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2010
Mois de
mai
Les
Echos du 12 mai
ECOLES
Le Snec hausse le ton
L’extrémisme de la grève illimitée du Snesup s’accentue
avec la sortie du Syndicat national de l’éducation et la culture
(Snec) qui vient de dénoncer ce qu’il a appelé "l’amateurisme" dans
la mise en œuvre des recommandations du Forum national de l’éducation.
De toutes les organisations syndicales, le Snec semblait être le moins
radical dans ses doléances. A preuve, il exécute rarement un mot
d’ordre de grève et se plaint même souvent des prélèvements
injustes sur les salaires de ses militants à cause des grèves observées
par d’autres syndicats.
Mais, à l’issue de la conférence de presse du secrétaire
général du Snec Tibou Telly, le mardi 11 mai 2010 à la Bourse
du travail, les uns et les autres savent désormais que le Snec ne veut
plus ménager les autorités qui peinent à trouver une issue à la
crise de l’école.
Selon M. Telly, l’Etat s’illustre par son "amateurisme" dans
la mise en œuvre des 490 recommandations du Forum national sur l’éducation.
Le conférencier dévoile qu’aucun plan d’action dans
l’espace et dans le temps n’a été décliné pour
l’application de ces recommandations.
Pis, il rejoint le Syndicat national des enseignants du supérieur (Snesup)
pour dénoncer le flou sur le coût financier du forum et le peu d’information
sur la part réservée aux partenaires techniques et financiers (PTF)
sans lesquels les recommandations seront difficilement concrétisées.
Pour lui, le gouvernement a l’obligation de dévoiler aux contribuables
le coût financier du forum.
" Quinze mois passés, nous-nous interrogeons sur l’avenir des
recommandations", dit-il. Le Snec persiste et signe qu’il exige l’intégration
des enseignants contractuels à la fonction publique de l’Etat et
n’approuve pas la démarche adoptée par le gouvernement qui
a opté pour une intégration dans la FP de l’Etat et des collectivités.
Le secrétaire général du Snec pense que cette politique
du gouvernement est une diversion et que, prévient-il, les enseignants
ne vont jamais accepter de s’embarquer dans la FP des collectivités
vu les problèmes à ce niveau. Il faut signaler que le salaire des
enseignants des collectivités accuse très souvent un retard de
plusieurs semaines avec des conséquences réelles sur leurs conditions
de vie et de travail.
Aussi, les syndicalistes adhèrent à l’idée d’aligner
leurs soldes sur ceux de leurs homologues de la sous-région qui est une
revendication majeure du Snesup. Cependant, le Snec croit que l’année
scolaire peut être sauvée à condition que l’Etat trouve
rapidement une solution au déficit d’écoute qui prévaut.
Amadou Waïgalo
Acceuil
4e
ARRONDISSEMENT
Les assassins présumés de Kankou aux arrêts
Les éléments de la police du 4e arrondissement viennent de mettre
le grappin sur les assassins présumés de la lycéenne Kankou
Traoré, dont le corps en état de décomposition avancée
a été retrouvé le 10 mai dernier dans une fosse à Sikoroni.
Grâce aux investigations de la brigade de recherche sous la supervision
du contrôleur général Abdoulaye Danfaga, deux individus,
Amady Sissoko (33 ans), Modibo Diassana (31 ans) ont été arrêtés
et écroués. Soupçonnés d’avoir donné la
mort à Kankou Traoré, élève en classe de terminale,
ils seront très prochainement présentés au procureur pour
homicide volontaire et enlèvement de biens d’autrui.
Les faits. Le 1er mai dernier, le père de Kankou Traoré, Aboubacar
Traoré a saisi la brigade de recherche du commissariat de police du 4e
arrondissement pour disparition de sa fille depuis quelques jours. Aussitôt,
le commissaire Danfaga et son équipe ouvrent une enquête.
Avec le numéro de téléphone de la défunte communiqué par
le père et à partir des différents appels émis et
reçus, les hommes du commissaire Danfaga ont tout d’abord procédé par
l’élimination des appels pour ne retenir finalement que deux numéros.
Entre-temps, un appel a été fait.
Le destinataire a été aussitôt interpellé. Il a accepté la
collaboration des enquêteurs. Les investigations ont démontré que
l’interpellé n’est autre que celui qui a acheté le
téléphone de la victime avec les assassins (dont il ignorait tout
de leurs agissements).
De fil à aiguille, les investigations ont mené sur la piste d’Amady
Sissoko et de Modibo Diassana (un voisin à Kankou). Après vérification
du programme journalier des deux bandits, les enquêteurs ont mis en évidence
leur responsabilité.
Il a été établi que Amady et Modibo sont les derniers à appeler
leur victime, histoire de se donner rendez-vous au Point G. Après des
interrogatoires, ils ont reconnu les faits et sont passés aux aveux. Ils
ont participé à la reconstitution des faits.
Selon le commissaire Danfaga, les jeunes après avoir donné rendez-vous à Kankou,
l’ont forcée à les suivre dans une maison abandonnée à Sikoroni
(dans un bas-fond). C’est là qu’elle sera rouée de
coups avant d’être abattue et jetée dans un fossé.
Les bandits ont emporté sa moto Jakarta et son téléphone
portable.
Ils croyaient l’emporter au paradis, mais l’inspecteur Ousseynou
Diarra, avec la collaboration de l’inspecteur Lassine Kanté et de
l’adjudant Adama Samaké les ont débusqués pour le
jugement des hommes en attendant le Jugement dernier.
Amadou Sidibé
Acceuil
INSECURITE
ALIMENTAIRE AU
NORD DU MALI
Plus de 258 000 personnes en survie
On dénombre cette année dans les régions de Gao et Kidal,
23 communes en insécurité alimentaire et 20 autres qui font face à une
insécurité économique. La population totale des communes
qui a besoin d’une assistance d’urgence est estimée à 258
118 personnes.
Malgré la situation extrêmement préoccupante qui prévaut
au nord-est du Mali et constatée du reste par les producteurs et les organisations
de la société civile, les autorités refusent de se rendre à l’évidence.
Il y a peu, le gouverneur de Gao soutenait sur les antennes de la nationale "qu’il
n’y a pas d’insécurité alimentaire au nord du Mali,
mais des difficultés alimentaires".
Pourtant, les informations contenues dans les rapports fournis par des ONG sur
le terrain tranchent d’avec les assurances du chef de l’exécutif
de la 7e région. Même la rencontre de concertation des organisations
paysannes, tenue à Gao du 19 au 21 avril 2010 à Gao, a reconnu
l’extrême gravité de la situation de crise pastorale et alimentaire.
D’ailleurs, des propositions de sortie de crise ont été faites à l’endroit
des autorités du pays et des partenaires au développement.
Outre le tarissement des puits, la dégradation considérable des
pâturages, la banalisation de la crise par les autorités que nous évoquions
dans nos colonnes, il y a les déplacements précoces du Nord vers
le Sud actuellement, le long de la vallée du fleuve et dans le Gourma,
itinéraires inhabituels pour les pasteurs de même qu’à l’est
de Ménaka et dans la zone transfrontalière sud-est (Mali-Niger),
créant des zones de concentrations inhabituelles avec leur cortège
de conflits, de maladies et d’insuffisance d’eau.
Au regard des statistiques disponibles, l’on dénombre à ce
jour dans le pays, 23 communes en crise alimentaire dans les régions de
Gao et Kidal. De plus, il y a 20 autres communes qui font face à une insécurité économique.
La population totale des communes en crise alimentaire et qui a besoin d’une
assistance d’urgence est estimée à 258 118 personnes.
En dépit de la banalisation de la crise par les décideurs, force
est de constater qu’ils se basent sur des statistiques toujours discutables.
En prenant la distribution gratuite de 6970 tonnes de vivres par le gouvernement à travers
les 23 communes touchées, l’on s’aperçoit qu’à la
date du 29 avril 2010, la région de Gao avait reçu 2459 tonnes
sur une prévision de 5078 tonnes. Le reste, c'est-à-dire les 2618
tonnes seraient en cours d’acheminement. A quand donc leur arrivée
?
La généralisation de la crise à toutes les communes du Nord-est
du pays a eu pour conséquence l’absence de plans d’intervention/d’appui
de plusieurs partenaires techniques et financiers. C’est le cas d’Echo,
l’Office humanitaire de l’Union européenne qui compte mettre
incessamment en œuvre un "plan Sahel" en réponse à l’insécurité alimentaire
au Niger, au Tchad, au Nigeria et au Burkina Faso, des pays voisins du Mali,
officiellement déclarés déficitaires par leurs gouvernements
dans un contexte où le Mali se déclare excédentaire.
Un paradoxe au regard de l’évolution actuelle de la situation sur
le terrain.
Mohamed Daou
Acceuil
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