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2010

Mois de juin

Les Echos du 29 juin

 

ELECTION PRESIDENTIELLE EN GUINEE
" La Guinée tourne une page de son histoire"
L’élection présidentielle guinéenne 1er tour s’est déroulée dimanche en Guinée et à l’étranger. Au Mali où vit une importante communauté de Guinéens, le vote s’est déroulé dans le calme. Dimanche soir, ils étaient quelques ressortissants à l’ambassade à Faso Kanu, lieu de centralisation des votes, à s’entretenir et à noter que leur pays "tourne une page de son histoire".
Il est 18 h à Bamako. C’est l’heure fixée par les autorités guinéennes pour la fermeture des bureaux de vote. Mais une forte pluie s’est abattue sur la capitale malienne aux environs de 17 h et il a continué à pleuvoir par endroits jusque tard dans la nuit. Ce facteur imprévisible a incité à prolonger le vote d’une trentaine de minutes pour permettre à des retardataires d’accomplir leur devoir civique.
Si ce laps de temps a permis effectivement à Assitan Diallo et son mari, Boubacar Bangoura, de voter, il n’a pas suffi à Ousmane et son ami Alpha dit Gouro de s’acquitter de leur devoir civique. Ces derniers, qui se disent tailleurs de profession au Banconi, sont retournés dépités. A 18 h 30 précises, le bureau de vote installé dans les locaux de l’ambassade avait fermé.
Ici, les deux dizaines de citoyens guinéens qui formaient le rang venaient de voter. "Nous allons clore le vote. Il est l’heure de fermer", tranche le président de bureau. "Tout le monde a-t-il voté ?" interroge le conseiller politique de l’ambassade. Tout le monde a voté, lui répond-on. On va procéder au décompte, ordonne-t-il.
Les éléments des forces de l’ordre qui étaient depuis le matin assis paisiblement dans le garage, dévisageant chaque électeur d’un œil discret ou toute personne qui entrait dans la cour, se lèvent et forment une haie à l’entrée du bureau de vote. "Seuls ceux qui sont mandatés restent. Les autres dehors !", intime aux intrus le chef des forces de l’ordre.
Mais peu à peu la devanture de l’ambassade se transforme en lieu de rencontre pour la diaspora guinéenne au Mali. En effet, c’est ici qu’a lieu la centralisation des résultats. Ils ne seront pas connus toute la nuit. A 20 h seule l’urne contenant les résultats scellés du bureau du consulat était parvenue à l’ambassade en même temps, les opérations de dépouillement du vote de cette ambassade se poursuivaient.
Condamné à réussir
Que pensent les Guinéens de cette élection ? Pour les autorités diplomatiques aussi bien que les Guinéens rencontrés en ce lieu, cette élection "tourne une page dans l’histoire du pays". Le plus enthousiaste de tous est Benjamin Barry. Installé depuis plus d’une décennie au Mali, ce jeune homme jure de quitter son pays hôte dès que sera installé le président démocratiquement élu.
A ses dires, ce nouveau président est condamné à rassembler les Guinéens, à travailler et surtout à remettre l’économie sur pied en luttant en premier lieu contre l’inflation de la monnaie guinéenne (le 27 juin 2010, 5000 F CFA équivalaient 65 000 francs guinéens).
Son compagnon Abou Sylla est du même avis. Il regrette que son pays, riche en matières stratégiques comme l’uranium, le fer, la bauxite, etc. potentiel producteur de tubercules et légumes, fruits et produits marins, ne parvienne pas à se faire "respecter". Pour le jeune Sylla, la Guinée a besoin d’un dirigeant qui se soucie du développement du pays et du bien être des populations.
" Les Guinéens sont de grands migrants et tout cela est la faute des dirigeants qui se sont succédé parce que, voyez-vous, depuis 1958, on n’a pas voté en Guinée", dit-il. Selon lui, pour gagner la confiance des citoyens pour un autre mandat, le président élu sera obligé de présenter un bilan satisfaisant aux termes de son mandat de 5 ans.
Autorités et ressortissants prônent d’ores et déjà l’acceptation des résultats dont les premières tendances seront connues ce mercredi. En effet nos interlocuteurs redoutent les conflits post-électoraux qui ont souvent remis en cause les acquis dans certains pays. A en croire les autorités de l’ambassade, les Guinéens sont suffisamment responsables et ont tiré leçon de leur passé pour encore retomber dans la violence.
Denis Koné

 

 


Les résultats de vote au Mali sont finalement tombés hier dans l’après midi. Contrairement au chiffre de 6991 inscrits que nous avait été donnés par l’ambassade, il est ressorti 5683 inscrits sur la liste pendant le dépouillement. Imls se présentent comme suit : 4227 voix exprimées, 4860 votants, 633 bulletins nuls, 85, 51 % suffrages exprimés.
Nombre de voix obtenu par parti :
UFDG : 1997
RPG : 1315
UFR : 346
PEDN : 229
PTS : 110
RDR: 84
PLUS: 48
UDG: 18
NGR : 17
FUDEC: 9
PNR: 6
PUP : 6
PR : 6
RDIG : 6
GPT : 5
PDU : 3
PUDIG : 2
ADPG : 2
GECI : 2
UFD : 2
UPR : 2
CDP : 2
RGUD : 1
RGP : 0
. Un vote ethnique
Au quartier de Celou Dalein Diallo, le vote était à majorité peul, c’est un cortège qui l’a accompagné aux urnes où il a accompli son de devoir de citoyen après 14 h. Selon nos informations, il a été le dernier candidat à voter. Dans un discours pendant sa campagne, Celou a rassuré ses militants que la victoire l’appartient. Voici ses propos : "Je suis un favori parmi les candidats, je suis le futur président de la Guinée".
A.-M. K. (envoyée spéciale) Yakubu Gowon (ex-président du Nigeria, observateur international) :
" J’ai été impressionné de voir les Guinéens mobilisés pour élire librement leur président démocratique. J’encourage tout le monde à continuer dans ce sens pour un avenir meilleur et une démocratie vraie".
Abdoulaye Touré (militant d’un parti) :
" Tout s’est déroulé normalement, il y a eu forte mobilisation des électeurs, les bureaux de vote étaient pleins. C’est ma première fois de voir un tel engouement pour une élection en Guinée. Je trouve que le calme et la sérénité dominent".
Mme Bah (UFDG) :
" Contrairement à ce qui les gens croyaient, les élections se sont bien déroulées. On attend avec impatience les résultats du scrutin pour savoir qui va apporter le changement en Guinée. C’était vraiment un sentiment de joie pour moi d’avoir accompli ce devoir civique et moral. Je souhaite que le nouveau président soit à la hauteur de nos attentes".
Hadja Diallo (ménagère) :
" J’ai été particulièrement émue de voir que les Guinéens étaient mobilisés pour élire leur président. C’est évident, car tout le monde a envie de voir le changement. Il ne s’agit pas seulement d’élire un président parce qu’il a fait ça mais d’élire un président capable de résoudre le problème des Guinéens".
Rassemblés par
A.-M. K. (envoyée spéciale)

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RETENUE SUR LE SALAIRE DES ENSEIGNANTS
Ce que dit la législation
La retenue sur le salaire en cas de grève se fait en fonction du nombre de jours grevés.
Les enseignants du supérieur qui observent une grève illimitée depuis bientôt trois mois sont hantés par l’application des règles législatives en cas grève. En effet, ces principes autorisent l’Etat à faire des retenues sur le salaire des grévistes.
Mais, le comité de l’enseignement supérieur du Syndicat national pour l’éducation et la culture (Snec) qui s’est prononcé sur le sujet au cours de sa dernière conférence de presse, demande au gouvernement de "rester légaliste" dans la gestion de leurs salaires en période de grève.
Selon le secrétaire général du comité Snec de l’enseignement supérieur, Ismaïl Komé, ses camarades ne sauront broncher si le gouvernement procède à la retenue. Cependant, il croit que l’Etat ne doit pas retenir au-delà de 1/3 de leur solde. Cela, pense-t-il, conformément aux textes en vigueur.
Mais, pour de nombreux spécialistes, les grévistes se plantent. Ces derniers confirment que nulle part, les textes de la République ne mentionnent la limite de la retenue à 1/3.
Cette thèse a été confirmée par Fassemé Kéita, conseiller technique au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique chargé des questions juridiques. Pour lui, le principe qui s’applique aux enseignant et à tous les agents, fournisseurs et autres prestataires de l’Etat est le "principe budgétaire".
Ce principe stipule que tout agent de l’Etat doit montrer la preuve d’un service pour prétendre à un salaire ou une rémunération.
Or, dans le cas précis de la grève illimitée des enseignants, M. Kéita rappelle que les professeurs de l’enseignement supérieur sont en cessation de travail et dans ce cas, dit-il, les retenues sur leur salaires sont faites en fonction du nombre de jours grevés. En claire, 30 jours grevés est égal à 30 jours impayés.
" Même sur le plan moral, on ne peut pas prétendre à une rémunération sans avoir fait son travail", a commenté le conseiller juridique qui pense que les enseignants doivent se méfier à ne pas tomber dans de "l’intox" au sujet des retenues sur les salaires clairement définies par la loi. Notre interlocuteur estime que tout porte à croire qu’un amalgame persiste sur le sujet.
En effet, Fassemé Keita pense que les enseignants font allusion au principe que les banques font prévaloir en cas de conflit de dette entre un créancier et son débiteur ou entre même la banque et son client. A ce niveau, les lois bancaires fixent les limites de la retenue sur le salaire du débiteur à 1/3 à fin de lui permettre de rembourser sans incident majeur sur son quotidien.
Le spécialiste du droit défi quiconque d’apporter les preuves de l’existence d’un texte de l’Etat qui limite les retenues sur le salaire en cas de grève.
Comme quoi la grève est un droit dont les syndicalistes devraient mesurer et maîtriser toutes les conséquences qui en découlent.
Amadou Waïgalo

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JOURNEE DES PAYSANS
Des piques révélatrices d’ATT
Répondant au président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (Apcam), qui l’a encensé à la Journée des paysans, jeudi dernier à Sélingué, le président de la République a tenu des propos qui en disent long sur certains de ses sentiments.
Se délectant des propos mielleux de Bakary Togola, il a laissé entendre que les intellectuels, tout bardés de diplômes qu’ils sont, ne font pas le poids face au président de l’Apcam, qui sait rendre compte à ses interlocuteurs.
" Quand on dit aux intellectuels, ils ne comprennent pas, à plus forte raison restituer. Quand on les associe, ils sont incapables de résultats. Quand on leur laisse tout, ils mélangent tout", a-t-il dit en langue bambara.
On aurait voulu combattre les intellectuels, les opposer aux masses rurales, qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Mais les propos du président visaient les enseignants, en particulier ses "collègues" du supérieur. C’est ainsi que le débat s’est transformé en tribune des efforts de l’Etat vis-à-vis de l’école.
Le chef de l’Etat a annoncé que 1/3 du budget est consacré à l’éducation alors que tous les autres secteurs du pays doivent se partager les 2/3 restants. Pourtant, dans ce tiers, moins de 26 ou 27 % vont dans l’entretien de l’administration scolaire et les enseignants, comme l’a indiqué le Snesup la semaine dernière.
Sur 6 milliards de F CFA du budget de l’enseignement supérieur, seulement 2 milliards de F CFA vont dans les professeurs, les étudiants et les locaux, les 4 milliards de F CFA étant consommés dans l’entretien du département. Il y a bien un dialogue de sourd.
Moralité : le président aime à égratigner l’élite. A tort ou à raison ? Et pourquoi ?
A. M. T.

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BRUITS SOURDS
Logements sociaux : la poudre aux yeux d’ATT
Le 8 juin 2010, le président de la République ATT devait faire une visite de chantier à N’tabacoro. Pour qu’il ne se doute de rien, l’on s’est dépêché de casser les constructions non autorisées (une quinzaine). Cependant, les logements sociaux sont remplis de ces constructions non autorisées, à commencer par celui de celle qui est chargée de la répression de ces constructions non autorisées. Un jour, elle a eu une altercation avec une dame qui lui demanda d’aller d’abord casser chez la sœur du ministre. Beaucoup de dossiers sont pendants devant les tribunaux. Le cahier de charges, élaboré depuis 2005 par les services techniques, est toujours sur le bureau du ministre.

 

Université de Ségou : consultations pour un recteur
L’Université de Ségou commence à prendre corps. De sources proches du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, les consultations ont débuté pour la nomination du recteur. Selon les mêmes sources, au moins trois professeurs ont déjà été interviewés pour savoir lequel sera nommé recteur. Toutefois, nos sources n’ont pas dévoilé l’identité des trois personnes auditionnées. Mais tout porte à croire qu’à la prochaine rentrée universitaire, dont la date n’a pas encore été révélée, l’Université de Ségou sera une réalité.

 

Importations de savon : bras de fer industries locales/modérateur
Les importateurs de savons ont été sommés par le bureau du modérateur Etat/secteur privé pour la protection des industries locales d’acheter un quota de savons au niveau local pour bénéficier de la licence d’importation. Les industries locales avec lesquelles doivent-ils acheter du savon sont notamment le Groupe Tomota, Sodema d’Alain Achcar, Sodima de Petit Barou…
Ce qu’il faut savoir, c’est que les importateurs de savon n’entendent pas les choses de cette oreille. Pour manifester leur désapprobation, ils ont refusé d’apposer leur signature au bas du protocole d’accord que le modérateur a voulu leur faire signer. Celui-ci a finalement fait signer

 

le dossier par des commerçants détaillants.
A noter que le savon fabriqué localement qu’on veut faire acheter par des importateurs est le savon de ménage, c'est-à-dire non parfumé. Par contre, le savon importé constitue le savon de toilettes comme Rexona, Pharmapur, etc. L’affaire risque de créer un conflit commercial. En prémices, d’une société ivoirienne de fabrique de savons menace de porter plainte devant la Cour de l’Uémoa contre l’Etat malien pour entrave à la libre circulation de produits.

 

Crise scolaire : la CRJ révoltée contre des enseignants
La CRJ, un mouvement des jeunes élèves, est plus que jamais indigné par l’attitude des enseignants du supérieur qui ont abandonné les cours. Les jeunes élèves ont tenu à le faire savoir hier lundi au cours d’un sit-in qu’ils ont organisé vers l’espace des Trois Caïmans. Au cours du rassemblement, ils ont demandé aux enseignants de retourner en classe. Après les mères, ce sont des élèves qui supplient maintenant les enseignants de retourner à l’école. Si c’est des enfants qui étaient dans les rues hier c’est tout le contraire qui se produit aujourd’hui.

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PROBLEMATIQUE DU FONCIER AGRICOLE
L’Etat en quête de solution
L’Etat et ses partenaires techniques et financiers (PTF) ont tenu lundi une rencontre sur les conclusions de deux études récemment réalisées sur le cadre législatif et réglementaire du foncier agricole et le diagnostic du foncier agricole dans notre pays. Ces études identifient la problématique du foncier agricole et donnent de nouvelles solutions.
Face à la problématique du foncier agricole, le ministère de l’Agriculture a commandité, en collaboration avec l’Agence française de développement, deux études sur le "cadre législatif et réglementaire du foncier agricole" et "le diagnostic du foncier agricole". Des partenaires techniques et financiers (PTF) et des techniciens des différents départements impliqués au foncier agricole se sont concertés hier sur les conclusions de ces études.
La problématique du foncier agricole constitue aujourd’hui une question majeure qu’il convient de traiter avec la plus grande rigueur compte tenu des frustrations qui peuvent découler de sa mauvaise gestion. En raison de l’importance du rôle de la sécurisation foncière dans le développement agricole ces études ont été réalisées.
Les deux études ont été confortées par l’expérience de deux pays voisins en l’occurrence le Burkina et le Bénin à travers des voyages d’études.
Les deux études dénoncent la forte pression anthropique sur les ressources naturelles et la vulnérabilité environnementale, l’effritement progressif des institutions coutumières, la multiplication des conflits fonciers, l’absence de clarification du principe de la domanialité et des droits coutumiers, la multiplication des structures intervenant dans le foncier en l’absence de synergie, la faible connaissance des textes par les acteurs, l’inadaptation des mécanismes de formalisation des droits (titres fonciers, concessions rurales, cadastre, etc).
L’étude diagnostique a identifié dix zones socio-foncières qui serviront de cadre de référence pour conduire les concertations. Le programme de la tenue des concertations est déjà élaboré.
" Cette rencontre se fixe comme objectif de nous tenir informer des conclusions des deux études. La suite du processus sera articulée autour du dialogue social. Ce dialogue est un cadre de concertation de l’ensemble des acteurs du secteur agricole sur l’ensemble du territoire. C’est pour cette raison que nous sollicitons votre appui et votre accompagnement pour mener de manière satisfaisante ces activités» , a dit le secrétaire général du ministère de l’Agriculture. Il ajoutera que ces activités aboutiront à des documents de politiques et textes législatifs et réglementaires répondant aux aspirations légitimes des exploitants agricoles.
Selon Jean-François Cavana de l’Agence française de développement, la question de droits locaux est fondamentale dans leur démarche. Pour le secrétaire permanent de la Loi d’orientation agricole (LOA), les résultats des deux études permettra de passer à l’opérationalisation.
Sidiki Doumbia



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COLLOQUE AU CCF
L’Afrique cinquantenaire en débat à Bamako
" L’Afrique en débat" est le thème d’un colloque international de deux jours qui a ouvert ses portes le 28 juin au Centre culturel français (CCF) de Bamako.
L’ambassade de France a initié en 2009 un colloque de haut niveau à Bamako en collaboration avec la Faculté des langues, arts et sciences humaines (Flash). La deuxième édition de cette rencontre scientifique de deux jours a ouvert ses portes le lundi 28 juin au CCF.
Le colloque de Bamako, aux dires de l’ambassadeur de France à Bamako, S. E. Michel Reyverand de Menthon, touche aux sujets d’actualité et surtout aux problématiques du continent africain. Selon lui, la coopération française, à travers l’IRD, soutient cette démarche surtout celle allant dans le domaine de la recherche.
Si la première édition tenue en juin 2009 avait pour thème "post-colonial studies", la présence est restée collée à l’actualité : la célébration du cinquantenaire des Etats africains. La présente veut comprendre et maîtriser les grands courants d’idées qui construisent l’Afrique actuelle. Le colloque a fait une brèche sur la situation des intellectuels africains, 50 ans après.
Les initiateurs se questionnent sur la relance des débats intellectuels en Afrique en proie à trois grands phénomènes. Ce sont les visions et stéréotypes qui plongent l’Afrique en monde à part, les difficultés dans le continent d’établir des espaces publics nationaux de discussions malgré le développement du multipartisme et de la presse depuis 20 ans. Il y a enfin le développement de diasporas africaines qui démultiplient les points d’ancrage et les modes de référence à l’Afrique.
Pérenniser le colloque
S. E. Michel Reyverand de Menthon entend explorer d’autres pistes pour pérenniser le colloque, qui se tiendra tous les ans. L’une de ces pistes est l’élargissement du débat sur les grandes évolutions et défis du continent. Le colloque se propose alors d’approfondir ses relations avec l’université de Bamako.
Le modérateur et membre du comité d’organisation du colloque, Moussa Konaté, écrivain et fondateur de la maison d’édition "Le Figuier", a introduit le thème par deux interrogations. Il s’est posé la question si c’est l’Afrique qui débat ou qui est en débat.
Les deux concepts peuvent s’adapter au thème même si l’écrivain qu’il est, émet des réserves sur l’absence d’intervenants potentiels et de publics potentiels que sont nos frères et sœurs qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école.
Analphabètes dans la langue de Molière, ceux-ci ne demeurent pas moins des intellectuels. Moussa Konaté dit avoir discuté avec beaucoup de gens qui ne savent ni lire ni écrire en français mais qui savent interpréter et expliquer les choses comme des universitaires sortis de la Sorbonne en France, d’Harvard (USA) ou d’Oxford (Grande-Bretagne).
Moussa Konaté soutient qu’il y a eu toujours des débats dans la société traditionnelle africaine et post-coloniale. Il a déploré ce qu’il a appelé "le frein aux débats contradictoires" sur certains sujets ayant trait à l’esclavage, au colonialisme ou à la négritude. "On ne peut pas avancer sans débat", a-t-il fait remarquer.
Les thèmes, prévus pour les deux jours, ont trait à la sociologie, à l’histoire commune, à la culture et à la littérature. Les débatteurs sont d’éminents professeurs et chercheurs africains et européens venus de la France et des Etats-Unis d’Amérique en plus des universitaires maliens, comme le sociologue et philosophe Issa Ndiaye et l’historien Drissa Diakité.
Abdrahamane Dicko

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MONDIAL-2010
Le Ghana a déjà sauvé l'honneur de l'Afrique
C’est au bout du suspense, samedi dernier que le Ghana a offert au continent noir sa 3e qualification en quarts de finale d’un Mondial après le Cameroun en 1990 et le Sénégal en 2002. C’était face aux Etats-Unis d’Amérique. Très animée, cette confrontation, à Royal Bafokeng de Rustenburg, aura été des plus palpitantes.
En présence de l’ancien président américain, Bill Clinton, les Black Stars, survoltés, ont, 120 minutes durant, livré une véritable bataille des nerfs pour finalement empocher le précieux sésame de la qualification en quarts de finale de la Coupe du monde 2010. Le buteur de l’équipe, Asamoah Gyan, était passé par là.
Cette qualification donne l’espoir à tout un continent qui a vu cinq autres de ses représentants plier prématurément leurs bagages pour le retour à la maison. Seule étoile à briller désormais dans cet océan africain de gâchis et de déception : les Blacks Stars du Ghana.
Etincelants, les Ghanéens, malgré une défaite face à l’Allemagne lors du dernier match de groupe, avaient réussi à se qualifier pour les 8es de finale. Eux au moins, peut-on dire, auront réussi à franchir un autre palier supérieur. Les Black Stars deviendront à l’occasion du prochain tour la troisième nation africaine à disputer un quart de finale lors d’une Coupe du monde après le Cameroun en 1990 et le Sénégal en 2002.
On ne peut préjuger de la suite pour eux, mais c’est déjà bon que les poulains de Milovan Rajevac se soient sortis victorieux de cette équipe américaine. Pour ce qui est de la suite, sur un seul match, tout peut arriver et il y a vraiment de quoi espérer quand on sait que les Blacks Stars tombent sur un autre plus "abordable" l’Uruguay.
Seul espoir restant pour l’Afrique, les hommes de Rajevac jouaient donc à Royal Bafokeng de Rustenburg pour tout un continent. Un continent qui a d’ailleurs massivement fait le déplacement pour répondre à l’appel du président de la Fédération ghanéenne de football, Kwesi Nyantakyi : "J’ai en appel une union sacrée du continent autour du Ghana", déclarait le premier responsable du football ghanéen au soir de la qualification pour les huitièmes de finale. De ce point de vue, ils ont su relever le défi et porter encore très haut les couleurs africaines.
Et là, il n’y a guère de quoi s’étonner, car le pays de Kwame Nkrumah, le père du panafricanisme et l’un des fondateurs de l’Organisation de l’unité africaine aujourd’hui, est une nation de football. L’union de l’Afrique, a toujours su nous sécher les larmes que d’autres auront versées. Le sacre, en 2009 de ses juniors au Mondial de leur catégorie en Egypte avec à la clé le ballon d’or et un soulier d’or et même son échec de la finale de la Can-2010, en sont des illustrations.
Force est de reconnaître alors que le foot ghanéen est à l’image même du pays : un exemple. Ainsi, sur le plan politique comme footbalistique, le Ghana, modèle de démocratie mais aussi de technique et de jeu chatoyant et combatif, a toujours servi de phare aux autres et, une fois de plus, sauve davantage l’honneur de l’Afrique.
Aussi, en attendant la suite de leur périple héroïque en Afrique du Sud, pouvons-nous tirer notre chapeau à nos voisins anglophones en empruntant une formule bien de chez eux : thanks and good luck.
Boubacar Diakité Sarr
(envoyé spécial)

 

Ils ont dit…
Milovan Rajevac (sélectionneur du Ghana) :
" Cela a été un match très difficile. Je félicite les Américains et leur entraîneur, ils ont été très durs (à battre). Ils étaient fin prêts et nous ont mis sous pression 120 minutes durant. Je félicite aussi mon équipe qui a souffert après l'égalisation. Elle a su trouver les ressources pour réagir. Les deux équipes méritaient de gagner. En prolongation, on a eu la force nécessaire pour emporter la mise. Et puis là, on a marqué deux buts dans le jeu, pas sur penalty comme en poule".

 

Bob Bradley (sélectionneur des USA) :
" On a encore pris un but rapide... Mais quand on est revenu à 1-1 on a eu des occasions de tuer le match, dont une très bonne. On était bien physiquement. Mais être mené rapidement, ça pompe beaucoup d'énergie. On s'est mis en difficulté. On sait qu'on a un problème sur ces entames de match... On a payé le prix sur un ballon perdu. On le sait, mais ça ne change pas grand-chose. C'est sûr qu'il faut s'améliorer sur ce point".

 

Asamoah Gyan (joueur du Ghana) :
" On avait un bon état d’esprit avant ce match surtout après l’élimination des autres équipes africaines. Pour la finale et même la demi-finale, on espère, mais avant, il y a l'Uruguay. C’est une bonne équipe, mais chaque match a sa vérité. Il faut jouer et espérer qu'on passera en demi-finales. Je remercie tout le continent pour le soutien et le public du Ghana resté au pays dont j’imagine la fête cette nuit là-bas".
Propos recueillis par Sarr

 

Bagarre entre Argentins et Mexicains
A la mi-temps du match Argentine-Mexique (3-1) dimanche dernier à Soccer City de Soweto, au moment où les deux équipes regagnaient les vestiaires, trois joueurs des deux équipes en sont venus aux poings. Une véritable bagarre qui a pris fin grâce à l’intervention des arbitres et du coordonnateur général du match, Moustapha Fahmy, Egyptien et également secrétaire général de la Caf. A la fin du match dans la zone mixte, interrogé sur la question, en espagnol, l’auteur de l’unique but mexicain, Javier Hernandez, a fait comprendre que leur acte était loin d’être beau. Cette bagarre, selon nos informations, est intervenue à la suite d’une discussion au sujet du 1er but argentin.

 

Messi demande à Marquez son numéro
Pendant qu’il livrait ses impressions en direct sur la chaîne de télévision Teletica de Costa Rica après le match Argentine-Mexico, le prodige des Albicestes, Lionel Messi, a aperçu son coéquipier du Barça, Rafael Marquez. Il l’a interpellé pour le saluer, l’encourager et lui demander devant les caméras de la télévision de lui communiquer son numéro de téléphone afin de pouvoir garder le contact.

 

Heinze gifle un cameramen
Le défenseur de l’équipe d’Argentine, Gabriel Heinze, a donné une gifle à un cameraman du stade Soccer City dimanche dernier. Au moment où il jubilait son deuxième but, le cameraman l’a braqué avec son appareil. Aux dernières nouvelles, le joueur de l’Olympique de Marseille aurait en compagnie d’un staff de son équipe présenté des excuses au patron de la zone en question.

 

Oguchi Onyewu, le Malien ?
Dans la zone mixte du stade de Rustenburg après le match Etats-Unis-Ghana, le défenseur américain, d’origine nigériane après avoir jeté un regard sur le badge de votre fidèle serviteur, lui a serré la main en ces termes "ani sogoma", même s’il faisait déjà nuit. Ensuite, il a dit qu’il est Ibo (ethnie du Nigeria) mais qu’il est venu une fois au Mali. Onyewu, qui évolue au Milan, fait partie des cadres expérimentés des Yankees (surnom de l’équipe nationale américaine).
Rassemblés par
B. D. S.

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