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2010

Mois de juin

Les Echos du18 juin

 

S. E. NICK GRIFFITHS, AMBASSADEUR DU ROYAUME-UNI AU MALI
" Nous encourageons la démocratie dans l’intérêt des citoyens"
A la veille de l’anniversaire de Sa Majesté la reine Elizabeth, fêtée le 17 juin, l’ambassadeur de Grande-Bretagne au Mali, S. E. Nick Griffiths, a bien voulu nous entretenir sur la coopération entre le Mali et le Royaume-Uni et les perspectives qui s’offrent à elle. Tout en
Les Echos : Depuis quand la coopération Mali/Royaume-Uni existe-t-elle et comment se porte-t-elle aujourd’hui ?
Nick Griffiths : Le Royaume-Uni et le Mali entretiennent de bonnes relations depuis l’accession du Mali à l’indépendance. L’ouverture effective d’une ambassade à Bamako nous permettra d’approfondir ces relations fructueuses.
Les Echos : Quels sont les domaines dans lesquels Bamako et Londres envisagent de collaborer le plus ? Et qu’est-ce qui motive ce ou ces choix ?
N. G. : Nos deux pays échangent des points de vue sur divers aspects des relations internationales et régionales. Bien que le Royaume-Uni ne soit pas un des principaux bailleurs bilatéraux du Mali, nous demeurons cependant un des plus grands contributeurs du budget de l’Union européenne, dont le Mali est l’un des premiers bénéficiaires. Nous partageons le souci du gouvernement de la République du Mali en ce qui concerne la sécurité dans la bande sahélo-sahélienne et nous sommes disposés à soutenir les efforts du Mali dans ce sens.
Les Echos : Faut-il s’attendre à un changement de cap avec l’arrivée du gouvernement Cameron ? Si non quelle est explicitement la politique africaine du gouvernement britanique?
N. G. : Le gouvernement de Sa Majesté souhaite une Afrique d’Etats souverains, épris de paix et déterminés pour s’engager dans des échanges mutuels en vue d’affronter les problèmes communs. Nous ferons notre possible pour soutenir une telle vision.
Le nouveau gouvernement à Londres désirerait une réduction de la pauvreté en Afrique et reste déterminé à honorer ses engagements internationaux comme l’atteinte de l’objectif d’octroyer 0.7 % du PIB à l’aide au développement. Nous encourageons nos autres partenaires à faire de même. Le gouvernement attache beaucoup d’importance aux mesures de prévention des conflits et travaillera activement avec l’Union européenne dans ce domaine. La place de l’Afrique dans le commerce international est cruciale dans la lutte contre la pauvreté. Le gouvernement de Sa Majesté encouragera donc la réduction des barrières commerciales afin que l’Afrique puisse bénéficier de la croissance mondiale.
Les Echos : Dans un contexte de globalisation, la qualité des ressources humaines sera essentielle pour les pays du Sud. Est-ce que le Royaume-Uni peut aider le Mali à rehausser le niveau de la formation et comment ?
N. G. : En tant que nouveau venu sur l’arène diplomatique de Bamako, notre ambassade se consacrera tout d'abord à la connaissance de l'environnement avant d'explorer de manière approfondie des idées qui permettront au Royaume-Uni de s'investir davantage à l'avenir. Ces idées comprennent le sujet des ressources humaines.

Les Echos : Quelle appréciation le diplomate britannique fait-il des cinquante ans d’indépendance de quelques dix-sept pays africains ? Quels conseils pouvez-vous leur prodiguer, en particulier au Mali ?
N. G. : Nous félicitons le peuple malien pour l’atteinte de ce tournant important de l’histoire et nous vous souhaitons une joyeuse fête. Le gouvernement de Sa Majesté espère que le Mali continuera sur la voie tracée depuis son indépendance et à être un modèle de démocratie dans l’intérêt de ses citoyens.
Propos recueillis par
Abdoul M. Thiam

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1re JOURNEE SCIENTIFIQUE DES PHARMACIENNES
Femmes et VIH et corticoïdes en mire
L’Association des femmes pharmaciennes (Afephar) a organisé, le jeudi 17 juin, sa 1re journée scientifique. L’événement, placé sous la présidence du ministre de la Santé, a débattu de deux sujets d’actualité : les femmes et le VIH et l’effet des corticoïdes sur la peau.
L’Afephar est une association de femmes professionnelles du secteur de la pharmacie et du médicament, créée en novembre 2005. Selon les détails donnés sur l’Afephar par sa présidente, Dr. Guèye Alimatou Diallo, l’Association compte de nos jours 274 inscrites à l’Ordre des pharmaciens. Parmi celles-ci, figurent 119 pharmaciennes d’officine et 115 fonctionnaires, biologistes et d’autres spécialités.
Pour sa première activité à caractère scientifique, les pharmaciennes ont mis les petits plats dans les grands. Deux thèmes ont été débattus au cours d’une conférence. L’un sur les conséquences de l’utilisation des corticoïdes, développé par le Pr. Somita Kéita, dermatologue et l’autre sur la transmission du VIH de la mère à l’enfant et sa prise en charge, expliquée par Dr. Dembélé Bintou d’Arcad-Sida.
Au nom du ministre de la Santé, le secrétaire général a salué "la synergie positive que les pharmaciennes entretiennent avec l’ensemble des acteurs dans le cadre de la mise en œuvre de la politique sectorielle de santé et du Prodess". Dr. Ousmane Touré s’est en outre dit impressionné par "la capacité de mobilisation des partenaires et la qualité du travail abattu par la jeune organisation en si peu de temps".
Le Pr. Kéita a expliqué que l’utilisation des corticoïdes est observée dans les communautés noires (Mali, Afrique sub-saharienne, Europe, USA). Un sondage réalisé en grappe en 1993 sur 210 femmes âgées de 15 à 45 ans a montré que 53 d’entre elles, soit 25 % utilisent les produits dépigmentants. A ses dires, l’utilisation des produits dépigmentants dans un but cosmétique est un véritable phénomène de société.
Le même sondage a montré que la pratique est fréquente chez les femmes célibataires (31/80), celles qui sont scolarisées ou l’ayant été (49/144) et chez les étudiantes (21/47).
Avec des photos de femmes atteintes de maladies de la peau liées à la dépigmentation, les dermatologues Pr. Somita Kéita, Ousmane Faye, Adama A. Dicko et Koureissi Tall en sont arrivés à la conclusion que "la pratique de la dépigmentation vécue par les femmes comme une mode, engendre des complications dermatologiques posant un problème de santé publique. L’éventail des complications va de l’hypersensibilité au soleil, à l’acné, à la fragilité, en passant par les infections opportunistes".
Dr. Dembélé Bintou de l’Arcad-Sida a d’entrée de jeu indiqué que les femmes sont plus touchées par le VIH que les hommes. Elle a donné le ratio de 3 femmes (1,5 %) pour 2 hommes (1,1 %). A ses dires, l’enquête ISBS de 2006 a montré que les populations vulnérables féminines sont les prostituées avec un taux de 35,3 % contre 31,9 % en 2003.
Les vendeuses ambulantes ont un taux de 5,9 % contre 4,6 % en 2003 et les aides familiales 2,2 % contre 1,7 % en 2003. Au Cesac, 66 % des 5804 personnes suivies sont des femmes. Les 62 % sont mariées dont 24 % vivent dans un mariage polygamique.
Dr. Demblélé Bintou a expliqué comme causes, des facteurs de vulnérabilité anatomique et biologique de même que des problèmes sociaux (genre, inégalité homme/femme, prise de décision sur la sexualité). Des facteurs culturels et religieux (lévirat, polygamie) expliqueraient cela de même que le faible pouvoir économique de la femme.
La prise en charge de la transmission de la mère à l’enfant se fait au cours de la grossesse par la prise régulière et de longue durée d’ARV par la femme enceinte pour éviter la transmission à l’enfant. L’enfant né recevra à son tour sa dose de névirapine tous les jours jusqu’à la fin de l’allaitement.
Les deux conférences ont été riches en enseignements tant pour les membres de l’Afephar que le public invité, dont les nombreux partenaires que sont les laboratoires et firmes pharmaceutiques.
Abdrahamane Dicko

 

 


Une association philanthropique
Les pharmaciennes ne se contentent pas de leur propre confort et profits. Elles interviennent sur le terrain de l’humanitaire. L’Afephar a, à son actif des interventions sur le volet social à travers la distribution de laits, farines, médicaments et jouets à 102 enfants dont plusieurs orphelins du Sida.
Certaines de leurs activités sont soutenues par les "Sœurs de la charité" de Magnambougou, présentes à la journée d’hier.
L’Afephar a pour objectifs la promotion des pharmaciennes, le développement des échanges entre les femmes pharmaciens du Mali et celles d’autres pays ; la valorisation des ressources pharmaceutiques autochtones ; la constitution d’un laboratoire d’idées à l’usage du corps pharmaceutique et la création d’une structure d’aide aux orphelins.
La 1re journée scientifique organisée hier a donné la preuve de l’engagement des membres de l’Afephar. Les initiatrices ont pu mobiliser de nombreux partenaires que sont les laboratoires et firmes pharmaceutiques, sous la présidence du ministre de la Santé, représenté par le secrétaire général du département, Dr. Ousmane Touré.
A. D.

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IDA-16
Bamako, capitale financière des Etats à revenu faible
Il est attendu de la réunion de la 16e reconstitution des ressources de l’Association internationale de développement (Ida) un engagement plus fort des partenaires, des contributions plus accrues.
En acceptant d’abriter du 15 au 18 juin 2010 la réunion de la 16e reconstitution des ressources de l’Ida, le Mali est devenu du coup la plaque tournante des Etats à revenu faible. Troisième du genre, c’est la première fois que cette rencontre de haut niveau se tient dans un pays francophone, en l’occurrence le Mali. Ce choix de notre pays, à n’en pas douter, est à mettre à l’actif de sa stabilité politique, de sa bonne gouvernance, de sa bonne gestion macro-économique et celle des crises.
Outre le président de la République, Amadou Toumani Touré, qui a présidé mercredi après-midi au CICB la cérémonie d’ouverture, deux autres chefs d’Etat ont fait le déplacement de Bamako. Il s’agit de Me Abdoulaye Wade du Sénégal et Mme Ellen Johnson Sirleaf (Liberia). S’il est vrai que des similitudes existent entre les défis du continent, il n’en demeure pas moins que l’ampleur des défis de développement du Mali est attirante comme témoignent des indicateurs sociaux.
Le taux de prévalence de la pauvreté était de 43,7 % en 2009, le taux de mortalité infantile estimé à 96 décès pour 1000 naissances tandis que le taux brut de scolarisation était de l’ordre de 82 % en 2009 dont 73 % pour les filles.
A ce tableau, s’ajoute la préoccupante liste d’indicateurs sociaux ayant trait à l’inexistence totale d’infrastructures. Il reste entendu que ces indicateurs ont connu quelques améliorations ces dernières années. De la rencontre de Bamako qui se tient au moment où les séquelles profondes de la crise financière sont visibles, il est attendu un engagement plus fort des donateurs, des contributions plus accrues pour permettre au continent africain de relever les nombreux défis qui se présentent à lui.
Tout au long de son intervention, le président de la République a témoigné sur l’impact positif des projets et programmes financés par la Banque mondiale. Ce qui, aux dires du président ATT, a permis une transformation qualitative dans la vie des citoyens.
Dans le domaine de la santé par exemple, l’on a assisté au renforcement du tissu sanitaire, au relèvement du plateau technique. Le taux de couverture sanitaire est de 85 % dans un rayon de 15 km. D’autres secteurs comme l’eau, l’énergie ont fait l’objet d’attention soutenue de la part de la Banque mondiale. Celle-ci intervient au Mali pour un portefeuille de 778 millions de dollars.
Des actions magnifiées par le ministre de l’Economie et des Finances, Sanoussi Touré, qui a attiré l’attention des partenaires sur des nouveaux secteurs stratégiques : enseignement supérieur, emploi et formation professionnelle.
Mohamed Daou

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JOURNEE DE L’ENFANT AFRICAIN
Le FSN appuie le VESOS de Sanankoroba
Dans le but de contribuer à la promotion des droits des enfants et à l’amélioration de leurs conditions de vie, le Fonds de solidarité nationale (FSN) a fait un don de couvertures, de layettes et de kits scolaires au Village d’enfants SOS de Sanankoroba. La cérémonie de remise a eu lieu le 16 juin à Sanankoroba à la Journée de l’enfant africain.
La Journée de l’enfant africain, mercredi dernier, a été célébrée autour du thème "planifier et budgétiser en vue du bien-être de l’enfant : une responsabilité collective", qui met l’accent sur l’anticipation, la prévision et le financement des besoins de l’enfant.
Il implique non seulement de la part des pouvoirs publics une prise en compte des besoins de l’enfant dans les politiques sectorielles, mais aussi de la part des parents plus d’attention et interpelle l’opinion nationale et l’ensemble des décideurs sur les problèmes cruciaux de l’école.
Le FSN, dont l’un des programmes est dédié à la promotion des droits des enfants en général et ceux des enfants en difficulté en particulier, a saisi l’occasion pour faire un don de couvertures, de layettes et de kits scolaires d’une valeur de plus de 13 millions de F CFA au Village d’enfants SOS de Sanankoroba.
Selon le directeur général du FSN, Adama N. Diarra, "les enfants constituent l’une des couches les plus vulnérables de la société. Cette journée est une occasion offerte aux différents acteurs de l’environnement protecteur de l’enfant, d’évaluer les progrès accomplis et de servir de moteur pour susciter l’intérêt des décideurs et le public en faveur de l’enfant. Force est de constater que dans sa globalité, l’environnement protecteur de l’enfant reste confronté à plusieurs défis pour la solution desquels un renforcement du maillage des intervenants est requis pour une meilleure protection de l’enfant".
A travers une manifestation culturelle, les enfants du village SOS de Sanankoroba et le groupe "Espoir de la musique malienne" ont émerveillé le public par des chants, poèmes, chorégraphies et imitations d’artistes. L’occasion, pour eux, de rappeler aux autorités leurs droits à une bonne alimentation, à l’éducation, à la protection et à la survie. Ils ont manifesté leur désir d’aller de l’avant en travaillant dur à l’école et cela avec l’aide de tous les acteurs de l’école.
Le président du Conseil économique, social et culturel, Jeamille Bittar, qui a tenu à être présent à cette Journée pour montrer son attachement à la cause des tout-petits, s’est félicité de la détermination des enfants et a pris l’engagement d’offrir à chaque élève des seconds cycles du VESOS de Sanankoroba, des livres de mathématiques, de physique et chimie et d’environnement.
Anne-Marie Kéita

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LE MALI FACE AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
L’UE mettra 3 milliards de F CFA dans la cagnotte
En prélude à la signature de l’Alliance globale sur le changement climatique (AGCC) entre le Mali et l’Union européenne (UE), le ministère des Affaire étrangères et de la Coopération internationale, en partenariat avec l’UE a organisé le jeudi 17 juin 2010, un atelier d’information et de sensibilisation sur le changement climatique.
Dans les prochains jours, le Mali et l’UE vont signer une convention de financement d’un montant de 3 milliards de F CFA pour l’exécution du l’AGCC dans les régions de Mopti, Tombouctou et Gao. Cette information a été révélée par le chef de la Délégation de l’UE au Mali, S. E. Giacomo Durazzo à la cérémonie d’ouverture de l’atelier de sensibilisation sur les changements climatiques, qui réunit les représentants des services techniques de l’assainissement et de l’environnement…
L’AGCC, selon M. Durazzo et le secrétaire général par intérim du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Sékouba Cissé, est un programme de lutte contre le changement climatique au Mali. Il a un volet de reboisement et prévoit un inventaire forestier pour une gestion efficiente de la forêt.
" Au Mali, la forêt se détériore, mais on n’a pas une vue globale de cette détérioration", a regretté le chef de la délégation de l’UE qui a précisé qu’un volet appui institutionnel est aussi inscrit dans le programme. L’atelier s’inscrit dans la continuité de la mise en ouvre du Protocole de Kyoto et d’autres conventions des Nations unies ratifiées par le Mali.
En effet, les enjeux du changement climatique représentent un défi mondial. Pour le secrétaire général du ministère de l’Environnement et de l’Assainissement, Abdoulaye Berthé, un changement de comportement individuel et collectif s’impose comme une alternative. L’atelier va donc permettre aux participants d’appréhender le phénomène et de faire des recommandations de préservation de l’environnement.
Au Mali, les différents problèmes climatiques se traduisent, entre autres, par une décroissance régulière de la quantité de la pluie et une grande variation spatio-temporelle.
Mais, dans un document intitulé "Impact des changements climatiques au Mali" de la direction nationale de la météorologie, l’impact se manifeste surtout par l’ensablement qui menace l’existence du fleuve Niger. Le phénomène de désertification se traduit de manière permanente dans les régions septentrionales du Mali.
" La vallée du fleuve Niger qui reste le seul endroit de repli pour les populations est agressée par les dunes", a laissé entendre un spécialiste de la direction nationale de la conservation de la nature (DNCN).
Amadou Waïgalo

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DOSSIER
LE CONSENSUS POLITIQUE DE 2002 A 2007
La camisole de force d’ATT
En 2002 le Mali connaît sa première alternance démocratique pacifique. Malgré une sérénité sur le plan social, la situation politique était bien tendue. Ce qui amènera le nouveau président élu en la personne d’Amadou Toumani Touré, candidat indépendant, à gérer le pays de façon consensuelle.
" Après mon élection en 2002, j’ai proposé à la classe politique malienne une gestion consensuelle du pouvoir dont la philosophie essentielle tient en cette formule : gouverner ensemble, dans le respect de nos différences". Ce sont là les propos du président Amadou Toumani Touré, candidat indépendant, porté au pouvoir par une partie de la société civile et de partis politiques, à l’occasion de son entrée à l’Académie des sciences d’Outre-Mer à Paris, le 26 octobre 2007.
La singularité de cette expérience consensuelle à la malienne est qu’elle ne découlait pas, dans les faits, d’aucune crise postélectorale majeure comme on en voit dans certains pays de la sous-région. Mais au sortir de l’élection présidentielle en 2002 ainsi que des législatives, le président ATT ne pouvait gérer le pays que de manière à impliquer les partis politiques et la société civile, car élu dans un contexte particulier.
La situation politique, en effet, était tendue. Les partis politiques étaient fortement divisés notamment l’Adéma/PASJ avec sa multiplicité de candidats à l’élection présidentielle et son non-unanimité autour du candidat Soumaïla Cissé sorti vainqueur de la convention.
Espoir-2002, de son côté qui rassemblait une pléiade de formations politiques avec comme tête de proue le Rassemblement pour le Mali sera aussi déçu à l’annonce des résultats du 1er tour de la présidentielle qui classe son candidat, Ibrahim Boubacar Keita 3e, l’éliminant du coup de la course à la magistrature suprême.
Les élections législatives qui s’en suivront seront marquées par une lutte âpre entre le regroupement politique Espoir-2002, les indépendants et l’Adéma/PASJ. Cette dernière détenait, depuis 1992, la majorité écrasante des sièges au Parlement. La lutte entre partis politiques et indépendants aux législatives sera dure d’autant que dans sa déclaration, après son élection et sa confirmation par la Cour constitutionnelle, le candidat ATT avait dit qu’il choisirait de gouverner avec la majorité qui sortirait des urnes.
La naïveté des partis exploitée à fond
Mais à l’issue de ces élections législatives aucun parti politique n’aura une majorité absolue, voire écrasante pour pouvoir imposer au président ATT un gouvernement. De la même manière le président ne pourra diriger le pays sans une "majorité confortable” qui ne put sortir ni des alliances claires et sincères ni des "combines" au sein du Parlement. Le consensus ainsi concocté apparaît plutôt comme une camisole de force pour son initiateur qu’une " volonté de renforcer le processus de démocratisation".
Le nouveau président, en effet, ne pouvait prétendre diriger le pays sans en référer aux partis politiques (Adéma, RMP qui détenaient la majorité absolue des sièges à l’AN) et la société civile, constituée de la multitude d’associations. Et comme aucune formation politique n’avait la majorité au Parlement pour en imposer au président le Premier ministre, en l’occurrence Ahmed Mohamed Ag Hamani, sera issu de la société civile. Ce choix aura été, comme on le voit, dicté par l’absence d’une majorité.
De plus, sachant que "l’enjeu du pouvoir a été toujours un élément déterminant des contradictions politiques", il a souhaité que "le pouvoir soit plus un facteur de cohésion que de division ; et cela dans le respect de toutes les libertés fondamentales". Sur ce plan 2002-2007 aura été un quinquennat fort modeste. Et pour cause beaucoup de Maliens ignoraient le caractère du nouveau président en 2002 de supporter la contestation, la contradiction.
Même s’il disait que le consensus "ne signifie pas forcément que tout le monde est satisfait du résultat, mais suggère plutôt que tout le monde peut juger le résultat acceptable et que la majorité est satisfaite", le consensus 2002-2007 aura été un piège dans lequel les partis politiques sont tombés.
Souvent superbement ignorés par le pouvoir, laminés par des conflits internes, les partis politiques ont maintenant du mal à faire entendre leur voix.
Denis Koné

 

 

LE CONSENSUS MOU
OUSMANE THIAM, ANCIEN MINISTRE
Le "porte-voix" du gouvernement

Soldat commis à la tâche, Ousmane Thiam, depuis qu’il a été nommé membre du gouvernement, a été au four et au moulin dans la communication de l’équipe gouvernementale d’Ahmed Mohamed Ag Hamani puis d’Ousmane Issoufi Maïga.

Il serait presque passé inaperçu au Mali, si ce n’était sa nomination dans le gouvernement formé le 16 octobre 2002 par Ahmed Mohamed Ag Hamani. Ousmane Thiam, puisque c’est de lui qu’il s’agit a été ministre de la Promotion des investissements et des Petites et moyennes entreprises, porte-parole du gouvernement jusqu’au remaniement ministériel du 3 octobre 2007. Il a vu partir un Premier ministre et a été ministre dans trois gouvernements.
Alors qu’il était ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances chargé de la Promotion des investissements et du secteur privé d’Ag Hamani (2e gouvernement), il a été reconduit dans ses fonctions par le Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga dans le gouvernement formé le 2 mai 2004 jusqu’au remaniement du 3 octobre 2007. Ministre délégué, il a été propulsé ministre à part entière et porte-parole du gouvernement.
Il fait partie des ministres qui se sont donnés à fond pour la cause du président ATT.
Sa maîtrise des sujets, son sens de l’anticipation des événements et à défendre la cause du gouvernement étaient appréciables. On l’a vu sur plusieurs fronts défendre les décisions même quand elles étaient impopulaires de l’exécutif.
" Conformément à la vision du chef de l’Etat"
Au moment où les Maliens se débattaient dans la crise alimentaire, c’est lui et certains ministres qui ont organisé une sortie médiatique pour dire qu’il n’y a pas de crise alimentaire et que le gouvernement a assez fait dans l’approvisionnement des marchés en denrées de première nécessité. Sur les accords d’Alger, Ousmane Thiam a été pour beaucoup dans la sensibilisation de l’opinion.
Chaque jour que Dieu faisait, l’économiste/banquier posait des actes même de consolidation du régime ATT, même si cela n’en valait pas la peine. A telle enseigne que d’aucuns l’appelaient le "griot" du gouvernement et de Koulouba. Bref, Ousmane ramenait tout à ATT comme il aimait lui-même dire "conformément à la vision du chef de l’Etat".
Sexagénaire, marié et père de 3 enfants, Ousmane Thiam est réputé pour sa maîtrise des arcanes de la finance. Son professionnalisme et son sens du relationnel lui valent d’être aujourd’hui président du conseil d’administration de la Société des télécommunications du Mali (Sotelma, filiale du groupe Maroc Télécoms).
On retient de l’homme qu’il a donné tout ce qu’un ministre pouvait apporter à un gouvernement ne serait-ce que des déclarations qui vont dans le sens des ambitions du pays.
Amadou Sidibé

 


 

 

LE CONSENSUS D’ATT
Le clash était prévisible
Pour des observateurs de la scène politique, le consensus réussi par ATT, pendant son premier mandat s’explique principalement par l’envie des leaders politiques d’aller à l’accalmie. Beaucoup de ces responsables politiques de l’aile dure de l’opposition ont été victimes de leurs propres turpitudes sous les deux mandats du prédécesseur d’ATT, Alpha Oumar Konaré.
La politique de la chaise vide à travers le boycott des élections, le refus d’aller à un gouvernement consensuel et surtout les manifestations tous azimuts ont fini par essouffler l’opposition. L’arrivée d’ATT a été une aubaine à saisir. Le consensus brandi par celui-ci ne pouvait pas être refusé.
Le soutien de l’ex-parti au pouvoir, l’Adéma/PASJ s’explique par le fait que ce parti a soutenu la candidature d’ATT au détriment de son propre candidat. L’URD, née d’une scission de l’Adéma, est parti lui aussi dans le consensus en faisant contre mauvaise fortune bon cœur. Idem pour le RPM d’Ibrahim Boubacar Kéita, qui est lui aussi une excroissance de l’ex-parti au pouvoir.
Le navire nommé consensus a fini par tanguer en 2006 avec la sortie du gouvernement d’Ousmane Issoufi Maïga, de Nacoman Kéita, ministre de l’Environnement et membre de la direction du RPM. Le parti d’IBK, titulaire du seul portefeuille ministériel venait de se démettre une bonne fois pour toutes. Le ministre de la Santé de l’époque, Mme Maïga Zeynab Mint Youba, nommée sous la bannière du RPM, avait rejoint le Mouvement citoyen (mouvance présidentielle).
Le Parena, titulaire du portefeuille de la Jeunesse et des Sports, qu’il a perdu, a reconsidéré son soutien au régime. Les relations entre ATT et Tiébilé Dramé se sont détériorées après l’organisation par notre pays du sommet Afrique-France. Le président du Parena, président de la Commission nationale d’organisation dudit sommet, avait été injustement accusé de mauvaise gestion.
Même si le RPM est de nos jours le seul parti à se démarquer clairement du pouvoir en place et à prendre sa place dans l’opposition parlementaire, il va sans dire que le consensus tel que prôné par ATT en 2003 est chancelant. La fin de son 2e et dernier quinquennat n’est plus loin.
Abdrahamane Dicko

 

 

MICRO TROTTOIR
Des citoyens se prononcent sur le consensus sous ATT
Le consensus sous ATT est un échec. C’est ce qui ressort du micro trottoir ci-dessous. Réactions.
Oumar Traoré (administrateur civil) :
" Je considère le consensus sous ATT comme une ironie politique. Une démocratie sans partis politiques opposés, c’est du jamais vu !"
Fatoumata Diarra (société civile) :
" On se demande comment les acteurs des partis ont pu accepter un tel consensus. C’est contre les règles de la démocratie. A part un ou deux partis, tous les partis se disent amis du président. Qui va le critiquer afin qu’il se corrige, qu’il se rende compte de ses erreurs ? Les partis doivent savoir qu’être de l’opposition, c’est aider le pouvoir".

Rokia Dia (jeune diplômé sans emploi) :
" Le consensus de 2002 est plutôt un échec de l’esprit démocratique. Le chef de l’Etat qui désire rassembler tout le monde dans le même sac a fait un jeu politique".

Mahamadou Kanté (chauffeur) :
" Les partis politiques qui ont soutenu ou combattu ATT à la présidentielle ont affirmé être prêts à soutenir ses actions. Ça c’est l’inédit dans le jeu démocratique. Rien ne vaut le consensus".
Amadou Camara (enseignant) :
" Ce n’est pas un consensus pour le bien du pays. Seulement chacun veut sa part du gâteau".
Propos recueillis par
Sidiki Doumbia

 

 

CONSENSUS SOUS ATT
La pensée unique du jeu démocratique
Le fait de rassembler tout le monde dans un même gouvernement était la formule consensuelle proposée aux Maliens mais n’admettait pas l’opposition et était beaucoup plus proche de la pensée unique que du jeu démocratique.
Le consensus est venu après l’élection d’ATT en 2002. Avant, sous Alpha, on avait essayé diverses formules de gouvernement dont la plus connue est la gestion concertée du pouvoir qui n’avait pas produit de bons résultats en raison de la conjoncture politique. Le président Konaré lui-même était de bonne foi de même que ses chefs de gouvernement mais ce sont les leaders politiques qui n’avaient pas digéré leur échec en 1992 et en 1997, qui traînaient les pieds et contestaient la légitimité du président.
En 2002, avec ATT, on a essayé une autre formule politique qu’on a appelé le consensus. ATT s’est cru fondé à mettre en place ce système parce qu’en 2002 au 2e tour il avait le soutien de tous les partis politiques, y compris les partis qui lui étaient opposés comme le RPM, le Cnid. Elu dans ces conditions comme presque un plébiscite à tort ou à raison ATT s’est cru l’homme de tout le monde.
Et pour ne vexer personne, il a pris un Premier ministre qui n’est issu d’aucun parti politique en la personne d’Ahmed Mohamed Ag Hamani et le gouvernement formé par celui-ci reflétait la manière dont ATT avait été élu, c'est-à-dire avec le soutien de tous les partis politiques.
A l’analyse, on se rend compte que le consensus n’admettait pas l’opposition et qu’il était beaucoup plus proche de la pensée unique que du jeu démocratique. Pendant 7 ans, cette formule qui a été expérimentée au Mali avec seulement deux Premiers ministres : Ahmed Mohamed Ag Hamani et Ousmane Issoufi Maïga. Le consensus a-t-il permis de développer le pays comme son initiateur le voulait ?
Ce n’est pas évident parce qu’on s’est rendu compte dans l’exercice du pouvoir que beaucoup de partis politiques se sont retirés par la suite et ATT n’avait plus comme soutien que le Mouvement citoyen composé de gens qui avaient du mal à s’imposer au sein des partis politiques.
Les cadres du Mouvement citoyen ont depuis décidé de théoriser le consensus en lui donnant une profondeur dont la teneur a été le Programme de développement économique et social (PDES). C’est ce PDES qui semble être la suite du consensus alors que celui-ci n’a pas été évalué.
Mohamed Daou

 

GESTION DU POUVOIR PAR ATT
Le consensus à la malienne
" Ma gestion du pouvoir est d’ordre culturel. Je l’hérite de mon passage au waldé (association d’initiation) une association qui fédère toutes les énergies, toutes les forces contraires, le sens du partage et du dialogue et de l’entente", s’exprimait ATT en 2002 juste après son investiture à la magistrature suprême de notre pays. Et d’ajouter en justifiant son option pour le consensus qu’il a milité au sein de divers groupes et associations. Le président ATT a aussi laissé entendre que l’Ecole normale secondaire et le Camp para ont fortifié sa conduite et ont contribué l’émergence d’autres valeurs sociales en lui. " C’est pourquoi je peux supporter n’importe qui, malgré ses caractères".
" Président de tous les Maliens, je m’engage solennellement à continuer de faire vivre, dans le rassemblement et l’unité, les valeurs profondes de notre nation que sont la solidarité, la tolérance et la paix", disait-il avant de proposer à la classe politique une gestion consensuelle du pouvoir.
Arrivé à la tête du Mali, suite à des élections en 2002, carte blanche lui avait été donnée par les politiques afin de coudre le tissu sociopolitique en branle-bas. Soulignons aussi que des partis ou certains cadres se sont fait la poche. Alors, arriva 2007, année électorale au Mali.
En vue d’aborder cette année charnière pour notre démocratie, plusieurs partis, certainement convaincus du fait qu’en Afrique l’organisateur de l’élection n’y perd jamais, vont se rallier "se rattacher même" à l’indépendant ATT faisant ses louanges. La suite est connue. Il s’impose sans autre forme de procès par une victoire éclatante de plus de 71 % des voix. Les regards sont donc tournés vers les législatives. Lesquelles, selon son soutien politique, lui offrent la grande majorité.
Alors, il faut penser à la distribution des postes. D’abord, qui choisir pour être président de l’Assemblée nationale ? Là, naît la dissension entre ses soutiens, car il y aura diverses candidatures aboutissant au désaveu de Me Mountaga Tall du Cnid/Fyt avec la belle victoire de Dioncounda Traoré de l’Adéma/PASJ.
Cinq ans après l’expérience de la période 2002-2007, la gestion consensuelle du pouvoir expérimentée par ATT a montré ses limites, car ses courtisans n’agissaient que dans leurs propres intérêts au détriment de l’intérêt national même si ATT disait que dans sa mission, qu’il aurait besoin de l’implication de toutes les Maliennes et de tous les Maliens.
" C’est à ce prix que nous relèverons les défis au service du seul Mali, notre très chère patrie", avait-il précisé comme pour dire que le consensus constituait désormais le gage de la réussite dans tout ce que le peuple va entreprendre pour son salut.
Idrissa Sako

 

CONSENSUS POLITIQUE D’ATT
Face au blocus des démocrates
Le président de la République Amadou Toumani Touré était invité l’année dernière à donner une conférence au siège de l’Unesco dans le cadre de la semaine africaine de cette institution. Thème de la conférence : "la culture de la paix et l'expérience malienne de la gestion consensuelle du pouvoir de 2002 à 2007 et de la crise qui a secoué une partie du Nord-Mali à partir de mai 2006".
Parlant du premier volet du thème ; à savoir : la gestion consensuelle du pouvoir, ATT a expliqué qu’après son élection en 2002, il a proposé à la classe politique cette forme de gestion du pouvoir dont la philosophie essentielle tient à la formule suivante : "gouverner ensemble dans le respect de nos différences".
Au sortir de la présidentielle de 2002, aucun homme politique malien ne pouvait se douter que l'échiquier politique allait être marqué par ce qu'on appelle le consensus politique. C’est pourquoi d’ailleurs, les observateurs avertis estiment que le consensus d’ATT allait faire long feu.
De fait, des oppositions de démocrates n’ont pas tardé. Les amis du président, regroupés au sein du Mouvement citoyen et des 25 petits partis qui le soutenaient dans sa vision, ont vite été opposés à des démocrates qui ont dénoncé la confiscation de la démocratie malienne, orchestrée par ATT.
Des regroupements, à l’image de l’Association démocratie et justice (ADJ) ont été formés pour constituer un rempart et pour défendre les valeurs démocratiques comme le débat public, les critiques, et la promotion d’une opposition crédible et responsable au profit d’une démocratie dynamique et participative.
ATT, qui voulait faire du consensus un cheval de bataille a, au bout de trois ans, suscité ce que Malamine Tounkara, enseignant à Kalabancoura appelle un gros "malentendu" lié, selon lui, à un réel déficit de communication dans la gestion concertée de la conception.
Cependant, notre interlocuteur reconnaît que l'un des premiers avantages du consensus politique est que le Mali a renoué avec le calme : le calme politique et le calme social.
" Les partis politiques qui avaient habitué les Maliens à plus d'activisme ont observé une pause, contrairement à ce qu’on a vécu tout au long du pouvoir d’Alpha Oumar Konaré marqué par des manifestations d’humeur des animateurs de l’opposition", commente M. Tounkara.
Amadou Waïgalo

 

 

EPILOGUE
Le consensus mou d’ATT
En 2002, pour toute la communauté internationale, le Mali avait accompli pacifiquement l’alternance politique après avoir réussi la promesse d’organiser des élections libres et démocratiques. Le processus électoral conclu en avril 2002 avait permis à un indépendant, un militaire à la retraite, de battre tous les candidats de la classe politique et de succéder au premier président démocratiquement élu de la IIIe République.
L’ahurissant dans cette élection fut que presque tous les partis politiques se coalisèrent pour le porter en triomphe au détriment de leurs propres candidats et d’avaliser, à sa suite, un programme politique qui n’existait pas en vérité. Dans toute l’histoire politique de la sous-région, c’était bien la première fois qu’on voyait un homme affilié à aucun parti politique parvenir par cette voie au sommet de l’Etat.
Il est vrai que le promu avait contribué à la chute de Moussa Traoré dont il avait été le chef de la garde et qu’il avait dirigé avec une certaine réussite la transition démocratique de 1991 à 1992 et permis l’élection d’Alpha Oumar Konaré. Il est tout aussi vrai que de 1992 à 2002, en 10 ans, la classe politique s’était dangereusement décomposée et divisée en plusieurs groupuscules cherchant chacun sa vie mais incapables individuellement pris, de faire le poids devant un candidat d’envergure.
L’autre aspect de la question à prendre en considération est que la liberté est, certes, donnée au peuple de voter mais le choix du chef de l’Etat se fait ailleurs, dans les chancelleries occidentales. Dans ces conditions, le candidat qui ne plaît pas aux institutions de Bretton Woods ou à l’Union européenne a peu de chance d’être élu, même s’il est populaire.
Le scénario de 2002 ressembla à s’y méprendre à un complot ourdi contre le peuple malien et sur le dos de la classe politique qui ne sut pas réagir à temps contre la forfaiture. La division de la classe politique permit ainsi de prétexte au plébiscite d’un indépendant qui affichait son mépris des partis politiques après avoir déclaré quelques années plus tôt qu’il ne se présenterait pas à l’élection présidentielle de 2002.
Contre le malheureux candidat de l’Adéma qu’il affronta au 2e tour après la mise à l’écart d’Ibrahim Boubacar Kéita pourtant annoncé vainqueur du scrutin, Amadou Toumani Touré enleva la mise et devint ainsi le 2e président de la IIIe République. La classe politique qui l’avait rallié soit au début soit à mi-parcours se rendit vite compte qu’il n’était pas manipulable à souhait et avait non seulement ses gens à lui mais également sa propre vision de la politique.
Les élections législatives qui avaient suivi la présidentielle avaient donné à l’Adéma et au RPM un nombre suffisant de députés pour permettre à l’un de ces deux partis politiques de revendiquer la Primature. Le nouveau président ignora leurs préoccupations et choisit son chef du gouvernement hors des partis politiques en la personne de M. Ag Hamani qui fut par ailleurs un ancien ministre de Moussa Traoré.
Non seulement ATT viola le fait partisan à cette occasion, mais également la formation de son 1er gouvernement se fit de la même manière, c’est-à-dire que les ministres, appelés ministres de la République, furent choisis indépendamment de leur appartenance à tel ou tel parti politique.
Le ministre dans le gouvernement d’ATT ne représente que lui-même théoriquement en fonction de sa compétence intrinsèque et des services qu’il peut rendre au pays. Dans les faits, on assista à un développement sans précédent du clientélisme et du copinage puisque des individus affiliés à aucun appareil politique et qui ne s’attendaient pas à faire partie d’un gouvernement le furent au nom de la nouvelle formule politique du consensus ATT, s’attachèrent à partir de 2002 à expérimenter cette nouvelle formule dite du consensus qui était en fait la négation du fait majoritaire et de la démocratie tout court.
Celle-ci, qu’elle soit parlementaire ou présidentielle suppose l’existence d’une majorité et d’une opposition pour fonctionner. Le consensus d’ATT avait la volonté politique de mettre d’accord tout le monde, y compris les plus opposés politiquement et idéologiquement. En rejetant toute forme d’opposition et en recrutant ses ministres un peu partout, le consensus apparut, aux yeux de beaucoup de Maliens, comme l’autre face du parti unique par la propagation qu’il faisait de la pensée d’un seul homme et de son clan.
Ayant pris les partis politiques en aversion pour des raisons personnelles, ATT s’appuya sur une nébuleuse appelée Mouvement citoyen et qui regroupait tous ceux qui voulaient faire des affaires à ses côtés et réaliser de gros bénéfices. Les cadres du Mouvement citoyen, ayant perçu la faille du système, s’attelèrent à vouloir lui donner un contenu, mais ne purent réaliser ce vœu parce que comme l’économie nationale, indépendante et planifiée de l’UDPM, le consensus était creux et ne permettait en rien le développement économique et social du pays.
Facoh Donki Diarra

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MONDIAL 2010
LES POTINS DU MONDIAL EN AFRIQUE DU SUD
Carton jaune aux "vuvuzelas"
Les vuvuzelas dérangent. "La Fifa devrait interdire les vuvuzelas mais c’est une tradition sud-africaine. A partir de cette Coupe du monde, les vuvuzelas ne seront plus acceptées au terrain parce que ça donne des maladies aux oreilles". Ces propos sont d’un supporter brésilien. Et depuis le début du Mondial, c’est seulement les vuvuzelas qu’on entend à la télé, à la radio et de fait on n’entend pas forcément les chants des supporters. Et face à cette situation, le son étourdissant des vuvuzelas est qualifié ici de grave. "On a entendu peu les Anglais contre les Américains, mais c’est un Mondial qui est dominé par les trompettes des vuvuzelas", explique un journaliste. Des articles ont même expliqué que le son pouvait endommager l'oreille interne, ce qui justifie le carton jaune.

 

Coréens au rendez-vous africain
Une cinquantaine de supporters de la Corée du Nord sont venus soutenir mardi dernier leur sélection dans l'Ellis Park de Johannesburg. Tout de rouge vêtus, ils ont pris place dans une tribune jouxtant la tribune de presse. Selon les propos de l'un d'eux, traduits à nos confrères français par un journaliste sud-coréen, ils sont venus le jour du match de Pyongyang et doivent assister aux trois matches de groupe de la Corée du Nord. Le premier qui s’est malheureusement soldé par une défaite (2-1) face au Brésil.

 

Des chaussures de toutes les couleurs
Pour les spécialistes du football, c’est fini le temps où les gens jouaient avec une paire de chaussure noire, Adidas, Puma ou Nike. Maintenant, les joueurs ont des contrats individuels souvent avec des équipementiers ou bien avec des marques de chaussures aux différentes couleurs. Des joueurs fabriquent même leurs chaussures sur mesure comme c’est le cas de Thierry Henry. Il ne faut donc pas s’étonner de voir des fois onze joueurs d’une équipe avec onze paires de chaussures différentes. De grands équipementiers comme Adidas, Nike ou Diadora profitent de la compétition pour faire la publicité de leurs marques et ça fait partie du business du sport.

 

Un maillot géant de la Seleçao
Un maillot géant du Brésil couvrant à lui seul l’équivalent de deux passages du stade Modibo Kéita a fait le tour des gradins d’Ellis Park lors du match de mardi dernier Brésil-Corée du Nord (2-1). Ce maillot géant sur lequel on pouvait lire "Torcida juniors do Brasil", explique un journaliste de la télé Globo vise à rendre hommage aux anciennes gloires de la Seleçao, dont Artur Antunes Coimbra dit Zico et Sampero Oliviera de Souza alias Socrates.

 

Orange-Mali joue sa partition
Pendant le Mondial, Orange-Mali va faire des animations sur les différents sites en invitant des chanteurs et des rappeurs. Orange est également partenaire de "Football for hope", un mouvement global unique en son genre qui utilise le football comme un levier du développement social durable et qui a été lancé en 2005 par la Fifa et Street Football World. Pour cette Coupe du monde, le thème de Football for Hope auquel notre pays participera est la lutte contre le paludisme. C’est dans ce cadre qu’Orange-Mali distribue des moustiquaires imprégnées aux femmes et aux enfants sur les sites et dans les familles.
Rassemblés par
B. D. S.

 

 

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