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2010
Mois de
mars
Les
Echos du 03 mars
BUREAU
UNFPA DE BAMAKO
La chape de plomb
Apparemment, notre article a délié les langues au sein des organismes
du Système des Nations unies qui ont quasiment saturé les lignes
du journal. Des recoupements faits, il ressort que le personnel du bureau de
l’UNFPA vit sous une véritable chape de plomb, que les relations
avec le gouvernement sont caractérisées par le divorce total et
qu’un duo au sein du bureau contrôle et régente tout.
Selon une source, "la situation à l’UNFPA s’est détériorée
depuis quelques mois. Les agents de cette structure sont tellement harcelés
et terrorisés qu’ils ne sont même plus en mesure de demander
secours aux instances prévues en pareilles circonstances. Vous savez,
les intimidations, les menaces voilées de licenciement et la dépréciation
régulière du travail des agents les conduisent à croire
sincèrement qu’ils ne connaissent rien. Pourtant, c’est ce
même personnel de l’UNFPA qui a permis aux deux prédécesseurs
de l’actuel représentant d’être décorés
par le gouvernement du Mali à la fin de leurs mandats au Mali !"
Selon un haut cadre d’un département ministériel qui était à Sélingué au
début du mois de février dernier pour l’atelier de validation
des plans annuels de travail (PTA), "on pouvait constater dans la salle
de réunion l’attitude de ces cadres de l’UNFPA repliés
sur eux-mêmes et craignant de dire quoi que ce soit. On se posait tous
des questions sur l’attitude de ces gens qui, par le passé étaient
confiants en eux et les voir aujourd’hui recroquevillés et peureux.
Là on s’est dit quelque chose ne marchait pas dans ce bureau".
Tous les doigts accusateurs sont pointés sur le spécialiste de
programme international qui a l’œil et l’oreille sur tout, "son
bureau est toujours ouvert de sorte que de son fauteuil, il voit tous ceux qui
entrent chez le représentant ou chez l’assistante personnelle du
représentant qui ne lui refuse rien. Les réunions de staff se terminent
souvent par des menaces et des propos tendant à dévaloriser le
personnel national".
La fonction de spécialiste de programme international est pourtant bien
définie au sein des Nations unies. Il s’agit d’un appui technique
ponctuel qu’un spécialiste apporte à un bureau dans un temps
très limité. Il n’est pas membre du staff dirigeant du bureau
et ne commande aucun cadre du fait de sa situation temporaire. Il ne peut assurer
l’intérim du représentant et n’est pas considéré comme
un adjoint à ce dernier.
Ces dix dernières années, l’UNFPA, à travers son positionnement
stratégique sur des domaines importants pour le Mali, avait su conquérir
une position importante au sein du Système des Nations unies (SNU) au
Mali. Pourtant cette agence au vu du volume de ses ressources est l’une
des structures les plus petites du SNU au Mali. La plupart des agences des Nations
unies au Mali ont des ressources sans commune mesure avec l’UNFPA. Cependant,
son positionnement sur les questions de santé maternelle, santé de
la reproduction et le genre, entre autres, donne l’illusion d’une
très grande présence.
Méfiance et rejet réciproques
Ces dernières années, l’agence s’est lancée
dans un programme de mise à disposition d’ambulances et d’équipements
médicaux aux structures de santé. Cette clairvoyance s’est
traduite par un égard grandissant du gouvernement à l’endroit
de l’UNFPA. Les médailles reçues par les deux derniers représentants
traduisent la satisfaction des partenaires gouvernementaux de cette coopération,
mais dernière ce travail bien fait, il y a le labeur invisible des cadres
nationaux du bureau.
Jamais de mémoire de cadres gouvernementaux, les relations entre l’UNFPA
et les différents départements ministériels n’ont été aussi
mauvaises et empreintes de méfiance, voire de rejet. Un fonctionnaire
du gouvernement présent à l’atelier de validation de Sélingué en
début février témoigne de l’atmosphère délétère
et houleuse qui régnait à l’atelier, au point qu’un
cadre de la coopération internationale a dit : "J’ai tout compris,
on nous cache des choses. Ce n’est pas à l’UNFPA de nous dicter
les priorités du gouvernement. Vous nous accompagnez, mais jamais vous
ne pourrez vous substituer à nous".
Bon nombre de cadres gouvernementaux ayant constaté que l’UNFPA
avait choisi lui-même des ONG et associations auxquelles elle accordait
directement et sans concertations avec la partie gouvernementale des ressources
préalablement destinées à des programmes étatiques,
avaient choisi de rentrer à Bamako dès la fin du premier jour sans
attendre la fin des travaux, prévus sur trois jours.
Il nous est revenu que les responsables actuels de la crise entre l’UNFPA
et le gouvernement cherchent à obtenir des entrevues avec des responsables
gouvernementaux dans le but d’accuser des gestionnaires directs des projets
au niveau des départements de mauvaise gestion financière et d’incompétence
technique.
Les activités menées chaque année dans les projets sont
puisées des plans d’actions propres de chaque département
et consignés dans des plans de travail annuels (PTA) signés entre
le département concerné et l’UNFPA. Des cadres chevronnés
mènent ces activités depuis plusieurs années avec un suivi
rapproché des chargés de programmes de l’UNFPA.
Qu’est-ce qui justifie le harcèlement et l’atmosphère
de peur et de division qui frappe le personnel de l’UNFPA ? A quel dessein
ce harcèlement se fait-il ? Pourquoi le gouvernement à qui appartient
véritablement le programme de coopération et qui avait lors de
la validation de plan cadre de coopération avec l’UNFPA en 2007
refusé le recrutement du spécialiste de programme international
ne dénonce-t-il pas son recrutement ?
Pourquoi, de façon méthodique, s’évertue-t-on à détruire
la bonne image que l’UNFPA avait su conquérir depuis quelques années
en réduisant sa contribution au Mali à des miettes et au paraître
? Pour combien de temps encore la coopération internationale gardera-t-elle
le silence sur le cas de cette agence malade et boiteuse qui risque de contaminer
les reste du SNU ?
Affaire à suivre.
Alexis Kalambry
Acceuil
DOUANE
Le DG virtuel et le vrai DG
A la douane malienne, c’est un opérateur économique qui fait
et défait les carrières. Il serait le vrai patron, puisque c’est
lui qui fixe les règles du jeu.
Selon des sources proches de la direction des douanes, c’est un commerçant
de la place qui fait les carrières chez les gabelous. "Il a mis en
place un système infaillible, car c’est lui qui fait nommer".
Ainsi, Amadou Togola ne serait qu’une marionnette entre ses mains, et celui-ci,
qui fait du tennis avec le Premier ministre, en profite pour dire partout qu’ils
sont "grands copains", ce qui, à tous les coups, est payant
!
Voici le système mis en place par notre commerçant : il amène
des camions de 30 tonnes ou 40 tonnes, remplis de bazins, sur lesquels on a juste
mis des tissus synthétiques, des tissus d’ameublement et des tissus
pour rideaux. La déclaration en douane est faite sur cette base. Or, ces
produits sont dédouanés respectivement à 2000 F CFA le kilo,
3000 F CFA le kilo et 800 F CFA le kilo. Normalement, le bazin se dédouane à 4400
F CFA le kilo ! Ce qui permet de voir le gap.
Selon nos sources, le système marche à merveille. Il est difficile
de voir du bazin dédouané, or le Mali est un gros importateur.
A. K.
Acceuil
ADAMA
SANGARE, MAIRE DU DISTRICT DE
BAMAKO
" Le maire ne peut pas être un spéculateur foncier"
Etre maire de Bamako, relève de l'abnégation pour le quadra qu'est
Adama Sangaré. Tout en réfutant le cliché qui veut qu'un
maire soit plus intéressé par le foncier, le maire de la capitale
avoue que l'opération retrait de parcelles a été une réussite,
car a permis de renflouer les caisses du district avec plus d'un milliard de
F CFA de recettes, tout en débarrassant la ville des Trois Caïmans
de certains de ses dépôts d'ordures anarchiques et de nids criminogènes.
Bamako dans tous ses états avec Adama Sangaré dans l'entretien
exclusif ci-dessous.
Les Echos : Dès qu'on parle de maire, les populations automatiquement
pensent au foncier, et précisément à la spéculation
foncière. Au-delà de ce cliché, pouvez-vous nous fixer sur
le rôle du maire et quelles sont vos ambitions pour Bamako ?
Adama Sangaré : Dans un pays où la culture du foncier est telle
que chacun veut avoir un toit, même si cela relève de l’impossible,
le foncier naturellement se trouve en bonne place des débats. Il ne représente
que 25 à 30 % des activités d'une collectivité. Il y a les
problèmes de mobilité urbaine, la gestion des infrastructures,
l'école et la santé qui sont essentielles. Cela dit, je pense qu'on
ne peut pas venir de la province et vouloir en moins de deux, trois ans d’activité,
son toit. Je pense très sincèrement que ce n’est pas réaliste.
Mais l’initiative des plus hautes autorités, en particulier du président
de la République qui est en train d’encourager les logements sociaux,
permettra à beaucoup d’avoir un toit sans connaître les péripéties
de l’acquisition d’une notification à transformer en permis
d’occuper. Quelqu’un qui a un logement social aujourd’hui -
je pense aux revenus intermédiaires - qui peut supporter les loyers est,
me, semble-t-il, mieux loti que celui qui construit individuellement sa maison.
Pour répondre précisément à votre question, ce n’est
vraiment pas le foncier.
Depuis quelques jours, vous avez constaté un certain nombre de désagréments
au niveau de la circulation, vous avez été agressé un peu
par l’anarchie qui règne un peu au niveau de la ville. Pour moi,
ce sont des questions beaucoup plus urgentes qui interpellent le maire plutôt
que la question de logement. Avec la décentralisation, l’Etat est
en train de se dessaisir. Et certaines de ses compétences, les populations,
la gestion au quotidien sont en train de revenir aux collectivités. Il
y a des questions de circulation, d’éducation, d’hydraulique,
de santé. Ces questions dominent plus la vie sociale plutôt que
les questions foncières parce que les questions foncières sont
simplement d’intérêt matériel.
Les Echos : Permettez-nous d'insister : à quel niveau la question des
lots retirés se trouve-t-il aujourd'hui ?
A. S. : A un moment donné, il y a en de l’intoxication, de la désinformation,
des problèmes de communication. Mais j’avais pensé lorsqu’en
novembre/décembre 2008, j’étais passé à la
télé pour donner un certain nombre d’informations que les
gens avaient compris.
Je profite donc de votre tribune pour dire qu'aucun ancien permis n’a été retiré à qui
que ce soit. Nous n’avons fait qu'appliquer les textes conformément
aux contenus de la lettre d’attribution. Si vous êtes bénéficiaire
d’une lettre d’attribution, il vous a été précisément écrit
sur la lettre que vous l’avez accepté comme tel. Si au bout de trois
ans, vous ne mettez pas en valeur la parcelle, on vous la retire, sans indemnité.
Les citoyens ne font qu'une lecture parcellaire du décret 2002. Ils confondent
lettre d'attribution et permis d'occuper.
Il n’y a donc pas une seule lettre d’attribution qui a fait l’objet
de retrait par les autorités (maire du district) qui n’avait pas
9 ans au minimum. Certaines lettres de Yaya Bagayoko (Ndlr : gouverneur du district
au milieu des années 1980) étaient là. Les parcelles existaient.
Elles n’avaient pas été mises en valeur.
Dans la même zone de lotissement, vous pouvez voir une maison de 100, 200
millions F CFA à côté d'une parcelle abandonnée. Le
premier jour, il y a une famille qui vient déverser une brouette de déchets.
Une autre fois, c'est une charrette. Le 3e jour, un GIE commence à venir
avec des camions. Ça devient un dépôt de transit.
Ces déchets deviennent nuisibles et le terreau fertile des reptiles et
des maladies. Je suis très heureux de constater que les riverains qui
se trouvaient dans ses endroits sont aujourd'hui à l'aise. L’opération, à 60
%, a eu lieu à Kalabancoura. Rendez-vous là-bas et demandez quelle
est l’amélioration du cadre de vie qu’ils ont constatée.
Ils vous répondront que c’est une opération qu’il fallait
faire. Après tout, c'était un manque à gagner pour la mairie
qui était obligée de ramasser les ordures, déployer les
grands moyens, acheter le carburant pour les engins. Les retraits n’étaient
pas seulement pour des raisons fiscales. Pour moi, c’était même
une question d’ordre et de lutte contre la criminalité et le banditisme,
car les lots inoccupés étaient des repaires de bandits de tout
acabit. On ne peut pas faire des textes et ne pas les appliquer.
Les Echos : Est-ce à dire que le dossier est définitivement clos,
qu'il n'y aura plus de réclamation ?
A. S. : Non ! Les réclamations vont continuer. Dans tous les cas, ce sont
trois cas qui se présentent. Il y a une décision qui avait été prise
sur un titre foncier. La décision du maire la concernant a été annulée.
Au tribunal, des gens ont gagné, d’autres ont perdu. Certains sont
venus me dire qu’ils ont tort et quelle compensation ils pouvaient avoir.
Beaucoup de citoyens sont dans le besoin ? Il y a des milliers de demandes qui
n’ont jamais été étudiées. Et généralement,
ce sont des situations qui concernent les personnes qui sont prêtes à prendre
des prêts bancaires pour construire.
Qu’est-ce que nous avons fait ? On prend la décision, les gens vont
voir la disponibilité, ils vont sur le terrain, ils réalisent et
viennent ensuite payer des taxes à la mairie. Ça nous a fait gagner
au niveau de la mairie plus d'un milliard. Si on ne le faisait pas, c’était
une double perte pour nous. D’abord, on allait perdre des taxes qui devaient être
payées au niveau de l’administration communale et c’était
une obligation pour nous de partir pour évacuer les déchets avec
les véhicules de la mairie qui ont déjà 15 à 20 ans
d’âge.
Les Echos : Pensez-vous que le Forum du développement urbain de Bamako
qui vient de s’achever était nécessaire et quelles en sont
les conclusions ?
A. S. : Je pense que le Forum du développement a été plus
que nécessaire ; il était indispensable. Bamako a un certain nombre
de partenaires au-delà des villes avec lesquelles nous entretenons des
relations de coopération. Nous avons des partenaires au développement
comme la Bad, la Banque mondiale, l’Agence française de développement… Et
chacun essaye d’intervenir sur l’assainissement, la santé,
l’école, etc.
Mais, on ne savait plus ce que chacun faisait notamment en matière d'assainissement.
La SNV était venue me voir pour dire qu’il y a trop de désordre
dans la gestion de l’assainissement. Elle travaille avec les six communes
et souhaite trouver un leader au niveau de Bamako pouvant être leur porte-parole
au niveau de la ville. L’ensemble des maires est venu, il a été convenu
que l’interlocuteur soit le district. Et à ce niveau, les Pays-Bas
sont prêts à nous appuyer dans l’assainissement de Bamako.
L’année dernière, la ville d’Angers a voulu qu'elle
et les villes de Lyon et de Bordeaux se retrouvent à Paris pour voir ce
qu'il faut faire à Bamako afin que chacun ait un domaine bien défini.
C'est après tous ces constats qu'on s’est retrouvé pour les
préparatifs du Forum du développement urbain de Bamako. Les recommandations
issues portent essentiellement sur les cas présentés comme d’ordre
prioritaire. Il faut qu’on sache que la coopération décentralisée
vient en appoint, les premières ressources, c’est nous-mêmes.
Au forum, les questions de ressources étaient transversales et ressortaient
partout. Le Forum a été une réussite, les gens ont affirmé qu’ils
n'y croyaient pas trop au départ. Mais le résultat est là.
Il fallait oser le faire.
Les Echos : Bamako manque de plus en plus de poumons, les "jungles" ont été rasées
pour les besoins de lotissement ; on parle de changements climatiques. Qu'allez-vous
faire ?
A. S. : J’avoue que cette question est très difficile pour donner
une réponse précise. J'étais au sommet sur la biodiversité,
mais je n’ai pas eu le privilège d’être à Copenhague
pour la dernière grande rencontre sur le réchauffement climatique.
Mais depuis deux ans avant que le débat ne soit aussi houleux, nous avons
au niveau du conseil du district, pris une décision pour davantage reboiser à Bamako.
Nous avons souhaité voir dans le cadre du projet Loire-Niger comment entretenir
davantage le lit du fleuve. Au-delà des questions, il faut voir la situation
du fleuve Niger. Cela dépasse de loin les moyens de Bamako et même
de l’Etat malien. Je pense que le fleuve Niger est sous-régional.
Il faut que les autorités sous-régionales essayent de réfléchir
sur la question pour voir dans quelle mesure on peut draguer le Niger.
Tout n’est pas des questions d’espaces verts, tout n’est pas
des problèmes liés aux lotissements par rapport aux endroits qui étaient
naguère des forêts presque classées. Mais il faut que chacun
essaye de se dire qu'il peut planter un arbre, 2 arbres et qu'il peut les entretenir.
Je suis certain que si l'on arrive à s'engager dans cette voie, on va
encore voir Bamako reverdir. Au niveau des conseils communaux, les gens font
des efforts. Mais, c’est avec l’effort des populations qui doivent
accepter de nous accompagner que les changements souhaités seront palpables.
Sans l'engagement des uns et des autres, la lutte aura du mal à réussir.
Les Echos : On parle beaucoup du jumelage/coopération Angers-Bamako. Nos
souvenirs de jeunesse nous font penser souvent à des villes comme Rochester
(Etats-Unis) liées à la capitale par des accords de coopération.
Qu'en est-ils précisément de Rochester ?
A. S. : On en parle souvent aussi. Pour vous prouver qu’on a parlé,
nous avons envoyé deux correspondances à Rochester à l’adresse
que nous avions pour leur dire que nous voulions rétablir les liens de
coopération. Il y a eu un moment de silence. Mais Son excellence Mme l’ambassadeur
des Etats-Unis d'Amérique à Bamako nous a promis qu’elle
va envoyer un message à la ville de Rochester pour que cette coopération
puisse voir le jour. C'est très souvent comme ça dans la coopération
internationale : le jumelage entre deux villes peut tenir à deux individus.
Et dès qu'ils ne sont plus là, elle bat de l'aile. Sinon au niveau
de Montréal (Canada), les choses marchent. Nous pensons qu’avant
la fin de ce mandat, nous pouvons faire remonter le budget du district à des
montants encore plus intéressants grâce à l'aide de deux
missions de la ville de Montréal.
Les Echos : Etre maire d'une ville comme Bamako, est-ce une mission facile ?
A. S. : C’est une tâche difficile parce que les difficultés
sont innombrables et tout le monde veut tout, tout de suite. Personne ne se donne
un devoir. Tous les citoyens pensent à leurs droits, mais pas à leurs
devoirs. La décentralisation est un acquis. Mais comme dans tous les pays
du monde, nous faisons beaucoup de sortie. Nous rencontrons d’autres élus.
Les Echos : De quelles ressources financières disposez-vous pour réaliser
vos ambitions ?
A. S. : Nous avons des ressources propres. Nous avons des marchés. Le
Marché rose, celui de Médine, la gare routière de Sogoniko,
de Djocoroni sont des infrastructures qui permettent à la ville de Bamako
d'avoir des recettes. La redevance sur l’éclairage public est également
source de recettes de Bamako. Il y a les patentes, les vignettes. Autant de ressources
que nous mobilisons. Mais je dois par honnêteté dire que nous les
mobilisons souvent mal. Nous avons 7,8 milliards de F CFA. Ce n’est pas
un budget d’investissement. C’est pour cette raison que le président
de la République tient à ce que Bamako retrouve sa coquetterie
d’antan. Tous les grands investissements se font dans le cadre du Programme
de développement économique et social (PDES) du président
de la République. Réellement, il a une vision particulière
pour faire en sorte que Bamako soit une ville coquette.
Les Echos : Contrairement à des villes comme Dakar, Bamako n'octroie pratiquement
pas de bourses d'études en direction de la France par exemple aux meilleurs
bacheliers ou pour des études post-universitaires. Pourquoi ?
A. S. : Ce n’était effectivement pas dans l’orientation du
jumelage. Mais depuis deux ans, nous sommes en train de nous battre afin qu’à travers
la ville de Bamako et de Lyon, d’Angers, de Bordeaux, d’Evry… nous
puissions offrir des bourses d'études aux meilleurs élèves
afin de créer une saine émulation. Nous avons déjà signé une
convention avec l’Université de Bamako et lors de la visite d'Alain
Juppé, nous avons tenu qu'il y ait une rencontre à l'Université de
Bamako dans ce sens. C’est pour cela aussi que l’Université a été à nos
côtés du début à la fin du Forum. D’ici 2011,
nous allons voir ce qu’il y a lieu de faire entre l’Université de
Bamako et celle de Bordeaux.
Les Echos : Quels sont vos rapports avec les notabilités et singulièrement
avec les familles fondatrices de Bamako ?
A. S. : Ils sont excellents, emprunts de courtoisie et de respect mutuel.
Les Echos : Si c'était à refaire seriez-vous candidat au poste
de maire du district de Bamako ?
A. S. : La candidature à la mairie de Bamako n’est pas personnelle,
elle est l'émanation de mon parti l'Adéma/PASJ. Je souhaite que
le mandat qui m’a été confié se passe bien. En fonction
de ça, on peut savoir si on est prêt à accepter la volonté encore
du parti.
Propos recueillis par
Alexis Kalambry et
Abdoul M. Thiam
Acceuil
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