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2010

Mois d'octobre

Les Echos du 1er octobre

 

SITUATION SECURITAIRE DU MALI
Le cinquantenaire et les errements présidentiels
Le général ATT n’a pas pu profiter du cinquantenaire de l’accession de notre pays à la souveraineté nationale et internationale pour passer au peigne fin la situation sécuritaire du pays et dégager des pistes viables dans l’objectif de permettre à l’armée d’assurer vaillamment sa mission de défense de l’intégrité territoriale du Mali, à travers de nouvelles orientations.

Le Mali indépendant a 50 ans. Le cinquantenaire de notre pays donne lieu à des réjouissances populaires depuis plusieurs mois, à travers des cérémonies officielles et autres manifestations populaires. Du côté des célébrations solennelles, l’on retient surtout cette journée particulière du 22 septembre 2010, qui aura vu, entre autres, une grande démonstration militaire en présence d’illustres personnalités.
L’on n’est pas si près d’oublier l’association très remarquée des militaires à la célébration du cinquantenaire du fait que le président de la République, comme d’habitude, est passé à côté des attentes des Maliens relatives aux nouvelles orientations dont notre armée a besoin pour faire face à la recrudescence des attaques terroristes et aux raids intermittents des troupes étrangères sur notre territoire.
L’attitude du président ATT en cette année du cinquantenaire par rapport à l’armée prouve à suffisance qu’être militaire, de surcroît général, ne se traduit pas forcément par une gestion saine et acceptable d’une armée. En décidant d’annuler tous les départs à la retraite au compte de l’armée en 2010, sous le prétexte du cinquantenaire, le général semble confirmer les allégations remettant en cause son management des forces militaires. Car loin d’apaiser la hantise sécuritaire de nos compatriotes, cette décision a suscité des inquiétudes. Le but de ce sursis aux départs à la retraite a alimenté bien de débats, vu le délabrement total de l’administration et l’état des caisses publiques.
D’aucuns pensent que le chef suprême des armées a voulu offrir une retraite dorée à certains de ses "poulains". Cette thèse est d’autant plus soutenable que parmi les officiers promus à la faveur du cinquantenaire, certains devaient faire valoir leur droit à la retraite cette année alors qu’en partant à la retraite, ils n’auraient jamais bénéficié d’une promotion. A moins que ce ne soit le cas de cet ancien gouverneur qui a été promu général par ATT, bien qu’étant à la retraite.
Il serait difficile de ne pas se souvenir des discours d’ATT à l’occasion du 22 septembre et quelques jours plus tôt devant le Parlement européen. La lisibilité des points ayant trait à la sécurité est sujette à caution, l’auditeur sentant un manque de conviction personnelle du président en parcourant ses propos.
Mauvaise publicité
L’homme du 26-Mars donne l’impression d’avoir seulement effleuré la question sécuritaire du pays pour ne pas faire son mea culpa. Surtout que des erreurs, il en a commis beaucoup, comme il l’a lui-même reconnu concernant l’explosion de l’avion transportant de la cocaïne au nord du pays.
Se félicitant de certaines actions menées sous son impulsion, le président ATT a, à Strasbourg (France) insisté sur la multiplication des projets de développement dans le Septentrion malien. Faire allusion à de tels projets devant le Parlement européen relève de la mauvaise publicité pour le Mali pour qui sait que la concrétisation de ces initiatives a toujours été torpillée par la lenteur administrative et les détournements courants des fonds.
A preuve, l’Agence nationale d’investissement des collectivités territoriales (ANICT) qu’ATT a mentionnée devant le Parlement européen a été épinglée par le rapport 2008 du Bureau du Vérificateur général, pour le détournement de dizaines de millions de F CFA. Alors que le Fonds européen de développement (Fed) est l’un des principaux partenaires de l’ANICT, dont la Commission européenne à Bamako est bien imprégnée de la situation.
Si les vrais initiateurs de l’ANICT peuvent être heureux que cette structure soit le fruit de leurs efforts intellectuels, les participants au très médiatisé forum de Kidal en 2007 ne l’entendent pas de cette oreille. Une bonne initiative qui, à l’époque a été transformée en séances de danses extatiques et folkloriques en lieu et place d’une analyse pertinente de la situation sécuritaire dans la zone dans le but de dégager des pistes de développement pour contrecarrer l’insécurité.
Le président de la République est passé à la trappe à ce niveau aussi dans son adresse à la nation du 22 septembre dernier. Dans un style allusif, ATT a reconnu les manquements du forum de Kidal, en précisant que "le gouvernement veillerait à la mise en œuvre des programmes de développement décennal approuvés en mars 2007 par le forum de Kidal".
Ogopémo Ouologuem
(correspondant aux USA)


Le début d’une nouvelle ère ?
Grâce au cinquantenaire, de nouvelles infrastructures commencent à être érigées un peu partout au Mali. Nombre d’entre elles ont déjà été inaugurées, à la grande joie des populations bénéficiaires. On applaudirait des deux mains si cette nouvelle dynamique de réalisations d’infrastructures pouvait continuer après cette période euphorique, car tous ces joyaux sont associés aux 50 ans du Mali indépendant. Et chacun veut en profiter pour marquer des points chez le "manitou" ATT. Les militaires ayant eu des échos favorables, à qui donc le prochain tour ? Peut-être les courtisans du Parti pour le développement économique et la solidarité (PDES) !
O. O.

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MALI
Triste cinquantenaire !
Triste pour mon Bélédougou profané, humilié
Triste pour mon nord saharien "congolisé"
Triste pour… Razel-ma-Tombouctou : mon Guernica sous les bombes d’occupation.
Le chef de village de Nonkon ne décolère pas. Il vient de suivre à la télé les grandioses et magnifiques manifestations sur les sites historiques de Sabouciré, de la reconstitution de la célèbre bataille d’opposition à la pénétration coloniale, à l’élévation de la stèle de 7 m de haut pour la postérité.
Ayant plaidé légalement et espéré sans succès, une telle reconnaissance de la part des autorités de la République depuis l’occupation illégale de ses terres où ses ancêtres et alliés sont morts les armes à la main, face à ce même ennemi, une seule et même question murmurée entre ses lèvres crispées d’amertume, à peine ouvertes fuse. Pourquoi dans le même pays dit démocratique et juste, la reconnaissance pour les uns et l’oubli, pire la profanation et le mépris, pour les autres ?
Car sage père des temps anciens d’honneur, de dignité et de probité à jamais révolus, ton village Nonkon et ton pays, le Bélédougou n’ont pas produit une fille ou un fils dont la descendance donnerait un président de la République, un ministre, ou même un baron des nouveaux régimes démocratiques.
Dans un pays où l’histoire se conjugue au présent immédiat de l’actualité de la vie des princes du jour, aspect "griotique" d’une laudative historiographie de complaisance et du ventre et où la gestion de l’Etat, est d’abord une affaire de famille, de clan, de tribu, puis de région, les glorieuses gestes et héroïques faits d’armes de tes ancêtres rois et princes aujourd’hui réduits à l’état de simples "paysan africain sans histoire et sans aucune perspective d’évolution", ne valent rien.
Les pères fondateurs de la République du Mali ont été bien inspirés en choisissant symboliquement la date du 22 septembre 1960 comme date officielle de la proclamation de l’indépendance de notre pays en souvenir de la première bataille d’opposition à la pénétration coloniale française au Soudan dit français, berceau d’au moins sept empires prospères.
Et le capitaine Gallieni devenu général depuis, ne s’était pas trompé, lorsqu’il affirmait dans ses mémoires n’avoir jamais senti nulle part ailleurs que sur ces terres soudanaises l’existence d’un vrai espace étatique, certes bien décentralisé, mais très bien structuré des pays mandingues du Sénégal jusqu’aux confins des déserts de Tombouctou et de l’Adrar des Iforas.
Pourquoi Sabouciré ?
Elles ont été très bien inspirées les autorités gouvernementales et législatives du régime du président ATT d’avoir choisi pour les manifestations commémoratives du cinquantenaire de l’indépendance du Mali, la revisite de l’histoire de la résistance du peuple soudanais à l’asservissement colonial, commencé à juste titre par la reconstitution de la bataille de Sabouciré et sa matérialisation par cette belle stèle, afin que les générations actuelles et futures, s’imprègnent des tragiques pages de résistance de ce peuple, façonné, ouvert, tolérant, pacifique jusqu'au stoïcisme, par mille ans d’histoire d’épopée, mille ans d’histoire d’élaboration et d’exercice de droit humain et de sagesse sociétales.
La fête aurait été encore plus belle, plus féconde et plus œcuménique si après les festivités de Sabouciré, les autorités avaient pensé étendre cette révision de l’historiographie de la résistance soudanaise en fonction du temps et de l’espace à l’ensemble du pays ; par d’officielles évocations festives des batailles de résistance sur les murailles de Ségou, de Sikasso, de Nioro, de Wéssébougou, du Bélédougou sans oublier les campagnes de conquête et de résistance d’un Samory, d’un Sékou Ahmadou, fils du père si bien nommé, des révoltes bobos de Bazani et des Touareg de Firhoun, pour ne citer que ceux-là.
Loin de nous l’idée d’organiser en tous les lieux de résistance de l’espace soudanais, une aussi grande manifestation nationale avec présence obligée de tout le gouvernement, des corps constitués et tous les acteurs et figurants des scènes de bataille et des négociations. Une année entière n’aurait pas suffi et le budget insupportable et injustifiable.
Mais de symboliques manifestations à caractère régional, préfectoral ou même sous-préfectoral où la présence d’un ministre, d’un gouverneur ou d’un préfet et élus locaux aurait pu valablement représenter le gouvernement, l’Etat malien.
Les populations locales dans la liesse et le réconfort auraient été reconnaissantes à cet Etat qui leur aurait ainsi restitué leur passé, leur dignité, les hauts faits de leurs ancêtres et leurs sacrifices consentis pour la pérennisation des valeurs morales culturelles et traditionnelles de ce cher soudan aujourd’hui Mali.
Autant le président ATT a été légitimement fier de savoir et de faire savoir qu’il est descendant d’une princesse de Sabouciré qui a offert les premiers morts de la résistance soudanaise, autant Issa Konaré de Torokôrôni, Tété Diarra de Nonkon, René Dakouano de San, Ngolo Dembélé de Konséguéla et Sambou Traoré de Sikasso ou Ag Youssouf d’Abeiraba, etc. auraient été très fiers, très heureux de communier avec leurs gouverneurs, préfets et sous-préfets en souvenir des grands hommes de leurs espaces géographiques qui ont choisi la mort dans l’honneur plutôt qu’une vie de soumission et d’avilissement coloniale. Ceux-là même qui, en tous temps en tous lieux, ont inspiré les pères fondateurs du Mali nouveau.
" Griotisme" panégyrique
La belle fête du cinquantenaire aurait alors été une formidable opportunité de réarmement moral du peuple malien, comme ce fut le cas dans les années soixante où ce peuple qui, suite à l’éclatement de la Fédération du Mali, se dressa uni, fort et confiant comme un seul homme pour faire face à son destin. Les strophes de l’hymne national ont su capter opportunément ce puissant souffle de détermination et de confiance en soi.
Mais au lieu de cela, les manifestations sombrèrent progressivement et lamentablement dans un "griotisme" panégyrique et de repositionnement social à l’intention des princes, barons et autres personnalités, influentes dans la gestion politique donc économique et financière du pays. Les vrais héros d’hier furtivement évoqués sans épaisseur, ni la force de caractère qui leur sied, ont servi, instruments anonymes de légitimation, de strapontins aux maîtres du présent.
Mais pouvait-il en être autrement dans le Mali d’aujourd’hui ? Evidemment que non ! Si l’on sait les rapports que tissent ces nouveaux pouvoirs des temps des "démocratures" avec la culture, l’art et l’histoire. Un budget de misère ; un financement au lance-pierre. Et pour cause, combien de ministres du gouvernement connaissent leur histoire du Mali ; exceptés les classiques lieux communs inculqués par l’historiographie coloniale et ânonnée depuis les temps coloniaux, jusqu’à nos jours. De recherches sur notre vraie histoire, sur notre culture ? Que nenni ! Point de sous. That is it.
Combien d’entre eux savaient avant ce cinquantenaire, l’histoire de la bataille de Sabouciré ? Et combien se sont intéressé aux faits d’armes réels du Kouôdialada, de Wéssébougou, de Dio, de Daban, de Bazani, de Nonkon, de Nioro et même celle en profondeur de Ségou et de Sikasso et le "Farablo" ? Très peu.
Certes la fonction de ministre ou de haut fonctionnaire ne fait point obligation d’être expert historien de la nation, mais dans un Etat digne de ce nom, on ne peut valablement prétendre assumer certaines responsabilités nationales sans connaître les fondamentaux cultuels, historiques, "civilisationnels" et géographiques, bref monographiques du pays, aussi sommaires soient-ils. Connaissances qui guident orientent les choix et décisions politiques et économiques et partant l’exécution d’actions, salutaires pour tous.
Rien d’étonnant alors si presque tous nos précieux sites historiques, trésor "inévaluables" que nos devanciers nous ont légués au prix de leur sang, de leur souffrance pour un meilleur avenir pour nous et pour nos héritiers, sont au mieux ignorés et abandonnés à l’agression des intempéries ou dégradés, détruits par nous-mêmes, ou pis vendus à des spéculateurs fonciers. Sans scrupules ni vergogne par de cupides chefs coutumiers et d’affairistes administrateurs néocolonialistes qui n’ont d’autres éthiques, que celui de l’argent facile ou extorqués aux pauvres ruraux, comme on a volé de nos villages et bourgs et vendu à des faux antiquaires sans foi ni morale, nos dieux tutélaires et reliques des fois millénaires (cf. discours du président de la République aux journées nationales sur le foncier).
Comment peut-on imaginer M. Oumar Cissé, préfet de Kolokani tenir avec les populations du Bélédougou une manifestation de commémoration de la violente et sanguinaire bataille du Kouôdialada en 1915 sur le site duquel fait historique, il a délibérément vendu, contre tous les textes juridiques en la matière, 102 ha à Wélé Diallo, marabout affairiste de son état qui fait dire à qui veut l’entendre qu’en tant qu’ami des plus hautes autorités de l’Etat, aucun pouvoir administratif, judiciaire ou de sécurité, ni personne d’autre, ne peut rien contre lui dans le Mali d’aujourd’hui.
Sur le site exproprié avec la bienveillante et complaisante complicité des autorités administratives, il y a installé des vigiles qui, ayant pris goût et plaisir à tirer des coups de feu de sommation et d’intimidation sur quiconque s’y risque, ont fini, dernièrement par canarder par quatre coups de feu successifs comme s’il ne s’agissait que d’oies sauvages, une mission de contrôle, en blessant quatre personnes dont un huissier assermenté.
Cette mission était venue constater la reprise intensive des travaux de profanation par le personnel de Wélé, malgré la publication et la diffusion de la décision du ministère de la Culture, de la retenue dudit site comme patrimoine historique de la région de Koulikoro au titre de l’année 2010.
Mais ce n’est rien. Ce sont les vigiles de Wélé, l’ami des plus hautes autorités, qui n’ont fait que tirer sur quelques énergumènes prétentieux, qui ont osé se dresser contre eux. Trafic d’influence ou réalité ? Beaucoup de méfaits sont aujourd’hui commis au nom des plus hautes autorités. Ce n’est rien de tout. Une banale scène de chasse du Mali d’aujourd’hui. Circuler ! Y a rien à voir.
Comment imaginer Oumar Cissé, préfet de Kolokani parler aux populations du Bélédougou de la terrible charge des Traoré Zambla sur la colline de Zambougou où tomberont les princes Douga Traoré, Bandjougou Traoré, de la chute sur ses versants et aux lieux dits Blandokolé des princes Djiadjiri Magassa, Tiéblédjan Diarra de Nonkon, Koutou Diarra de Massantola et autre Bandjougou Coulibaly, ce sommet dont il a offert 62 ha à Boubacar Haïdara en signant avec une complaisance coupable un avis de non-objection sans aucune enquête au préalable et ce contre l’avis des populations riveraines concernées et les propriétaires traditionnels de terres.
Aujourd’hui le sieur Haïdara y construit sur les ossements des martyrs tombés, un hôtel bien approprié pour le repos et le confort domanial des nouveaux bourgeois des démocratures. Tant pis pour les âmes des Dognoumé Diarra, de Sambablé de Massatola, de Diossé Traoré de Koumi ! Si leur ultime sacrifice a pu servir à galvaniser le courage des pères de l’indépendance, le cimetière de leurs os abritera les batifolages des nouveaux riches de la restauration néo-coloniale.
Mon Guernica
Triste cinquantenaire pour mon Nord saharien "congolisé", un non-Etat où les narcotrafiquants viennent faire leurs transactions de drogues avec des gros-porteurs, détruits après, car la valeur du contenant n’est rien à côté de celle du contenu ; où des armées étrangères viennent y mener leurs guéguerres de démonstrations de force au prix de quelques petites vies maliennes ; où les pays voisins et d’ailleurs viennent faire leur commerce de charme et d’auto-promotion au prix de quelques petites vies maliennes sans s’en référer le moins du monde à l’état malien propriétaire théorique de ces territoires.
Mais au fait ce bout de Sahara en forme de bout de lance préhistorique appartient-il encore au Mali ? Si oui, pour combien de temps encore ? Nous y reviendrons.
Triste cinquantenaire pour la femme et sa fille du village de Razel-ma, mon Guernica, aux environs de Tombouctou. Elles n’ont rien fait de mal à personne. Elles ne demandaient qu’à vivre tranquillement leur dure et pénible vie du désert soumises aux brusques variations capricieuses du temps et de la température oscillant toujours insolemment entre les extrêmes.
Elles n’ont pas vu les avions arriver ou si, mais il était trop tard. Trop tard pourquoi ? Pour fuir ? Mais où fuir encore dans ce désert sans maître, quadrillé entre bandes rebelles manipulés, narcotrafiquants de tous poils, GSPC algérien commandité, et autres divers barbouzes, d’horizons et de motivations multiples et variés.
Mais pour nos deux compatriotes ce fut brutalement le vide, le trou, l’inexistence. Etre et ne pas être ? Résolu en une fraction de secondes. Juste deux pâtés de chairs et d’os sanguinolents étalés subitement sur le sable sec avide. Elles n’avaient ni commercé de cocaïne, ni hébergé, servi l’AQMI, ni caché d’otages, pourtant une guerre venue d’ailleurs, ne les concernant pas les a effacées, chez elles dans leur village sans Etat. Le Nord malien serait-il donc un non-Etat ?
Mandé Alpha

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RELANCE ENERGETIQUE EN AFRIQUE DE L’OUEST
Le salut peut-il venir du secteur privé ?
A Abidjan, au Forum de la Cédéao, plusieurs panélistes ont décortiqué l’état des lieux des ressources énergétiques en Afrique de l’Ouest et de ses incidences sur le développement économique. Les débats ont aussi permis de répertorier les différentes causes de la crise énergétique et d'émettre des suggestions pertinentes en vue de trouver une solution définitive à cette crise. Pour la plupart des intervenants, le secteur privé pourrait jouer un rôle capital dans l’objectif recherché.
Le problème énergétique que connaît la région ouest-africaine avec des délestages fréquents d’électricité et leurs effets néfastes sur les économies, a été au centre des discussions de panélistes composés d’experts et des responsables de la Commission de la Cédéao qui ont "interpellé la région".
Selon le président de la Commission de la Cédéao, James Victor Gbeho, la crise énergétique est l’un des facteurs aggravants de la pauvreté, "les populations ne pouvant ni valoriser leurs productions, ni profiter des opportunités diverses de développement".
Le président de la Commission de la Cédéao a rappelé que l’Afrique de l’Ouest dispose pourtant d’énormes ressources énergétiques, mais qui sont inexploitées : "avec une population collective de plus de 200 millions d’habitants occupant une superficie de 5,1 millions de km2, un PIB de plus de 100 milliards dollars US, un accroissement d’environ 6 % par an, un environnement des affaires en pleine amélioration, un taux moyen de retour sur investissement de plus de 30 %..."
Une étude, réalisée en 2006, estimait que seulement 60 % de la demande en énergie électrique était satisfaite dans la région de la Cédéao. Toutes choses, aux yeux des intervenants, qui démontrent que "malgré l’existence de certains projets régionaux, l’Afrique de l’Ouest a encore de nombreux défis à relever en matière énergétique". Certains ont souligné la nécessité, pour les Etats membres de la Cédéao, d’accélérer la mise en œuvre des différents projets, car, a-t-il dit, "l'énergie est aujourd'hui considérée comme le vecteur clé dans l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le développement".
Pour un expert sénégalais, la grande plaie de la relance énergétique de l’Afrique de l’Ouest se trouve au niveau de la vision politique. "Nous sommes en train de réussir la télécommunication, le transport. Pourquoi pas l’énergie ?" s’est-il interrogé.

L’investissement privé comme solution
Si beaucoup s’accordent sur la croissance de l’énergie, Ramatou Ansary, déléguée de la Fédération des femmes entrepreneurs et femmes d’affaires de la Cédéao/Mali, a mis l’accent sur la recherche de mesures d’accompagnement qui, à ses dires, doivent être une priorité pour la Cédéao. Pour elle, le développement des infrastructures est une des conditions indispensables aux économies modernes, et sans lesquelles il serait impensable qu’un développement rapide et durable puisse être possible.
Elle a cité la création de structures de maintenance des installations énergétiques et la création d’usines pour fabriquer les matériaux. "Au Nord-Mali, la plupart des foyers ont l’énergie éolienne qui est pour la plupart en panne".
Pour renverser la tendance énergétique, des mesures arrêtées par les Etats exigent d’énormes dépenses d’équipement, d’origine nationale et étrangère. Or, il est révélé que la plupart des gouvernements ne peuvent pas réunir les fonds nécessaires par leurs propres moyens. Les experts s’accordent à reconnaître qu’il faut des capitaux privés.
Pour le directeur énergétique de la Cédéao, la participation du secteur privé dans le développement du secteur de l’énergie est primordiale. A ses dires, l’électrification rurale est la première option du secteur privé, "certes des projets existent dans certains pays, mais il faudrait l’intensifier".
Mais cette future participation du secteur privé suscite chez certains participants des inquiétudes car, selon Mme Ansary, "même si l’électricité s’obtient en actionnant simplement un interrupteur, les consommateurs et les entreprises pourraient ne pas être en mesure de s’offrir ce service à un tarif permettant aux sociétés régies par le profit de rentrer dans leurs fonds".
Plus de 40 % des 600 millions d’habitants de l’Afrique vivent en dessous du seuil de pauvreté internationalement reconnu de 1 dollar par jour. L’assistance de gouvernements et des donateurs est indispensable. Si la Cédéao table sur l’investissement privé, il faut dire que le salut pourrait aussi venir de l’intégration des réseaux électriques permettant aux pays de disposer d’une source d’approvisionnement fiable et sûre.
Amadou Sidibé
(envoyé spécial à Abidjan)


L’Amader brille par son absence
Très attendue pour partager son expérience dans le domaine de l’électrification rurale au Mali, l’Amader a brillé par son absence dans la salle de conférence du ministère ivoirien des Affaires étrangères. Croyant qu’il n’a pas été compris, le modérateur a insisté en élevant la voix pour que le représentant de l’Agence malienne pour l’électrification rurale se présente au présidium, mais… Finalement c’est le directeur de l’énergie de la Cédéao, qui a pris la parole pour tenter d’expliquer ce que l’Amader fait sur le terrain au Mali. "Nous aurons voulu que l’Amader soit présente…"
Si l’Amader n’a pas effectué le déplacement d’Abidjan, une compatriote, Ramatou Ansary, déléguée de la Fédération des femmes entrepreneurs et femmes d’affaires de la Cédéao/Mali, était bien présente. Elle a fait des contributions de qualité pour la relance de l’énergie en Afrique.
A. S.

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RENTREE SCOLAIRE
Les écoles prêtes
La rentrée scolaire 2010-2011 au niveau fondamental et du secondaire sera effective le lundi 4 octobre 2010. Les établissements scolaires se disent prêts et rassurent.
C’est le lundi prochain que les élèves des cycles fondamental et secondaire vont reprendre le chemin des classes après trois mois de repos. En attendant, c’est le branle-bas au niveau des établissements qui mettent les derniers réglages pour la réussite de la rentrée scolaire 2010-2011. Globalement, les différents établissements scolaires sont prêts pour le démarrage effectif des cours le lundi prochain à 7h 45.
C’est le cas au lycée Prosper Kamara (LPK) où les élèves font la queue devant le bureau du surveillant général récupérer les fournitures scolaires. Ici, toutes les conditions sont réunies en vue d’une rentrée effective lundi matin. C’est du moins l’assurance donnée par le proviseur du LPK, Sylvain Fomba. "On est fin prêt pour la rentrée du lundi prochain. Toutes les dispositions ont été prises pour la circonstance", affirme-t-il.
Lors de son conseil de professeurs tenu mercredi dernier, le lycée, sous la houlette de son proviseur, a concentré ses efforts sur la sensibilisation des élèves pour l’entretien de l’établissement qui vient de s’offrir une cure de jouvence à l’occasion du cinquantenaire. Sans oublier la sensibilisation pour endiguer, voire stopper les sorties intempestives. Ce, avec la collaboration des parents d’élèves, des professeurs et autres partenaires de l’établissement.
Au groupe scolaire Madani Traoré de Hamdallaye, rien ne semble perturber l’effectivité de la rentrée du 4 octobre. La sérénité est au rendez-vous. Des écoles y tiennent le conseil des maîtres pour mieux affiner leurs armes dans la perspective d’une rentrée sereine et effective.
En tout cas, un des directeurs, El hadj Mamadou B. Coulibaly, ne s’inquiète outre mesure sur l’effectivité de la rentrée scolaire 2010-2011. A ce jour, tranquillise-t-il, le désherbage, le noircissement du tableau, les affichages, le pavoisement, le balayage des classes, les emplois de temps sont au point. M. Traoré ménage sa monture pour aller loin pendant l’année scolaire 2010-2011.
C’est pourquoi il table surtout sur le renforcement pédagogique, le suivi des maîtres au quotidien et la sensibilisation par rapport au changement de méthode dans l’enseignement de certaines disciplines. Tout cela, à en croire notre interlocuteur, pour atteindre l’objectif final qui est de rehausser le taux de réussite.
Moussa Camara
(stagiaire)

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FOURNITURES SCOLAIRES
Une présence remarquable au Dabanani et au Dibida
Au Dabanani et au Dibida, les fournitures scolaires sont aujourd'hui les marchandises les plus visibles. On les voit à tous les coins de ces centres commerciaux à cause de la rentré scolaire 2010-2011 qui débute au niveau du fondamental et du préscolaire le lundi 4 octobre. Cahiers, bics, crayons et autres fournitures scolaires sont cédés à tous les prix.
Si les marchés sont bien approvisionnés en fournitures scolaires, force est de constater que les prix sont moins abordables Contrairement à l’année dernière où le paquet de cahiers de 100 pages était cédé à 1250 F CFA, cette année il est fixé à 1500 F CFA.
Le trousseau, contenant bic, crayons, règles double-décimètre et triple décimètre, équerre, compas, gomme et rapporteur est cédé à 1000 F CFA dans les papeteries et à 750 F CFA chez les revendeurs ambulants. Les livres de français, d’anglais, de mathématiques, de grammaire, d’histoire et de géographie sont vendus entre 2000 et 5000 F CFA, selon les classes.
Selon Mamadou Kane, gérant de la papeterie Kalanso, la hausse des prix des fournitures cette année n’est pas à leur niveau, mais au niveau des sources d’approvisionnement. "Les prix augmentent du jour au lendemain alors que nous sommes à quelques jours de la rentrée. Je prends les cahiers à 1 400 et les revendent à 1500 soit 100 F de bénéfice. J’espère que d’ici la veille de la rentrée que les choses changeront, c’est mieux pour tout le monde".
Quant aux sacs d'écoliers, les prix dépendent du modèle et de la marque. Ainsi, il existe des marques comme la "Différence", "Mon papa est capable", "Barack Obama" qui sont chers, car ils coûtent entre 5000 à 6500 F CFA. Les sacs simples, moins résistants, sont vendus entre 750 et 1000 F CFA.
Une charge pour les familles
La rentrée des classes est une période excitante pour les élèves mais stressante pour leurs parents confrontés à de grosses dépenses pour que leurs progénitures entrent en classe dans de bonnes conditions.
Toutes les dépenses sont à la charge des familles qui sont, au début de chaque rentrée scolaire, contraintes de faire plaisir à leurs enfants. Ces dépenses exigent un budget autonome que la plupart des familles à faible revenu ne peuvent pas assurer.
En plus des frais d'inscription et de scolarité pour les écoles privées et les cotisations pour l’Association des parents d’élèves (APE) dans les écoles publiques, les parents doivent acheter des uniformes, des habits neufs sans compter les frais de transport pour certains.
Selon Mme Traoré Fanta Kéita, veuve et commerçante, que nous avons rencontrée au marché Dibida, la rentrée scolaire grève sérieusement son budget. "J’ai trois enfants. Le plus âgé fait la 6e et le 3e fait la 3e année. Malgré qu’ils soient tous dans des écoles publiques, je dois dépenser plus de 50 000 F CFA dans les fournitures, sans compter leur habillement et leur déplacement".
La rentrée scolaire met une pression sur les budgets familiaux, qui sont pour la plupart limités. Sachant les faibles revenus des Maliens dans leur majorité, les familles qui possèdent une nombreuse progéniture recourent aux prêts bancaires ou d’épargnes pour faire face aux besoins et dépenses scolaires.
Anne-Marie Kéita

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DOSSIER : LES CIMETIERES
GESTION DES CIMETIERES
Périls sur nos dernières demeures !

Malgré les efforts des autorités dans la construction de murs de clôture, force est de constater que nos lieux de repos éternel manquent d’entretien et d’attention.

Son seul nom fait peur. Le cimetière effraie, il déplait. Et pourtant c’est là qu’on enterre parents, amis et connaissances. C’est également le terminus pour tout être humain. C’est le domaine de l’équité pour tous par excellence. A ce titre, le cimetière, qu’il soit musulman ou chrétien mérite une attention particulière, ne serait-ce que pour préparer "son tour".
Mais à voir les pratiques en cours dans nos cimetières, on peut supposer que les morts doivent être fâchés contre les vivants. Ils sont délaissés, sales, envahis par les épines, nids et même devenus des refuges de brigands. S’y ajoutent des tombes abandonnées, profanées, des objets de pratiques occultes…
Autant de tâches noires qui donnent une idée du peu d’attention que les Maliens réservent à leurs défunts. Bref, les "outrages" aux morts sont monnaies courantes dans certains cimetières du pays. Certes, il y a des cimetières qui laissent une bonne impression avec des pierres tombales assez bien entretenues. Cependant, certains montrent un visage hideux et se caractérisent par un mur de clôture fissuré ou écroulé.
Mais, qu’ils soient clos ou pas, la plupart de nos cimetières sont des terreaux des hautes herbes et autres arbustes. A tel point que dans des cimetières en pleine ville, on a l’impression d’être sorti de la capitale et à l’orée d’une savane broussailleuse.
Il est a noté aussi que les frères et sœurs de disparus transforment leurs dernières demeures en dépotoirs. Des charretiers y convergent parfois pour y déposer des ordures même si la pratique a diminué en raison des mesures prises par les autorités. Dans ces mesures figurent, la clôture des cimetières, le recrutement de gardien pour empêcher les "envahisseurs" de commettre leur forfait.
Malgré tout, certains mal intentionnés "dérangent le repos des morts". L’opérateur économique, président de la CCIM et du Conseil économique, social et culturel, Jeamille Bittar, figure sur la longue liste. En effet, au cimetière de Sogoniko, ce dernier se moque des morts et de leurs familles, malgré les nombreuses protestations.
En effet, les pluies diluviennes de ces derniers jours, selon des témoins "ont défoncé des tombes, déterré des cadavres et même empêché les populations à procéder à des enterrements à cause des eaux de pluies qui ont inondé toute la surface du cimetière, à cause aussi du chantier de la nouvelle gare de Bittar".
Avec ce forfait de Bittar à Sogoniko, les tombes sont en train de disparaître. Le président de la CCIM pouvait réparer les dégâts causés ne serait qu’en réparant les dégâts qu’il a causés aux sépultures emportés par les eaux de pluie.
Ce travail de Jeamille calmerait les résidents. La religion qu’elle soit musulmane ou chrétienne ne condamne pas l’entretien des tombes, ni leur embellissement. "Il est possible et même souhaitable de les entretenir et de les embellir. Mais il est préconisé d’éviter tout étalage ou ostentation", confient des religieux.
Il est aussi temps, pour les municipalités en tout cas pour celles qui ne l’ont pas fait, d’inscrire dans leur Pdsec l’entretien des cimetières.
Amadou Sidibé

 

CIMETIERE
Un lieu sacré pour l’Eglise
Un cimetière est un terrain public et sacré où, après une cérémonie, l’on enterre les morts dans des tombes individuelles ou lignagères où leur souvenir est généralement signalé par un monument, des symboles ou des inscriptions. Pour l’église catholique, le cimetière est un lieu sacré.

" Le cimetière est la dernière demeure de l’être humain sur terre", explique l’abbé François Coulibaly. A ses dires, le culte catholique est caractérisé par des tombes de pierre et souvent ornée de symbole en particulier la croix (supplice sur lequel Jésus-Christ a été crucifié). Pour le christianisme, comme d’ailleurs pour l’islam, fait-il remarquer, le cimetière est un lieu sacré qui mérite respect et considération.
Au Mali, certaines paroisses ou diocèses possèdent leur propre cimetière comme c’est le cas à Ségou, Bamako où elles procèdent à l’inhumation de leurs défunts adeptes du christianisme catholique. Une des caractéristiques des cimetières catholiques réside dans la division en concessions cadastrées des tombes auxquelles on accède par des allées. Si dans les pays occidentaux chacune de ces concessions est louée ou vendue à une personne ou à une famille pour y construire une tombe ou un caveau, au Mali, tel n’est pas encore le cas.
Selon le prêtre, le monopole de l'Eglise sur les cimetières fut entamé à partir du 17e siècle. Sous l'effet de la démographie et de l'hygiène, il fut décidé de déplacer les cimetières loin des centres urbains. Et au lieu d'avoir un cimetière par paroisse, on passa à des cimetières communs, réduisant de la sorte le pouvoir de l'Eglise et à l’origine, les corps étaient placés est-ouest, tête à l’Est, c'est-à-dire vers la ville sainte de Jérusalem.
Mais cette forme d’inhumation n’est point respectée de nos jours reconnaît Jean-Marie Samaké, un laïc. Selon les prescriptions du canon, l’Eglise a le droit d’avoir ses propres cimetières et chaque tombe doit être bénie à chaque sépulture, selon les rites contenus dans les livres liturgiques.
La mort est un très bon moyen, pour l’Eglise, d’encadrer l’ensemble de la population autour du culte des saints et d'autres bienfaiteurs chrétiens morts en martyrs, d’où la multiplication des reliques que l’on divise en deux catégories.
D'une part, les reliques dites directes sont une partie du corps d'un saint que l’on expose dans un objet précieux adoptant souvent la forme de la partie du corps concerné, c’est un reliquaire (la plupart seront fondus durant la Révolution pour l'argent de la République naissante).
D'autre part, les reliques indirectes regroupent des objets liés au saint : des livres, des vêtements que le saint a touchés. L’intérêt des reliques est de poursuivre la mémoire d'un saint au travers de son culte et de fédérer une population autour de valeurs communes.
Si la relique est précieuse et qu'on lui attribue des miracles, elle attire les fidèles en pèlerinage, celui de Saint-Jacques de Compostelle en Espagne est l'une des plus connues.
L’Eglise catholique accorde une grande importance à la propreté des cimetières. Le jour de la Toussaint, fête de tous les saints, le 1er novembre, de dizaines de fidèles chrétiens y organisent une action de salubrité. En effet, le 2 novembre l’église célèbre la fête des morts.
Denis Koné

 

CIMETIERES
Les ulémas déplorent l’inertie des mairies
Dernières demeures de l’homme, les cimetières sont des lieux sacrés qui exigent un respect inconditionnel. Mais les sépultures sous forme de mausolée qui occupent inutilement deux places pour un seul défunt et les herbes hautes constituent, aux yeux des ulémas, des causes du désordre.
" Certes, nous avons honoré les fils d’Adam. Nous les avons transportés sur terre et sur mer, nous leur avons attribué de bonnes choses comme nourritures, et nous les avons nettement préférés à plusieurs de nos créatures", indique la sourate Is-ra ou le voyage nocturne dans le Coran, versets 79 à 80. L’humain a droit au respect même mort. Selon le Coran, les hadiths et la jurisprudence, toute atteinte à la dignité de l’homme est interdite, précise Mamadou Koné, chef du bureau des ulémas de l’ORTM.
" Le prophète Muhammad (PSL), pour le respect des morts, interdisait le port des chaussures dans les cimetières. Une fois en cet endroit, on doit saluer les morts et leur rendre hommage avant de continuer son chemin", rappelle-t-il. Depuis toujours, l’islam impose ce respect. "Il est vrai que l’animisme est partie intégrante de nos cultures, mais cela ne donne pas le droit de déshonorer une tombe", dit M. Koné.
Selon lui, l’exhumation des ossements pose un problème d’espace qui s’explique par les sépultures inutilement énormes qui occupent trop de place et la fierté d’une certaine population qui refuse d’enterrer leurs défunts hors de la ville.
Volontaires des cimetières
" A cause de cette situation, certains négocient une tombe déjà occupée dont ils éjectent les ossements pour y mettre un nouveau défunt. Cela est regrettable", se désole Mamadou Koné. D’après lui, il ne peut y avoir un bon entretien de la dernière demeure de l’homme sans une réflexion en amont sur la question.
Faisant recours à ses souvenirs, il ajoute qu’il a participé à une journée de réflexion sur la question des cimetières avec Ismaïla Cissé, à l’époque gouverneur du district de Bamako. Il s’agissait de trouver un lot foncier hors de la ville ; d’immatriculer les parcelles. Malheureusement, il n’y a eu de suite à ces propositions.
Il déplore le manque de moyens et l’inertie des mairies qui n’entretiennent pas ces lieux. Tout comme son collègue Daouda Dia, il apprécie et félicite les jeunes volontaires qui, profitant de leur temps libre, s’attachent présentement à soigner l’image des cimetières.
D’après le constat de Mamadou Koné, le désherbage des cimetières permet de mieux se déplacer d’une tombe à l’autre, car il est interdit de s’asseoir sur une pierre tombale. Il est plutôt conseillé de faire rapidement ses prières sur un défunt enterrer et de se retirer.
Malgré ces initiatives encourageantes, certaines déviances se font déjà sentir. "Nous sommes ceux qui entretiennent ces lieux, alors nous voudrions être aidés financièrement. Dans le cas échéant ce lot sera détruit", évoque un certain M. Dia, pratiquement au bord de la rupture. Et d’ajouter : "Je ne peux pas concevoir que des tiers personnes s’octroient des droits pareils".
Aminata A. Lah
(stagiaire)

 

CIMETIERE D’HAMDALLAYE
Effondrement en cascade des tombes
Les manifestations pluvieuses des dernières semaines ont occasionné l’effondrement de plusieurs tombes au cimetière d’Hamdallaye.
Il y a des semaines, il pleuvait abondamment sur Bamako, ce qui a pour conséquence l’effondrement sans précédent des tombes dans des cimetières. A l’instar d’autres cimetières de la capitale, les eaux de pluies ont endommagé plusieurs tombes au cimetière d’Hamdallaye.
Le nombre des tombes écroulées en ce lieu de repos est innombrable. Chaque fois qu’il pleut abondamment, le cimetière enregistre de nouveaux cas d’effondrements de tombes.
Boubacar Sanogo, le gardien du cimetière d’Hamdallaye, explique que l’année dernière des pluies diluviennes ont détruit plusieurs tombes, mais, continue-t-il, le nombre de tombes effondrées cette année est encore plus grand.
L’association qui s’occupe de l’entretien du cimetière d’Hamdallaye, selon M. Sanogo, a engagé l’année dernière une personne pour restaurer les sépultures touchées. Cette année, l’association en question, n’a pas encore pris une telle disposition malgré le nombre élevé des tombes endommagées par la pluie.
" Les gens chargés de désherber le cimetière, restaurent certaines tombes. Très souvent, j’en restaure moi-même. Aussi, certaines personnes viennent réparer les tombes de leurs défunts. Mais, tout cela est insignifiant".
Vieux de près de 60 ans, le cimetière d’Hamdallaye n’a pas connu, depuis des années, un tel état. Selon Boubacar Sanogo, c’est la technique actuelle d’enterrer qui fait que la tombe ne peut plus résister à l’eau dès lors qu’il pleut abondamment.
Sidiki Doumbia

 

CIMETIERES
Les morts ne sont pas vivants !
Signe indiscutable que notre société a changé : on ne respecte même plus le repos des morts !
Un dimanche, il y a presque deux semaines, la zone de Sogoniko était devenue un champ de bataille. Par la magie de l’argent, des magouilles innommables entourant la spéculation foncière dans ce pays et, il faut dire, par la perte de toute notion de retenue et de décence, les jeunes se battaient contre le projet d’un "opérateur économique".
En fait, il s’agit de Jeamille Bittar, président de la Chambre de commerce, d’un autre machin sans intérêt nommé Conseil économique, social et culturel, 1er vice-président du parti PDES, imprimeur, transporteur, candidat à tout par la grâce des liasses de billets et des appuis solides dont il dispose.
Ce Jeamille Bittar qui n’a jamais fait preuve d’un minimum de hauteur dans cette affaire veut ériger une gare routière avec tout ce qu’elle comporte comme nuisance, à quelques encablures des défunts qui reposent dans le cimetière de la même cité. Du coup, sa construction autorisée, naturellement par le maire Souleymane Dagnon, aux dires des jeunes, bloque les voies de drainage d’eau. Ainsi, des corps enterrés dans la pure tradition musulmane, se trouvent déterrés, flottant sur l’eau, malgré tout ce que l’on enseigne dans ce pays en termes de respect dû aux morts.
Avant ce triste épisode de désacralisation à Sogoniko, c’est un maire de la Commune IV qui voulait carrément morceler et vendre… une partie du cimetière de Lafiabougou. Et aujourd’hui même, le cimetière de Sabalibougou est dans un état si lamentable que les vivants doivent avoir honte de venir s’incliner sur les tombes des défunts.
En réalité, il se passe aujourd’hui un phénomène étrange dans notre pays, surtout à Bamako : les cimetières en ville dérangent ! Les maires, les spéculateurs fonciers, les grands voleurs de l’Etat qui ne cherchent que du foncier pour blanchir le fruit de leur vol, sont pressés d’en finir avec. Alors, entre amis, dans les "grins" où personne ne contredit l’autre, on suggère de fermer les cimetières de Bamako et d’en créer dans la lointaine banlieue. En fait, ils suggèrent une érection de nécropole.
Ne croyez surtout pas, qu’en cas de fermeture réelle pour cause de remplissage, ils attendront les quarante années réglementaires. Ces gens ont atteint un tel degré d’immoralité qu’ils raseront tout, six mois après. Alors, imaginez seulement combien de milliers de lots tireront-ils de ces lotissements sauvages.
Et qui saura ? Après tout, une partie de l’actuel Ouolofobougou et Bolibana est un ancien cimetière. Combien de résidents le savent ? Et à Darsalam, au moins dix familles vivent sur un terrain qui a servi à l’époque de peloton d’exécution au service de l’administration coloniale.
Birago Diop nous a appris que "les morts ne sont pas morts". Pour les maires et boulimiques de la magouille foncière au Mali, "les morts ne sont pas vivants" et c’est l’essentiel.
Ousmane Sow

 

KISSIMA TANDJIGORA, SG DE LA MAIRIE DU DISTRICT
" La salubrité des cimetières n’est pas du ressort de la voirie"
En cette période d’hivernage, les cimetières et autres espaces sont envahis par des mauvaises herbes de toutes sortes. Cette situation expose particulièrement les tombes et constitue un véritable casse-tête pour les creuseurs de tombes qui sont obligés de se frayer à pas mesurés un passage pour les défunts.
Qui est donc chargé du nettoyage et du désherbage des cimetières ?
Pour le secrétaire général de la mairie du district de Bamako, Kissima Tandjigora, l’hôtel de ville, à travers la voirie, n’intervient pas dans l’entretien proprement dit des cimetières.
" Nous avons des gardiens dans tous les cimetières clôturés", se borne-t-il à dire. Et de préciser que ces gardiens sont chargés principalement d’empêcher la profanation des tombes qui est une pratique courante au Mali.
Amadou Waïgalo

 



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MALI-LIBERIA
Vingt-trois Aigles pour le rachat !
L’entraîneur des Aigles Alain Giresse était hier face à la presse au siège de Malifoot pour justifier la liste des 23 joueurs qu'il a choisis pour le match comptant pour la 2e journée des éliminatoires de la Can-2012, Mali-Libéria.

La nouvelle sélection des Aigles enregistre le retour de Sigamari Diarra et d’autres. "Ce sont des joueurs qui ont envie. Sigamari a revu sa position, c’est une bonne chose pour lui et une bonne chose pour nous également. Dramane Traoré est offensif et c’est bien d’avoir encore un autre registre. Ça facilite notre travail et permet de constituer un groupe pour préparer un match", a déclaré Giresse.
Ceux-ci vont sans doute apporter un souffle nouveau à l’équipe nationale qui doit rapidement se relancer dans la course après sa défaite (0-1) face au Cap-Vert à Praia. Le sélectionneur national a également puisé dans le vivier des clubs locaux.
En effet, sur sa liste figurent Soumbeyla Diakité ainsi que le jeune portier du COB, Adama Kéita. A ce tableau rassurant, il faut ajouter la présence des cadres dont le capitaine, Mahamadou Diarra alias Djilla (Real Madrid). Tout comme Soumbeyla, les portiers sélectionnés ne sont pas compétitifs ou cherchent leur place comme Oumar Sissoko de Metz.
" Ils est en condition de compétiteurs, puisqu’il est toujours en entraînement et est toujours prêt à répondre présent à une titularisation. Actuellement, on n’a pas de joueurs dans le championnat européen, en tout cas comme gardiens de but qui soient en pleine compétition. Donc, il faut savoir compenser", a expliqué Giresse.
Pour le match du 9 octobre prochain, Giresse fait dans un saut de l’inconnu et n’a aucune idée de son adversaire. "Très peu malheureusement parce que, je n’ai pas eu la possibilité d’avoir un observateur qui me ramène tous les éléments ; à savoir : un rapport ou les images. Donc, c’est simplement la connaissance de certains joueurs qui sont à l’étranger. Voilà l’approche que j’ai du Liberia et il faudra faire avec. Quand on n’a pas la possibilité d’avoir plus d’information, il faut s’adapter".
Boubacar Diakité Sarr

Liste des 23 joueurs
Oumar Sissoko, Soumbeyla Diakité, Adama Kéita, Adama Coulibaly, Idrissa Coulibaly, Ismaël Kéita, Ousmane Berthé, Adama Tamboura (Metz, France), Drissa Diakité, Mahamadou Samassa, Bakaye Traoré, Drissa Diakité, Abdou Traoré, Modibo Maïga, Issiaka Eliassou, Kalilou Traoré, Sigamary Diarra, Abdou Traoré, Souleymane Kéita, Kalifa Cissé, Sigamari Diarra et Dramane Traoré.
Entraîneur : Alain Giresse
Adjoint : Sékou Oumar Diallo dit Cheick

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