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2010
Mois de
mars
Les
Echos du 19 mars
POLITIQUE
MALIENNE
L'improbable remise en scelle de l’UDD
Initialement prévu pour les 27 et 28 février 2010, c’est
finalement le week-end dernier qu’a eu lieu le 5e congrès ordinaire
de l’Union pour la démocratie et le développement (UDD),
avec la mise en place d’un bureau digne du PCUS et avec des missions impossibles
pour ce parti.
L’UDD se positionne très tôt dans l’opposition au président
Alpha Oumar Konaré et revendique l’héritage de GMT. Elle
est le premier parti politique à le faire. Mais, finalement, au vu de
l’évolution du parti, on se rend compte que cette revendication était
plus par bravade que par conviction. Très tôt, tous les vrais "héritiers" sont
partis du parti, laissant une coquille vide.
Lors des élections communales de 2004, le parti de la Colombe a obtenu
337 conseillers municipaux sur toute l’étendue du territoire national.
C’est dans la région de Sikasso qu’il a eu presque la moitié de
ses élus en 2004, soit 116 conseillers contre 59 à Mopti, 57 conseillers
communaux dans les régions de Kayes et Koulikoro, 31 dans la 4e région
(Ségou), 16 dans le district de Bamako et 1 à Gao. Lors des communales
du 26 avril 2009, l’UDD a obtenu 181 élus municipaux, dont 11 femmes.
En 2007, à l’issue de son 4e congrès, l’UDD a décidé de
soutenir la candidature du président Amadou Toumani Touré à l’élection
présidentielle, comme tous les partis d’ailleurs, mais contre toute
logique politique, puisque, normalement, elle ne devrait rien partager avec celui-là qui
est un des acteurs du changement.
19 ans après sa fondation, l’UDD peine à se trouver une marque
de fabrique. Comme toutes nos formations politiques, elle a fait face à des
schismes qui ont donné naissance à au moins deux autres partis
politiques, avec des objectifs plus ou moins illisibles.
Les premières dissidences ont donné naissance, en 1995, à l’issue
déjà de la première conférence nationale, au Mouvement
patriotique pour le renouveau (MPR) en 1995. La deuxième conférence évitera
de justesse quelque clash, mais, après le 3e congrès ordinaire
du parti en 2003, le Rassemblement pour la démocratie et la solidarité (RDS)
a vu le jour, créé par le secrétaire général
sortant, le Pr. Younouss Hamèye Dicko.
En 19 ans, le parti n’a connu que deux présidents : Moussa Balla
Coulibaly et Me Hassane Barry. Il est également troublant de constater
qu’au congrès, aucune délégation n’est venue
de la Guinée, le pays de résidence du président sortant,
qui, visiblement, n’a plus l’âme à la tâche et
préfère de loin sa nouvelle mission à un hypothétique
engagement politique. La nomination de Me Barry comme ambassadeur extraordinaire
et plénipotentiaire du Mali au Liberia, en Sierra Léone et en Guinée,
avec résidence à Conakry en fin 2008 a complètement émoussé ses
convictions "uddistes".
Et cette année, les divergences ne sont pas encore sublimées, et
le parti n’a pas fait l’économie d’une possible scission.
Il revient à la nouvelle direction de montrer sa capacité de manœuvrage
pour ne pas en arriver-là, et pour montrer le nouveau virage qui se démarque
de la gestion quelque peu trotskiste des pères fondateurs.
Le nouveau président du parti, Tiéman Coulibaly, est un jeune qui
a certes fait ses preuves dans le business, mais, qui paraît néophyte
sur le terrain politique. Il a certes la bonne procédure : celui qui fait
ses preuves dans les affaires est plus fondé à aller en politique
et a plus de légitimité, car, cela obéit à "un
ordre normal".
A Singapour par exemple, on ne peut prétendre à aucun mandat, ni être
nommé ministre sans avoir fait ses preuves dans les affaires. Mais, pour
le cas de Tiéman, il y a de gros handicaps : il donne l’air d’être
parachuté, et son jeune âge ne milite pas en sa faveur dans un environnement
où la gérontocratie a encore (malheureusement), droit de cité.
En tous les cas, l’UDD convaincra difficilement sur une volonté de
relance. Le parti s’est mis en hibernation volontaire depuis des lustres,
laissant les militants à eux-mêmes. Les plus orthodoxes sont allés
au MPR ou dans des formations d’extrême droite. D’autres ont
mis en veilleuse leur engagement politique, attendant de voir "de quoi demain
sera fait".
Alexis Kalambry
Acceuil
CRISE
ALIMENTAIRE
Il y a famine au Mali
Face aux signes alarmants, Oxfam International demande une réponse urgente,
rappelant les retards qui ont eu des coûts humains lors de la dernière
grave crise alimentaire qui a frappé la région en 2005
L’agence Oxfam International affirme que près de 10 millions de
personnes de la région sahélienne sont menacées par une
crise alimentaire aiguë. Le pays le plus affecté est le Niger où 8
millions de personnes sont en danger.
Au Tchad, environ 2 millions de personnes sont menacées, et on estime
que certaines régions du Mali seront également touchées
par cette crise dans les mois à venir, tout comme plusieurs régions
du Nigeria et du Burkina Faso.
L’agence appelle les pays développés à réagir
le plus vite possible face aux premiers signes d’un désastre imminent,
et rappelle les retards qui ont coûté des vies inutilement lors
de la crise alimentaire de 2005 au Niger.
" Nous sommes témoins d’un désastre qui se déroule
sous nos yeux, mais nous pouvons l’éviter, si le monde agit rapidement.
Il y a 5 ans, les signaux alarmants en provenance du Niger avaient été ignorés,
entraînant la perte de nombreuses vies humaines. La communauté internationale
ne peut faire les mêmes erreurs, et laisser condamner de nombreux enfants à une
mort prématurée", déclare Mamadou Biteye, le directeur
régional d’Oxfam pour l’Afrique de l’Ouest.
Les pluies irrégulières de l’année dernière
ont entraîné un manque d’eau et un déficit fourrager
important, entraînant de mauvaises récoltes. Au Niger, les récoltes
ont chuté de 26 %, par rapport à l’année dernière
et dans certaines régions, particulièrement à Diffa dans
l’Est et à Tillabéry dans l’Ouest, les récoltes
ont été quasi inexistantes.
Au Tchad, les récoltes ont chuté de 34 %. Les zones de Hadjer Lamis,
Batha, et Kanem, ainsi que les régions de Guéra et de l’Est
du Tchad devraient être sérieusement touchées, particulièrement à partir
du mois de juin prochain. Au Sahel, les récoltes ont dans l’ensemble
baissé de 9 % avec de grandes disparités entre l’Est et l’Ouest
de cette région.
Selon Oxfam, les prix des céréales sont élevés et
en constante augmentation, Au Niger, les prix du mil ont augmenté de 25
%, et ceux du sorgho de 50 % en comparaison avec 2009. Les pluies ne sont pas
attendues avant juin et l'on s’attend à une augmentation constante
des prix jusqu'à la prochaine récolte en septembre.
Les éleveurs sont particulièrement vulnérables, car ils
dépendent de leur bétail pour leur alimentation et leur revenu.
Selon Hassan Baka, représentant d’Aren, une organisation partenaire
d’Oxfam au Niger : "Sans fourrage suffisant, les éleveurs feront
tout pour vendre leurs bétails, entraînant une baisse le prix des
animaux. Cela signifie que pour chaque animal vendu sur le marché, les éleveurs
auront moins de céréales pour nourrir leurs familles".
Oxfam appelle les pays donateurs à répondre à l’appel à l’aide
internationale humanitaire lancé par le gouvernement du Niger. Même
si les autorités locales ont des réserves alimentaires, elles ne
sont pas suffisantes. Jusqu'à 123 millions de dollars sont nécessaires
pour financer le plan d’urgence préparé par le Niger, et
le Tchad et le Mali ont également besoin de soutien. L’organisation
internationale appelle les pays de la région à ne pas fermer leurs
frontières.
En 2005, la situation s'était aggravée lorsque les pays frontaliers
avaient fermé leurs frontières avec le Niger. Cela avait limité la
disponibilité des vivres, entraînant une plus forte inflation Oxfam
souligne la nécessité, d’une meilleure coordination entre
les gouvernements, les agences des Nations unies, les ONG internationales et
locales pour assurer une distribution plus efficace de l’aide.
Oxfam, avec les organisations partenaires locales et nationales, a débuté des
activités humanitaires dans les régions les plus vulnérables
du Niger, plus particulièrement à Maradi, Tahoua, Tillabéry
et Zinder.
Ils distribuent des vivres et autres biens aux familles et aux élèves
les plus démunis, et soutiennent les prix du bétail en achetant
les animaux les plus faibles au-dessus du prix du marché. Le système
d’alerte rapide mis au point par les partenaires d’Oxfam au Niger
et diffusé sur les radios rurales est particulièrement important
dans la crise actuelle. Cela fournit aux éleveurs les informations dont
ils ont besoin pour agir rapidement.
Au Tchad, Oxfam aide les populations de la région de Sila et de l’Ouaddaï en
distribuant des vivres et en développant des projets d’appui à l’agriculture.
L'agence internationale enverra bientôt une équipe d’évaluation
dans les régions affectées. Au Mali l’organisation distribuera
des vivres et du fourrage à environ 100 000 personnes.
(source : Oxfam UK)
Acceuil
PISE
La phase III lancée
Politique éducative fondée sur la démocratisation de l’école,
le Programme d’investissement sectoriel de l’éducation (Pise)
est entré dans sa phase III jeudi 18 mars 2010 au cours d’une cérémonie
de lancement au CICB.
La cérémonie de lancement du Pise III marque le démarrage
de la refondation de notre système éducatif en référence à la
lettre de politique éducative du gouvernement et aux recommandations du
Forum national de l’éducation.
Placée sous la présidence du ministre de l’Emploi et de la
Formation professionnelle, Iba Ndiaye, représentant le Premier ministre,
deux temps forts ont marqué la cérémonie de lancement du
Pise III. Il s’agit des adresses des ministres de l’Education, de
l’Alphabétisation et des Langues nationales, Pr. Salikou Sanogo,
et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique,
Mme Siby Ginette Bellegarde, qui ont évoqué les priorités
du gouvernement pour la phase III du Pise.
Parmi les priorités, ils ont rappelé qu’un accent particulier
est accordé à la qualité de l’enseignement et à l'éducation
de base. Ceci se traduit, selon eux, par la réduction du ratio élève-maître,
l’amélioration de la formation initiale et continue des enseignants,
la mise à disposition de l’utilisation des manuels scolaires, la
mise en œuvre du curriculum dans toutes les écoles du pays…
Comme autre priorité, il y a la formation professionnelle, technique,
universitaire. A ce niveau, le ministre Salikou Sanogo dira qu’il s’agit
de régler les flux, diversifier les offres, les méthodes et permettre
une meilleure adéquation entre la formation et l’emploi.
Amadou Waïgalo
La mise en garde des PTF
Les partenaires techniques et financiers (PTF), acteurs incontournables de la
mise en œuvre des différentes phases du Pise ont insisté,
par la voix de leur chef de file Hervé Bougault, sur l’atteinte
des objectifs du Pise III et les difficultés qui pourraient s’ériger. "Le
chemin ne sera pas sans épreuve", a-t-il averti. Et de rappeler que
les PTF resteront "vigilants, parfois irritants" dans l’accompagnement
de la mise en œuvre du Pise III.
A. W.
Acceuil
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