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2010

Mois de mars

Les Echos du 12 mars

 

POLITIQUE MALIENNE
De la réécriture de l’histoire
Comme disent les penseurs, les histoires de chasse seraient moins héroïques pour les dozos si les lions avaient leurs historiens.
Dans le Mali d’aujourd’hui, il y a comme un relent de réécriture, une tentative de nous faire prendre les vessies pour des lanternes. Tout se passe comme si l’histoire du Mali n’a commencé qu’en 2002. Le régime actuel s’est installé sur un terrain vierge ou en friche.
Tout se passe comme si l’on veut nier le combat millénaire mené par des démocrates maliens pour bâtir une nation digne de ce nom. Tout se passe comme si avant 2002, aucun patriote n’a songé à poser une brique sur une autre pour faire du Mali un pays comme on peut s’en enorgueillir aujourd’hui.
La réécriture, ou du moins la tentative de réécriture est devenue un système depuis 2002. Des intellectuels aux politiques, des soudards aux truffions, chacun s’ingénie à faire croire que l’histoire du Mali a débuté il y a seulement 10 ans.
En effet, depuis bientôt 10 ans, le discours, à chaque petit événement, consiste à dire que "depuis l’indépendance du Mali, c’est la première fois". Discours certes simpliste, mais, qui, si au départ arrache des sourires, finit toujours par mettre en colère. En effet, il aurait été loisible, à celui qui a construit le Palais du peuple, de dire que c’est la première fois !
Il a fallu une "première fois" pour faire une route, un dispensaire, une école, agrandir un champ… Autant à chaque jour suffit sa peine, autant à chaque régime suffit sa mission. L’Etat est une continuité, et celui qui a fait l’Office du Niger n’a pas moins démérité que celui qui l’a agrandi. Celui qui a fait le premier échangeur a-t-il moins de mérite que celui qui se vante de faire "le plus long, le plus beau ?" Et quel complexe d’Œdipe peut pousser à toujours vouloir comparer ?
L’inexcusable, dans cet exercice, c’est le fait que le discours est vraiment dans l’air du temps. Tout le monde, à commencer par ceux qu’on prenait individuellement pour des repères et des remparts, pour continuer avec les formations politiques ; tous rivalisent d’ingéniosité pour inventer des formules à l’emporte-pièce, pour tresser des lauriers aux princes du jour, pour les suivre et les soutenir dans les ronces.
" L’heure est grave", auraient dit les héros, s’il en subsistait. Il est vrai que le temps des héros est révolu, mais, certainement pas celui des démocrates et des intellectuels, qui, à défaut de prendre position, peuvent sonner l’alerte. Qu’est devenu notre Mali ? Un pays qui défraie de plus en plus la chronique, non pas pour son combat quotidien pour devenir une nation enviée, mais pour son enlisement dans le trafic de drogues, d’armes, d’enlèvements, de mal gouvernance, de détournement… tous les maux qui ne sont pas ceux d’un pays sous-développé comme le Mali, ayant eu des ancêtres comme les nôtres : des gens qui se battent et meurent pour l’honneur, qui préfèrent "dire la vérité et passer la nuit à jeun".
Scepticisme
Revenons au président ATT. Est-il exempt de reproches ? Oui ! Il est connu : ATT n’est pas universitaire. Il n’est même pas politique. Mais, pour compenser, il a certainement des gens de ces trempes, à qui il fait confiance et qui l’entourent. A-t-on vu quelqu’un démissionner pour désavouer ? A-t-on vu quelqu’un se plaindre à haute et intelligible voix ? Si le général a commis des erreurs, et Dieu sait qu’il en a fait, il les partage à part égale avec son armée de conseillers qui ont trompé sa confiance.
ATT est-il candidat en 2012 ? L’homme s’offusque que "les Maliens ne le croient pas", même s’il scande à longueur de journées qu’il ne le sera pas. Les Maliens ont-il des raisons de douter de sa parole ? Y a-t-il eu au Mali des antécédents avec ATT ? Déjà, le fait que, au Mali, bientôt 20 ans après l’avènement de la démocratie, on en soit à se poser des questions sur le respect des institutions de la République, qu’un débat nourri et passionné traverse à ce sujet toutes les sphères sociopolitiques dénote de l’échec de l’ancrage démocratique. Le Dr. Ousmane Sy répète à souhait que nous avons pris les instruments sans le contenu. Cela est valable à tous les niveaux, à commencer par le manque de confiance et le peu d’égard que nos dirigeants ont pour notre opinion nationale. En 50 ans, quel est le président de la République du Mali qui a réservé la primeur de ses déclarations à l’opinion malienne ? Quel est le dirigeant malien qui a accordé un entretien à la presse malienne ?
Et pourtant, le premier blanc-bec qui débarque de la France est reçu selon ses disponibilités, roule carrosse aux frais de notre République et a droit à tout. Et ce sont les mêmes qui ne se gênent aucunement pour casser du sucre sur le dos des "locaux" ! C’est impressionnant de voir combien, pour notre opinion, on reprend in extenso des déclarations faites par nos dirigeants à des milliers de kilomètres d’ici, alors qu’à côté, l’opinion n’en sait rien. Ils sont plus soucieux de savoir ce que pensent d’eux les descendants de "nos ancêtres les Gaulois", plutôt que le ressortissant de Sokoura qui est pourtant celui qui a glissé son bulletin dans l’urne et qui, certainement, ne se parle plus avec son frère qui soutenait quelqu’un d’autre !
C’est vrai : depuis 2002, au Mali, les lions ont leurs historiens. Et depuis cette date, grâce à Dieu, nous avons notre histoire à l’endroit. Le Mali a commencé en 2002. Un autre verra le jour en 2012. Vivement celui-là !
Alexis Kalambry

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AMM
Le double langage de Kader
Abdel Kader Sidibé, le président sortant de l’Association des municipalités du Mali (AMM), qui ne cesse de dire que l’AMM est un mouvement apolitique, avait pourtant adressé, le 22 juin 2009, une lettre à l’Adéma/PASJ pour lui demander de soutenir sa candidature au poste de président de l’Association.
Après les élections communales, il est procédé au renouvellement du bureau de l’AMM dont Abdel Kader Sidibé assure la présidence depuis 2004. Cette année, l’AMM devra renouveler son instance dirigeante. Dans sa correspondance, M. Sidibé sollicite clairement le soutien de son parti. Il ne s'est rendu compte de l'apolitisme de l'AMM qu'après que le parti eut porté son choix sur Boubacar Bah dit Bill.
Depuis lors, le maire de la Commune III ne cesse de crier haro sur le baudet et de se présenter comme la victime expiatoire d'un comité exécutif de l'Adéma/PASJ qui fait de la discrimination.
A noter qu'en 2004, Abdel Kader Sidibé avait été préféré à Moussa Badoulaye Traoré (paix à son âme) alors maire du district de Bamako qui était candidat à la présidence de l'AMM et qui avait finalement fait preuve de fair-play en s'alignant sur la décision du CE de l'Adéma.
Sidiki Doumbia

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L'USINE DE MUNITIONS REDEMARRE
Quand des ministres jouent avec le feu
La réouverture de l’unité de cartouches de fusil au milieu des habitations à Niamakoro/Cité Unicef avec le soutien des autorités démontre que la sécurité des populations n’est pas une préoccupation partagée.
Carma-SARL est une unité de production de cartouches de fusil de chasse de calibre et de vente d’armes appartenant à Abdoul Aziz Mangané. En 2008, elle avait pris feu. La cause de l’incendie, de sources policières, est due à l’explosion d’une amorce de cartouche par un employé et qui avait fait plusieurs blessés.
Ce jour-là, les autorités administratives et municipales (ministres, gouverneur, maire de la Commune VI) avaient passé une bonne partie de la nuit aux côtés des soldats du feu, appuyés par les services de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna), qui ont usé leur savoir-faire pour maîtriser le sinistre, le lendemain vers 12 h. N’eut été l'aide précieuse de l'Asecna, le pire se serait produit, puisque selon les experts, "une unité de production de cartouches de fusil en pleine ville est une bombe prête à exploser".
Au lendemain du sinistre, des voix s'étaient élevées contre l’implantation de l’usine en ville. Certains avaient même accusé le maire de la Commune VI, Souleymane Dagnon, de complicité. Mais, ce dernier s’était défendu en ces termes : "J’ai écrit à qui de droit pour demander d’éloigner l’usine du centre ville. Mais depuis, c’est le silence radio. Le propriétaire continue d’exercer en dépit de nos injonctions".
Pour M. Dagnon, l’usine ne fait pas partie des sources de revenu de la Commune. "Nous l’avons boudée par souci de sécuriser la population". Le désaveu venant du premier responsable de la Commune VI, cette "bombe à retardement" devait être éloignée des habitations, car la ville a grandi depuis 2002 (Ndlr : date de la création de Carma quand le secteur n’était pas habité).
Les normes de l'insécurité
Mais curieusement, voilà que l’usine renaît de ses "centres" avec la bénédiction des autorités du pays, toujours sur le même site. Le fait est grave pour certains, car le mardi 9 mars, le ministre de l'Industrie, des Investissements et du Commerce, de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, accompagnés du gouverneur du district, du directeur général de la police ont visité l'usine. Ils se sont félicités du fait qu'elle rédemarre.
Dans un pays soucieux de la sécurité des populations, on n’admet pas l’idée d’une telle unité en ville au milieu d'habitations même si elle permet de lutter un tant soit peu contre le chômage. Certains excuseraient volontiers le ministre Ahmadou Abdoulaye Diallo, mais qu’un spécialiste des armes et de surcroît un général, il y a quoi s’inquiéter pour la sécurité des populations et sur le devenir de ce pays.
Nous ne sommes point contre la multiplication d’unité de production à travers le pays, d’ailleurs cette tendance doit être saluée et soutenue, mais encore fraudait-il qu’elle se fasse dans les conditions de sécurité et en respectant les normes en la matière. Nos deux ministres ont-ils pensé à cela ?
De la même manière que les dépôts de munitions sont sécurisés dans les garnisons, le ministre Sadio Gassama devra aussi songer à sécuriser les populations des dangers de Carma. Un expert américain en balistique n’avait-il pas soutenu lors de son passage à Bamako de la nécessité d’évacuer l’usine de munitions et d’armes du centre ville "parce qu’elle ne respecte pas les normes internationales".
Un autre technicien malien ajoute qu'à défaut de délocalisation, "une unité contre les incendies doit nécessairement exister à côté d’une telle fabrique qui peut occasionner des dégâts irréparables à tout moment".
Il n’est jamais trop tard pour corriger les erreurs.
Amadou Sidibé

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TRANSPORT
Une grève inappropriée
Afin de trouver une solution aux différends entre transporteurs, le ministère de l’Equipement et des Transports a réuni, le mercredi 10 mars 2010, les délégués des transporteurs, la douane, la Chambre de commerce, les chargeurs et l’Autorité routière pour échanger sur les revendications syndicales et préparer la rencontre de Ouagadougou sur les transports. Malheureusement des transporteurs qui observaient une grève n'ont pas assisté à cette rencontre.
A une semaine de la réunion de Ouagadougou sur les transports, prévue du 17 au 19 mars 2010, les autorités jugent inappropriée une telle grève. Les revendications portent sur trois points : la suspension de la charge à l'essieu, la suspension de la redevance (taxe routière), la limitation des postes de contrôle. Dans la lettre adressée au président du CMTR, les grévistes exigeaient une suite favorable à leurs doléances dans les 72 h.
Selon Youssouf Traoré, président du CMTR, le Conseil malien des transporteurs routiers a aussitôt réagi au préavis en convoquant une réunion avec le ministère des Transports. La réunion a portée sur les problèmes récurrents de tracasseries routières et sur la charge à l’essieu. D’après M. Traoré, la solution préconisée a été d’attendre la réunion de Ouaga où le problème sera posé et débattu. Malgré tout, les jeunes, déplorera-t-il, ont maintenus la grève.
Pour Mory Kanté, directeur de l’Autorité routière, les transporteurs pensent qu’ils sont trop assujettis aux redevances multiples et que c’est au niveau du pesage qu’existent des contraintes. La nature de notre parc et les impératifs d’approvisionnement font que nous avons des surcapacités en véhicule mais, selon Mory Kanté, "on peut avancer progressivement en essayant de défendre nos positions".
Aux dires du président du Conseil malien des chargeurs, Babalaye Daou, des mesures seront prises pour trouver des solutions aux problèmes posés par la charge à l’essieu à l’ensemble de la communauté des transporteurs. "Pour la bonne tenue du sommet de Ouagadougou, il faut aller en force défendre ses propositions pour le bien être de l’ensemble de notre communauté de transporteurs", a-t-il suggéré.
Aminata Traoré
(stagiaire)

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FINANCEMENT DU COTON
Le Burkina lève près de 90 milliards de CFA
Des banques africaines, arabes et européennes, confiantes en l'avenir de la filière cotonnière burkinabé ont financé mardi la campagne de la Sofitex à hauteur de 90 milliards de F CFA.
Le directeur général de la Société des fibres textiles du Burkina (Sofitex), Célestin Tiendrébéogo, affirme aux Echos que sa société a réussi à lever plus de 90 milliards de F CFA pour financer la campagne 2009-2010. Ce lever de fonds s’est fait auprès de trois pools bancaires au niveau africain, au niveau des pays du Golfe et au niveau européen qui constitue la dernière étape des négociations financières.
La signature de la convention avec le pool européen a lieu le mardi 9 mars dernier à Paris. Dénommée "Sofitex 19", la convention pour le financement de la campagne cotonnière à venir porte sur un montant global de 26 milliards 238 millions 280 000 F CFA financé par un groupe de cinq banques avec à leur tête la HSBC dont le représentant Jean-François Lambert déclare que "cet engagement est la preuve de la confiance dans la direction de la Sofitex qui a fait preuve d’une excellente gestion". En effet, avec un déficit des comptes de plus 20 milliards de F CFA il y a seulement deux ans, la société a réussi à ramener ses pertes à une dizaine de milliards l’année dernière et projette seulement quelque 50 millions de F CFA de déficit cette année.
Il faut dire que l’entreprise a été auditée à 17 reprises pour certifier la consolidation de ses comptes. Un plan de redressement d’une vingtaine de mesures a également été adopté et le gouvernement a consenti un effort budgétaire en injectant 16,5 milliards pour relancer la santé financière de ce maillon essentiel de l’économie nationale qui contribue à pas moins de 60 % des recettes d’exportations du pays. Toutes ces mesures s’adossent à un plan d’affaire quinquennal pour optimiser le rendement économique de l’entreprise.
Et même si la production nationale a baissé de quelques dizaines de tonnes, le directeur général y croit fermement en faisant valoir la hausse du cours du coton qui se trouverait cette année entre 800 et 850 F CFA le kilogramme contre seulement 550 l’année dernière.
M. Tiendrébéogo souligne également l’aménagement de 130 000 hectares supplémentaires pour cette campagne, sans oublier que le dollar qui se redresse face à l’euro contribuera indirectement à une plus-value pour le cotonculteur.
Oussouf Diagola

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ELECTION DU BUREAU DE LA FMBB
Après les querelles de positionnement, place au travail
Le ciel du basket-ball malien a grondé à Kayes. Mais l’orage n’a pas éclaté. Si cette hauteur d’esprit domine le nouveau mandat, le basket-ball malien ira encore mieux.
C’est aux environs de 19 h 40 que le nouveau bureau de la Fédération malienne de basket a été présenté au conseil national par la commission d’investiture, présidée par Gaoussou Camara de la ligue de Koulikoro. C’était le 6 mars dernier dans la salle de conférence du Relais du centenaire à Kayes.
Ce bureau fédéral, composé de 19 membres dont 2 femmes contre 3 dans l’ancien, aura du pain sur la planche, comme l’a si bien dit le 1er vice-président, Abdallah Haïdara, dans l’interview qu’il nous a accordée avant la tenue de cette 26e conseil national. Celui-là même qui hérite du poste de président actif connaît les défis à relever. Il s’agit de la prestation des garçons qui est toujours en deçà des attentes, du développement de la discipline à l’intérieur du pays. Mais, il y a urgence et c’est circonstanciel.
Le Mali est organisateur des championnats d’Afrique senior dames en septembre 2011. Le succès ou l'échec de l’organisation et de la prestation des Aigles dames seront à l’actif de ce nouveau bureau. Pourtant, ce challenge n’est pas ressorti dans le discours du président Abdallah lors de la cérémonie de clôture du conseil le 7 mars dernier. Oubli ou négligence, le président s’est contenté de prendre l’engagement de satisfaire les doléances des ligues intérieures.
Les tiraillements qui avaient précédé l’élection du bureau, surtout dans la journée de samedi 6 mars, doivent être maintenant rangés dans le placard des oubliettes. Maintenant, place au travail. Le sentiment de paternité, qui tranquillement prend corps dans l’esprit de certains membres, en raison de la longévité dans cette instance, doit être banni si les protagonistes veulent réussir la Can senior dames.
Ils devront s’inspirer de cette phrase prononcée au nom du ministre H. Niang par le chef de cabinet du ministère de la Jeunesse et des Sports, Issa T. Diarra, président de la cérémonie : "Vous êtes une équipe, vivez équipe et agissez équipe".
Badri

Liste du nouveau bureau
Président : Abdallah M. Haïdara
1er vice-président : Seydou Diawara
2e vice-président : Jean Claude Sidibé
3e vice-président : Oumar Coulibaly
4e vice-président : Ibrahim Y. Diallo
Secrétaire général : Salamata Maïga
Secrétaire général adjoint : Mady M. Doumbia
Trésorier général : Abdoul Kader Sangho
Trésorier général adjoint Bakary Koné
Commission fédérale statut, règlement, qualification : Djibril Cissé
Commission fédérale compétitions : Seydou Maïga
Commission fédérale arbitres, marqueurs, chronomètre : Alpha Bagayogo
Commission fédérale promotion mini-basket : Niagalé Traoré
Commission fédérale médicale : Mme Bintou Coulibaly
Commission fédérale d’organisation : Karim Sidibé
Commission fédérale des finances : Cheick Kéita
Commission fédérale communication : Bakary Cissé
Commission fédérale disciplines : Mamadou Doumbia
Directeur technique national : Beïdy Diarra

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DOSSIER
EPILOGUE
L’anarchie économique des années 1979-1991
Les militaires, pour justifier leur coup de novembre 1968 contre l’US-RDA, évoquèrent une situation politique et économique catastrophique qu’il fallait absolument redresser pour éviter au pays un écroulement certain. Mais plus que sur l’aspect politique dont on peut penser qu’ils n’y pigeaient pas grand-chose, ce fut surtout pour celui de l’économie dont les effets négatifs étaient durement ressentis par le peuple, que les militaires mirent l’accent et arrivèrent à se faire quelques sympathisants dans la société civile.
Au lendemain de novembre 1968, l’idéologie officielle de l’US-RDA, le socialisme, fut abandonnée au profit du libéralisme économique commandé de l’extérieur et que la junte devait appliquer tout en en ignorant les tenants et les aboutissants. Par cette voie, les pays capitalistes, chassés du pays par l’US-RDA, pouvaient y revenir et prendre pied plus solidement que par le passé, c’est-à-dire en imposant leurs lois et leurs exigences.
Les premières mesures économiques prises par le CMLN allèrent dans le sens du sabotage et de la liquidation des sociétés et entreprises d’Etat (SEE) qui déjà étaient très mal gérées ou en tout cas fonctionnaient au ralenti pour diverses raisons liées à la gestion des ressources humaines et au vieillissement de l’outil de production dont les pièces de recharge devaient venir des pays socialistes d’Europe ou d’Asie. Mais sur le terrain, il s’avéra que l’entreprise de destruction, systématique des réalisations économiques du régime antérieur, représentait un grand danger en raison des immenses services sociaux que ces unités industrielles rendaient au peuple.
Dans la région de Ségou par exemple, la Comatex et la Sucrerie de Dougabougou faisaient vivre un nombre élevé de salariés et il eût été suicidaire de vouloir les supprimer. La même situation prévalait dans toutes les zones et régions où étaient implantées une SEE : la CMN et la Sepom à Koulikoro, l’Usine de thé à Farako (Sikasso) ; les unités alimentaires de Bamako, etc. En définitive, les SEE employaient une masse importante de gens que l’Etat n’avait pas les moyens de déployer ailleurs et mettre ces travailleurs à la rue étaient un Rubicon que les militaires ne pouvaient franchir sous peine de chuter.
En dépit de la hargne mise pour démolir l’œuvre économique de l’US-RDA, le pouvoir militaire fut obligé de garder en vie, au moins pour quelques années encore, la plupart des unités industrielles du régime précédent. En attendant leur liquidation, les officiers de la junte se contentèrent de puiser sans vergogne dans les caisses de l’Etat (confondues avec celles de leur famille) et de monter, pour les plus entreprenants parmi eux, des affaires personnelles dans le transport, l’agriculture et l'alimentation.
Leurs activités, plus ou moins informelles, donnèrent des idées à des promoteurs du privé qui les imitèrent, contribuant ainsi à constituer les premiers groupes d’opérateurs privés de ce pays. Parce que jusque-là ce secteur, celui du privé, n’était pas bien structuré de façon à pouvoir prendre la relève des SEE, empêchées de tourner efficacement et la junte n’avait pas les moyens économiques de combler ce trou.
De 1968 à 1982, on a assisté à diverses tentatives de prédation et de liquidation des SEE qui faisaient de la résistance face au projet gouvernemental de les faire paraître. Beaucoup disparurent dans cette période mais généralement du fait de la mauvaise gestion faite par la petite bourgeoisie locale alors que d’autres encore comme l’Opam, la RCFM ou les Abattoirs frigorifiques, résistèrent aux assauts des ennemis.
La mise en route dans les années 1984-1985 des programmes d’ajustement structurel (PAS) décidés par les institutions de Bretton Woods (FMI et Banque mondiale) contribua aussi à vider beaucoup de sociétés en agonie de leur personnel. Si ces travailleurs préférèrent s’en aller ce fut parce que les conditions de vie et de travail dans ces structures s’étaient considérablement dégradées et que courait la rumeur de leur fermeture prochaine.
Toujours est-il que jusqu’en 1979-1980, les conditions des SEE ne s’améliorèrent pas parce que l’Etat, encouragé par les capitaux étrangers qui prétendaient occuper le terrain à leur place, ne faisait rien pour assainir la situation. Pendant ce temps, les différents clans militaires formés autour du couple présidentiel se partageaient les finances publiques. A tel point que vers 1980 le Trésor public, à force d’être sollicité illégalement, se montra incapable d’assurer les salaires des travailleurs qui deviennent trimestriels comme les pensions des retraités.
La création d’un parti politique unique et constitutionnel, l’UDPM en 1974, permit au régime militaire de se doter d’une doctrine économique (jusque-là, c’était la navigation en vue) au moins approximative dont l’ambition était de bâtir une économie nationale, indépendante et planifiée. Elle ne faisait ni du socialisme ni du capitalisme, mais nageait entre ces deux rivages et seuls ses promoteurs pouvaient expliquer clairement ce que c’était.
Sur le terrain le pays était tenu par le secteur d’Etat, le secteur privé et le secteur mixte (comprenant les étrangers). Le manque de coordination de ces diverses activités, le monopole accordé aux parents et amis du clan présidentiel, expliquent la faillite économique du régime sur toute la ligne. Ainsi, venu au pouvoir pour apurer le chaos, le régime militaire, en un quart de siècle, l’a encore plus agrandi avec à la clé le recul économique du pays pour des décennies.
Facoh Donki Diarra

L’ECONOMIE DU MALI SOUS GMT
Libéralisation et diktat du PAS
Au lendemain du coup d’Etat de novembre 1968, les nouveaux dirigeants du pays abandonnent le discours marxiste-léniniste du gouvernement de Modibo Kéita pour s’orienter vers un modèle de "socialisme plus libéral". L’économie a fini par céder sous le poids des PTF avec le Programme d’ajustement structurel (PAS).
Au début 1980, la crise économique frappe le pays. Après des années d’économie étatisée, le Mali s'ouvre aux investissements privés et libéralise le marché des céréales. Les monopoles d’Etat sont abolis et la pression fiscale atténuée. Les nouveaux "seigneurs" ont alors pris des premières mesures concernent le monde rural. Les champs collectifs sont supprimés.
Au cours des années soixante-dix, le régime de Moussa Traoré poursuit une politique économique peu rigoureuse, marquée par un développement important de la corruption et du clientélisme. Selon Issa Oumar Diassana, historien à la retraite à Magnambougou, la situation politique et économique s’est dégradée rapidement "et le gouvernement de Moussa Traoré perd la confiance de la plupart des groupes sociaux".
L’éducation, la santé et le secteur des infrastructures sont délaissés. "Les arriérés de paiements intérieurs s'accumulent et la dette extérieure ne cesse de croître. Les pertes du secteur para-étatique s’accumulent". Face à la dégradation de la situation économique, le Mali, affirme M. Diassana, s’est s’engagé avec les institutions de Bretton Woods dans des programmes de stabilisation et d’ajustement structurel dès 1982. Le FMI guide la politique économique du général Traoré depuis 1982, sans que soit sérieusement pris en compte son coût social : pouvoir d’achat réduit et chômage accru en particulier dans un contexte d’urbanisation accélérée.
En 1982, sous la houlette du Fonds monétaire international (FMI), le Mali exécute le programme de redressement économique et financier qui comporte trois volets : refonte du secteur d’Etat dont les entreprises sont très déficitaires, libéralisation du circuit céréalier, assainissement des finances publiques.
La dépendance de l’extérieur
A en croire notre interlocuteur, "si le responsable du programme FMI reconduit jusqu’en 1985 tirait en 1983 un bilan largement positif dans l’ensemble, il faut souligner que l’austérité et la privatisation ont touché en premier lieu les paysans et les couches urbaines les plus modestes, pour qui ce libéralisme a signifié avant tout une flambée des prix et plusieurs milliers de licenciements dans les sociétés d’Etat : Somiex, Comatex, Air Mali, Opam, Sonatam".
Malgré tout, le Mali est resté très dépendant de l’extérieur. A titre d’exemple, les concours financiers de la France en 1984 équivalaient à environ 40 % du budget de fonctionnement.
Pour l’historien, l’autre réforme a concerné l’intégration du Mali à l’UMOA en 1984, où les autorités ont poursuivi leur effort d’ajustement avec le Programme d’Ajustement sectoriel des entreprises publiques (Pasep) et le Programme d’ajustement sectoriel agricole (Pasa).
" Ces programmes devaient permettre de libéraliser les prix et le commerce, d’entamer une réforme de la fiscalité interne et externe, de restructurer ou de privatiser les entreprises publiques, de simplifier le cadre réglementaire régissant les activités économiques, de libéraliser les marchés céréaliers et d'améliorer l'efficacité du secteur cotonnier".
Mais, ajoute-t-il, la réalisation d’une partie de ce programme a buté à des obstacles notamment les événements de 1990 "qui ont non seulement causé d’importants dommages à l’appareil de production qui ont également empêché la mise en œuvre effective de certaines mesures du PAS".
Toutefois, l'historien affirme que tout n’a pas été sombre. A preuve, souligne-t-il, le Mali, marqué par les retombées sociales des divers accords conclus dans les années 1980 avec le FMI, a connu une amélioration de sa situation économique et financière en 1989-1990 avec une filière coton désormais excédentaire, des perspectives favorables pour l’extraction de l’or, la reconstitution du cheptel malgré les aléas climatiques, une meilleure couverture fiscale en dépit des détournements de fonds des proches de l’ancien président, la réduction sensible du déficit budgétaire même si un lourd endettement de plusieurs milliards de F CFA continuait d’hypothéquer l’avenir de ce pays.
Amadou Sidibé

IIe REPUBLIQUE
Ces réformes fatales
L’histoire retient que la chute du régime de Moussa Traoré est non seulement due à la forme despotique qu’elle prenait, mais aussi à un sentiment de mécontentement populaire sur la façon de gérer le pays.
L’UDPM et ses organes venaient de faire leur preuve à gouverner le Mali. Le peuple ne croyait plus aux slogans sur la vie de la nation comme "le consommez malien" ou "la lutte contre l’enrichissement illicite", que le régime venait de lancer. La désolation du peuple trouvait son origine dans le comportement des dirigeants qui s’enrichissaient de façon ostentatoire. Les entreprises et sociétés d’Etat comme la Somiex, la Socima, Mali Lait, la Sonarem, la Smecma, entre autres, confrontées à la mauvaise gestion, ont mis la clé sous la porte.
Au sein du parti UDPM, l’ambiance était délétère. Le renouvellement des structures de base donnait lieu à de chaudes empoignades. Djibril Diallo, à l’époque secrétaire politique du BEC de l’UDPM avait tenté de démissionner au cours d’une réunion où il disait que "le parti a atteint son seuil d’incompétence".
Les réformes entreprises et l’appel au sursaut national pour faire face à la crise économique comportaient les germes de leur échec. L’environnement économique devenait de plus en plus malsain. L’affairisme se développait et les courtisans du régime étaient les rares personnes à se tirer d’affaire.
Les fonctionnaires, désabusés par les retards chroniques de salaires (de 3 à 6 mois), ont joint leurs voix à celles des associations et du Mouvement démocratique pour réclamer le changement. Les élèves et étudiants, réunis au sein de l’AEEM, ont eux aussi durci le ton réclamant de meilleures conditions d’études. "An tè korolen fè fo kura" (nous ne voulons plus de l’ancien) était le slogan des partisans du changement.
Ce cocktail explosif a fini par avoir raison du régime de l’UDPM dirigé par le général Moussa Traoré. L’armée a alors parachevé la révolte populaire en s’empara du pouvoir.
Abdrahamane Dicko

LE MALI DANS L’UMOA
Retour sur la pointe des pieds
Même si le franc malien était garanti par le Trésor français, le retour du Mali à l’Union monétaire ouest-africaine reste le signe patent de l’échec de ceux qui avaient pourtant promis de redresser l’économie nationale pour justifier leur entrée dans la vie politique. Seize ans plus tard, ils allaient brader un élément essentiel de la souveraineté nationale.
Tout comme l’intégration du Mali dans la compagnie Air Afrique, qui est l’une des conséquences lointaines de la liquidation d’Air-Mali, le retour du pays dans l’Union monétaire ouest-africaine (Umoa) explique dans une large mesure l’échec des politiques économique et monétaires des dirigeants de l’époque.
C’est en juin 1984 que le franc malien, instrument de souveraineté mis en place par le père de l’indépendance à l’instar du cédi (Ghana) et du syli (Guinée) en 1962, a été démonétisé. Le franc CFA est redevenu dès lors la monnaie légale en cours au Mali comme dans la plupart des Etats de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale, autrefois sous domination française.
Cependant, l’avènement du franc CFA ne constituera pas pour autant la bouée de sauvetage escomptée secrètement par les populations, qui verront leurs revenus divisés par deux alors que les prix des biens de consommation allaient se multiplier par deux du jour au lendemain.
Nul ne peut nier les difficultés éprouvées par les uns et les autres, car au lieu d’être l’expression d’une volonté populaire, la décision de retour du Mali au sein de l’Umoa est celle de la gestion solitaire du pouvoir qui avait à l’époque décidé ce qui est bon pour le peuple. De toute façon, avec une économie déjà sous perfusion, les autorités n’avaient pas trop le choix et devaient éventuellement se soumettre au diktat des institutions de Brettons Woods, maîtres d’œuvre de la liquidation des "acquis du peuple".
Les privatisations sauvages, la mise à la retraite anticipée, le programme des partants volontaires, ajoutés au retour dans la zone CFA dans un contexte de corruption généralisée et de népotisme vont donner des raisons supplémentaires aux détracteurs du régime du général Moussa Traoré, qui n’a visiblement pas relevé le pari du redressement économique qu’il s’était lancé le 19 novembre 1968.
Les différentes revendications des couches socioprofessionnelles qui réclamaient de meilleures conditions de vie allaient être le terreau fertile de la révolution du 26 mars 1991.
A. M. T.

L’ECONOMIE SOUS L’UDPM
Le summum de l'abus des biens publics
De 1968 à 1978, il n’y a eu aucune réforme économique sérieuse sauf que les militaires au pouvoir faisaient du Trésor public ce qu’ils voulaient.
Les militaires sont venus au pouvoir en 1968 dans l’intention de mettre de l’ordre dans l’économie du pays parce que, pour eux, le régime précédent de l’US-RDA avait mal géré. Mais au pouvoir, il s’est avéré que les militaires eux-mêmes n’avaient aucun plan de sortie de la crise économique et qu’en fait, ils étaient venus pour s’enrichir. De 1968 et 1978, au lieu de chercher à redresser l’économie, les militaires faisaient le contraire en puisant dans les caisses de l’Etat de façon anarchique.
Il n’y avait pas de député à l’époque parce que l’Assemblée nationale était dissoute. De ce fait, il n’y avait pas de vote de budget. Le Trésor public était tenu coûte que coûte de faire fonctionner l’Etat et les membres de la junte. Le sommet du détournement a été atteint dans les années 1974-1975 avec la sécheresse qui a été l'occasion, pour des membres du Comité militaire de libération nationale (CMLN), de détourner systématiquement l’aide destinée aux sinistrés.
De 1968 à 1978, il n’y a eu aucune réforme économique sérieuse sauf que les officiers faisaient du Trésor public ce qu’ils voulaient. Dans le même temps, on assistait à des tentatives de démolition des sociétés et entreprises d’Etat qui étaient des piliers de l’économie sous l’Union soudanaise RDA. Cette œuvre de liquidation a été faite au nom du libéralisme économique que les militaires ont érigé en doctrine économique en remplacement du socialisme du président Modibo Kéita.
Mais ils n’ont pas pu faire disparaître complètement certaines sociétés et entreprises d’Etat comme la Société malienne d’import-export (Somiex) et la Société du ciment du Mali (Socima) qui sont restées jusque dans les années 1980. Et si ces sociétés ont été fermées c’est plutôt dû à la mauvaise gestion qu’à la volonté délibérée du gouvernement à l’époque. Il fallait attendre la création de l’UDPM en 1974 pour que les militaires adoptent une ligne économique qu’on voulait claire mais qui malheureusement ne l’a pas été.
Il s’agit de l’économie nationale, indépendante et planifiée qui entendait développer le Mali à partir de trois niveaux : le secteur d’Etat, le secteur privé et le secteur mixte. Comme toujours, c’est le secteur d’Etat qui était majoritaire. Le privé était pratiquement inexistant et le secteur mixte qui comptait sur les capitaux n’a pas pu décoller parce que les investissements privés n’ont pas suivi. En conséquence, le relèvement attendu par les militaires ne s’est pas produit pour manque de politique économique cohérente.
D’où l’échec économique à la fois du CMLN et de l’UDPM en 23 ans de pouvoir.
Mohamed Daou

ECONOMIE NATIONALE INDEPENDANTE ET PLANIFIEE
Un projet de société jamais appliquée
Pour Moussa Dembélé économiste, l’économie nationale indépendante et planifiée sous l’Union démocratique du peuple malien (UDPM) était un programme de développement économique conçu par les technocrates caciques du pouvoir du général Moussa Traoré.
Malheureusement, dit-il, l’économie nationale indépendante et planifiée n’a jamais été vraiment appliquée, elle est demeurée en l’état de théorie. A l'en croire, par l’économie nationale, on entendait une économie basée sur la richesse des seuls nationaux. "Il s’agissait d’aller vers une économie moins dépendante de l’étranger", précise M. Dembélé.
Indépendante parce qu’elle avait l’ambition d’asseoir l’indépendance économique du pays et couper tous les rapports de subordination avec la puissance socialiste et capitaliste de l’Occident. "Enfin, la notion de planification faisait allusion à un plan quinquennal".
Pour Moussa Dembélé, les théoriciens de l’économie de l’UDPM se sont inspirés à la fois chez les socialistes et chez les capitalistes. Ils ont fait un mélange qui, dit-on, n’a pas convaincu les économistes de l’Afrique à l’époque.
Pour Moussa Dembélé, on a souvent attribué la paternité de l’économie nationale indépendante et planifiée à Guimbala Diakité. Cependant, cet économiste n’a jamais avoué qu’il était le concepteur de la théorie.
Bref, la théorie d'économie nationale, indépendante et planifiée n’a pas été véritablement appliquée à cause de "l’évolution politique intérieure du pays".
Créée officiellement en 1974, l’UDPM a été rejetée par la plupart des intellectuels, notamment les enseignants du pays. Vu que la création d’un parti politique nécessite un projet de société et l’UDPM, à sa naissance, a été confrontée à cette réalité.
" La gestion de l’économie a été un goulot d’étranglement pour les promoteurs du parti unique. A l’époque, il y avait deux théories de développement économique : le capitalisme et le socialisme", rappelle M. Dembélé.
Logiquement, l’UDPM n’a voulu s’engager ni sur la voie du socialisme à cause de l’échec de l’Union soudanaise RDA dans ce domaine ni sur celle du capitalisme. "La notion d’économie nationale indépendante et planifiée a voulu se démarquer de toutes ces réalités", note notre interlocuteur qui ajoute que l’échec n’a pas tardé.
Amadou Waïgalo

L’ECONOMIE SOUS L’UDPM
Des citoyens aussi en parlent
Dans le micro trottoir ci-dessous des Bamakois dressent un tableau sombre de l'économie sous le régime de Moussa Traoré (19 novembre 1968-26 mars 1991).

Bakary Djan Coulibaly (comptable à la retraite) :
" L’UDPM, à sa naissance, a été confrontée à un problème de gestion et d’organisation. La gestion de l’économie par le parti a été un casse-tête chinois pour ses dirigeants. A l’époque, il y avait deux théories de développement économique : la voie capitaliste et la voie socialiste. Mais les dirigeants de ce temps n’ont pas su appliquer ces théories, car l’intérêt personnel dominait l’intérêt commun. Tout était mal géré".

Hamadou Diarra (enseignant) :
" L’économie est la base d’un pays. Sans un plan de développement économique, il y n’a pas de développement. Les militaires n’ont jamais pensé à élaborer une politique économique. Tout ce qui les intéressait, c’était le profit personnel. La théorie de l'économie nationale, indépendante et planifiée n’a jamais été formellement appliquée, or elle était la porte de sortie de crise économique".

Mohamed Kassé (gestionnaire à la retraite) :
" La situation de l’économie s’est dégradée avec les violences et les dégâts matériels considérables. L’impuissance des dirigeants a conduit à la destruction d’usines, de banques, d’impôts, du Trésor public. Le saccage de la base industrielle a été à la base de la destruction de l’économie".

Mme Touré Awa Sacko (secrétaire) :
" Ces dirigeants ont tout détruit. Ils n’ont rien fait de notable, même l’aide internationale était détournée. Les sociétés qui étaient la base de l’économie ont été fermées par mauvaise gestion. La fameuse théorie de l’économie nationale indépendante et planifiée qui entendait développer le Mali a été simplement une farce. Toute personne qui avait un plan de développement économique était mal vue. Sous le régime militaire, il n’y a jamais eu une bonne politique de développement économique".
Propos recueillis par
Anne-Marie Kéita

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