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2010

Mois de mars

Les Echos du 05 mars

 

"PARC NATIONAL DU MALI" AU FLANC DE KOULOUBA
Troublantes concessions
Bientôt, au flanc de la colline de Koulouba, il y aura un hôtel… privé, sur un domaine jadis propriété de plusieurs structures. Une concession faite dans des conditions qui laissent à penser.
Agha Khan Trust for Culture (AKTC), une des multiples branches du Groupe Agha Khan, est en train d’aménager l’espace compris entre le Musée national, le parc botanique et le zoo. L’opération, pour une fois, n’a pas fait l’objet de tapages auxquels on s’était habitués depuis 2002. Et pour cause. En fait, cette opération n’a rien de culturel ou même d’altruiste.
D’abord, le projet en lui-même, est dénommé "Parc national du Mali". Il va empiéter sur quatre domaines : le Musée national, qui relève du ministère de la Culture, le parc botanique et le zoo, qui relèvent de l’Office de la boucle du Baoulé (ministère de l’Agriculture) et enfin la forêt classée de Koulouba qui appartient au ministère de l’Environnement.
Or, dans un contrat de cession que l’Etat s’apprête à signer avec Agha Khan Trust for culture (AKTC), l’Etat "confirme et garantit à AKTC qu’il dispose des droits de propriété entiers et absolus sur l’ensemble du site et que le site ne souffre d’aucune servitude ou de tout droit concurrent ou droit de tiers et qu’il met à la disposition d’AKTC le site, ainsi libre et quitte de tous droits, aux fins du projet et ce, pendant toute la durée du présent contrat-cadre".
Le "projet" en lui-même consiste, pour l’Etat, à donner à Agha Khan Trust for culture (AKTC), l’espace dont il est question, pour 25 ans d’exploitation, exonéré d’impôts, taxes et droits, pour faire des magasins, des restaurants, des parcours sportifs, un espace loisir, à entrée payante.
Les travaux sont déjà bien avancés et portent sur un espace très grand. En effet, sur le Musée national, il a été pris 3 hectares, 17 hectares sur le parc botanique. Sur cet espace, il y aura des parkings, des restaurants, des commerces, des espaces d’exposition, un centre sportif "ainsi que d’autres installations adéquates en association avec le projet, de façon à étendre la gamme d’activités disponibles".
Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce "projet", dont la nécessité et l’urgence ne sont pas facilement perceptibles fait la part belle à Agha Khan Trust for culture (AKTC).
Nous y reviendrons.
Alexis Kalambry

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AIDE PUBLIQUE
Des partis peinent à se faire financer
Sur la centaine de partis politiques au Mali, 32 sur 55 postulants ont droit à l’aide publique au titre de 2009. La cagnotte se chiffre à 1 148 351 151 F CFA sur un budget de 1,2 milliard F CFA et un montant non affecté de plus de 120 millions de F CFA.
Le conseil des ministres du 3 mars 2010 a adopté le projet de décret fixant la répartition de l’aide publique aux partis politiques au titre de l’exercice budgétaire 2009. Sur la base d’un rapport du ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, l’aide est fixée à 1 milliard 268 millions de F CFA. Ce montant représente 0.25 % des recettes fiscales au titre de la loi 05-47 du 18 août 2005 portant charte des partis politiques.
Le partage est effectué sur la base de la clé de répartition prévue par la charte des partis et fait intervenir les critères de participation aux élections (15 %), le nombre de députés (40 %), le nombre de conseillers municipaux (35 %), celui de femmes élues (10 %).
Outre ces critères, les partis sont tenus d’avoir un siège, de tenir leurs instances régulières (congrès), la justification de leurs comptes dont la moralité et la sincérité sont établies par la Section des comptes de la Cour suprême, la justification et la provenance de leurs ressources financières et leur utilisation ainsi que leur participation aux dernières élections législatives ou communales.
Le conseil des ministres s’est conformé à ces critères pour attribuer 1 148 351 151 F CFA sur 1 milliard 268 millions de F CFA du montant total de l’aide. Cet argent va dans l’escarcelle de 32 formations politiques sur 55 ayant déposé leurs dossiers, soit 23 recalés. Plus de 120 millions de F CFA sont sans destinataires et retournent dans les caisses publiques.
Le débat sur la redistribution de l’argent du contribuable aux partis politiques ne cessera jamais d’être porté sur la place publique. Au nom du multipartisme intégral, le Mali compte une centaine de partis politiques. Mais ceux-ci, depuis l’institutionnalisation dans notre pays de l’aide publique en 2005, ne parviennent jamais à rafler le quota à eux attribué.
En 2007, année électorale au Mali, il a fallu la mansuétude du président ATT, qui se veut l’arbitre de toutes les causes pour prendre en compte l’ensemble des partis politiques dont seulement 5 avaient été déclarés éligibles par la Section des comptes de la Cour suprême sur la soixantaine de candidats au financement. Même l'Adéma-PASJ ne faisait pas partie des heureux bénéficiaires. En 2008 il y avait une trentaine déclarée éligible. ATT sera-t-il clément pour que les 120 millions soient distribués aux mauvais élèves de la bonne gestion et de la transparence ?
En attendant, il revient à la Délégation générale aux élections (DGE) de rendre publique la liste du gain par parti politique.
Abdrahamane Dicko

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COMMUNE SOKOURA
L’école de Mankanou renforcée
Ce sont quelque 30 millions de F CFA qui ont été investis pour améliorer l'école de Mankanou dans la Commune rurale de Sokoura. L'infrastructure inaugurée samedi dernier est un acte de solidarité de World Vision vis-à-vis de populations éprouvées par des difficultés de toutes sortes.
L’école de Mankanou, un village de la Commune rurale de Sokoura (cercle de Bankass, Mopti) dispose de nouvelles infrastructures scolaires composées de trois salles de classes, d’une direction et des latrines. Elles ont été inaugurées le 27 février 2010 en présence d'une foule nombreuse qui a tenu à être le témoin oculaire de cette importante cérémonie.
L’événement était parrainé par El hadj Sékou Sankaré, notable de Mankanou en présence des autorités administratives et politiques de la Commune de Sokoura. ainsi que d'invités venus des communes voisines. Les nouvelles installations ont coûté 29 442 530 F CFA avec une participation de la communauté de Mankanou à hauteur de 1 250 000 F CFA, le reste ayant été pris en charge par l’ONG World Vision, partenaire privilégié de la Commune de Sokoura.
Ces infrastructures scolaires sont les résultats d’une volonté manifeste et d’énormes efforts consentis par les communautés de Mankanou, les autorités administratives et communales, le Centre d’animation pédagogique de Bankass et World Vision.
Le chef de village de Mankanou, Amadou Sankaré, le parrain et le maire de la Commune de Sokoura, Salia Sénou ont exprimé leur gratitude à World Vision pour la réalisation des infrastructures qui permettront, ont-ils avoué, à de nombreux enfants (filles et garçons) d’apprendre dans des conditions décentes.
Le directeur de World Vision, basé à Koro, Amagana Togo, a lancé un appel solennel aux communautés de Mankanou, de Tégué, de Madina Ali et de Bouroubéré à faire de la scolarisation des enfants une priorité, car, dira-t-il, "il ne sert à rien de consentir de tels sacrifices si les populations ne s’investissent pas dans la scolarisation des enfants qui sont les décideurs de demain".
Le sous-préfet de Sokoura, Ibrahima Maïga, a assuré le partenaire World Vision de sa disponibilité à aider les autorités communales et scolaires à faire de l'école un patrimoine commun dans la promotion duquel les familles, les communautés et les enfants s’impliqueront. Il a invité les parents à faire en sorte que l'établissement soit fréquenté par tous les enfants en âge d’aller à l’école.
A noter que l’école de Mankanou a été créée en octobre 2001 avec un effectif de 155 élèves, dont 81 filles. Trois enseignants et un stagiaire sont chargés d'y dispenser les cours. Le taux de fréquentation est de 91,61 % et le recrutement biennal.
L’implication des partenaires locaux (APE, CGS) et des élus communaux dans la sensibilisation des parents devra booster les activités de l’école.
Cependant, quelques besoins prioritaires sont à signaler. Il s’agit de l’ouverture d’une cantine scolaire, car 43,22 % de l’effectif est non-résident, d’un point d’eau potable. Il y a aussi un manque de fournitures scolaires et de matériels didactiques.
(correspondance particulière)

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HALLE O. CISSE, MAIRE DE LA CITE MYSTERIEUSE
" Il nous faut préserver l'image sainte de Tombouctou"
Pour Hallé Ousmane Cissé, maire de la Commune urbaine de Tombouctou, les événements tragiques du Maouloud à Tombouctou, qui ont fait 26 morts dans la nuit de jeudi 25 à vendredi 26 février 2010, découlent de la volonté de Dieu, tout comme l’avion d'Air Mali qui s’est écrasé le 25 février 1985 sur les dunes à l’est de la piste d’atterrissage de l'aéroport. Tout en priant pour le repos de l'âme des disparus, il invite la jeunesse à préserver l'image de Tombouctou quelque peu malmenée ces temps-ci par des attitudes nouvelles dans la cité.
Les Echos : Que pensez-vous de l'événement survenu à la mosquée Djingareïber ?
Hallé Ousmane Cissé : Je pense que c'est un fait de Dieu. On ne peut que s’en remettre au Tout-Puissant. Je me rappelle que le 25 février 1985, Tombouctou a connu une autre catastrophe, lorsque l’avion d'Air Mali s’est écrasé sur les dunes. Cette nuit du 25 février 2010 une deuxième catastrophe est survenue, 25 ans après. On ne peut que s’en remettre à Dieu, c’est une catastrophe naturelle qui n’est l’œuvre de personne.
Les Echos : Comment cela a-t-il été ressenti par la population ?
H. O. C. : C’est toujours la stupéfaction, la psychose, la peur. Mais sachez que Tombouctou est une ville musulmane. Ce qui s’est passé, les gens l’attribuent à la volonté de Dieu. Ils ont pleuré leurs morts, leurs blessés. Heureusement, la population a beaucoup apprécié la présence des autorités administratives et politiques, le gouverneur a fait acte de présence. Mes 3 adjoints également étaient sur le terrain, malheureusement j’étais en déplacement. Les services techniques, la police, la protection civile, les forces armées ont tout à fait joué leurs rôles sans oublier l’imam qui est resté toute la nuit à l’hôpital au chevet des malades.
Les Echos : Est-il vrai que vous avez pris une décision interdisant toute manifestation, si oui quelles sont les raisons ? Et pendant combien de temps ?
H. O. C. : J’ai pris la décision d’interdire toutes les manifestations d’ordre public parce que quand les pays amis nous pleurent, quand nous sommes en deuil, si vous trouvez dans la rue un concert où il faut rire et danser, c’est vraiment déplorable. Il faut que chacun sache que la mort rôde, toi aujourd'hui, un autre demain, tous un jour. Voilà les raisons qui m’ont poussé à prendre cette décision d’interdire toutes les manifestations. Que les gens respectent au moins la mémoire de nos morts, qu’on sache que nous avons compati à la douleur des autres, que nous sommes avec eux. Cette décision était valable jusqu'à la fin du baptême. A partir de ce vendredi les gens peuvent manifester.
Les Echos : Avez-vous un message particulier ?
H. O. C. : C'est d'inviter la jeunesse à comprendre que Tombouctou est une ville musulmane. Savoir comment se comporter, pendant le Maouloud. Tombouctou est une ville très fréquentée, ce que la jeunesse fait dans la rue qu’on raconte ailleurs n’est pas bon pour l’image de la ville. Qu’on regarde nos anciens, cette image qu’a Tombouctou à l’extérieur doit être sauvegardée. Il faut qu’on annule dans nos sociétés l’incivisme, que le droit d'aînesse soit préservé. Voilà l’appel que j’ai à lancer à la jeunesse de Tombouctou. Il faut qu’on sache que Tombouctou est une ville de culture, de paix, de tolérance. Donc, il n’y a pas de haine entre nous. Nous vivions en symbiose, toutes communautés confondues.
Propos recueillis par
Abdou Maïga
(correspondant régional)

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RESTAURANTS A CIEL OUVERT
L’univers pollué des gargotes à Sikasso
Le phénomène de l'exode rural qui gagne de plus en plus nos villes facilite la prolifération de gargotes par endroits dans la Capitale du Kénédougou. C'est le cas aujourd'hui, au niveau des marchés publics et leurs alentours qui abritent des ateliers d'ouvriers. Ces restaurants bon marché dont le décor laisse à désirer sont pour la plupart pris d'assaut par des ouvriers, des marchands et d’autres personnes démunies.
Il suffit de faire un tour la nuit à la devanture de l’hôtel de ville de Sikasso, et le petit matin sur certaines places publiques pour s'apercevoir que ces sites tiennent leur réputation de grandes concentrations de gargotes.
Dès les premières heures de la matinée, les gargotières commencent à s'activer autour de la préparation culinaire pour servir leurs clients à l'heure habituelle. De l'avis d'une tenancière, "il faut se lever tôt pour aller faire le marché et commencer à préparer à 8 h pour finir à temps parce qu'à midi les clients sont déjà en place".
Le menu est immuable : riz au gras, mafé, "soupe kan dia", etc. L'heure d’affluence de clients est 13 h le jour et 19 h la nuit. A ces heures-là, les gargotes ne désemplissent pas parce qu'elles sont à la portée de toutes les bourses, d'où l'affluence d'ouvriers, de marchands et d’autres personnes aux ressources modestes.
C'est le cas d'Oumar Sanogo. Ce jeune apprenti de car apprécie beaucoup les plats que prépare Ami Ouattara, une gargotière. "Je préfère cette dame parce qu'elle prépare de bons plats". En bon Sikassois, la plupart des clients jettent leur dévolu sur le riz au gras. Adama Bakayoko, ouvrier qui fréquente quotidiennement ces gargotes, est une exception. Il déclare que "le mafé est mon plat de prédilection".
Promiscuité
Le décor au niveau de ce site de la Gare routière de Sikasso qui héberge les gargotes laisse à désirer. Les ordures et autres tas d'immondices cohabitent avec ces restaurants de fortune. En posant les pieds pour la première fois en ces lieux, l’on est accueilli par des mouches et des chats qui s’y livrent une sempiternelle course-poursuite. L’on est dans tous les cas immédiatement agressé par une odeur d'urine.
Les gargotes manquent de soin, et sont les vecteurs de maladies diarrhéiques et la fièvre typhoïde très répandue en ce moment. Il y a quelques années un homme a rendu l’âme après avoir mangé un plat à base de poisson. Les autorités communales à l’époque avaient pris des mesures draconiennes. Cela appartient désormais à l’histoire et le phénomène tend à refaire surface.
Les règles d'hygiène sont de plus en plus ignorées. Interrogées sur l'insalubrité avec laquelle elles cohabitent, les personnes qui gèrent ces structures soutiennent qu'elles s’acquittent des taxes municipales et accusent par la même occasion les élus locaux qui ne s'occuperaient pas des ordures.
Les débats sont ouverts.
B. Y. Cissé
(correspondant régional)

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EPILOGUE
La lutte contre l’autocratie
Le Mali a connu un premier régime de parti unique entre 1960 et 1968 et un deuxième entre 1974 et 1991, si l’on tient compte de la date de l’adoption de la Constitution de la IIe République. Si le premier n’interdit pas systématiquement le pluralisme politique, le 2e ne voulut pas en entendre parler et se posa en parti unique constitutionnel dont le credo était le monolithisme qui ne tolérait ni la contestation ni l’opposition à ses idées, jugées bonnes pour toute la nation.
Sous la Ire République, l’opposition politique disparut d’elle-même, sa branche la plus active, le PSP, s’étant lancé en 1962 dans des manifestations politiques hasardeuses contre la monnaie nationale nouvellement créée, amenant du coup son impopularité et sa perte. Par la suite le parti au pouvoir, l’US-RDA, put gouverner seul, mais organisa quand même des débats politiques contradictoires à l’intérieur du parti sur des sujets d’intérêt général, sur l’économie, la politique intérieure et les relations internationales.
L’option socialiste (officielle) était certes dominante, mais elle n’empêchait pas les cadres de penser autrement, la plupart de ceux-ci n’étant d’ailleurs pas des marxistes-léninistes convaincus prêts à appliquer totalement cette doctrine dans l’économie et la société. L’aile gauche du parti, le PAI (Parti africain pour l’indépendance) avait souhaité l’adoption du marxisme-léninisme comme idéologie officielle du régime, mais rencontra sur ce chemin l’opposition de la vieille garde qui imposa un socialisme adapté aux réalités du pays.
Cette expérience fut brutalement arrêtée en novembre 1968 par le CMLN qui mit une décennie à chercher sa voie et, après d’âpres luttes à l’intérieur du clan, mit en place vers 1974-1975 la IIe République dont l’idéologie officielle fut ni le socialisme ni le capitalisme mais les deux à la fois pour le développement d’une économie nationale indépendante et planifiée que même les idéologues du régime ne pouvaient clairement expliquer. Le parti unique mis sur pied à cette occasion se fit appeler UDPM (Union démocratique du peuple malien) qui en réalité, dans sa structuration, reprit les grandes lignes de l’US-RDA.
Mais ce qu’il faut savoir, c’est qu’il s’agisse du CMLN ou de l’UDPM, le peuple malien n’a jamais accepté le pouvoir militaire qu'il considérait comme venu par la force et se maintenait par cette même force et la terreur. De 1968 à 1978, il connut l’une des pages les plus sombres de son histoire, mais n’avalisa jamais la domination militaire comme une fatalité et développa des stratégies de lutte contre l’autocratie malgré l’appareil répressif mis en place pour intimider et décourager les opposants.
L’US-RDA, le parti de l’indépendance, quoi que dissout officiellement dès 1968, fit de la résistance aux militaires et inquiéta périodiquement le régime, qui fut constamment sur ses gardes vis-à-vis des militants et des cadres de ce parti. A la création de l’UDPM en 1974, ils ne firent pas nombreux à y adhérer malgré les promesses de promotion et de pardon faites dans ce sens. Il n’est même pas sûr que les militants et les cadres du PSP, très peu nombreux à l’époque, le firent en dépit du fait qu’ils pouvaient considérer les militaires comme au moins des alliés d’occasion.
Le parti UDPM étant unique et constitutionnel, toute activité politique en dehors de son cadre était considérée comme illégale et subversive. Face à cette situation bloquée pour ainsi dire, beaucoup d’opposants rejoignirent les rangs du PMT (Parti malien du travail) implanté en Europe, en France principalement, et dont les ramifications se trouvaient clandestinement à l’intérieur.
D’autres opposants créèrent aussi le Front national démocratique et populaire (FNDP) qui essaya aussi de s’implanter à l’intérieur, mais avec moins de succès que le PMT et le PAI. Tous ces partis clandestins, opposés au régime militaire, étaient aidés par des partis européens de gauche qui finançaient certaines de leurs activités.
Toujours à l’extérieur, la lutte au grand jour étant impossible à l’intérieur, les étudiants et les travailleurs maliens résidant en Europe (France, Allemagne URSS, etc.) mirent sur pied des structures de lutte contre l’autocratie installée sur le territoire national.
L’Association des étudiants et stagiaires maliens en France (AESMF) et la Solidarité des travailleurs maliens en France (STMF) furent très actives dans ce sens. Dans le même ordre d’idées fut créé à Paris dans les années 1976-1977 le Comité de défense des libertés démocratiques au Mali (CDLDM) qui regroupa beaucoup de patriotes maliens qui, plus tard, firent partie du Mouvement démocratique.
L’UDPM sut s’inventer une puissante machine répressive, le peuple malien de son côté, se montra apte à développer des stratégies de lutte adaptées à la situation hermétiquement fermée. Au moment de la conférence de La Baule en 1989, celles-ci étaient assez puissantes pour secouer le régime et c’est ce que comprit le Mouvement démocratique.
Facoh Donki Diarra

KADER TRAORE, PROFESSEUR A LA FSJP
" La légalité constitutionnelle, l’aspiration des partis clandestins"
Le coup d’Etat militaire de 1968 qui n’a pas tenu ses promesses de retour à une vie constitutionnelle normale dans les délais impartis est à l’origine des partis clandestins, qui n’étaient pas aussi d’accord avec le renversement du régime de Modibo Kéita. Kader Traoré, professeur de droit constitutionnel et politologue à la FSJP, retrace ici le long et dur chemin emprunté par les partis clandestins au Mali et qui a abouti à la chute du régime de Moussa Traoré.
" Le coup d’Etat de 1968 a entraîné l’instauration dans un premier temps d’un régime militaire sous la conduite du Comité militaire de libération nationale (CMLN), ensuite la création d’un parti unique constitutionnel : l’Union démocratique du peuple malien (UDPM). Pendant cette période, qui a duré environ 23 ans, le peuple malien, à travers les démocrates tapis dans l’ombre, n’a jamais baissé les bras pour le retour à un ordre constitutionnel légal promis au peuple par les putschistes.
Ainsi certains partis sont entrés en clandestinité de l’intérieur comme de l’extérieur pour lutter contre la dictature militaire et un retour à l’ordre constitutionnel et démocratique. Parmi les résistants, on peut citer les 3 partis qui se sont rencontrés le 20 janvier 1986 à Thiaroye (Sénégal) pour créer le Front national démocratique et politique (FNDP) : le Parti malien des travailleurs (PMT) ; le Parti malien pour la révolution démocratique (PMRD) ; le Front démocratique et populaire malien (FDPM)
Ces groupes politiques clandestins comme le PMT, le PMDR (Parti malien pour la démocratie et la révolution) et le CDLDM (Le Comité de défense des libertés démocratiques au Mali), le Front démocratique et populaire malien (FDPM) seront le fer de lance des activités clandestines. Pour des raisons de stratégie politique, ils ne pouvaient de manière ouverte faire face aux militaires qui ne toléraient aucune forme d’organisation partisane, et au risque de se voir emprisonner ou déporter. Ce qui explique également le manque de coordination des différentes activités clandestines. Cette démarche leur évitait d’être arrêtés ensemble et assurait par la même occasion la pérennité de leurs actes.
Déstabilisation du régime
Les clandestins, pour la réussite de leurs actions futures - car ayant compris que cette forme de lutte ne leur permettrait pas de parvenir à bout des militaires -, vont mieux structurer leur combat pour déstabiliser le pouvoir. Pour eux, un front démocratique bien organisé et bien structuré détruirait non seulement le régime, mais créerait les bases d’une société démocratique.
C’est pourquoi, le PMDR lors de sa conférence de Tombouctou en 1979, le CDLDM à travers ses statuts émanant de sa conférence exécutive de 1985, le Front national populaire et démocratique (FNDP) dans son manifeste ont appelé tous les patriotes et démocrates maliens à s’unir pour combattre le régime militaire. Ces deux dernières formations des années 1980 comprenaient le PMT, le PMDR et le PDPM qui seront rejoints en 1989 par l’US-RDA (Union soudanaise/Rassemblement démocratique africain).
Les clandestins vont s’attaquer à la gestion du pouvoir militaire tout en dénonçant ses insuffisances et ses abus, les malversations, le retard et le non-paiement des salaires, la corruption et la démoralisation généralisée à travers le théâtre (Férékéniagamibougou) monté par des comédiens de classe, la presse privée, etc.
De connivence avec les mouvements estudiantins, et respirant à fond le vent de l’Est, profitant de la politique d’ajustement structurel et l’incapacité du pouvoir à s’accommoder aux nouvelles exigences tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, les clandestins vont généraliser et durcir le mouvement. Ce durcissement se matérialisera surtout par la création de l’Adéma/Association et le Cnid/Association, qui vont conduire le Mouvement démocratique à la victoire".
Propos recueillis par
Abdrahamane Dicko

LUTTE CLANDESTINE SOUS GMT
Victor Sy, le combattant permanent de la liberté
Le professeur Victor Sy fait partie de ceux qui ont toujours prôné la justice, le partage équitable des richesses du pays. C’est ce qui l'a conduit à s'opposer aux trois régimes qui se sont succédé au Mali après Modibo Kéita. Fervent défenseur du premier président, M. Sy a connu de mauvais moments sous le régime du CMLN/UDPM.
Il aura dédié toute sa vie à son pays, au combat pour la liberté, l’équité et la justice. Certains n’hésitent pas à l’appeler le "Che" malien. Cet homme s’appelle Victor Sy. Au cœur des différentes luttes de notre pays, M. Sy, selon certains de ses camarades, sait "tout" sur le Mali. "A travers sa modeste personne, on peut reconstituer toute l’histoire politique du Mali moderne".
Victor Sy est en réalité l’une des figures emblématiques de la lutte pour l'avènement d'une société démocratique du Mali. Il a été, avec Mme Ly Madina Tall, l'un des vice-présidents de la Conférence nationale souveraine, tenue en juillet 1991. Il est aussi réputé pour son franc parlé. "Il dit la vérité même au prix de sa vie", témoigne l'un de ses amis. M. Sy ne manque jamais d’occasion pour fustiger le comportement de nos dirigeants face à la chose publique. Le vieux professeur de ce point de vue n'est pas tendre avec le président en exercice.
Opposant farouche d’abord au régime de GMT aux méthodes de gestion des affaires sous Alpha Oumar Konaré qu’il a accusé d’avoir "imposé une démocratie capitaliste néo-colonialiste", Victor Sy pense qu’avec ATT le Mali ne sort toujours pas de l’auberge.
Mais c’est surtout sous GMT que Victor Sy a connu les moments sombres de son existence. L’ouvrage "Ma vie de soldat" du capitaine Soungalo Samaké, âme damnée de la dictature sous Moussa Traoré, fait cas des malheurs qu’à connus l’homme pendant la période d'exception sous la IIe République.
Un casse-cou
Courageux à la limite de la témérité, il a traité, devant Tiécoro Bagayoko en personne (Ndlr : puissant directeur général des services de sécurité de 1968 à 1978 et de la junte au pouvoir), le Comité militaire de libération nationale de bande d’incapables. Suprême sacrilège alors !
" Vous les militaires, vous n’êtes que des illettrés. Vous savez à peine lire votre nom. Je ne suis pas contre le coup d’Etat en principe, mais si on avait mis quelqu’un de plus valable que Modibo, j’aurais été d’accord mais le remplacer par des ignorants, des incapables ! Je ne suis pas d’accord. Et l'on me demande de me soumettre ; je préfère mourir que de le faire".
Il en voulait tellement au régime du CMLN que M. Sy a refusé qu’on le libère avant d'être jugé malgré que Tiécoro, l'arme au poing, menaçait de le tuer. "Je te mets une balle dans la tête tout de suite !" avait dit M. Bagayoko. "Si tu me mets une balle dans la tête, un jour quelqu’un va te mettre une balle dans la tête", avait-il répliqué. Des anciens du Camp des parachutistes de Djicoroni se souviennent encore de lui. "De tous les détenus, Victor était différent de par son entêtement à vouloir atteindre ses objectifs. Il n’a jamais eu peur malgré les tortures".
L’éternel incompris a séjourné à Taoudenit. Après avoir purgé une peine de trois mois dans les conditions inhumaines, Victor est revenu à Bamako. Incompris par certains de ses camarades, craint par d’autres, Victor reste aujourd’hui un homme à part entière.
Amadou Sidibé

SBM
La victoire au bout de la lutte
Soumeylou Boubèye Maïga est un homme politique malien connu de tous. Figure emblématique de la lutte contre le régime de GMT, il aura passé une bonne partie de sa vie dans la clandestinité contre l’arbitraire. Portait.
Soumeylou Boubèye Maïga, affectueusement appelé SBM, est né le 8 juin 1954 à Gao. Homme politique malien, Soumeylou Boubèye Maïga a fait des études de journalisme au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti) de l’Université Cheikh Anta Diop à Dakar au Sénégal, ainsi qu’en France où il obtient un diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) de diplomatie et administration des organisations internationales en 1987 à l’Université de Paris-Sud et un diplôme de relations économiques internationales à l’Institut d’administration de Paris. Il exerce le métier de journaliste d’abord à "L’Essor", quotidien d’Etat, puis au journal "Sunjata".
Militant au sein du Parti malien du travail, (PMT) il a été l’un des principaux artisans de la chute du régime de Moussa Traoré en 1991. Il entre au cabinet d’Amadou Toumani Touré, alors président du Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP), en qualité de conseiller spécial d’avril 1991 à juin 1992. Vice-président et membre fondateur de l’Alliance pour la démocratie au Mali/Parti africain pour la solidarité et la justice (Adéma/PASJ), il devient en 1992 chef de cabinet du président de la République Alpha Oumar Konaré.
En janvier 1993, il a été nommé directeur général de la (DGSE) Sécurité d’Etat période pendant laquelle il a empêché plusieurs coups d'Etat avant d’entrer au gouvernement de Mandé Sidibé en tant que ministre des Forces armées et des Anciens combattants. En 2002, Soumeylou Boubèye Maïga est candidat à la candidature de l’Adéma/PASJ pour l’élection présidentielle de 2002 qui choisit Soumaïla Cissé.
En 2006, alors que Adéma décide de soutenir la candidature probable du président sortant Amadou Toumani Touré à l’élection présidentielle malienne de 2007, Soumeylou Boubèye Maïga annonce son souhait de se présenter et fonde l’association "Convergence-2007".
Lors de la conférence nationale des 24 et 25 février 2007 de l’Adéma, les délégués ont voté l’exclusion de Soumeylou Boubèye Maïga et de plusieurs de ses sympathisants. Au 1er tour de l’élection présidentielle, le 29 avril, il arrive en 6e position avec 1,46 % des voix.
Avec les autres candidats de l’opposition regroupés au sein du Front pour la démocratie et la république (FDR), Ibrahim Boubacar Kéita, Mamadou Bakary Sangaré et Tiébilé Dramé, il conteste les résultats d’un scrutin entaché de fraudes et dépose un recours devant la Cour constitutionnelle qui le rejette le 12 mai 2007.
Idrissa Sako

LUTTE CLANDESTINE DES PARTIS POLITIQUES
L’engagement des syndicats

Malgré des représailles et des répressions, les syndicats ont, de 1968 à 1991, soutenu la lutte clandestine des partis politiques pour l’avènement de la démocratie.

Les syndicats ont une longue tradition d’engagement politique dans notre pays.
Quand il y a eu le coup d’Etat en 1968, il y a eu la suspension des activités du mouvement démocratique. En dépit de cette décision du régime militaire, les partis politiques menaient la lutte clandestine pour le retour de la démocratie.
Avec pour vocation de défendre les intérêts des travailleurs, les syndicats militaient à côté des partis politiques et disaient haut ce que les partis pensaient tout bas. Cette attitude des syndicats a amené le pouvoir sur place à réprimer des syndicalistes.
" De 1968 jusqu’en 1974, il y a des affrontements entre syndicats et le régime militaire. En 1974, il y a eu des poursuites des emprisonnements de syndicalistes. C’était la période de la répression", rappelle Yaya Mallé, secrétaire à l’éducation, à la formation du bureau exécutif de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM). Il ajoute que sans démocratie, les syndicalistes sont partout poursuivis, persécutés, voire massacrés par les pouvoirs dictatoriaux.
Les rôles de syndicats consistent à défendre les intérêts moraux et matériels de travailleurs et à défendre la libre expression. Les syndicalistes ont été muselés de 1968-1991 dans l’accomplissement de cette mission en compagnie des partis politiques. Le pouvoir en place était déterminé à contrôler le mouvement syndical. La période a été marquée par des répressions sans précédent sur des syndicalistes qui ont essayé de s’opposer au régime dictatorial. Certains secrétaires généraux avaient dû quitter leur poste.
M. Mallé explique que durant cette période, les syndicalistes ont été bâillonnés, poursuivis, persécutés et massacrés par le régime. "Avec le souci de s’adapter à cet environnement, les syndicats n’avaient d’autres choses à faire que de mettre sur place des stratégies permettant de faire face à leurs responsabilités et missions".
Sidiki Doumbia

MOUVEMENT DEMOCRATIQUE
Le rôle catalyseur des jeunes
Président du Club Thomas Sankara, Moussa Bamba est un leader de la jeunesse des années 1990. Pour lui, parler de la vie des partis clandestins sous la IIe République, fait penser à la lettre ouverte adressée par le Mouvement démocratique à Moussa Traoré pour l’ouverture démocratique.
" Lors de la première foire du livre au Carrefour des jeunes, j’ai été personnellement contacté par Abdoulaye Barry (paix à son âme) qui était un grand leader du Mouvement démocratique pour les accompagner dans le combat contre le régime despotique de l'UDPM", a révélé M. Bamba, ajoutant qu’il a accepté la proposition sans réfléchir.
Cette collaboration avec les leaders du Mouvement démocratique a fait de Moussa Bamba, un des membres fondateurs de l’Adéma/Association.
Notre interlocuteur est convaincu que la jeunesse a joué un rôle de "catalyseur" dans le combat pour la liberté et la démocratie au Mali. A preuve, avoue-t-il, il a fait le tour du Mali en 1991 pour recueillir les signatures pour la lettre réclamant la démission pure et simple du général Moussa Traoré.
" J’ai successivement sillonné Koutiala, Sikasso, Bougouni, en passant par Ségou pour obtenir des signatures", note-t-il. Et d’ajouter que cette mission qu’il a coordonnée avec Abdoulaye Barry était clandestine. Malheureusement, elle a été découverte par des autorités de l'Union démocratique du peuple malien. "Des policiers sont allés réveiller un ami à une heure du matin croyant que je dormais chez celui-ci".
Selon M. Bamba, le Mouvement démocratique a atteint son paroxysme lors de la marche historique organisée par les jeunes diplômés, les "revendeurs banabana" un peu partout à Bamako. Cette marche témoigne, dit-il, de la part prise par la jeunesse malienne dans l'avènement de la démocratie et du multipartisme au Mali.
Amadou Waïgalo

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LIBYE-MALI : 2-1
Les Aigles s’inclinent mais séduisent
En match amical international, la Libye a battu (2-1) le Mali à Tripoli. Le match qui s'est joué au stade du 11-Juin a été dirigé par un quatuor tunisien et l’unique but malien est l’œuvre de Bakary Coulibaly "Bako".
Les Maliens ont démarré la rencontre sur les chapeaux de roue, ce qui explique l'ouverture du score dès la 15e par l'attaquant d'El Masry d'Egypte et ex-sociétaire du Stade malien de Bamako, Bakary Coulibaly "Bako", sur une passe de l’attaquant Manceau, Modibo Maïga, son complice du jour.
Les locaux ne s'avoueront pour autant pas vaincus. Ils ratissent sur les côtés pour titiller la défense malienne, ce qui fut payant avec un penalty transformé par Ahmed Moabi à la 35e.
Le score de parité à la mi-temps autorisait les deux sélections à mieux envisager la deuxième période. C'est là que les deux entraîneurs devaient se rappeler leur objectif commun : la préparation des éliminatoires de la 2e édition du Chan en 2011. A la différence de la Libye, le Mali a entamé sa reconstruction aussi après une Can-2010 douloureuse en Angola. Cette convalescence s'exprimait par le rappel contre la Libye de jeunes expatriés comme Abdou Traoré (Bordeaux), Samba Sow (Lens) ou encore El Hadj Mahamane Traoré (Nice) et bien d'autres.
Les deux entraîneurs ont opéré plusieurs changements. Avec la pair Bakary Coulibaly/Modibo Maïga sortie, la défense libyenne s'est sentie libérée et s'était mis au service de son attaque. Ce qui payera à la 80e avec le but victorieux de Khaled qui a lobé le portier Abdoulaye Diakité.
Le score en restera là. La Libye s'offre une bouffée d'oxygène en attendant d'affronter les Fennecs d'Algérie le 14 mars prochain en éliminatoires du Chan. Le Mali à la même date en découdra avec la Guinée Conakry.

Alassane Souleymane

L’équipe du Mali
Abdoulaye Diakité - Boubacar S. Koné (capitaine), Abdoulaye Maïga, (Issiaka Eliassou), Amara Konaté, Issa Traoré - Lassana Fané (Mahamadou Mariko), Mahamoud Fall (Aboubacar Tambadou) - El Hadj Mahamane Traoré (Samba Sow), Abdou Traoré, Modibo Maïga (Lassine Diarra), Bakary Coulibaly (Bougadary Fomba).
Entraîneur : Mory Goïta

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