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2010

Mois de novembre

Les Echos du 12 novembre

 

RECONCILIATION NATIONALE
ATT, GMT et la bonne gouvernance
La réconciliation nationale ne doit pas être seulement liée au verdict d’un simple procès. Le président de la République, l’ancien dictateur Moussa Traoré devront accepter d’être, au prix de leur mea culpa, au cœur d’une entente sociale réelle au Mali dont il est loin malgré les apparences.
A la faveur du cinquantenaire de notre pays, le terme "réconciliation" revient avec insistance dans les milieux politiques et sociaux. L’idéal pour beaucoup de nos concitoyens serait que tout le monde se pardonne, y compris ceux qui ont été des loups pour leurs compatriotes durant une bonne partie des cinquante premières années du Mali indépendant.
Le président de la République n’a jamais fait mystère de sa volonté de voir les Maliens réconciliés avec eux-mêmes. ATT a entrepris des démarches qui ont notamment abouti à la création de l’Union malienne du Rassemblement démocratique africain/Faso jigi (UM-RDA/Faso jigi), une partie de la famille originelle de l’Union soudanaise/Rassemblement démocratique africain (US-RDA).
Le Parti pour la solidarité et le progrès (PSP) d’Oumar Hammadoun Dicko, une autre faction un moment de l’Histoire nationale de la grande famille US-RDA, se méfie toujours de s’aventurer dans une union susceptible de révéler au grand jour les rivalités internes et les divergences de vues qui avaient occasionné le schisme de la formation politique du père fondateur du Mali.
Il est, somme toute, évident qu’on est loin de la vraie réconciliation nationale. Le procès de la mort de Modibo Kéita, intenté contre Amadou Seydou Traoré dit Djicoroni par la famille de Dr. Faran Samaké, vient malheureusement rappeler à tous que, telles des plaies gangrenées, certaines pages sombres de notre Histoire hantent la conscience nationale. C’est dire que le Mali n’est toujours pas à l’abri des séquelles de son passé.
Là où les réconciliations informelles ont montré leurs limites, il faudrait un cadre formel permettant de faire table rase des moments ténébreux de notre histoire et d’asseoir les jalons d’une solide cohésion sociale en vue d’amorcer le nouveau cinquantenaire du Mali sur des bases saines et efficaces.
Cet exercice nécessiterait une intervention publique du dictateur Moussa Traoré, qui a régné sans partage sur notre pays de 1968 à 1991. Un face-à-face GMT/peuple malien est d’autant plus pertinent que de simples rumeurs sur sa possible présence lors du défilé militaire du 22 septembre dernier avaient suscité un tollé des acteurs du Mouvement démocratique et du peuple entier.
Or, dans l’immédiat, il n’y a aucun signe d’une probable réhabilitation de GMT, ni des excuses de ce dernier au peuple victime de ses abus et atrocités. A ce niveau, le président ATT est un élément clé, non seulement en sa qualité de chef de l’Etat, mais aussi en tant que témoin important de la gouvernance du Comité militaire de libération nationale (CMLN).
Plaies béantes
Mais, il serait difficile de compter sur le général ATT pour une intervention publique de GMT. Surtout qu’il se dit que le chef de l’Etat a un faible pour GMT, qui est toujours dans ses bonnes grâces. Victor Sy, un défenseur de la démocratie au Mali, n’avait-il pas déclaré à la veille de l’élection présidentielle de 2007 que "ATT et GMT, c’est pareil ?"
En plus de l’énigme qu’est le cas GMT, la bonne gouvernance aiderait également à la réconciliation nationale. Il faudrait que les couches sociales marginalisées ou frappées par la misère sentent qu’elles font partie du tissu social à travers une gestion équitable des ressources de l’Etat.
Sans épiloguer sur les tenants de la rébellion au nord, la question de la redistribution de la chose publique revient toujours sur la table chaque fois que l’on parle de rébellion dans le Septentrion malien. L’honorable Assarid Ag Imbarcawane, l’un des députés de cette partie du pays à l’Hémicycle, vient même de jeter des piques aux autorités : en s’interrogeant sur l’utilité des fonds destinés à la lutte contre la pauvreté.
Une vraie réconciliation rimerait aussi avec une justice débarrassée de ses maux. Combien sont-ils les Maliens à se plaindre, à tort ou à raison, des décisions de justice ? En s’en tenant à des propos du président du Conseil supérieur de la magistrature, l’on pourrait donner raison aux plaignants. Se référant aux décisions de justice lors de la rentrée des cours et tribunaux en 2007, ATT avait déclaré que "c’est le menu fretin qui boit la tasse alors que les gros caïmans circulent impunément". De nos jours, les verdicts de justice continuent d’engendrer bon nombre de divisions sociales.
De toute façon, une authentique réconciliation nationale sans débat sur la question du foncier serait dérisoire. La nation devra être débarrassée de ses prédateurs fonciers, notamment les élus municipaux véreux. En dépit des efforts de l’Etat, marqués par la tenue des Etats généraux du foncier, ces derniers continuent de semer le désarroi parmi leurs mandants. Plusieurs secteurs de Bamako sont dépourvus d’espaces verts et de détente parce que leurs élus municipaux se sont accaparés de tous les terrains destinés à ces fins. Il va sans dire que les populations et leurs maires se regardent en chien de faïence.
Des accords sociaux entre élus municipaux et populations issus de nouvelles lignes de conduite des uns et des autres pourraient se révéler salvateurs. Mais peut-on éviter les tensions sociales découlant du foncier quand des opérateurs économiques, grâce à leurs affinités avec le pouvoir, construisent des usines en plein milieu urbain ou quand des chefs d’institution de la République sont à l’origine de violences liées au foncier ?
Ogopémo Ouologuem
(correspondant aux USA)

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HUICOMABOUGOU
Les travailleurs, fatigués, abandonnent la lutte
Des quatre points du protocole d’accord signé le 30 mai 2010 (sur sept) entre le gouvernement, l’UNTM, le CNPM et Huicoma, un seul a été honoré par l’Etat ; à savoir : la revendication financière portant sur 2,1 milliards F CFA. C’est sur ce constat d’échec que les travailleurs de Huicoma squatteurs de la Bourse du travail depuis un an, ont libéré le siège de la centrale syndicale au grand soulagement de Siaka Diakité, SG de l’UNTM.
Depuis hier jeudi 11 novembre, les travailleurs de Huicoma qui avaient assiégé la Bourse du travail (ils sont affiliés à la centrale syndicale), pour réclamer leurs droits, ont quitté "Huicomabougou" pour regagner les usines encore en activité. Pour les travailleurs, réunis en AG, un début d’exécution des revendications est là avec la satisfaction des sommes demandées, soit 2,1 milliards F CFA.
Le protocole d’accord signé le 30 mai 2010 entre le gouvernement, l’UNTM, le CNPM et Huicoma prévoit l’engagement de l’Etat à prendre en charge les fonds de réinsertion destinés aux travailleurs et à supporter les arriérés de salaires jusqu’au 31 mai 2010. Pour y faire face, l’Etat a offert une provision de 2,1 milliards de F CFA.
Les trois autres points non satisfaits ont trait à la mise en place d’une direction générale provisoire consensuelle qui sera dotée de moyens conséquents par l’Etat pour la relance des activités de l’entreprise, condition indispensable pour la réalisation de certaines doléances "dans un souci d’apaisement et afin d’éviter un procès judiciaire" ; l’engagement du Groupe Tomota à payer les droits légaux des travailleurs ; l’engagement des parties à reprendre les négociations autour des indemnités négociées lorsque l’entreprise reprendra pleinement ses activités.
Dans un communiqué déposé à notre rédaction et signé par le président de la commission des travailleurs licenciés et non licenciés de Huicoma, Bakary Berté, s’est dit étonné et indigné au motif que "jusqu’à ce jour l’Etat n’arrive pas à mettre en œuvre le reste du protocole d’accord surtout en ce qui concerne la nomination d’un directeur général consensuel depuis six mois maintenant".
Violations
Pour M. Berté, l’Etat fait fi des conclusions du bureau du Vérificateur général qui recommande la résolution (l’annulation) du protocole d’accord de cession ainsi que la mise en place d’un plan social en faveur des travailleurs. Le rapport du BVG, aux dires du président de la commission, avait fait ressortir qu’au moment de la cession de Huicoma au Groupe Tomota, ce dernier n’existait pas juridiquement et n’a existé qu’après l’adjudication.
Le dossier de soumission de ce Groupe était composé des pièces de Graphique industrie ; qu’un décret présidentiel n’a pas été pris pour matérialiser la cession de 84,13 % des actions de l’Etat au Groupe Tomota. Le Végal a aussi révélé que le Groupe Tomota a bénéficié des exonérations en dehors de celles prévues dans le cadre du régime "B" du code des investissements. "Mieux ce Groupe s’est approprié des biens de l’Huicoma pour plus de deux milliards de F CFA". Conséquence : le Groupe Tomota a violé toutes les dispositions du protocole d’accord de cession qu’il a signé avec l’Etat.
La commission exige la satisfaction de sept points de revendications. Le retrait sans délai et sans condition de l’Huicoma au Groupe Tomota, le paiement sans délai et sans condition du plan social et des mesures d’accompagnement. La reprise sans délai et sans condition des activités de l’entreprise, le paiement immédiat des arriérés de salaires des travailleurs qui sont en activité (six mois) et ceux des saisonniers, le versement des cotisations à l’INPS.
Figurent également au nombre des doléances la régularisation administrative de la situation des travailleurs (avancement reclassement), le paiement immédiat des indemnités de licenciement des 31 travailleurs arrêtés emprisonnés en juin 2006 et licenciés après. En attendant que l’Etat soit conscient de nombreux abus, les travailleurs de Huicoma doivent prendre leur mal en patience.
Amadou Sidibé

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THOMAS SANKARA, LE PATRIOTE
Un "rebelle" qui inspire toujours les jeunes Africains
Patriote dans l’âme et brillant orateur, l’ancien président burkinabé a impressionné tous ceux qui ont pu l’écouter à une tribune. Préférant lutter avec la parole plutôt qu’avec les armes (le comble pour un militaire), le discours du capitaine Thomas Sankara est plus que d’actualité 23 ans après son assassinat au nom de la "Rectification" de Blaise Compaoré. Même si l’anniversaire de sa mort (15 octobre) passe de plus en plus inaperçu sur le continent, il est clair que Sankara continue d’inspirer des jeunes en Afrique parce que son combat est plus que jamais d’actualité.
" J’ai parcouru des milliers de kilomètres. Je suis venu ici pour demander à chacun de vous que nous puissions mettre ensemble nos efforts pour que cesse la morgue des gens qui n’ont pas raison, pour que s’efface le triste spectacle des enfants mourant de faim, pour que disparaisse l’ignorance, pour que triomphe la rébellion légitime des peuples, pour que se taise le bruit des armes et qu’enfin, avec une seule et une même volonté, luttant pour la survie de l’humanité, nous parvenions à chanter en chœur" !
Tel a été le message livré par Thomas Sankara lors de la 39e session de l’Assemblée générale des Nations unies le 4 octobre 1984. Cette intervention était un condensé de sa vision politique, de ses convictions morales et de son engagement pour sa patrie qu’il a défendue au prix de sa vie. Et en écoutant la chanson "African Revolution" de l’album du même nom de Tiken Jah Fakoly, je ne puis m’empêcher de penser au discours et au combat de Thomas Sankara qui était né le 21 décembre 1949 à Yapo.
Ce révolutionnaire patriote et intègre a été lâchement assassiné le 15 octobre 1987 à Ouagadougou par celui qu’il considérait et protégeait comme son frère : Blaise Compaoré. Le nouvel album de Tiken vise à affranchir les Africains du néocolonialisme, de l’analphabétisme et de la dictature ainsi que de la gabegie de nos dirigeants. De 1983 à son assassinat "Thom Sank" a aussi mené une politique d'affranchissement du peuple burkinabé.
De 1983-1987, en Haute-Volta qui deviendra Burkina Faso par la suite, un jeune militaire est porté au pouvoir suite à un coup d'Etat. Pendant quatre ans, il incarnera l’espoir de toute une jeunesse africaine soucieuse de son propre destin et de l’avenir d’un continent qui ne cessait de sombrer dans la famine, les guerres civiles et la pauvreté malgré ses immenses potentialités.
Derrière une tenue de militaire et un discours marxisant, l'Afrique de la génération consciente s’était donc découverte un chef, un jeune et dynamique leader qui parlait enfin le même langage panafricaniste que les pères des indépendances africaines. Par sa volonté, la Haute-Volta est rebaptisée le Burkina Faso, c’est-à-dire "le pays des Hommes intègres".
Le pouvoir au peuple redevenu maître de son destin
Intégrité, conscience citoyenne et professionnelle ! Tels étaient le socle du combat de Thomas Sankara qui a redonné le pouvoir au peuple en l’amenant à prendre conscience qu’il est l’artisan de son propre destin. Le prodige de Yapo a démystifié le pouvoir sans bafouer l’autorité de l’Etat. Ce sont ces valeurs qu’il incarnait à merveille qui ont fait sa popularité et, hélas, qui ont aussi causé sa perte. En engageant un combat sans merci contre la gabegie, la corruption, le népotisme, l’enrichissement illicite, le gaspillage des ressources de l’Etat, le pillage des richesses de l’Afrique par les puissances coloniales…, Thomas s’est allié la jeunesse et les masses laborieuses.
Mais, il s’est aussi mis à dos les néocolonialistes, ceux qui assimilent le pouvoir au bien-être personnel voire familial, la chefferie coutumière dont les intérêts étaient ainsi menacés. Par la félonie d’un officier sorti de l’ombre par ses soins, ils ont fini par avoir une tête mise a pris depuis les premières heures de la Révolution. Peu à peu, le "Che africain" était parvenu à sortir son pays de la misère, à accéder à l'autosuffisance alimentaire.
La volonté de Sankara de s’affranchir de la tutelle étrangère, notamment occidentale, pour développer son pays se heurta naturellement aux intérêts néocolonialistes de la France, qui a toujours voulu maintenir son contrôle sur ses anciennes colonies. Pour la France de Mitterrand, tous les moyens étaient bons pour éviter que les idées de Sankara ne se propagent dans l'ensemble de la région. Comme l’ont écrit plusieurs confrères et observateurs, Sankara a été attaqué par ceux qui au nord et au sud de la planète profitent financièrement d'une Afrique asservie et spoliée de ses richesses.
Le "Rebelle" sera trahi par son plus proche collaborateur, le narcissique et mégalomane Blaise Compaoré, soutenu par l'égocentrique Félix Houphouët-Boigny dont l’influence géopolitique était éclipsée par l’aura du jeune capitaine révolutionnaire. Comme on le craignait, celui qui incarnait désormais le rêve et l’espoir du continent par son discours pertinent et ses actes courageux a été assassiné en fin d’après-midi de ce triste 15 octobre 1987. Mort à 38 ans pour ses idées, son patriotisme et son panafricanisme, Thomas est devenu le "Che africain".
Résistance mentale
23 ans après son assassinat, que reste-t-il du combat de notre héros Thom Sank ? Son essence bien sûr ! Le changement de mentalité était un axe prioritaire de la révolution d’août 1983. "Il faut proclamer qu’il ne peut y avoir de salut pour nos peuples que si nous tournons radicalement le dos à tous les modèles que tous les charlatans de même acabit ont essayé de nous vendre 20 années durant. Il ne saurait y avoir pour nous de salut en dehors de ce refus-là. Pas de développement en dehors de cette rupture-là. Il faut ranimer la confiance du peuple en lui-même en lui rappelant qu’il a été grand hier et donc, peut-être aujourd’hui et demain. Fonder l’espoir", avait-il défendu lors d’une conférence de presse animée en août 1984.
Aujourd’hui, le Burkinabé brille par son mental. Loin du complexe développé par ses sœurs africaines, la jeune étudiante du Faso n’a pas de complexe à "grimper" sur la bicyclette pour aller à la Fac. Elle ne regarde pas les autres, mais les moyens qui sont à sa disposition pour atteindre l’ambition qu’elle s’est fixée. Et rarement, vous verrez un cadre burkinabé vivre au dessus de ses moyens. Il n’a pas en tout la folie des grandeurs de nombreux cadres africains. Les "Hommes intègres" ont hérité ce mental de décomplexé de la révolution. Et ils font aujourd’hui preuve de résistance mentale pour rester eux-mêmes malgré le poids de la survie.
Il est vrai qu’avec la restauration assimilée à une "Rectification" par Compaoré et compagnie, le Burkina Faso est revenu à la notion de classe sociale avec une bourgeoisie minoritaire qui écrase et appauvrit la majorité du peuple, mais le travail demeure une valeur essentielle pour le commun des Burkinabés. Et cela grâce à la Révolution qui a amené les masses laborieuses à comprendre que seul le travail leur permettra de changer leur destin et celui de leur pays. Hélas, avec le retour de l’injustice et de l’inégalité sociales, le travail est loin d’être un bouclier contre la pauvreté et la misère d’autant plus que ses fruits sont confisqués par une minorité inféodée au pouvoir.
" Notre révolution n’aura de valeur que si, en regardant derrière nous, en regardant à nos côtés et en regardant devant nous, nous pouvons dire que les Burkinabés sont, grâce à elle, un peu plus heureux. Parce qu’ils ont de l’eau saine à boire, parce qu’ils ont une alimentation abondante, suffisante, parce qu’ils ont une santé resplendissante, parce qu’ils ont l’éducation, parce qu’ils ont des logements décents, parce qu’ils sont mieux vêtus, parce qu’ils ont droit aux loisirs ; parce qu’ils ont l’occasion de jouir de plus de liberté, de plus de démocratie, de plus de dignité. (…) La révolution, c’est le bonheur. Sans le bonheur, nous ne pouvons pas parler de succès", avait souligné le militaire-intellectuel dans un brillant discours prononcé à Tenkodogo le 2 octobre 1987, c’est-à-dire moins de deux semaines avant qu’il ne soit assassiné par des mercenaires de Compaoré.
De 1983 à nos jours, le Burkina a fait d’énormes progrès. Certes, que le pays aurait pu connaître un autre rayonnement si la Révolution était allée à son terme et si une partie non négligeable de ses ressources n’étaient aujourd’hui détournées de leur finalité. Mais, même si elle a été précocement interrompue, c’est la Révolution d’août 1983 qui a permis au Burkina Faso de se hisser au niveau où il se trouve aujourd’hui.
L’économie du Faso y puise son dynamisme. Par exemple, le Mali produit plus de mangue que le Burkina Faso. Et pourtant, c’est le jus de mangue burkinabè qui est écoulé sur le marché malien et non le contraire. Le pays affiche la même compétitivité dans de nombreux secteurs comme l’agriculture, l’agro-industrie, l’artisanat… Et cela parce que la politique d’affranchissement de Sankara faisait de l’autosuffisance une priorité absolue.
" Ces aides alimentaires qui installent dans nos esprits ces réflexes de mendiant, d’assisté, nous n’en voulons vraiment plus ! Il faut produire ! Produire plus parce qu’il est normal que celui qui vous donne à manger vous dicte également ses volontés", disait-il à la première conférence nationale des CDR (Comité de défense de la révolution), le 4 avril 1986. "Notre pays produit suffisamment de quoi nous nourrir. Nous pouvons même dépasser notre production. Malheureusement, par manque d'organisation, nous sommes obligés de tendre la main pour demander des aides alimentaires. Ces aides alimentaires qui nous bloquent, qui nous inspirent, qui installent dans nos esprits, cette habitude, ces réflexes de mendiants, d'assistés...", avait-il déploré dans un autre discours.
Son gouvernement avait donc entrepris des réformes majeures pour combattre la corruption et améliorer l'éducation, l'agriculture et le statut des femmes. Son programme révolutionnaire se heurta à une forte opposition du pouvoir traditionnel qu'il éclipsait ainsi que d'une classe moyenne peu nombreuse, mais relativement puissante, car manipulée par l’extérieur.
Les ennemis de Sankara ont eu raison de lui, mais pas de sa vision et de sa pensée politique qui continuent et continueront à inspirer les jeunes conscients de leur responsabilité à l’égard de leurs pays et de leur continent. Cet espoir-là, Blaise Compaoré ne pourra jamais l’assassiner. Il a beau se succéder au pouvoir, la patrie l’emportera un jour !
Alphaly

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FONDS MONDIAL CONTRE LE SIDA, LA TUBERCULOSE ET LE PALUDISME
Un gap de 8,3 USD milliards, malgré les promesses !
Le Fonds mondial met en exergue le partenariat public et privé en mobilisant et redistribuant des ressources pour prévenir et lutter contre le Sida, la tuberculose et le paludisme. Son mécanisme de financement se passe dans le cadre d’un processus de partenariat entre le gouvernement, la société civile, le secteur privé et les communautés affectées, ceci, est une approche novatrice du financement international de la santé.
Depuis sa création en 2002, le Fonds mondial est le plus grand bailleur dans la lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme. Les programmes financés par ce Fonds ont pu sauver la vie de 5,7 millions de personnes à travers le traitement du Sida, 2,8 millions de personnes de la tuberculose et 7 millions de personnes dans le cadre de la lutte contre le paludisme ainsi que la distribution de 122 millions de moustiquaires imprégnées.
Compte tenu de ce qui précède, est-il encore besoin de démontrer l’importance du Fonds mondial dans le cadre de la lutte contre ces trois pathologies ? Pour toutes ces raisons, la reconstitution du Fonds mondial est une entreprise de grande envergure et suscite l’espoir et une consolidation réelle de la solidarité internationale.
Les enjeux de la reconstitution du Fonds mondial sont cruciaux pour les pays africains, car en vérité, "…plus de 70 % des fonds attendus seront destinés au continent africain, qui supporte de façon excessive le poids des 3 maladies, que sont le Sida, la tuberculose et le paludisme, dans un contexte économique difficile", selon ATT dans son discours lors de la réunion de reconstitution du fonds, à New York, le 5 octobre 2010.
La réunion de reconstitution a été une occasion exceptionnelle, pour les pays donateurs et les institutions de bonne volonté (au total une quarantaine), de témoigner leurs engagements à la défense et à la promotion de la santé dans le monde. Parmi les donateurs, on peut citer entre autres :
- La France, qui a promis d’augmenter son aide de 20 %,
- Le Japon, qui a promis d’augmenter son aide de 20 %,
- L’Australie, qui a promis d’augmenter son aide de 55 %,
- Les Etats-Unis ont promis d’augmenter leur aide de 40 %, soit 4 milliards de dollars, ce qui fait 2000 milliards de FCFA
Le Nigeria, la Tunisie, la Côte d’Ivoire et l’Afrique du Sud sont du nombre des pays donateurs bien qu’étant récipiendaires.
Les contributions annoncées pour la période 2011-2013, se chiffrent à 11,7 milliards de dollars, soit plus de 5850 milliards de F CFA, malgré cela, le budget prévisionnel n’est pas bouclé. Les ressources estimées pour la période susvisée sont d’environ 20 milliards de dollars, environ 10 000 milliards de F CFA. La différence à combler peut être estimée à environ 8,3 milliards de dollars. Aussi, les promesses de financement restent également soumises aux mécanismes d’approbation des gouvernements et institutions.
C’est pourquoi nous voudrions encourager les pays récipiendaires des fonds, à consacrer davantage de ressources nationales à l’amélioration de la santé de leur population. Ceci pourrait se faire par exemple en consacrant au moins 15 % du budget national à la santé, ce qui équivaudrait d’ailleurs au respect de l’engagement des chefs d’Etat africains pris à Abuja en 2001.
Dans le même ordre d’idée, il est important d’insister sur la gestion transparente et efficiente des ressources mobilisées. La saine gestion des fonds est un gage d’encouragement supplémentaire des pays donateurs notamment dans un contexte de crise financière mondiale et de difficulté de mobilisation des ressources. Il faut réellement saluer les efforts de contribution annoncés et continuer le plaidoyer afin de combler le gap non négligeable qui reste encore.
Les activistes anti-palu devront poursuivre les efforts de plaidoyer au plan national et international afin que les promesses soient tenues ; attirer beaucoup plus de donateurs en octobre 2011, parmi lesquels, nous espérons pouvoir compter d’autres pays africains à l’image de ceux suscités.
(source : projet Voix du Mali, un projet de plaidoyer contre le paludisme)

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35e ANNIVERSAIRE DE LA MARCHE VERTE
Le roi Mohammed VI parle
Le Maroc qui exerce sa souveraineté sur la totalité de son territoire, ne tolérera aucune violation, altération ou mise en doute de la marocanité de ces zones, pas plus qu’il n’admettra de menées provocatrices visant à imposer le fait accompli ou à modifier le statu quo. C’est en substance ce qu’a dit le roi Mohammed VI à l’occasion du 35e anniversaire de la Marche verte.
A l’occasion de la commémoration du 35e anniversaire de la marche verte, Sa Majesté le roi Mohammed VI a prononcé le 6 novembre dernier un discours dans lequel il a dénoncé l’implication et la responsabilité de l’Algérie dans le différend qui l’oppose au Royaume du Maroc par Polisario interposé.
S. M. le roi Mohammed VI a sensibilisé la communauté internationale et les organisations internationales des droits de l’Homme sur la situation de la population séquestrée en Algérie dans les camps de la honte à Tindouf. Il a aussi rappelé que le Royaume du Maroc n’abandonnera pas le HCR à cause de la ferme opposition des autorités algériennes.
Sa Majesté a précisé que le Royaume du Maroc assume clairement sans la moindre ambiguïté ses responsabilités juridiques internationales, fustige le colportage d’allégations mensongères sur l’existence de zones prétendument sous contrôle à l’Est du dispositif de défense.
Pour le roi M6, il est révolu le temps de dérobades où certains pouvaient se soustraire à leurs obligations. "L’heure de la vérité a sonné pour dévoiler à la communauté internationale les affres de la répression, de l’intimidation, de l’humiliation et des tortures qui sont infligés à nos compatriotes dans les camps de Tindouf en violation flagrante des principes les plus élémentaires du droit international humanitaire", a-t-il dit.
Il a ajouté que face à cette situation dramatique, les fidèles sujets à Tindouf ne cessent d’exprimer leur opposition à la répression et à la tyrannie.
Dans sa déclaration, le roi M6 a affirmé que le Maroc, qui exerce sa souveraineté sur la totalité de son territoire, ne tolérera aucune violation, altération ou mise en doute de la marocanité de ces zones pas plus qu’il n’admettra de menées provocatrices visant à imposer le fait accompli ou à modifier le statu quo.
Selon le roi chérifien, le Maroc poursuivra sa coopération sincère avec le secrétaire général des Nations unies et son envoyé personnel en vue de trouver une solution pacifique définitive à ce différend régional artificiel, sur la base de l’initiative d’autonomie.
Idrissa Sako

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DOSSIER
TOURISME MALIEN
Un pilier d’un développement durable
L’activité touristique est pratiquée au Mali depuis avant l’indépendance. Mais ce n’est qu’à partir des années 1990 qu’on pouvait parler de l’essor du tourisme malien, même si au début des années 2000, le secteur avait enregistré une légère régression. Néanmoins, depuis une dizaine d’années, il a repris le dessus avec une importante croissance.
Le tourisme est en train de devenir l’un des secteurs majeurs de l’économie malienne. Il est appelé à jouer un rôle important dans la réduction de la pauvreté en raison de sa capacité à créer des emplois, notamment dans les zones considérées comme déshéritées. Conscient de cela, le gouvernement du Mali, à travers son ministère de l’Artisanat et du Tourisme, a élaboré une politique pour la promotion du secteur en vue d’un développement durable.
La politique touristique prend appui sur les valeurs culturelles du Mali et sur les sites uniques au monde comme le pays Dogon, Djenné, Tombouctou, le Tombeau des Askia classés patrimoines par l’Unesco.
Conçue par le ministère de l’Artisanat et du Tourisme, la politique est mise en œuvre par l’Office malien du tourisme et de l’hôtellerie (Omatho) qui bénéficie notamment des recettes de la taxe touristique pour mettre en œuvre ses actions. La politique s’articule autour de quelques lignes : l’aménagement des sites d’intérêt touristique, la professionnalisation de l’activité de guide de tourisme, l’incitation à l’investissement touristique et l’assainissement du secteur, le renforcement des ressources humaines, l’amélioration de la qualité des prestations et la diversification de l’offre touristique ; le renforcement de la présence et des capacités d’intervention de l’Omatho.
En 2003, l’activité touristique a généré 74 milliards de F CFA. Les emplois directs représentent 4143 personnes en 2004 contre 1000 en 1992, et les emplois indirects sont passés de 2000 à 8286 sur cette même période.
Un code incitatif
Le volume des investissements dans les activités hôtelières et touristiques est passé de 10 milliards de F CFA entre 1960 et 1990 à 105 milliards de F CFA entre 1990 et 2002. Ce chiffre va s’accroître dans les années à venir grâce à la loi n°02-215 du 3 juin 2002 accordant des avantages spéciaux aux entreprises touristiques.
Depuis 2002, le gouvernement a institué un code incitatif pour les investissements touristiques qui offre les garanties pour les investissements nationaux et étrangers. Les avantages accordés portent sur l’exonération de l’impôt les bénéfices industriels, commerciaux et sur les sociétés ainsi que la contribution des patentes pendant 5 ans pour le régime A et 8 ans pour le régime B.
Grâce à ce code, les investisseurs touristiques bénéficient en plus des avantages déjà cités, d’exonérations supplémentaires. Il s’agit de l’exonération sur les bénéfices industriels et commerciaux, de l’impôt sur les sociétés et de la contribution des patentes qui passent de 5 à 7 ans pour le régime A et de 8 à 10 ans pour le régime B.
En plus de ces avantages exceptionnels, les projets touristiques initiés dans les zones II (Koulikoro, Sikasso, Ségou) et dans les zones III (Kayes, Mopti, Gao, Tombouctou, Kidal) bénéficient respectivement de 2 à 4 années d’exonération supplémentaire de l’impôt sur les bénéfices industriels commerciaux et de la contribution des patentes.
Anne-Marie Kéita

 

TOURISME AU MALI
La destination Mali prisée malgré tout

Bien que le ministère français des Affaires étrangères ait déconseillé à ses ressortissants de se rendre dans le Nord du Mali, le nombre de touristes au Mali a atteint les 250 000 touristes. Toutefois, l’énorme potentialité touristique de notre pays n’est pas suffisamment exploitée à hauteur de souhait.

De 98 000 en 2000 à 250 000 en 2007 et autant en 2009, le nombre de touristes a plus que triplé en l’espace d’une décennie. Les recettes provenant du secteur touristique sont passées de 64,648 milliards de F CFA en 2001 à 110 milliards de F CFA en 2007 au Mali, selon l’Office du tourisme et de l’hôtellerie (Omatho).
Selon les statistiques officielles, près de 30 000 visiteurs étrangers s’étaient rendus en 2008 dans le Nord du Mali, assurant une entrée de devises de quelque 9 millions d’euros au pays. Les statistiques révèlent que l’offensive des autorités commence à payer, même si elle reste encore timide.
Avec des sites les plus visitées (le pays Dogon, région la plus visitée de toute l’Afrique de l’Ouest, Djenné, la plus grande ville en terre au monde, Tombouctou, la ville mythique, Tombeau des Askia…) le Mali est une destination pour les touristes européens notamment français. Mais, en 2009, le tourisme malien a traversé une zone de turbulences "jamais égalée dans l’histoire du tourisme national".
Selon l’Omatho, deux grandes crises majeures sont à la base de ce revers : la crise financière et la crise du Nord, ajoutées aux campagnes d’intoxication médiatiques lancées par le ministère français des Affaires étrangères qui a déconseillé à ses compatriotes à se rendre dans le Nord du Mali. "Nous déconseillons formellement tout déplacement dans la région", a déclaré, le porte-parole du quai d’Orsay, Bernard Valero, qui a réagi à la présence dans le Nord-Mali de plusieurs touristes français pour les fêtes de fin d’année de 2009.

Réplique
Cette déclaration française est intervenue au moment où l’Omatho s’est engagé à assurer la sécurité de tout visiteur étranger venant dans la région. Ces situations "gênantes" ont influé négativement sur les arrivées et les recettes touristiques. Face à ces ennuis, le département de tutelle et les acteurs du secteur ont très vite réagi. Ainsi, une série d’actions de promotion a été réalisée afin d’inverser cette tendance.
Le ministre de l’Artisanat et du Tourisme s’est vu obligé d’apporter des démentis sur les allégations des autorités françaises. Et de dire que les touristes peuvent se rendre au Nord-Mali quand ils veulent et où ils veulent. A sa suite, les plus hautes autorités ont affirmé qu’il y a plus de sécurité au Mali qu’à Paris.
Cette offensive a payé. Puisque les recettes dues au tourisme se sont établies à plus de 9,1 milliards de F CFA en 2009 contre 7,7 milliards en 2008. Cette situation a eu de répercussions sur le nombre d’hôtels, qui est passé de 514 en 2008 à 550 en 2009. Des emplois ont été crées à travers le pays.
Malgré ces avancées, force est de reconnaître cependant que le tourisme n’a pas atteint sa vitesse de croisière au Mali. Beaucoup reste à faire. Il s’agit de l’élaboration d’une véritable politique de communication par les agences plus connues en matière de promotion et de vente des sites touristiques. Au département, le créneau utilisé pour vendre la destination Mali semble inapproprié ou du moins n’a pas les effets escomptés pour attirer les grands touristes, qui ont pour principal destination l’Egypte, le Sénégal, la Tunisie.
Les autorités maliennes se disent confiantes pour replacer le Mali sur la liste qui reçoit le plus grand nombre de visiteurs dans les années à venir. "Des actions sont en cours pour plus de visibilité pour que la destination Mali dépasse de loin tous les pronostics", affirme une autorité de l’Omatho.
Amadou Sidibé

Le Sitour : commercialisation de l’offre touristique
Le Salon international du tourisme de Bamako s’est tenu pour la première fois en 2008. Le gouvernement malien a adopté en conseil des ministres le 30 décembre 2009, un décret portant institution du Salon international du tourisme de Bamako (Sitour). Organisé chaque année, il devra assurer l’appropriation de l’activité touristique par les nationaux et organiser les acteurs publics et privés pour la commercialisation de l’offre touristique et de promouvoir les circuits inter-Etats.
A. S.

QUATRE QUESTIONS AU DG DE L’OMATHO
" Le Mali a un patrimoine inestimable et inépuisable"
Dans l’entretien ci-dessous, le directeur général de l’Office malien du tourisme et de l’hôtellerie (Omatho), Oumar Balla Touré, évoque les potentialités touristiques du Mali, les relations de son service avec les agences de voyage et hôteliers sans oublier la question de "l’insécurité" au nord.

Les Echos : Quelles sont précisément les missions dévolues à l’Omatho ?

Oumar Balla Touré : L’Office malien de tourisme et de l’hôtellerie (Omatho) a été érigé en 1995 en établissement public à caractère administratif doté de l’autonomie financière. Il a pour mission globale de faire la promotion du tourisme au Mali et est la branche technique du ministère en charge du Tourisme. Elle a aussi pour missions d’appliquer la réglementation en matière de tourisme, de prospecter les sites d’intérêt touristiques, de créer des produits touristiques, de faire la promotion du tourisme tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Mali et d’assister les opérateurs du secteur privé dans le domaine du tourisme.

Les Echos : En quoi le Mali est-il réellement une destination touristique ?

O. B. T. : Le Mali est une destination touristique si l’on s’en tient à la définition du tourisme : est touriste toute personne qui se déplace de son environnement habituel pour une environnement inhabituel. Les touristes se déplacent pour voir ce qu’ils n’ont pas chez eux. En tant que tel, notre pays de par sa superficie (1,24 million de km2), son histoire ancienne, qui a eu à abriter les plus grands empires de l’Afrique au sud du Sahara (Ghana, Songhaï, Mali, etc.) les grands royaumes bamanan de Ségou, toucouleur, peul du Macina, le Kénédougou, bref, le Mali est pétri d’histoire, de cultures et de traditions.
Nous avons un patrimoine de ressources inestimables et inépuisables, qu’il soit historique, géographique, naturel, artistique, ou culturel. Nous avons un potentiel de patrimoine qui est là et qui fait que le Mali peut intéresser beaucoup de visiteurs qui veulent connaître une Afrique authentique. A côté de ce patrimoine de ressources, nous avons des infrastructures, je peux affirmer que le Mali est aujourd’hui le premier pays hôtelier (501 hôtels, 270 agences de voyages et autant d’espaces de loisirs de bars, de bar restaurants) de la sous-région ouest-africaine. Bamako est la première capitale hôtelière de l’Afrique occidentale.
Le pays est de plus en plus accessible, car le désenclavement est un acquis. Nous pouvons aller dans toutes les régions du Mali et sur tous les sites du pays. De plus, nous avons un secteur privé très dynamique. La conjonction de ces trois éléments (patrimoine de ressources, infrastructures, un secteur privé dynamique) fait que le Mali est une destination. Avant c’était le tourisme balnéaire, c’est-à-dire le tourisme de plage qui était le produit phare, mais de plus en plus le produit culturel est en train de prendre le pas sur le produit balnéaire.
Les gens veulent connaître la culture, et le Mali est prédisposé à être une destination. Il l’est déjà et il le sera davantage à la condition que nous nous impliquions tous surtout que nous avons des sites de renommée mondiale : Tombouctou, la Mystérieuse, le pays ou l’univers fascinant Dogon, Djenné. Il y a trois ans, des zones comme Siby (45 km de Bamako) n’était pas une destination, mais aujourd’hui, Siby reçoit entre 12 000 et 13 000 touristes par an.

Les Echos : Quelles sont vos relations avec les agences de voyages, qui sont vos partenaires ?

O. B.T. : Le tourisme a pour socle le secteur privé, car l’Etat s’est désengagé de la gestion des agences de voyage et des hôtels et leur service de tutelle est bien l’Omatho qui donne l’agrément qu’on soit hôtel, agence de voyage, bar, bar restaurant. En terme de partenariat, les agences de voyage sont les seuls habilités à commercialiser le produit touristique. Ce sont eux qui vendent le Mali aux touristes moyennant de l’argent. L’Omatho les accompagne dans cette connaissance du Mali à travers la participation aux salons, foires. En rapport avec eux, l’Omatho choisit annuellement des salons professionnels du tourisme de France et d’ailleurs.
Nous achetons sur les fonds de l’Omatho des espaces et les donnons au privé pour qu’il puisse rencontrer, échanger avec ses partenaires qui sont les tours operators et au finish, signer des contrats qui permettent d’amener tel ou tel groupe de touristes pour faire des circuits Bamako-Ségou-Tombouctou-Djenné-pays Dogon moyennant de l’argent. Donc, nos rapports sont véritablement de rapports de partenariat.

Les Echos : Le secteur du tourisme a connu cette année une perturbation au nord du pays liée à l’insécurité. Pouvez-vous rassurer les touristes qui désirent se rendre dans cette partie de notre pays ?

O. B. T. : L’insécurité zéro n’existe dans aucun pays du monde. On le dit dans les statistiques que chaque minute, c’est un assassinat aux USA, en France ou ailleurs, mais le Mali est un pays stable et le Malien lui-même est inoffensif, intègre, hospitalier. Je confirme que la conjonction de ces qualités fait que nous sommes une bonne destination, mais malheureusement depuis deux ans, à tort ou à raison nous faisons l’objet de matraquages négatifs publicitaires, d’une intoxication qui ne dit pas son nom par certaines institutions internationales, par des représentations diplomatiques qui, pour des raisons inavouées, disent à leurs compatriotes de ne pas fréquenter le Nord-Mali par ce que c’est une zone d’insécurité.
Mais vous savez, l’Européen, d’une façon générale, est un très mauvais géographe surtout les touristes qui n’ont aucune notion de cette discipline. Quand on dit qu’il y a problème dans le Septentrion malien, à Tinzaouatène, la conclusion est vite faite, car pour le touriste, Tinzaouatène est dans les faubourgs de Bamako, alors qu’il est à plus de 2500 km de Bamako, Mopti ou Tombouctou.
Cet amalgame est entretenu par certaines ambassades. Depuis 2009, ces zones sont déclarées tantôt "orange", tantôt "rouge", ce qui voudrait dire qu’elles ne sont pas fréquentables parce que susceptibles d’insécurité et cela a beaucoup joué sur la fréquentation à Tombouctou qui ne reçoit pas les touristes à hauteur souhaitable. Mais nous avons amené des tours operators, de journalistes spécialisés pour qu’ils soient témoins oculaires de la situation réelle sur le terrain.
Depuis deux semaines, nous organisons des vols charters qui descendent directement à Mopti. De là, ils sont dispatchés sur le pays Dogon et Tombouctou. Nous venons d’organiser avec le président de la République la course des pirogues à Mopti. C’est le résultat de tout cela qui fera que, dans un proche avenir, ceux qui sont venus et qui ont visité le Mali seront les ambassadeurs et vont dire la vraie situation. Nous allons organiser le Festival Essakane en plein désert et démontrer ainsi que ce sont des mesures destinées à détruire et saper le moral du Malien.
Propos recueillis par
Denis Koné

 

MICRO TROTTOIR
Des citoyens à propos du tourisme
Dans le micro-trottoir ci-dessous, des Bamakois parlent de la politique du tourisme et l’effet du terrorisme sur le secteur. Réactions.
Ousmane Traoré (hôtelier) :
" L’insécurité au nord est en train de freiner l’élan du secteur du tourisme. Sinon notre tourisme avait pris de l’ampleur ces dernières années. Le nombre de visiteurs avait considérablement augmenté. Il faut maintenant redoubler l’effort en consacrant plus de temps à la sensibilisation".
Alassane Diarra (enseignant) :
" Malgré la campagne médiatique de la France visant à nuire à l’image de notre pays, je pense que de par son histoire, sa situation géographique, la richesse de son artisanat et ses multiples sites historiques, notre pays reste une destination touristique attractive. J’encourage les autorités à s’investir dans le secteur qui contribue à la promotion de l’emploi et au développement de notre pays".
Mamadou Koïta (artisan) :
" La majorité de nos clients sont des touristes. Bien que les touristes se fassent rares actuellement, nous arrivons à écouler nos produits, mais difficilement. Il faudrait développer notre politique de tourisme. Si le tourisme se développe, ce sera dans l’intérêt de tous".
Aïchata Diarra (commerçante) :
" Notre tourisme a un niveau acceptable. Ce sont les kidnappings, qui se font du reste ailleurs, qui mettent le secteur malien en difficulté. Les touristes doivent comprendre que le Mali ne se limite pas seulement au nord. La sensibilisation doit aussi se faire dans ce sens".
Propos recueillis par
Sidiki Doumbia

 

TOURISME AU NORD
Gao : une ville désertée
Le tourisme au nord du Mali s’est sensiblement dégradé ces derniers mois. En cause, la menace terroriste d’Al-Qaïda au Maghreb islamique. Gao qui se situe dans "la zone rouge" du Sahel en fait les frais.
A Gao, la situation est préoccupante. Située sur le fleuve Niger et fondée au VIIe siècle au temps de l’Empire songhaï, la ville ne compte plus un seul touriste. Le Tombeau des Askias inscrit au patrimoine de l'Unesco depuis janvier 2005 et la Dune rose, nommée ainsi en raison des lumières données au moment du coucher du soleil, le long du fleuve Niger sont aujourd’hui désertés.
Le Tombeau des Askia est un vestige important de l’Empire songhaï, la structure pyramidale du tombeau, édifié par Askia Mohamed, en 1495 dans sa capitale Gao, témoigne de la puissance et de la richesse de l’empire qui s’épanouit aux XVe et XVIe siècles grâce au contrôle du commerce transsaharien.
Ainsi, "le Tombeau des Askia reflète la façon dont les traditions de construction locale ont intégré, les influences de l’Afrique du Nord pour créer un style architectural unique dans le Sahel d’Afrique de l’Ouest".
Pour sa part la Dune rose dite "Koïma Hondo" est connue dans les légendes locales et l’on croit que c'est le lieu des sorciers. Située à 5 km de Gao, la Dune rose est la première d’une série de dunes qui longent le fleuve jusqu'à Tombouctou.
" Elle se lève majestueusement au-dessus du fleuve Niger et offre aux visiteurs une vue particulière de deux scènes juxtaposées. D'un côté le désert, où l’on peut souvent repérer des chameaux et les troupeaux de vaches et de petits ruminants se déplaçant dans les broussailles, et le fleuve Niger de l'autre côté".
Aujourd’hui, les visiteurs ne se bousculent plus sur les sites. La faute au banditisme. "L’aggravation du risque terroriste, qui se traduit tout particulièrement par des enlèvements réguliers de ressortissants occidentaux dans la région, conduit à recommander d’être particulièrement vigilants dans les déplacements à l’intérieur du pays". Tels sont les conseils donnés par le ministère des Affaires étrangères français à ses ressortissants.
" Il est notamment formellement déconseillé aux voyageurs de se déplacer au nord d’une ligne Gogui/Nioro/Nara/Nampala/Léré/Niafunké/Fleuve Niger jusqu’à la frontière avec le Niger, y compris les villes de Tombouctou et Gao incluses dans la zone rouge, et au sud de Gao jusqu’à Ouatagouna". De ce fait, le "tourisme du désert" est désormais inexistant. N’en déplaise à Ndiaye Bah, ministre de l’Artisanat et du Tourisme qui dit le pays victime d’une injustice.
" Le Mali est un pays sécurisé et seul un complot politico-médiatique peut expliquer la mise en rouge de la majeure partie de son territoire dans le dispositif d'alerte créé sur le site Internet du ministère français des Affaires étrangères. Lequel est en train de tuer le tourisme malien, vital pour les populations du Nord, car constituant leur principale source de revenu".
Kaourou Magassa

 

NAMORY DIAKITE
Guide pour la vie

Cheveux gris, la soixantaine entamée, toujours en tee-shirt et pantalon, Namory Diakité, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a été et reste toujours un guide touristique. Portrait.

D’un commerce agréable, Namory Diakité a fait ses premiers pas dans ce métier dès sa tendre jeunesse. Recruté à l’école en octobre 1954 à Kankan (Guinée), il écourte très vite ses études à l’instigation de son père qui l’embauche à la Société nationale des travaux publics (SNTP) qui s’occupait alors des ponts et chaussés.
Sept mois après, il abandonne la SNTP pour l’Office malien du tourisme en juin 1966, devenu Société malienne d’exploitation des ressources touristiques (Smert) ouvert au privé. C’est après la fermeture de cette entreprise en avril 1991 qu’il intègre Timbuctours, une agence privée. De cette date à sa retraite, Namory a guidé des touristes de tous les continents venus dans notre pays.
" J’ai sillonné toutes les destinations touristiques de notre pays", dit-il. Pour lui, le métier de guide est passionnant. "Le guide touristique est le reflet de tout un peuple, l’étranger commence avec lui et termine avec lui. Donc, par son comportement, le visiteur juge tout un peuple", affirme-t-il.
Pour cet homme qui a une cinquantaine d’années de carrière, un guide doit s’instruire, se cultiver dans tous les domaines (histoire, géographie, culture, politique, société, santé éducation…), "car le visiteur s’intéresse à tout et le rôle d’un guide est de pouvoir l’informer sur tout ce qui l’intéresse".
Ce grand guide de la vieille génération conseille les jeunes d’aimer d’abord ce qu’ils font et de demander à ceux qui savent ce qu’ils ne savent pas. "En matière de guidage, toutes les étapes sont importantes : les villages, les hameaux, les couleurs, les coutumes, les sensations, le paysage notamment les arbres comme le karité, le baobab, le balanzan… Il faut savoir donner des informations sur chaque objet. Quand on ne s’y connaît pas, il faut avoir l’humilité de demander".
Humble, mais très ouvert, Namory avoue ne pas tout connaître. "Je me rappelle un jour j’avais acheté un arbre, un visiteur m’a posé des tas de questions sur cet arbre, j’étais obligé d’aller au service des eaux et forêts pour connaître le nom scientifique de cet arbre, ses vertus…", témoigne-t-il.
Les qualités d’un bon guide ? Namory les résume en un mot : le guide ne doit pas mentir aux visiteurs, il doit avoir un esprit ouvert, la soif du savoir et apprendre toujours. Pour le vieux guide, le métier peut bien nourrir son homme à condition de l’exercer avec art. "On peut avoir des bonnes relations à travers le monde, on peut être recommandé par des visiteurs qui ont été satisfaits, on a toujours des cadeaux après un bon guidage. Bref, le travail bien fait est toujours payant", jure-t-il.
Marié, père de deux enfants et grand père de 8 enfants, ce retraité actif ne se sent à l’aise qu’avec des visiteurs aux confins du Mali.
Idrissa Sako

 

FESTIVALS, FLEUVES, PARCS…
Les nouveaux produits du tourisme malien
Les autorités en charge du tourisme indiquent que la politique touristique malienne est axée sur deux thèmes fondamentaux : qualité et diversification.
Par qualité du produit touristique malien, il faut entendre la réduction de toutes les contraintes qui entravent le développement du secteur : tracasseries administratives à l'entrée des touristes et pendant leurs séjours au Mali, mauvaise qualité des prestations…
La diversification, quant à elle, est relative à la volonté des autorités maliennes d’élargir la dimension touristique par la diversification de l’offre touristique. Selon un cadre du ministère de l’Artisanat et du Tourisme, il s’agit de sortir du triptyque classique "Djenné/Tombouctou/pays dogon".
" Nous devons certes renforcer l’accueil sur nos sites culturels classés, mais aussi élargir l’offre", réaffirme Oumar Balla Touré, directeur général de l’Office malien du tourisme et de l’hôtellerie (Ohmato).
Cet élargissement de l’offre touristique passe par la promotion des nouveaux produits du tourisme afin de dynamiser le secteur qui occupe déjà, selon les économistes, une place importante dans l’économie nationale.
Les professionnels du tourisme pensent que les nouveaux produits du tourisme national sont tournés vers la popularisation des villes comme Kayes, Sikasso. Mais, pour les spécialistes, la politique de promotion des nouveaux produits du tourisme malien est principalement focalisée sur l’encouragement du tourisme fluvial sur le fleuve Niger, du tourisme dans le Sahara et l’écosystème (éco-tourisme).
Des expériences, dit-on, sont en cours pour mieux exploiter le produit fleuve par l’organisation de croisières sur le Niger, des raids en jet-ski, des sports nautiques à Manantali et à Sélingué.
L'aménagement du parc du Bafing et du Parc national de la boucle du Baoulé devra permettre, selon les spécialistes, d'introduire l'éco-tourisme dans ces zones qui recèlent de nombreux sites rupestres du néolithique. Ils offrent ainsi des possibilités de randonnées dans un cadre magnifique.
Amadou Waïgalo

 

EPILOGUE
Le tourisme au Mali
Le Mali est un pays qui a la tradition des grands voyages depuis l’Antiquité. Depuis cette époque, en effet, le désert du Sahara n’a jamais constitué un obstacle majeur entre les populations du Sud et celle du Nord qui le traversaient dans tous les sens dans le cadre du commerce transsaharien. Les produits en provenance du Sud s’échangeaient contre ceux du Nord par l’intermédiaire de ceux qu’on appelait alors les "Wangara" sur lesquels on sait très peu de choses même aujourd’hui.
D’autres peuples comme les pasteurs nomades du delta du Niger ou des régions désertiques du Nord étaient aussi très mobiles, mais dans le cadre de la recherche de pâturages pour leurs troupeaux de bœufs, de chameaux, de moutons et de chèvres. Il faut cependant reconnaître que ces voyages visaient surtout des buts économiques et commerciaux et ne se faisaient pas dans le but de s’offrir du plaisir ou d’apprendre.
Le fait est qu’il n’était pas dans les habitudes de nos ancêtres de se déplacer pour aller voir des sites historiques et archéologiques célèbres comme le Kurukanfuga du Mandé ou le Nianankoulou de Koulikoro, juste pour leur beauté. Par contre, dans beaucoup de zones des lieux de pèlerinage existaient, qui accueillaient périodiquement des visiteurs pour diverses raisons liées à la parole donnée, au serment qu’il fallait honorer ou tout simplement le devoir de mémoire.
Le tourisme, en tant que voyage organisé destiné à faire plaisir aux yeux ou à l’esprit, ne fut pas trop recherché par nos ancêtres qui ont plutôt pratiqué les voyages utiles sur le plan économique au détriment de ceux qui instruisent. C’est dire que le tourisme, au sens où l’entendent les Occidentaux, ne fut pas une activité trop pratiquée chez nous à cause sans doute du fait que les moyens de transport nécessaires à ces voyages de longue distance n’existaient pas. Parce que le tourisme, sous sa forme moderne, exige des investissements considérables pour contenter le touriste qui, chez nous, est généralement l’Occidental habitué à son petit confort.
Le tourisme au Mali a timidement commencé dans les années 1940-1950 lorsque les administrateurs coloniaux s’intéressèrent aux us et coutumes des peuples colonisés. Au Mali, les Dogons furent au nombre des peuples qui bénéficièrent de cette curiosité et c’est pourquoi le plateau Dogon et les falaises de Bandiagara font maintenant partie des grandes destinations touristiques du Mali.
Les œuvres de certains ethnographes et ethnologues comme Marcel Griaule et Germaine Diéterlen aidèrent beaucoup le tourisme à s’installer dans cette zone. Ayant bien observé les sociétés du peuple Dogon, ils n’hésitèrent pas à écrire et à faire des thèses sur ses us et coutumes et à les interpréter à partir de leurs connaissances générales. Après l’indépendance, d’autres ethnographes et ethnologues leur emboîtèrent le pas, suscitant de l’intérêt pour les colonisés et leurs coutumes. Le tourisme, comme l’archéologie, a suivi les traces de ces hommes de terrain qui étudièrent l’histoire et la culture de certaines populations locales.
Mais il ne se développa véritablement qu’après l’indépendance lorsque les pouvoirs publics entreprirent de valoriser le secteur. Toutefois, cette politique demandant des moyens matériels et financiers considérables, l’entreprise mit des temps à se mettre en place. Sous la 1re République, vu l’ampleur et l’urgence des problèmes de développement, elle fut volontairement mise de côté ou plutôt remise à plus tard. Sous le régime qui suivit, le CMLN-UDPM, l’ignorance et l’inculture des militaires et de leurs politiciens ne permirent pas au tourisme de se développer comme il faut.
Il a fallu attendre mars 1991 pour que le tourisme devienne une activité économique véritable avec des objectifs bien précis. Non seulement tout un département ministériel lui fut consacré, mais également fut renforcée la direction générale de l’Office malien du tourisme et de l’hôtellerie (Omatho), qui, jusque-là, gérait le secteur. Des agences privées en outre naissent un peu partout pour épauler le secteur public.
Cela ne suffisant pas, on entreprit de former des étudiants en tourisme et en hôtellerie pour en faire des professionnels appelés à prendre la relève des premiers agents du tourisme qui étaient presque tous des amateurs. Ces étudiants que l’on forme aussi le sont dans les différentes branches du grand tourisme professionnel : tourisme culturel, historique et économique.
Sur place dans les grandes destinations touristiques que sont les falaises de Bandiagara et les régions désertiques du Nord, des amateurs sous forme de guides touristiques, font marcher l’activité. Mais ce problème (celui des guides), que l’on a considéré dans un premier temps comme une solution partielle au chômage des jeunes, est devenu maintenant trop gênant pour le ministère du Tourisme à cause du harcèlement qu’exercent les guides sur les touristes.
Facoh Donki Diarra

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BOCAR FULANI DICKO
Profession : confectionneur de filets de sport

Bocar Fulani Dicko confectionne les filets depuis plusieurs décennies. Il a équipé les deux stades récemment rénovés : Ouezzin Coulibaly et Mamadou Konaté des filets du cinquantenaire.

Autant les Chinois peuvent se vanter d’être les artisans du renouveau des stades Mamadou Konaté et Ouezzin Coulibaly, autant Bocar Fulani Dicko peut se targuer d’avoir son label sur les deux installations sportives. Les filets qui équipent les buts de ces stades portent en effet sa signature, une signature singulière puisqu’elle est celle du cinquantenaire. "J’ai fait ces filets pour montrer au peuple mon savoir-faire. Ce sont des filets que j’ai faits à la main".
Bocar Fulani Dicko n’est pas de la dernière heure. Depuis 1954, il confectionne les filets. "J’ai commencé il y a 50 ans. J’ai fabriqué des filets de pêche, de sport et de toutes les gammes. Je peux en faire toutes les couleurs, du mélange et de l’unique. A l’honneur du cinquantenaire de notre pays, j’ai fait les filets". Il a commencé par des filets de pêche. "J’ai travaillé sur l’agropastorale et ensuite j’ai fait les recherches de sport", indique ce natif de Goundam.
Il a obtenu son premier diplôme en 1983 lors d’une foire qui a vu la participation de 14 pays. "Je me souviens c’était sur le site de la foire sise en face de l’actuel BCEAO", dit-il. Né vers 1938 à Goundam (Tombouctou) et père de 5 enfants, il obtient en 1983 un brevet en artisanat. Depuis lors, il confectionne des filets de sports de toutes les disciplines : football, basket, hand-ball, volley, tennis à table et le Lawn tennis, basket.
Invité au 1er Salon africain tenu à Dakar en 1997, Bocar est revenu avec le prix de l’invention et de l’innovation. "C’est un autre bon souvenir de ma carrière", dit-il. Il se classe respectivement, 1er et 2e en 2000 et 2001 au Salon de Bamako. Auteur des filets utilisés lors de la Coupe Amilcar Cabral 2001 en vue de la Can-2002, Bocar honore notre pays. "J’ai eu un diplôme décerné par la Fédération malienne de football qui m’est allé droit au cœur", se souvient-il.
En 2003, son filet était au rendez-vous de la finale de la Coupe du Mali disputée au stade Baréma Bocoum de Mopti, entre le Djoliba et le Tata de Sikasso. "C’est le Djoliba qui a remporté ce jour-là et les deux filets ont bien tremblé", commente-t-il.
Dans le domaine de l’agriculture, il a obtenu en 1995, le chevalier du mérite agricole. Son inquiétude se trouve au niveau de la relève. "C’est le problème d’autant plus que je n’arrive pas à trouver un jeune pour prendre la relève. Je crois que c’est un problème d’argent, car à ce niveau l’argent fait défaut", regrette-t-il.
Boubacar Diakité Sarr

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