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2010

Mois de juin

Les Echos du 30 juin

 

"LUXEMBOURG" ET POINT G
Les scanners au bon soin d’une compétence extérieure
C’est grâce à la technicité d’un Ivoirien que les scanners de l’hôpital "La Mère-enfant/Le Luxembourg" et de l’hôpital Point G sont réparés. Les directions des deux hôpitaux devront néanmoins mieux assurer l’entretien et la réparation de cette technologie.
Le scanner est un appareil de télédétection de surfaces étendues qui capte les rayonnements électromagnétiques par balayage. Pour qui sait la précision de cet appareil dans l’établissement d’un diagnostic, il est indispensable pour un bon fonctionnement d’un hôpital digne de ce nom. A ce titre une attention particulière doit être accordée à son maintien en bon état de marche.
A cet égard, le recrutement d’un spécialiste est obligatoire. Malheureusement, dans les hôpitaux "Mère-enfant/Le Luxembourg" et du Point G, on ne semble pas observer cette précaution, préférant une consultation à l’international. De source hospitalière, les scanners des deux hôpitaux, censés être parmi les plus utilisés au Mali (à cause du prix de consultation jugé abordable et du personnel qualifié), on reste dans l’amateurisme dans ce domaine.
" Quand il y a panne de scanner, dans la plupart des cas, il faut faire appel à un technicien ivoirien qui est le seul à les remettre en marche". Or, à en croire la source, les scanners nécessitent des suivis réguliers et stricts. Et d’ajouter qu’en ce qui concerne le centre "Mère-enfant", "on est obligé de nous conformer à son vouloir et à sa programmation". Toutes choses qui, dit-elle, ont des répercussions sur la prestation des médecins qui "sont obligés de référer les patients sur d’autres lieux ou encore une longue file d’attente".
Nullement contre le spécialiste ivoirien, qui "fait du bon travail", notre interlocuteur s’indigne cependant que les directions des deux hôpitaux n’aient pas envisagé la présence permanente d’un technicien. Pour corroborer ses propos, nous avons coïncidé avec l’arrivée dans les locaux du centre "Mère-enfant" du maintenancier en question.
A noter que l’hôpital dispose d’un plateau technique de pointe, ce qui fait de lui un pôle d’excellence dans l’administration des soins de qualité au Mali. Si les partenaires ont beaucoup fait pour cet hôpital, qu’ils songent à recruter un spécialiste du scanner pour davantage soulager les patients.
Amadou Sidibé

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CRISE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
La FMPOS marche
" C’est notre avenir que vous tenez en otage. Pensez-y !". C’est le cri de cœur qu’on pouvait lire sur la banderole des étudiants de la Faculté de médecine, de pharmacie et odontostomatologie (FMPOS) qui ont marché hier sur la Primature. Ils ont remis une déclaration qui exige la reprise des cours au Premier ministre.

La crise de l’enseignement supérieur n’a que trop duré, mais les signaux de son issue heureuse ne sont pas pour autant rassurants, tant les négociations entre le gouvernement et les syndicats d’enseignements pataugent. Pour dénoncer cette situation, les étudiants n’entendent pas rester les bras croisés.
Le comité de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) de la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie (FMPOS) a organisé, le mardi 29 juin 2010, une marche de protestation pour dénoncer la situation de crise qui paralyse depuis trois mois l’enseignement supérieur suite à une grève illimitée déclenchée par les professeurs.
Du monument de la Paix à la Primature en passant par le monument de l’Indépendance, les futurs médecins ont adressé des messages qui n’ont pas laissé indifférents les passants en majorité parents d’élèves.
" Il est temps que les enseignants arrêtent maintenant et que l’Etat prenne ses responsabilités. Tout ce que nos enfants demandent c’est d’étudier", a répondu un parent d’élève qui a sciemment garé sa voiture pour encourager les étudiants à réclamer leur droit. Il a estimé que la marche des étudiants est justifiée d’autant plus que les enseignants et l’Etat campent sur leur position brandissant le spectre de l’année blanche.
Cependant, les marcheurs, qui entendent multiplier des actions pour le dénouement de la crise, croient que les deux parties, principalement les professeurs doivent faire des concessions pour sauver ce qui peut l’être. Devant un dispositif sécuritaire renforcé, ils ont été invités par un agent de la gendarmerie national à ne pas trop s’approcher de l’entrée principale de la Maison du peuple, bureaux du Premier ministre.
Mais, le secrétaire général du comité AEEM de la FMPOS, Sylvestre Togo, et son camarade Abdoulaye Diarra, coordonnateur national des thésards ont finalement été reçus par le chef de cabinet du chef du gouvernement, Alfousseyni Sow.
A ce dernier, les deux représentants des étudiants ont remis, au nom des étudiants de la FMPOS et de l’ensemble de leurs camarades du Mali, une déclaration invitant le Premier ministre à prendre les dispositions énergiques pour sauver l’année universitaire.
Amadou Waïgalo

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FORUM NATIONAL SUR L’EDUCATION
Dialla Konaté apporte des précisions
Dans un document qui nous est parvenu, le Pr. Dialla Konaté éclaire les lanternes sur la question de la mise en œuvre des recommandations issues du Forum national sur l’éducation, organisé en 2008 par le gouvernement pour résoudre les multiples problèmes dont souffre l’école malienne.
Trois ans après, ces problèmes persistent et se manifestent principalement par des grèves intempestives des syndicats d’enseignants. La question de la mise en œuvre de ces recommandations qui est présentement source de beaucoup de polémiques, doit faire objet de précision. En effet, c’est à cet exercice que le Pr. Dialla Konaté s’est attelé, car contrairement à ce que pensent beaucoup de personnes surtout les enseignants, la question n’est pas juridique.
Le Forum sur l'éducation, tenu en 2008, avait formulé 490 recommandations. L'éducation de base a à sa charge 137. Celles-ci visent, entre autres, l'application stricte du règlement intérieur de l'enseignement fondamental, l'utilisation des langues nationales dans les domaines de la vie publique, la poursuite de la mise en œuvre de la pédagogie convergente et du curriculum, la valorisation de la fonction enseignante, l’installation de structures centrales nouvelles, la création d'un fonds national pour l'éducation et la démocratisation de l'école.
Le ministère de l'Emploi et de la Formation professionnelle est aussi concerné par la mise en œuvre des recommandations. Parmi celles qui le concernent figurent la révision de l'ensemble des programmes d'enseignement et la création de nouvelles filières et séries, la redéfinition des missions de la direction nationale de la formation professionnelle.
Parmi les 490 recommandations élaborées, 152 sont du ressort de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Ces recommandations se rangent en 4 axes. Le premier concerne la gouvernance, le deuxième la gestion des ressources humaines, le troisième vise les politiques, stratégies et plans de développement de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Le dernier axe est relatif aux œuvres universitaires.
Le Pr. Salikou Sanogo, ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues nationales, précédemment président de la commission d’organisation du Forum national sur l’éducation, dans une déclaration faite dans un journal de la place, a affirmé clairement que le gouvernement ne s’était pas engagé à appliquer les recommandations du forum. "Cette déclaration est en contradiction avec mes déclarations précédentes rappelant constamment les engagements du gouvernement à appliquer les recommandations du Forum", déclarera le Pr. Konaté.
Se référant au discours officiel de clôture du Forum par le Premier ministre, le décret 08-724/PM-RM du 2 décembre 2008 de création du groupe de travail, le décret 08-723/PM-RM du 2 décembre 2008 de création du comité interministériel de suivi du Forum, le Pr. Dialla Konaté affirme que les deux décrets en leurs articles deux contredisent très clairement les déclarations du Premier ministre disant que les recommandations du Forum auront force de loi. Ces articles, dira-t-il, établissent que le gouvernement en dernier ressort choisira lesquelles des recommandations il souhaite appliquer et le rythme et les délais. "Cela m’a amené à relire les textes du protocole du 22 janvier 2010 avec vigilance. Ce document n’est pas un engagement juridique à satisfaire les doléances de nos collègues", a-t-il poursuivi.
Au vu de tout cela, le Pr. Dialla Konaté a reconnu que le ministre Salikou Sanogo a raison "le gouvernement avait dit clairement (longtemps après le forum, il est vrai) qu’il n’appliquera que les recommandations de son choix et au moment de son choix".
Ces éléments, selon le Pr. Dialla Konaté, devront nous amener à revoir une stratégie pour continuer la lutte en y associant une campagne d’explication. "Je suis prêt à utiliser mon compte professionnel de vidéoconférence pour organiser si cela est le souhait de la communauté, une conférence rassemblant des collègues avec le Snesup pour débattre de la stratégie et de considérer la continuation de la lutte par d’autres moyens que la grève illimitée".
A côté de cela, il faut dire que le Mali a entamé le processus de basculement dans le système licence-master-doctorat (LMD). Le Pr. Dialla Konaté, convaincu que ce système est mal compris de la population, promet d’écrire très prochainement si son emploi du temps le permet, pour une explication sur ce sujet.
Amadou Waïgalo
Ramata S. Kéita
(stagiaire)

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GROUPE PARLEMENTAIRE PARENA/SADI
Le procès d’intention d’Oumar Mariko
En accusant les militants de partis politiques de manque de convictions politiques, le président du groupe parlementaire Parena/Sadi, Oumar Mariko, a feint d’ignorer que tout n’est pas aussi rose du côté des formations politiques, dépendantes de l’aide publique, ce qui explique leur vulnérabilité administrative et financière.
Le gros problème auquel sont confrontées les formations politiques reste la mobilisation et la gestion des ressources financières et matérielles.
Pour combler cette lacune, le groupe parlementaire Parena/Sadi a organisé le week-end dernier au siège du parti du Bélier blanc et à l’intention des députés et cadres des deux formations politiques, une session de formation en gestion administrative et financière.
L’objectif recherché est le renforcement des capacités des membres du groupe parlementaire Parena/Sadi en matière de gestion financière, de votation des lois, d’interpellation, des questions orales. Bref, de contrôle de l’action gouvernementale.
La rencontre a été l’occasion pour le député Sadi, Oumar Mariko, président du groupe parlementaire Parena/Sadi, de dénoncer une pratique en cours dans notre pays, c’est-à-dire : l’achat des consciences, la distribution de thé et autres… sucre à l’occasion des élections générales. Ce qui sous-entend que des gens militent beaucoup plus dans les formations politiques pour des intérêts purement matériels et non par conviction.
Or, pour l’élu national à Kolondiéba, les formations politiques doivent être des instruments de travail au sein desquels les militants doivent faire prévaloir leur conviction politique. Faisant l’économie de ses propos, Oumar Mariko soutiendra que "les gens viennent dans les partis politiques pour chercher de l’argent et non par conviction. Mais une chose est sûre : les partis d’opposition n’ont pas d’argent à distribuer".
Ce que Oumar Mariko n’a pas dit, c’est qu’une opposition, pour être crédible, doit aussi disposer d’une autonomie financière. Pourtant, il est connu de tous que les partis qui se disent de l’opposition disposent de tout sauf de cela. En accusant les citoyens de manque de conviction politique, il devait faire cas de la mauvaise administration au sein des partis politiques, y compris de l’opposition.
Les partis qui se réclament de l’opposition n’ont jamais refusé de tendre la main au moment de la répartition de l’aide publique aux partis politiques. Combien sont-ils d’ailleurs à remplir les critères d’éligibilité à cette aide aux partis politiques ? La réponse est non : ils sont une infime minorité.
Mais de cela, Oumar Mariko n’a pas pipé mot. L’on se rappellera encore que le chef de l’Etat a dû faire preuve de mansuétude en leur octroyant l’aide exceptionnelle au détriment de l’aide légale.
De fait, nos formations politiques ne sont pas exemptes de reproches et devront chaque fois partager la poire en deux quand il s’agit de critiques objectives.
Mohamed Daou

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MONCTON-BAMAKO
Vol direct vers Les Echos
L’automne dernier, en cherchant un pays où faire un stage en journalisme dans le cadre de mes études, je suis tombé sur le palmarès dressé par Reporters sans frontières pour la liberté de la presse. En Afrique francophone, un pays dont j’avais déjà entendu parler y occupait une position assez élevée : le Mali. J’avais besoin de changement, de dépaysement, voir d’exotisme. Je voulais partir à la découverte d’une nouvelle culture, d’une nouvelle langue.
Dans le même élan de recherches cybernétiques, j’ai consulté la liste des quotidiens maliens, en notant le nom d’un quotidien de la capitale, Les Echos. Avec quelques informations notées sur un bout de papier, j’ai mis en marche le moteur administratif de mon université pour venir faire un stage à Bamako.
Plusieurs mois plus tard, le temps était venu de changer de continent et de partir à la découverte de l’Afrique.
Le 20 juin, à Paris, la Ville lumière. Dans ma poche, le carnet de vaccination qui prouve que je suis protégé contre la fièvre jaune, dans mon sang, un médicament préventif contre le paludisme. Après avoir quitté l’appartement où j’ai dormi la veille, je m’engouffre dans le métro parisien pour me rendre au point de départ de l’autobus devant m’amener vers l’aéroport.
Au terminal Sud d’Orly, c’est la confusion. En discutant avec des passagers, j’apprends que mon vol vers Casablanca est déplacé à l’aéroport Roissy, à l’autre bout de la ville. Un agent de Royal Air Maroc me le confirme et m’explique qu’un bus fera le trajet vers Roissy.
Une fois arrivé à destination et l’enregistrement effectué, des agents informent les passagers que le vol est retardé d’au moins une heure. Ils ne peuvent me dire si j’arriverai à temps au Maroc pour ma correspondance vers Bamako.
Nous n’en finissons plus d’attendre. Sur la piste, l’avion reste immobile pendant quelque temps avant de décoller, avec deux heures de retard. Dans l’avion, je rencontre une Bamakoise qui m’apprend quelques mots en bambara. J’ai une mémoire d’oiseau, c’est peine perdue, j’oublie tout avant même l’arrivée du plateau-repas.
L’escale au Maroc est très rapide. Comme nous sommes plus de trente retardataires, l’avion vers Bamako nous attend sur la piste, prêt à décoller. Soulagé de ne pas avoir à dormir dans l’aéroport en attendant qu’un autre vol parte vers le Mali, je m’installe dans mon siège, serré entre un professeur malien et un jeune "Toubabou".
Pendant le décollage, je réalise que je ne suis qu’à quelques heures de Bamako, que mon projet est en voie de se concrétiser. Les dames assises devant moi portent des habits aussi colorés que volumineux, je suis l’un des seuls Blancs dans l’avion et la chaleur qui règne dans l’habitacle me confirme que je suis bien loin de la neige canadienne et de la fraîcheur à laquelle je suis habitué.
Le jeune homme à ma gauche s’inquiète pendant le décollage. "L’avion fait un de ces bruits, vous ne trouvez pas ?" S’attend-il à une réponse de ma part ou cherche-t-il simplement à exprimer son inquiétude ? La paranoïa est l’un des effets secondaires possibles des anti-paludiques, cela explique peut-être son comportement. Qui sait ?
Passant du sommeil à la lecture, de la musique plein les oreilles, j’ai déjà chaud. Tout va bien jusqu’à notre arrivée à l’aéroport de Bamako, où je m’installe près du tapis roulant pour ramasser mon sac de voyage. Les minutes passent, les valises défilent devant moi, les passagers vont et viennent, mais mon sac manque toujours à l’appel. Un employé du bureau des réclamations me dit de rappeler le lendemain, que mon sac devrait être arrivé. Et bien, dis-je à mes vêtements, on va passer un peu plus de temps ensemble que prévu. Autant se mettre à l’aise alors.
À la sortie du terminal, des chauffeurs de taxi m’offrent leurs services, que je décline poliment puisque l’auberge où je dois me rendre a envoyé quelqu’un me chercher. Personne n’a de pancarte avec mon nom inscrit en grosses lettres dessus. J’ai deux heures de retard, j’espère que l’on ne m’a pas oublié.
" Pascal ?", me demande un jeune homme unijambiste s’appuyant sur une béquille. Il m’entraîne vers un véhicule, où roupille le conducteur. Il peut bien avoir sommeil, il m’attend depuis six heures, envoyé par sa patronne bien avant mon arrivée, faisant erreur sur l’heure d’arrivée de mon vol.
Le Canada a la montre, l’Afrique a le temps
Après avoir fait le plein de devises dans un bureau de change situé à deux pas de là, nous prenons la route en direction du quartier Magnambougou. Ces premiers instants au Mali sont poignants. C’est ce que j’avais imaginé avant d’arriver, mais la réalité palpable frappe toujours plus que les livres et les photographies.
Les vendeuses de mangues sur le bord de la route, le vent chaud et poussiéreux, l’anarchie sur les routes, les dépotoirs à ciel ouvert, l’odeur d’essence dégagée par les motos, autant de détails qui stimulent les sens, qui finissent le travail de réveil entamé par la tasse de thé que j’ai bue perché dans les airs plus tôt en soirée, à milliers de mètres d’un sol fuyant sous les réacteurs.
En sortant de la route goudronnée en approchant de Magnambougou, je suis interpellé par les chemins de terre battue, les pneus empilés afin de servir de feux de circulation, les enfants qui jouent dans la rue, l’odeur des véhicules, mon odeur. L’ordre maladif de l’Europe est loin derrière.
Pourtant, ce qui m’apparaît comme du chaos total à première vue n’est qu’une joyeuse parade organisée je ne sais comment. Les automobilistes se traitent avec une courtoisie que je n’ai jamais vue, même lorsqu’ils passent à un cheveu d’un accident, même si l’humidité étouffante teste les patiences les plus endurcies pendant que le soleil plombe sur le capot des bagnoles cabossées.
En échangeant quelques mots de bambara avec mon chauffeur, je réalise que j’ai beaucoup de pain sur la planche, que je devrai trimer dur pour apprendre une base acceptable de la langue locale. Un mot à la fois, me dis-je.
Après le rythme effréné des grandes villes européennes, j’apprends petit à petit (doni doni, comme on dit ici) à prendre mon temps. Prendre mon temps quand je ne réussis pas à rejoindre le bureau des réclamations et que je décide d’aller directement à l’aéroport pour trouver mon sac enseveli sous une montagne de valises, mais aussi quand vient le temps de savourer un thé, ou de plonger dans un bon roman, assis à l’ombre en attendant que le soleil aille faire une sieste de l’autre côté de l’horizon. Quelques jours suffisent pour que je commence à comprendre le sens de ce petit bout de philosophie qu’un ami m’avait offert avant mon départ : "Les Canadiens ont une montre, les Africains ont le temps".
Et le foot. Comment pourrais-je l’oublier ? Depuis que je suis arrivé, la folie du ballon rond est aussi régulière que les marées. Cet événement planétaire est l’objet de toutes les discussions, de tous les espoirs pour les Maliens, qui voient les équipes africaines tomber au combat les unes après les autres, sauf le Ghana bien sûr.
Le temps s’arrête pendant les matches. Les télévisions installées à l’extérieur, près des commerces et des maisons des bamakois, c’est du nouveau pour moi. Il est vrai que le sport national de mon pays est le hockey sur glace et qu’il se pratique en plein hiver, quand le mercure descend profondément sous zéro. Difficile de regarder un match en famille dans la rue quand cinq minutes suffisent pour souffrir d’engelures.
Les kilomètres et l’océan qui séparent mon Canada natal et le pupitre situé dans la salle de rédaction du journal Les Echos (d’où j’écris ces quelques lignes) se comptent par milliers. Tout comme les choses qu’il me reste à découvrir. Ces mots que j’ignore, ces lieux sur lesquels mes yeux ne se sont pas encore posés, ces gens avec qui je n’ai pas eu la chance d’échanger.
Un stage qui promet au sein d’une rédaction expérimentée, de qui j’ai beaucoup de connaissances à acquérir, en travaillant pour des lecteurs à qui j’ai tant de mots à écrire.
Pascal Raiche-Nogue
(stagiaire)



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NIAMAKORO
Des cambrioleurs tirent à bout portant sur un boutiquier
C’est arrivé à Niamakoro dans la nuit de dimanche à lundi : des cambrioleurs ont tiré à bout portant sur Filakè, un boutiquier et ont enlevé tout son argent.
Lundi matin aux environs de 5 h du matin, Filakè a été aperçu dans une mare de sang devant sa boutique. Alertée, la protection civile a transporté la victime au service des urgences du CHU Gabriel Touré. Le boutiquier a été attaqué à une heure avancée de la nuit par des bandits armés. Il a reçu des balles.
Aux dernières nouvelles, Filakè a la vie sauve. Les médecins ont pu extraire des balles de son corps à l’issue d’une opération, mais il devra subir une nouvelle opération pour être totalement hors de danger.
Selon certaines sources, Filakè a fait savoir, quand il a repris connaissance, qu’il a été réveillé par des malfaiteurs à une heure avancée de la nuit. Ils ont frappé à sa porte en l’appelant par son nom. Lorsqu’il a ouvert la porte, ils ont tiré sur ses pieds et se sont emparés de tout son argent et des marchandises de sa boutique. Après avoir perdu beaucoup de sang, il a perdu connaissance.
A Niamakoro, ces actes crapuleux sont très fréquents. Ce qui fait que les habitants du quartier ne dorment plus que d’un œil.
Sidiki Doumbia

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MONDIAL EN AFRIQUE DU SUD
IVAN ZAMORANO, EX-INTERNATIONAL CHILIEN
" Je suis content d’être en Afrique du Sud"
Il a fait les beaux jours de l'Inter. Dans une interview accordée aux "Les Echos", Ivan Zamorano de son vrai nom, Iván Luis Zamorano Zamora alias L'Hélicoptère, reconverti commentateur, revient sur le Mondial et ses attaquants.
Les Echos : Comment voyez-vous ce Mondial ?
Ivan Zamorano : Je crois que l'Espagne est plus forte, cependant la réalité se trouve sur le terrain. Derrière, je vois les habitués : l’Argentine, le Brésil et naturellement l’Allemagne. En dehors du terrain, je trouve que c’est bien d’être ici. Pour l’instant, je suis très content d’être en Afrique du Sud. Ici tu as le choix de vivre dangereusement ou d’être tranquille. Moi je ne veux pas d’histoires, et grâce à Dieu, il ne m’est rien arrivé de grave depuis que je suis ici. Je ne ressens pas l’insécurité dont on avait parlé avant mon arrivée ici et c’est tant mieux.
Les Echos : Vous avez pris du bon temps en regardant les matches ?
I. Z. : Il n’y a pas beaucoup de spectacles, ça ne joue pas assez au ballon. Ce soir (lundi soir, Ndlr) nous avons vu un bon match entre le Brésil et le Chili, avec une nette victoire brésilienne. J’ai toujours envie de suivre un match avec des buts. Des buts, ça fait du bien.
Les Echos : Comment jugez-vous le niveau du tournoi ?
I. Z. : Le niveau est moyen surtout les rencontres du 1er tour. Avec les tours décisifs, j’espère que ça changera, car nous sommes à une étape où les erreurs ne sont plus permises. C’est le cas du match entre l’Argentine et le Mexique où la défense mexicaine a joué de maladresse.
Les Echos : Le Chili éliminé, avait fait pourtant un bon début de tournoi ?
I. Z. : C’était l’occasion pour faire évoluer l’équipe vers le plus haut niveau, mais l’on a des talents promoteurs et j’imagine que dans l’avenir, ils prouveront au monde toute l’étendue de leurs qualités.
Les Echos : En tant qu’ancien attaquant, vous n’êtes pas déçu des occasions de but ratées ?
I. Z. : Non, pas du tout. Devant les buts des situations se présentent et le joueur est le seul à faire son choix. Je marquais plus de la tête même dans les phases difficiles que du pied.
Propos recueillis par
Boubacar Diakité Sarr

Bielsa, le fou ?
L’entraîneur argentin du Chili, Marcelo Bielsa, a justifié lundi dernier à Ellis Park de Johannesburg son surnom "El Loco" (le Fou). Constat à un moment donné du match, il quittait son rectangle pour se retrouver sur celui de son collègue brésilien, Dunga. A force de répéter ce geste, le 4e arbitre n’a trouvé mieux que de se mettre entre les deux surfaces. Pis, à la fin du match, il n’a pas serré la main aux acteurs, encore moins aux officiels comme l’indique le règlement. Mais pendant la conférence de presse d’après match, il s’est excusé pour tous ses gestes antisportifs.

Les brigands aussi étaient là
Après l’animation de nuit à Ellis Park lundi dernier à l’occasion du match Brésil-Chili, certains supporters regagnaient très tardivement Pretoria pour y passer la nuit. Les brigands s’en sont mêlés. Selon nos informations, ils ont même tenté d’ouvrir le feu sur le véhicule d’un des supporters. Fort heureusement, qu’un véhicule de service de la police sud-africaine était de passage, ils ont pris la fuite et n’ont pas atteint leur cible.

En hommage
" Le football ne peut rester indifférent à la catastrophe", déclarait Harold Mayne Nicholls, le président de la Fédération chilienne de football. Ainsi pour rendre hommage aux victimes du terrible tremblement de terre qui a touché le Chili il y a quelques mois, des supporters ont fait le déplacement de Santiago avec une banderole pour une pensée aux hommes et femmes qui ont perdu leur vie pendant ce drame.

Bryan, l’attraction d’Ellis Park
Lundi dernier au stade d’Ellis Park de Johannesburg, le célèbre basketteur américain, Kobe Bryan était l'une des attractions du circuit d’un des sponsors de la compétition. Pour combler la soif de ses fans, Kobe, visiblement déçu par l’élimination de la sélection américaine, après les autographes, s’est livré à un jeu de smash sur un cerceau implanté pour la circonstance.

Centres médias exigus
A chaque match du Brésil ou de l’Argentine, on assiste à un afflux massif de journalistes. Les matches du dimanche (Argentine-Mexique) et lundi (Brésil-Chili) derniers, se sont avéré la goutte d’eau qui a fait déborder le vase au centre des médias Soccer City et Ellis Park à Johannesburg. Il y avait un tel afflux de médias que les journalistes ont dû travailler sur le sol. Heureusement, à l'intérieur de la tente de presse de ces deux stades il y a encore suffisamment d'espace pour fournir des tables temporaires et des chaises pour que les médias soient logés.
Rassemblés par
B. D. S.

ELIMINATION DE CINQ EQUIPES AFRICAINES
Ce qu’en pensent des sportifs !
De la déception de Patrick Vieira sur les séparations de clubs et sélections nationales au plaidoyer de Chedig Ghalleb pour le recrutement d’un coach local pour les sélections africaines, en passant par les millions de dollars investis par la Fifa pour la formation en Afrique, voici des échos de la Coupe du monde 2010 sur l’élimination précoce des 5 équipes africaines dès le premier
tour.

Saad Mohamed (journal "Buteur" Algérie) :
" D’abord c’est une grande déception parce qu’on pensait sincèrement que le fait que la Coupe du monde se déroule sur le sol africain allait constituer une chance pour qu’un pays africain puisse aller loin. Finalement, les Africains ont encore une fois été victimes de leur naïveté à l’image de l’Algérie qui, au plus fort de sa domination, s’est désintégrée en défense et a encaissé un but bête à l’image du but contre la Slovénie avec cette expulsion stupide d’un attaquant algérien.
La cause c’est d’abord le manque d’expérience. Pour la Côte d’Ivoire, c’est le tirage au sort. C’est très difficile de sortir d’un groupe de la mort avec le Brésil et le Portugal. On a vu la Côte d’Ivoire contre le Brésil, ça se voit qu’il y a une différence de niveau. L’Afrique du Sud déjà au départ est une équipe qui ne s’était même pas qualifiée pour la Can, il ne fallait pas s’attendre à beaucoup d’elle, même avec l’apport de son public, on a vu que dans les moments importants du match, elle a craqué comme ça été le cas contre l’Uruguay. Il reste le Ghana sur qui l’on va tout miser parce que c’est une équipe qui peut bien représenter le continent.
Il faut faire progresser les championnats locaux parce qu’on ne peut pas compter indéfiniment sur les joueurs expatriés. Il faut que les équipes soient un équilibre entre les joueurs formés au pays et les joueurs qui évoluent en Europe".

Chedig Ghalleb (free-lance Tunisie) :
" Par rapport aux Africains, on peut dire qu’il n’y a rien qui marche. Premièrement, je pense que les joueurs africains jouent mieux en Europe parce qu’ils sont des professionnels dans leur équipe. Mais quand ils jouent avec leurs équipes nationales, il n’y a rien qui marche. On dirait que ce sont des amateurs qui jouent.
Les Fédérations africaines ne sont pas bien organisées. Il y a des bons entraîneurs africains, mais pourquoi il n’y a que des entraîneurs étrangers ? C’est un problème, au niveau de la base, des jeunes, on ne s’occupe pas bien d’eux. La Fifa donne de l’argent, aide mais ça ne suffit pas. Il faut que les fédérations africaines s’occupent des jeunes, des terrains, du mental, surtout de leur mental à elles. Donc je pense que le problème, c’est chez nous. Il faut qu’ils se rassemblent (les responsables des associations de football) pour trouver des solutions".

Marcel Desailly (ancien défenseur des Bleus) :
" Je suis déçu et surpris de voir peu de techniciens locaux sur les bancs des sélections du continent pour la première Coupe du monde organisée en Afrique. Sur les six sélections africaines présentes, seule l’Algérie était coachée par un technicien africain, Rabah Saadane. J’en appelle aux dirigeants à faire confiance aux anciens joueurs formés qui ont besoin qu’on leur tende la main".

Efan Ekoku (ancien attaquant des Super Eagles) :
" C’est triste : cinq équipes africaines éliminées sur 6 engagées, ou une formation qualifiée sur 6, c’est selon, pour cette première du Mondial de chez nous ! Nous n’avons pas eu cette envie et ce punch de nos joueurs en clubs, au regard du jeu produit par eux. On a beau être bourré de talents, si nos équipes ne s’appliquent pas devant les buts ou dans le jeu, ce sera toujours le même résultat".

Kalusha Bwalya (ancien international zambien) :
" La pression de jouer à domicile a décuplé le stress. Une forte pression a été exercée sur les joueurs africains. Ils ont été appelés à vaincre, parce que jouant à domicile cette Coupe du monde. La volonté de bien faire, n’a pas permis aux joueurs de donner la pleine mesure de leurs capacités".

Patrick M’boma (ancien international camerounais) :
" Enorme déception surtout du côté ivoirien. Mais la plus grande déception est venue du Cameroun. Nous n’avons pas eu ce football camerounais, ici il manquait de la fantaisie, des aspects tactiques et des positionnements des joueurs, comme contre le Danemark. L’Algérie était une bonne équipe avec des joueurs talentueux mais la qualité offensive a manqué à cette équipe. Bref, il n’y avait pas ces joueurs comme à l’époque Abedi Pelé pour faire rêver. C’est dommage !"

Patrick Vieira (ancien capitaine des Bleus) :
" Il est difficile à comprendre que des joueurs qui brillent en club aient autant de mal à être performants en sélection. Dans le cas de Samuel Eto’o (Cameroun) et Didier Drogba (Côte d’Ivoire) décisifs dans leurs clubs, peut-être, attend-on trop d’eux ? Le public et leurs partenaires pensent qu’ils peuvent régler à eux seuls les problèmes de l’équipe, or ce n’est pas le cas en club où s’ils sont souvent décisifs, c’est parce que leurs partenaires ont fait le travail nécessaire. En pensant que la victoire viendrait d’une inspiration de leurs joueurs vedettes, les autres footballeurs de l’équipe ont tendance à se rétracter et à laisser faire".

Jomo Sono (ancien sélectionneur sud-africain) :
" L’absence de force collective dans les sélections africaines est une faiblesse. A l’exception du Ghana et de l’Algérie, les autres sélections africaines ont tendance à reposer sur le talent individuel de joueurs. C’est pourquoi on a eu ces résultats décevants".
Propos recueillis par
Boubacar Diakité Sarr
(envoyé spécial)

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DU NOUVEAU AUX EDITIONS JAMANA

PETIT PRECIS DE REMISE A NIVEAU

SUR L'HISTOIRE AFRICAINE...

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Tome 1: 4000f cfa

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L'épopée shongoî

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La conjuration

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