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2010

Mois de juillet

Les Echos du 26 juillet

 

PDES
La bande des 127 bientôt à l'œuvre
Si le président ATT veut toujours servir le Mali et sortir par la grande porte, il doit veiller au renforcement des partis et non travailler à les affaiblir.
Hamed Diané Séméga, "le ministre 11 millions de thé", président du bureau extra large du nouveau parti présidentiel, le Parti pour le développement économique et la solidarité (PDES), affirme que l'objectif du parti est de veiller sur les réalisations et autres acquis de l'ère ATT. Balivernes !
La désignation de Mme Touré Lobbo Traoré, épouse du chef de l’Etat comme marraine, de même que la présence massive des proches collaborateurs du président de la République est la preuve évidente que ce dernier, mieux que des bénédictions, a donné son autorisation pour la création du parti, s'il n’en est pas l'initiateur. Or c'est à ce niveau que le risque pour le président est énorme.
D'abord, il apparaît comme quelqu'un qui ne respecte pas sa parole donnée et qui n'est pas à cheval sur les règles de justice.
La désignation de Mme Touré comme marraine prouve que ATT a violé une fois de plus sa parole donnée de ne pas créer un parti politique. Il doit dissuader son épouse à y renoncer. Quelle leçon les partis de l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) vont-ils en tirer ? Qu'en diront les Djibril Tangara, Ousmane Ben Fana et autres ? Eux qui ont été mis à la touche pour avoir créé un parti politique pour ATT.
Mieux ou pire, le président ATT est fortement interpellé, car ce qui fait qu'il est aujourd'hui un cas d'école en Afrique, un "mythe" c'est d'avoir réussi une gestion consensuelle du pays sans être membre d'un parti politique. Aujourd'hui, ce mythe s'évapore.
Si le président ATT veut toujours servir le Mali et sortir par la grande porte, il doit veiller au renforcement des partis et non travailler à les affaiblir.
Le PDES qui est une connexion dangereuse entre des agents de l’Etat et une certaine classe des affaires, la plus cupide, la plus sangsue, ne vise que la satisfaction de leurs intérêts bassement matériels et non un quelconque développement du Mali. Le président ATT doit le comprendre et agir.
Modibo Sissoko
(Bamako)

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IMMIXTION ET VIOLATION DES TEXTES DU SPN
Le Syntade à bras raccourcis sur le DG de la police

Niamé Kéita, le directeur général de la police, sera responsable de tout ce qui pourrait arriver suite à ses violations des textes du Syndicat national de la police (SPN) et son immixtion dans les affaires du SPN. C’est sur ce ton menaçant que Siaka Diakité, SG du Syntade et de l’UNTM, a animé une conférence de presse samedi dernier.

Immixtion de la direction générale de la police nationale dans les affaires de la Section syndicale de la police nationale (SPN), violations flagrantes du statut et règlement intérieur de la police nationale par le directeur général de la police. Ce sont des griefs du Syndicat des travailleurs des administrations d’Etat (Syntade), affilié à l’UNTM, portés contre Niamé Kéita, le DG de la police.
Samedi 24 juillet 2010, à la Bourse du travail, Siaka Diakité, secrétaire général du Syntade, est revenu longuement sur les violations commises par M. Kéita. Il avait à ses côtés le secrétaire général de la SPN, Tidiane Coulibaly. Plusieurs militants du syndicat de la police ont également répondu à l’appel de leur SG.
Pour Siaka Diakité, samedi 17 et dimanche 18, juillet, un groupe de policiers, qui ne possèdent ni les qualités ni les compétences, se sont concertés pour "renouveler" le bureau du SPN. Ces policiers qui ne sont autres que des éléments d’une dissidence créée de toutes pièces par le directeur de la police "en vue de renouveler le SPN" a agi dans l’illégalité.
Aux dires de Siaka, le renouvellement d’une section du Syntade est "supervisé par un organe supérieur", ce qui n’a pas été le cas. D’ailleurs, rappellera-t-il, au Syntade, le renouvellement des organes n’est pas à l’ordre du jour. "Aucune structure n’a organisé un congrès pour modifier ses textes encore moins renouveler les instances".
Le SG du Syntade a affirmé que le mandat actuel de renouvellement du bureau du SPN arrive à terme en 2012. "Une administration n’a pas mandat de convoquer une conférence nationale d’un syndicat". A ses dires, force doit rester à la loi. Les agissements de Niamé Kéita, selon lui, violent les dispositions de l’Organisation internationale du travail (OIT).
L’arme de la grève
Ces violations des textes de l’OIT et du SPN lui ont été signifiées. Mais, la dissidence, sous sa protection a fait fi des réserves formulées par le bureau de la SPN et a entamé une tournée "d’intoxication" à l’intérieur du pays avec des instructions fermes de Niamé Kéita. Ce dernier, aux dires de policiers, a, par message N°0098 en date du 12 avril 2010, invité les chefs d’unités "à prendre toutes les dispositions pour la réussite de la mission".
Le SPN, "s’est vu dans l’obligation de saisir le DG de la police par correspondance n°002/SPN du 15 avril 2010, pour lui demander de se mettre en marge de la vie du syndicat".
Comme si de rien n’était, le DG de la police, ajoutent des agents, est revenu à la charge par un message radio fax n°152/DPGN-SG du 1er juin 2010 adressé aux directeurs régionaux de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou et Mopti afin "de prendre et de faire prendre toutes les dispositions pour le bon déroulement de la tournée".
Siaka Diakité, qui prévient n’avoir pas dit son dernier mot, a révélé que les tournées de la dissidence (qui avait même été suspendue par lettre n°007/SPN du 8 juin 2010) ont été fait faites avec les moyens de l’Etat (véhicules, carburant). A la question de savoir pourquoi Niamé se comporte de la sorte ? Siaka, a été on ne peut plus clair : "Parce qu’on ne nous aime pas. La carence est camouflée par la violence. On ne veut pas qu’on dise ce qui se passe. On empêche la police d’atteindre ses objectifs premiers".
Pour Siaka, les autorités ont été saisies sur les actes posés par Niamé et ses protégés. "Les courriers ont été envoyés et nous attendons le délai légal pour la réponse". Les moyens légaux de pression pour être entendu, a-t-il dit, ne manquent pas. "On va les obliger à nous entendre s’ils n’agissent pas". Parmi les moyens envisagés, a souligné le SG, figure la possibilité d’aller en grève "s’il le faut".
Pour un policier, "depuis l’arrivée de l’actuel directeur de la police, la police malienne est minée par des problèmes et est ridiculisée tous les jours par les récalcitrants".
Les autorités sont averties et devront prendre le problème avec sérieux.
Amadou Sidibé

 


Un bon statut de la police
Le secrétaire général du SPN, Tidiane Coulibaly, a dit samedi sa satisfaction sur le nouveau statut de la police nationale. Il a renouvelé ses remerciements aux députés d’avoir accepté de passer le statut au vote. "Jamais ses acquis n’ont été égalés dans l’histoire de la police nationale", a reconnu M. Coulibaly.
Le 2 juillet, les députés ont adopté par 102 voix pour, 0 contre et 0 abstention, la loi sur le nouveau statut des policiers du Mali.
A. S.

 

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Le Mopam s’attaque à la mauvaise gouvernance
A la faveur de son premier anniversaire, célébré le 24 juillet, le Mouvement pour un autre Mali (Mopam /Jamana Nyeta) annonce les couleurs d’un parti politique et donne de la voix. Son président, Adama Koly Coulibaly, a dénoncé les maux qui rongent la République, samedi dernier dans une conférence de presse à l’Espace Bouna.
Un an après sa naissance, le Mopam/Jamana Nyeta, un mouvement associatif au départ, va franchir un nouveau pallier. Il décide de se transformer en parti politique pour mieux faire valoir ses ambitions. La nouvelle a été donnée le samedi dernier par son président, Adama Koly Coulibaly, entouré des membres de son comité directeur, au cours d’une conférence de presse marquant le premier anniversaire du Mouvement.
En un an d’existence, le bilan du Mopam, présenté par son président est assez fourni. Aux dires d’Adama Koly Coulibaly, le Mouvement, chaque fois, a réagi sur les questions d’intérêt national, en particulier sur le projet de code des personnes et de la famille invitant le gouvernement "à gérer le dossier avec perspicacité". Le Mopam a soutenu l’opposition parlementaire (Parena et Sadi), dans sa quête d’éclairage sur les fonds issus de la liquidation de la Société des télécommunication du Mali (Sotelma) et de la Banque internationale du Mali (BIM-SA). Il a fait valoir sa position sur le projet de révision constitutionnelle, en demandant au gouvernement de prendre le temps d’expliquer clairement le texte aux populations.
Pour son propre rayonnement, le Mopam s’est implanté dans les régions de Sikasso, Ségou, Mopti et le cercle de Koutiala. Des bureaux embryonnaires ont été mis en place dans ces localités, a précisé M. Coulibaly.
La mauvaise gouvernance en cause
" Les données ont changé en un an. Nous avons voulu éclaircir notre position en nous transformant en parti politique, pour mieux nous épanouir et bien parler de la chose publique", a affirmé Adama Koly Coulibaly. Selon lui, la mutation du Mopam en parti politique est une situation normale et la démarche la plus pragmatique est d’aller à pas mesurés. "C’est pourquoi nous avons commencé par l’association", a-t-il ajouté.
En réponse à une question sur le problème de l’école, de la corruption et le foncier, le président du Mopam a fait savoir qu’il s’agit d’un problème de gouvernance. "Le premier responsable d’un pays est comme un chef de famille. Il a le devoir d’éduquer ses enfants, les nourrir, récompenser le mérite des meilleurs et châtier les mauvais. Tant qu’on ne règle pas le problème de gouvernance dans notre pays, tout sera difficile", a répondu M. Coulibaly.
Pour ceux qui pensent que le Mopam est un parti satellite à la solde du nouveau né qu’est le Parti pour le développement économique et la solidarité (PDES), il a tenu à lever l’équivoque ajoutant que le Mopam est au contraire constitué d’hommes et de femmes mécontents de la façon de gérer le pays. "Ce sont des hommes et des femmes déterminés pour que le Mali change", a-t-il répliqué. Et de préciser que le parti en gestation s’engagera à collaborer avec toutes les forces de progrès dans la mesure où, a-t-il reconnu, l’avenir appartiendra aux grands ensembles "parce qu’un parti seul ne peut rien faire. Mais la création du nôtre est un passage obligé pour nous".
Toutefois, une candidature du Mopam à la présidentielle de 2012 n’est pas encore d’actualité. Adama Koly Coulibaly pense, que c’est trop tôt de se prononcer. "On affiche nos ambitions en attendant la réaction du peuple", s’est-il contenté de répondre.
Abdrahamane Dicko

 


Banalisation des partis politiques ?
Certains pensent que la création de mouvements associatifs transformés ensuite en partis politiques participe de la banalisation des partis politiques classiques. Le Mopam/Jamana Nyeta ne partage pas cette analyse. "Nous n’avons jamais banalisé les partis politiques. Mais on ne savait pas quel camp choisir avec l’émiettement de l’échiquier politique national", a dit Adama Koly Coulibaly. Mais l’espoir n’est pas déçu au Mopam, dont les responsables ont conscience qu’"on ne peut pas bâtir un Mali fort et émergent avec 120 partis politiques". Il y a nécessité, selon M. Coulibaly, d’aller vers un grand regroupement politique.
A. D.

 

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REFORME DE LA CONSTITUTION
Le Mali a-t-il besoin de changer sa Constitution ?
Pour une frange importante, la réforme de la Constitution initiée par le président de la République n’a aucun caractère prioritaire. Au contraire, Daba Diarra, professeur de philosophie à la Faculté les lettres, langues, arts et sciences humaines (Flash) croit que la création d’un Sénat ne peut être que budgétivore pour l’économie malienne.
" Est ce que le Mali a besoin de modifier sa Constitution et combien va nous coûter la création du Sénat alors que les prix des denrées de première nécessité grimpent chaque jour". Cette interrogation d’un professeur de philosophie au cours d’une conférence débats, organisée le samedi 24 juillet 2010 au Centre Djoliba par l’association les Boucliers de la démocratie, corrobore la réticence de plusieurs de nos compatriotes face au projet de réforme constitutionnelle.
Toujours est-il que M. Diarra est convaincu que la création du Sénat, qui est un des volets de ladite réforme ne sera ni plus ni moins qu’une institution de plus. Il a indiqué que cette future institution ne va rien apporter à la gestion efficiente de l’administration publique qui, selon lui, a plus que jamais besoin de rigueur et d’agents disciplinés et motivés.
Il est conforté dans sa position par son collègue Dr. Cheick Tidiane Cissé, ancien ambassadeur, ex-directeur des études de l’Ecole normale d’administration (ENA), qui soutient qu’on ne change pas une Constitution "en un clin d’œil".
Dr. Cheick Tidiane Cissé a émis des doutes sur les vraies motivations des autorités à modifier la Constitution. Il est allé jusqu'à insinuer que le changement va nous mener tout droit vers une IVe République.
" Selon mes expériences, je suis contre la modification de cette Constitution, car ce changement nous mènera vers une IVe République", a-t-il affirmé en présence de nombreux invités de marque dont Ali Nouhoum Diallo, ancien président de l’Assemblée nationale ainsi qu’une foule d’étudiants venus exprimer leur indignation à propos de la réforme.
La plupart des contributions faites par les étudiants ont invité les autorités à s’attaquer aux vrais problèmes de la nation. Selon eux, ces problèmes ont pour noms : l’école, l’emploi… Ils ont pointé du doigt les députés qui, ont-ils estimé, font depuis un moment la politique de l’autruche en ignorant la question de l’éducation au moment où notre système éducatif bas de l’aile.
" Nous sommes énervés contre les députés. Pourquoi ne pas appeler les enseignants et les deux ministres de tutelle à l’Assemblée nationale pour trouver des solutions à leurs problèmes ? Au lieu de cela, il nous parle d’une révision de la Constitution. Or nous voulons étudier", s’est insurgé un étudiant qui a invité les élus de la nation à penser à leur avenir.
Le secrétaire général de l’association les Boucliers de la démocratie, Ahmadou Bah, a tenu à indiquer que la conférence vise à rendre un hommage aux martyrs qui ont perdu leurs vies en mettant en place la Constitution du 25 février 1992.
Dans un discours qui a sanctionné la rencontre, Ali Nouhoum Diallo a reconnu que la réforme affaiblirait la démocratie et notre économie.
Pis, a-t-il averti, le changement donnera un "pouvoir absolu" au futur président de la République. "Tout président qui touche à cette Constitution ne doit pas avoir le droit de l’appliquer pendant son mandat", a-t-il proposé.
Amadou Waïgalo
Bacary Sissoko
(stagiaire)

 

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IM MEMORIUM
Mon cher MadNiang, il n’y a qu’une minute entre la vie et la mort…
Il est 12 h ce mercredi 21 juillet 2010 à Saint-Boniface (Winnipeg, Canada), mais 17 h à Bamako. Dans cette zone connue pour ses températures extrêmes, le thermomètre indique 28°C. Avec mes enfants nous envisageons de sortir en ville en ce jour radieux.
Je sors quelques minutes pour acheter du lait dans la boutique d’un Malien qui est juste à côté de notre maison (la boutique s’appelle "Tombouctou"), plusieurs coups de fil arrivent entre temps sur la ligne fixe.
A mon retour, mon fils aîné me dit, Papa, beaucoup de personnes cherchent à te joindre, d’ailleurs Tonton Blo te demande de le rappeler de toute urgence. Je prends mon portable, le cœur battant.
Au moment de composer son numéro, un autre appel rentre. Alassane Touré, un ami m’annonce sans autre forme : "J’ai une très mauvaise nouvelle pour toi, MadNiang vient de décéder". Il est inutile de décrire dans une telle circonstance le sentiment qui vous anime surtout lorsque vous vous trouvez à l’étranger, loin de tout support moral.
Après avoir raccroché, je me rends compte que mes enfants (15 ans, 10 ans, 7 ans et 2 ans) me regardent, l’air interrogateur. Je leur dis, Papa vient d’apprendre une mauvaise nouvelle, on annule notre sortie. Ayant compris, les enfants s’éclipsent dans leurs chambres.
Seul dans le salon, en sanglot, j’essaie de comprendre. Pourquoi MadNiang ? Pourquoi maintenant ? Un bon croyant doit pourtant éviter ces genres d’interrogations, mais qu’y puis-je ? Notre dernier contact, c’était le dimanche 18 juillet. MadNiang m’appelle : "Tu as sorti la grosse artillerie pour le lancement du PDES. J’espère que tu n’oublieras pas ton frère lorsqu’il aura besoin de toi ! Comment va ta famille ?" Un coup de fil d’adieu peut-être, je n’aurais jamais la réponse…
Ce que beaucoup de gens retiendront de MadNiang, c’est l’homme au contact facile, l’homme généreux qui ne voyait que le bien partout. Mais ce qu’il faut surtout retenir c’est son esprit de solidarité, sa capacité à soutenir autrui à son propre détriment et, particulièrement, son sens de la famille.
MadNiang et moi, c’est une amitié de 45 ans (depuis notre jeune âge), c’est aussi les études en Algérie, en passant par la création de l’Union civique. Une très grande complicité existait entre nous et j’étais au parfum de tous ses projets.
MadNiang nous a quittés jeune, je dirais très jeune mais en homme accompli. Dans sa courte vie, il a eu le temps de réaliser beaucoup de choses au point où je lui reprochais d’être trop pressé mais peut-être qu’il savait son passage terrestre court…
A ses camarades politiques, je témoigne : MadNiang n’était pas un opportuniste, ni un ambitieux, mais plutôt un idéaliste qui voulait que les choses changent très rapidement.
Aristote ne disait-il pas : "Si quelques heures font une grande différence dans le cœur de l’homme, faut-il s’en étonner ? Il n’y a qu’une minute de la vie à la mort".
Dors en paix, cher frère, tu vivras éternellement dans ma pensée en attendant ma minute.
Amadou Moustapha Diop
(Saint-Boniface, Winnipeg Canada)

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FORUM SUR LA TRANSHUMANCE
La paix revient à Wassoulou

Un conflit sans précédent avait éclaté en janvier dernier entre bergers et populations de Yanfolila (Wassoulou) suite à l’assassinat d’un agriculteur à Tabako dans la Commune de Yorobougoula. Le forum de Yanfolila sur la transhumance qui a réuni, du 22 au 23 juillet, les populations de Wassoulou, des éleveurs et des autorités autour d’une table, a accouché d’un espoir de la paix.

Le forum sur la transhumance dans le cercle de Yanfolila s’est tenu du jeudi 22 au vendredi 23 juillet 2010 dans la salle de conférence de la mairie de Yanfolila.
La cérémonie d’ouverture du forum a été présidée par le général Kafougouna Koné, ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales. Il avait à ses côtés les ministres de l’Elevage et de la Pêche, de la Justice, du Logement, des Affaires foncières et de l’Urbanisme, le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, le gouverneur de la région de Sikasso, le président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (Apcam) et des autorités communales de Yanfolila.
Etaient également présents les représentants des différentes communes de Yanfolila, des partenaires techniques et financiers, le représentant du patriarche du Wassoulou, le directeur du service social des armées.
Cinq communications ont été présentées et discutées. Il s’agit de l’histoire de la transhumance dans le cercle de Yanfolila ; la protection de l’environnement et transhumance dans les régions du Mali ; l’accès au pâturage et à l’eau dans le cercle de Yanfolila, la charte pastorale au Mali : état de mise en œuvre et perspective d’application ; le règlement des conflits par la conciliation : cas des communes ayant adopté des conventions locales.
A travers ces thèmes, les participants ont appréhendé les textes législatifs et réglementaires qui régissent la transhumance au Mali.
Le forum a proposé des recommandations pour une meilleure organisation de la transhumance dans le cercle de Yanfolila. Le forum a recommandé l’intégration dans les plans de développement social, économique, et culturel (PDSEC) les activités de gestion des ressources naturelles, le renforcement des capacités des collectivités dans la gestion des ressources naturelles, la mise en place d’un programme de sensibilisation et d’éducation en vue d’un changement de comportement des bergers, la lecture et la diffusion dans les langues nationales la charte pastorale et ses textes d’applications. Il a invité les communautés à élaborer les conventions pour prévenir les conflits et les gérer au cas échéant.
Pour Boubacar Baba Diarra, président de la commission de crise, le résultat obtenu au bout de deux jours de travaux permet de régler l’épineux problème de coexistence entre deux franges de la même population. Il a promis que le gouvernement sera tenu informé des recommandations et résolutions du forum.
Pérenniser la paix
Le représentant du patriarche a fait savoir qu’ils vont rendre compte des recommandations au patriarche.
La dernière grande sécheresse qu’a connue notre pays a été la plus dramatique. Elle a provoqué l’appauvrissement des pâturages et la désertification d’une grande partie du territoire national. Ainsi, le cercle de Yanfolila, qui regorge de ressources pastorales énormes, attire les éleveurs des régions de Koulikoro, Sikasso, Mopti…
Le cercle de Yanfolila, connu sous le nom "Wassoulou", rime bien avec la transhumance qui ne cesse de créer de problèmes aux Wassouloukès. Ces problèmes sont liés au non-respect des pistes pastorales existantes qui se solde par un envahissement du terroir par le cheptel, la destruction des champs de culture ; la coupe, l’émondage, l’étêtage, l’écimage des espèces ligneuses protégées.
Les multiples conflits engendrés chaque année entre éleveurs et agriculteurs et en particulier la crise éclatée en janvier 2010 entre les bergers et les populations de Yanfolila suite à l’assassinat d’un producteur par des bergers, ont poussé le gouvernement à prendre le problème de la transhumance à bras-le-corps. D’où l’organisation de ce forum dont les phases préparatoires ont duré 7 mois.
Si les résultats du forum laissent un espoir de retour de la paix au Wassoulou, il faut dire que malgré les excuses présentées par le représentant des éleveurs à la cérémonie d’ouverture, le forum a eu toutes les peines à amener les agriculteurs à enterrer la hache de guerre. Pour que ses efforts ne soient pas vains, l’Etat devra prendre des dispositions nécessaires pour la mise en œuvre de ses recommandations du forum.
Sidiki Doumbia
(envoyé spécial)

 

Ils ont dit…
Yaya Sangaré (député élu à Yanfolila) :
" Les objectifs du forum sont atteints. Le premier était de rétablir une certaine fidélité. Le second était de mettre les acteurs et les populations au même niveau d’information sur les textes. Le 3e objectif était de faire en sorte que la paix revienne au Wassoulou. Le forum nous a permis de comprendre que le gouvernement est à l’écoute du peuple. Il s’agit maintenant de faire en sorte que les éleveurs puissent cohabiter. Le gouvernement doit former les maires. Il doit appuyer l’élaboration des conventions locales et leur mise en œuvre. L’espoir de la paix est là. Mais cette paix ne peut être durable que si les engagements pris sont mis en œuvre par l’Etat".

 

Issa Sangaré (le maire de Yanfolila) :
" Les populations de Wassoulou ne chassent pas les bergers, mais elles sont contre les malfaiteurs. La transhumance n’était pas réglementée, c’est ce qui a abouti à ce conflit. Le forum nous a permis de nous familiariser avec les textes".

 

Babary Togola (président de l’Apcam) :
" Je peux dire que la crise s’est éteinte. Les éleveurs ont présenté leurs excuses et les producteurs les ont acceptées. C’était un problème de compréhension. Outre le retour de la paix, le résultat du forum permettra de mieux organiser la transhumance dans le cercle de Yanfolila".

 

Colonel Mamadou S. Touré (président de l’Amicale pour le développement intégré de Bougouni, Yanfolila, Kolondiéba et la Commune rurale de Massigui) :
" Le résultat du forum nous a permis d’apporter la paix chez nous. Les gens ne connaissaient pas les textes. Le forum a comblé ce vide".
S. D.

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EN CONSEIL NATIONAL SAMEDI
Le PSP réclame les sépultures de Fily, Maraba Kassoum…
Les héritiers de Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko et Maraba Kassoum ont demandé samedi à l’Etat la mise à disposition de leurs devanciers pour que leurs familles puissent achever leur deuil.
Le Parti pour la solidarité et le progrès (PSP) a tenu samedi, à la Bibliothèque nationale, son conseil national. C’était sous la présidence du président du parti, Oumar Hammadoun Dicko.
Il s’agissait, pour la quarantaine des délégués venus de l’intérieur et du district, à mi-mandat d’envisager une stratégie pour 2011 et 2012, car, selon le président du parti, l’histoire du PSP se confond avec celle du Mali. "Rendons hommage à nos héros d’hier, pères fondateurs du parti. Car, l’histoire nous a donné raison", a dit Oumar H. Dicko.
Aux dires du président du PSP, son parti a démontré année après année sa capacité de rassemblement, de conciliation et d’adaptation. "Son aptitude à épouser les contraintes du réel, pour fédérer et unir les hommes et les femmes, demeure sa force et atteste de la vérité qu’il porte en lui", a-t-il dit. Et d’ajouter que ces hommes et ces femmes si différents et si éloignés sont aussi proches par leur vision commune. Il a invité les militants du parti à relever le défi, car, dira-t-il, le PSP est un parti avec des responsabilités historiques qui lui ont permis d’apporter sa pierre à l’édification nationale.
A l’issue des travaux, les délégués ont formulé plusieurs recommandations parmi lesquelles, la mise à disposition des sépultures de Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko et Maraba Kassoum pour que leurs descendants puissent achever leur deuil.
Le PSP qui entend restaurer l’image des pères fondateurs du PSP, organise depuis hier la journée Fily Dabo.
Sans tomber dans l’amalgame, le président du PSP s’est dit fier de la réconciliation consommée entre l’US-RDA et son parti et a appelé les politiques à œuvrer pour un Mali prospère.
Idrissa Sako

CIMEF-2010 A BAMAKO
Le pèlerinage de musulmans francophones
La grand-messe des musulmans francophones s’attellera à relever les défis actuels auxquels fait face l’islam.
Tous les chemins des musulmans de l’espace francophone menaient au CICB vendredi dernier à l’occasion de l’ouverture des travaux de la 6e édition du Colloque international des musulmans de l’espace francophone (Cimef) sous la présidence d’Amadou Toumani Touré, autour du thème "l’islam et les défis actuels".
La salle de 1000 places du CICB était finalement assez exiguë pour contenir les centaines de fidèles venus s’ajouter aux 180 participants dont 120 venus de l’étranger (Algérie, Belgique, Arabie saoudite, Grande-Bretagne, Turquie, RDC…) Retransmise en direct sur les radios Dambé, Islamique et Kledu, la cérémonie d’ouverture a commencé par la lecture du Saint Coran par Abdrahamane Maïga et la chanson de bienvenue interprétée par les élèves de l’école les "Khalifa" de Magnambougou.
Après les mots de bienvenue du président du comité national d’organisation du Cimef-2010, Dr. Mamadou Diamouténé, le Dr. Tariq Ramadan, intervenant au nom des délégations étrangères, a séduit le public par une intervention remarquée. Pour cet intellectuel religieux, il importe tout d’abord de relever le défi de l’éducation et de la compréhension des terminologies comme le djihad et développer la bonne compréhension des principes de l’islam en vue de dépasser les perceptions négatives sur la religion musulmane. Et cela, a-t-il précisé, loin des "réactivités émotionnelles".
Le pouvoir qui se nourrit de l’éthique islamique a martelé Tariq Ramadan, promeut des vertus comme la justice et combat la corruption et les autres déviances sociales. Et Tariq de s’ériger en donneur de leçons en appelant les fidèles qui entrecoupaient son discours par des cris intempestifs à la limite de l’hystérie, d’être moins émotifs, mais plus spirituels.
Dans son mot, Mahmoud Dicko, le président du Haut conseil islamique, a remercié les autorités maliennes à travers le chef de l’Etat et le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales le général Kafougouna Koné pour leur soutien dans la bonne organisation de l’édition malienne du Cimef. Le leader religieux a également saisi l’occasion pour rendre hommage au peuple martyr de la Palestine et de la mosquée Al-Qods, sujets aux violences injustes d’Israël.
Le président de la République Amadou Toumani Touré en provenance de Tchad au sommet de la Cen-Sad (il a zappé l’ouverture du sommet de l’Union africaine en Ouganda pour y retourner le samedi dernier, Ndlr) a émis l’espoir que le regard des participants portera surtout sur des valeurs comme la solidarité, la tolérance et l’amour du prochain.
Faisant allusion à la situation dans la bande sahélo-sahélienne, le chef de l’Etat a stigmatisé les actes prétendument posés au nom de la religion : trafic de stupéfiants et de drogues, d’armes et de munitions, la présence salafiste avec ses enlèvements. Pour endiguer le salafisme, a-t-il déclaré, une coopération sous-régionale et une vision commune sont indispensables. Et ATT d’appeler les participants à se servir de la meilleure arme de combat : l’explication.
La cérémonie a pris fin par les bénédictions dites par El hadj Bandiougou Doucouré. Les travaux du 6e Cimef prennent fin aujourd’hui.
Moussa Camara
(stagiaire)

 

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