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2010

Mois de mai

Les Echos du 24 mai

 

IL FAUT LE DIRE
Tueries gratuites
La mise à mort, constatée le 1er mai 2010, d’une lycéenne au flanc de la colline en plein midi à Bamako est une large brèche ouverte dans le cordon sécuritaire érigé par le "régime des généraux" afin d’assurer paix, sécurité et quiétude à toute la population.
Foutaises ! Même le clinquant des cérémonies de remise de moyens logistiques aux forces de sécurité ; les recrutements à tour de bras de frères, cousins, fils et neveux (…) au sein des forces de sécurité n’ont plus le don de nous faire rêver : nous frôlons la mort gratuite à chaque instant, à chaque coin de rue.
Parce que nous possédons un petit bien convoité par un malfaiteur, un accident prémédité irréparable est vite arrivé. Pour paraphraser un ex-ministre burundais des Affaires étrangères, on dira, sans risque d’être démenti, que l’espérance de vie au Mali est désormais "de 24 h renouvelables".
De fait, qui n’a pas entendu le procureur près la Cour d’appel de Mopti déplorer le nombre croissant des crimes de sang liés en particulier aux litiges fonciers aux Assises au Mali ? Qui n’a pas appris qu’un policier a récemment tué de sang froid un jeune Malien, lui tirant - comble de l’inélégance - dans le dos après une simple prise de bec ?
Combien de citoyens, partis à la quête de leur pitance quotidienne, sont tombés sous des balles scélérates depuis quelques années sur nos routes nationales ou foraines ? Combien d’enfants ont été sacrifiés sur l’autel des ambitions de Maliens pressés d’"arriver" ?
Si nul ne sait le nombre avec exactitude, une certitude cependant : l’Etat fait semblant d’assurer notre sécurité ; c’est un euphémisme pour dire que nous sommes une jungle où la seule règle qui vaille est l’adaptation/suppression, c’est-à-dire du darwinisme pur et dur : les plus faibles disparaissant sous les coups de boutoir des plus forts sans autre forme de procès.
Voilà pourquoi au lieu de trouver des solutions aux cris d’orfraie des populations plus que jamais dans la psychose de l’insécurité, des autorités en charge de la question se vilipendent sur des querelles byzantines. Ici, la loi du Talion est permise. "Tu me fais, je te fais" !
On pensait que notre mal à une limite. Que non ! C’est en ce moment de confusion mortelle que le projet d’abolition de la peine de mort est déposé sur la table de l’Assemblée nationale. Nous ne sommes ni pour ni contre, mais estimons qu’en l’état actuel des choses, il vaut mieux maintenir cette sentence pour dissuader bien des assassins en puissance. Dans le cas contraire, il va alors falloir que chaque Malien fasse emplette de son linceul et le trimballer partout.
Il est vrai que les motivations visant la suppression de la peine de mort se trouvent dans la volonté des prédateurs et dissimulateurs de deniers publics de l’y échapper éventuellement. Mais de grâce qu’on maintienne la mesure même si elle n’est pas appliquée ! Parce que chaque jour des citoyens sont lâchement abattus ; les auteurs de ces crimes lorsqu’ils sont débusqués et écroués n’en restent pas moins sereins sachant qu’après quelques mois de prison, ils sont relaxés. Sacrilège !
A. M. T.

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POUR INDISCIPLINE VIS-A-VIS DE L’ADEMA/PASJ
Kader et Adama proposés à la radiation

Pour s’être présentés contre le candidat du parti de l’Abeille à l’élection du président de l’Association des municipalités du Mali (AMM), une sanction a été proposée par le secrétariat permanent du CE Adéma contre Abdel Kader Sidibé et Adama N. Diarra.
La sanction tant prédite à l’encontre du maire de la Commune III et président sortant de l’Association des municipalités du Mali (AMM), Abdel Kader Sidibé, et son camarade Adama Noumpounoun Diarra, maire de la Commune rurale de Kourouma (Sikasso), est dans l’air du temps.
Selon une information relative à leur sanction qui a fait le tour de la capitale le samedi 22 mai et qui a été confirmée par le secrétaire permanent du CE Adéma, Abdel Kader Sidibé et Adama N. Diarra sont radiés de la direction du parti pour "indiscipline".
La mesure disciplinaire a été proposée par le secrétariat permanent du parti lors de sa réunion à son siège à Bamako Coura, le vendredi 21 mai 2010. Elle sanctionne la faute commise par Kader en sa qualité de secrétaire chargé des élus au CE Adéma et Adama, qui assure le rôle de secrétaire administratif adjoint du parti, pour s’être présentés contre Boubacar Bah dit Bill, le candidat de l’Adéma au poste de président de l’AMM.
Selon la procédure en la matière, le secrétariat général de l’Adéma propose la sanction à l’encontre d’un militant qui aurait transgressé les statuts et règlement du parti. Mais il revient à la direction du parti de l’entériner au cours de sa prochaine réunion.
En attendant cette réunion du CE Adéma qui se tient le premier et le dernier mercredi du mois, Abdel Kader Sidibé et Adéma N. Diarra, qui sont dans l’œil du cyclone, restent de simples militants à la base.
Abdrahamane Dicko

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VOL DE BOUTEILLES DE GAZ
Le calvaire des opérateurs gaziers
Le secteur du gaz, en pleine expansion au Mali, reste confronté aux vols et trafics illicites en tout genre.
Les opérateurs gaziers de notre pays sont confrontés à un nouveau phénomène : le vol des bouteilles vides de gaz. Oudiari Diawara, gérant de Sodigaz et président de l’Association des opérateurs gaziers, a voulu rompre le silence à la faveur d’un point de presse le vendredi 21 mai 2010.
Les plaintes pour vols de bonbonne de gaz sont monnaies courantes dans les commissariats. Elles émanent des sociétés d’emplissage de gaz aussi bien que des revendeurs agréés. La plupart des vols se fait avec effraction avec des cas de braquage de dépôts, de casses des casiers de bouteilles de gaz…
Aux dires de M. Diawara, le 8 mars 2010, un de ses livreurs s’est taillé dans la nature avec 18 000 bouteilles estimées à 18 millions de F CFA, appartenant à plusieurs de ses revendeurs. L’affaire portée devant le tribunal de la Commune V s’est terminée en queue-de-poisson.
Le présumé voleur appréhendé, a juste été condamné à rembourser le prix des bouteilles sur un échéancier. Le procureur a rejeté la demande de restitution des bouteilles faite par Sodigaz. Le 12 mars 2010, d’autres vols ont été signalés au 6e arrondissement en Commune I et 35 autres bouteilles déclarées au 3e arrondissement.
De 2008 à nos jours, des revendeurs de gaz non agréés ont été pris la main dans le sac dans plusieurs quartiers de Bamako et au marché Dibida. Ils ont fait l’objet de procès verbaux d’huissiers suivis de plainte. Ce qui montre la persistance de la spéculation de ce produit inflammable.
" Les bouteilles vides dont les prix sont estimés entre 10 500 à 12 500 F CFA font l’objet de trafic en direction de la Guinée-Conakry et du Burkina Faso", accuse Oudiari Diawara. D’autres bonbonnes sont bradées au marché Dibida où des commerçants véreux font des transvasements de gaz avec le danger d’explosion que cela comporte et surtout le vol sur la quantité de gaz transvasée.
Filières guinéenne et bukinabé
Aux dires de M. Diawara, "l’exportation de bouteilles vides sont totalement interdites au Sénégal et au Burkina Faso dont on ne retrouve aucune bonbonne sur le marché malien". Un arrêté interministériel en date du 25 septembre 2008 a été pris au Mali pour circonscrire le mal.
L’alerte donnée aux différents commissariats de la capitale n’a pas eu non plus d’impact. Selon Oudiari Diawara, "la police n’est généralement intervenue que dans des cas d’accidents mortels liés au transvasement de gaz butane". Le vol des bouteilles a complètement provoqué la pénurie de gaz dans certains quartiers comme à Kalabancoura.
L’utilisation du gaz butane a été vulgarisée dans notre pays et l’ensemble des Etats membres du CILSS en 1984 avec l’appui de la Communauté économique européenne (CEE). L’Amader a pris le relais pour doter les ménages maliens de réchaud à gaz.
La substitution du combustible à l’énergie ligneuse comme le bois et le charbon de bois, vise la protection de l’environnement en luttant contre la déforestation. Le constat aujourd’hui est que la consommation de gaz dans notre pays est passée de 220 tonnes en 1984 à 9400 tonnes en 2009.
Ce bond considérable constaté en 6 ans, dans le changement des mentalités au Mali pour l’utilisation de gaz au profit du bois n’aurait été possible sans l’effort de l’Etat à subventionner ce combustible. Le gaz de 3 à 6 kg aussi bien que tout le matériel entrant dans sa production sont subventionnés par l’Etat à 60 %.
Le marché de gaz malien est partagé entre les privés Sodigaz, Coumbagaz, Sigaz et Fasogaz. Celles-ci ont réalisé en six ans, 29 000 tonnes contre 27 881 tonnes pour les majors (multinationales) en 20 ans. Total est la seule multinationale encore présente dans le secteur.
Abdrahamane Dicko

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CONCOURS D’ENTREE A L’ENA
10 000 candidats, 100 places
Le concours d’entrée à la Nouvelle Ecole nationale d’administration (ENA) s’est déroulé le week-end. Pour 100 places, ils étaient 10 000 candidats en lice.
Aucun incident majeur n’a entaché l’organisation, samedi et dimanche, du concours de l’ENA. Cependant, les organisateurs du concours ont été confrontés à quelques petites difficultés.
Certains candidats du corps des administrateurs du travail et de la sécurité sociale et des affaires étrangères, qui ont concouru à l’Ecole centrale pour l’industrie, le commerce et l’administration (Ecica), ont subi les règlements du concours dans toute leur rigueur. En effet, ils n’avaient pas leurs cartes d’identité civile avec eux ou s’ils l’avaient, leur date de validité était dépassée.
Or, l’accès à la salle des examens était conditionné à la présentation de la carte d’identité. A l’Ecica, même les passeports et les permis de conduire n’ont pas été autorisés jusqu’à ce que le directeur de l’ENA Fousseyni Samaké téléphone, aux environs de 8 h 30, aux chefs de centres pour ordonner que toutes les pièces d’identité (passeports, permis de conduire, carte scolaires) soient admises dans les salles.
Avant ce coup de fil libérateur du directeur, certains candidats sans pièce d’identité avaient dû quitter les lieux sur l’injonction des forces de l’ordre qui étaient suffisamment mobilisées pour l’occasion.
A l’issue de la première épreuve, nous avons rencontré certains candidats qui se sont prononcés surtout sur la rigueur de la surveillance.
" Dès l’entrée dans la salle, le règlement est lu par un surveillant et chaque candidat est tenu de remettre son brouillon et sa copie avant de sortir", a témoigné Benogo Dao qui a concouru au compte du corps des administrateurs du travail et de la sécurité sociale. Pour lui, les sujets de culture général relatifs à "la corruption" et "l’ordre et la liberté" étaient abordables pour qui suit l’actualité.
La sérénité et le calme étaient perceptibles dans les autres centres d’examens (lycées Askia Mohamed, Bâ Aminata Diallo et au Centre de formation professionnel Soumaoro Kanté) qui abritaient respectivement les candidats aux corps des inspecteurs des impôts, finances, douane et trésor, et des planificateurs.
Amadou Waïgalo

 


Un concours sans non-voyant
L’Association des non-voyants a une occasion de protester au regard de ce qui s’est passé à l’Ecica. En effet, aucune disposition n’a été prise pour permettre à un candidat non-voyant de passer le concours dans de bonnes conditions.
Le chef de centre de l’Ecica, Mahamane Ahikou, a déploré cette situation. "Nous avons informé qui de droit", a-t-il indiqué, avant de noter qu’il faut une machine Braille et un assistant pour permettre aux candidats handicapés visuels de prendre part au concours. A notre départ de l’Ecica aux environs de 10 h, l’infirme était encore dans l’attente d’une éventuelle disposition à sa faveur.
A. W.

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ASSOCIATION DES MUNICIPALITES DU MALI
Le discours de la méthode Bill
L’Association des municipalités du Mali (AMM) a depuis le 16 mai dernier un nouveau président : Boubacar Bah dit Bill, maire de la Commune V du district de Bamako. Le nouveau président entend donner un nouveau souffle à l’Association à travers la réalisation de nombreuses actions.
" Assurer un rôle de représentation des élus locaux pour une participation au renouveau du dynamisme national, être un porte-parole des maires et du mouvement municipal malien auprès des tutelles et des institutions de la République, veiller sur la préservation et le renforcement des acquis, être un syndicat pour revendiquer au nom des maires, être une banque de bonnes pratiques en matière de gestion et de développement local…" Voilà résumé l’ambition de Boubacar Bah dit Bill pour l’Association des municipalités du Mali. Elu le 16 mai dernier au terme du congrès extraordinaire de l’AMM, Boubacar Bah dit Bill veut donner une nouvelle vie à l’Association.
Pour traduire sa vision en actes concrets, il entend poser plusieurs actes : passer par la formation des élus locaux sous diverses formes et par les échanges d’expériences ou d’experts, faire des programmes d’équipements ciblés et progressifs pour couvrir l’ensemble des communes ; l’informatisation de certains volets comme la gestion municipale, le recouvrement, les salaires et par la modernisation des meilleures pratiques dans les communes en vue de leur vulgarisations. Le suivi rigoureux des doléances transmises aux autorités de tutelle et une implication pour leur prise en compte sont également des axes de la méthode de M. Bah.
Ainsi, les communes dans la nouvelle AMM assureront une plus grande responsabilité dans la définition et l’exécution des politiques régionales et locales dans les domaines de la création de richesse et de l’emploi. Boubacar Bah dit Bill fait de l’emploi une priorité parmi les priorités de ses actions. Il l’a redit lors de la signature des conventions entre les 13 communes urbaines et rurales et l’Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes (Apej) pour la réalisation de rues pavées et l’assainissement.
De plus, le nouveau président de l’AMM entend faire des communes, des collectivités locales des havres de paix et de sécurité. A cet égard, le renforcement du dialogue politique et social au niveau local avec l’ensemble des acteurs politiques, syndicaux, traditionnels et coutumières et ceux de la société civile, sera son credo. De même la définition d’une politique de développement des communes frontières sera un levier dans la préservation de la paix et la sécurité et le nouveau président tient à réussir ce challenge.
L’éducation n’est pas en reste. Dans ce domaine, une nouvelle impulsion lui sera donnée au même titre que la formation en complément avec l’Etat. Le sport sera développé dans tous les cycles de formation, y compris l’éducation civique et artistique pour l’épanouissement des jeunes.
Le nouveau président souhaite des communes qui s’inscrivent dans l’intégration. Pour ce faire, tout sera mis en œuvre pour la mobilisation des compétences pour que les communes participent activement à la mise en oeuvre des plates formes de coopération Sud/Sud, Nord/Sud notamment au sein de CGLUA-Cités et gouvernements locaux africains, de l’Union européenne et la plate-forme de l’Uémoa.
Il s’agira aussi, pour Bill, de donner une nouvelle impulsion aux relations secteur privé/collectivités sous-régionales pour une meilleure maîtrise des politiques d’investissement, d’aménagement du terroir et de renforcement des capacités financières des communes pour un accès aux marchés financiers local et sous régional (Uémoa, Boad, etc.)
L’élan nouveau que le nouveau président de l’AMM veut insuffler à l’Association ne peut se réaliser sans que les maires et les acteurs travaillent en complémentarité. C’est pourquoi Bill s’est proposé à créer de nouvelles conditions pour que les maires et les acteurs soient en toute symbiose.
Denis Koné

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BOUBACAR BAH BILL, PRESIDENT AMM
" Je m’engage pour des communes viables et riches"
Dans cette interview exclusive qu’il nous a accordée, le nouveau président de l’Association des municipalités du Mali (AMM), Boubacar Bah alias Bill, décline ses ambitions, dont les plus importantes sont le rassemblement de tous les élus locaux et la mise en synergie réelle des dépositaires du pouvoir à la base.
Les Echos : Vous venez d’être élu à la tête de l’AMM : quelles seront vos priorités ?
Boubacar Bah : La première des priorités, c’est le rassemblement de tous les élus locaux, de tous les maires quels qu’ils soient. Il faut que les 704 maires se retrouvent dans leur association pour qu’ensemble, ils reprennent le chantier de la construction des collectivités, approfondir la démocratie et créer le maximum de richesses. C’est vraiment le crédo de mon bureau et j’insiste là-dessus. Pourquoi le rassemblement ? Parce qu’une fois que les élections sont terminées, nous devons nous mettre au travail. Ce sont les municipalités qui sont concernées, ce ne sont pas nos personnes, c’est chacune des 704 collectivités qui est individuellement concernée. Nous devrons donc oublier nos personnes, oublier nos ego et penser au bien-être de nos électeurs.
Les Echos : Avez-vous pour cela des projets concrets ou ça va être juste une continuité ?
B. B. : Nous avons des communes urbaines, des communes rurales, des communes peuplées et des communes surpeuplées. Ce qui fait que les problèmes ne sont pas les mêmes. Nous devrons tenir compte de la diversité, mais en même temps de la synergie que nous pouvons créer parce que nous sommes en symbiose. Nous devrons pouvoir mettre en valeur nos potentialités, réduire les écarts et partager les biens que nous avons en commun comme par exemple les centres de santé, les écoles, leur donner une meilleure qualité en essayant de conjuguer nos efforts. Nous ne disons pas que nous ferons un impôt commun, mais il s’agira de créer une véritable intercommunalité. C’est dans cette direction que nous nous orientons.
Les Echos : Est-ce que la passation a déjà eu lieu ?
B. B. : La passation n’a pas encore eu lieu. Nous sommes en train d’examiner la situation pour qu’ensemble, dans la quiétude, le calme, une fois que les passions se seront tues, faire la passation. Pour nous, il n’y a pas le feu.
Les Echos : Est-ce que vous allez auditer ou vous allez prendre l’AMM en l’état ?
B. B. : Nous prenons l’AMM en l’état comme nous l’avons déjà dit. Mais au fur et à mesure que nous travaillerons, nous aurons un devoir de mémoire. Nous devrons explorer, savoir ce qui s’est passé au cours des cinq, dix dernières années parce que pour une organisation qui a été créée depuis dix ans, il faut s’arrêter à un moment donné, faire une évaluation d’ensemble. Et cette évaluation d’ensemble comme je viens de faire à la mairie de la Commune V par exemple, ne se fera contre personne. Au contraire en Commune V, nous avons assuré l’ensemble de nos collaborateurs, de nos collègues. Aujourd’hui, nous gérons cette Commune avec la participation de 5 partis qui y ont des élus. Or le bureau communal n’a été formé que par que 3 partis politiques en alliances. Autrement dit, nous sommes animés d’un esprit de tolérance, d’écoute mutuelle, de compréhension, mais "la confiance n’exclut pas le contrôle".
Les Echos : Vous avez été précisément élu sur une base consensuelle. Est-ce que cela ne sera pas un handicap pour vous ?
B. B. : Je ne crois pas parce que déjà au sortir des élections, les maires ont décidé d’approfondir cette fraternité. Parce qu’au-delà de nos alliances politiques, il s’est créé aujourd’hui un climat de confiance, un climat de rapports personnels qui sont très importants dans les rapports humains. De Yorosso, de Zegoua, de Mopti, de Kidal, de partout nous recevons des coups de fil pour nous féliciter. On a créé un climat, une fraternité. Cela ne peut pas être un handicap. Les rapports personnels sont importants même sur le plan international. Le courant passe mieux entre tel ou tel ministre, entre tel chef d’Etat et tel autre parce que quelque part ils ont des rapports personnels qui permettent tout de suite de résoudre les problèmes apparemment complexes. Quand les hommes s’y mettent avec leur bonne volonté en mangeant autour d’un plat, en échangeant, en rigolant, ils peuvent trouver des solutions à leurs problèmes. Pour nous, la fraternité créée par la plate forme des 15 ou 16 partis politiques et le Mouvement citoyen est un nouveau ciment, un nouveau cadre de dialogue parce que nos présidents se parlent, nous-mêmes nous nous parlons. Nous sommes sur le terrain continuellement avec nos collègues des autres partis. On s’appelle par nos petits noms. C’est ça qui est important.
Les Echos : Le reproche qui est fait à l’AMM, c’est de ne pas être très opérationnelle. Est-ce que vous pensez pouvoir la remettre au travail ?
B. B. : Nous allons nous mettre au travail, nous allons associer tout le monde. La structuration est faite de telle manière que tous ceux qui veulent travailler auront à travailler. Il y a d’abord une structure nationale, qui est le bureau national avec un secrétariat exécutif. Au niveau de chaque région, de chaque cercle, il y a une organisation. Ce sont des cadres de travail, d’échanges. Nous descendrons au niveau de ces cadres d’échanges pour partager avec eux les problèmes et aussi les solutions. Nous allons travailler parce que nous n’avons pas le temps, nous n’avons que 3 ans. Nous venons de boucler un an - la semaine prochaine cela fera un an que nous sommes élus -. Donc, il ne nous reste plus que 4 ans et vous savez que la dernière année, c’est l’année électorale qui fait que chacun s’occupe plus de sa chapelle. Nous avons en réalité 3 ans et demi effectif pour pouvoir insuffler un autre dynamisme à l’Association et qui est de créer suffisamment de richesses. Vous le verrez dans l’élan que nous voulons imprimer, nous avons des préoccupations et pensons qu’aux côtés de l’Etat, nous pourrons résoudre beaucoup de problèmes et contribuer au développement.
Les Echos : Est-ce que vous allez garder le personnel actuel en l’état ou y aura-t-il des dégrèvements ?
B. B. : Vraiment, nous n’avons pas d’a priori. Quand j’arrivais à la mairie de la Commune V, je ne savais pas qui était là. J’ai convoqué tout le monde pour dire ceci : j’ai confiance en vous. N’ayez pas confiance en moi ; vérifier votre confiance tous les jours mais moi j’ai confiance en vous. Mais c’est à vous de le prouver sur le terrain. Aujourd’hui, je suis fier qu’en Commune V, avec l’appui des services techniques, qui ne dépendent pas de moi, nous ayons réussi à travailler sereinement. C’est ce que j’attends des travailleurs de l’AMM, c'est-à-dire que notre équipe, pas moi personnellement, mais le bureau qui sera mis en place, le secrétariat exécutif et le bureau national puissent collaborer avec des agents compétents et professionnels.
Les Echos : Quelles sont vos perspectives immédiates ?
B. B. : Nous avons un bureau national de 75 membres, un secrétariat exécutif de 25 membres. Le secrétariat exécutif se réunit mensuellement pour suivre le travail du président et du secrétaire général. Le bureau national, lui, a une périodicité trimestrielle pour qu’on lui rendre compte. Et comme je l’ai pratiqué dans ma propre commune, je pense que c’est une question d’organisation, de méthodes et de la disponibilité. Nous sommes fin mai, je pense que le 1er septembre, on vous appellera pour vous présenter les équipes et vous montrer ce que nous avons fait.
Propos recueillis par
Alexis Kalambry

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QUEL CODE POUR LES PERSONNES ET LA FAMILLE AU MALI ?
La réponse des croyants
Rarement, on avait vu une telle affluence, ce samedi 15 mai au Centre foi et rencontre à Hamdallaye. Depuis 2002, ce Centre promeut la rencontre interreligieuse, entre croyants de l’islam, chrétiens et adeptes de la religion traditionnelle et organise, à date régulière, des conférences-débat. Une bonne soixantaine de personnes avaient été intéressées par le thème proposé pour ce mois de mai 2010.
Il est vrai que le sujet avait de quoi attirer du monde : "Quel Code pour les personnes et la famille au Mali ? Des croyants répondent". Deux conférenciers avaient répondu favorablement à l’invitation : Jean de Dieu Dakouo, directeur général du Centre Djoliba et Frédérique Oumar Sissoko, mufti d’une association créée en 1994 à Koumassi au Ghana, et dénommée : "Concept islamique du juste milieu" - CIJM.
La soixantaine de personnes a écouté sagement, pendant plus d’une heure et demie, les deux conférenciers avant d’entrer dans le débat. D’emblée, le modérateur, Emmanuel Sagara, avait prévenu l’assistance : "Nous ne sommes pas là pour polémiquer, encore moins pour adopter ou refuser le Code, ce n’est pas à nous que cela revient. Nous nous sommes réunis avec deux personnes réputées pour leur sagesse, afin de prendre connaissance d’un texte, qui nous est peut-être encore étranger, et de connaître l’avis des uns et des autres et en particulier des croyants". Et les avis nous ont été donnés !
Jean de Dieu Dakouo est depuis 2004, directeur général du Centre Djoliba, un centre qui n’est plus à être présenté pour le rôle qu’il a joué dans l’avènement de la démocratie dans ce pays. Au titre de membre du Conseil national de la société civile, il a participé à plusieurs concertations en vue de l’élaboration du Code des personnes et de la famille. Se présentant comme croyant chrétien, Jean de Dieu a d’abord offert à l’assemblée quelques repères. Beaucoup d’eau a coulé sous le pont entre la décision de S. E. le président Alpha Oumar Konaré, qui demande en 1998 à son ministre de la Promotion de la femme, de l’Enfant et de la Famille de conduire un vaste chantier de réforme du droit de la famille, impliquant toutes les sensibilités nationales et la dernière mouture du texte que nous avons entre les mains et qui date d’août 2009 ; un Code qui n’a toujours pas été promulgué.
Jean de Dieu s’est attaché à montrer qu’il y a, effectivement, des articles : 21 sur 1155 - principalement dans le livre du mariage - qui posent problème pour la partie musulmane. Parmi eux, il a évoqué des formulations qui peuvent irriter, comme lorsqu’on passe de la "puissance paternelle" à "l’autorité parentale" ou lorsqu’on évoque la possibilité pour l’homme comme pour la femme, de demander le divorce après trois ans d’absence non justifiée de l’un ou de l’autre conjoint. Il a aussi parlé de l’âge légal qui passerait désormais à 18 ans pour la fille.
Il s’est aussi attaché à souligner les avancées que ce Code représente, en particulier pour la femme et les familles au Mali. Et elles sont très significatives. Notons par exemple le fait que le nouveau Code dit clairement que le mariage, c’est l’union d’un homme et d’une femme (l’ancien Code disait seulement : l’union de deux personnes). Le conférencier reviendra sur la question du divorce qui peut être demandé après trois ans d’absence du conjoint. Quant à la succession, il remarquera que le Code ne fait aucune différence entre le garçon et la fille et que l’enfant naturel a les mêmes droits que l’enfant légitime à partir du moment où il fait partie de la famille.
Selon M. Dakouo, ce sont toutes ces questions qui ont été longuement étudiées par les honorables députés et par toutes les instances de la société civile, aussi bien du côté musulman que du côté chrétien. Personne n’a été tenu à l’écart. Il souhaite que la dernière relecture demandée aux honorables députés aboutisse enfin à la promulgation d’un Code qui permettra à toute la société malienne de sortir grandie de cet exercice, où tout le monde aura participé pour le bien-être de nos familles et l’avenir de nos enfants.
Il était un peu plus de 10 h ce samedi 15 mai à Hamdallaye, quand l’assemblée s’est alors rendue attentive aux propos du deuxième conférencier : Frédérique Oumar Sissoko. Mufti de l’association CIJM, M. Sissoko est titulaire d’une maîtrise en philosophie, en littérature arabe et en droit islamique. Il poursuit actuellement ses études à Kuala Lumpur (en Malaisie) en vue de l’obtention d’un doctorat en relation et droit international.
Sans faire l’historique du Code, sans s’arrêter sur les points litigieux ou sur les avancées - ce que son prédécesseur avait fait - M. Sissoko s’est d’abord présenté comme mufti, c’est-à-dire juriste dûment confirmé et capable d’apporter un éclairage sur des points de dogme ou d’interprétation à la lumière du Coran ou des hadith du prophète. Il a d’abord souhaité que le point de vue des croyants, qu’ils soient chrétiens ou musulmans, soit vraiment pris en compte dans la rédaction d’un tel Code.
C’est ainsi qu’il évoquera la question du divorce, qui est fermement condamné par l’Eglise catholique et fortement déconseillé en islam. Selon lui, les dogmes des différentes confessions religieuses (en particulier musulmanes ou chrétiennes) doivent faire l’objet d’une étude attentive pour éviter que des décisions soient prises en blessant telle ou telle partie. C’est ce qui l’a amené à prôner un "Code sélectif", un code qui permette à chacun de se sentir à l’aise. Selon lui, certaines dispositions relèvent de la coutume, des usages et pourraient être facilement adaptées et revues. Par contre, ce qui relève du dogme en islam ne devrait, en aucun cas, être l’objet d’une relecture ou d’une adaptation qui lèserait la partie musulmane.
Après l’intervention des deux conférenciers, M. Sagara a proposé à l’assemblée de réagir. Les questions ont alors fusé et très calmement les deux invités ont répondu, sans jamais engager la polémique. A côté des questions, il y a eu aussi de nombreuses contributions. Parmi elles, retenons celle d’un participant qui regrette que les médias en général et la presse écrite en particulier, n’ont pas suffisamment fait connaître tout ce qui se passait en la matière. Une saine information aurait peut être évité les remous que l’on a connus en août 2009. On aurait pu davantage informer le grand public sur ce vaste chantier.
A plusieurs reprises, M. Sissoko a rappelé qu’Allah est sage !… une manière d’"assagir" l’assemblée et de l’aider à débattre en toute sérénité. Il était presque une heure de l’après-midi lorsque la conférence-débat s’est achevée. Tout le monde s’est retiré, très satisfait des explications données, des informations fournies, surtout sur les questions qui restent en suspens.
On peut dire que tous les participants espèrent que ce Code verra enfin le jour et que tous les croyants y trouveront leur compte, pour le bien-être des familles au Mali et pour le bien-être du Mali en général, surtout en cette année du cinquantenaire de son indépendance.
Père Alain Fontaine
(Centre foi et rencontre)

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