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2010

Mois de mai

Les Echos du 12 mai

 

ECOLES
Le Snec hausse le ton
L’extrémisme de la grève illimitée du Snesup s’accentue avec la sortie du Syndicat national de l’éducation et la culture (Snec) qui vient de dénoncer ce qu’il a appelé "l’amateurisme" dans la mise en œuvre des recommandations du Forum national de l’éducation.

De toutes les organisations syndicales, le Snec semblait être le moins radical dans ses doléances. A preuve, il exécute rarement un mot d’ordre de grève et se plaint même souvent des prélèvements injustes sur les salaires de ses militants à cause des grèves observées par d’autres syndicats.
Mais, à l’issue de la conférence de presse du secrétaire général du Snec Tibou Telly, le mardi 11 mai 2010 à la Bourse du travail, les uns et les autres savent désormais que le Snec ne veut plus ménager les autorités qui peinent à trouver une issue à la crise de l’école.
Selon M. Telly, l’Etat s’illustre par son "amateurisme" dans la mise en œuvre des 490 recommandations du Forum national sur l’éducation. Le conférencier dévoile qu’aucun plan d’action dans l’espace et dans le temps n’a été décliné pour l’application de ces recommandations.
Pis, il rejoint le Syndicat national des enseignants du supérieur (Snesup) pour dénoncer le flou sur le coût financier du forum et le peu d’information sur la part réservée aux partenaires techniques et financiers (PTF) sans lesquels les recommandations seront difficilement concrétisées. Pour lui, le gouvernement a l’obligation de dévoiler aux contribuables le coût financier du forum.
" Quinze mois passés, nous-nous interrogeons sur l’avenir des recommandations", dit-il. Le Snec persiste et signe qu’il exige l’intégration des enseignants contractuels à la fonction publique de l’Etat et n’approuve pas la démarche adoptée par le gouvernement qui a opté pour une intégration dans la FP de l’Etat et des collectivités.
Le secrétaire général du Snec pense que cette politique du gouvernement est une diversion et que, prévient-il, les enseignants ne vont jamais accepter de s’embarquer dans la FP des collectivités vu les problèmes à ce niveau. Il faut signaler que le salaire des enseignants des collectivités accuse très souvent un retard de plusieurs semaines avec des conséquences réelles sur leurs conditions de vie et de travail.
Aussi, les syndicalistes adhèrent à l’idée d’aligner leurs soldes sur ceux de leurs homologues de la sous-région qui est une revendication majeure du Snesup. Cependant, le Snec croit que l’année scolaire peut être sauvée à condition que l’Etat trouve rapidement une solution au déficit d’écoute qui prévaut.
Amadou Waïgalo

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4e ARRONDISSEMENT
Les assassins présumés de Kankou aux arrêts

Les éléments de la police du 4e arrondissement viennent de mettre le grappin sur les assassins présumés de la lycéenne Kankou Traoré, dont le corps en état de décomposition avancée a été retrouvé le 10 mai dernier dans une fosse à Sikoroni.
Grâce aux investigations de la brigade de recherche sous la supervision du contrôleur général Abdoulaye Danfaga, deux individus, Amady Sissoko (33 ans), Modibo Diassana (31 ans) ont été arrêtés et écroués. Soupçonnés d’avoir donné la mort à Kankou Traoré, élève en classe de terminale, ils seront très prochainement présentés au procureur pour homicide volontaire et enlèvement de biens d’autrui.
Les faits. Le 1er mai dernier, le père de Kankou Traoré, Aboubacar Traoré a saisi la brigade de recherche du commissariat de police du 4e arrondissement pour disparition de sa fille depuis quelques jours. Aussitôt, le commissaire Danfaga et son équipe ouvrent une enquête.
Avec le numéro de téléphone de la défunte communiqué par le père et à partir des différents appels émis et reçus, les hommes du commissaire Danfaga ont tout d’abord procédé par l’élimination des appels pour ne retenir finalement que deux numéros. Entre-temps, un appel a été fait.
Le destinataire a été aussitôt interpellé. Il a accepté la collaboration des enquêteurs. Les investigations ont démontré que l’interpellé n’est autre que celui qui a acheté le téléphone de la victime avec les assassins (dont il ignorait tout de leurs agissements).
De fil à aiguille, les investigations ont mené sur la piste d’Amady Sissoko et de Modibo Diassana (un voisin à Kankou). Après vérification du programme journalier des deux bandits, les enquêteurs ont mis en évidence leur responsabilité.
Il a été établi que Amady et Modibo sont les derniers à appeler leur victime, histoire de se donner rendez-vous au Point G. Après des interrogatoires, ils ont reconnu les faits et sont passés aux aveux. Ils ont participé à la reconstitution des faits.
Selon le commissaire Danfaga, les jeunes après avoir donné rendez-vous à Kankou, l’ont forcée à les suivre dans une maison abandonnée à Sikoroni (dans un bas-fond). C’est là qu’elle sera rouée de coups avant d’être abattue et jetée dans un fossé. Les bandits ont emporté sa moto Jakarta et son téléphone portable.
Ils croyaient l’emporter au paradis, mais l’inspecteur Ousseynou Diarra, avec la collaboration de l’inspecteur Lassine Kanté et de l’adjudant Adama Samaké les ont débusqués pour le jugement des hommes en attendant le Jugement dernier.
Amadou Sidibé

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INSECURITE ALIMENTAIRE AU NORD DU MALI
Plus de 258 000 personnes en survie
On dénombre cette année dans les régions de Gao et Kidal, 23 communes en insécurité alimentaire et 20 autres qui font face à une insécurité économique. La population totale des communes qui a besoin d’une assistance d’urgence est estimée à 258 118 personnes.
Malgré la situation extrêmement préoccupante qui prévaut au nord-est du Mali et constatée du reste par les producteurs et les organisations de la société civile, les autorités refusent de se rendre à l’évidence. Il y a peu, le gouverneur de Gao soutenait sur les antennes de la nationale "qu’il n’y a pas d’insécurité alimentaire au nord du Mali, mais des difficultés alimentaires".
Pourtant, les informations contenues dans les rapports fournis par des ONG sur le terrain tranchent d’avec les assurances du chef de l’exécutif de la 7e région. Même la rencontre de concertation des organisations paysannes, tenue à Gao du 19 au 21 avril 2010 à Gao, a reconnu l’extrême gravité de la situation de crise pastorale et alimentaire. D’ailleurs, des propositions de sortie de crise ont été faites à l’endroit des autorités du pays et des partenaires au développement.
Outre le tarissement des puits, la dégradation considérable des pâturages, la banalisation de la crise par les autorités que nous évoquions dans nos colonnes, il y a les déplacements précoces du Nord vers le Sud actuellement, le long de la vallée du fleuve et dans le Gourma, itinéraires inhabituels pour les pasteurs de même qu’à l’est de Ménaka et dans la zone transfrontalière sud-est (Mali-Niger), créant des zones de concentrations inhabituelles avec leur cortège de conflits, de maladies et d’insuffisance d’eau.
Au regard des statistiques disponibles, l’on dénombre à ce jour dans le pays, 23 communes en crise alimentaire dans les régions de Gao et Kidal. De plus, il y a 20 autres communes qui font face à une insécurité économique. La population totale des communes en crise alimentaire et qui a besoin d’une assistance d’urgence est estimée à 258 118 personnes.
En dépit de la banalisation de la crise par les décideurs, force est de constater qu’ils se basent sur des statistiques toujours discutables. En prenant la distribution gratuite de 6970 tonnes de vivres par le gouvernement à travers les 23 communes touchées, l’on s’aperçoit qu’à la date du 29 avril 2010, la région de Gao avait reçu 2459 tonnes sur une prévision de 5078 tonnes. Le reste, c'est-à-dire les 2618 tonnes seraient en cours d’acheminement. A quand donc leur arrivée ?
La généralisation de la crise à toutes les communes du Nord-est du pays a eu pour conséquence l’absence de plans d’intervention/d’appui de plusieurs partenaires techniques et financiers. C’est le cas d’Echo, l’Office humanitaire de l’Union européenne qui compte mettre incessamment en œuvre un "plan Sahel" en réponse à l’insécurité alimentaire au Niger, au Tchad, au Nigeria et au Burkina Faso, des pays voisins du Mali, officiellement déclarés déficitaires par leurs gouvernements dans un contexte où le Mali se déclare excédentaire.
Un paradoxe au regard de l’évolution actuelle de la situation sur le terrain.
Mohamed Daou

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" HUICOMABOUGOU"
Au secours des grévistes de la faim !
Depuis hier, des équipes médicales volontaires sont au chevet des grévistes de la faim de l’Huicoma à la Bourse du travail.
La grève de la faim illimitée déclenchée lundi par des ex-travailleurs de l’Huilerie cotonnière du Mali (Huicoma) a pour objectif de protester contre une injustice et de sensibiliser l’opinion publique. Ceux qui l’observent se disent déterminés à la poursuivre jusqu’à ce qu’ils aient satisfaction, c’est-à-dire jusqu’à ce que l’injustice qu’ils dénoncent soit réparée.
Pour un impact maximum, des actions de solidarité et de soutien accompagnent la grève de la faim (affichages, distributions de tracts, pétitions, etc.) C’est dans cette optique qu’un comité de soutien aux grévistes composé de juristes, d’économistes, de médecins, de pharmaciens vient de voir le jour. Il a pour mission de les soutenir dans leurs actions de réclamation de justice.
Les secouristes ont pris position à "Huicomabougou". Chacun s’attribue une tâche. Certains se sont donnés comme devoir d’informer le maximum de familles voisines et les passants à travers la distribution de tracts sur les vécus des squatters de la Bourse du travail.
Des étudiants de la FMPOS qui se font appeler "Jeunes patriotes étudiants de la FMPOS" affirment soutenir médicalement les travailleurs patriotes d’Huicoma. A leur arrivée à la Bourse, des consultations générales de tous les grévistes ont été faites. "Il n’y a pas eu de cas majeurs décelés à part une montée de tension chez un vieux sous traitement", affirme le médecin généraliste Guindo Aly Abdoulaye, membre du collectif des jeunes patriotes de la FMPOS. Pour un autre membre du collectif, Pape Diallo, ils interviennent avant que la Croix-Rouge ne prenne le relais.
Outre le collectif, la Polyclinique "Mah Doumbia" et la Clinique "Bakari Dian Diarra" de l’ONG Medes/Sacom du Dr. Oumar Mariko ont elles aussi constitué une équipe médicale à l’attention des grévistes de la faim.
Au 2e jour de la grève de la faim déclenchée par le collectif des travailleurs d’Huicoma, la centaine de grévistes, dont 8 femmes ne comptent pas mettre fin à leur action. Il faut préciser qu’une grève de la faim n’implique pas une grève de la soif et qu’il importe alors de boire de l’eau.
Dans une grève de la faim, soit les grévistes mettent un terme à leur entreprise avant que n’arrive l’irréparable et devront alors reconnaître leur échec, soit ils deviennent les victimes de leur obstination, peut-être admirable mais certainement déraisonnable.
Amadou Sidibé

 

 

Précision
" L’huile de l’Huicoma est sans reproche"
Dans notre parution de mardi sur la grève de la faim de Huicoma, une inattention nous a fait dire que l’huile de Huicoma n’est pas de bonne qualité. Mme Diakité Sana Tall, responsable qualité à Huicoma, a précisé qu’il s’agit bien de l’huile provenant des différents marchés de Bamako, qui est de qualité douteuse parce que ne répondant pas aux normes de l’Uémoa comme l’a attesté le Laboratoire national de la santé. Et d’ajouter que seuls les produits de l’Huicoma sont de qualité. Dont acte

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EX-INSTITUT MARCHOUX
Des blanchis de la lèpre se rebellent
Les autorités du Centre national d’appui à la lutte contre la maladie (CNAM, ex-Institut Marchoux) sont confrontées à un refus de malades guéris de la lèpre de rentrer chez eux. Lundi, la situation était toujours tendue.
La lèpre est une maladie traitée gratuitement au Mali. Elle est prise en charge par le Centre national d’appui à la lutte contre la maladie. Ici, les malades, en plus du traitement, bénéficient de deux repas journaliers. De plus, chaque malade a droit quotidiennement à deux brochettes, un fruit, un œuf. Ce menu est gratuit.
Une fois le malade guéri, il est libéré par l’établissement sanitaire qui se charge encore de ses frais de rapatriement dans sa localité d’origine en plus d’un peu de ressource pour la restauration en cours de route. "Chaque malade guéri doit rentrer chez lui. Il doit libérer le lit afin de permettre à un autre malade de l’occuper", précise le directeur général de l’hôpital, Pr. Samba Sow. Ainsi, en début de semaine dernière plusieurs malades guéris ont été "chassés" du Centre. Ils continuaient d’occuper les lits, transformant le CNAM en un lieu indigne d’un hôpital.
Les lits ne sont pas occupés par les seuls malades de la lèpre. En plus d’eux, il y a souvent leurs épouses, enfants, voire d’autres parents qui habitent tous avec eux. "On ne peut pas nourrir tous ces gens. La prise en charge des malades est une contribution des partenaires et de l’Etat et coûte cher. Et il s’agit bien de malades de la lèpre et pas de malades guéris", explique M. Sow qui affirme que les repas servis sont destinés aux seuls malades, mais ils sont souvent partagés par leurs proches. Pis, s’indigne Pr. Sow, la nuit, "le Centre devient un marché où l’on trouve même des produits prohibés comme la drogue, et un lieu de débauche avec des péripatéticiennes".
C’est en raison de tout ce désordre, qui sape l’image de l’établissement, qu’il a entrepris des actions de salubrité : c’est-à-dire faire partir obligatoirement les malades guéris de la lèpre et faire un mur de clôture. Pour M. Sow, ces actions lui valent la colère noire des malades guéris.
Lundi, des badges ont été confectionnés pour le personnel du Centre ainsi que pour les visiteurs. Il ne restait qu’à les distribuer à leurs destinataires. "Ils serviront de laissez-passer pour accéder à l’enceinte", indique M. Sow qui se dit étonné que les malades aient créé "une association des malades hospitalisés de la lèpre". Cette association n’est qu’un instrument d’escroquerie, croient savoir les autorités hospitalières.
Lundi, la situation était toujours tendue avec le refus catégorique de trois malades de rentrer chez eux. L’un qui a menacé de mort le directeur adjoint, Oumar Maïga, affirme que sa tombe se trouve au Centre.
Ce comportement des malades blanchis de la lèpre a surpris tous même des responsables comme le porte-parole des malades, Mamadou Coulibaly. Ils déplorent l’attitude des malades guéris dont certains depuis 5 et 10 ans et qui continuaient à occuper des lits.
Denis Koné

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CONTRE LES PIRES FORMES DE TRAVAIL DES ENFANTS
L’Ipec/Mali en route pour l’objectif 2016
L’Organisation internationale du travail (OIT) vient de rendre public son 3e rapport sur le travail des enfants. Si le travail des enfants continue de reculer, l’organisation onusienne constate cependant que celui-ci se fait lentement et avertit qu’à ce rythme l’objectif de 2016, c’est-à-dire l’élimination des pires formes de travail des enfants, ne sera pas atteint.
Au Mali, le Programme international pour l’abolition du travail des enfants (Ipec/BIT), engagé dans l’atteinte de l’élimination des pires formes de travail des enfants, a travaillé en collaboration avec les organisations partenaires au niveau local et national en vue de développer et de mettre en œuvre des actions visant à prévenir et éliminer le travail des enfants.
La stratégie multi sectorielle des programmes de l’Ipec/BIT-Mali, selon son administrateur, Moulaye Hassane Tall, s’appuie sur l’amélioration de la base de connaissances sur le travail des enfants, le renforcement de la politique nationale relative au travail des enfants, l’intégration des questions relatives au travail des enfants dans les politiques nationales, etc.
" L’un des points sur lesquels Ipec/Mali a centré son action dans le pays, c’est l’intégration de la question du travail des enfants dans les stratégies de développement et de lutte contre la pauvreté, notamment le DSRP, de même que dans les politiques sectorielles telles que celles concernant la formation professionnelle et l’apprentissage, l’éducation, etc. Cette intégration vient de se renforcer avec l’adoption d’un Cadre stratégique national pour l’élimination du travail des enfants au Mali, dont l’objectif général est l’éradication des pires formes du travail des enfants au Mali d’ici 2020", explique-t-il.
Cette action, ajoute-t-il, comprend deux étapes. "La première étape, de 2011 à 2015, sera consacrée à l’élimination des pires formes de travail des enfants (conformément à l'objectif pour le continent africain d'éliminer les PFTE d'ici 2016). Une deuxième étape, de 2016 à 2020, sera axée sur l’abolition de toutes formes de travail des enfants non autorisées au Mali".
Pour ce faire, six axes stratégiques sont arrêtés. Il s’agit du renforcement de cadres juridique et réglementaire cohérents en matière de lutte contre le travail des enfants, le renforcement du cadre institutionnel, le renforcement des capacités techniques et opérationnelles des acteurs, la mise en œuvre d’actions directes de lutte contre les pires formes de travail des enfants, la collaboration, le partenariat et la mobilisation des ressources, les mécanismes de suivi/évaluation.
Sur les résultats déjà obtenus, M. Tall note, qu’en plus des formations sur des procédures de l’Ipec, le Programme a donné un appui institutionnel à la direction nationale du travail, à la cellule nationale ainsi qu’aux points focaux régionaux pour renforcer leur capacité d’intervention dans l’inspection et le contrôle en matière de lutte contre les pires formes de travail des enfants.
Plus de 50 000 enfants retirés
" Il est aussi essentiel de noter la formation des femmes leaders des associations et ONG féminines, des médias, des agences d’exécution et d’autres acteurs de la société civile qui s’impliquent activement dans la lutte contre le travail des enfants. Des outils et supports didactiques ont été confectionnés pour renforcer les capacités des formateurs. Les organisations syndicales et patronales, principalement les syndicats d’enseignants, qui ont vu leur capacité renforcée dans l’élaboration de politiques et de stratégies de lutte contre les pires formes de travail des enfants".
A ce jour, plus de 50 000 enfants dont plus de 35 000 filles ont bénéficié des programmes de l’action du BIT. Pour les enfants travaillant en milieu agricole, l’offre de scolarisation a permis de les retirer des dures conditions de labeur et de parer aux arguments des parents qui mettaient en avant le manque de ressource pour ne pas les scolariser.
" S’agissant des enfants travaillant dans le secteur informel, ils ont été placés dans des centres d’accueil et des actions axées sur l’apprentissage ont été développées. Les enfants domestiques ont été appuyés pour faciliter leur protection contre les risques et contraintes majeurs liés à leur activité. Des actions de formations complémentaires ont été initiées pour eux renforcer leur réinsertion. Le Programme au Mali a aussi donné l’opportunité à des enfants travaillant dans les sites d’orpaillage d’être retirés des tâches pénibles, de suivre non seulement des cours d’alphabétisation fonctionnelle, mais aussi l’apprentissage d’un métier comme la menuiserie bois", dit Moulaye Hassane Tall.
S’il est incontestable que des résultats encourageants ont été atteints, que les programmes d’action pilotes ont révélé que la lutte contre le travail des enfants est possible, que les mentalités ont évolué et que le gouvernement prenne de plus en plus part à la lutte contre ce fléau, il n’en reste pas moins que la lutte contre le travail des enfants au Mali doit continuer car les facteurs de pauvreté restent importants, reconnaît le Programme.
Les défis à relever par l’Ipec au Mali portent sur le renforcement du cadre législatif et institutionnel, des actions de scolarisation des enfants tant en milieux rural qu’urbain, l’éradication des facteurs majeurs d’accroissement de la pauvreté au Mali, le renforcement des moyens d’action des structures nationales de coordination en matière de lutte contre les PFTE au Mali, le renforcement des capacités d’intervention des acteurs nationaux, etc.
C’est dire que si des batailles importantes ont été gagnées, la guerre est loin d’être finie.
Propos recueillis par
A. M. Thiam

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REFORMES CONSTITUTIONNELLES ET LIMITATION DE MANDAT
L’article 30 n’est pas suffisamment verrouillé
Il n’y a pas lieu de crier victoire, car l’article 30 n’est pas suffisamment verrouillé et par conséquent peut être modifié à tout moment par référendum, cela par tout président malien assoiffé de pouvoir, réfractaire au changement dans la gouvernance du pays.
Comme je l’écrivais dans mes sept précédents articles, la limitation de mandat est à la démocratie ce que l’oxygène est au corps humain.
En effet, il est aisé de constater autour du Mali et même loin qu’en l’absence de limitation de mandat, l’alternance rime avec utopie et conséquemment tous les autres principes et valeurs démocratiques s’étiolent au profit de la pensée unique, du diktat et de l’ordre d’un seul homme, d’un seul clan ou groupuscule qui dirige le pays comme un patrimoine, un héritage : en brimant toute velléité d’opposition ou de résistance.
S’agissant de l’analyse des réformes constitutionnelles relativement à la limitation de mandat, précisément l’article 30 de la Loi fondamentale du 25 février 1992 reconduit dans l’avant-projet de la Constitution, je reste amèrement sur ma faim du fait que les membres du Cari n’aient pas été assez visionnaires pour verrouiller définitivement la limitation de mandat présidentiel dans la Constitution.
S’ils le faisaient, l’un des nombreux avantages serait d’épargner aux futures générations des querelles inutiles, mesquines et dangereuses là-dessus à cause d’éventuelles remises en cause par des présidents boulimiques du pouvoir. A mon avis, il aurait été plus sage et plus futuriste d’inscrire la limitation de mandat au nombre des questions ne pouvant nullement faire l’objet de révision constitutionnelle telles l’intégrité du territoire national, la laïcité et le multipartisme intégral.
Autrement dit, mille fois on révisera la Constitution, mille fois ces questions fondamentales de la nation resteront intactes. La limitation de mandat devrait intégrer ce cercle restreint de questions intactes ; le sujet étant récurrent, on aurait définitivement tourné cette page et porter le débat démocratique sur d’autres sujets de démocratie ou de développement et Allah sait qu’il y en a en nombre important.
Si alors, le Cari a raté le coche à ce sujet, l’Assemblée nationale a le devoir de redressement pour faire du Mali un laboratoire de démocratie pouvant servir les autres pays désireux de sortir du gouffre de la présidence à vie avec son corollaire de brimades, d’emprisonnements, d’abus de biens publics, de malversations financières, de corruption et que sais-je encore ?
Mais, j’ai peur qu’à ce niveau (Assemblée nationale), les politiciens majoritairement à l’esprit retors, car travaillant pour tout autre que l’avenir de la démocratie, s’abstiennent de relever le défi historique de passer au peigne fin l’avant-projet de la Constitution pour une analyse minutieuse afin d’apporter une contribution de qualité au texte avant adoption. Car seul un débat de fond, point par point, peut permettre de déjouer les pièges contenus entre les lignes.
Il est tôt de crier victoire sur la forme de l’avant-projet de loi et précisément sur l’article 30. Il appartient à chaque citoyen, à chaque parti, à chaque démocrate d’agir en apportant sa pierre à l’élaboration définitive de notre nouvelle Loi fondamentale en espérant qu’on peut être écouté. Car l’un des défauts des dirigeants de ce pays est le complexe de personnalité. On ne se plaît guère à écouter un simple citoyen sur une question majeure (pas de sondage, pas d’attention portée à leurs interventions sur les questions de l’Etat).
En conclusion, cet article incite les démocrates à plus de vigilance pour ne pas vendre l’ours avant de l’avoir abattu et s’exposer ensuite à des surprises chaudement désagréables. En termes plus clairs, l’article 30 est certes resté tel quel. A première vue c’est bien, parce que le Cari n’a pas osé lever la limitation de mandat. Mais, moi, je suis si attaché à cet article (car comme je l’ai dit maintes fois, c’est le nœud gordien de la démocratie) que je ne peux me contenter d’une impression superficielle de la forme.
Je regarde le fond et la finalité de l’article 30 tel que libellé, c’est-à-dire révisable par référendum. En l’examinant, il y a problème, oui un gros problème qui reste récurrent, car suscite des questionnements ci-après : lors du long processus d’adoption de l’avant-projet de loi, il y a un risque de glissement de la levée de la limitation de mandat d’ici le référendum.
Si on ne touche pas à la limitation de mandat actuellement (ce qui est à saluer), mais en maintenant l’article 30 au nombre des matières révisables par référendum, c’est une question récurrente, une bombe à retardement, comme dirait l’autre. Dans ce cas, à quoi servirait la relecture si on ne pousse pas la réflexion pour parer aux querelles futures sachant que ce n’est pas tous les ans qu’on révise la Constitution et que cela a un coût énorme ?
Autrement quelqu’un d’avide de pouvoir pourrait faire sauter ce fragile verrou de la limitation de mandat par référendum dans quelques années ; ce qui remettrait en question les acquis démocratiques de bon nombre d’années.
Alors, démocrates des quatre coins du Mali, restons vigilants et sauvons ce qui peut l’être à temps. Les Français disent "un homme averti en vaut deux". Les locuteurs anglais disent "a wise man is enough". A bon entendeur, salut !
Mamadou Fadiala Kéita
(Démocratie et droits humains)
Vos suggestions et observations à : ajcad@voila.fr

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