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2010

Mois de mars

Les Echos du 25 mars

 

POLITIQUE MALIENNE
Le nécessaire rappel
Il est devenu un gagne-pain aujourd’hui d’opposer les acteurs de notre jeu politique. Cependant, le discernement réel revient à ceux qui en savent les motivations profondes.
" L’avenir de notre pays n’est pas dans son passé", affirmaient les évêques du Mali, dans leur Lettre épiscopale de 1990. Cette même déclaration disait que "chez nous, la vie politique semble se ramener, pour beaucoup, à des luttes et à des courses pour le pouvoir. Les rivalités de personnes l’emportent sur des débats de choix de société…"
Ces déclarations sont d’une cuisante actualité, quand on constate la panne de projets de sociétés qui poussent les princes du jour à des dilatoires et à des attaques contre des personnes qui, au moins, dorment tranquilles pour avoir rempli leur devoir de génération et s’être retiré, "sans avoir enfreint des us et coutumes et avec le respect de tous", comme auraient dit les Bambara. En des occasions pareilles, des rappels s’imposent, qui permettent, de façon pédagogique, à ranimer le débat et recadrer les plumitifs de missions.
Le 26 mars, cela a été dit et redit sous toutes les coutures, a certainement été l’aboutissement d’un combat qui a débuté le 19 novembre 1968, avec l’arrestation de Modibo Kéita. On se souvient que les étudiants de l’Ecole normale supérieure avec à leur tête Alpha Oumar Konaré ont déclenché très tôt une grève, et que beaucoup ont été emprisonnés et traînent ou ont traîné à vie les séquelles de sévices.
Modibo Kéita, comme le rappellent tous les sorciers qui se mettent d’un coup à parler, n’a pas eu les égards dus à un chef d’Etat quand il était en prison, tout comme on n’a pas eu de respect pour son testament dont l’évocation semble dire peu de chose aujourd’hui encore, jusque dans les rangs du RDA (pour ce qui en reste)…
Les partis ont évolué dans la clandestinité. Les sciences politiques nous enseignent que, si pour un homme politique, il n’y a pas de génération spontanée, l’histoire retient quand même des cas d’irruption. Nous avons connu les deux.
Alpha Konaré a évolué dans les partis clandestins, a été un acteur de la création des premières associations, de Jamana, de la Mutec, des associations culturelles, de la Lettre ouverte… L’aboutissement de la lutte n’a pas surpris les patriotes vivants, qui s’étaient investis sur des générations. D’ailleurs, à l’époque, il n’y avait aucun doute pour qui que ce soit au Mali.
Le fait que les militaires se soient directement rendus à la Bourse du travail d’ailleurs explique leur état d’âme. Les déclarations faites sur place sont encore dans les esprits de tous. La confusion vient du fait que, pour certains, les militaires sont ceux à qui l’on doit notre démocratie, les politiciens n’étant que des opportunistes.
Cette thèse est loin de la réalité et, pour dire les choses comme elles se présentent, personne, "personnellement", ne peut prendre le mérite de la transition "réussie au Mali". Le Mouvement démocratique, à l’époque, était une force organisée et cohérente, ayant une vision et croyant à quelque chose, mais surtout prêt à remettre ça. La Transition devait s’arrêter. Il n’y avait aucune autre alternative. Les militaires n’ont aucun mérite à cela. Ce n’est d’ailleurs pas fortuit s’ils ont demandé pardon au peuple !
Maintenant, l’Adéma a dirigé 10 ans. Sans vouloir faire un bilan à la place de ce parti, sur les 10 ans, combien peut-on réellement compter de calme ? Tout a été mis en œuvre pour stopper notre processus démocratique : les casses de domiciles, des institutions de la République… Lors d’un "think tank" du Club perspectives et développement, il a été dit ouvertement et publiquement que "le 5 avril" était un putsch, que ATT a été consulté pour prendre le pouvoir, qu’il a refusé. Mais a-t-il pour autant dénoncé ? A-t-il pour autant pris ses distances vis-à-vis de ces gens qui constituent son premier cercle ?
Après l’Adéma, ATT est de retour et s’apprête à boucler ses dix ans de bons et loyaux services à la tête du Mali. C’est la preuve que l’Etat est une continuité et que le processus démocratique se consolide. Il a eu la chance d’avoir un climat apaisé. En effet, tout son premier mandat, "sa gestion concertée" a pris. Personne n’a été concerté, certes, mais tout le monde y a cru. Et, la preuve a été la mise en berne des fougues revendicatrices, des velléités de brûler dès lors qu’on n’est pas satisfait.
" Nouveaux problèmes"
Tous, jusqu’aux étudiants ont bu à la source et ont dit leur volonté de "revendiquer autrement". Le miracle (mirage ?) a fonctionné un mandat, 5 ans. Résultat, du surplace politique, des partis politiques affaiblis, mais, avec la sensation d’un réveil douloureux, et aussi l’arrière-goût d’un ciblage de personnes décrétées à abattre. Aujourd’hui, le Mali se définit par les pires maux : déni de justice, déficit démocratique, corruption, trafic de drogues, d’armes…
Notre pays serait-il, en plus, devenu intolérant en plus de tous les "nouveaux problèmes" que nous connaissons ? En effet, Adame Ba Konaré, féministe connue et reconnue, anime avec des femmes engagées, un panel à la veille du 8 mars, Journée internationale de la femme. Du coup, elle s’est attirée toutes les foudres de ceux qui se sont sentis visés. Son engagement, ses engagements ne datent pas d’aujourd’hui, et visiblement, il faudrait plus qu’un article pour y mettre fin !
Sinon, comment comprendre autrement les "sorties" contre Adame Ba Konaré ? Elle est encore là, les générations d’étudiants qu’elle a formées sont encore fières de cette dame, rigide, mais, tellement engagée et compétente, ne faisant aucun compromis avec les principes ! Toutes les femmes militantes de la Cafo des origines sont encore là pour témoigner de son engagement féministe, dont elle n’a jamais fait mystère et qu’aucune position sociale ou fonction personnelle n’ont jamais altéré !
Quid de son engagement politique ? Relisez la déclaration de lancement de la campagne d’ATT à Sikasso ! Pour ceux qui ont été aux différentes marches, quand personne ne militait encore par calcul, elle était là, a été gazée le 20 janvier 1991.
Et puis, que veut-on ? Depuis leur retour au pays, les Konaré se sont terrés, écrasés pour ne pas faire d’ombrage. Par éducation, par culture, par élégance politique, ils n’ont prétendu à rien, ce qui ne les épargne pas pour autant.
Adame Ba est une pasionaria. Elle a théorisé la solidarité dans ses écrits et l’a pratiquée et continue de la pratiquer dans différents domaines. Pour mémo, l’on retiendra au tout début du 1er mandat de son époux, cette action à la symbolique forte, qui a été de sillonner les rues de Bamako en pleine nuit pour distribuer des couvertures aux sans abris dormant dans les caniveaux. Elle a envoyé des médecins au Rwanda pour secourir les enfants et les femmes victimes des conflits et faits de guerre, elle se mobilise aujourd’hui pour construire une école à Haïti. Son engagement est sacerdotal, aurait dit un autre.
Aujourd’hui, le champ politique malien est malheureusement devenu un terrain d’attaques personnelles. C’est vrai que cela obéit en des points à une théorie de Machiavel, mais, finalement, le Mali y gagne quoi ?
" L’avenir de notre pays n’est pas dans son passé".
Alexis Kalambry

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MANDAT PRESIDENTIEL
La limitation inspire les sensés et non les assoiffés
Il est plus qu’étonnant de voir surgir des "maîtres penseurs" sortis de la singulière école de "mangercratie" s’insurger contre cette limitation, belle caractéristique de la gouvernance.
Comme je l’écrivais dans mes six premiers articles sur le même thème, la limitation de mandat est un pan majeur dans la gouvernance démocratique et le développement durable. C’est à ce titre que les peuples africains, tirant les leçons des désastres causés par les gouvernances forcées et illimitées (civiles et militaires), ont jugé capital d’inscrire en lettres d’or cette exigence de bonne gouvernance dans les lois fondamentales lors des conférences nationales dites souveraines.
De ce fait, il est plus qu’étonnant de voir surgir des "maîtres penseurs" sortis de la singulière école de ‘mangercratie’ s’insurger contre cette limitation, belle caractéristique de la gouvernance. Les partisans de la non limitation de mandat ont l’esprit ‘selfish’ c’est-à-dire sont des personnages égocentriques qui veulent tout pour soi et rien pour les autres. Une telle pensée est contraire au bon sens, contraire à l’islam dont la majorité des Maliens se réclament.
Les dirigeants adeptes de telle pensée ne peuvent pas imaginer quelqu’un d’autre à leur place. Ils veulent des gens à leur ordre, mais pas eux aux ordres un seul moment de leur vie une fois élu président. Ils étouffent les personnalités des autres au profit des leurs. Ils se moquent du fait que le pays regorge d’innombrables valeurs ou talents capables de faire mieux qu’eux comme l’a si bien dit le 42e US président Bill Clinton dans son Livre au titre assez révélateur ‘Comme chacun de nous peut changer le monde’ pour affirmer sa foi profonde en la capacité de chaque homme de faire le bien de façon générale et de bien gouverner particulièrement si on lui offre l’occasion.
D’où l’intérêt de la limitation de mandat pour susciter le changement et permettre une diversité d’hommes et par conséquent d’opinions au sommet de l’Etat avec son corollaire d’édification et de consolidation des sentiments d’appartenance à l’identité nationale du fait de l’effet inclusif de la limitation de mandat.
La démocratie mondiale se porte bien avec heureusement, outre le démocrate Bill Clinton, la socialiste Michelle Bachelet, présidente sortante du Chili qui, limitée par le mandat, vient de céder le palais au milliardaire Sébastien Pinera du centre droit alors que sa côte de popularité est à 84 % ; je fais économie de mots sur les 43 présidents américains qui se sont succédé en 220 ans (1779-2009) dans la diversité d’opinions, d’origines et de classes sociales avant l’arrivée de Obama auréolant ainsi les multiples vertus de la limitation de mandat (fils d’un noir africain succédant au fils d’un ancien président blanc américain), laquelle limitation est d’ailleurs pour quelque chose dans le classement des USA comme 1re puissance mondiale. Que dire de plus à ce sujet ?
Pour ceux qui s’amusent à tripatouiller les constitutions relativement à la limitation de mandat, l’on sait qu’ils sont "soutenus" par 2 types de partisans fabriqués pour la cause : ceux qui sont associés à la gestion du pouvoir ; ceux qui sont temporairement payés pour parler, insulter, manifester et menacer les opposants à leur maintien indéfini au pouvoir.
Tel a été le cas du Niger où les manifestants ont avalé leur langue après le coup de rétablissement de l’ordre constitutionnel par des hommes qui se sont souvenus de la valeur du képi hissé sur leurs têtes par l’effort de la patrie et non du pouvoir en place (que je salue à l’occasion mais avec un bémol jusqu’à ce que je vois les élections organisées et gagnées par un civil, car depuis ma majorité civique, je me suis interdis d’applaudir des deux mains un porteur de tenue même déguisé en civil au pouvoir et mes chers lecteurs ne m’en voudront certainement pas).
La 2e catégorie de partisans ne pouvait manifester parce qu’elle a rempli son contrat de manifester pour la continuité du mandat contre espèces sonnantes et trébuchantes et point barre. La méthode est connue, car aussi vieille que gouverner est possible.
Parlant de quelques bels exemples sur le continent, il y a lieu de citer Léopold Sédar Senghor qui a démissionné en 1980 au profit de son Premier ministre d’alors ; Ahmadou Ahidjo du Cameroun a démissionné en 1982 au profit de l’actuel président, Nelson Madiba Mandela qui a renoncé à solliciter un second mandat après 27 ans de prison sinon de bagne et Alpha O. Konaré qui a respecté la limitation en s’en allant en 2002.
Quelle humilité de l’Homme noir à l’image de ces cas rarissimes qui sont une fierté de gouvernance démocratique, en tout cas en matière de renonciation au pouvoir qui est loin d’être la finalité des dirigeants sensés mais juste une passerelle pour la mise en œuvre des politiques propices au bien-être général. Voilà une trempe de valeurs humaines dignes d’être chefs du fait de leur conviction qu’une seule hirondelle ne peut faire le printemps, autrement dit qui ne voient que du bien dans la limitation de mandat permettant aux gouvernants de sortir par la grande porte en dépit d’ailleurs de leurs méfaits lors de l’exercice du pouvoir.
Bon sang pourquoi s’accrocher au pouvoir indéfini sachant qu’on est mortel et nul sur terre ne peut achever tous ses projets jusqu’au dernier soupir ? O pouvoir ! Quand tu nous enivres, c’est pire que l’alcool et la drogue. Soyons rationnels et prenons comme exemples ceux qui ont quitté le pouvoir par la grande porte. Ils ne sont pas morts pour cela. Ils ne sont pas non plus dans l’oubli, loin s’en faut, la plupart sont des icônes, des prix Nobel, de nobles conférenciers aux signatures à prix d’or… loin des hauts et des bas du pouvoir, endroit à la fois paradisiaque et maléfique où le pire et le meilleur se côtoient assez aisément.
Mamadou Fadiala Kéita
(expert consultant en démocratie et droits humains)
Suggestions et observations à : ajcad@voila.fr
A suivre…

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SITUATION DES ELEVEURS
Pas de changement après la 25e réunion
A la 25e réunion annuelle du Réseau de prévention des crises alimentaires, qui s’est tenue à Bamako début décembre 2009, les éleveurs et pasteurs représentés par le Réseau Billital Maroobé ont lancé un cri d’alarme aux décideurs politiques et aux partenaires techniques et financiers pour apporter des réponses adéquates aux effets d’une crise alimentaire précoce qui touche avec acuité les éleveurs et pasteurs ouest-africains.
En dépit de cet appel, force est de constater que la situation demeure inchangée et caractérisée par une inertie générale des Etats. Au Niger, les autorités ont reconnu que la situation de famine est inévitable. Les communautés d’éleveurs et pasteurs sont d’ores et déjà fortement affectées et reconnues comme les plus vulnérables avec un taux prévisionnel de malnutrition aiguë de 29,9 %, le double du seuil d’urgence fixé à 15 %.
Au Tchad, le gouvernement a reconnu la gravité de la situation. Par contre, au nord-est du Mali dans la région de Gao ou encore dans le Sahel burkinabé, on constate un mutisme et une forme de désintérêt des Etats qui se manifeste par une absence d’action urgente en milieu pastoral. Les risques liés à cette situation de crise qui prévaut au Niger semblent être ignorées, alors que des pasteurs traversent déjà les frontières pour trouver des pâturages et de l’eau pour leurs troupeaux.
Selon Dodo Boureima, président du Réseau Bilital Maroobé, "nous sommes passé d’une situation d’alerte précoce à celle de crise. La disponibilité et l’accessibilité aux principaux aliments pour le bétail sont limitées dans la zone pastorale et agropastorale. Le prix des animaux sur les marchés se détériore rapidement, pendant qu’au même moment le prix des fourrages et des céréales augmente. Nous n’arrivons plus à nourrir nos troupeaux, ce qui nous pousse à les vendre à vil prix".
Cette situation fragilise le pouvoir d’achat des éleveurs et limitera leur accès aux produits alimentaires dans les prochains mois. En somme, les éleveurs s’enfoncent de manière progressive et irréversible dans la pauvreté absolue.
Compte tenu du caractère transfrontalier de l’élevage ouest-africain, cette situation, jadis locale et maîtrisable est en train de s’exporter dans toute la bande sahélo sahélienne. Cette crise a un caractère sous-régional, qui ne peut aller qu’en s’amplifiant si des mesures urgentes à moyen et long terme ne sont pas prises.
Au vu de tous ces éléments, le Réseau Billital Maroobé interpelle solennellement les chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres du Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS), réunis à N’djamena du 24 au 25 mars 2010 sur ces différents points.
Anne-Marie Kéita
(avec Oxfam)

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LIBYE-SUISSE
Y aura-t-il l’arbitrage international souhaité par Kadhafi ?

Depuis le 10 mars dernier, la Libye demande un arbitrage international dans le bras de fer qui l’oppose à la Suisse. Le chef du bureau populaire libyen (comprenez ambassadeur), Salah Zarem l’a réitéré mardi 23 mars à Paris lors d’une rencontre avec la presse internationale à quelques jours de la fin de la condamnation judiciaire qui pèse sur un citoyen suisse retenu depuis le 30 novembre 2009 sur le territoire libyen. La partie qui semble perdue par Kadhafi, est pourtant loin d’être finie entre la Libye et la Suisse.

Pour Salah Zarem, il n’y a rien de nouveau dans le dossier depuis que la Suisse "par un acte unilatéral en août 2009 a pris des mesures de restriction des visas Schengen pour des citoyens libyens". Pourtant, une réunion était prévue mardi 23 mars 2010 pour tenter de concilier les deux gouvernements alors que dans un élan de soutien à la Jamahiriya, le gouvernement italien faisait savoir, une semaine plus tôt, sa volonté de passer outre la décision du gouvernement helvète de s’opposer à l’octroi de visas Schengen pour les ressortissants libyens après le 5 avril.
A cette date, interviendra effectivement la fin de la condamnation judiciaire qui court sur le citoyen suisse Max Göldi, condamné le 30 novembre 2009 à 16 mois de prison ferme pour "séjour illégal" en même temps que son compatriote Rachid Hamdani dont la condamnation a été finalement annulée en appel fin janvier dans la perspective d’un règlement de la crise entre les deux Etats.
Dans une déclaration lue à la presse, l’ambassadeur Salah Zarem fait constater que "le 12 juillet 2008, la police genevoise a conduit deux personnes accompagnant le diplomate libyen (Ndlr : Hannibal Kadhafi, fils du Guide libyen) de l’hôtel où ils séjournaient tous les trois, à un lieu inconnu, sans avertir ni le diplomate ni la mission libyenne". L’ambassadeur libyen dénoncera "les mesures musclées de l’arrestation par une vingtaine de policiers, d’une façon abusive, contraire au droit des procédures pénales du Canton de Genève" en insistant sur le fait que "des menaces par armes ont été faites envers l’épouse du diplomate, malade, enceinte et ayant à ses côtés un enfant de trois ans".
Il a en outre souligné que dans une note diplomatique adressée par le Comité général des liaisons extérieures et de la coopération internationale, "le Guide de la révolution, en tant que père acceptait l’application de la loi sur son fils, s’il a commis une faute quelconque".
La Libye dénonce "le traitement injuste, les abus et les démonstrations de force qui ne peuvent et ne sont utilisés que contre les terroristes, les vendeurs de drogue et les bandes armées" sans oublier de "mettre en exergue la négligence faite à l’encontre d’un mineur dont les deux parents ont été arrêtés illégalement et inhumainement et l’incapacité de l’autorité suisse d’informer la commission d’enquête indépendante sur le sort de l’enfant où il se trouve et la manière dont il a été traité" puisqu’il a été convenu, une semaine après le début de la crise, d’effecteur "une enquête sur les fautes commises contre le diplomate libyen et que le gouvernement suisse s’est contenté d’enquêter d’une façon illusoire". Aussi, la partie libyenne se dit "surprise de l’escalade entreprise par la Suisse qui s’est manifestée par la publication de photos constituantes du dossier d’enquête".
Et ce alors que de son côté, la Libye avait "opté pour une tractation sage et conforme au droit international en signe du respect de l’immunité diplomatique de l’ambassade suisse" où s’étaient retirées les deux personnes finalement jugées par contumace. C’est seulement après l’annulation de la condamnation de l’un des prisonniers que le second a dû être remis aux autorités libyennes pour purger le reste de sa condamnation.
Le bras de fer qui oppose les deux gouvernements a été déclenché suite à l’arrestation d’un fils Kadhafi, le 12 juillet 2008 en compagnie de deux autres personnes, et "conduit à un endroit inconnu sans avertir la mission diplomatique libyenne" se plaignent les autorités libyennes qui ont procédé de leur côté à l’arrestation de deux citoyens suisses pour "séjour illégal" et qui ont été jugés et condamnés à 16 mois de prison ferme.
Depuis plusieurs médiations sont entreprises avec des rebondissements spectaculaires. Le 15 août 2008 un mémorandum est signé qui prône la création d’une commission d’enquête indépendante. Cinq jours plus tard, "le président suisse présente ses excuses solennelles et officielles", déclare l’ambassadeur Zarem qui se montre circonspect par la suite du fait que "par un acte unilatéral, la Suisse en août 2009, a fait des restrictions de visa Schengen pour les citoyens libyens".
En fait, c’est une liste comportant quelque 188 noms qui est établie par le gouvernement suisse, dont le chef de la diplomatie libyenne "qui se trouve dans l’impossibilité de se déplacer" fait constater l’ambassadeur Zarem qui fait remarquer par ailleurs que tous les noms dans cette "black liste" portent à confusion du fait des homonymies récurrentes dans le système traditionnel des noms dans le monde arabe et que la décision du gouvernement suisse court même sur des enfants de 8 à 10 ans.
Le chef du bureau populaire déclarera que, face au désengagement suisse de ses obligations et aux mesures unilatérales prises par le gouvernement helvète, la Libye manifeste son refus de négocier directement avec la Suisse sans l’implication des Européens. Allemands et Espagnols sont impliqués et depuis un certain temps la médiation allemande avait réussi à faire entendre les deux parties sur "les questions principales de l’affaire y compris la création d’un comité d’arbitrage international chargé d’étudier le dossier, convoquer les témoins et examiner les preuves" afin de déterminer les torts des uns et réhabiliter les autres. Mais depuis, plus rien n’a bougé véritablement.
Oussouf Diagola
(correspondant permanent à Paris)

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RELATIONS ETAT/ECOLES PRIVEES
Pr. Salikou fait le point avec l’Aépam
Les promoteurs des écoles privées tiennent à leur doléance visant à accorder la reconnaissance d’utilité publique à leur établissement. L’Etat se méfie et évite de se prononcer sur la question.
Le ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues nationales Pr. Salikou Sanogo a rencontré mardi 23 mars 2010 l’Association des écoles privées agréées du Mali (Aépam) dans les locaux de son département. Il s’agissait au cours de cette rencontre de faire le point de la coopération avec les écoles privées qui, il haut le rappeler, sont à une année d’arriérés impayés.
Le ministre Sanogo a survolé les propositions faites par l’Aépam pour l’amélioration de leurs conditions de travail. Trois points ont fait l’objet de discussions. Il s’agit du traitement des dossiers relatifs au passage et redoublement, le transfert et la réorientation et les frais de scolarité.
Le ministre a reconnu le retard accusé dans le traitement des dossiers de redoublement et de passage, transfert et réorientation, une tâche préalable au payement des coûts de formation des élèves. Il a sollicité la patience des promoteurs d'écoles privées. Il faut noter qu’après six mois de la rentrée scolaire, l’effectif des élèves et le point de la situation de redoublement et passage dans les établissements privés ne sont pas encore disponibles.
Ce retard a un impact direct sur le paiement des subventions que l’Etat doit payer en guise de frais de formation des élèves étatiques. En effet, le paiement par le ministère de la demie bourse que chaque élève doit percevoir par an au titre de ses fournitures scolaires n’est possible sans l’établissement préalable des effectifs des élèves.
" Nous sommes d’accord avec vous, qu’il ne faut plus autoriser les écoles de s’installer par exemple dans un marché", a indiqué le ministre qui a manifesté le besoin de multiplier les rencontres avec l’Aépam en vue de la prise en charge des problèmes liés au secteur de l’enseignement privé.
L’utilité publique
Le secrétaire général de l’Aépam, Ibrahim Rémy Doumbia, a saisi l’occasion pour réfuter ce qu’il appelle les "préjugés" qui pèsent sur les promoteurs des écoles privées.
" Très souvent, ce sont des faux chiffres qui sont annoncés pour dire que c’est une subvention de plus de 20 milliards de F CFA qui est accordée aux écoles privées chaque année. Cela n’est pas juste !", a dénoncé M. Doumbia ajoutant qu’au moment où une somme de 300 000 F CFA est consacrée à la formation d’un élève de l’Ecole centrale pour l’industrie, le commerce et l'administration et du commerce (Ecica) ce sont des miettes (50 000 F CFA, Ndlr) qui sont lancées aux écoles privées pour la même prestation.
Pour les promoteurs privés à partir du moment où eux ils assurent 60 à 70 % de la formation scolaire, technique, professionnelle et supérieure, l’Etat doit reconnaître leur légitimité en créant une direction nationale de l’enseignement privé. Aussi, ils ont estimé que le gouvernement doit leur accorder la reconnaissance d’utilité publique.
Ces propositions sous forme de revendications ne semblent pas convaincre les autorités qui ont déjà du mal à s’acquitter des subventions annuelles. En réalité, beaucoup de nos compatriotes voient dans cette revendication un piège visant à mettre la pression sur l’Etat pour venir en aide aux écoles privées qui sont avant tout des entreprises privées à finalité commerciale.
Toutefois, le ministre a assuré ses interlocuteurs de la volonté de son département à analyser les différentes propositions qui pourront, selon lui, être résolues avec l’indulgence et la compréhension des uns et des autres.
Amadou Waïgalo

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ECHOS DES REGIONS

BANKASS
L'Adéma fête le retour de plusieurs cadres
En plus de la tenue de la conférence régionale de l'Adéma de Mopti, le parti de l’Abeille a fêté mardi dernier à Bankass le retour d’une quarantaine de cadres et militants.
Plusieurs grosses pointures de l’Adéma/PASJ, dont Me Abdoulaye Garba Tapo, Sidi Hamed Diarra, des députés et élus locaux de la région de Mopti, se sont retrouvées le mardi 23 mars à Bankass. C’était dans le cadre d’une part de la célébration de l’adhésion ou du retour de plusieurs militants du parti, et d’autre part, la tenue de la conférence régionale des sections Adéma de la région de Mopti en prélude à la conférence nationale du parti le 27 mars.
La fête a été belle et grandiose sur la place publique de Bankass. Les populations sont sorties nombreuses à cette fête qui a été émaillée de manifestations folkloriques. Pendant plusieurs heures, des "dozos" et des masques Dogon ont émerveillé le public.
La famille de l’Adéma/PASJ s’agrandit donc dans la région de Mopti avec le retour et l’adhésion de ses militants. Ce qui met en confiance le parti de l’Abeille de plus en plus victime de transhumance politique.
Bonsa Gana, le secrétaire général de la section Adéma de Bankass expliquera que le retour de certains des cadres va sans doute renforcer le parti localement. Il s’agit, aux dires de M. Gana, d’Ousmane Gana, maire de la Commune de Koulogon Habé, Souleymane Cissé, maire de Diallassagou, et de Mme Togo Mariam Barro qui est revenue à la case départ avec 44 autres cadres.
Un retour courageux
Mme Togo Mariam Barro, conseillère à la Commune de Baye, porte-parole des militants néo-Adéma, dira qu’ils sont partis et revenus dans leur parti la tête haute. "Mon émotion est très grande. J’ai juré que je vais mourir dans l’Adéma. Nous étions partis à l’URD et nous revoilà à l’Adéma. Nous étions partis pour apprendre. Nous avons beaucoup appris. L’Adéma reste toujours grande, mais seulement, évitons le laxisme", a-t-elle ajouté.
Il n’est pas toujours facile de retourner dans son ancienne formation politique. Temoré Tioulenta, le président du groupe parlementaire Adéma/PASJ à l'Assemblée nationale, le représentant du comité exécutif (CE) de l’Adéma, dira que ce retour des militants est très courageux. Indiquant que la victoire de demain est sûre si la cohésion continue dans le parti, il a salué à sa juste valeur le retour des militants.
Il informera que Dioncounda Traoré, Ousmane Sy et d’autres barons de l’Adéma qui devaient être à la fête n’ont pas pu effectuer le déplacement à Bankass pour des impératifs professionnels et santé.
En marge de la fête, la conférence régionale du parti s’est tenue au Conseil de cercle de Bankass.
Sidiki Doumbia
(envoyé spécial)

Témoignages
Ousmane Gana
" Je suis le maire de la Commune de Koulogon Habé. Je suis content de retrouver l'Adéma, ma famille politique".

Mamadou Triki
" Je suis content de retrouver la famille Adéma. J’étais parti à l’URD. Après, je me suis rendu compte que je m’étais trompé en quittant l'Adéma pour l'URD. C’est pour cette raison que je suis revenu dans mon parti".

Soumaïla Guindo
" J’étais au RPM. J’ai vu qu’il y a la cohésion à l’Adéma. C’est pour cette raison que je suis revenu à l’Adéma".
Cheick Oumar Senan
" J’étais parti à l’URD. On m’avait trompé. Je me suis vite rendu compte de cela. Maintenant, je suis de retour dans mon parti. Je suis content".
S. D.


" BENKADI" DE YANFOLILA
Une association au service des femmes
Avec près de 300 adhérentes, l’association "Benkadi" de Yanfolila, créée en février 2010, ambitionne de rassembler, d’organiser les femmes, de satisfaire leurs besoins en crédit et de promouvoir leur formation en gestion des affaires.
Grouper et organiser les femmes, satisfaire leurs besoins en petit crédit, faciliter l’acquisition de prêts, les alphabétiser et promouvoir leur formation en gestion des affaires sont des objectifs visés par l’association "Benkadi" des femmes de Yanfolila. Elle assure la plus grande reconnaissance et favorise la participation des femmes à toutes les activités de développement. Le tout mis bout en bout plaide en faveur de l’amélioration des conditions de vie et de travail des femmes de Wassoulou Ballé.
" Benkadi" de Yanfolila, qui a vu le jour en février 2010, comptait au départ moins de 200 adhérentes. Mais un mois après sa création sous la présidence de Mme Aïssata Koné, épouse de l’honorable Yaya Sangaré, elle en compte aujourd’hui près de 300. "Il faut aller de l’avant et avoir l’esprit de créativité, de solidarité. Je demande à tous les membres d’unir leurs forces pour la réussite totale de notre association qui est en train de voir le jour à la grande satisfaction de tout le monde", déclarait la présidente à l’assemblée générale constitutive de l’association.
Le lancement officiel de l’association a eu lieu samedi dernier à la faveur d’une cérémonie de réception de matériels d’assainissement. C’était en présence du député élu de Yanfolila, Yaya Sangaré, du président du conseil de cercle, Seydou Diakité, du directeur régional de l’assainissement de Sikasso, du parrain Lamine Sangaré et de nombreux autres cadres et ressortissants de Yanfolila.
L’adhésion à "Benkadi" est libre et individuelle. Toutes les personnes âgées de 18 ans, tous sexes confondus peuvent être membres. Mensuelles, les cotisations sont fixées à 200 F CFA. Les réunions se tiennent tous les 15 jours. La présidente est la première responsable de l’association. Elle veille à l’exécution correcte des textes en vigueur. Avec pour siège social Yanfolila, le rayon d’action de l’association s’étend sur l’ensemble de la Commune de Wassoulou Ballé.
L’assemblée générale, le conseil d’administration et le comité de surveillance sont les instances de l’association. Organe suprême de l’association l’assemblée générale est l’organe suprême. Elle est convoquée en session ordinaire une fois par an et en session extraordinaire chaque fois que le besoin se fait sentir.
Avec ses 15 membres, le conseil d’administration exécute les décisions prises en AG. Le comité de surveillance est l’organe chargé du contrôle des activités. Les ressources sont constituées de cotisations, de dons et legs, des prestations et subventions.
Après le lancement officiel des activités, de nombreuses femmes ont manifesté leur désir d’y adhérer. Ce qui ne fera que grossir les rangs de "Benkadi", qui entend être de tous les combats en faveur du développement. Les nombreuses adhésions annoncées cadrent parfaitement avec la vision de Mme Sangaré Aïssata Koné qui affirme que "les portes de l’association sont largement ouvertes".
Mohamed Daou

AMADOU KANTE, MAIRE DE PIMPERNA
" L’incivisme et la précarité bloquent les communes rurales"
La commune est la collectivité territoriale de base de la nouvelle organisation administrative décentralisée et démocratique de l'Etat malien. Elle est un espace de liberté, de participation et d'initiative pour toutes les affaires relevant directement des intérêts locaux. Nous avons rencontré le maire de la Commune de Pimperna, Amadou Kanté sur des sujets de la décentralisation : le budget communal, le transfert de compétence, les ressources…
Les Echos : Pouvez-nous nous présenter succinctement la Commune de Pimperna ?
Amadou Kanté : La Commune rurale de Pimperna dans le cercle de Sikasso, compte onze villages avec une population de 12 500 habitants, elle est située à 16 km au nord de la Commune urbaine de Sikasso et est administrée par un conseil de 11 élus avec un bureau de quatre membres dont je suis le président (le maire), responsable des activités. Le conseil est assisté par la tutelle des communes. Une commune a d'une part un train de vie, c'est-à-dire des dépenses de tous les jours (personnels, entretien courant, énergie, entretien et aide aux écoles, entretien des équipements sportifs et culturels, etc.) qu'elle finance sur ses ressources fiscales (impôts, taxes, dotation globale de fonctionnement et dons) et d'autre part, des investissements nouveaux qu'elle réalise au profit de tous. Ces équipements génèrent à leur tour des dépenses de fonctionnement qu'il faut compenser par de nouvelles ressources. Tout nouvel équipement doit faire l'objet, avant sa réalisation, d'une évaluation de son coût précis d'investissement mais aussi de ses coûts de fonctionnement induits.
Les Echos : Concrètement comment votre commune est-elle organisée ?
A. K. : La Commune est dorénavant placée sous la responsabilité d'un organe élu, le conseil communal, au sein duquel sont désignés le maire et ses adjoints qui forment le bureau communal. Le bureau communal dirige les services de la Commune afin que cette dernière remplisse ses fonctions. Le secrétariat général est chargé d'assister le maire dans la gestion administrative, tout comme le service d'état-civil, les services financiers, techniques et de développement. Le conseil communal exerce dès lors un pouvoir à lui confié par les habitants. Il a, à ce titre des comptes à rendre aux citoyens qui ont un droit de regard sinon même un devoir de participation.
Les Echos : Globalement, quelles sont les compétences d’une commune ?
A. K. : La commune partage certains pouvoirs avec l'Etat. Elle devient responsable de son développement. C'est à cette fin que l'État lui confère des compétences économiques et sociales qui intéressent directement les populations et qu'elles peuvent gérer à leur niveau, principalement l'éducation des enfants, l'alphabétisation, la santé primaire et les maternités, l’hydraulique, la gestion des infrastructures d'intérêt local et l'environnement. Dans le domaine de la santé, nous avons réalisé et équipé un centre de santé, pour l’éducation les classes du 1er cycle fondamental ont été renouvelées et celles du 2e cycle construites. L’accent est mis sur l’hydraulique, car chacun des 11 villages de notre Commune dispose d’un forage d’eau potable.
Les Echos : Quel est alors le rôle de l'Etat ?
A. K. : La réforme de décentralisation ne signifie pas un affaiblissement de l'Etat. Bien au contraire. La décentralisation nécessite un Etat fort mais dans le cadre d'une redéfinition de ses missions. L'Etat a pour tâches d'assurer la tutelle, l'appui et le conseil des communes. La tutelle est le contrôle de la légalité des actes et des organes de la commune. Ce contrôle s'exercera généralement a posteriori sauf pour les matières importantes qui impliquent également l'intérêt national. L'Etat a un rôle essentiel d'intégration nationale. Dans ce sens, il doit inciter et encourager les initiatives locales, gérer l'environnement macro-économique, juridique et réglementaire de ces initiatives et coordonner à son niveau tous les acteurs du développement. L'Etat doit se réorganiser en vue d'assurer ces nouvelles responsabilités.
Les Echos : Quelles sont les ressources de votre commune ?
A. K. : La commune devient directement responsable de la gestion de ses ressources financières, humaines et techniques aux fins d'assurer ses missions. L’activité principale est l’agriculture à côté, les paysans pratiquent l’élevage. L'Etat, en transférant une partie de ses pouvoirs, doit transférer également des ressources qu'il affectait à l'exercice de ces pouvoirs. Mais il faut reconnaître que le transfert des compétences est théorique, pas pratique. Nous sommes également responsables de la mobilisation des ressources propres, afin de satisfaire au mieux les besoins des populations. Vous comprenez que la commune est ainsi le premier espace d'investissement des ressources prélevées auprès des citoyens de la commune, qui en deviennent les principaux bénéficiaires.
Les Echos : Quels sont les liens de la commune avec les partenaires publics et privés ?
A. K. : La commune n'est pas une institution isolée ni laissée à elle-même. Elle pourra faire appel à une multitude d'acteurs pour réaliser ses missions. Son premier partenaire est l'Etat qui, outre la tutelle, a pour tâches d'appuyer et de conseiller la commune. Le secteur privé est également un partenaire incontournable de la commune, qu'il soit contribuable, fournisseur ou sous-traitant d'une mission de service public, beaucoup d’ONG interviennent dans ma commune et dans divers domaines. Les autres communes sont nos précieux partenaires dans le cadre des initiatives d’intercommunalité ou de jumelage.
Les Echos : Comment les femmes participent au développement de votre commune ?
A. K. : Les femmes ont un rôle historique à jouer dans la création et le développement des communes. Majoritaires parmi la population, elles sont des électrices incontournables. Leurs préoccupations ne peuvent pas être laissées de côté. Elles sont des candidates potentielles importantes, les affaires locales les concernent tout spécialement. Le rôle qu'elles jouent depuis toujours au niveau local et les initiatives économiques et sociales qu'elles y prennent sont tellement importantes qu'elles ne peuvent rester en dehors de ce processus de décentralisation qui permet d'inclure activement toutes les forces et les énergies locales au processus de prise de décisions et à la gestion des affaires. Les femmes sont organisées ici en association de productrices et transformatrices de beurre de karité et de néré bénéficiant d’un appui de la micro finance avec le soutien du conseil communal. En retour, elles interviennent sur fonds propres dans le domaine de l’assainissement des places publiques et d’autres activités qui ne sont pas prévues dans le budget communal.
Les Echos : Pourquoi un budget communal ?
A. K. : Le budget est l'acte par lequel le conseil municipal prévoit et autorise l'ensemble des recettes et des dépenses de la commune pour l'année, l'exercice budgétaire correspondant à l'année civile. Son adoption constitue un acte fondamental de la gestion communale, car c'est à travers lui que prennent corps les choix et les projets des élus. C'est en effet par la mise en place des moyens financiers nécessaires que ces projets deviennent autant de réalités par lesquelles se mesure l'action du conseil communal sur les conditions de la vie quotidienne dans la commune. Le budget est un acte dont la forme et le contenu obéissent à des règles précises. Les budgets primitifs et supplémentaires de la commune sont proposés par le maire et votés par le conseil. Le conseil délibère chaque année sur le compte administratif présenté par le maire pour rendre compte de la gestion de l'année écoulée et sur le compte de gestion présenté par le trésorier communal. Ces deux comptes doivent concorder. La commune de Pimperna a un budget équilibré en recettes et dépenses à près de 37 millions de F CFA.
Les Echos : Avez-vous des difficultés de mobilisation de ressources financières propres ?
A. K. : Un certain nombre de difficultés majeures limitent la mobilisation des ressources financières à mon niveau et cela est valable pour beaucoup de collectivités territoriales au Mali ; ce qui influence également leur capacité à faire face aux charges financières liées aux compétences qu’elles doivent assumer. Les communes rurales notamment sont confrontées à l’étroitesse de la matière imposable et au faible rendement de la fiscalité existante. Les activités, les services, les biens ou les revenus susceptibles d’être imposés y sont en nombre très faibles ou inexistants. L’économie étant essentiellement agricole dans les communes rurales comme chez moi où l’activité principale est la culture du coton, un secteur moribond ces dernières années. Cette situation fiscale précaire est aggravée par une situation d’incivisme, c’est-à-dire que les impôts ne sont pas payés par tous les contribuables, par conséquent j’exhorte l’Etat à prendre ses responsabilités et aux populations d’exercer pleinement leur citoyenneté.
Propos recueillis, à Sikasso, par
B. Y. Cissé

 

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SPORT
CHAN-2011
Vingt-quatre Aigles A’ dans le nid
Mory Goïta, l’entraîneur national des Aigles A’, a convoqué 24 joueurs en vue de préparer le match de samedi prochain entre le Mali et la Guinée, comptant pour le retour des éliminatoires de la 2e édition du Championnat d’Afrique des nations dont la phase finale aura lieu l’année prochaine au Soudan.
Le Mali n’entend pas rater la 2e édition du Chan qui se déroulera en 2011 au Soudan. Pour cela, un accent sera mis sur la préparation du match retour. Mory Goïta, le sélectionneur national travaille depuis lundi dernier au Centre pour sportifs d’élite Ousmane Traoré de Kabala pour décrocher la qualification.
Pour le match de samedi prochain au stade Modibo Kéita contre le Sily National de la Guinée, le coach a présélectionné 24 joueurs à Kabala. Il sera question dans un premier temps de voir ces joueurs évoluer sur un plan offensif, un premier tamis sera fait. Ensuite, le coach convoquera certains joueurs qui seront sur le banc.
La plupart des joueurs convoqués pour la mise au vert sont des joueurs qui font forte impression depuis le début du championnat national. Le Stade malien de Bamako compte dans la liste 6 représentants, dont son défenseur Abdoulaye Maïga. Mahamadou Mariko, le latéral moderne, auteur du but malien en Guinée a été convoqué, tout comme l’avant-centre Cheibane Traoré, meilleur buteur des Blancs de Bamako en championnat.
Le Djoliba a aussi 4 joueurs dans cette liste. Lamine Diawara, le meilleur joueur des Rouges depuis le début de la saison, va certainement montrer de quoi il est capable, tout comme le portier Abdoulaye Diakité qui gardait les filets au match aller à Conakry tout comme le défenseur Mohamed O. Konaté qui a finalement choisi entre son stage dans une banque de la place et le football.
Le Réal place 4 de ses pensionnaires que sont Moriba Diop qui a finalement été appelé à la place de Lassine Diarra du Djoliba, blessé, le portier Almamy Sogoba, l’attaquant Kalifa Coulibaly et Mohamed Camara. Le COB avec 5 éléments, le CSK (2), la JA, l’Usfas et l’ASB avec un pensionnaire chacun complètent la liste des 24 appelés.
Boubacar Diakité Sarr

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