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2010
Mois de
juillet
Les
Echos du 30 juillet
IL
FAUT LE DIRE
ATT et son serment
Ceux qui avaient conseillé au président de la République
de se limiter à un mandat voulaient son bien, car ils avaient compris
tout le complexe de l’homme. Celui d’avoir droit à tout et
de n’en faire qu’à sa tête. Sinon comment comprendre
qu’après avoir prêter serment de respecter la forme républicaine
de l’Etat qui impose la séparation des pouvoirs que le chef de l’Etat
intervienne dans les dossiers judiciaires contre le Vérificateur général
et l’ex-PDG de la BHM, Mamadou Baba Diawara ?
Comme si cela ne suffisait pas, le serment prêté sur la défense
de l’intégrité du territoire national est violé par
le bombardement d’une partie du pays par une armée étrangère.
Au vu de cette situation d’ensemble, les deux dernières années
du mandat du président ATT risquent fort d’être douloureuses
pour le peuple malien.
Acceuil
SOUMEYLOU BOUBEYE MAIGA
« La création du PDES apporte plus de clarification »Les militants
Adéma n’ont pas besoin de changer de parti pour manifester leur
soutien à ATT. ATT restera à égale distance des Partis qui
le soutiennent et l’accompagnent. Le succès de l’action unitaire
des partis et du Mouvement Citoyen dans le cadre de l’AMM déplaît à certains.
Alpha Oumar Konaré est loin d’être inactif et prendra toute
sa part dans les différents processus.
Les Echos : Que pensez-vous du PDES ?
Soumeylou B. Maiga : Personnellement, j’estime que chaque fois qu’il
y a création d’un parti politique, cela signifie que les gens réalisent
qu’il n’y a pas de raccourci alternatif quand on veut porter un projet
collectif et avoir une légitimité à participer à la
gestion des affaires publiques. En l’occurrence, l’initiative dont
vous parlez provient de milieux qui pensaient, majoritairement, faire prospérer
une doctrine et une pratique basées sur la négation du fait partisan.
Il faut donc saluer cette conversion en ce qu’elle va contribuer de manière
décisive à nous sortir de la question des indépendants.
Il y aura probablement d’autres créations. Ne dramatisons pas la
multiplication des partis parce que quelles que soient leur taille et leur audience,
ils contribuent à élargir l’espace d’expression démocratique, à offrir
un cadre et une perspective à des préoccupations qui estiment être
insuffisamment prises en charge.
É tant entendu qu’il nous appartient de travailler ensemble à trouver
les bases et les conditions de nous fédérer sur ce qui est essentiel
pour notre pays et nos concitoyens.
Les Echos : ATT ne va-t-il pas le préférer aux autres partis ?
S.BM : C’est vrai que le PDES se réfère explicitement à ATT.
Je pense que cela n’aura d’effet sur l’équidistance
dans laquelle ce dernier se tient par rapport à tous les partis qui le
soutiennent. Quant à nous, cela ne nous pose aucun problème dans
la mesure où les militants de l’Adéma-PASJ contribuent de
manière déterminante, depuis bientôt dix ans, au double quinquennat
d’ATT sur la base de valeurs et d’ambitions communes pour le Mali.
Ce sont des valeurs d’engagement patriotique, de générosité pour
construire un pays démocratique, solidaire, de justice, de progrès économique
et social pour le plus grand nombre, qui ont marqué notre combat individuel
et collectif et qui s’inscrivent dans l’histoire au-delà des
personnes. Je peux vous assurer que pour nos cadres et militants, ils n’ont
guère besoin de changer de parti ni pour rester fidèles à ces
valeurs ni pour manifester leur soutien à ATT. J’ajouterais que
nous nous inscrivons plus dans un bilan qui a besoin d’être constamment
transformé que nous ne revendiquons d’héritage.
A ma connaissance, nous avons de bonnes relations avec les promoteurs du PDES.
Avec eux et beaucoup d’autres nous avons engagé, depuis quelque
moment, des échanges sur la nécessité de bâtir un
cadre unitaire de réflexion, d’organisation et de mobilisation de
forces désireuses de s’inscrire dans une démarche de rassemblement,
essentiel pour renforcer notre capacité collective de bâtir une
société de démocratie, de justice et de progrès,
pour garantir l’autorité et l’impartialité de l’Etat
ainsi que la morale et l’éthique du service public, pour assurer
une meilleure présence au monde. Maintenant que la création du
PDES apporte plus de clarification dans le paysage politique, je pense qu’il
nous sera plus facile d’avancer.
Les Echos : La situation à l’AMM ne démontre t-elle pas division
de l’Adéma ?
S.BM : Non. Bien au contraire. Parce que nos maires sont quasiment tous suivis
la décision du parti. En fait, nous savons que le succès de l’action
unitaire de la quasi-totalité des partis ayant des maires et du Mouvement
Citoyen déplaît à certains milieux davantage soucieux de
protéger des situations de rente.
Nous restons sereins, vigilants, mobilisés, solidaires et confiants parce
que, même si par extraordinaire, les élections devaient êtres
repris à l’issue du parcours judiciaire inutilement imposé à la
nouvelle équipe, la ligne que nous défendons en sortira vainqueur.
Les Echos : Et Alpha dans tout ça ?
S.BM : Je peux vous rassurer qu’Alpha est très attentif à tout
ce qui se passe et est très loin d’être inactif. Le moment
venu, il ne se soustraira pas à ce qui est attendu de lui et prendra toute
sa part aux différents processus.
Les Echos : Quelles lectures faites-vous de l’assassinat au Mali d’un
otage enlevé au Niger par AQMI ? Le droit de poursuite que le Mali a accordé à ses
voisins inclut-il ce genre d’opération ? Qu’est-ce que cette
notion de droit de poursuite contient ?
Soumeylou B. Maïga : De prime abord, l’on peut considérer que
c’est une entorse à notre souveraineté, quand bien même
c’est de la part de pays amis, puisque nous sommes en présence d’une
action planifiée qui ne me semble pas entrer dans le champ d’application
du droit de poursuite. Même si je ne suis pas sûr qu’elle ait
pu se dérouler dans la profondeur mentionnée par les médias
?
En même temps, c’est une action qui intervient dans un contexte marqué par
un engagement inégal des Etats de la région face à une menace
transnationale, dont l’évolution devient chaque jour plus dangereuse
pour la sécurité et la stabilité régionale et internationale.
De ce point de vue, ces groupes vont au moins intégrer qu’ils peuvent être
désormais attaqués de la part de plusieurs protagonistes et qu’ils
ne demeureront plus impunis.
Toutefois, je pense qu’en dépit de la nature de la menace, chaque
Etat est le premier et principal responsable de la sécurité sur
son territoire et c’est cet engagement qui le rend apte à être
partie prenante dans le nécessaire partenariat multilatéral. Dans
cet ordre d’idée, aucun Etat ne peut déléguer à d’autres
la tâche de faire le ménage chez lui, en l’occurrence de mener
une action de guerre, surtout préventive, sur son territoire.
C’est donc une situation qui interpelle avant tout notre responsabilité et
notre degré d’engagement contre les réseaux terroristes.
Et nous ne devons pas développer de discours pouvant faire croire que
c’est l’engagement international qui est prioritaire et fondamental.
Les Echos : Et maintenant ? Qu’est-ce qui peut se passer ?
S. B. M. : Le premier risque, si on ne fait rien et qu’on accepte le fait
accompli, est de conforter objectivement la volonté de AQMI de nous projeter
dans le champ de sa confrontation globale et de transformer ainsi cette partie
de notre territoire en un point de ralliement de différents groupes djihadistes,
qui trouveraient là un nouveau front contre les apostats et autres mécréants,
comme ils disent.
Avec une extension possible sous différentes formes, à l’ensemble
de nos territoires. A l’évidence, l’incrustation de AQMI sur
une partie de notre territoire, à partir duquel il y a un corridor qui
ouvre jusqu’au Nigeria ainsi que vers l’océan Indien, constitue
une menace stratégique grave pour la stabilité de nos Etats mais
aussi pour la cohésion de nos sociétés, majoritairement
musulmanes, au sein desquelles il y a de grosses franges de la population, jeunes
surtout, en forte quête identitaire et d’engagement qui sont des
cibles idéales de recrutement.
En observant ce qui se passe vers la partie orientale du continent à partir
du foyer somalien, on peut craindre à terme une jonction des fronts comme
c’est déjà le cas pour les flux de la drogue (la cocaïne
venant de l’Ouest, l’héroïne de l’Est).
Le deuxième risque, c’est une sanctuarisation qui consacrerait une érosion
de la souveraineté de l’Etat et qui prendrait les populations en
otage, rendant impossible tout l’effort de développement parce qu’en
même temps que le retrait des intervenants étrangers, les programmes
nationaux, eux-mêmes, seront difficilement exécutés.
C’est pourquoi, l’instauration et le maintien de la sécurité demeurent,
pour nous, le premier enjeu de gouvernance et de développement dans cette
zone. Ceci suppose, outre un engagement militaire tangible, la mobilisation de
tous les démembrements de l’appareil sécuritaire et judiciaire à travers
notamment la poursuite, l’instruction et le jugement des actes terroristes,
la détection et la répression des transactions financières
suspectes en vue d’assécher les ressources illicites qui contribuent à accroître
les capacités des terroristes, à alimenter leurs activités
et dont on observe le recyclage ici et là.
Je pense modestement que c’est une telle posture qui pourrait faciliter
la concrétisation de notre proposition d’un sommet sur la sécurité,
la paix et le développement dans la bande sahélo-saharienne.
Les Echos : La situation ne désavantage-t-elle pas ATT ?
S. B. M. : Le président ATT a raison dans l’analyse qu’il
fait du caractère incontournable de la coopération multinationale
et de la chronologie que devrait observer la mise en œuvre de la démarche
régionale.
A savoir tenir d’abord une conférence des chefs d’Etat qui
donnera les orientations et directives aux différents échelons.
En effet, même si on doit saluer la tenue de différentes réunions
au niveau des ministres et des structures sécuritaires et militaires ainsi
que l’installation d’un état-major conjoint à Tamanrasset,
dont on n’a d’ailleurs pas mention du rôle qu’il a pu
jouer dans les opérations des 22-23 juillet, je pense qu’il s’agit-là d’instances
et d’outils qui ne pourront être pleinement efficaces et opérationnels
qu’à partir d’un partenariat stratégique fondé sur
une unité de doctrine, que seuls les chefs d’Etat peuvent décider.
C’est une étape essentielle pour la confiance mutuelle indispensable
dans une telle coopération qui doit porter sur des domaines de souveraineté par
excellence comme la mutualisation de la collecte, de l’analyse et de l’évaluation
du renseignement, la mise en place de modules d’instruction communs aux
unités dédiées au sein de nos forces armées respectives
en vue d’obtenir une plus grande cohérence dans les modes opératoires,
la mise sur pied d’opérations conjointes et coordonnées,
etc.
C’est à cette condition que nous pourrions aussi avoir la maîtrise
de la riposte au terrorisme et développer dans une démarche commune
une meilleure articulation avec les partenariats mis en place par des pays extra-africains
dont la sécurité et les intérêts peuvent être
menacés chez nous. Parce qu’il faut bien réaliser que l’espace
sahélo-saharien est une réalité géopolitique et géostratégique
nouvelle qui nous impose une démarche totalement novatrice en matière
de sécurité collective.
Propos recueillis par
Alexis Kalambry
Acceuil
FORUM
DE LA DIASPORA INTELLECTUELLE
DU MALI
L’apport de l’intelligentsia extérieure dans le développement
Le ministère des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration
africaine organise du 29 au 31 juillet le 1erForum de la diaspora intellectuelle,
scientifique et technique du Mali à Bamako. L’ouverture de la rencontre était
placée sous la présidence du chef de l’Etat Amadou Toumani
Touré.
L’objectif du Forum qui prend fin le 31 juillet est, selon les organisateurs,
de développer la contribution de la diaspora intellectuelle par l’optimisation
de la promotion de leurs acquis, savoir et savoir D faire dans tous les domaines
d’activité de la vie productive nationale. Aussi, s’agit-il
de matérialiser les stratégies d’optimisation de cette contribution.
Pour le président ATT qui s’est dit fier de la diaspora intellectuelle,
cette rencontre est d’une importance capitale, "l’apport de
la diaspora intellectuelle, dans l’accompagnement du système universitaire,
de lobbying des fonctionnaires internationaux pour l’immersion des acteurs,
cadres et services publics maliens dans le circuit des opportunités d’affaires
et de la coopération internationale n’est pas à négliger".
Il a aussi reconnu le rôle que nos compatriotes jouent dans leurs domaines
respectifs. "De la Fao à l’Onusida en passant par l’OIT,
le Cilss, le LiptaKo-Gourma, la Cédéao et les grandes Universités
des Etats-Unis, d’Europe et d’autres coins du Monde, vous faites
la fierté de notre peuple", a-t-il dit. Et d’ajouter que la
mobilisation actuelle du département des Maliens de l’extérieur
pour la tenue d’un Forum des investisseurs il y a quelques mois est un
indicateur de performance des opportunités qu’offrent les Maliens
de l’extérieur.
Il s’agira aussi de développer une synergie d'actions coordonnées
et harmonisées qui doit permettre d'atteindre des résultats tangibles
comme le développement de la contribution des intellectuels maliens évoluant à l’extérieur.
" L'intérêt que cette communauté suscite, a conduit
le gouvernement à organiser le premier Forum de la diaspora malienne à Bamako
en octobre 2003. Ce cadre de concertation a été très édifiant
tant du point de vue du potentiel que des innombrables problèmes à résoudre.
Les ressources humaines étant un puissant levier dans tout processus de
développement économique et social", a dit Dr. Badara Alou
Macalou. Il a ajouté que le nouveau programme Tokten (agriculture, santé,
PME/PMI), d’autres formes de prestation de service et missions de haut,
niveau des intellectuels expatriés au Mali sont d’un apport inestimable
pour les projets de développement institutionnels et socioéconomiques.
Les contributions de l’intelligentsia scientifique et technique dans le
domaine managérial, de l’assistance à la création
d’entreprise, de la promotion industrielle et en appui conseil sont un
potentiel dont le pays ne devrait pas se passer. Le développement national
compte également sur leur contribution comme groupes de réflexion
prospective, d’études opérationnelles et d’assistance à l’Etat
et à l’Administration publique.
Comment mettre cette diaspora intellectuelle à contribution ? Comment
produire avec elle une base nationale de références et d’actions
de développement opérationnel diversifié ? Comment maximiser
et diversifier l’apport de cette diaspora intellectuelle malienne dans
la promotion des différents secteurs d’activités du pays
et que faire pour la mettre en interface avec les compétences nationales
? Autant de questions que le département entend donner des réponses
afin que nos compatriotes qui évoluent dans des domaines aussi riches
que variés à travers le monde puissent contribuer à l’émergence
d’un Mali prospère.
Idrissa Sako
Acceuil
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