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2010

Mois de juin

Les Echos du 04 juin

 

YOUNOUSSI TOURE AU 7e ANIVERSAIRE DE L’URD
" Le leadership de Soumaïla Cissé reste intact"
Si ça ne tenait qu’à Younoussi Touré, Soumaïla Cissé serait déjà le candidat de l’Union pour la République et la démocratie (URD) à l’élection présidentielle de 2012. Il l’a fait savoir jeudi dans un point de presse.
Dans le cadre des festivités marquant son 7e anniversaire, le président de l’Union pour la République et la démocratie (URD), Younoussi Touré entouré des membres du bureau était face à la presse pour faire le bilan des sept années du parti. "L’URD a normalisé ses relations avec l’Adéma/PASJ" et "le leadership de Soumaïla Cissé dans l’URD est resté intact", a-t-il fait savoir.
Le 1er juin 2010, l’Union pour la République et la démocratie (URD) a célébré ses sept années d’existence. La conférence de presse, organisée jeudi au siège du parti, rentrait dans le cadre des festivités de cet anniversaire.
Face aux médias, Younoussi Touré, le président du parti a dressé le bilan des sept ans. De zéro élu à sa création, le 1er juin 2003, à 1634 élus en 2004, l’URD peut selon son président, revendiquer 2181 conseillers municipaux, dont 182 femmes, 151 maires, 13 présidents de conseil de cercle et 1 président de l’Assemblée régionale.
Parlant de l’élection présidentielle de 2012, le président de l’URD a affirmé que "le leadership de Soumaïla Cissé est intact à l’URD", mais il a précisé que c’est une conférence nationale élective qui sera organisée à la veille de l’élection pour désigner le candidat du parti de la Poignée de mains.
Le frère aîné
Le parti compte 29 députés à l’Assemblée nationale et 15 conseillers nationaux, issus des dernières élections de 2007 et 2009. Le parti a en plus participé à cinq législatives partielles, elle en a remporté trois (Mopti, Ansongo et Kati). Aux dires de Younoussi Touré, la présence en grand nombre d’élus URD dans toutes les régions et dans le district de Bamako, démontre que "l’URD est incontestablement un parti de dimension nationale".
Evoquant les différentes crises qui ont secoué le parti, l’honorable M. Touré a estimé que cela entre dans l’ordre des choses et s’est félicité que le parti soit toujours sorti de ces turbulences plus fort. Sur une éventuelle fusion avec l’Adéma/PASJ, Younoussi Touré a indiqué que "l’URD avait normalisé ses relations avec l’Abeille". De plus les deux partis travaillent ensemble à l’Assemblée nationale dans un intergroupe. D’autre part, il existe un comité paritaire entre les deux formations dont la vocation est de discuter sur les sujets d’intérêt national, a ajouté Younoussi Touré. Et de conclure sur ce sujet que "le rapprochement est progressif".
Denis Koné

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PRESIDENTIELLE EN GUINEE
Jean-Marie Doré affiche son incertitude
Au cours de l’enregistrement de l’émission "24 h à Conakry", de la Caravane de l’intégration sur le plateau d’Africable, le mardi 1er juin, le Premier ministre de transition guinéen, Jean-Marie Doré a laissé planer le doute sur le scrutin du 27 juin 2010.
Le Premier ministre de la transition guinéenne a fait état, mardi sur Africable, du manque de moyens logistiques et surtout des difficultés à boucler le budget des élections. Jean-Marie Doré garde l’espoir que l’élection démocratique d’un président en Guinée "pourrait marquer une étape décisive dans la vie de la nation". "L’élection du 27 juin en Guinée ne saurait résoudre tous les problèmes en Guinée", a-t-il dit aux journalistes de la Caravane de l’intégration.
L’une des inquiétudes de M. Doré et non des moindres, est que le scrutin initialement prévu à la date du 27 juin 2010 est menacé de modification due à l’impréparation et au manque de moyens. La Commission électorale nationale indépendante (Céni) n’est pas entrée dans la plénitude de ses moyens. Elle ne dispose encore que de 20 milliards sur les 30 milliards de francs guinéens nécessaires à l’organisation des élections.
Le problème majeur est que l’aide promise par la communauté internationale ne tombera qu’après la présidentielle. Jean-Marie Doré dit marcher avec la feuille de route et la mission qui lui ont été confiées par les accords de Ouagadougou. "Ce n’est pas la volonté du capitaine d’arrêter le bateau", a-t-il plaidé.
Le Premier ministre guinéen a salué et apporté tout son soutien à l’esprit de la Caravane de l’intégration initiée par Africable et parrainée par l’Uémoa. Il a affirmé que c’est un impératif pour les peuples africains de se réunir. "La Caravane prône cet esprit", a-t-il ajouté.
M. Doré, chef de parti en Guinée, ne figure pas sur la liste des présidentiables. Son retrait de la course était l’une des conditions de sa nomination à son poste. En plus du Premier ministre de transition, aucun membre de la junte militaire et du Conseil national de transition (qui fait office d’Assemblée nationale), n’est candidat au scrutin du 27 juin.
Abdrahamane Dicko

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2e REVUE SECTORIELLE
La révolution du transport enclenchée
Une batterie de recommandations issues de la deuxième revue sectorielle des transports permettra de mieux faire avancer le transport au Mali, qui connaît déjà, selon ses PTF, des avancées.
La nécessité d’appliquer les recommandations de la réunion de Ouagadougou d’avril dernier sur l’application effective du pèse-essieux à partir du 1er juillet prochain, l’urgence de l’adoption d’une politique de transport, la nécessité d’un programme périodique d’entretien routier et l’urgence de mesures pour sauver les rails et permettre aux PTF de participer à ce sauvetage… sont les quatre recommandations que le chef de file des partenaires technique et financier (PTF), Marc Stalmas a tenu à partager avec les participants de la 2e revue sectorielle des transports à la cérémonie de clôture.
M. Stalmas, satisfait des avancées malgré quelques difficultés ça ou là, a indiqué que "les PTF seront plus que jamais aux cotés des autorités pour relever le défi des transports".
La rencontre de deux jours a permis aux participants de souligner l’absence d’un document de politique nationale des transports et des infrastructures de transport dont l’élaboration s’avère nécessaire. Ils ont en outre relevé les contraintes qui entravent la mise en œuvre des politiques et stratégies dans les domaines du secteur.
Réhabiliter les chemins de fer
Après avoir passé au peigne les difficultés liées aux types de transports, les travaux ont abouti à la prise d’une batterie de recommandations pertinentes. A propos de la facilitation et sécurité routière, les participants ont procédé au redéploiement des contrôleurs routiers en service dans les postes de contrôle routier.
Sur l’absence de mécanisme de financement de la sécurité routière, les résolutions recommandent de réfléchir à un mécanisme de financement de la sécurité routière à l’image de l’entretien routier, de renforcer la communication pour un changement de comportement, d’intégrer les projets d’aménagements des pistes cyclables et de piétonnières, d’effectuer des contrôles mobiles dans le cadre de l’application de la réglementation, de renforcer la formation des acteurs et usagers.
Sur l’avenir du rail et le développement du transport ferroviaire, il a été constaté la suspension des décaissements et des avis de non-objection. Sur ce volet, il a été décidé de prendre des dispositions pour la levée de la suspension des décaissements et l’organisation d’une réunion en rapport avec le ministère de l’Economie et des Finances pour procéder à un apurement immédiat des arrières.
Le secrétaire général du département de l’Equipement et des Transports, après s’être félicité de la confiance renouvelée des PTF et des avancées enregistrés, a dit que le département examinera avec toute l’attention requise les recommandations et veillera à leur mise en œuvre.
Amadou Sidibé

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CRISE SCOLAIRE
La médiation des partis politiques
Ils sont une quarantaine de partis politiques à offrir leur médiation dans la crise de l’école entre le collectif de syndicats d’enseignants et le gouvernement.
Une réunion informelle tenue le mercredi 26 mai par les responsables du MDD, du RDS, de l’Adéma/PASJ, de la CDS, du PIDS, du MPR, du Fama, de l’UFD et de l’UFDP est à l’origine de la médiation qu’offre actuellement les partis politiques dans la crise qui secoue l’école malienne.
La réunion du vendredi 28 mai 2010, deuxième du genre, a enregistré la présence de plus de 40 partis politiques. La présidence du collectif est confiée au colonel à la retraite Yousouf Traoré, de l’UFDP avec comme vice-président Younouss Hamèye Dicko du RDS, tous deux anciens ministres de l’Education.
Selon le président du collectif, colonel Youssouf Traoré, "les partis politiques offrent leur médiation dans la crise de l’école comme ils l’ont fait en 1994". Il a ajouté que "l’école est l’affaire de tous et non d’un régime ou d’un gouvernement, car chacun est concerné d’une manière ou d’une autre". D’autres présidents de partis politiques ont reconnu que mieux vaut tard que jamais.
L’objectif des partis est de sauver ce qui peut encore l’être dans l’année scolaire qui tire à sa fin. Après un tour de table des responsables et représentants de partis dont des syndicalistes ayant la casquette de politique, le collectif a fait une déclaration invitant les syndicats et le gouvernement à la retenue au nom de l’intérêt supérieur de la nation.
Une commission restreinte a été formée pour rencontrer les deux parties sur les doléances essentielles dont l’alignement des salaires sur ceux des enseignants de la sous-région, au nom de l’application du LMD.
Abdrahamane Dicko

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CULTURE
Berlin s’africanise

A l’occasion des journées de l’Afrique organisées du 3 au 11 juin 2010 par le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères, Berlin, la capitale fédérale allemande, s’est parée de totems africains pour démontrer que "l’Allemagne ne fait pas exception" en cette année 2010 consacrée "Année de l’Afrique".
" Who knows tomorrow" (qui sait l’avenir ?) devra marquer ces journées consacrées a faire connaître davantage le continent africain à travers ce qu’il a de positif pour faire évoluer l’opinion nationale allemande et particulièrement berlinoise sur le continent.
Berlin où réside une communauté africaine d’environ 3 à 4000 personnes voit en l’Africain "un parasite social", affirme la directrice d’AfricAvenir, une association créée en 1985 par un professeur camerounais. Kum’a Ndumbe III est en fait un roi Douala qui était venu faire ses humanités en Allemagne suivant une tradition établie depuis la colonisation des siens. Il fut enseignant à l’Université Libre de Berlin pendant une dizaine d’années et occupa même la chaire d’études politiques et philosophiques africaines.
C’est là qu’un jour, il rejeta les devoirs de ses étudiants parce que ne comprenant pas comment personne n’avait fait référence à aucun auteur africain. La conscience naquit alors pour la soixantaine d’étudiants de s’intéresser au continent. Une antenne de l’association du Pr. Ndumbe est alors créée avec pour objet principal le recensement de documents d’auteurs africains. L’anecdote est racontée par Judith Strohme, ancienne étudiante de Kum’a Ndumbe, qui dirige depuis le mois 2010 avril AfricAvenir Berlin.
Même si elle a été conviée parfois par des députes du Bundestag pour donner son avis sur tel ou tel sujet sur le continent, elle et ses 70 collègues au sein de l’organisme devenu international restent convaincus que l’image du continent reste encore beaucoup promouvoir.
Le programme Aktion Afrika du ministère fédéral allemand des Affaires étrangères vient de lui accorder une subvention pour le financement de ses activités culturelles en direction de l’Afrique comme l’organisation de voyages culturels, la projection de films africains suivis de débats, l’organisation de conférence-débats, etc.
Cette dimension culturelle sera justement à l’honneur lors des journées culturelles africaines avec des expositions d’artistes africains, un défilé de mode de grands couturiers africains, des concerts, du théâtre…
Signe de cette volonté de promotion par la culture, c’est un artiste plasticien nigérian qui été charge de décorer la façade du musée des arts allemands rénové, un bâtiment construit dans les années 1860 pour symboliser la culture et la civilisation allemande unie.
Oussouf Diagola
(envoyé spécial à Berlin, RFA)

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DOSSIER
UNITE ET INTEGRATION AFRICAINE SOUS ALPHA
Le coup d’accélérateur de l’intégration
L’unité et l’intégration africaine ont été deux préoccupations au cœur de l’action politique des différents présidents de la République du Mali. De Modibo Kéita, à Amadou Toumani Touré, tous ont apporté leur contribution à l’édification d’une Afrique unie et intégrée. Mais le président Alpha a apporté une touche particulière : en accélérant le processus notamment dans la sous-région.
L’unité africaine a toujours été une préoccupation des autorités maliennes au plus haut niveau de l’Etat et du Mali tout court. D’ailleurs, la Constitution du Mali, adoptée et promulguée le 12 février 1992, dans son préambule dit ceci : "Le peuple souverain du Mali réaffirme son attachement à la réalisation de l’unité africaine, à la promotion de la paix, de la coopération régionale et internationale, au règlement pacifique des différends entre Etats dans le respect de la justice, de l’égalité de la liberté et de la souveraineté des peuples".
Plus loin, dans son titre XV elle précise que "la République du Mali peut conclure avec tout Etat des accords d’association ou de communauté comprenant abandon partiel ou total de souveraineté en vue de réaliser l’unité africaine". C’est dire à quel point notre pays depuis son indépendance a tenu à la réalisation de l’unité africaine. Et c’est le président Modibo Kéita qui jettera les fondements de cette unité. Pour lui, il fallait faire l’unité africaine et former ainsi un grand ensemble face à l’Europe.
Selon sa vision, l’indépendance dans une union confédérale d’Etats souverains réunis autour de la France était le meilleur chemin que les colonies françaises africaines devraient emprunter. Dans cette logique, le président du Mali appellera à voter oui au référendum de 1958.
La réalisation de la Fédération du Mali (comprenant le Soudan, le Sénégal, la Guinée, la Haute-Volta, le Niger, la Côte d’Ivoire et la Mauritanie) découle de cette conviction ardente à aller vers une unité des Etats avec des peuples qui n’auraient plus de problèmes majeurs à s’intégrer les uns les autres, à se connaître davantage et à vivre dans une communauté unie.
Modibo Kéita jouera un rôle de premier plan à la signature de la Charte de l’Organisation pour l’unité africaine à Addis-Abeba le 25 mai 1963. Au nom de la réalisation de l’unité africaine, il fera son possible pour résoudre les problèmes avec nos voisins. De 1963 à 1966 Modibo Kéita normalisera les relations avec la Mauritanie, le Sénégal, la Haute-Volta et la Côte d’Ivoire.
Des instruments
En 1963, une rencontre à Kayes entre le président Mauritanien de l’époque, Mokhtar Ould Daddah et Modibo Kéita mit fin aux différents frontaliers entre les deux pays. Pareil pour la rencontre de Dakar en décembre 1966. "Vous êtes un grand Africain qui a joué dans nos conseils, singulièrement à l’Organisation de l’unité africaine, un rôle primordial, grâce votre amour pour l’Afrique", a dit le président sénégalais, feu Léopold Sédar Senghor lors de cette rencontre. C’est dire donc que l’engagement de Modibo Kéita pour l’Afrique ne souffrait d’aucune ambiguïté.
Si la conviction, l’enthousiasme, la détermination pour réaliser l’unité africaine et l’intégration y étaient, le président Modibo Kéita tout comme son tombeur, Moussa Traoré, avaient peu, voire pas du tout de structures capables de donner une impulsion à cette politique d’unification et d’intégration.
L’impulsion sera donnée par le président Alpha Oumar Konaré par la création d’un ministère chargée de l’Intégration africaine puis le 19 avril 2000 par la création d’une Commission nationale pour l’intégration africaine. Cette Commission est consultée sur toutes les questions relatives à l’élaboration de la politique nationale en matière d’intégration africaine.
Elle émet à l’intention du gouvernement, à la demande de celui-ci ou sur sa propre initiative, des avis et recommandations relatifs à tous les aspects de la politique nationale d’intégration africaine. Autre mission de cette commission, c’est de préparer les mandats des délégations maliennes aux réunions des différentes organisations d’intégration sous-régionale et régionale. Dans ce cadre, elle définit les positions nationales à adopter sur les questions inscrites à l’ordre du jour des différentes instances desdites organisations.
Cette commission est une véritable cheville ouvrière de l’intégration, car elle est informée des conclusions des négociations relatives aux questions sous-régionale et régionale, peut se saisir et être saisie de toute question d’intérêt national en rapport avec les questions d’intégration sous-régionale et régionale.
C’est également cette commission qui organise, en vue de la promotion d’une culture de l’unité africaine, des concertations et manifestations avec les communautés africaines résidant au Mali, assure le suivi et procède à l’évaluation périodique de l’exécution des engagements souscrits par le Mali dans le domaine de l’intégration sous-régionale et régionale et, le cas échéant, identifie les mesures correctives à mettre en œuvre.
Denis Koné

 

 

EPILOGUE
La politique panafricaniste de Konaré
L’engagement du Mali en faveur de la réalisation de l’unité africaine ne date pas d’aujourd’hui ni au niveau des dirigeants, ni à celui du peuple. Tous les régimes qui ont eu à diriger ce pays ont affirmé avec force la volonté du Mali de participer activement à la réalisation de l’unité africaine et à la libération du continent, sans souci du prix à payer pour une telle option.
Il est même remarquable de constater qu’un régime politique aussi impopulaire que celui de la IIe République a mentionné dans sa Constitution, celle de 1974, sa disponibilité de ne pas lésiner sur les moyens de réaliser l’unité africaine avec les Etats qui le désireraient.
La trop forte inclinaison des dirigeants maliens vers l’unité politique du continent apparaît dès 1960, dans la constitution de la Ire République (1960-1968) qui énonçait clairement la disponibilité de l’Etat du Mali à céder partie ou totalité du territoire national en faveur de la réalisation de l’unité africaine.
Dans la sous-région, le Mali, la Guinée étaient à l’époque les deux Etats à énoncer sans ambages ce principe et à la déclarer applicable dès que possible. Dans le même temps, d’autres principes comme le respect du non-alignement et le soutien aux peuples et mouvements de libération en lutte pour leur indépendance, étaient contenus dans la Constitution de 1960 dont les grandes lignes, en matière de relations internationales, furent reprises par les régimes qui vinrent après.
Dès cette époque, le Mali est classé parmi les pays progressistes de la sous-région et son engagement auprès des pays en difficulté pour des raisons politiques s’est rarement démenti. Le président Alpha Oumar Konaré, en tant qu’héritier des événements de mars 1991 et plus fils spirituel de l’US-RDA qu’un autre régime politique de ce pays, ne pouvait que souscrire à ces grands principes progressistes.
Sa culture politique et son parcours en faisaient un leader de gauche plus proche de Nkrumah, de Modibo Kéïta et de Sékou Touré que d’un Félix Houphouët-Boigny connu pour son acheminement à torpiller l’unité africaine et à encourager la balkanisation du continent.
Devenu président de la République en 1992 à la faveur de l’élection de cette année, il eut tout le loisir d’appliquer ses grands desseins panafricanistes, au point de paraître, aux yeux de certains dirigeants comme feu Oumar Bongo, comme un révolutionnaire, un homme trop pressé de mettre fin à l’émiettement du continent et de mettre fin aux micro-Etats issus de la colonisation.
Mais il savait aussi que la charte de l’OUA de 1963 reconnaissait ouvertement le principe de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation et que beaucoup de chefs d’Etat défendaient cette clause rien que pour garder leur fauteuil présidentiel et ne pas être au chômage. Il eut donc sa marge de manœuvre réduite du fait de l’histoire récente et des contingences locales.
Dans ces conditions il se vit contraint de donner un coup de fouet à la vie des organisations sous-régionales supposées être des préalables à la réalisation de l’unité africaine : Cédéao, Uémoa, etc. Les obstacles politiques et idéologiques étaient nombreux sur le chemin de l’unité africaine, il fallait provisoirement limiter le combat au renforcement de ces structures qui fonctionnaient déjà tant bien que mal pour le bonheur des peuples africains.
C’est ainsi que le 29 octobre 1992, à l’occasion du 10e anniversaire de l’OMVS, les 3 chefs d’Etat procédèrent à l’inauguration des barrages de Manantali et de Diama. L’occasion fut bonne pour le Premier ministre de l’époque, Younoussi Touré, d’inaugurer aussi à Bamako, la place dédiée à l’OMVS pour bien marquer l’engagement du Mali en faveur de cette organisation.
Dans le même état d’esprit, Alpha Oumar Konaré signa, le 18 août 1993 le nouveau traité de la Cédéao et réaffirma à cette occasion la volonté du Mali d’aller vers l’unité africaine et l’intégration économique du continent. Le 9 juin 1994, fidèle à son engagement panafricain, le Mali décida d’envoyer un contingent de 150 militaires au Rwanda pour y renforcer la Mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda (Minuar).
Le 10 mai 1996, Alpha Oumar Konaré participa au sommet de l’Uémoa à Ouagadougou et profita de cette tribune pour rappeler la nécessité de l’intégration économique de la sous-région et au-delà, du continent. Le 27 mars 1998 fut mis en place à Bamako le Comité interparlementaire de l’Uémoa, composé de 12 membres et dont la présidence alla au Togolais Dahuku Peré.
Durant son 1er manda, Alpha Oumar Konaré se signala aussi à l’opinion internationale par son combat en faveur de la démocratie et son horreur des coups d’Etat militaires ainsi que des autres formes de violence politique pour parvenir au pouvoir.
Le président Alpha Oumar Konaré fut surtout un adepte du panafricanisme comme le rêvèrent certains pères des indépendances comme Kwamé Nkrumah et Modibo Kéita. Mais ses élans furent brisés par les adversaires, assez nombreuses, de l’unité africaine, qui malheureusement étaient aussi les plus puissants.
Facoh Donki Diarra

 

ALPHA ET L’INTEGRATION AFRICAINE
Un fervent partisan du panafricanisme
La volonté d’Alpha faire de l’unité et de l’intégration africaine est partie des progressistes Sékou Touré, Kwame Nkrumah et Modibo Kéita.
De Modibo Kéita à Moussa Traoré en passant par Alpha Oumar Konaré, ATT, le Mali, a toujours prôné l’unité et l’intégration africaine. Cette volonté des différents présidents du Mali indépendant a été matérialisée dans les différentes Constitutions du Mali dont la dernière date de celle du 12 février 1992. L’article 117, titre XV relatif à l’unité africaine stipule : "La République du Mali peut conclure avec tout Etat africain des accords d'association ou de communauté comprenant abandon partiel de souveraineté en vue de réaliser l'unité africaine". Ce qui prouve que le pays a toujours été à l’avant-garde de l’intégration et de l’unité africaine. L’un des artisans de cette idéologie a été le président Alpha Oumar Konaré, présent sur tous les fronts.
Nommé en juillet 2003 à la tête de l’Union africaine, Alpha Oumar Konaré, selon les observateurs aura au moins réussi en peu de temps à donner un visage et un verbe à cette présidence de Commission malgré les coups bas de certains chefs d’Etat.
Fidèle à sa ligne, Alpha, président du Mali et Alpha président de la Commission de l’UA, a toujours insisté sur la création avec tous les Etats frères d’un grand marché commun africain pouvant faire face avec efficacité à ceux des autres continents. C’est surtout quand il a été à la tête de la Commission de l’UA, qu’on a vu un Alpha montrer son panafricanisme. Tout comme Modibo, qui avait réagi à l’émiettement de l’Afrique francophone dans les années 1960, il aussi a mené des actions d’intégration. Au lendemain de son élection à la tête de l’UA, il tend la main au Maroc pour réintégrer l’UA.
Il a été actif dans la crise du Darfour où il a encouragé la médiation sud-africaine. Lors d’une conférence de novembre en 2004 réunissant les intellectuels d’Afrique, Alpha a dit avec force qu’une "stratégie d’influence d’Afrique pour l’obtention de sièges au Conseil de sécurité des Nations unies".
Fervent défenseur de la paix, l’ancien président malien ne cessait de rappeler que "l’Afrique doit définitivement dire non aux conflits et aux guerres, non aux coups d’Etat pour lesquels (...) nous devons prôner la tolérance zéro. Pour ce faire, nous devons veiller à ce que partout la légalité se pare de légitimité. Si ce n’était le cas, nous ouvririons la voie à une épidémie de coups d’Etat, de révolutions de palais, de manipulations constitutionnelles…".
Le premier président de la Commission de l’Union africaine a été sur tous les fronts, porté par les crises et les conflits actuels, sans perdre de sa verve et en affichant ses convictions de démocrate. Pour Issiaka Diarra, historien, l’explication de la volonté d’Alpha de parvenir à l’unité du continent est simple : "Le président Alpha est un fruit de la grande école de l’US-RDA". Historien de profession, Alpha, à en croire M. Diarra ne pouvait rester silencieux sur le combat de ses aînés.
Adepte du panafricanisme, l’enseignant de profession aimait à dire que "l’Afrique est notre pays, l’Afrique est notre patrie, l’Afrique est notre devenir à tous…".
Persuadé que l’avenir de l’Afrique passe par l’intégration, au moins au plan régional, dans un mouvement qui doit converger avec cette autre évolution, Alpha a montré le chemin d’une Afrique unie.
Amadou Sidibé

 

PAYS FRONTIERE
Ce qu’en pense le sociologue Tiéman Coulibaly
Selon la définition retenue lors du séminaire sous-régional de Sikasso sur le concept, le « pays frontière » se définit comme un espace géographique à cheval sur les lignes de partage de deux ou plusieurs Etats limitrophes où vivent des populations liées par des rapports socio-économiques et culturels. Telle est l’appréciation faite par Tiéman Coulibaly sociologue à l’Institut des sciences humaines (ISH).
Aux dires du sociologue, en Afrique, la frontière, héritée de la colonisation, est artificielle. Elle a cependant une valeur juridique.« Dans le cadre de l’Unité africaine, cette approche, implicitement admise depuis l’accession des pays africains à l’indépendance par certaines élites africaines, a pris ces dernières années de l’ampleur, à telle enseigne qu’elle est perçue comme un processus novateur d'intégration régionale des nations. Ainsi, successivement en mars et mai 2002 à Sikasso puis à Accra, des rencontres d'experts et des chefs d'Etat ghanéen et malien ont permis de mieux appréhender les réalités des localités frontalières, de partager différentes expériences de la coopération transfrontalières », a indiqué Tiéman Coulibaly.
Un Programme d'initiatives transfrontalières a été élaboré, programme qui vise à faire des zones transfrontalières des Etats Membres, des zones de développement, de rapprochement et d'intégration des populations, a indiqué M. Coulibaly. La création d’organismes sous-régionaux comme la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), la Mano River Union de l’Autorité du Liptako Gourma, l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), le Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS), l’Autorité du bassin du fleuve Niger, etc. atteste la détermination des États ouest africains d’œuvrer ensemble et de s’engager dans la voie d’une véritable intégration.
Il s’agit de dépasser les frontières, d’en faire non pas des lieux d’affrontements de deux « souverainetés », mais des zones de contact et d’échanges des personnes et des biens de par et d’autre de la zone dite frontalière.
Abdrahamane Dicko

 

ACCELERATION DE L’INTEGRATION
Mission accomplie pour le président Konaré
C’est en 2001 que le mandat du Mali à la tête des deux organisations sous-régionales (Uémoa et Cédéao) a pris fin. Un mandat qui a laissé sans nul doute une trace indélébile dans le processus d’intégration ouest africaine.
Durant ces deux ans de mandat, on aura vu le président Alpha Oumar Konaré sur tous les fronts : qu’il s’agisse de la recherche de la paix dans tous les foyers de tension ou de la mise en place d’institutions communautaires ou encore la participation ouest-africaine aux grands chantiers continentaux comme l’Union africaine ou le Nouveau partenariat pour l’Afrique (Nepad).
L’engagement du président Konaré pour la cause de l’intégration sous-régionale surtout en 2000 avait même donné à un moment l’impression à nombre de nos compatriotes d’un délaissement des problèmes nationaux.
Tout est parti du sommet de Lomé en décembre 1999 quand, en remplacement du président Togolais Gnassingbé Eyadema qui a exercé également un mandat de deux ans, les chefs d’Etat avaient confié au Mali et pour un an la présidence en exercice des deux organisations.
La mission du président Konaré était claire : accélérer le processus d’intégration et mettre en synergie les actions de l’Uémoa et de la Cédéao. Depuis, les choses sont allées très vite. Dès janvier 2000, le nouveau président en exercice a convoqué à Bamako une soixantaine de ministres des Affaires étrangères, de l’Economie et des Finances, de la Sécurité et les chefs des institutions spécialisées des deux organisations sur le thème de "l’accélération du processus d’intégration".
Au cours de la même année, le Parlement et la Cour de justice ont été installés. Dans la foulée, le passeport de la Cédéao verra le jour. Pendant ce temps, la création d’une seconde zone monétaire, dont l’idée a été lancée en 1999 par le président nigérian Olusegun Obasanjo faisait son chemin.
Avec la reconduction en 2000 du président Alpha Oumar Konaré, les choses ont commencé à avancer, avec notamment le renforcement des institutions communautaires.
Mohamed Daou

 

UNITE ET INTEGRATION AFRICAINE SOUS ALPHA
Les "pays frontières" pour dynamiser l’intégration
Le concept de "pays frontières" est une approche de l’intégration régionale dont notre pays est l’instigateur.
Pour la gestion commune des frontières et une intégration de proximité des communautés, le gouvernement du Mali, sous la conduite d’Alpha Oumar Konaré, a initié le concept de "pays frontières".
Selon M. Sissoko El hadji Boua Sacko, chef du département des questions politiques et de la sécurité régionale à la Délégation générale à l’intégration africaine, le Mali partage 7 frontières.
" Ces différentes frontières se caractérisent différemment avec leurs spécificités, mais aussi avec leurs enjeux. Depuis que ces frontières existent, cela a causé beaucoup de problèmes notamment de circulation des personnes, des biens, des capitaux et des marchandises etc.", dit-il. Et c’est pour pallier ces problèmes, croit savoir M. Sissoko que le concept "pays frontières" a été institué.
A l’en croire, le président Alpha O. Konaré avait une large conception de l’intégration des peuples d’Afrique et cette vision, ajoute-t-il, s’est toujours fait sentir dans toutes les politiques de notre pays en matière de facilitation de l’unité du continent africain.
Le socle de cette politique, ajoute-t-il, vise à maintenir un climat de paix et de sécurité, assurer la démarcation pacifique des frontières, à réaliser le développement des zones frontières ainsi que l’idéal d’intégration de notre pays. Ainsi le concept a été défini lors du séminaire sous-régional sur le concept tenu à Sikasso du 4 au 7 mars 2002, comme un "espace géographique à cheval sur les lignes de partage de deux ou plusieurs Etats limitrophes où vivent des populations liées par des rapports socio-économiques et culturels. Le pays frontière est ainsi considéré comme une zone de soudure et d’échange".
Outre Alpha O. Konaré, le Dr. Aguibou Diarra, explique-t-il, a été d’un apport remarquable dans l’élaboration et la mise en œuvre du concept parmi tant d’autres.
Ramata S. Kéita
(stagiaire)

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SIKASSO
Formation d’entraîneurs pour la licence "C1"
Une formation des coachs régionaux de D2 et D3 de la région de Sikasso pour la préparation de la licence "C1" de la Confédération africaine de football a pris fin mercredi dernier dans la salle de conférence du stade Babemba Traoré. La session était organisée par la Fédération malienne de football en collaboration avec la Ligue régionale de football de Sikasso, sur financement du projet germano-malien pour le développement du sport au Mali. Elle était assurée par le directeur technique national (DTN), Joachim Fickert, instructeur, Mady Diallo et Issa Kolon Coulibaly, formateurs.
A la cérémonie de clôture étaient présents les responsables des différentes ligues sportives de la région, les stagiaires et la presse locale. Cette formation, qui a débuté le 24 mai dernier, a été sanctionnée par un examen supervisé par l’instructeur. C’est à travers cet examen de la Caf que les meilleurs entraîneurs seront récompensés et pourront obtenir la licence "C1".
Durant les deux semaines du stage, les bénéficiaires ont eu les rudiments qui leur permettront d’obtenir le sésame. Ces certificats donnés aux stagiaires attestent seulement de leur participation à la préparation du diplôme. Les résultats des lauréats seront envoyés dans quelques semaines à la Ligue par la Fédération.
L’obtention de la licence C1 permettra aux bénéficiaires d’encadrer des jeunes footballeurs et après deux ans de pratique, ils auront droit à une autre formation pour la préparation de la licence C2 puis de la licence B. Avec elle, l’entraîneur sera apte à entraîner une équipe de 1re division du continent. Une année d’expérience suffit à l’entraîneur de préparer la licence A. "Ces séries de formations permettront à la Caf d’harmoniser les diplômes en faisant en sorte que le coach qui bénéficie de la licence C soit de même niveau que celui d’autres pays des quatre confédérations de football", a fait remarquer le directeur du stage.
B. Y. Cissé
(correspondent régional)

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