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2010
Mois de
mars
Les
Echos du 24 mars
GREVE
DANS L’ENSEIGNEMENT
SUPERIEUR
Les enseignants interpellés se rebiffent
" Je ne crois pas que ce soit dans la défiance que l’on pourra
résoudre le problème, mais plutôt le dialogue. Mettons-nous
au travail pour rattraper le retard accusé". Cet appel du Premier
ministre Modibo Sidibé en direction des syndicats d’enseignants
qui observent une grève illimitée depuis le 18 mars dernier en
dit long sur la situation préoccupante de l’école malienne
et la volonté du chef du gouvernement de ramener les grévistes
au dialogue. Un prêche dans le désert ? Voire.
Profitant de la pose de la première pierre de l’Université de
Ségou, Modibo Sidibé a invité les partenaires sociaux de
l’école, principalement les syndicats d’enseignants au dialogue.
Mieux, le chef de l'exécutif a assuré les enseignants sur la volonté du
gouvernement de satisfaire leurs doléances.
" Le gouvernement respectera son engagement pour améliorer les cadres
de vie des enseignants comme le recommande le forum national sur l’éducation",
a-t-il réitéré. Mais, les grévistes, apparemment,
ne sont pas prêts à fumer le calumet de la paix malgré cette
main tendue et la désapprobation de la grève illimitée par
une frange importante de la population.
Tout en reconnaissant le retard accusé dans le traitement des doléances,
le Premier ministre Modibo Sidibé a cependant révélé que
le gouvernement a pris des dispositions urgentes pour l’amélioration
de la rémunération des enseignants et de leur plan de carrière,
deux points de revendications majeurs des syndicalistes.
Les enseignants pointent du doigt la mauvaise foi des autorités, notamment
dans l’application des recommandations du Forum national sur l'éducation
qui connaît, selon eux, un retard inadmissible. Mais, pour le Premier ministre,
celui-ci est imputable aux démarches de concertation entreprises auprès
des partenaires qui doivent adhérer aux différentes mesures, dans
la mesure où elles impliquent une mobilisation de fonds.
Sans soutenir les autorités et mettre en cause la légitimité de
leurs revendications, les observateurs, notamment les parents d’élèves,
ne cautionnent plus la décision des enseignants d’aller à une
grève illimitée. Ils reprochent à ces derniers la radicalisation
de leur mouvement au détriment de la refondation de notre système éducatif
en perpétuelle difficulté.
" Les conditions de vie et de travail des enseignants ne sont ni meilleures
ni mauvaises que celles des travailleurs des autres secteurs d’activité maliens.
Et pourtant, ils sont toujours sur le front social. A mon avis, être enseignant
exige avant tout un sacrifice au profit de l’avenir des enfants et du pays",
a commenté un parent d’élève qui invite les grévistes à de
meilleurs sentiments.
Aussi, certains de nos compatriotes soulignent que par expériences, les
grèves illimitées épuisent les militants et vouent à l’échec
un mouvement syndical. Malheureusement, les enseignants n’ont pas été,
pour le moment, sensibles aux déclarations du Premier ministre. Hier,
le secrétaire général du Syndicat de l’enseignement
supérieur (Snesup), Dr. Abdou Mallé, a confirmé la poursuite
de la grève illimitée jusqu’à la satisfaction des
revendications.
" La balle est dans le camp du gouvernement. Nous avons surtout retenu de
la déclaration du Premier ministre la reconnaissance du retard dans la
prise en compte de nos doléances", a réaffirmé Dr.
Mallé qui voit également dans cette sortie du chef du gouvernement
une "provocation supplémentaire".
Amadou Waïgalo
Acceuil
APRES
LE MEURTRE DE LASSINE SIDIBE A YANFOLILA
La douane fait son mea culpa
Dans l’assassinat de Lassine Sidibé en fin février, la douane
a reconnu son tort et a présenté ses excuses aux populations de
Yanfolila.
L’assassinat en fin février 2010 de Lassine Sidibé à Tiemba
dans la Commune de Yallankoro Soloba à une cinquantaine de kilomètres
de Yanfolila par des douaniers de cette localité en mission contre les
trafiquants, a suscité l’émoi et la consternation au sein
de la population.
L’indignation de celle-ci se justifiait dans la mesure où il est
avéré que la victime n’était ni un trafiquant encore
moins le propriétaire de la moto neuve découverte dans un placer
aurifère par des douaniers qui avaient voulu l’amener. Mais des
individus se seraient opposés. C’est de là que serait parti
le clash et l’agent de saisi, un certain Bah, a froidement tiré sur
Lassine Sidibé qui a succombé à ses blessures.
Devant la gravité des faits, une mission de la direction générale
des douanes s’est rendue sur le terrain pour présenter ses excuses
aux populations de Yanfolila et à la Commune de Tiemba. Elle a également
présenté ses condoléances à la famille du défunt.
Par ailleurs, la direction générale de la douane a reconnu que
les douaniers ne doivent pas se rendre dans un placer aurifère pour quelque
poursuite que ce soit contre les trafiquants. Mieux, les responsables de la direction
générale ont affirmé que la vie humaine est beaucoup plus
importante qu’une marchandise frauduleusement importée.
Les angles arrondis
Comme nous l’écrivions dans une de nos précédentes
parutions, les douaniers de Yanfolila n’ont pas bonne presse. Ils constituent à la
limite une source d’insécurité pour les populations. Au cours
des échanges avec les responsables de la douane, Yanfolila a dénoncé avec
véhémence les abus dont il fait l’objet de la part des douaniers.
De même, la population a protesté contre les tirs en l’air
de douaniers et le fait qu’ils habillent des "manœuvres" en
tenue de la douane et les arment sans se référer à qui que
ce soit. Des remarques dont tiendra compte certainement la direction générale.
Pour mémoire, la mission présumée responsable de la mort
de Lassine Sidibé était composée de cinq éléments
dont deux étaient des agents de la douane et les trois autres les manœuvres,
communément appelés "indicateurs". La semaine dernière,
quatre des cinq présumés coupables ont été présentés
au procureur de la République du Tribunal de première instance
de Sikasso. Le cinquième est en fuite.
Après les excuses de la direction générale de la douane,
les habitants de la Commune de Tiemba et ceux de Yanfolila veulent que les auteurs
du meurtre de Lassine soient jugés conformément à la loi.
Mohamed Daou
Acceuil
ASSOCIATION
DES MUNICIPALITES DU MALI
La rencontre de Sikasso finit en queue de poisson
Deux groupes se dessinent pour la région de Sikasso au sujet de la mise
en place du bureau l’AMM : les uns respectant le mot d’ordre des
signataires de la plate-forme et les autres alignés derrière le
maire de Kourouma en 3e région.
En réponse à la déclaration commune des acteurs politiques,
rendue publique en janvier dernier, relative à la gestion concertée
de l'Association municipalités du Mali (AMM), une réunion des maires
de la région de Sikasso s'est tenue le 21 mars dernier dans la salle de
conférence de la Chambre de commerce de Sikasso.
La rencontre, organisée par la plate-forme des 13 partis politiques signataires
et le Mouvement citoyen, était présidée par Issa Nda Kampo
en présence du Pr. Tiémoko Sangaré, ministre de l’Environnement
et de l’Assainissement. M. Kampo a expliqué que les objectifs de
la mission dans la région est de présenter la déclaration
de la plate-forme ; à savoir : la mise en place d’un cadre permanent
de concertation pour la gestion démocratique et consensuelle de l'AMM,
notamment par la mise en place d'un bureau exécutif national de large
ouverture et de bureaux consensuels au niveau des cercles et régions ;
l'élaboration d'un programme commun d'activités et une campagne électorale
commune.
Il a rappelé que la présidence de l'AMM suscite bien de divergences
au sein du comité exécutif de l'Adéma, avec la présence
dans la course de trois candidats : le maire de la Commune V de Bamako, Boubacar
Bah dit Bill, le maire de la Commune III, Abdel Kader Sidibé, président
sortant, et le maire de la Commune rurale de Kourouma (cercle de Sikasso), Adama
N. Diarra.
Il a souligné que l’instance dirigeante de l’Adéma/PASJ
a tranché en faveur du maire de la Commune V du district. A peine ces
couleurs annoncées, de vives protestations ont été entendues
par les maires qui soutiennent la candidature d’Adama Diarra, présent
dans la salle.
Le Pr. Tiémoko Sangaré est intervenu pour apaiser les uns et les
autres avant de se retirer. Ce fut alors le quiproquo entre participants sur
la prise en otage de l’AMM, la forme d’organisation de la rencontre
de Sikasso, le rejet de la candidature d'Adama Diarra et la mise en place de
la plate-forme.
Cinq heures n’ont pas suffi aux maires pour dégager un consensus.
On retient que deux groupes se dessinent pour la région de Sikasso au
sujet de la mise en place de l’AMM : les uns respectant le mot d’ordre
des signataires de la plate-forme et les autres alignés derrière
le maire de Kourouma en 3e région.
B. Y. Cissé
(correspondant régional)
Acceuil
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