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2010
Mois de
mars
Les
Echos du 05 mars
"PARC
NATIONAL DU MALI" AU
FLANC DE KOULOUBA
Troublantes concessions
Bientôt, au flanc de la colline de Koulouba, il y aura un hôtel… privé,
sur un domaine jadis propriété de plusieurs structures. Une concession
faite dans des conditions qui laissent à penser.
Agha Khan Trust for Culture (AKTC), une des multiples branches du Groupe Agha
Khan, est en train d’aménager l’espace compris entre le Musée
national, le parc botanique et le zoo. L’opération, pour une fois,
n’a pas fait l’objet de tapages auxquels on s’était
habitués depuis 2002. Et pour cause. En fait, cette opération n’a
rien de culturel ou même d’altruiste.
D’abord, le projet en lui-même, est dénommé "Parc
national du Mali". Il va empiéter sur quatre domaines : le Musée
national, qui relève du ministère de la Culture, le parc botanique
et le zoo, qui relèvent de l’Office de la boucle du Baoulé (ministère
de l’Agriculture) et enfin la forêt classée de Koulouba qui
appartient au ministère de l’Environnement.
Or, dans un contrat de cession que l’Etat s’apprête à signer
avec Agha Khan Trust for culture (AKTC), l’Etat "confirme et garantit à AKTC
qu’il dispose des droits de propriété entiers et absolus
sur l’ensemble du site et que le site ne souffre d’aucune servitude
ou de tout droit concurrent ou droit de tiers et qu’il met à la
disposition d’AKTC le site, ainsi libre et quitte de tous droits, aux fins
du projet et ce, pendant toute la durée du présent contrat-cadre".
Le "projet" en lui-même consiste, pour l’Etat, à donner à Agha
Khan Trust for culture (AKTC), l’espace dont il est question, pour 25 ans
d’exploitation, exonéré d’impôts, taxes et droits,
pour faire des magasins, des restaurants, des parcours sportifs, un espace loisir, à entrée
payante.
Les travaux sont déjà bien avancés et portent sur un espace
très grand. En effet, sur le Musée national, il a été pris
3 hectares, 17 hectares sur le parc botanique. Sur cet espace, il y aura des
parkings, des restaurants, des commerces, des espaces d’exposition, un
centre sportif "ainsi que d’autres installations adéquates
en association avec le projet, de façon à étendre la gamme
d’activités disponibles".
Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce "projet", dont
la nécessité et l’urgence ne sont pas facilement perceptibles
fait la part belle à Agha Khan Trust for culture (AKTC).
Nous y reviendrons.
Alexis Kalambry
Acceuil
AIDE
PUBLIQUE
Des partis peinent à se faire financer
Sur la centaine de partis politiques au Mali, 32 sur 55 postulants ont droit à l’aide
publique au titre de 2009. La cagnotte se chiffre à 1 148 351 151 F CFA
sur un budget de 1,2 milliard F CFA et un montant non affecté de plus
de 120 millions de F CFA.
Le conseil des ministres du 3 mars 2010 a adopté le projet de décret
fixant la répartition de l’aide publique aux partis politiques au
titre de l’exercice budgétaire 2009. Sur la base d’un rapport
du ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités
locales, l’aide est fixée à 1 milliard 268 millions de F
CFA. Ce montant représente 0.25 % des recettes fiscales au titre de la
loi 05-47 du 18 août 2005 portant charte des partis politiques.
Le partage est effectué sur la base de la clé de répartition
prévue par la charte des partis et fait intervenir les critères
de participation aux élections (15 %), le nombre de députés
(40 %), le nombre de conseillers municipaux (35 %), celui de femmes élues
(10 %).
Outre ces critères, les partis sont tenus d’avoir un siège,
de tenir leurs instances régulières (congrès), la justification
de leurs comptes dont la moralité et la sincérité sont établies
par la Section des comptes de la Cour suprême, la justification et la provenance
de leurs ressources financières et leur utilisation ainsi que leur participation
aux dernières élections législatives ou communales.
Le conseil des ministres s’est conformé à ces critères
pour attribuer 1 148 351 151 F CFA sur 1 milliard 268 millions de F CFA du montant
total de l’aide. Cet argent va dans l’escarcelle de 32 formations
politiques sur 55 ayant déposé leurs dossiers, soit 23 recalés.
Plus de 120 millions de F CFA sont sans destinataires et retournent dans les
caisses publiques.
Le débat sur la redistribution de l’argent du contribuable aux partis
politiques ne cessera jamais d’être porté sur la place publique.
Au nom du multipartisme intégral, le Mali compte une centaine de partis
politiques. Mais ceux-ci, depuis l’institutionnalisation dans notre pays
de l’aide publique en 2005, ne parviennent jamais à rafler le quota à eux
attribué.
En 2007, année électorale au Mali, il a fallu la mansuétude
du président ATT, qui se veut l’arbitre de toutes les causes pour
prendre en compte l’ensemble des partis politiques dont seulement 5 avaient été déclarés éligibles
par la Section des comptes de la Cour suprême sur la soixantaine de candidats
au financement. Même l'Adéma-PASJ ne faisait pas partie des heureux
bénéficiaires. En 2008 il y avait une trentaine déclarée éligible.
ATT sera-t-il clément pour que les 120 millions soient distribués
aux mauvais élèves de la bonne gestion et de la transparence ?
En attendant, il revient à la Délégation générale
aux élections (DGE) de rendre publique la liste du gain par parti politique.
Abdrahamane Dicko
Acceuil
COMMUNE
SOKOURA
L’école de Mankanou renforcée
Ce sont quelque 30 millions de F CFA qui ont été investis pour
améliorer l'école de Mankanou dans la Commune rurale de Sokoura.
L'infrastructure inaugurée samedi dernier est un acte de solidarité de
World Vision vis-à-vis de populations éprouvées par des
difficultés de toutes sortes.
L’école de Mankanou, un village de la Commune rurale de Sokoura
(cercle de Bankass, Mopti) dispose de nouvelles infrastructures scolaires composées
de trois salles de classes, d’une direction et des latrines. Elles ont été inaugurées
le 27 février 2010 en présence d'une foule nombreuse qui a tenu à être
le témoin oculaire de cette importante cérémonie.
L’événement était parrainé par El hadj Sékou
Sankaré, notable de Mankanou en présence des autorités administratives
et politiques de la Commune de Sokoura. ainsi que d'invités venus des
communes voisines. Les nouvelles installations ont coûté 29 442
530 F CFA avec une participation de la communauté de Mankanou à hauteur
de 1 250 000 F CFA, le reste ayant été pris en charge par l’ONG
World Vision, partenaire privilégié de la Commune de Sokoura.
Ces infrastructures scolaires sont les résultats d’une volonté manifeste
et d’énormes efforts consentis par les communautés de Mankanou,
les autorités administratives et communales, le Centre d’animation
pédagogique de Bankass et World Vision.
Le chef de village de Mankanou, Amadou Sankaré, le parrain et le maire
de la Commune de Sokoura, Salia Sénou ont exprimé leur gratitude à World
Vision pour la réalisation des infrastructures qui permettront, ont-ils
avoué, à de nombreux enfants (filles et garçons) d’apprendre
dans des conditions décentes.
Le directeur de World Vision, basé à Koro, Amagana Togo, a lancé un
appel solennel aux communautés de Mankanou, de Tégué, de
Madina Ali et de Bouroubéré à faire de la scolarisation
des enfants une priorité, car, dira-t-il, "il ne sert à rien
de consentir de tels sacrifices si les populations ne s’investissent pas
dans la scolarisation des enfants qui sont les décideurs de demain".
Le sous-préfet de Sokoura, Ibrahima Maïga, a assuré le partenaire
World Vision de sa disponibilité à aider les autorités communales
et scolaires à faire de l'école un patrimoine commun dans la promotion
duquel les familles, les communautés et les enfants s’impliqueront.
Il a invité les parents à faire en sorte que l'établissement
soit fréquenté par tous les enfants en âge d’aller à l’école.
A noter que l’école de Mankanou a été créée
en octobre 2001 avec un effectif de 155 élèves, dont 81 filles.
Trois enseignants et un stagiaire sont chargés d'y dispenser les cours.
Le taux de fréquentation est de 91,61 % et le recrutement biennal.
L’implication des partenaires locaux (APE, CGS) et des élus communaux
dans la sensibilisation des parents devra booster les activités de l’école.
Cependant, quelques besoins prioritaires sont à signaler. Il s’agit
de l’ouverture d’une cantine scolaire, car 43,22 % de l’effectif
est non-résident, d’un point d’eau potable. Il y a aussi un
manque de fournitures scolaires et de matériels didactiques.
(correspondance particulière)
Acceuil
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