNPV) avec le concours du Programme des Nations unies pour le développement, dont la finalité est la création d’un Corps de volontaires maliens, régi par une loi.
Dans ce même ordre d’idée, depuis 2008, le département organise les "Vacances citoyennes" pour occuper sainement notre jeunesse pendant les grandes vacances par des travaux d’intérêts communautaires (assainissement, reboisement sensibilisation contre des fléaux comme le VIH/Sida et l’insécurité routière…). "Pour la capitalisation de l’ensemble de ses actions et acquis au profit de la jeunesse malienne, dans le souci de prendre en compte la problématique de la transversalité des questions de jeunesses, le département s’est engagé dans le processus de reformulation de la politique nationale de jeunesse depuis avril 2008. C’est ainsi qu’ont été organisées les Assises nationales de la jeunesse en juillet 2009", a rappelé Hamane Niang.
Les Journées nationales et le SNJ
" Cette option a un enjeu majeur pour notre pays, dont la jeunesse représente plus de 65 % de la population totale. La jeunesse, il convient de le préciser avec force, reste et demeure un atout très important pour le développement durable de notre pays et non un problème comme on le pense souvent", a-t-il ajouté.
A l’issue des Assises, un Document cadre de politique de développement de la jeunesse 2011-2015 fut élaboré dans un processus participatif avec les jeunes, l’Etat, la société civile avec la Banque mondiale comme chef de file. Il comporte sept axes stratégiques que sont : l’éducation, l’emploi, le développement des compétences, la santé et le bien-être, l’appui socioéducatif, sportif, culturel, le genre et les défis pour les jeunes filles, la migration et la participation des jeunes à la vie publique.
Ce Document et son plan opérationnel vont être bientôt validés au cours d’une table ronde des partenaires techniques et financiers. Le Document prévoit la création d’un Conseil présidentiel de la jeunesse et le lancement de l’Initiative nationale de développement de la jeunesse. Sa finalité est de faire avancer la problématique des jeunes dans les programmes et projets sectoriels comme priorité dans l’agenda du gouvernement dans le cadre de la lutte contre la pauvreté pour la croissance.
Pour ce qui est des perspectives, le ministre de la Jeunesse et des Sports a annoncé l’organisation prochaine des Journées nationales de la jeunesse (JNJ) avec la possibilité de les coupler à la Biennale artistique et culturelle. Les JNJ permettront à la jeunesse malienne, y compris celle de la diaspora, d’avoir un espace d’expression et de promotion pour cultiver les vertus de bon citoyen. A ce titre, elles constituent un tremplin de formation technique, professionnelle, d’insertion sociale et économique.
Elles susciteront le goût de la créativité dans les domaines du multimédia et de l’artisanat. Elles relanceront également la pratique sportive pour une animation et un développement sportif à la base pour la détection de nouveaux talents. Prévues pour se dérouler en trois phases (locales, régionales et nationales), les JNJ regrouperont les jeunes vivant au Mali et de la diaspora et constitueront donc de véritables créneaux d’insertion socio-économique pour notre jeunesse.
La relance du Service national des jeunes est aussi envisagée dans le but de promouvoir l’esprit patriotique et le civisme chez les jeunes. "Nous espérons que la mise en œuvre de toutes ces actions permettra à notre jeunesse de mieux s’épanouir, de se réarmer moralement et culturellement, de s’assumer afin de pleinement jouer son rôle de fer de lance du développement socio-économique, politique, culturel de notre chère patrie", a conclu le M. Niang. Le ministre a ensuite offert au Parlement national des jeunes du Mali 80 exemplaires de la Charte africaine de la jeunesse.
Moussa Bolly
(CC/MJS)

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