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2010
Mois de
mars
Les
Echos du 11 mars
MARCHE
AVORTEE DE L’UACADDD
Le MSV dénonce des violences sur des femmes enceintes
Dans une déclaration, le Mouvement des sans voix (MSV) s’insurge
contre la répression policière "sauvage" perpétrée
le 9 mars à la Bourse du travail contre des femmes enceintes, de vieilles
personnes qui avaient pris part à la marche avortée.
Le Mouvement des sans voix (MSV) dénonce que "des femmes enceintes
qui ont pris part à la marche, aient été battues, gazées
poursuivies par la police lors de la marche avortée de l'UACADDD). Pour
le président du MSV, l’heure est grave et "notre démocratie
chèrement acquise en train d'être remise en cause".
Le mardi 9 mars 2010, à l’appel de l’Union des associations
et des coordinations d’associations pour le développement et la
défense des droits des démunis (UACADDD), un millier d'adhérents,
sous la houlette d'un comité de soutien, s'étaient retrouvés à la
Bourse du travail pour une marche dite pacifique sur la situation des "déguerpis
ou expropriés des terres".
Les marcheurs voulaient manifester leur mécontentement face à l’indifférence
des autorités face à leurs problèmes. Une lettre de protestation
devait être déposée à la Primature. Finalement, la
marche aurait été annulée, faute "d’autorisation
préalable". C'est à la suite de cela que des policiers sont
descendus sur les marcheurs. "Nous avons entendu des démêlés
entre la police et des manifestants".
Le président du MSV, Mamadou Konaté, dans une déclaration,
fustige "cette brutalité policière". "La marche
a été violemment réprimée par les forces de l’ordre
qui ont fait des blessés et des arrestations parmi les manifestants",
ajoute-t-il. Et de rappeler "que le droit de manifester est inscrit noir
sur blanc dans notre Constitution qui est le fruit d’une longue lutte du
peuple malien au prix de son sang".
Le bilan provisoire, dit-il, "est une honte pour la démocratie malienne".
Dans les faits : plusieurs manifestants dont de vieilles personnes, le plus souvent
des malades, et des femmes en grossesse ont été violemment brutalisés. "Certains
ont eu la jambe fracturée et plusieurs autres ont été blessés
parmi lesquels le secrétaire général du MSV Tahirou Bah".
Amadou Sidibé
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OCCUPATION
DES SERVITUDES DU FLEUVE NIGER
Laisser-aller des autorités, insouciance des occupants
Les autorités maliennes devront avoir un œil sur la gestion des servitudes
des cours d’eaux, notamment des fleuves. A Kalabancoro, on a fait fi du
plan d’urbanisation du quartier pour construire des bâtiments dans
le lit du fleuve.
L’occupation du lit des cours d’eaux, précisément des
fleuves ne semble pas préoccuper outre mesure les autorités maliennes.
Ce ne sont pas les alertes des populations riveraines et des élus communaux
qui font réagir le département en charge de la protection de l’environnement.
C’est le laisser-aller. On attend qu’un drame survienne pour ensuite
chercher un bouc émissaire. Au ministère de l’Environnement,
on rétorquera certainement que la gestion des ressources des zones humides
n’est pas l’affaire du seul ministère, mais il a un rôle
premier à jouer.
Il n’est un secret pour personne que les textes interdisent l’occupation
des servitudes du fleuve à plus forte raison y construire des édifices.
En 2009, la généralisation du phénomène avait conduit
le conseil des ministres à prendre un texte dans ce sens en plus d’autres
existants pour circonscrire le phénomène. Mais aujourd’hui,
force est de constater que certains se plaisent à fouler aux pieds les
mesures au vu et au su des autorités qui disent se soucier de la protection
du fleuve Niger.
Dans la Commune rurale de Kalabancoro, derrière le Centre pour sportifs
d’élite de Kabala, de "gros bonnets" se sont partagés
les servitudes du fleuve et construisent leurs bâtiments. Pour montrer
qu’ils restent maîtres des lieux, ils viennent d’entamer la
fondation de plusieurs bâtiments cette fois-ci dans le lit même du
fleuve. Les travaux sont effectués alors que la mairie a pris des mesures
interdisant l’occupation des lieux.
" Nous avons le souci de protéger le fleuve qui est en train d’agonir
C’est pourquoi nous avons pris une décision d’interdiction
de l’exploitation de sable et de toutes autres matériaux de construction",
se défend la mairie. La mesure, qualifiée d'impopulaire en son
temps par les exploitants de sable mécontents, a fini par être comprise,
les occupants ayant déguerpi. Les "bras longs" qui ont leurs
ramifications en haut lieu continuent de braver la décision et menacent
par ce fait le fleuve dans son existence.
Plan d’aménagement menacé
Quelles pourraient être les conséquences de l’occupation illicite
du lit ? Pas besoin de l’expertise d’un scientifique pour imaginer
la suite. L’eau ne laissant jamais sa trajectoire, les occupants devront
s’attendre au pire. Les récents événements de la France
où il y a eu plus de 50 tués à cause de la montée
de l’eau sont édifiants.
La construction des bâtiments dans le lit du fleuve menace même le
projet de construction des berges du fleuve Niger (Missalabougou-Kalabancoro)
approuvé l’année dernière par le conseil des ministres.
Les servitudes sont accaparées sous prétexte qu’ils sont
sur des titres fonciers. Le ministère du Logement, des Affaires foncières
et de l’Urbanisme a tout intérêt à intervenir rapidement.
A Kabala, les bancs de sable obstruent le lit du fleuve, provoquent un ralentissement
du débit et une agression des berges. Chaque année, l'érosion
des berges provoque un débordement des eaux du fleuve pendant l’hivernage.
Il suffit d’une forte pluie pour que le quartier soit inondé. Le
cas de la Commune de Kalabancoro n'est que la face visible de l’iceberg.
Un peu partout à travers le pays, des maires et représentants de
l’Etat en complicité avec les spéculateurs fonciers n’hésitent
pas à morceler même nuitamment les servitudes des cours d’eau.
Même si le département de l’Environnement et l’Assainissement
est en train de faire des efforts dans ce sens (la protection des berges de la
ville de Bandiagara d’un coût d’exécution 6 milliards
de F CFA), force est de reconnaître que l’exploitation abusive par
l’homme des ressources naturelles dans les zones humides est à la
base de la détérioration des écosystèmes.
Et si spéculateurs fonciers se mettaient aussi en tête que ce sont
plusieurs millions de Maliens qui dépendent directement des ressources
naturelles pour leur subsistance, les cours d'eau seraient sauvés.
Amadou Sidibé
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LITIGE
FONCIER
L’anniversaire de la révolte de Bélédougou
Le 7 mars 2010 marque les 95 ans de la révolte des Bambaras de Bélédougou.
Ce fut l’une des batailles les plus meurtrières contre la pénétration
coloniale au Soudan. Cette grande révolte a commencé le 7 mars
1915. Les Bambaras ont combattu avec des armes traditionnelles contre des colons
munis de canons. C’est après cette bataille, appelée de Kwodialanda,
que la troupe du général Archinard est venue à bout de la
résistance.
Pour Djadji Diarra, "c’est un honneur pour les habitants de Bélédougou,
car il y a 95 ans que nos ancêtres ont versé leur sang ici pour
notre liberté, alors ce n'est pas un endroit à vendre. Laissons
nos morts reposés en paix !"
Aux dires du président du comité de conciliation, le pasteur Thaddée
Diarra, les ressortissants du Bélédougou ne sont pas pour la vente
de Kwodialanda. "Nous voulons que la paix revienne dans le cercle comme
avant". Il a invité les habitants à se retenir et à faire
confiance au comité de conciliation pour tirer cette affaire au clair.
Le ministre de la Culture qui devait faire le déplacement à ce
titre l’a annulé à la dernière minute, car certaines
personnes à Nozombougou ayant pris faits et cause pour le chef de village à l’origine
de toute la crise voulaient marcher. Finalement ce sont le directeur général
adjoint du patrimoine national, Moulaye Coulibaly, et Malick Koureichi, chef
de division, qui ont fait le déplacement. Selon le DGA, il y a certaines
lois au Mali qui sauvegardent et protègent les patrimoines culturels.
Le pasteur a ajouté que le ministre de l’Administration territoriale
a informé qu’il a envoyé une lettre 0122-MATCL pour le retrait
des terres à N’Wélé Diallo et Boubacar Haïdara,
mais qu'à la grande surprise des membres de la commission, les travaux
ne sont pas encore arrêtés.
S. T.
(correspondance particulière)
N’Wélé Diallo a plus de 105 ha sur cette terre qu’il
ne veut pas quitter car pour lui personne ne peut l'y contraindre. Aux dires
de la population, c’est lui qui a financé la campagne du président
de la République. A la suite de notre visite, N’Wélé Diallo
a tiré trois coups de fusil pour effrayer les "envahisseurs".
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