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2010

Mois de mars

Les Echos du 31 mars

 

SOUTIEN MEDICO-SOCIAL AUX REFOULES
L’AME et Médecins du monde se donnent la main
Protéger les personnes en retour forcé au Mali : c’est le sens de la création du projet de soutien médico-social initié par l’Association malienne des expulsés (AME) et Médecins du monde.
Dans le cadre de l’initiative conjointe de la Commission européenne et des Nations unies pour la migration et le développement, l’Association malienne des expulsés (AME), en partenariat avec Médecins du monde, a animé samedi à son siège une conférence de presse sur le projet de soutien médico-social aux personnes en retour forcé vers le Mali.
L’objectif de la rencontre était de partager avec les hommes de médias toute la nécessité et la pertinence du projet de soutien médico-social auprès des personnes expulsées et refoulées vers le Mali. D’une durée de 18 mois, le projet donne l’opportunité d’accueillir, de soutenir et de suivre les phases de l’arrivée des personnes et leur réinsertion en lien avec l’entourage familier.
Le projet, selon sa coordonnatrice, Mme Hadja Diarra, évoluera en trois phases. La première phase concernera l’amélioration de l’accès aux soins de santé mentale, former l’ensemble des intervenants (AME) à l’accueil, à l’écoute pour accompagner les personnes expulsées ou refoulées vers le Mali.
La deuxième phase du projet sera dédiée aux sessions de formations des intervenants dans le domaine. Et la dernière phase verra la constitution d’un réseau de professionnels de la santé mentale. Les initiateurs du projet conviennent que 18 mois ne suffisent pas à un refoulé pour se restructurer. Ce qui a fait dire au président de l’AME, Ousmane Diarra, "qu’ils sont en pourparlers avec d’autres partenaires pour la mise en place d’un autre projet similaire dans le but d’obtenir d’autres financements". "C’est un travail qu’on le veuille ou non qui s’inscrit dans la longue durée", a ajouté le psychologue Tiénou.
L’initiative du projet de soutien médico-social découle du constat selon lequel les refoulés arrivent au Mali malades, traumatisés et souvent sans revenu pour survivre. Beaucoup d’entre eux se retrouvent démunis, fragilisés et dépouillés. Ce qui a des conséquences extrêmement traumatologiques. C’est pour atténuer cette souffrance des expulsés que le projet a vu le jour.
Mohamed Daou

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MALIENS INACTIFS EN FRANCE
Ils préfèrent l'enfer parisien à la galère bamakoise
Ils sont des centaines de Maliens résidents dans les foyers de Montreuil : "Rue Bara" et de Saint Denis à vivre les affres du chômage. Nonobstant cette situation, ces jeunes ne veulent pas entendre parler de retour au pays.
Dimanche 28 mars 2010. Il est 11 h au foyer "Rue Bara", dans le département 93, à Montreuil. Un vieux bâtiment (l’un des premiers foyers de France) habité par plusieurs centaines de "Tounkarankés" (immigrés en bambara) maliens et d’autres nationalités africaines. Malgré la température qui avoisine les 7°C et une fine pluie, la devanture du bâtiment est bondée de monde. Des groupuscules de jeunes discutent de tout et de rien dans un français approximatif. Avec mon ami "Franceman", mon guide (Paris n’est pas Bamako), commencent les salamalecs. "Aw ni sogoman" (bonjour en bambara) suivis d’accolades.
Mon accompagnateur, Ousmane Kéita (c’est son nom), prend soin de me présenter aux jeunes. "C’est un journaliste du Mali. Il travaille au quotidien Les Echos. Il est en séjour à Paris". A "Rue Bara", on a l’impression d’être au Mali, tant dans le comportement vestimentaire que dans l’alimentation. Aussi, c’est là qu’on peut voir les cafards et autres insectes (à cause de l’insalubrité qui y règne).
Assis sur un canapé à côté des jeunes juste à l’entrée de la cour, un sexagénaire, Ladji Traoré, prend l’initiative de nous approcher et de nous interroger. "Il s’agit de quels Echos ?" Avant même que nous n’ouvrions la bouche, il ajoute "Les Echos d’Alpha Oumar Konaré ?" Ressortissant de Batama (Kayes), notre interlocuteur vit au pays des Toubabs depuis plus de 30 ans. Quoique admis à la retraite, il n’a jusque-là pas envisagé de retourner au bercail. Mais M. Traoré est l’un des rares qui peuvent parler de long en large du contenu des premiers numéros du premier journal indépendant en République du Mali, lancé le 17 mars 1989.
" Avant la chute de Moussa Traoré, c’est nous qui vendions Les Echos dans les foyers de France". Et d’ajouter que "vous êtes des jeunes, vous ne savez pas grand-chose de tout cela…"
A la question de savoir s’il continue de lire le journal, sa réponse est moins précise : "Je ne sais même pas si ce journal vit toujours". A la fin de la conversation, il nous conseille d’ouvrir un réseau de distribution du journal, "ne ce serait qu’une fois par quinzaine" pour entretenir des lecteurs nostalgiques comme lui.
Après cette introduction inattendue et un survol de l’actualité du pays, l’entretien se focalise sur les maux des "Tounkarankés" au pays de Nicolas Sarkozy. Les sujets abordés ont trait aux problèmes d’emploi et aux difficultés d’accès de la carte de séjour. Il a fait appel à quelques jeunes afin qu’ils nous parlent de leurs préoccupations. Parmi ces jeunes, seuls les Maliens acceptent de partager leurs souffrances avec nous.
L’intégration, la solution ?
Présents sur le territoire français depuis plus de cinq ans pour certains et dix ans pour d’autres, ces jeunes attendent de trouver un job à leur convenance. Pour eux, le problème d’emploi est tellement crucial que même ceux qui sont "détenteurs de titres de séjours" ont du mal à trouver un emploi idéal. A "Rue Bara", il est difficile, voire impossible de faire la distinction entre ceux qui sont diplômés et les illettrés. Tous tirent le diable par la queue et sont traités sur un même pied.
Parmi les jeunes rencontrés, on peut citer : Mamadou Sissoko, Djigui Kéita, Almamy Touré. Sortants de la Faculté des lettres, langues, arts et sciences humaines (Flash) et de l’Institut universitaire de gestion (IUG) en 2005, les trois diplômés expliquent leurs déboires depuis leur arrivée. "Cela fait six ans que nous sommes en France. Au pays, il nous a été difficile sinon impossible de trouver un emploi. Mais c’est quasiment la même chose ici".
N’ayant pas de travail fixe et avec un revenu très bas, malgré la dure situation qu’ils subissent, ils n’entendent pas parler de retour au pays. "Nous préférons galérer ici que de retourner", dit l’un d’entre eux. Et d’ajouter qu’au Mali, pour décrocher un job, il faut avoir les bras longs. Les jeunes pour la plupart sont arrivés en France en traversant l’Atlantique par pirogue.
L’entretien se poursuit au foyer de Saint Denis à la 69 Rue Charles Saint-Michel dans la 93. Là également la situation n’est pas meilleure. A la différence de "Rue Bara", celui de Saint-Denis a la chance d’être un bâtiment rénové où les conditions d’hébergement sont meilleures qu’à Montreuil. Là-bas, l’un des problèmes majeurs est celui de l’hébergement. Huit personnes partagent une chambre de trois mètres carrés. "On se cotise pour payer la chambre. Cela nous permet de mieux économiser. Trouver un logement est une priorité, le reste suit ", témoignent Almamy Diané et Albert Koffi.
En séjour en France depuis cinq ans, Oumar Diarra et Kadiatou Kanté avec l’expérience acquise au pays respectivement dans la mécanique auto et dans la coiffure, pensaient que la chance d’embauche allait leur sourire. Quelle n’a pas été leur surprise de se retrouver à la case départ. Ils racontent leur calvaire : "Nous avons déposé des demandes d’emploi un peu partout dans beaucoup de structures, mais on attend. Nous attendons d’être appelés". En attendant de trouver mieux, Oumar se débrouille dans le métier de maître-chien (vigile). Quant à Kadiatou, elle attend carrément son jour.
Issa Koné, lui, fait partie d’un groupe de personnes âgées à la retraite. Il vit à Saint-Denis depuis 22 ans. "Depuis l’arrivée de Sarkozy, la situation des étrangers a changé avec les différents textes qui réduisent considérablement la chance d’octroi de papier. Des patrons d’entreprises ne veulent plus embaucher les sans papiers au risque de se voir sanctionner. C’est ce qui explique en partie cette difficulté de trouver du travail".
L’autre raison pour laquelle les Maliens ont des difficultés à trouver du boulot, selon M. Koné, "est découle du fait que nos compatriotes ne veulent pas ou du moins ont du mal à s’intégrer". C’est ainsi, à ses dires, qu’ils sont accusés de tous les péchés d’Israël par les autorités françaises. Pour notre interlocuteur, nonobstant ses situations, le Malien est respecté.
Amadou Sidibé
(envoyé spécial à Paris)

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EPIDEMIE DE GREVES
Le Snec aussi…
Avec la menace du Syndicat national de l’éducation et la culture (Snec) d’observer une grève, l’espoir d’un apaisement du climat social s'envole un peu plus surtout au moment où l’enseignement supérieur est pris en otage par une grève illimitée des enseignants.

La tension est montée d’un cran sur le front social de l’éducation depuis l’annonce par le Snec d’observer une grève de 48 h les 6 et 7 avril 2010.
Ce débrayage en vue est consécutif au mécontentement de la section de l’enseignement supérieur du Snec suite au retard accusé dans le paiement des salaires des contractuels, animatrices de la petite enfance, des enseignants des écoles communautaires et des centres d’éducation pour le développement (CED) et à la non-satisfaction de certaines de ses doléances qui datent de 2008.
Il faut signaler que cette grève accentue la tension suscitée par le Syndicat de l’enseignement supérieur (Snesup) qui observe une grève illimitée depuis le 16 mars 2010. Hier, au cours d’un entretien avec le secrétaire général du Snesup, Dr. Abdou Mallé, celui-ci a confirmé le statu quo dans les négociations avec le gouvernement.
Mais, pour le secrétaire général du comité Snec de la Faculté des sciences économiques et de gestion (Fseg), Ismaïl Komé, huit points font l’objet de revendication de son syndicat dont deux principaux. Il s’agit du remboursement immédiat des retenues sur des salaires de 2008 des militants du Snec et l’élection sans délai des chefs des départements d’étude et de recherche (DER) à la Fseg.
Pour notre interlocuteur, l’Etat a injustement procédé à des retenues sur les salaires des militants du Snec qui n’ont pas respecté le mot d’ordre d’une grève exécutée par le Snesup en 2008. "Nous exigeons le remboursement de notre dû, car nous n'avons jamais observé cette grève", a-t-il dit.
Dans son préavis de grève déposé le 22 mars dernier, le Snec révèle que les animatrices de la petite enfance, des enseignants des écoles communautaires et des centres d’éducation pour le développement (CED) sont à trois mois d’arriérés de salaire.
Aussi le Snec revendique-t-il l’alignement des rémunérations du personnel enseignant de l’enseignement supérieur sur celles des pays de la sous-région, l’amélioration du cadre de travail par l’affectation de bureaux aux enseignants du supérieur, l'avancement des enseignants et chercheurs qui totalisent cinq ans d’ancienneté dans leur fonction, le paiement des heures supplémentaires pour le personnel administratif…
Amadou Waïgalo

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BLANCHIMENT D'ARGENT ET TERRORISME
Un serpent à deux têtes
A l’occasion d’une journée "portes ouvertes" organisée par le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (Giaba), samedi dernier dans notre capitale, les techniques de blanchiment d’argent et le rapport entre le terrorisme et le blanchiment d’argent ont été mis en relief par des experts.
La journée portes ouvertes du Giaba a été marquée par quatre communications sur le blanchiment d’argent. La communication portant sur la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme a été développée par Dr. Ndèye Elisabeth Diaw. Selon elle, le phénomène du blanchiment d’argent est né vers les années 1930 du temps de la prohibition de l’alcool (époque d’Al Capone).
Toutefois, a-t-elle ajouté, la consécration dans le langage politico-financier est apparu vers les années 1980 et le financement du terrorisme a été pris comme un sérieux problème après les attentats du 11-Septembre 2001. Car, c’est à ce moment-là que les enquêtes et reportages ont fait ressortir le rôle prépondérant de l’utilisation du secteur financier par les terroristes dans cette affaire.
Dr. Ndèye Elisabeth Diaw a aussi mis en relief les pratiques et les techniques utilisées de manière générale pour le blanchiment et le financement du terrorisme. Ces techniques consistent, à ses dires, au placement ou conversion d'espèces d’origine ou argent liquide d’origine illicite.
Quant aux pratiques, elles sont orientées sur le financement du terrorisme, l’utilisation d'associations caritatives et d'organisations non gouvernementales (abuser de leur statut caritatif, humanitaire ou social pour véhiculer des fonds destinés au terrorisme ou pour éviter le gel ou la saisie des fonds ou avoirs des terroristes).
Pour elle, cette activité a des conséquences économiques néfastes comme l’annihilation de tout effort entrepris pour développer l’économie d’un pays (surtout les pays en voie de développement), des conséquences politiques avec des menaces graves pour l’ordre public et les valeurs républicaines et des conséquences sociales et morales avec l’affaiblissement du tissu social et des valeurs collectives et individuelles.
Aux dires de Dr. Ndèye Elisabeth Diaw, la lutte contre le blanchiment de capitaux d’argent et le financement du terrorisme nécessite une harmonisation des actions et un échange des renseignements à l’échelle nationale, régionale et internationale et surtout renforcement de la coopération sur les plans administratifs, judiciaires et sécuritaires à l’échelle nationale, régionale et internationale
Pour Madick Niang, qui a fait un aperçu sur les 40+9 recommandations du Gafi et les régimes LBC/FT, c’est dans le but de contrer les risques d’abus de nos systèmes financiers et de contenir la menace de déstabilisation de nos économies que la communauté internationale a fait appel à des bonnes volontés constituées en une équipe pluridisciplinaire à l’effet de réfléchir sur des solutions à proposer aux pays et juridictions en vue de leur protection.
L’aperçu sur le mandat du Giaba a été présenté par Issaka Sourwema, responsable de la communication et du plaidoyer du Giaba. De son exposé, il est ressorti que le Giaba a mandat de protéger les économies des pays membres de l’abus et le mauvais usage pour le blanchiment du produit du crime, d’élaborer des stratégies pour lutter contre le BA/FT en Afrique de l’Ouest, de promouvoir une coopération solide entre les membres pour faire face au BA/FT et d’aider les Etats membres dans l’application effective des mesures de LBA/CFT.
Selon lui, les missions du Giaba se résument à promouvoir les instruments internationaux et des normes acceptables comme les conventions des Nations unies contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes, contre la criminalité transnationale organisée, contre la corruption et la Convention pour la répression du financement du terrorisme.
Sidiki Doumbia

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TOMBOUCTOU
Dix ans de Radio Jamana
Pour la célébration de son 10e anniversaire, la Radio Jamana de Tombouctou a initié une série d’activités du 25 au 27 mars. L’événement, qui était placé sous le parrainage du gouverneur de la région, a été présidé par Dédéou Traoré, conseiller à l’Assemblée régionale de Tombouctou.
Inaugurée le 27 mars 2000, la Radio Jamana de la Cité Mystérieuse constitue la 8e station de la Coopérative Jamana après Ségou, Koutiala, Nioro du Sahel, Diéma, Djenné.
Elle est une radio de proximité au service du développement et l’une des stations les plus écoutées de la Cité des 333 Saints parce que respectant la déontologie. C’est pour cela qu’en 2009 elle a décroché le prix d’encouragement du Festival onde de liberté. Les festivités ont démarré le jeudi 25 au stade municipal de Tombouctou par la finale de la coupe inter-quartiers de football dénommée "Coupe Jamana".
La compétition à élimination directe a regroupé les huit quartiers de la ville. La finale, qui a opposé Hammabangou à Badjindé, a été remportée (1-0) par le quartier Hammabangou. L’équipe victorieuse a reçu une enveloppe de 50 000 F CFA et un jeu de maillot contre 30 000 F CFA et un ballon pour le vaincu.
Le vendredi 26 dans la salle de l’ex-Centre Ahmed Baba, deux conférences "le rôle et la place de la Savama/DCI dans la sauvegarde et la valorisation des anciens manuscrits" et "le rôle et la place du projet d’appui au développement rural des plaines de Daye, Hamadja et Koriomé (PADR-PDHK) dans la sécurité alimentaire à Tombouctou" ont été animées respectivement par Sane Alpha Chirfi, chercheur, et Abdoulaye Diarra, ingénieur.
Cette activité a été suivie de la remise des prix du concours sur la sauvegarde et la valorisation des anciens manuscrits. Les lauréats sont : Moussa Fané (30 000 F CFA), Abdoulaye Dionbana (20 000 F CFA) et Idrissa Djiké (10 000 F CFA) élève en 8e année à l’école Mahamane Fondogoumo. Tous les prix ont été offerts par la Savama/DCI.
L'événement a été sponsorisé par GDF, Pâtisserie Djiré, Hôtel du désert, Touba Electronique, Africa Beauté.
Les festivités se sont achevées le samedi 27 mars par un concert géant animé par la grande diva Nahawa Doumbia et sa troupe.
Abdou Maïga
(correspondant régional)

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MOTION DU FPR
A Son Excellence M. le président de la République du Mali
Excellence,
Depuis 1960, le Septentrion de notre pays fait face à une situation sécuritaire précaire. Après le traitement de la rébellion, effectué par les présidents Modibo Kéita, Moussa Traoré, Alpha Oumar Konaré et Amadou Toumani Touré, notamment grâce aux accords de Tamanrasset, le Pacte national en 1992, la Flamme de la paix à Tombouctou en 1996 et les Accords d’Algérie en 2006, le pays allait trouver une paix durable.
Cependant, au moment même où la nation mettait tout en œuvre pour appliquer lesdits accords, des bandits armés, déserteurs de notre armée nationale, ont repris les armes le 23 mai 2006. Ils ont perpétré des crimes de guerre et des actes de terrorisme contre le peuple combattant du Mali.
Comme réponse à cette forfaiture, le gouvernement de la République du Mali, malgré le soutien de son peuple et de la communauté internationale, s’est empressé d’aller signer en Algérie des accords dits "Accords d’Alger" du 6 juillet 2006.
Ces accords que nous avons qualifiés d’alors "d’accord de la honte" ont été dénoncés par le peuple souverain du Mali et nous-mêmes, en son temps, avons vivement protesté lors de la manifestation du 17 juillet 2006, devant l’ambassade du Mali à Paris. Ils (accords) ont sonné le glas de la sécurité et de la sûreté de notre pays. Et depuis une rébellion armée et meurtrière formée de criminels s’introduisaient, s’organisaient et s’installaient au Mali.
C’est ainsi que les terroristes salafistes venus d’ailleurs et transformés en Al-Qaïda pour le Maghreb islamique (AQMI), s’installèrent et opérèrent sur le territoire malien. De même les trafiquants de drogues trouvant au Mali les conditions idoines à leur trafic, en ont fait leur terre de prédilection. Le scandale d’"Air cocaïne" dont l’avion venu d’Amérique du Sud atterrit à Tarkint (Bourem), reste sans commentaire.
En outre, d’autres formes de criminalité sont apparues dans notre pays. On se souvient des conflits intercommunautaires très meurtriers et des enlèvements d’élus à la veille de la mise en place des instances et des organes de municipalités afin d’appliquer le nouveau principe du "vote qu’il faut à la place qu’il faut".
On se souvient également des pratiques d’enlèvement d’étrangers que l’on vient garder et marchander sur notre territoire (36 otages européens depuis avril 2006, dont 32 ont été libérés avec le paiement de rançons), un Britannique tué et trois sont actuellement en détention.
C’est dans cette atmosphère délétère d’un Mali, ni autorité, ni visage, ni message, ni idée que la branche d’Al-Qaïda pour le Maghreb islamique (AQMI) ont exigé et obtenu du Mali la libération de ses quatre membres détenus au Mali, le 23 février 2010, en échange d’un ressortissant Français Monsieur Pierre Camatte, pris en otage le 26 novembre 2010 au Mali. Pour répondre aux exigences des terroristes le gouvernement du Mali a organisé une parodie de procès tout en requalifiant les faits d’actes de terrorismes, de trafics de drogues en simple détention illégale d’armes de guerre. Ainsi, des faits relevant de la cour d’assise, selon le droit positif malien, ont été jugés par le tribunal de première instance de la commune 3 de Bamako à 6 heures du matin. Et ces individus sans foi, ni loi sont partis libres car le temps fait en prison est équivalent à la peine fixée par le juge c’est-à-dire 9 mois de détention préventive. Quelle mascarade !
Nous sommes tous conscients de la délicatesse des choses lorsque des vies humaines sont en jeu. On se rappelle tous aussi qu’AQMI a déjà tué un otage Britannique, mais est-ce une raison suffisante pour faire un échange de cette nature ? Est-ce qu’une vie vaut mieux qu’une autre ?
C’est vrai notre civilisation, notre culture et notre histoire ont toujours accordé une importance particulière à celui qui vient chez nous allant jusqu’à traiter l’étranger comme un roi, mais elles interdisent aussi que le chef de famille se lève pour donner sa place à l’étranger quel que soit son rang. Et c’est ce qui s’est passé avec cet échange, car ces hommes ont tué des militaires maliens qui n’ont bénéficié de la nation comme honneur que quelques sacs de riz et le prix des condiments remis à leurs ayants droits. Les terroristes que l’Etat malien a relâchés vont sévir encore à cause du laxisme, de la faiblesse et de la démission de notre gouvernement.
Cette libération des terroristes AQMI est un acte moralement scandaleux, politiquement injustifiable et juridiquement indéfendable. Elle viole le principe international de fermeté en matière de lutte contre le terrorisme. Elle a créé une tension diplomatique entre le Mali et ses voisins directs : Algérie et la Mauritanie ayant rappelé leurs ambassadeurs pour consultation, le département d’Etat américain a manifesté son mécontentement dans un communiqué, même la France, qui a été la principale bénéficiaire de cet échange, a clarifié sa position en disant qu’elle n’a pas négocié avec les terroristes mais avec le gouvernement malien, ce qui est tout à fait vrai !
De tout ce qui précède, il apparaît clairement que le président Amadou Toumani Touré et son gouvernement ont lamentablement échoué dans la gestion globale du problème de la sécurité dans notre pays en général et dans la lutte contre les terroristes d’AQMI en particulier. Ils ont transformé notre diplomatie jadis respectée de tous en une diplomatie de mendicité. Elle est devenue négociatrice et receleuse d’otages en violation de la résolution des nations unies interdisant à ses Etats membres de négocier avec les terroristes en les payant des rançons.
Face à cette menace grave qui sape la réputation de notre pays et qui risque de l’inscrire un jour sur la liste des Etats voyous si nous ne prenons pas garde.
Pour toutes ces raisons, des mouvements et associations de la diaspora malienne de France réunis au sein de la plate-forme dénommée : Front pour le refus (FPR) :
- dénonce le laxisme et la faiblesse de notre Etat face aux menaces terroristes.
- condamne avec vigueur la libération des quatre terroristes de AQMI ;
- exige du président ATT et de son gouvernement le respect total de la séparation des pouvoirs et le fonctionnement normal de nos institutions ;
- demande à l’ensemble du peuple malien de ne pas accepter l’amalgame et la propagande organisée autour de cette forfaiture en la transformant en une lutte patriotique contre l’Algérie ;
- demande à ATT de ne pas faire passer sa réputation d’homme de paix, de médiateur international au détriment des intérêts supérieurs du Mali ;
- réclame l’éradication totale et sans délai du terrorisme et de toutes sortes de banditisme sur notre territoire à travers : la tenue immédiate d’une rencontre nationale sur la sécurité au Mali ;
- réclame l’engagement clair et ferme ainsi que la détermination de tous les Etats et partenaires dans la lutte contre le terrorisme ;
- demande à l’Algérie et à la Mauritanie la reprise de leurs coopérations bilatérales avec le Mali et leurs implications totales dans le processus de la convocation rapide d’une conférence sahélo-saharienne sur la lutte contre le terrorisme, l’insécurité inter frontalière et la gestion commune et concertée de nos frontières ;
- réaffirme notre dévouement à la patrie, la défense de l’intérêt général, l’amour de la démocratie, notre attachement à la République comme forme de gestion de l’Etat et des affaires de la nation.
En vous souhaitant une bonne réception, nous vous prions d’agréer, excellence monsieur, le président de la République, l’assurance de notre très haute considération.

 

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NON AFFECTATION DE 6 % DU BUDGET
Le Mali, mauvais élève de l'éducation non formelle
Sur les 6 % du budget de l’éducation nationale qui doivent être affectés à l’éducation non formelle (ENF), le Mali est à moins de 1 %.
Selon les normes de l’Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) ventilées en 2005, chaque Etat doit, sur son budget alloué à l’éducation, consacrer 6 % à l’éducation non formelle.
Le constat aujourd’hui est que le Mali est à la traîne à la différence de certains pays de la sous-région comme le Sénégal qui a décidé de consacrer 7 % du budget de l’éducation nationale à l’éducation non formelle. De même que le Burkina Faso, qui a accepté de se conformer aux normes : en allouant à ce secteur 6 %.
Mais au Mali, moins de 1 % du budget de l’éducation va à l’éducation non formelle. Rien ne saurait expliquer cette position de notre pays au regard de la manne financière destinée au secteur de l’éducation. Même si le principe d’augmenter les 1 % semble être acquis. Cependant, les décideurs n'ont pas dit jusqu’à combien ils vont l’arrondir.
Il semble que les efforts nationaux ont été concentrés sur l’éducation primaire au détriment de l’alphabétisation des adultes. Résultat : 70 % de la population active au Mali est analphabète. Dans le monde, l’on dénombre 776 millions d’analphabètes et 75 millions d’enfants exclus du système scolaire, qui ne peuvent exercer leur droit ni satisfaire leurs besoins selon le message en 2009 de Koïchiro Matsura, DG de l’Unesco à l’occasion de la Journée de l’alphabétisation, célébrée le 8 septembre de chaque année.
L’atteinte des objectifs de l’éducation pour tous d’ici à 2015 passe nécessairement par la valorisation de l’éducation non formelle. Cela demande la création des centres d’alphabétisation fonctionnelle, des centres d’apprentissage féminin, la création d’un fonds national d’appui au sous-secteur, la distribution équitable des services de l’éducation. En la matière, les expériences du Sénégal et du Burkina Faso devraient inspirer le Mali.
Mohamed Daou

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