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2010

Mois de mars

Les Echos du 15 mars

 

PROBLEMATIQUE DE LA TRANSHUMANCE A YANFOLILA
Quand l’Etat ne s’assume pas
En l’absence d’une politique de pastoralisme, l’Etat ne fait que déplacer le problème des bergers transhumants d’une localité à l'autre sans jamais trouver une solution définitive. La conséquence aujourd’hui est que la forêt classée de Yanfolila ainsi que les récoltes sont soumises au diktat des bergers indélicats dans l’indifférence totale des autorités.
L’histoire des bergers transhumants remonte à loin. Un moment, ils avaient créé la chienlit dans le Sahel, à Bougouni, Kangaba, Kadiolo, etc. Aujourd’hui, c'est cette situation que le Wassoulou vit. Le problème ne fait que se déplacer d’une localité à l'autre. L’Etat, censé mettre en place une véritable politique de pastoralisme, ne s’assume pas. Le plus souvent, ce sont des accrochages qui éclatent entre les bergers transhumants et les agriculteurs.
Contrairement à une idée répandue, la prise de position actuelle des Wassoulouké n’est pas dirigée contre tous les éleveurs. Seulement, ils s’insurgent contre l’attitude d’un certain nombre de bergers transhumants qui n’ont trouvé de mieux que de dévaster la nature et les récoltes des agriculteurs du Wassoulou en conduisant les troupeaux dans les champs et dans la forêt classée.
Or, nul n’ignore que ceux-ci ne doivent pas être des lieux de pâturage des animaux. Depuis plus de 4 ans les Wassoulouké sont soumis au diktat des bergers transhumants sans foi ni loi. Leur seul tort a été aujourd’hui de demander la réglementation de l’opération, c'est-à-dire que soit fixé un moment d’arrivée et de départ des troupeaux dans leur contrée pour éviter à la fois la dégradation de l’écosystème mais aussi la destruction des récoltes.
Rien à faire
Les récoltes continuent d’être ravagées. Avec la complicité de la gendarmerie et de la justice, les Wassoulouké n’ont jamais eu raison face aux bergers transhumants. Pis, on a tendance à les qualifier de "xénophobes" parce qu'ils ont demandé aux bergers transhumants de ne pas décimer la nature. Plus de 3000 têtes appartenant à des opérateurs économiques et cadres de l’administration de Bamako et de Koulikoro font la pluie et le beau temps à Wassoulou au grand dam des agriculteurs.
En tout état de cause, l’honorable Yaya Sangaré, élu à Yanfolila, s’inscrit en faux contre des allégations selon lesquelles les Wassoulouké sont en train d’abattre des animaux appartenant aux bergers transhumants. "Je mets quiconque au défi d’aller montrer un bœuf abattu par des Wassoulouké. Ils n’ont jamais abattu un animal. Ce n’est pas vrai. Il n’y a eu aucune violence entre les parties. Les gens doivent éviter de tomber dans la surenchère", soutient le député.
L’élu de la nation pense qu’il est temps que l’Etat convie autour d’une même table tous les acteurs pour réfléchir sérieusement sur la gestion de la transhumance en vue de trouver une solution définitive au problème. "L’Etat doit convoquer un grand forum réunissant tous les acteurs pour que la cohabitation puisse être possible entre les bergers et les Wassoulouké d’une part, et entre les propriétaires de troupeaux et les Wassoulouké d’autre part", suggère l’honorable Yaya Sangaré. Pour l’élu de la nation, "les textes en matière de pastoralisme doivent être mieux ventilés".
La protection de l’environnement tant clamée par les Wassoulouké est une mission qui revient normalement à l’Etat. Il urge pour les autorités de prendre des dispositions pour gérer de façon définitive la question de la transhumance.
Mohamed Daou

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IL FAUT LE DIRE
Du pus sur la plaie
A quoi sert finalement l’effort d’un président qui fait, en deux temps trois mouvements, plus que tous ses prédécesseurs réunis en matière d’infrastructures si ses compatriotes continuent de tirer le diable par la queue ?
Moi, ça ne m’exaspère pas qu’on prétexte des routes, échangeurs et MCA, pour dire que le pays est sur la rampe du développement parce que celui-ci, me semble-t-il, repose tout d’abord sur l’organisation, la discipline et un zest de coercition. Or, tout le monde sait que l’Etat, ici, a décampé depuis belle lurette. C’est "chacun pour soi, Dieu pour tous", une sorte de jungle où "la raison du plus fort est toujours la meilleure". Tant pis pour ceux qui ne savent pas se décarcasser ou louvoyer ou faire preuve de roublardise !
En revanche, ceux qui le peuvent se la coulent douce. Point à la ligne. C’est ainsi que l’administration est devenue pire qu’un marché aux puces où tout se vend et s’achète. C’est donc de bonne guerre que l’infime minorité qui se gave des 10 % incommode les autres avec sa description idyllique du système. Ivre de bonheur personnel, elle ignore d’un pied hautain l’enfer que vivent certains de ses proches mêmes. Ha, j'oubliais : "l’enfer, c’est les autres", a dit l'auteur !
Ç a ne me dérange pas qu’on allègue des aménagements agricoles, de la mécanisation de l’agriculture, de l’"Initiative riz" pour en déduire que le pays est sur le point d’atteindre la sécurité, voire l’autosuffisance alimentaire. J’en connais qui ont des revenus réguliers, qui sont loin d’être des tire-au-flanc, mais qui se contentent d’un seul repas par jour. D’ailleurs, ne sont-ils pas en quelque sorte assis à la droite de Dieu quand on considère la déferlante humaine qui commence à ignorer l’utilité d’une marmite ?
A quoi cela sert-il d’essayer de me convaincre que dans ce pays, sans justice, sans école, sans santé, sans pitié… l'on est en train d’exécuter les Sept Merveilles du monde ? N’est-ce pas ici que des décideurs concurrencent des opérateurs économiques attitrés ? Un adage bambara dit que "toutes les choses capables de procréer donnent naissance à leurs enfants, sauf la parole qui accouche de sa mère". Autrement dit, à défaut de regretter ce qu’on n’a pu donner à son pays, il faut éviter de tirer vanité de ce que l’on fait.
Du reste, il n’y a aucune commune mesure entre le Mali de 1975 et celui de 2010 en termes de demande sociale. Et en leur temps, les présidents ont fait la même chose, sinon plus tout en laissant les Maliens juger de la pertinence de l’œuvre. Comparaison n’est donc pas raison.
Sinon, si tel était le cas, on en arriverait presque à regretter les régimes les plus détestés que le Mali a connus à cause précisément de l’inégalité des chances de plus en plus affirmée. A présent, on ne naît plus égaux en droits et en devoirs. On a laissé chacun devenir un loup pour l’autre, la loi est piétinée par certains et appliquée à d’autres dans toute sa rigueur, le minimum de patriotisme est devenu facultatif.
Sur un plan de l’esthétique, on doit à l’honnêteté de reconnaître une certaine beauté, mais pour être vraiment sincère, on se doit de rappeler cet autre dicton qui dit qu’"il est vain de vouloir guérir une plaie sur du pus".
A. M. T.

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TRANSPORT ROUTIER
Les gros-porteurs boudent les postes de pesage
Les postes de contrôle de Kasséla, Sanankoroba et Kati servent aujourd'hui de terminus aux transporteurs routiers, en grève depuis mercredi. Ils exigent la satisfaction de leurs revendications dans un délai de 72 h, faute de quoi une grève illimitée sera décrétée.
Les transporteurs routiers revendiquent la suspension du pèse essieux, la limitation de la redevance (taxe) et la limitation des postes de contrôles en respectant les textes communautaires. Dans une lettre adressée au président du Conseil malien des transporteurs routiers (CMTR), les grévistes avaient demandé une suite favorable à leurs revendications dans les 72 h.
Samedi, au poste de contrôle de Kasséla, des camions et autres véhicules de transport étaient immobilisés. Un cortège de véhicules était visible sur une distance de plusieurs kilomètres jusqu'à la nouvelle Zone industrielle de Dialakorobougou depuis mercredi déjà.
Les grévistes rencontrés sur les lieux parlent de redevances multiples et des tracasseries auxquelles ils sont soumis tous les jours. Selon Abdoul Karim Diakité, conducteur de citerne sur l'axe Bamako-Ghana : "Trop, c'est trop, la patience a des limites. Tout au long du voyage, nous sommes confrontés à des problèmes relatifs à la charge à l'essieu, sans compter les petits postes de contrôle où nous payons 1000 F CFA sinon plus. Déjà au poste de Niamana, aucun transporteur ne peut passer sans payer au minimum 5000 F CFA. Même si vos papiers sont au complet et le véhicule en bon état, les policiers trouvent toujours un prétexte pour vous faire payer", a-t-il dit.
Un autre transporteur affirme qu'à l'installation des postes de péages et pesages, il avait été dit que l'argent collecté contribuera à réparer les routes qui sont en mauvais état. Cela n'a pas été fait selon ses constats. "De nos jours, les routes sont restées dans leur mauvais état habituel. Alors où va l'argent des péages et des pesages ?" s'interroge Mohamed Traoré, camionneur routier sur l'axe Bamako/Sikasso.
M. Traoré soutient que les Maliens sont victimes des tracasseries sur leur propre territoire et dit qu'ils ne vivent pas le même calvaire ailleurs. "A chaque poste de contrôle on est obligé de payer, au risque de passer une semaine sur la route", se plaint-il. Il va jusqu'à dénoncer le dysfonctionnement des postes de péage à l'essieu. Pour certains, les machines de pesage ne sont pas en bon état et pour d'autres, les agents de ces postes les volent consciemment. Un autre transporteur témoigne qu'un agent lui a fait payer 40 000 F CFA alors que le véhicule était vide.
Lors de la conférence de presse organisée le 10 mars pour la circonstance, par le ministère de l'Equipement et des Transports, le président du Conseil malien des chargeurs, Ousmane Babalaye Daou, avaient assuré les transporteurs que des mesures seront prises pour trouver des solutions aux problèmes posés par la charge par l'essieu à l'ensemble de la communauté des transporteurs.
Anne-Marie Kéita

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POLEMIQUES AUTOUR DE L’AMM
Kader accuse d’ingérence des partis politiques
Abdel Kader Sidibé, le président de l’Association des municipalités du Mali (AMM), entouré d’une douzaine de membres de l’Association, a tenu un point de presse vendredi dernier. Il a accusé certains partis politiques d’ingérence dans la sphère de l’AMM, ce qui serait à l'origine du mal-vivre qui prévaut présentement à l'AMM.
D’entrée de jeu, Abdel Kader Sidibé, le président de l’AMM, a rappelé l’objectif de la création de l’AMM et sa mission, expliquant que l’AMM, une association apolitique et laïque, a été voulue par ses membres pour lui donner une certaine autonomie vis-à-vis de l’administration d’Etat et surtout vis-à-vis de la sphère politique. "C’est la raison pour laquelle elle est membre à part entière du Conseil national de la société civile", a continué le conférencier.
Indiquant qu’il n’y a pas de problème de candidature à AMM, Abdel Kader Sidibé a accusé certains partis politiques d’ingérence dans la sphère de l’AMM, ce qui est à la base de tous les problèmes autour de l’Association.
M. Sidibé a regretté que "cette année, contrairement aux années précédentes, nous avons assisté au choix opéré par un parti politique afin qu’un de ses responsables brigue la présidence de l’AMM. Le problème est né de la gestion que ce parti veut faire de son choix pour le faire aboutir".
S'agissant de la signature d’une plate-forme par certains partis pour une gestion concertée de l’AMM, Abdel Kader Sidibé dira qu’"en quoi une organisation non-membre de l’AMM peut-elle vouloir relire ses textes statutaires, lui donner une vision et même prétendre mettre en place son bureau. Cette démarche des partis ne peut être interprétée autrement que par une ingérence du politique dans la sphère de la société civile".
" Cela, a préconisé le conférencier, doit interpeller en premier lieu les membres de l’AMM d’abord, ainsi que toutes les autres composantes de la société civile à travers le Conseil national de la société civile. Cet acte posé par les partis politiques demeure une agression à leur égard. Ce défi, nous devons de le relever afin qu’il ne constitue pas un précédent fâcheux pour notre démocratie et notre Etat de droit".
Sadou H. Diallo, le maire de Gao, dira que "notre association est apolitique. Que les partis politiques nous laissent tranquilles".
Le maire de Goundam a conclu que le devoir des partis politiques est de défendre la démocratie et non de la prendre en otage. Les conférenciers n’ont pas répondu la question relative à la date du congrès de l’AMM au cours duquel le bureau de l’Association va être renouvelé.
Sidiki Doumbia

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CONGRES ORDINAIRE DE L’UDD
Le renouveau sonne
L’UDD a tenu les 13 et 14 mars 2010 son 5e congrès ordinaire et conférence nationale. La vielle garde a remis le flambeau aux jeunes cadres et les cadres défaillants ont quitté au profit des plus engagés. Tiéman Coulibaly précédemment secrétaire général a été élu président.
Tiéman Coulibaly, secrétaire général dans le bureau sortant préside aux destinées de l'UDD. Il a été élu à la place de Me Hassane Barry à l'issue des travaux qui ont pris fin hier. Il a pour 1er vice-président Dr. Issa Paul Diallo. Le poste de secrétaire général revient à Drissa Coulibaly, administrateur civil en poste à la présidence de la République.
Les couleurs avaient été annoncées à l’ouverture des travaux. Le premier vice-président, Dr. Issa Paul Diallo, assurant l’intérim du président Me Hassane Barry nommé ambassadeur plénipotentiaire en Guinée, en Sierra Léone et au Liberia avait parlé dans son discours bilan de dysfonctionnements au sein des organes dirigeants du parti. Il avait qualifié le congrès de celui d’un nouveau départ en faisant appel au rajeunissement des cadres qu’il ne confond pas avec liquidation des anciens en ce sens que les aînés sont toujours de bonnes références.
Issa Paul Diallo, un des membres fondateurs de l’UDD en 1991 a été ovationné dans toutes ses interventions à telle enseigne que d’aucuns le croyaient successeur de Me Barry. Ce qui donnait l’impression que la majorité de la salle acquiesçait ses propos. Il avait demandé à apporter le même changement aux structures des femmes et des jeunes et mettre là où il faut celui qui a de la compétence, de la disponibilité et de l’engagement
S. E. Me Hassane Barry dont le fauteuil de président était déjà menacé à cause des accusations portées contre lui par des militants, d’avoir mis le parti en déliquescence, avait senti la menace de sa destitution. Dans son discours bilan, Me Barry avait fait savoir que "l’UDD est un parti profondément démocratique, qui accepte de se remettre en cause pour la dynamique du changement". Il a lui aussi préconisé de dresser un bilan sur la situation d’ensemble du parti. Son parti, selon lui, a participé à tous les gouvernements d’ATT de 2002 à 2005. Il a suggéré au congrès de donner une ligne de conduite à l’UDD pour les 3 ans à venir et apporter des correctifs aux organes défaillants. Le soutien du parti de la Colombe à ATT restera intact, avait-il ajouté.
Le représentant d’un parti ami, l’ADM, dans son adresse n’est pas passé par quatre chemins. M. Tall a mis l’accent sur le rôle joué par les pères fondateurs de l’UDD dans l’ancrage de la démocratie, la sauvegarde de la République et de l’Etat de droit au Mali. Il a jeté son dévolu sur le secrétaire général, Tiéman Coulibaly comme celui qui est capable de reprendre le parti en main et de lui donner une âme nouvelle.
Jetant une pierre dans le jardin des détracteurs du dauphin Tiéman Coulibaly, le représentant de l’ADM a expliqué que cela est loin d’être une succession dynastique à la tête de l’UDD dont Moussa Balla Coulibaly fut le président fondateur.
L'UDD se positionne d'ores et déjà pour les élections (présidentielle et législatives) de 2010.
Abdrahamane Dicko

Le parcours du militant
Tiéman Coulibaly qui a grandi à l’ombre des fondateurs du parti, a milité à l’UDD en 1994 au comité I de Badalabougou. Il a dirigé la campagne du parti en commune 5 lors de élections municipales de 1999 à l'issue desquelles l'UDD a remporté la mairie de cette commune. Déterminé et courageux, il fait son entrée au conseil exécutif en 2003 et occupe le poste de 2ème adjoint au secrétaire général. Le poste de secrétaire général lui revient en 2007.
Président de la section UDD de Diéma à partir de 2005 où il milite depuis 2005, il se présente candidat aux législatives en 2007 sous la bannière de la section UDD de Diéma où le parti a occupé la 3e place. Cette section qui ne comptait que 2 élus municipaux en compte 17 depuis les élections municipales d’avril 2009.
A. D.

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GAO
Deux morts dans l'attaque d'un camion
Le mardi 7 mars 2010 vers les environs de 23 h, un camion de 10 tonnes, assurant la liaison Gao-Ayerou (Niger) a été attaqué. Des bandits ont tiré sur le chauffeur. Il succombera à ses blessures à l'hôpital d'Ansongo en même temps qu'un jeune passager.
Les passagers indiquent qu'ils ont été ligotés et les marchandises enlevées. Les forces de l'ordre patrouillaient dans les environs, mais les malfrats n'ont pas été retrouvés. Aux dires de certains, cette attaque est un règlements de compte.
Au Nord, il règne une insécurité totale qui fait le lit du règne absolu des bandits et des coupeurs de route qui s'enrichissent de façon ostentatoire.
Ramata Diarra
(correspondante régionale)

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UN JEUNE REPOND A OUSMANE SY
Si jeunesse savait !
On ne donnera rien aux jeunes, à nous de prendre, d'arracher, mais comme on le dit kami ba niemogo la djè (les pintades regardent celles qui les guident). L'état actuel du Mali, ce n'est pas la faute aux jeunes même s'ils y ont leur part de responsabilité.
Monsieur le ministre, j'avoue que sans être d'accord avec vous sur tout, je salue votre courage à vous exposer sur ce forum. Je ne vous connais pas assez si ce n'est le prix de la décentralisation que j'ai reçu de vos mains en 1998 à Sikasso dont je fus le lauréat régional quand au même moment j'étais en fin de cycle à l'EN Sup sur mon mémoire dirigé par feu Mamadou Lamine Traoré.
Je vous ai donc suivi à la télé comme d'autres Maliens, vous ai souvent vu lors de conférences quand journaliste au Soir de Bamako je faisais mes reportages.
Vous avez raison sur certains points, M. le ministre. La politique a ses codes, ses exigences, ses épreuves et porte un impératif d'endurance, de persévérance, mais surtout de vigilance. La jeunesse n'échappera pas à ces épreuves (bonds, chutes, rebondissements). Le cas Mara témoigne de la violence dans l'arène politique. Rien ne se donne, tout s'arrache !
On ne donnera rien aux jeunes, à nous de prendre, d'arracher, mais comme on le dit kami ba niemogo la djè (les pintades regardent celle qui les guide). L'état actuel du Mali, ce n'est pas la faute aux jeunes même s'ils y ont leur part de responsabilité.
Un professeur de l'EN Sup, je précise que cette fois-ci il ne s'agit pas de feu Mamadou lamine Traoré mais un autre prof, avait le courage de me dire ceci : Jeune homme, nous les anciens avons failli à notre mission. Nous ne sommes pas des modèles. Soyez donc vos propres modèles en traçant vos chemins et n'oubliez pas le Mali !
Il est vrai que la politique porte aujourd'hui un discrédit au Mali et les prêcheurs ont la cote, remplissent des stades (opium du peuple comme dit Karl Marx) et sur ce point je suis parfaitement d'accord avec Alioune Ifra Ndiaye.
Pour revenir à vous M. le ministre, je viens de terminer le livre que vous venez de publier et je vous en félicite. Les Maliens écrivent peu et moi-même peux vous dire que j'ai été un peu déçu de voir le peu d'intérêt que la jeunesse malienne porte aux livres alors que cela participe de sa formation intellectuelle, son réarmement théorique et même pratique.
A la sortie de mon livre en novembre dernier Barack Obama raconté aux enfants de 8 à 88 ans, très peu m'ont félicité ici en France même si j'ai fait beaucoup de diffusions sur ce site, par le CNJM-F aussi, sur Africa numéro 1, Télé sud et autres. Mais sachant que la durée de vie d'un livre en France sur le marché est de 3 à 5 mois sauf si c'est un best-seller, combien de jeunes d'ici sont passés à la Fnac pour l'avoir ne serait-ce qu'apprendre juste un peu.
La jeunesse est trop portée sur le matériel même si je ne néglige pas l'importance de l'argent, donc l'immatériel, la culture ont très peu d'importance à ses yeux parce que ce qui compte aujourd'hui au Mali, ce n'est pas le diplôme mais la villa, le lien social pour grimper dans l'échelle sociale. Osons le reconnaître, l'intellectuel est méprisé au Mali parce que beaucoup ignorent la différence entre diplômé et intellectuel et beaucoup de diplômés se considèrent à tort comme intellectuels.
L'intellectuel porte un courage, est toujours du côté du peuple et a une éthique, celle de se hisser à hauteur de l'exigence de l'intérêt général, de la dignité de l'humain. N'est pas intellectuel qui veut ! N'est pas intellectuel un grand diplômé s'il fait partie de ceux qui pillent et vassalisent le peuple. Thomas Sankara n'était pas seulement un militaire. Il était aussi un grand intellectuel par sa capacité de réflexion théorique, son courage politique. Et on reconnait aujourd'hui qu'il fut le premier des altermondialistes avant l'heure à dénoncer et refuser les rapports de subordination Nord-Sud, la dette et son fardeau avilissant, les travers de la Françafrique.
Il y a un déficit de réflexion dans notre pays et avec des amis ici en France, nous lancerons bientôt un mouvement avec un think tank (cercle de réflexion) et monsieur le ministre, nous ne manquerons pas de solliciter votre expertise. Ma passion demeure le livre et l'écriture, la réflexion, ce qui n'empêche nullement l'engagement politique.
Une jeunesse qui pense avoir tout compris parce qu'elle est diplômée n'a rien compris à la complexité de ce monde. L'Europe est devenue ce que certains ont pensé, projeté. Combien de jeunes Maliens peuvent vous citer les nouveaux auteurs africains à part les écrits altermondialistes aujourd'hui à la mode ? Combien ont lit les écrits éclairants de Sony Labou Tansy du Congo dont son lucide l'Anté-peuple ou une Vie et demie ? Combien lisent Moussa Konaté, notre compatriote qui organise le festival Etonnants voyageurs ? Combien on lit Lettre à la France nègre de Yambo Ouloguem. Ah, il parait qu'au Mali, cela ne compte pas parce que dans les partis politiques, on préfère le bailleur de fonds et le lien qu'on a avec le patron du parti à l'intellectuel qui n'a que son diplôme et sa charge réflexive comme armes.
Merci M. le ministre pour votre contribution!
Yaya Traoré
(président du Conseil national de la jeunesse malienne de France, CNJM-F)

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