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2010
Mois de
mars
Les
Echos du 10 mars
IMPORTATION
ET REVENTE DES SEMENCES
L’Afsta demande la suspension de la TVA
Le 10e congrès de l’Association africaine du commerce des semences
(Afsta), tenue la semaine dernière dans notre pays, a dénoncé les
nombreux problèmes auxquels butent nos semenciers parmi lesquels l’application
d’un taux de 18 % de TVA à l’importation et à la revente
des semences potagères au Mali.
Après le Cap (Afrique du Sud) en 2009, le 10e congrès de l’Afsta
s’est tenu du 1er au 4 mars à Bamako sur la "relance de l’industrie
semencière ouest-africaine". Il visait à apporter des réponses
aux besoins en semences de qualité adaptées aux conditions des
exploitants agricoles de l’Afrique de l’Ouest.
Les semenciers africains sont confrontés à de nombreux problèmes
qui entravent leur développement. Le congrès de l’Afsta a
mis à nu certains de ces problèmes comme l’insuffisance de
formation des semenciers en technique de protection, de conservation, de conditionnement
et commercialisation des semences, la difficulté d’expression des
besoins en semences par les producteurs en temps réel, la très
forte réticence des établissements financiers à soutenir
la production, le traitement et la vente des semences, l’application de
la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) à l’importation et à la
revente des semences potagères...
Exceptées des semences de pomme de terre, le Mali applique un taux de
18 % de TVA à l’importation et à la revente des semences
potagères.
Issa Mory Dembélé, le président du Comité national
d’organisation du congrès de l’Afsta, plaidera que "pour
sécuriser davantage les professionnels du secteur semencier au Mali et
contribuer à la lutte contre la pauvreté, nous prions les autorités
maliennes de bien vouloir suspendre l’application de la TVA à l’importation
et à la revente des semences potagères dont les principaux acheteurs
sont parmi les couches les plus vulnérables de notre pays".
Pour le ministre de l’Agriculture, Aghatam Ag Alhassane, qui a présidé l'ouverture
des travaux, la modernisation de l’agriculture et subséquemment
l’atteinte des objectifs de sécurité et de souveraineté alimentaire
restent intimement liées à la disponibilité et à la
qualité des semences de variétés sélectionnées.
Rappelant que le gouvernement du Mali a approuvé en décembre 2009
un document de politique semencière d’origine végétale,
le ministre Ag Aghatam dira que la tenue du congrès de l’Afsta, à Bamako
est une bonne opportunité et le cadre idéal pour assurer la diffusion
de ce document et mobiliser les acteurs concernés pour son opérationnalisation.
Représenté dans plus de 26 pays africains, Afsta regroupe plus
de 67 entreprises semencières privées, locales, régionales
ou internationales. Elle est reconnue par l’Union africaine comme la voix
du secteur semencier privé africain. L’association favorise le développement
d’une industrie semencière privée forte en Afrique pour prendre
en charge l’activité marchande de production et de distribution
de semences.
Sidiki Doumbia
Acceuil
INTEGRATION
DE CONTRACTUELS A LA FONCTION PUBLIQUE
Le ministre Salikou Sanogo satisfait de l’opération
Pour l'intégration des enseignants contractuels à la fonction publique
de l’Etat et des collectivités, 21 553 dossiers de candidatures
sont présentement soumis à un traitement de rigueur.
Depuis bientôt deux mois, la commission chargée du traitement des
dossiers des enseignants contractuels autorisés à intégrer
la fonction publique (FP) de l’Etat et des collectivités conformément
aux accords entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants est à pied
d’œuvre.
Pour mieux s’imprégner de l’état d’avancement
de l’opération et des conditions de travail de l’étude
des dossiers, le ministre de l’Education, de l’Alphabétisation
et des Langues nationales, Pr. Salikou Sanogo, a rendu une visite à la
commission basée dans les locaux de la direction administrative et financière
(Daf) du MEALN à l'ACI-2000.
Au cours de la visite, le Daf, Youba Bah, a fait l’état des lieux
de l’opération au ministre accompagné pour la circonstance
par des membres de son cabinet. Pour M. Bah, l’étude des dossiers
va consister à valider la liste et les diplômes des enseignants
contractuels qui prétendent à la FP de l’Etat et des collectivités. "C’est
un travail très méticuleux et difficile", a-t-il jugé.
Le ministre Salikou Sanogo a salué et félicité la commission
composée de vingt-six agents dont les représentants des syndicalistes.
Ces derniers, ont interpellé le ministre sur certaines difficultés
relatives au retard accusé dans la vérification de l’authenticité des
diplômes des candidats de l’enseignement secondaire au niveau du
Centre national des examens et des concours (Cnec).
Le visiteur a beaucoup insisté sur l’importance de la phase de vérification
des diplômes. Il s’agit, pour le ministre, de procéder à l’intégration
sur des bases "claires" et "transparentes".
Signalons que sur les 21 553 dossiers seuls 9000 sont en phase finale de traitement.
Ce qui fait dire à certains que la commission ne pourra pas respecter
le délai de la fin de l’opération prévue pour le 30
avril 2010.
Amadou Waïgalo
Acceuil
CINQUANTENAIRE
DU MALI
Allons donc pour le "réarmement des esprits" !
A l’instar de plusieurs pays africains, les autorités maliennes
ont décidé de marquer d’une pierre blanche les 50 ans de
l’indépendance nationale. Parmi les slogans retenus pour l’événement,
il y a le "réarmement des esprits". La traduction dans les faits
de ce slogan est un impératif du temps. Le pays en a besoin à plus
d’un titre.
Des actes et comportements laissent perplexe sur le sens que nous donnons à la
notion d’indépendance. Les sens et valeur de notre indépendance
ont été annihilés par le coup d’Etat du 19 novembre
1968. Les auteurs de ce putsch n’ont pas mis fin seulement à un
système de gouvernance, ils ont aussi été le point de départ
de la relégation des acquis de l’indépendance. Après
leur forfaiture perpétrée contre les pères de l’indépendance,
ils ne pouvaient en aucun cas se prévaloir de leur turpitude. C’est
pourquoi ils se sont présentés en sauveurs de la nation. Mais quels
sauveurs ? Du régime ou des hommes qui le représentaient ?
Ainsi, la page vierge de l’histoire de notre indépendance a été tournée.
Les grands hommes qui l’ont acquise ont été poussés
dans l’anonymat le plus complet pendant des années par le soin des
princes sauveurs de l’époque. Pour beaucoup d’entre nous,
l’indépendance se limite à une date : le 22 septembre 1960.
Les circonstances de son acquisition, ainsi que le rôle des uns et des
autres sont entourés d’un épais mystère. Notre indépendance
a-t-elle été donnée ou acquise à la suite de luttes
? La période de la colonisation au Mali est mystérieuse : y avait-il
des collabo face à des indépendantistes ?
Le slogan "réarmement des esprits" nous offre donc l’occasion
de faire amende honorable. Il faudra le saisir pour raconter le Mali aux Maliens,
pas du point de vue de l’US-RDA ou du PSP, mais le Mali de tout le monde,
le Mali des indépendances.
Certes, lors des conférences de presse, des journées portes ouvertes
et sorties sporadiques des personnes ressources, nous avons des brides d’information,
mais nous avons un besoin de savoir qui va au-delà d’informations
kaléidoscopiques de notre histoire commune. L’histoire de notre
indépendance a besoin d’être enseignée dans les écoles
pour que nous puissions nous l’approprier dès notre bas âge.
Cela nous permettrait de nous familiariser avec notre indépendance et
ses héros, ses larbins et autres. Les témoins et les acteurs de
cette indépendance devront accomplir leur devoir de génération
en brisant le silence sur les péripéties de notre accession à la
souveraineté nationale et internationale.
L’intervention de l’armée le 19 novembre 1968 a réduit à sa
plus petite expression notre indépendance : un drapeau, un hymne national
sans histoire, sans héro. A sa mort, le premier président du Mali
indépendant n’a eu droit qu’à l’appellation d’instituteur à la
retraite. Les chansons et œuvres d’art magnifiant l’indépendance
et ses héros ont été bannis. Les pères Seydou Badian
Kouyaté, Amadou Djikoroni, El Béchir Gologo, Madeira Kéita,
acteurs de notre passé récent, méritent-ils notre estime
ou notre désapprobation ? Les grands anonymes qui ont construit notre
histoire commune méritent-ils d’être connus au grand jour
?
Il ne s’agit pas de faire le procès de qui que ce soit ou de redresser
les torts. Il s’agit tout simplement d’étancher notre soif
de savoir par non pas des vérités de notre indépendance
mais les réalités de celle-ci. Etant entendu que l’épaississement
du mystère autour de l’histoire d’un pays rend difficile sa
gestion au présent.
Tous autant que nous sommes agissons en étrangers envers le Mali. Pour
preuve, le non-respect des lois et prescriptions par la quasi-totalité des
citoyens. L’incivisme décrié par tous, la corruption, le
détournement des fonds publics (vol toléré) le laisser-aller
généralisé, l’achat des votes… Or le nationalisme
(amour de son pays) prend sa source dans l’histoire qui lie les hommes à leur
territoire. Dans le cas d’un pays sans histoire à quoi peut-on s’attendre
? Dans le cas spécifique du Mali, l’histoire des royaumes nous a été racontée.
Soundjata, Da, Babemba, Samory sont certes nos ancêtres, ces renseignements
nous ont permis d’être fiers et de nous requinquer plusieurs années
durant. Aujourd’hui, cela ne prend plus la tête parce qu’il
ne permet pas de résoudre les problèmes actuels, notamment le manque
d’égard envers notre pays. La nation est trahie partout et par tous.
Les saboteurs de l’ordre public, les absentéistes, les preneurs
de pot-de-vin, les acheteurs de votes sont tous coupables de trahison envers
le pays.
Seule une bonne connaissance de l’histoire récente nous permettra
de repartir sur de nouvelles bases, car en connaissant mieux notre pays, nous
le respecterons, nous respecterons les hommes qui l’ont fait, nous respecterons
les places historiques et nous aurons nos idoles et repères. Nous devons
tout faire pour ne pas céder à la tentation du "tout amusement" pour
marquer les 50 ans de notre indépendance. La sobriété devra être
de mise cette fois-ci pour qu’après les festivités, nous
puissions avoir accès à tous les détails même les
plus infimes de notre accession à la souveraineté nationale.
Ainsi le réarmement des esprits aura tout son sens. La République
du Mali a connu quatre présidents, chacun a fait ce qu’il a cru
bon pour le pays. Sous ces quatre régimes, le Mali a connu des fortunes
diverses. La progression s’est faite en dents-de-scie, mais les constantes
auront été la corruption, l’incivisme, la pauvreté,
le détournement de bien public et la démagogie. Chacun des régimes
a proposé sa thérapie : commissions ad hoc, modernisation de l’administration,
Végal, etc.
L’état de la corruption, de l’incivisme, de la délinquance
financière, de la pauvreté est éloquent sur l’efficacité de
ces thérapies. Le problème du Mali semble être dans la perception
de la nation, de la patrie et du citoyen par l’immense majorité de
nos concitoyens. Il serait intéressant de saisir l’opportunité que
nous offrent les festivités du cinquantenaire pour faire un sondage à grande échelle
sur ces questions.
Bakary Sangaré
(imprimerie Jamana)
Acceuil
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