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2010
Mois de
mars
Les
Echos du 29 mars
IL
FAUT LE DIRE
Au nom des martyrs !
Pour une frange importante de la population, le 26 mars, aboutissement de la
lutte pour un mieux-être des Maliens, dont c’était le 19e
anniversaire vendredi dernier, n’a pas encore donné les résultats
escomptés. Elle n’a pas tort. Mais… Partant de l’adage
qui dit qu’on ne vit pas de la même manière dans un château
que dans une chaumière dans un monde de plus en plus individualiste, nous étions,
dès le départ, de ceux qui avaient pris les promesses avec des
pincettes.
Les hommes politiques, on le sait, une fois leurs ambitions réalisées,
ont tendance à oublier les préoccupations sur lesquelles ils ont
surfé pour arriver à leur fin. Néanmoins, ils ne sont pas
plus blâmables qu’une certaine composante de la société qui
colle les qualificatifs "de maudit" et d’"enfant de l’enfer" à ceux
qui se fatiguent à vouloir sauvegarder l’intérêt général
aux dépens de l’intérêt égoïste. Tantôt
celle-ci dit "tchou" ; à savoir qu’il faut honorer la
mémoire des martyrs par l'éradication de tous les maux connus,
tantôt elle professe "tcha", c’est-à-dire oriente
dans le sens de "charité bien ordonnée commence par soi".
Voilà un dilemme cornélien au Mali.
Sans vouloir dédouaner l’ordre ancien, où en sommes-nous
franchement si ce n’est le délabrement généralisé sous
un vernis d’avancées sujettes à caution ? En dehors de la
liberté quasi-incontrôlée, qui s’apparente des fois à l’anarchie,
il faut avouer qu’on est loin du compte. L’école, la justice,
le système de santé sont décadents ; la corruption, le népotisme,
la gabegie, l’insécurité, l’incivisme, qui découlent
en grande partie de l’incurie des pouvoirs publics, se portent comme un
charme. Les martyrs ne se prendraient plus pour des martyrs.
A preuve. C’est la frustration des syndicalistes du Snesup qui explique
leur grève générale illimitée. Que l’Etat,
dans l’incapacité de satisfaire ses doléances, fasse au moins
preuve de psychologie : en réduisant son train de vie, qui dépasse
le niveau du pays réel. Il pourrait par exemple limiter au strict minimum
son parc auto à l’instar du Rwanda où il n’y a plus
de véhicules de service et qui s’en porte plutôt bien. Les économies
réalisées pourraient ainsi colmater bien des brèches. Dommage
! Malgré les déficits argués, des directeurs généraux,
d’ex-étudiants de grévistes, changent de grosses cylindrées
comme de chemises aux frais de l'Etat.
Pourquoi ne pas aussi instituer une journée de l’arbre dédiée
aux victimes de la répression de 1991 avec la participation du maximum
de citoyens ? En même temps que de magnifier le sacrifice de ceux qui ont
accepté de partir pour un Mali nouveau, cette action nous prémunirait
plus ou moins des effets des changements climatiques. "Celui qui a planté un
arbre n’a pas vécu inutile", a dit l’auteur. Ce serait
donc la meilleure gerbe de fleurs qu’on puisse leur offrir à chaque
hivernage.
En somme de petites actions salvatrices ou citoyennes qui redonneraient l’espoir
au peuple qui a le dos au mur, mais qui ne se laissera pas momifier là.
Au nom des martyrs !
A. M. T.
Acceuil
LE
MALI, 19 ANS APRES LE 26 MARS
L’"Impasse"
Dans un document paru en 2007 suite à l’échec de la gauche
française à l’élection présidentielle de cette
même année et intitulé "l’Impasse", Lionel
Jospin, ancien Premier ministre, analysant la déroute de son parti à cette
consultation, emploie des termes durs pour caractériser la posture de
case départ du PS et de toute la gauche. Le cas du Mali d’aujourd’hui
est pire que l’impasse par l’ampleur du manque d’autorité pour
ne pas dire que celle-ci a cessé d’exister depuis 2002.
En mars 1991, après 23 ans de règne absolu, le peuple malien se
débarrassa, à l’issue d’un soulèvement populaire
sans précédent dans l’histoire de ce pays, de l’une
des dictatures les plus farouches et les plus butées de la sous-région.
La révolution populaire décidée par le peuple aiguillonné par
le Mouvement démocratique, eut son épilogue le 26 mars 1991 après
un énorme bain de sang représentant le lourd tribut que le peuple
devait payer à la chute de l’autocratie.
Dans les mois qui suivirent les institutions républicaines se mirent rapidement
en place (en remplacement de celles de l’ancien régime) permettant
en 1992 la tenue d’élections générales libres et transparentes,
en fait les toutes premières de l’histoire de ce pays. Mais l’apprentissage
de la démocratie se révéla être un exercice périlleux
pour les acteurs du Mouvement démocratique qui se divisèrent dangereusement
sur la gestion du pouvoir politique.
Le pluralisme politique autorisé par la Conférence nationale (juillet/août
1991) avait en effet accepté la création d’une multitude
de partis politiques dont chacun des leaders voulait assurer des responsabilités
au sommet de l’Etat. Ceci explique que les années 1992-2002 correspondant
aux deux mandants d’Alpha Oumar Konaré fussent des années
d’instabilité et de turbulences politiques au cours desquelles le
régime démocratique fut en danger tant par ses enfants (promoteurs)
que par ses adversaires tapis dans l’ombre.
La stabilité politique (surtout gouvernement) ne vint véritablement
qu’avec la nomination d’Ibrahim Boubacar Kéita comme Premier
ministre en 1994 après deux autres chefs de gouvernement dont les règnes
furent exceptionnellement brefs en raison de violences politiques orchestrées
par les partis politiques hostiles au gouvernement et regroupés dans le
Collectif des partis politiques de l’opposition (Coppo).
Si Ibrahim Boubacar Kéita réussit à faire revenir la paix
politique et sociale, la situation resta toujours tendue à l’extrême à cause
non seulement des ambitions personnelles des uns et des autres, mais également
de la faiblesse des institutions républicaines dont l’implantation
n’était pas achevée. Les réformes économiques
entreprises durant cette étape ne produisirent pas tous les effets attendus
en dépit des financements monstres venus de l’extérieur.
Si elles permirent partiellement d’assumer le décollage économique
par le développement des infrastructures routières et le désenclavement
conséquent de centaines régions, elles ne purent par contre rien
résoudre dans le chômage des jeunes auxquels les emplois publics
restèrent toujours fermés sur les ordres des institutions de Bretton
Woods (Banque mondiale et FMI). Mais surtout la grosse épine dans les
pieds du régime démocratique resta le règlement de la crise
scolaire devant laquelle échouèrent les meilleurs pédagogues
du pays aux commandes pourtant depuis 1992.
Le retour de la pensée unique
Toutes les rencontres nationales et internationales sur cette question constatèrent
la gravité de la situation qui menace même la reproduction du système
républicain mais se montrèrent impuissantes à la corriger
en montrant concrètement des solutions.
Tous les observateurs ont noté qu’au Mali si l’essor économique
n’a pas suivi celui de la politique et de l’évolution des
institutions, il a en revanche permis l’émergence d’une classe
de nouveaux riches appelés les milliardaires de la démocratie constituée
de gens qui comptaient peu avant 1991 et qui ne furent même pas très
actifs dans la lutte contre l’autocratie.
Cette évolution paradoxale fait dire à certains analystes que le
Mali disposait d’un modèle de démocratique atypique dans
lequel non seulement des opportunistes pouvaient s’enrichir énormément
aux dépens de l’Etat, mais dans lequel aussi les responsables s’agrippent à l’apparence
et aux accessoires (les élections et les partis en grand nombre) au détriment
du fond qui est l’esprit républicain véritable axé sur
la bonne gouvernance et le respect quasi religieux de la loi.
Tous ces problèmes s’aggravèrent avec l’élection
en 2002 d’Amadou Toumani Touré à la présidence de
la République. Ce dernier, sous prétexte qu’il fut soutenu
par tous les partis politiques en 2002 lors de l’élection présidentielle,
fit sortir de ses manches une formule bancale de gouvernement appelée
consensus et dont la grande caractéristique est de prétendre mettre
d’accord des gens qui ne doivent ni ne peuvent l’être vraiment.
En fait la méthode d’ATT est une tentative maladroite de restauration
de la pensée unique comme au temps de l’UDPM en même temps
qu’elle est l’expression du mépris souverain de cet homme
pour le fait partisan. Même sous son 2e mandat obtenu dans des conditions
opaques en 2007, il ne varia pas d’un pouce et par la corruption et le
clientélisme, réussit à faire de la classe politique une
bande d’alimentaires jetés sous ses pieds et lui demandant la pitance.
Il a réussi l’exploit de transformer l’arène politique
en bloc monolithique payé pour faire l’apologie de son Programme
de développement économique et social (PDES). L’ère
d’ATT se caractérise par le déficit en tout, la gouvernance
catastrophique, le dérèglement des institutions républicaines
et la corruption à ciel ouvert. Sous ses 2 mandats, la démocratie
prit des coups mortels qui expliquent aujourd’hui la démobilisation
de la classe politique et le peu d’intérêt des citoyens pour
la politique.
Dans un document paru en 2007 suite à l’échec de la gauche
française à l’élection présidentielle de cette
même année et intitulé "l’Impasse", Lionel
Jospin, ancien Premier ministre, analysant la déroute de son parti à cette
consultation, emploie des termes durs pour caractériser la posture de
case départ du PS et de toute la gauche. Le cas du Mali d’aujourd’hui
est pire que l’impasse par l’ampleur du manque d’autorité pour
ne pas dire que celle-ci a cessé d’exister depuis 2002.
Yiriba
Acceuil
CONFERENCE
NATIONALE DE L’ADEMA
Alliances pour la gestion concertée en 2012
L’Adéma/PASJ a tenu hier dimanche 28 mars, sa 10e conférence
nationale. A moins de 3 ans des élections générales de 2012,
Dioncounda Traoré, président du parti, a appelé ses camarades à la
cohésion et au respect de la discipline en formulant aussi son souhait
pour les fusions avec des partis issus de l’Adéma et d’autres
pour la gestion concertée du pouvoir.
La Conférence nationale est l’organe statutaire d’un parti
qui siège entre deux congrès. Celle de l’Adéma/PASJ
d’hier s’est tenue après le 4e congrès ordinaire du
parti, le 3e congrès ordinaire du Mouvement de la jeunesse et le 1er congrès
ordinaire de celui des femmes. Elle se tient au moment où les regards
sont tournés vers les élections générales de 2012.
La 10e conférence statutaire avait cinq points à son ordre du jour
: faire l’état des lieux du parti en vue d’évaluer
sa santé et sa force, approuver le règlement intérieur du
Mouvement des femmes et celui de la jeunesse, examiner la relecture des textes
fondamentaux de la République, réfléchir sur les alliances
et la nature des futures relations avec les formations politiques et enfin examiner
la situation politique dans notre sous-région.
Jaugeant la force de son parti sur l’échiquier politique national,
Dioncounda Traoré a estimé que "l’Adéma/PASJ
se porte de mieux en mieux et sa place de plus grand parti au Mali ne fait plus
l’objet de doute". Il en veut pour preuve les 3500 élus municipaux
dont 570 maires sur 703 avec la majorité des présidents de conseils
de cercle et d’assemblées régionales, gagnés à l’issue
des élections municipales d’avril 2009.
" L’unité et la cohésion se consolident, la confiance
se restaure au sein du parti. La discipline revient même si nous observons
quelques cas de plus en plus rares de camarades, qui n’ont toujours pas
compris que leur intérêt réside dans la force du parti, dans
la justice et la solidarité", a tranché le président
du PASJ. Selon lui, leur approche des problèmes ne doit ni être
locale, ni communautaire, ni régionale. "Ensemble, nous réussissons
et nous réussirons tout. Séparés nous risquons par tout
perdre", a-t-il dit.
Ces propos de Dioncounda Traoré expliquent la situation qui prévaut
au sein de son parti dans le cadre de la désignation du président
de l’Association des municipalités du Mali (AMM). Les candidatures
d’Abdel Kader Sidibé (président sortant de l’AMM) et
celle d'Adama Noumpounou Diarra, maire de la Commune urbaine de Kourouma (Sikasso)
sont opposées à celle du candidat officiel de l’Adéma,
Boubacar Bah dit Bill.
Le rapport "Daba Diawara" en examen
Ce litige interne figurait à l’ordre du jour du programme de la
conférence nationale où certains susurraient des sanctions contre
Abdel Kader Sidibé et Adama N. Diarra. Mais selon les textes de l’Adéma,
il ne revient pas à la Conférence nationale de sanctionner un militant.
Les mesures disciplinaires sont du ressort des sections et entérinées
par le parti.
La relecture des textes fondamentaux connue sous le vocable de "rapport
Daba Diawara" (du nom du président de cette commission) a été discutée.
Le président de l’Adéma a fait savoir qu’il y a une
commission créée à cet effet dans son parti et qui a statué sur
ledit rapport pendant 48 h. Ses conclusions, à ses dires, seront soumises
au comité exécutif pour dispositions à prendre.
Pour les futures joutes électorales de 2012, l’Adéma scrute
l’horizon des alliances. La formule toute trouvée est la gestion
concertée du pouvoir. "Le concept de gestion concertée du
pouvoir, inventée par notre parti et mise en œuvre par notre camarade
militant Alpha Oumar Konaré reste toujours d’actualité",
a précisé Diouncounda Traoré. Il a dessiné le cadre
des alliances avec des partis issus de leurs rangs et d’autres dans le
cadre d’un partage de responsabilité ou gestion concertée
du pouvoir.
La Conférence nationale s’est prononcée sur la situation
en Guinée, au Niger et en Côte d’Ivoire en plaidant un retour
rapide à une vie constitutionnelle normale pour les deux premiers cités
et en exprimant ses inquiétudes pour le dernier.
L’Adéma a battu le rappel de ses troupes au cours de cette rencontre
avec la mobilisation des sections des 6 communes du district de Bamako et des
coordinations régionales, des sections de Bamako, de Kayes, Koulikoro,
Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal.
Le président Diouncounda Traoré était entouré de
ses vice-présidents Iba Ndiaye, Sékou Diakité, Tiémoko
Sangaré, Oumarou Ag Ibrahim, Soumeylou Boubèye Maïga, du secrétaire
général Marimantia Diarra et des présidents du Mouvement
des femmes, Mme Konté Fatoumata Doumbia, et de la Jeunesse Lazare Tembely.
Abdrahamane Dicko
Acceuil
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