Cooperative culturelle ; Cooperative multimédia
Jamana Contact
Imprimer
 

 

 

2010

Mois de mars

Les Echos du 1er mars

 

LE MAOULOUD ENDEUILLE A TOMBOUCTOU
Ils meurent sur le chemin du prophète
Une bousculade meurtrière a fait 46 morts et 54 blessés, le jeudi 26 février aux environs de 22h 30 près de la Grande mosquée de Tombouctou où étaient réunis des milliers de fidèles pour célébrer le Maouloud marquant la naissance du prophète Mohamed (PSL).
A l’instar de la umma islamique, la population de Tombouctou a commémoré la fête anniversaire de la naissance du prophète Mohamed (PSL) communément appelée Maouloud. Cette fête est l’un des événements les plus importants pour la communauté musulmane de Tombouctou depuis plusieurs siècles.
Le prophète Mohamed (PSL) est né le 12 du mois lunaire qu’on appelle rabbi walawal. Chaque douze du mois, les musulmans célèbrent cette date. Cette fête a été introduite à Tombouctou vers le XVIe siècle et le premier qui a institué le Maouloud dans la ville sainte est un saint du nom d’Abul Qassim Al Touati, originaire de Touat en Algérie.
Comme ce fut une tradition, les fidèles de Tombouctou, à chaque Maouloud, convergent des quatre coins du monde, des quartiers, de toutes les ruelles de la ville pour accomplir leur rite religieux. Le rituel consiste, pour les fidèles, de faire le tour de Djingareïber, la grande mosquée de la ville, qui date de 1325. Au cours du rituel, les musulmans formulent des vœux, demandent pardon à Dieu et implorent le Tout-Puissant pour que leurs vœux soient exaucés.
Les festivités du Maouloud, du jeudi 26 février 2010 ont malheureusement tourné au drame. La ville a été endeuillée par une bousculade meurtrière survenue aux environs de 22 h 30, à côté de la mosquée où étaient rassemblés des milliers de fidèles. Des travaux autour de l’édifice religieux ont empêché les fidèles de faire le tour complet. Ils ont été bloqués dans une ruelle exiguë qui a provoqué un mouvement de panique.
Mosquée en restauration
Selon un premier bilan provisoire, le mouvement de panique a fait 16 morts dont 13 femmes et 2 garçons et 41 blessés. La mosquée de Tombouctou était en restauration depuis quatre années avec le soutien du prince Agha Khan. Les travaux doivent prendre fin en principe cette année. Une des ruelles principales, à cause de la restauration, était barricadée.
Les fidèles ont changé d’itinéraire. Ils ont emprunté une ruelle située à côté de la mosquée, très sombre et remplie d’obstacles (pneus, bois, élévations) pour empêcher le passage des motocyclistes. Ces obstacles ont été installés devant les familles par leurs propriétaires servant de garde-fou. Les fidèles sont habitués à faire le tour dans les deux sens. Chacun voulait passer. Malheureusement il y a eu croisement, la foule a paniqué. La plupart des victimes sont décédées par suite de piétinements et d’étouffements.
Le bilan s’est alourdi par suite de décès de blessés et faisait état de 46 morts deux jours après le drame. Le jour de l’incident, les autorités n’ont pu enregistrer à l’hôpital régional que 16 corps. Certains corps ont été enlevés sur les lieux par les familles des victimes avant même l’arrivée des secouristes.
Les dégâts ont pu être limités grâce à la promptitude de bonnes volontés et de la protection civile. Des corps coincés ont été extraits par la foule et des blessés transportés d’urgence à l’hôpital sur des motos pour les premiers soins avant l’arrivée des secouristes. La protection civile, le corps médical, les forces de l’ordre, les militaires, sous la supervision du gouverneur se sont beaucoup impliqués.
Le déploiement des forces de l’ordre pour sécuriser l’hôpital a évité l’attroupement de la population devant l’hôpital. Chacun y allait pour voir s’il n’avait pas de parent parmi les victimes.
Abdou Maïga
(correspondant régional)

Ils ont dit…
Colonel Mamadou Mangara (gouverneur de Tombouctou) : "C’est un drame à prendre avec philosophie"
" Je m’incline devant la mémoire des morts et souhaite prompt rétablissement aux blessés. C’est un drame qu’il faudrait prendre avec philosophie. Depuis longtemps, les fidèles accomplissent ce rite en faisant le tour de la mosquée. Il n’a jamais posé de problème. Si c’est arrivé cette année, il faudrait aussi compter avec des incidents de parcours. Mais cela ne nous démoralise pas jusqu'à dire que tous est à reprendre ou à abandonner. Non ce ne sera pas le cas ! Vous savez, la mosquée de Djingareïber est en construction avec la bénédiction du prince Agha Khan, qui a bien voulu nous assister. Chaque année, il est de coutume que les gens se retrouvent ici, amènent du banco pour soutenir la restauration de la mosquée qui a été construite depuis 1325. Les travaux de restauration nécessitaient les barricades par endroits pour permettre de faire le travail en toute tranquillité. Mais alors avec l’insécurité signalée çà et là par les autorités françaises, Agha Khan avait stoppé les travaux au profit des travaux de restauration de la mosquée de Djenné. Entre-temps, les voies sont restées obstruées alors que les gens sont habitués à faire le tour dans les deux sens. Avec la réduction des passages, les fidèles ne savaient pas qu’il y avait toutes ces restrictions".

Abdrahamane Ben Essayouti : (Imam de Djingareiber) : "Nous n’avons jamais connu un drame de ce genre"
" Au moment où le drame se produisait, je n’étais pas présent. Mais quand je suis arrivé sur les lieux j’ai compris automatiquement ce qui explique cette bousculade. Le Maouloud est célébré à Tombouctou depuis le XVIe siècle. Nous n’avions jamais connu un drame de ce genre. Chaque fête anniversaire de la naissance du prophète, les gens font le tour de la mosquée. Bien que religieusement ça ne s’explique pas en dehors de la Kaaba, on ne doit pas tourner autour de n’importe quel édifice. Mais, par tradition, les gens le font. Une des ruelles principales à cause de la restauration était barricadée. Les gens ont changé d’itinéraire. Ils ont emprunté une autre ruelle pleine d’embûches. Non seulement la ruelle était obscure, il y avait également des pneus devant les portes, des briques, des bois et une petite élévation de mur en béton. Cette nuit il y avait une grande affluence, dans l’obscurité tous ceux qui arrivaient étaient butés à ces obstacles. Ce sont les plus faibles, les enfants, qui tombaient et ils étaient au milieu de la foule.
Nous remercions les autorités administratives, la protection civile, le corps médical, les services de l’ordre, les militaires surtout le gouverneur de région qui a fait acte de présence et de solidarité tout au long de l’événement. Le dispositif sécuritaire a permis de circonscrire les dégâts. Nous remercions le chef de l’Etat, qui s’est rendu au chevet des blessés sur place à Tombouctou et présenté ses condoléances aux parents des victimes avec une enveloppe de 30 millions de F CFA. Il a ordonné d’évacuer les blessés à Bamako".

Liste de quelques victimes connues
1. Achida Maïga (16 ans)
2. Mahamane Ben Cissé (2 ans)
3. Lalla Diabaté (22 ans)
4. Ousmane Maïga (7 ans)
5. Halimatou Cissé (18 ans)
6. Konimba Niaré (14 ans)
7. Iknede Wallet Misseytanate (54 ans)
8. Lalla Abass Haïdara (56 ans)
9. Hadidiatou Cissé (12 ans)
10. Rachida Youssouf (11 ans)
11. Fatoumata Mint Ibrahim (12 ans)
12. Aïssa Dédéou (17 ans)
13. Azahara Wallet Baiya (24 ans)
14. Aichata Diallo (24 ans)
15. Fadimata Wallet Amga (8 ans)
16. Kadiatou Ouattara (8 ans)

Acceuil


IL FAUT LE DIRE
Ils ont pris le Mali en otage
" Le Mali est aussi victime et otage de cette situation [Ndlr, l’insécurité dans la zone du Sahara qu’on partage avec l’Algérie et la Mauritanie, entre autres]. Nous sommes des otages lorsque des otages sont pris".
Voilà ce qu’a déclaré le chef de l’Etat Amadou Toumani Touré, le président de tous les Maliens, à la presse en recevant nuitamment son homologue français Nicolas Sarkozy mercredi dernier. Il s’expliquait sur la décision de libérer quatre membres d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) contre le Français Pierre Camatte que détenait l’organisation classée parmi les organisations terroristes par les USA, la Grande-Bretagne, mais aussi l’Union européenne, la France y compris.
Pierre Camatte était l’otage de "fanatiques" comme il qualifiait lui-même ses ravisseurs à sa descente d’avion, jeudi matin, sur l’aéroport de Villacoublay près de Paris. Et ces "fanatiques" ne semblent pas avoir de pays ou tout au plus ne s’attachent à un pays que lorsqu’ils y trouvent la tranquillité et où on obéit à… leur Kalachnikov. Le Nord-Mali, "Sud d’un pays, Nord d’un autre pays et Ouest d’un troisième" est donc ce lieu où ces "fanatiques" se sentent bien chez eux en sécurité. Mais n’allez pas dire que "cette histoire ne nous regarde pas" !
" Nous sommes des otages lorsque des otages sont pris". ATT ne croit pas si bien dire. Mais, en cédant à AQMI "dans une histoire qui ne nous regarde pas", pour quelque raison que ce soit (raison humanitaire ou raison d’Etat), le président de la République du Mali s’est lui-même livré pieds et mains liés et avec lui tout un pays, c’est-à-dire moi, mes ascendants et mes descendants, vous, vos ascendants et vos descendants. Etonnant non ? Voilà donc le Mali otage et d’AQMI et d’ATT et de nos voisins et de nos "pays frères et amis".
La faute à qui ? "L’histoire ne nous regarde pas" ? Pourquoi voulez-vous donc que j’applaudisse "l’acte" posé par le grand patron, "qui aurait sauvé la vie" de M. Camatte dont j’ignore réellement ce qu’il faisait au nord ? "L’histoire ne nous regarde pas" ? Et pourtant, c’est la toute première fois, en cinquante ans d’indépendance, que des ambassadeurs sont rappelés par leurs gouvernements pour consultation.
" L’histoire ne nous regarde pas" ? Je ne le crois vraiment pas si l'on a la même compréhension de l’adage qui dit qu’"il vaut mieux avoir affaire à Dieu qu’à ses saints". Sans être exempte de reproche (qui l’est du reste dans ce bas monde ?), l'Algérie au moins participe à la formation des ressources humaines du pays en offrant plus de bourses d’études que l’Hexagone (spécialiste des reconduites de Maliens à ses frontières). Alger participe aussi au maintien de l’activité économique dans les régions du Nord-Mali. "L’histoire ne nous regarde pas" ? Tant pis !
A. M. T.

[haut]

Acceuil


PIERRE CAMATTE
Humanitaire ou espion ?
L’affaire Camatte, comme il convient désormais de l’appeler, n’a pas fini de dévoiler tous ses secrets.
Au lendemain de son retour chez lui après être libéré par ses ravisseurs islamistes d’AQMI au Nord-Mali contre quatre membres qui étaient détenus dans les geôles de Bamako, on apprend que l’homme qui s’était donné des allures d’humanitaire, n’en n’était pas vraiment un.
Le site Internet Bakchich affirme en se référant aux déclarations le 27 janvier dernier du coordonnateur national du renseignement à la présidence de la République française. Bernard Bajolet, le M. Espionnage de l’Elysée, himself, l’aurait déclaré devant l’Assemblée nationale française.
" Ce jour-là, rapporte Bakchich, en fin d’audition, Bajolet est en effet interrogé très timidement par le député socialiste Guillaume Garot sur les informations qu’il pouvait transmettre sur les agents des services retenus en otage". Et M. Espionnage, tout à sa tâche d’information des parlementaires d’annoncer que huit français étaient alors prisonniers à l’étranger : "Quatre au Soudan, un en Somalie, deux en Afghanistan", énumère-t-il et de préciser "un au Mali, Pierre Camatte".
C’était le 27 janvier dernier lors d’une très officielle audition à la Commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale. Et à Bakchich de se moquer "un agent secret carbonisé par son propre patron ? Depuis l’affaire de la divulgation publique des carnets du général Rondot dans l’affaire Clearstream, on n’avait pas connu plus grosse bourde dans les services depuis des années".
L’Elysée a beau démentir en affirmant que "c’est une fausse information, Pierre Camatte n’est pas agent de la DGSE", le sexagénaire français originaire des Vosges, intrigue surtout avec, le changement de nom adopté à Tidarmené dans le Nord-Mali. Pierre Karmat, écrivait même, avec surprise la presse officielle malienne. Une nuance qui intrigue aujourd’hui et surtout que "Camatte" paraît donc doté, comme l’on dit dans les services, d’une "légende" très crédible, justifiant ses allers-retours incessants entre la France et le Mali, souligne-t-on.
L’homme pourrait donc du fait de son profil, retraité paisible, président d’une association luttant contre le paludisme dûment enregistré à la mairie de son domicile, président du comité de jumelage Gérardmer-Tidarmené, "travailler sous couverture, pour mieux surveiller les mouvements dans ce qui est devenu l’une des bases arrières des terroristes algériens de l’ex-GIA enrôlés aujourd’hui sous la bannière de Ben Laden".
Mais apparemment, Bernard Bajolet, ancien ambassadeur en Algérie et en Irak notamment, chargé depuis juillet 2008 d’harmoniser la collaboration entre la DGSE (espionnage) et la DCRI (contre-espionnage), aurait confondu "dans une réponse confuse, le cas de Pierre Camatte, qui d’après les informations de Bakchich, était au Mali, un correspondant des services et celui d’autres otages, qui n’ont rien à voir avec les missions de renseignement de l’Etat français", précisait Bakchich plus tard.
Oussouf Diagola
(correspondant permanent à Paris)

[haut]

Acceuil


MALI
Le thermomètre vire au rouge
Le thermomètre bat des records au Mali ces dernières semaines. La canicule se propage dans tous ses états.
La chaleur expédie les personnes âgées à l’hôpital, fait bouillir le sang des usagers de la route et d’une partie du personnel aérien. La semaine dernière, le centre de Bamako était à la limite de l’explosion. Suite à la mort malheureuse d’un des leurs par la police, les conducteurs de "Sotrama" s’en sont pris à leurs collègues qui continuaient leur activité.
Ainsi, les habitants piégés devaient regagner leurs domiciles à pieds. C’est à travers ce type d’incident que l’on mesure la capacité des autorités à assurer un service minimum. Réaction nulle ! A l’avenir, il s’agit de mobiliser le parc automobile de l’Etat pour faciliter le retour des travailleurs chez eux.
Nombreux étaient ces personnes âgées, ces enfants assis en larmes sur les bords du pont roi Fadh pensant au chemin à parcourir. Le lendemain, plusieurs services étaient fermés dans la matinée. Ne faudrait-il pas évaluer l’impact économique de cette sortie des transporteurs ?
Cette démonstration n’est pas la seule à peser sur l’économie bamakoise ces temps-ci. Parlons aussi de ces embouteillages monstres qui découragent plus d’un à se rendre dans les lieux de commerce, de loisirs. Pis ! Les nerfs des automobilistes s’échauffent très vite après de longues minutes de bouchons. La loi du plus fort devient la règle et ils en viennent aux mains.
Il est vrai que les agents de sécurité font des efforts considérables pour rendre la circulation fluide, mais d’autres dispositions plus énergiques s’imposent comme la mise en place de bus faisant la navette entre les principales zones d’affluence de la capitale. La construction d’une ceinture, l’interdiction des pousse-pousse et des charrettes, la sensibilisation et les sanctions contre les automobilistes indélicats sont nécessaires pour réduire le nombre d’accidents et désengorger les ruelles.
Je suis resté bloqué dans les bouchons durant 3 h le jour de l’arrivée du nouveau chef de l’exécutif guinéen, Sékouba Konaté. Conséquence, j’ai manqué tous mes rendez-vous au Salon de l’habitat de Bamako. Si les routes ne sont pas coupées pour accueillir en grande pompe nos invités de marque, je pense qu’ils le comprendront bien en cette période de grands travaux. Tenez, comme beaucoup de nos concitoyens, je m’attendais à voir nos hôtes guinéens aux côtés de nos autorités à Tombouctou pour rendre hommage aux victimes de la bousculade du Maouloud.
Plus de 26 personnes sont mortes. L’administration locale affirme qu’elle résulte d’un mouvement de masse dans une zone en construction, à côté de la mosquée Djingareïber. Mais avaient-elles pris la peine d’avertir les populations ? Avaient-elles mobilisé suffisamment d’agents pour sécuriser les lieux ?
Ici, rien n’est bien grave. Il faut toujours s’en remettre à Dieu, or quand des incidents malheureux adviennent, il faut situer les responsabilités. Sinon d’autres négligences entraîneront d’autres catastrophes. Avez-vous vu la couverture qu’a faite l’ORTM de la tragédie de Tombouctou ?
En aucun moment, la chaîne de télévision nationale n’a donné la parole aux victimes, aux témoins. Ne parlons même pas de l’enquête journalistique. Aucune question pertinente n’a été posée aux responsables en charge de l’organisation et de la sécurisation de cet événement. On a l’impression que la rédaction a juste envoyé un cameraman et son perchiste.
Plus que jamais, cette nécessité de créer des chaînes de télévisions privées s’impose pour qu’afin l’actualité soit traitée d’un autre point de vue. Ça permettra également aux populations d’avoir accès plus rapidement aux informations. Le vendredi 26 février à midi, la grande majorité des Maliens ignoraient ce qui s’était produit dans la nuit, car ne disposant pas de chaînes de TV internationales comme Africa 24, France 24.
Je trouve le climat social de plus en plus tendu. Il ne tient qu’à nous pour remettre ce pays sur les rails. Pour un développement durable, nous devons construire une société dont la racine est l’intérêt public, la rigueur, l’honnêteté professionnelle, la solidarité et la justice sociale.
Birama Konaré

[haut]

Acceuil


ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
Le Snesup brandit de nouveau l'arme de la grève
Le Syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup) revient à la charge après quelques mois de trêve. Il menace d’observer une grève de 48 h du mardi 2 au mercredi 3 mars 2010 si ses doléances ne sont pas satisfaites.
A l’issue d’une assemblée générale extraordinaire qu’il a organisée samedi 27 février 2010 dans l’amphithéâtre de l’Ecole nationale d’ingénieurs (ENI) en présence d'une foule de militants, le comité exécutif national du Snesup a décidé d’observer une grève de 48 h qui commence ce mardi 3 mars 2010.
Cette grève intervient après l’échec des négociations dirigées par une commission de conciliation les 22 et 23 février 2010.
Le secrétaire général du Snesup, Dr. Abdou Mallé, accuse le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique de "volte-face" dans la gestion de leurs revendications qui portent sur l’alignement des salaires des enseignants de l’enseignement supérieur et des chercheurs de l’éducation sur ceux des homologues de la sous-région, la mise en place de la nouvelle hiérarchie (assistant, maître de conférences et professeur). Le Snesup réclame aussi l’augmentation du taux de l’heure supplémentaire et l’intégration des travailleurs contractuels de l’enseignement supérieur à la fonction publique de l’Etat.
Les enseignants ont déploré l’attitude du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique qui a, révèlent-ils, fait défection le 22 février au cours d’une rencontre de négociation au sein du département.
" Il n’y avait personne pour nous écouter alors que c'est le département même qui a convoqué la rencontre", regrette M. Mallé avant de charger un chargé de mission du ministère pour "manque de courtoisie" à leur égard.
Pour le secrétaire général du Snesup, les trois premiers points sont les préalables de l’introduction du LMD (licence, master, doctorat). En effet, les syndicalistes considèrent leurs revendications comme les recommandations du Forum national de l’éducation organisé en 2008.
Le système LMD vise l'harmonisation des formations et des diplômes dans la sous-région et dans le monde. De ce fait, le Snesup estime que pour la réussite de cette innovation le gouvernement doit prendre des mesures d’accompagnement en accordant aux enseignants du supérieur les mêmes traitements que leurs homologues des pays membres de l’Union économique monétaire ouest-africaine (Uémoa).
" Comparé à son homologue du Niger, un professeur de l’enseignement supérieur du Mali perçoit des miettes et pourtant on nous demande encore plus de sacrifice malgré des conditions de travail misérables. Nous sommes convaincus que le gouvernement peut nous accorder de meilleurs traitements s'il diminue par exemple son train de vie qui n’a aucun impact positif sur le développement", suggère un professeur.
Amadou Waïgalo

Rejet
Salam Diakité, chargé de mission au ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique est dans le collimateur du Snesup. "M. Diakité a tenté de m’agresser lors des négociations et a menacé de me tabasser", dévoile Dr. Abdou Mallé. Le Snesup persiste et signe qu’il ne cédera pas et ne souhaite plus avoir comme interlocuteur ce collaborateur direct du ministre que certains considèrent comme le spécialiste du système LMD.
A. W.

[haut]

Acceuil


 

POLITIQUE
Autre temps, autres mœurs !
Le Mali berceau des grands empires a engendré des grands hommes qui ont toujours su faire preuve de responsabilités devant l’histoire sans faire perdre la face à notre pays en respectant ses intérêts vitaux mêmes au péril de leur vie.
Le général de Gaulle disait de Modibo Kéita (le père de notre indépendance) qu’il avait : "Le sens de l’honneur", car il a défendu les intérêts du Mali sans compromission. Le général Moussa Traoré a dit non à la Baule en 1990, à M. François Mitterrand en disant que : "La démocratie n’est pas une camisole de force" même si on connaît la suite de l’histoire (son renversement en mars 1991).
Le président Alpha Oumar Konaré a dit non à Jacques Chirac en 1997, en refusant de faire le déplacement de Dakar pour aller l’y rencontrer.
Ces faits de ces hommes d’Etat qui connaissaient l’histoire et la culture de notre pays ont fait notre fierté, mais depuis le vendredi, 19 février 2010, à 6 heures du matin, le peuple combattant du Mali, peuple fier, digne et debout a été humilié et traîné dans la boue.
De quoi s’agit-il ? En effet, il s’agit de la plus grande parodie judiciaire jamais organisée au Mali, orchestrée par la France, car c’est le secrétaire général de Nicolas Sarkozy qui a élaboré l’arsenal juridique présenté à ATT lors de la deuxième visite surprise à Bamako de Bernard Kouchner, qui a servi de support à ce procès inqualifiable.
Des faits relevant de la Cour d’assises selon le droit positif malien et les conventions internationales, dont le Mali est signataire, ont été jugés par le Tribunal de la Commune III de Bamako, le vendredi 19 février à 6 heures du matin en les condamnant à neuf mois de prison ferme, c'est-à-dire la durée de leur détention provisoire.
Et cela pour répondre favorablement à la demande de Paris en satisfaisant les exigences des ravisseurs d’AQMI (Al-Qaïda pour le Maghreb islamique) pour la libération de Pierre Camatte, détenu en otage au Mali. Ce qui s’est passé ici est un précédent très fâcheux de notre histoire, une injustice très grave comme on dit en droit : "Summum jus, summa injura", l’injustice n’est encore grave que lorsqu’elle se fonde sur le droit.
La France qui nous a imposé la libération de ces terroristes a refusé d’échanger un prisonnier iranien contre Clotilde Reich dans un passé récent et en matière de terrorisme la règle internationale, c’est la fermeté, nous avons tous été indigné par l’assassinat du citoyen britannique en 2009 au Mali. La pauvreté est-elle une honte ? Une vie vaut telle-elle plus qu’une autre ?
Je pense que non ce n’est pas une honte d’être pauvre et toutes les vies se valent, c’est vrai quand il s’agit de vie humaine la situation est toujours délicate, mais dans ces genres de situation nous ne devons jamais perdre de vue que ces hommes ont tué des citoyens maliens et un citoyen britannique et vont continuer à en tuer si nous ne sommes pas capables de faire des sacrifices en nous montrant à la hauteur des menaces et des enjeux.
C’est vrai que les pays n’accordent pas les mêmes valeurs et traitements à leurs citoyens, le cas du Mali est édifiant. Jamais le régime d’ATT n’a secouru un Malien en danger. Nous sommes les grands orphelins du monde. Contrairement au PDES (Programme de développement économique et social), on se contente tout simplement d’envoyer quelques sacs de riz et le prix du condiment aux ayants droits et c’est tout.
En cette année du cinquantenaire, les hommes de culture doivent jouer leurs rôles pour mettre fin à la dérive du Mali, car la culture est à la société ce que l’essence est pour la voiture. Ils doivent rappeler à ATT que ce n’est pas à lui ATT de dire à Me Abdoulaye Wade, l’empereur, que c’est le Mali qui a engendré des empereurs.
Devant cette situation, nous ne devons pas rester silencieux si nous ne voulons pas être complices de la situation, car comme disait Sékou Touré : "Le silence devant le crime a ses implications de responsabilités dans le crime commis".
Comme toujours quand il s’agit de l’abaissement du Mali, les apatrides sont à l’œuvre avec leurs voix rassurantes, Maliens ne les écoutez pas, c’est l’engourdissement qui précède la paix de la mort.
Mais comme pour toujours quand il s’agit de l’honneur du Mali, partout des hommes vont se lever pour combattre les partisans du renoncement et les auxiliaires de la décadence. Avec gravité et résolution, nous vous appelons à un nouveau combat, celui du Mali d’hier, de demain et de toujours.
Debout sur le champ de l’honneur et de la dignité, unis et déterminés, nous allons triompher. Dieu bénisse le Mali.
Mariko Bakary

[haut]

Acceuil


 
LIBERATION DE TERRORISTES…
Le Craj dénonce le Mali "no man's land"
Pour le Craj, les autorités du Mali ont péché dans le règlement de l’affaire des quatre terroristes. Notre pays sera désormais la proie des islamistes.
Profitant d’une assemblée générale au Centre Djoliba le 27 février, le Cadre de réflexion et d’action des jeunes (Craj) n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour dénoncer la libération des terroristes précédemment détenus au Mali.
La libération des quatre terroristes continue de faire des remous au sein de la société civile malienne. Le Craj a organisé un meeting d’information samedi au Centre Djoliba sur le sujet. Devant un public qui a pris d’assaut la salle, l’association que dirige Mahamane Mariko a décidé de rendre public ses points de vue sur les questions brûlantes de l’heure "pour ne pas être complice des autorités politiques du Mali dans le mauvais traitement des dossiers".
Dans une déclaration, l’association dit avec vigueur son indignation et son inquiétude quant à l’avenir de la démocratie, de l’indépendance du Mali et particulièrement de sa justice. Le Craj trouve que la libération des terroristes jugés par la "justice" malienne en échange de la libération de Pierre Camatte, prouve que "le Mali continue de tanguer", mais aussi et surtout que ses relations néo-coloniales avec la France remettent en cause sa sécurité à ses frontières avec l’Algérie et la Mauritanie.
Pour les jeunes, c’est une première en Afrique que des terroristes soient jugés à "la suite de procès bâclés par la justice sous l’injonction du pouvoir exécutif en mission commandée de la France". Ce qui, à leurs dires, prouve que notre pays "est en train de devenir un no man's land avec ses corollaires d’insécurité frontalière et urbaine à cause du laxisme de nos hautes autorités".
Mahamane Mariko et les siens, fidèles aux idéaux de démocratisation et de bonne gouvernance, réitèrent toute leur disponibilité et leur engagement pour le combat d’un Mali émancipé dans une Afrique libre unie et prospère.
L’annulation des élections municipales en Commune IV par la Cour suprême, les problèmes d'Huicoma ont été également abordés. Sur la question des élections en Commune IV, le Craj retient que "les autorités n’ont aucun égard pour le vote des citoyens".
Amadou Sidibé


[haut

Acceuil


DU NOUVEAU AUX EDITIONS JAMANA

PETIT PRECIS DE REMISE A NIVEAU

SUR L'HISTOIRE AFRICAINE...

Prix:6500 f cfa

Droit civil

Tome 1: 4000f cfa

Tome 2: 6000f cfa

 

 

L'épopée shongoî

Prix:2500 cfa

La conjuration

Prix:4000f cfa

[haut]

acceuil

Dans ce site web vous trouverez :
OpeneNRICH

 

 




 
Les fondateurs
:: JAMANA : Coopérative Culturelle Multimédia AV. Cheick Zayed - Porte 2694 - Hamdalaye Bamako Mali ::
Tél. 00(223) 229 62 89 - Fax : 00 (223) 229 76 39 - http://www.jamana.org