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2010

Mois de mars

Les Echos du 03 mars

 

BUREAU UNFPA DE BAMAKO
La chape de plomb
Apparemment, notre article a délié les langues au sein des organismes du Système des Nations unies qui ont quasiment saturé les lignes du journal. Des recoupements faits, il ressort que le personnel du bureau de l’UNFPA vit sous une véritable chape de plomb, que les relations avec le gouvernement sont caractérisées par le divorce total et qu’un duo au sein du bureau contrôle et régente tout.
Selon une source, "la situation à l’UNFPA s’est détériorée depuis quelques mois. Les agents de cette structure sont tellement harcelés et terrorisés qu’ils ne sont même plus en mesure de demander secours aux instances prévues en pareilles circonstances. Vous savez, les intimidations, les menaces voilées de licenciement et la dépréciation régulière du travail des agents les conduisent à croire sincèrement qu’ils ne connaissent rien. Pourtant, c’est ce même personnel de l’UNFPA qui a permis aux deux prédécesseurs de l’actuel représentant d’être décorés par le gouvernement du Mali à la fin de leurs mandats au Mali !"
Selon un haut cadre d’un département ministériel qui était à Sélingué au début du mois de février dernier pour l’atelier de validation des plans annuels de travail (PTA), "on pouvait constater dans la salle de réunion l’attitude de ces cadres de l’UNFPA repliés sur eux-mêmes et craignant de dire quoi que ce soit. On se posait tous des questions sur l’attitude de ces gens qui, par le passé étaient confiants en eux et les voir aujourd’hui recroquevillés et peureux. Là on s’est dit quelque chose ne marchait pas dans ce bureau".
Tous les doigts accusateurs sont pointés sur le spécialiste de programme international qui a l’œil et l’oreille sur tout, "son bureau est toujours ouvert de sorte que de son fauteuil, il voit tous ceux qui entrent chez le représentant ou chez l’assistante personnelle du représentant qui ne lui refuse rien. Les réunions de staff se terminent souvent par des menaces et des propos tendant à dévaloriser le personnel national".
La fonction de spécialiste de programme international est pourtant bien définie au sein des Nations unies. Il s’agit d’un appui technique ponctuel qu’un spécialiste apporte à un bureau dans un temps très limité. Il n’est pas membre du staff dirigeant du bureau et ne commande aucun cadre du fait de sa situation temporaire. Il ne peut assurer l’intérim du représentant et n’est pas considéré comme un adjoint à ce dernier.
Ces dix dernières années, l’UNFPA, à travers son positionnement stratégique sur des domaines importants pour le Mali, avait su conquérir une position importante au sein du Système des Nations unies (SNU) au Mali. Pourtant cette agence au vu du volume de ses ressources est l’une des structures les plus petites du SNU au Mali. La plupart des agences des Nations unies au Mali ont des ressources sans commune mesure avec l’UNFPA. Cependant, son positionnement sur les questions de santé maternelle, santé de la reproduction et le genre, entre autres, donne l’illusion d’une très grande présence.
Méfiance et rejet réciproques
Ces dernières années, l’agence s’est lancée dans un programme de mise à disposition d’ambulances et d’équipements médicaux aux structures de santé. Cette clairvoyance s’est traduite par un égard grandissant du gouvernement à l’endroit de l’UNFPA. Les médailles reçues par les deux derniers représentants traduisent la satisfaction des partenaires gouvernementaux de cette coopération, mais dernière ce travail bien fait, il y a le labeur invisible des cadres nationaux du bureau.
Jamais de mémoire de cadres gouvernementaux, les relations entre l’UNFPA et les différents départements ministériels n’ont été aussi mauvaises et empreintes de méfiance, voire de rejet. Un fonctionnaire du gouvernement présent à l’atelier de validation de Sélingué en début février témoigne de l’atmosphère délétère et houleuse qui régnait à l’atelier, au point qu’un cadre de la coopération internationale a dit : "J’ai tout compris, on nous cache des choses. Ce n’est pas à l’UNFPA de nous dicter les priorités du gouvernement. Vous nous accompagnez, mais jamais vous ne pourrez vous substituer à nous".
Bon nombre de cadres gouvernementaux ayant constaté que l’UNFPA avait choisi lui-même des ONG et associations auxquelles elle accordait directement et sans concertations avec la partie gouvernementale des ressources préalablement destinées à des programmes étatiques, avaient choisi de rentrer à Bamako dès la fin du premier jour sans attendre la fin des travaux, prévus sur trois jours.
Il nous est revenu que les responsables actuels de la crise entre l’UNFPA et le gouvernement cherchent à obtenir des entrevues avec des responsables gouvernementaux dans le but d’accuser des gestionnaires directs des projets au niveau des départements de mauvaise gestion financière et d’incompétence technique.
Les activités menées chaque année dans les projets sont puisées des plans d’actions propres de chaque département et consignés dans des plans de travail annuels (PTA) signés entre le département concerné et l’UNFPA. Des cadres chevronnés mènent ces activités depuis plusieurs années avec un suivi rapproché des chargés de programmes de l’UNFPA.
Qu’est-ce qui justifie le harcèlement et l’atmosphère de peur et de division qui frappe le personnel de l’UNFPA ? A quel dessein ce harcèlement se fait-il ? Pourquoi le gouvernement à qui appartient véritablement le programme de coopération et qui avait lors de la validation de plan cadre de coopération avec l’UNFPA en 2007 refusé le recrutement du spécialiste de programme international ne dénonce-t-il pas son recrutement ?
Pourquoi, de façon méthodique, s’évertue-t-on à détruire la bonne image que l’UNFPA avait su conquérir depuis quelques années en réduisant sa contribution au Mali à des miettes et au paraître ? Pour combien de temps encore la coopération internationale gardera-t-elle le silence sur le cas de cette agence malade et boiteuse qui risque de contaminer les reste du SNU ?
Affaire à suivre.
Alexis Kalambry

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DOUANE
Le DG virtuel et le vrai DG
A la douane malienne, c’est un opérateur économique qui fait et défait les carrières. Il serait le vrai patron, puisque c’est lui qui fixe les règles du jeu.
Selon des sources proches de la direction des douanes, c’est un commerçant de la place qui fait les carrières chez les gabelous. "Il a mis en place un système infaillible, car c’est lui qui fait nommer". Ainsi, Amadou Togola ne serait qu’une marionnette entre ses mains, et celui-ci, qui fait du tennis avec le Premier ministre, en profite pour dire partout qu’ils sont "grands copains", ce qui, à tous les coups, est payant !
Voici le système mis en place par notre commerçant : il amène des camions de 30 tonnes ou 40 tonnes, remplis de bazins, sur lesquels on a juste mis des tissus synthétiques, des tissus d’ameublement et des tissus pour rideaux. La déclaration en douane est faite sur cette base. Or, ces produits sont dédouanés respectivement à 2000 F CFA le kilo, 3000 F CFA le kilo et 800 F CFA le kilo. Normalement, le bazin se dédouane à 4400 F CFA le kilo ! Ce qui permet de voir le gap.
Selon nos sources, le système marche à merveille. Il est difficile de voir du bazin dédouané, or le Mali est un gros importateur.
A. K.

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ADAMA SANGARE, MAIRE DU DISTRICT DE BAMAKO
" Le maire ne peut pas être un spéculateur foncier"
Etre maire de Bamako, relève de l'abnégation pour le quadra qu'est Adama Sangaré. Tout en réfutant le cliché qui veut qu'un maire soit plus intéressé par le foncier, le maire de la capitale avoue que l'opération retrait de parcelles a été une réussite, car a permis de renflouer les caisses du district avec plus d'un milliard de F CFA de recettes, tout en débarrassant la ville des Trois Caïmans de certains de ses dépôts d'ordures anarchiques et de nids criminogènes. Bamako dans tous ses états avec Adama Sangaré dans l'entretien exclusif ci-dessous.
Les Echos : Dès qu'on parle de maire, les populations automatiquement pensent au foncier, et précisément à la spéculation foncière. Au-delà de ce cliché, pouvez-vous nous fixer sur le rôle du maire et quelles sont vos ambitions pour Bamako ?
Adama Sangaré : Dans un pays où la culture du foncier est telle que chacun veut avoir un toit, même si cela relève de l’impossible, le foncier naturellement se trouve en bonne place des débats. Il ne représente que 25 à 30 % des activités d'une collectivité. Il y a les problèmes de mobilité urbaine, la gestion des infrastructures, l'école et la santé qui sont essentielles. Cela dit, je pense qu'on ne peut pas venir de la province et vouloir en moins de deux, trois ans d’activité, son toit. Je pense très sincèrement que ce n’est pas réaliste.
Mais l’initiative des plus hautes autorités, en particulier du président de la République qui est en train d’encourager les logements sociaux, permettra à beaucoup d’avoir un toit sans connaître les péripéties de l’acquisition d’une notification à transformer en permis d’occuper. Quelqu’un qui a un logement social aujourd’hui - je pense aux revenus intermédiaires - qui peut supporter les loyers est, me, semble-t-il, mieux loti que celui qui construit individuellement sa maison. Pour répondre précisément à votre question, ce n’est vraiment pas le foncier.
Depuis quelques jours, vous avez constaté un certain nombre de désagréments au niveau de la circulation, vous avez été agressé un peu par l’anarchie qui règne un peu au niveau de la ville. Pour moi, ce sont des questions beaucoup plus urgentes qui interpellent le maire plutôt que la question de logement. Avec la décentralisation, l’Etat est en train de se dessaisir. Et certaines de ses compétences, les populations, la gestion au quotidien sont en train de revenir aux collectivités. Il y a des questions de circulation, d’éducation, d’hydraulique, de santé. Ces questions dominent plus la vie sociale plutôt que les questions foncières parce que les questions foncières sont simplement d’intérêt matériel.
Les Echos : Permettez-nous d'insister : à quel niveau la question des lots retirés se trouve-t-il aujourd'hui ?
A. S. : A un moment donné, il y a en de l’intoxication, de la désinformation, des problèmes de communication. Mais j’avais pensé lorsqu’en novembre/décembre 2008, j’étais passé à la télé pour donner un certain nombre d’informations que les gens avaient compris.
Je profite donc de votre tribune pour dire qu'aucun ancien permis n’a été retiré à qui que ce soit. Nous n’avons fait qu'appliquer les textes conformément aux contenus de la lettre d’attribution. Si vous êtes bénéficiaire d’une lettre d’attribution, il vous a été précisément écrit sur la lettre que vous l’avez accepté comme tel. Si au bout de trois ans, vous ne mettez pas en valeur la parcelle, on vous la retire, sans indemnité. Les citoyens ne font qu'une lecture parcellaire du décret 2002. Ils confondent lettre d'attribution et permis d'occuper.
Il n’y a donc pas une seule lettre d’attribution qui a fait l’objet de retrait par les autorités (maire du district) qui n’avait pas 9 ans au minimum. Certaines lettres de Yaya Bagayoko (Ndlr : gouverneur du district au milieu des années 1980) étaient là. Les parcelles existaient. Elles n’avaient pas été mises en valeur.
Dans la même zone de lotissement, vous pouvez voir une maison de 100, 200 millions F CFA à côté d'une parcelle abandonnée. Le premier jour, il y a une famille qui vient déverser une brouette de déchets. Une autre fois, c'est une charrette. Le 3e jour, un GIE commence à venir avec des camions. Ça devient un dépôt de transit.
Ces déchets deviennent nuisibles et le terreau fertile des reptiles et des maladies. Je suis très heureux de constater que les riverains qui se trouvaient dans ses endroits sont aujourd'hui à l'aise. L’opération, à 60 %, a eu lieu à Kalabancoura. Rendez-vous là-bas et demandez quelle est l’amélioration du cadre de vie qu’ils ont constatée.
Ils vous répondront que c’est une opération qu’il fallait faire. Après tout, c'était un manque à gagner pour la mairie qui était obligée de ramasser les ordures, déployer les grands moyens, acheter le carburant pour les engins. Les retraits n’étaient pas seulement pour des raisons fiscales. Pour moi, c’était même une question d’ordre et de lutte contre la criminalité et le banditisme, car les lots inoccupés étaient des repaires de bandits de tout acabit. On ne peut pas faire des textes et ne pas les appliquer.
Les Echos : Est-ce à dire que le dossier est définitivement clos, qu'il n'y aura plus de réclamation ?
A. S. : Non ! Les réclamations vont continuer. Dans tous les cas, ce sont trois cas qui se présentent. Il y a une décision qui avait été prise sur un titre foncier. La décision du maire la concernant a été annulée. Au tribunal, des gens ont gagné, d’autres ont perdu. Certains sont venus me dire qu’ils ont tort et quelle compensation ils pouvaient avoir. Beaucoup de citoyens sont dans le besoin ? Il y a des milliers de demandes qui n’ont jamais été étudiées. Et généralement, ce sont des situations qui concernent les personnes qui sont prêtes à prendre des prêts bancaires pour construire.
Qu’est-ce que nous avons fait ? On prend la décision, les gens vont voir la disponibilité, ils vont sur le terrain, ils réalisent et viennent ensuite payer des taxes à la mairie. Ça nous a fait gagner au niveau de la mairie plus d'un milliard. Si on ne le faisait pas, c’était une double perte pour nous. D’abord, on allait perdre des taxes qui devaient être payées au niveau de l’administration communale et c’était une obligation pour nous de partir pour évacuer les déchets avec les véhicules de la mairie qui ont déjà 15 à 20 ans d’âge.
Les Echos : Pensez-vous que le Forum du développement urbain de Bamako qui vient de s’achever était nécessaire et quelles en sont les conclusions ?
A. S. : Je pense que le Forum du développement a été plus que nécessaire ; il était indispensable. Bamako a un certain nombre de partenaires au-delà des villes avec lesquelles nous entretenons des relations de coopération. Nous avons des partenaires au développement comme la Bad, la Banque mondiale, l’Agence française de développement… Et chacun essaye d’intervenir sur l’assainissement, la santé, l’école, etc.
Mais, on ne savait plus ce que chacun faisait notamment en matière d'assainissement. La SNV était venue me voir pour dire qu’il y a trop de désordre dans la gestion de l’assainissement. Elle travaille avec les six communes et souhaite trouver un leader au niveau de Bamako pouvant être leur porte-parole au niveau de la ville. L’ensemble des maires est venu, il a été convenu que l’interlocuteur soit le district. Et à ce niveau, les Pays-Bas sont prêts à nous appuyer dans l’assainissement de Bamako.
L’année dernière, la ville d’Angers a voulu qu'elle et les villes de Lyon et de Bordeaux se retrouvent à Paris pour voir ce qu'il faut faire à Bamako afin que chacun ait un domaine bien défini.
C'est après tous ces constats qu'on s’est retrouvé pour les préparatifs du Forum du développement urbain de Bamako. Les recommandations issues portent essentiellement sur les cas présentés comme d’ordre prioritaire. Il faut qu’on sache que la coopération décentralisée vient en appoint, les premières ressources, c’est nous-mêmes. Au forum, les questions de ressources étaient transversales et ressortaient partout. Le Forum a été une réussite, les gens ont affirmé qu’ils n'y croyaient pas trop au départ. Mais le résultat est là. Il fallait oser le faire.
Les Echos : Bamako manque de plus en plus de poumons, les "jungles" ont été rasées pour les besoins de lotissement ; on parle de changements climatiques. Qu'allez-vous faire ?
A. S. : J’avoue que cette question est très difficile pour donner une réponse précise. J'étais au sommet sur la biodiversité, mais je n’ai pas eu le privilège d’être à Copenhague pour la dernière grande rencontre sur le réchauffement climatique. Mais depuis deux ans avant que le débat ne soit aussi houleux, nous avons au niveau du conseil du district, pris une décision pour davantage reboiser à Bamako. Nous avons souhaité voir dans le cadre du projet Loire-Niger comment entretenir davantage le lit du fleuve. Au-delà des questions, il faut voir la situation du fleuve Niger. Cela dépasse de loin les moyens de Bamako et même de l’Etat malien. Je pense que le fleuve Niger est sous-régional. Il faut que les autorités sous-régionales essayent de réfléchir sur la question pour voir dans quelle mesure on peut draguer le Niger.
Tout n’est pas des questions d’espaces verts, tout n’est pas des problèmes liés aux lotissements par rapport aux endroits qui étaient naguère des forêts presque classées. Mais il faut que chacun essaye de se dire qu'il peut planter un arbre, 2 arbres et qu'il peut les entretenir. Je suis certain que si l'on arrive à s'engager dans cette voie, on va encore voir Bamako reverdir. Au niveau des conseils communaux, les gens font des efforts. Mais, c’est avec l’effort des populations qui doivent accepter de nous accompagner que les changements souhaités seront palpables. Sans l'engagement des uns et des autres, la lutte aura du mal à réussir.
Les Echos : On parle beaucoup du jumelage/coopération Angers-Bamako. Nos souvenirs de jeunesse nous font penser souvent à des villes comme Rochester (Etats-Unis) liées à la capitale par des accords de coopération. Qu'en est-ils précisément de Rochester ?
A. S. : On en parle souvent aussi. Pour vous prouver qu’on a parlé, nous avons envoyé deux correspondances à Rochester à l’adresse que nous avions pour leur dire que nous voulions rétablir les liens de coopération. Il y a eu un moment de silence. Mais Son excellence Mme l’ambassadeur des Etats-Unis d'Amérique à Bamako nous a promis qu’elle va envoyer un message à la ville de Rochester pour que cette coopération puisse voir le jour. C'est très souvent comme ça dans la coopération internationale : le jumelage entre deux villes peut tenir à deux individus. Et dès qu'ils ne sont plus là, elle bat de l'aile. Sinon au niveau de Montréal (Canada), les choses marchent. Nous pensons qu’avant la fin de ce mandat, nous pouvons faire remonter le budget du district à des montants encore plus intéressants grâce à l'aide de deux missions de la ville de Montréal.
Les Echos : Etre maire d'une ville comme Bamako, est-ce une mission facile ?
A. S. : C’est une tâche difficile parce que les difficultés sont innombrables et tout le monde veut tout, tout de suite. Personne ne se donne un devoir. Tous les citoyens pensent à leurs droits, mais pas à leurs devoirs. La décentralisation est un acquis. Mais comme dans tous les pays du monde, nous faisons beaucoup de sortie. Nous rencontrons d’autres élus.
Les Echos : De quelles ressources financières disposez-vous pour réaliser vos ambitions ?
A. S. : Nous avons des ressources propres. Nous avons des marchés. Le Marché rose, celui de Médine, la gare routière de Sogoniko, de Djocoroni sont des infrastructures qui permettent à la ville de Bamako d'avoir des recettes. La redevance sur l’éclairage public est également source de recettes de Bamako. Il y a les patentes, les vignettes. Autant de ressources que nous mobilisons. Mais je dois par honnêteté dire que nous les mobilisons souvent mal. Nous avons 7,8 milliards de F CFA. Ce n’est pas un budget d’investissement. C’est pour cette raison que le président de la République tient à ce que Bamako retrouve sa coquetterie d’antan. Tous les grands investissements se font dans le cadre du Programme de développement économique et social (PDES) du président de la République. Réellement, il a une vision particulière pour faire en sorte que Bamako soit une ville coquette.
Les Echos : Contrairement à des villes comme Dakar, Bamako n'octroie pratiquement pas de bourses d'études en direction de la France par exemple aux meilleurs bacheliers ou pour des études post-universitaires. Pourquoi ?
A. S. : Ce n’était effectivement pas dans l’orientation du jumelage. Mais depuis deux ans, nous sommes en train de nous battre afin qu’à travers la ville de Bamako et de Lyon, d’Angers, de Bordeaux, d’Evry… nous puissions offrir des bourses d'études aux meilleurs élèves afin de créer une saine émulation. Nous avons déjà signé une convention avec l’Université de Bamako et lors de la visite d'Alain Juppé, nous avons tenu qu'il y ait une rencontre à l'Université de Bamako dans ce sens. C’est pour cela aussi que l’Université a été à nos côtés du début à la fin du Forum. D’ici 2011, nous allons voir ce qu’il y a lieu de faire entre l’Université de Bamako et celle de Bordeaux.
Les Echos : Quels sont vos rapports avec les notabilités et singulièrement avec les familles fondatrices de Bamako ?
A. S. : Ils sont excellents, emprunts de courtoisie et de respect mutuel.
Les Echos : Si c'était à refaire seriez-vous candidat au poste de maire du district de Bamako ?
A. S. : La candidature à la mairie de Bamako n’est pas personnelle, elle est l'émanation de mon parti l'Adéma/PASJ. Je souhaite que le mandat qui m’a été confié se passe bien. En fonction de ça, on peut savoir si on est prêt à accepter la volonté encore du parti.
Propos recueillis par
Alexis Kalambry et
Abdoul M. Thiam

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A PROPOS DU PCD
" Le Mali est à jour", selon le Ségal du MMEIA
Base du soutien au secteur privé, la coordination du Programme communautaire de développement (PCD) de la Communauté économiques des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cédéao) est assuré par le ministère des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine, qui affirme que seuls 4 pays ont élaboré leur PCD, dont le Mali.

La Cédéao a initié le PCD pour harmoniser et unifier des initiatives de développement du secteur privé en tenant compte des spécificités de chaque Etat membre. Pour arriver à cette fin, la société civile doit prendre une part active dans la confection du Programme.
Mais, au Mali certains acteurs de la société civile s’estiment marginalisés dans le processus d’élaboration du PCD-Mali, une accusation que les autorités du ministère des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine réfutent. "La société civile a été impliquée massivement à toutes les rencontres l’élaboration du PCD", témoigne Mamady Traoré, secrétaire général du MMEIA.
Au cours d’un entretien, M. Traoré a fait la genèse du processus de délibération du PCD-Mali qui avait été confié au préalable, selon lui, par la Cédéao au Comité national de politique économique (CNPE) pour mener l’étude d’élaboration du Programme.
" La Cédéao avait recruté un consultant au profit du CNPE pour élaborer le programme", rappelle-t-il, révélant que l’exercice avait "traîné" à l'époque. Face à ce retard, la Cédéao s’était ravisée. Entre-temps, le MMEIA a été créé au Mali. A l'en croire, c’est à partir de ce moment-là que son ministère a pris la coordination de l’élaboration du PCD.
" Dans un premier temps, nous avons organisé un atelier d’information sur le PCD. A cet atelier, ont participé toutes les structures que la Cédéao avait pressenti comme pouvant être impliquées dans l’élaboration du PCD", note M. Traoré. Et de préciser que toutes les organisations faîtières et la société civile, à travers la Coordination de la société civile, ont participé à cette rencontre.
Les autorités du ministère des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine soutiennent avoir même mis en place un comité de suivi de l’étude menée par le consultant recruté par la Cédéao. Les observations sur les projets proposés par ce consultant ont, disent-elles, été faites en collaboration avec la société civile.
" Quand le consultant a terminé son rapport, nous avons organisé un 2e atelier de restitution lors de laquelle nous avons demandé à la Coordination de la société civile de désigner les représentants qui étaient au moins une dizaine, dont la présidente de la coordination, Dr. Mariam Maïga".
Aux termes de ces travaux, une réunion sous-régionale a eu lieu en Côte d’Ivoire au cours de laquelle chaque pays devait présenter son PCD. A cette occasion, la Cédéao s’est rendue compte que seuls quatre pays parmi lesquels le Mali avaient finalisé leur programme. Ce qui fera dire au secrétaire général du ministère des Maliens de l'extérieur et de l'Intégration africaine que "le Mali n’est pas à la traîne de la Cédéao".
Amadou Waïgalo

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BRUITS SOURDS
" Air Cocaïne" : la piste était déjà balisée
Le trafic international de la drogue dans notre pays n'est plus un secret pour le Malien lambda. Le Nord s'est particulièrement illustré dans ce commerce illicite avec son lot de grand banditisme. L'atterrissage de l'avion colombien, il y a quelques mois à Tarkint, dans le cercle de Bourem, suspecté de contenir de la cocaïne et qui a été brûlé par ses affréteurs n'était pas fortuit. Selon des indices recueillis sur place par des enquêteurs, cet avion baptisé par la presse nationale "Air Cocaïne" n'était pas à son premier atterrissage dans cette zone. La piste ainsi que son balisage et les matériels de transmission retrouvés sur place portent à croire que notre pays a affaire à des professionnels du trafic international de la drogue.

Place de la République : gendarmes contre dealers
La police malienne qui semble montrer ses limites dans la lutte contre le narcotrafic est relayée par la gendarmerie nationale. La preuve, à la place de la République, en Commune II, des gendarmes en civil traquent ces derniers temps, de jour comme de nuit les dealers. Ceux-ci ont pour quartier général les abords immédiats de l'Assemblée nationale, de la Maison du combattant et de la Maison des artisans. Une zone surtout réputée dangereuse à cause de sa fréquentation par des vagabonds et voleurs à la tire de tout acabit. En plus, les quartiers environnants sont réputés être des nids de la drogue où se ravitaille la pègre bamakoise.

Drogue : l'argent sale qui enrichit
Une couche de la population s'est vite enrichie avec l'argent de la drogue. C'est pourquoi la CIA, le service d'espionnage et de contre-espionnage américain a remis, il y a peu la liste de 57 personnalités aux autorités maliennes qui sont sommées d'enquêter sur les faits et gestes de ces suspects qui ont la main entachée de cocaïne. Le commerce de cette substance nocive a enrichi bigrement et créé une nouvelle classe de milliardaires au Mali. Il n'est pas rare de voir de jeunes hommes et filles dont on ne connaît aucune activité et qui n'ont aucun passé de bourgeois, mais qui roulent carrosses. Selon des constats, Bamako a le plus grand parc de "Hummer", "d'Infiniti", de "Q7"… Cette nouvelle bourgeoisie est pourtant connue des limiers de la police. Mais on a l'impression que c'est ni vu ni connu.

Mairie du district : création d'une taxe touristique
Pour soutenir le développement de la ville de Bamako, les autorités du district ont envisagé la création de la taxe touristique. Il s'agit d'un service qui sera basé au Musée national et qui aura pour tâche de vendre des tickets aux touristes et autres visiteurs. L'argent qui sera collecté, estimé entre 450 et 500 millions de F CFA par an, contribuera à soutenir les caisses de la mairie et faire face au programme d'embellissement de la Capitale des Trois Caïmans.

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JUGES POUR TROUBLES A L'ORDRE PUBLIC
Des jeunes de la Commune VI dans l'œil du cyclone
Pour opposition à l’autorité légitime, onze jeunes gens avaient été arrêtés et incarcérés. Leur jugement a eu lieu le 1er mars au Tribunal de première instance de la Commune VI, en présence du maire et de leurs parents. A l'issue de l'audience, ils ont été mis en liberté provisoire.
L'épée de Damoclès pendra longtemps sur la tête de Dramane Coulibaly dit Baco, Mamadou Dembélé, Mohamed Traoré, Madou Samaké, Souleymane Sangaré, Daouda Traoré, Balla Camara, Ibrahim Kéita, Moridjan Coulibaly, Moustapha Djiré et Sidi Sanogo jugés lundi par le TPI de la Commune VI. Ils avaient été interpellés et écroués pour troubles à l’ordre public.
Tout est parti d’un problème foncier. Le maire, par dévouement, avait donné aux jeunes un terrain à la Cité Unicef. Par la suite, il s’est avéré qu’Amadou Djigué possédait un titre foncier sur la parcelle en question. Quand le propriétaire a démarré les travaux de construction, il a été chaque fois interrompu par les jeunes.
Ayant pris connaissance du problème, le maire avait fait appel au détenteur du titre pour savoir ce qu’il comptait faire pour les jeunes. Amadou Djigué étant parfaitement dans ses droits, avait néanmoins proposé d’aménager le reste du terrain, de l’entourer d’une grille de protection, de fournir des équipements sportifs. Et tout cela accompagné d’une importante somme d’argent.
Insatisfaits, les jeunes ont refusé l’offre et tenaient coûte que coûte à leur terrain. Pour pouvoir continuer ses travaux et sécuriser ses manœuvres, Amadou Djigué a demandé l’intervention des forces de l’ordre. C'est la goutte d'eau qui va déborder le vase. Furieux et refusant le règlement à amiable, les jeunes se sont armés de couteaux, de coupe-coupe, etc. pour affronter des forces de l’ordre. C’est la raison de leur arrestation et de leur mise à la disposition du parquet.
A la barre, le président des jeunes de Sogoniko, Dramane Coulibaly dit Baco, a dit que "les gendarmes se sont procurés de ces armes dans les familles pour en faire des preuves contre nous. Sinon aucun jeune n’avait sur lui d’arme blanche". Interrogés, ses camarades d'infortune ont nié les faits à eux reprochés. Chacun a donné un argument prouvant son innocence.
Pour le maire Souleymane Dagnon, les jeunes n’ont pas fait preuve de bonne compréhension dans cette affaire. "J’ai tout fait pour les raisonner, mais ils n’ont rien voulu comprendre. Je leur demande de faire preuve de compréhension à l'avenir et d'œuvrer à la construction de la Commune et non à sa destruction".
Les avocats ont plaidé la libération des présumés coupables et assuré qu'on ne les y reprendrait plus.
Le procureur, représentant le ministère public, a estimé que la justice est sociale et que son objectif est de rétablir, chaque fois de besoin, l’ordre public en appliquant le droit.
A la requête du maire, et du propriétaire du titre foncier, Amadou Djigué, les jeunes ont été jugés et mis en liberté provisoire.
Anne-Marie Kéita

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COUP D'ETAT AU NIGER
Déclaration des Boucliers de la démocratie
Les Boucliers de la démocratie ont appris le 18 février 2010 le coup d’Etat perpétré contre la personne du président Tandja et ont pris acte de la situation.
A cette occasion, nous Boucliers de la démocratie saluons avec ferveur ce coup de force pour le retour de la démocratie, car cela n’est que justice rendue après des mois de tractations et d’incompréhension autour d’une question sensible qu’est "La Constitution de la République".
Le président Tandja, dont le mandat prenait fin le 22 décembre 2009, s’entêta malgré l’opposition du peuple nigérien et de la communauté Internationale, en organisant une mascarade dite référendum qu’il remporta avec plus de 90 % des voix. La vérité vient de triompher, l’ensemble de la population nigérienne, qu’il disait le soutenir, a salué le coup d’Etat et espère vite le retour à l’ordre constitutionnel.
Ce qui s’est passé au Niger reste à tout jamais une victoire pour le peuple qui a montré son mécontentement et sa désapprobation depuis longtemps.
Ce coup d’Etat, nous l’espérons bien, servira de leçon à tous ceux qui pensent que le pays s’arrêtera après leur départ.
Nul ne peut prétendre être indispensable en ce qui concerne la vie d’une nation ; tous les fils de la nation quelle que soit leur ethnie, religion ou appartenance politique, peuvent d’une manière ou d’une autre apporter leur pierre à la construction de la nation.
Les Boucliers de la démocratie défendent et défendront avec vigueur les principes de base de la démocratie dans son ensemble.
Ainsi, nous en appelons à l’esprit civique des chefs d’Etat en ce qui concerne l’alternance au pouvoir et le respect strict de la Constitution.
Les Boucliers de la démocratie restent convaincus que la démocratie est plus que jamais un moyen de développement, cependant sa sauvegarde dépend du sort que nous lui réservons.
Nous appelons tous les défenseurs de la démocratie à se réveiller et à rester vigilants, car l’heure est grave et le constat devient de plus en plus amer.
Les Boucliers de la Démocratie profitent de ce moment opportun pour lancer un avis à tous ceux qui partagent leurs idéaux de se joindre à eux pour ensemble porter haut le drapeau de la démocratie afin que la vérité continue de triompher.
" Ensemble nous sommes forts, unis nous vaincrons".
Bamako, le 20 février 2010
Les Boucliers de la démocratie
Le président

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