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2010

Mois de juillet

Les Echos du 23 juillet

 

PARTI PRESIDENTIEL
Le PDES met l’administration au garde-à-vous
L’une des spécificités du Parti pour le développement économique et la solidarité (PDES) est qu’il s’est nourri de l’administration malienne. Il semble que l’on n’est pas loin de revivre le scénario cauchemardesque de 2007 où toute la machine de l’Etat avait été mise à contribution pour assurer la réélection d’ATT.
Ministres, présidents d’institutions de la République, présidents directeurs généraux, directeurs généraux, secrétaires généraux, conseillers techniques, chargés de mission, directeurs administratifs et financiers… Tels sont substantiellement les postes qu’occupent dans l’administration malienne les membres du bureau dont a accouché l’assemblée générale constitutive du Parti pour le développement économique et la solidarité (PDES) samedi dernier.
Sans compter qu’en dehors du bureau XXL de 127 membres du benjamin des partis politiques au Mali, il se murmure que nombreuses sont les hautes personnalités du pays (appartenant à des partis politiques ou non) qui guettent une occasion pour adhérer au PDES, mais qui se tiennent pour le moment à l’écart, en raison de calculs politiques.
Nul doute donc que le PDES a ratissé large et qu’il est au cœur de la gouvernance actuelle du pays. Mêmes certains que l’on croyait en dehors de tout champ politique n’ont pu résister aux sirènes rouges manipulées depuis Koulouba. Cette situation n’est que la conséquence logique du clientélisme et de l’anarchie rampante qui minent l’administration malienne sous ATT.
Dans un pays où l’accession à de hautes responsabilités dépend plus de l’appartenance politique et des affinités avec les milieux proches du grand chef que de la compétence intrinsèque du promu, il n’est pas exagéré d’affirmer que l’administration malienne est déboussolée et détournée de ses propres missions.
Et quand le jeu politique se pointe, tout est mis en œuvre pour d’abord servir les intérêts partisans. Au nom d’un soi-disant "militantisme désintéressé" et d’une adhésion hypothétique à des idéaux, propagandistes soient-ils.
Le PDES s’est justement approprié cette réalité. Son président, Hamed Diané Séméga en est une illustration parfaite. Sachant que "charité bien ordonnée commence par soi", le ministre de l’Equipement et des Transports a entraîné avec lui dans le bureau du PDES des membres influents de son cabinet, dont le secrétaire général Malick Alhousseiny et le directeur national des transports, Djibril Tall.
Comme ces derniers, tout le beau monde administratif que compte le PDES, s’attellera certainement à assurer d’abord la suprématie du néo-parti dans l’administration. Un phénomène qui porte le "label ATT" et qui n’est pas nouveau sous la gouvernance éclairée du général-président.
Le "renouveau de l’action publique" en marche
Lorsque des avantages faramineux ont été accordés aux commandements locaux (gouverneurs, préfets et autres) à la veille de l’élection présidentielle de 2007, peu de nos compatriotes ont été incapables de comprendre cette manœuvre du pouvoir visant à conditionner l’administration au tripatouillage électoral. La suite est connue de tous.
L’utilisation de l’appareil de l’Etat à des fins politiques sera donc plus que jamais ancrée avec le PDES et des cadres obsédés par une quelconque promotion ou du moins leur maintien à leurs postes. Surtout que beaucoup parmi eux, jusqu'à présent loin des milieux politiques et non membres officiels du PDES, se sont fait voir à la tribune de l’assemblée de samedi dernier.
Me Tall restera certainement l’un des perdants de cette méthode de séduction politique orchestrée par le PDES. Mais en réalité, ce n’est qu’un retour du bâton, pour qui sait que ce fils de Ségou, démissionnaire politique et lamentablement acquis au candidat ATT en 2007, a tout fait pour rendre inaudibles les dénonciations d’usage des moyens de l’Etat à des objectifs clairement électoraux formulés par les animateurs du Front pour la démocratie et la République (FDR) et du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (Sadi) lors de la présidentielle de 2007 à l’encontre du président sortant.
Avec le style dithyrambique qu’on lui connaît en pareilles circonstances, cet acteur du Mouvement démocratique balayait d’un revers de la main les accusations des opposants d’ATT et allait jusqu'à humilier certains d’eux : "Amadou Toumani Touré bat même certains de ses adversaires dans leurs fiefs !" Sous la houlette de ce même ATT, les partisans de ce dernier ont transformé le ministère de l’Artisanat et du Tourisme en l’un des nombreux "nids" du PDES dans l’administration malienne. Au détriment de Me Tall et avec l’appui de la machine de l’Etat dans la mesure où les transfuges du parti du Soleil levant ne sont considérés que comme des "sangsues", dénués de toute conviction politique.
A également changé de coloration politique, l’ancien ministre Abdoulaye Diop, précédemment ambassadeur du Mali au Maroc.
Au-delà du Cnid, les autres formations politiques doivent impérativement revoir leurs copies s’ils veulent faire poids face au PDES, étant donné qu’ils ne sont guère à l’abri d’une saignée similaire à celle que Me Tall et les siens viennent de connaître. Au demeurant, de grands partis ne doivent s’en prendre qu’à eux-mêmes pour avoir baissé pavillon devant un indépendant et son groupuscule et pour avoir ironiquement cru que cet indépendant leur faciliterait l’accession à Koulouba en 2012.
Il est inutile de dire que les autres partis politiques pourraient difficilement lui tenir la dragée haute au rythme actuel. Même si certains parmi ces derniers sont aussi bien représentés dans le paysage administratif.
En clair, le Projet de développement économique et social (PDES) d’ATT est en marche et le parti PDES a concrétisé l’un des volets du "renouveau de l’action publique" cher au chef de l’Etat. Renouveau certes, mais renouveau avec une administration majoritairement à la solde d’une entité politique et des ambitions différentes de celles du peuple.
Alors, opportunistes politiques, adhérez au PDES pour assurer votre promotion au sein de l’administration malienne !
Ogopémo Ouologuem
(correspondant aux USA)

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DEBACLE AU DEF
Déception et remise en question
La nouvelle est tombée mercredi dernier, le taux de réussite aux examens du diplôme d’études fondamentales (DEF) est passé à moins de 33 % à l’échelle nationale, soit deux fois moins que l’année dernière. D’aucuns n’hésitent pas à qualifier ces résultats de catastrophiques, mais dans le milieu à Bamako, l’heure est au bilan, au questionnement.
Dans les cours d’école, les enseignants et les directeurs n’hésitent pas à affirmer que les résultats de cette année sont malheureusement représentatifs de la performance des élèves et par association de ceux qui les accompagnent, notamment les parents et les enseignants.
" Les élèves négligent leurs leçons à la maison et les parents les supervisent trop peu. Par exemple, un collègue m’a même dit qu’il avait mis un billet de 5000 francs dans le cahier de l’un de ses élèves. Plusieurs jours plus tard, il l’a convoqué et lui a montré la coupure cachée. Elle y était toujours, l’élève n’avait pas ouvert son cahier depuis la dernière rencontre", a expliqué hier jeudi un enseignant.
Ils sont toutefois nombreux à accorder une partie de la responsabilité à l’examen lui-même, qui couvrait cette année neuf matières au lieu des cinq habituelles et qui se tenait pendant trois jours au lieu d’une seule.
Selon plusieurs enseignants interrogés, ce serait en mathématiques et en biologie que les questions étaient les plus difficiles. "J’ai participé à la correction. Les copies notées à cinq sur vingt étaient très, très nombreuses. Ce n’est tout simplement pas normal que les meilleurs élèves en mathématiques ne sachent pas du tout répondre aux questions posées", a affirmé l’un d’entre eux.
Ils ont également remis en question le choix des sujets. Selon eux, ils sont trop peu représentatifs de ce qui est enseigné en classe. Ils ont répété leur désir d’être impliqués dans la préparation des examens.
La réforme de l’éducation, dans le cadre de laquelle les examens ont été modifiés, est également pointée du doigt. "Elle a été mise en place trop rapidement, les enseignants n’ont pas été préparés adéquatement", a indiqué le secrétaire général du Syndicat national pour l’éducation et la culture (Snec), Tibou Télly, qui s’est bien gardé de tirer des conclusions hâtives. "Les résultats viennent tout juste d’être dévoilés, nous allons prendre le temps de nous pencher dessus pour mieux les comprendre avant de nous prononcer", a-t-il poursuivi.
Tous sont d’accord pour dire que ce taux de réussite révisé fortement à la baisse devrait entraîner une prise de conscience de l’ensemble des acteurs du domaine de l’enseignement. On s’entend pour dire que les résultats sont plus représentatifs des aptitudes des élèves, qui évoluaient auparavant dans un système peut-être trop laxiste.
" Nous constatons aujourd’hui les vrais résultats des élèves maliens. Le passage des masses est terminé, il faut désormais avoir le niveau pour poursuivre ses études", a confié la directrice d’une école de Bamako qui a préféré rester anonyme, par peur des représailles. Selon elle, les parents et les élèves sont mécontents, tellement qu’elle ne serait pas surprise si un mouvement de protestation s’organisait pour faire entendre leur opposition aux résultats.
Malgré la surprise, la nouvelle est vue d’un bon œil par de nombreuses personnes. "Après le choc initial, nous réalisons que c’est positif. Les étudiants ne seront plus bloqués lors des années subséquentes parce qu’ils ont obtenu le DEF sans avoir les connaissances requises", a analysé un enseignant de l’Ecole Notre Dame du Niger à Bamako, qui a prédit, comme plusieurs de ses collègues, une augmentation progressive du taux de réussite dans les années à venir.
Pascal Raiche-Nogue
et Sissoko Bacary (stagiaires)

 

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EXAMENS
Le Cnec s’explique sur le faible taux de réussite au DEF
Sur 153 537 candidats, seuls 50 500 élèves ont réussi à l’examen 2010 du diplôme d’études fondamentales (DEF), soit un taux de réussite de 32,89 %. Pour les autorités scolaires, ce faible résultat peut s’expliquer non seulement par la réforme qui vise l’amélioration de la qualité de l’enseignement et mais surtout la rigueur qui a caractérisé le déroulement des épreuves.

Les résultats de la session de juin 2010 du DEF ont été publiés le mercredi 21 juillet 2010 confirmant des informations fournies par certaines sources proches du département de l’Education, qui faisaient état du faible taux de réussite.
Sur 153 537 candidats, seuls 50 500 élèves ont été déclarés admis, soit un taux de réussite de 32,89 %. A la lumière de ces statistiques, les résultats du DEF-2010 sont jugés globalement catastrophiques comparés à ceux de l’année dernière qui étaient de 64,94 %.
Le directeur du Centre national des examens et concours (Cnec), Hachimi Adama Touré, a tenté hier, au cours d’un point de presse, une explication au faible taux de réussite au DEF.
Pour lui, l’introduction des matières dites secondaires (sciences naturelles, histoire et géographie, éducation civique et morale et éducation physique et sportive) a apporté beaucoup de changements dans l’organisation de la session et aux critères de passage.
Avec l’ancien système, la note de classe que l’élève obtenait dans ces disciplines étaient systématiquement ajoutées à celle qu’il engrangeait à l’examen. Cette méthode permettait à bon nombre de candidats de décrocher le diplôme.
Notre interlocuteur rappelle qu’avec la réforme, les notes de classe n’interviennent plus que dans certains cas. Aussi, le directeur du Cnec rappelle que les dispositions rigoureuses qui ont été mises en place pour minimiser les tentatives de fraude ont contribué à l’instauration d’une certaine transparence qui a étouffé les pratiques de triche qui ouvraient la porte des études secondaires à plusieurs candidats.
Harmonisation
Certains cadres du ministère de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues nationales estiment que les résultats ne reflètent que le niveau réel des candidats jugé faible, voire médiocre. "Difficilement, les résultats auraient pu être autrement", a indiqué un conseiller technique du département faisant allusion à certains centres d’examen qui ont enregistré un résultat néant.
Hachimi Adama Touré signale que la réforme vise à harmoniser nos diplômes nationaux avec ceux de la sous-région afin de rendre plus compétitifs les produits de l’école malienne au moment où notre pays est résolument engagé dans le processus d’intégration régionale.
" Il n’y a pas d’omelettes sans œufs cassés". Cette assertion sied bien à la volonté des autorités de l’éducation déterminées à rompre avec ce qu’on appelle dans le milieu scolaire "la médiocrité".
La réforme se fera alors au prix d’un sacrifice. La question qui taraude maintenant l’esprit est relative à l’orientation des candidats qui ont été ajournés et qui ne répondent plus aux critères d’orientation.
Au ministère, l’on apprend qu’avec la réforme en plus du critère d’âge, les critères de performance, de scolarité et du genre seront pris en compte à partir de cette année, ce qui signifie que même la faiblesse des résultats impactera le lot des non orientés.
" Des mesures sociales sont prévues pour eux en collaboration avec les départements techniques comme le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et le ministère de l’Agriculture", avait récemment assuré le Pr. Salikou Sanogo, ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues nationales.
Amadou Waïgalo

 

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FIN DE LA RENCONTRE DE L’ADEA A ABIDJAN
L’information pour relever les compétences professionnelles
La rencontre des ministres en charge de la Formation technique et professionnelle ont clos à Abidjan leur rencontre le mercredi dernier sur des résolutions consensuelles.

Les ministres et délégués des 24 pays francophones, anglophones et lusophones, ainsi que les partenaires économiques et professionnels et les représentants des autres organisations présentes ont été unanimes à dire que c’est en s’informant mutuellement sur les politiques mises en œuvre, en mutualisant leurs expériences dans le domaine du développement des compétences techniques et professionnelles, qu’ils ont le maximum de chances de relever les défis du développement économique et social de l’Afrique et, en particulier, celui du chômage, du sous-emploi et de l’exclusion sociale et professionnelle qui frappent un trop grand nombre de jeunes.
A l’issue de la rencontre, un pôle sur cette thématique a été lancé, sous le leadership de la Côte d’Ivoire. Le lancement de ce Pôle fait suite à la rencontre d’octobre 2009 entre les pays de l’Uémoa et le Cap-Vert qui, au moyen de la "Déclaration d’Abidjan", a mis en marche un processus de rencontres régulières entre les pays concernés. Il prend en compte les résultats de la conférence de Bamako qui s’inscrit dans le prolongement de cette Déclaration.
Organisée sous le patronage de l’Uémoa, cette conférence avait abouti à l’adoption d’un cadre de concertation entre les pays de l’Afrique de l’Ouest qui se concrétisera, fin 2010, par une rencontre de tous les pays concernés en Guinée-Bissau.
" L’avenir de ce Pôle, dira Bill-Cataria, le secrétaire exécutif de l’Adéa, n’est pas de constituer une entité de plus à côté des coopérations inter-pays déjà en cours. Il est, au contraire, de constituer un espace ouvert à toutes ces initiatives, de les soutenir, de les relier entre elles et, en fin de compte, de les mobiliser de façon cohérente en vue de permettre à l’Afrique de disposer de toutes les compétences dont elle a besoin pour se donner un avenir géopolitique à la mesure de ses richesses, naturelles, sociales, culturelles et surtout humaines".
Les ministres et les délégués des 20 pays participants à la conférence de lancement du Pôle de qualité inter-pays dans le domaine du développement des compétences techniques et professionnelles, ainsi que les représentants du monde économique et professionnel et des autres organisations présentes, ont produit un communiqué final en 7 points qui sont autant de pistes d’action à développer dans le cadre du Pôle. Il s’agit de :
- S’engager à tout faire pour que la formation et la professionnalisation de tous les Africains et, notamment des jeunes, devienne une priorité stratégique et opérationnelle au niveau de l’ensemble du continent ;
- Prendre tous les moyens qui sont en leur pouvoir pour bâtir de manière concertée des systèmes d’éducation et de formation efficaces en termes de développement économique et social ;
- Mutualiser leurs expériences de formation et de professionnalisation afin d’élaborer en commun les meilleures réponses possibles aux besoins de compétences d’un monde du travail en évolution constante ;
- Mettre en œuvre un développement des compétences techniques et professionnelles autant en direction des entreprises modernes que des entreprises du secteur dit informel qui emploie un maximum de jeunes ;
- Bâtir sur les réussites et les échecs des uns et des autres pour optimiser les investissements dans la conception et la mise en œuvre des réformes en cours dans la quasi-totalité des pays ;
- Construire des systèmes d’éducation et de formation prenant en compte et validant tous les acquis de connaissances, de compétences et de qualifications, quelles que soient par ailleurs leurs modalités d’acquisition ;
- Unir leurs efforts pour identifier et dynamiser, les secteurs économiques porteurs de croissance durable, de forte valeur ajoutée et de création d’emplois et y préparer adéquatement les jeunes par des dispositifs et des modalités impliquant au maximum le monde économique et professionnel.
Le lancement du Pôle de qualité inter-pays dans le domaine des compétences techniques et professionnelles est une première étape du processus de préparation de la Triennale Adéa, qui aura lieu à Ouagadougou, au Burkina Faso, en décembre 2011 autour du thème : "Promouvoir des connaissances, compétences et qualifications critiques pour le développement durable de l’Afrique : comment édifier et concevoir une réponse efficace des systèmes d’éducation et de formation".
Alexis Kalambry
(envoyé spécial à Abidjan)

 

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BAMAKO-CONAKRY
Voyage au bout de l’effort
Pour rallier la Guinée-Conakry à partir de Bamako, il n’y a qu’une seule gare : Djikoroni-para ; un seul moyen de transport : des vieux taxis 505 d’une autre époque.
Quand vous prenez le ticket, le convoyeur insiste sur l’heure de départ : 5 h du matin pour le premier véhicule de la journée. Mais, ce jour-là (mardi 22 juin), ce n’était qu’à 6 h 30 que le taxi à destination de Conakry a démarré. A bord, dix personnes (2 personnes à côté du chauffeur, 4 sur le siège du milieu, 3 sur le siège de derrière et une personne dans le coffre !
Les habitués réservent les sièges plus confortables. En effet, c’est au moment de prendre le ticket qu’on doit choisir le siège que l’on désire occuper. Le siège du milieu est inconfortable et les passagers s’excusent très souvent parce que emboîtés comme des sardines et étouffés.
Sorti des embouteillages monstrueux le long des routes urbaines de Bamako et après y avoir pris une forte dose de poussières, le passager, sous un soleil de plomb, peut lancer un ouf de soulagement temporaire au sortir de Sébénikoro.
Sur la route Bamako-Kourémalé, les passagers peuvent contempler, comme ils le disent souvent les touristes, la nature. Mais quelle nature ? Quel paysage ?
Au poste de Kourémalé, à plus 20 km de la sortie de Bamako, une vue panoramique de montagnes crève l'œil. En cet endroit, la nature de part et d'autre du trajet, présente un beau paysage avec presque toutes les caractéristiques géographiques du Mali.
A Kourémalé, commence la vérification des pièces (carte d’identité, carnet de vaccination). Ensuite à l’entre de la Guinée le même contrôle se répète.
" Pièces complètes, rien à reprocher". L’agent de contrôle demande avec gentillesse que le numéro de la carte soit écrit sur le carnet de vaccination.
Il y a moins de tracasseries à ce niveau, à part le dédouanement des marchandises à des prix discutables. Ces petits détails prennent du temps (2 h environ) sans pour autant être ennuyants.
Libéré aux environs de 10h par la douane, le passager reprend la route dont l’état relativement bon lui permet de rallier rapidement Siguiri où le taxi perdra beaucoup plus de temps, car dans cette ville le chauffeur va rencontrer de vieux amis.
Mais le pire, c’est le trajet Dabola-Mamou sur une distance de 149 km. Sur ce tronçon, il n’y a que des "bouts de goudron" et des trous béants. Dans les localités de Dabola, Mamou, Kindia, en passant par les petits villages, les porteurs d’uniforme font leur apparition en groupe. Dispersés partout, ils obligent le passager à descendre du véhicule et à marcher plus d’un kilomètre. Etaient-ils là pour un contrôle ? Non ! Selon l’un d’eux, c’est pour assurer la sécurité des voyageurs en cette période des élections.
Au bord de la route, des vendeurs de charbons sont installés et disposent d’au moins d’une centaine de sacs remplis de charbon proposés à la vente. Il y a aussi du bois de chauffe autour des habitations. Et cela n’est pas étonnant, car dans ces contrées la principale activité est la vente du charbon et du bois de chauffe.
L’insécurité routière
La prudence est recommandée à l’étranger une fois la nuit tombée. Les chauffeurs se regroupent pour faire un convoi parce que le trajet Mamou-Kindia, long de 130 km, est présumé dangereux. Aux dires de chauffeurs, beaucoup de voyageurs ont été victimes d’attaques à mains armées et dépouillés de leurs biens. Dès lors, personne n’ose emprunter, seule, ce trajet la nuit.
A 2 h du matin, nous étions à la porte d’entrée de Conakry, où il faut passer la nuit au transit et dans les taxis. A partir de minuit, interdiction est faite d’entrer à Conakry. Des vigiles interpellent et exigent les pièces. "Y a-t-il des Maliens parmi vous ? Si oui donnez-moi vos cartes et envoyez-moi 10 000 francs guinéens sans discussion", lance un agent en uniforme.
La campagne sur la route
A l’entrée des villes de Conakry, les militants de certains partis politiques se tenaient au bord de la route pour sensibiliser les voyageurs à voter pour leurs candidats. Ces militants agressifs étaient prêts à agresser quiconque prononcera le nom d’un candidat différent du leur. La seule manière pour ne pas être agressé était de crier avec eux pour pouvoir passer tranquillement. Guinéen ou pas, vous avez intérêt à vous soumettre à leur volonté.
Descendu au Grand marché de Madina, un endroit particulièrement sale. De là, je décide de me rendre au journal "Le Lynx", située à Kaloum, au centre ville. En compagnie de mon guide et de mon logeur, je me rends sans difficulté à la rédaction.
Au journal "Le Lynx"
Je suis accueillie par le directeur de publication et confiée au chef du desk politique. Après prise de connaissance, une journée dure s’annonce. Sidya doit entrer de campagne, on doit y aller. Juste après, la Céni anime une conférence de presse à la Maison de la presse. Et à 19 h, retour à la maison.
En compagnie de mon logeur, nous avons emprunté le taxi (déplacement à 45 000 F GNF) en direction de Lambanyi, un quartier de Conakry. A bord, les Peuls, rien que cette langue qui est parlée dans le taxi. Partout on entend que des langues différentes (peul, malinké, soussou, etc). Je me suis mise à faire une comparaison en disant qu’au Mali qu’il n’y a une langue commune, le bambara que tout le monde comprend.
La circulation moins dense, pas assez de motocyclistes, rien que les voitures de service, personnels et les transports en commun, contrairement à Bamako. Selon mon logeur, il y n’a pas de place pour les motocyclistes sur le goudron. Effectivement, sur la voie principale, aucune place n’a été réservée aux motos.
La nuit tombe. Nous sommes dans l’obscurité. J’avais été informée qu’il n’y a pas de courant mais je n’y croyais pas, car une ville renommée comme Conakry sans courant me semblait impossible. Et pourtant…
Anne-Marie Kéita

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AMNESTY INTERNATIONAL
La Gambie sur la sellette
A l’occasion de la Journée internationale de la liberté, Amnesty International/Mali (AI/Mali), a convié les journalistes à une conférence de presse dans ses locaux, le jeudi 22 juillet 2010.
AI/Mali a organisé à Bamako et dans d’autres villes une campagne anti-Jammeh pour dénoncer l’état scandaleux des droits de l’Homme en Gambie. Les débats ont été axés sur la violation des droits humains dans ce pays, le non-respect de la liberté d’expression à tous les niveaux, les arrestations arbitraires et les nombreuses chasses aux sorcières.
La Gambie est dirigée d’une main de fer par son président Yahya Jammeh. Se croyant éternellement en danger, il n’hésite pas à arrêter quiconque ose s’exprimer sur un quelconque sujet. Il affirme qu’il a déjoué 200 coups d’Etat et est considéré comme un paranoïaque.
Encastrée dans le Sénégal, deuxième plus petit pays de l’Afrique de l’ouest après le Cap-Vert, la Gambie a à son actif beaucoup d’emprisonnements arbitraires et kidnappings. La semaine dernière, le juge gambien Emmanuel Amadi a été jugé et condamné à mort. Huit hommes sont accusés de tentative de coup d’Etat.
Selon certaines ONG, les preuves présentées pas les autorités ne sont pas tangibles. Dans le cas du général de police emprisonné pour tentative de coup d’Etat, seul le nombre d’appels téléphoniques passés entre lui et un chef de l’armée sont apportés comme preuve. Selon des ONG, l’armée n’est pas la seule cible de Yahya Jammeh.
D’après elles, la démocratie n’est pas respectée. Elles affirment que les hommes politiques sont systématiquement arrêtés dès qu’ils expriment leurs idées.
Les journalistes aussi sont victimes de la gestion dictatoriale de la Gambie par Yahya Jammeh. A l’exemple de Deyda Hydara dans la mort duquel elles voient la main du président. Tout comme la disparition d’Ebrima Maney que les autorités gambiennes nient. AI/Mali a fait de nombreuses recommandations, entre autres, la respect de la dite journée, celui de la démocratie et le droit de l’Homme.
L’organisation est aussi fière des actions menées, le gouvernement gambien a libéré beaucoup de prisonniers dont des hommes politiques et des journalistes prétextant le ramadan. Selon AI/Mali, la lutte continue. Elle demande l’aide de la société civile de toutes les villes qui ont participé à cette journée afin d’aider la population gambienne muselée.
Aminata A. Lah
(stagiaire)

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DOSSIER

LE PDES ET LES INFRASTRUCTURES
En attendant les milliards de F CFA
Le volet "infrastructures" du PDES est ambitieux, reste à savoir si les milliards suivront.
Dans la multitude de pages qui ornent le Projet de développement économique et social du président Amadou Toumani Touré, la section réservée aux infrastructures est la plus intéressante à lire. En effet, les spécialistes du développement sont unanimes à reconnaître, démontrer et prouver que sans infrastructures, le progrès est impossible. Alors, que dit sommairement le PDES dans ce domaine ?
Le projet du candidat de 2007 est articulé autour de quatre axes principaux : l’énergie et l’eau potable, les routes, les Ntic et l’habitat. Commençons donc par les plus lourds investissements. Dans le domaine de la fourniture en énergie, les concepteurs du PDES prévoient un investissement global de 715 milliards de F CFA. Il s’agit de renforcer les centrales déjà existantes, de créer des unités au fuel lourd ou biénergie, d’exploiter le potentiel solaire ou éolien pour le volet énergies renouvelables et de renforcer l’électrification rurale.
Concernant les routes, il est prévu une recherche de financement pour 631 milliards afin de bitumer les routes existantes, tracer de nouvelles routes et désenclaver certaines zones. Au total, il est question de bâtir ou réhabiliter 4693 km. Et le secteur "eau", le dernier maillon important de la série pourrait bénéficier d’investissements valant 65 milliards de F CFA. La construction de logements sociaux sera maintenue et le rythme accéléré. Le dernier secteur, les Nouvelles technologies de l’information ne sont pas oubliées avec, comme objectif, le rattrapage d’une partie du gap séparant le Mali de certains pays de référence.
Comme on le voit, ce n’est pas l’ambition qui manque. Sauf qu’il y a des réserves majeures à émettre. D’abord, le PDES, dans son cadre infrastructures, s’étale de 2008 à 2014. On se demande ce qu’il adviendra du document en 2012, quand le locataire de Koulouba fera ses baluchons. Ou, a-t-il l’intention de rester pour parachever son "œuvre de construction nationale" comme on le serine dans certains pays ? Ensuite, et c’est encore une des grosses tares du document, le volet financier. Au total, les secteurs route, énergie et eau seulement doivent mobiliser 1411 milliards de F CFA.
A cette somme, on peut seulement ajouter le volet agriculture du PDES chiffré à 1155 milliards de F CFA et on atteint les 2566 milliards de F CFA. Voilà donc la principale lacune de ce document : ces chiffres ne convainquent aucun bailleur de fonds sérieux. Il est impossible de mobiliser un montant aussi faramineux en aussi peu de temps.
En attendant les milliards réels et les travaux sérieux, il importe de faire la différence entre ce qui est PDES et ce qui a précédé le PDES. Dans la confusion des genres, on mélange tout et tout le monde, en attribuant la paternité de la moindre brique posée au PDES. Le Mali a existé avant l’élaboration de ce document et de grands projets sont devenus réalité. A la fin du mandat d’ATT, il sera aisé de faire un vrai bilan.
Ousmane Sow

LES INFRASTRUCTURES ROUTIERESPDES ET INFRASTRUCTURES DE TRANSPORTS
La continuité du désenclavement entamé par Alpha
Il ne sert à rien de se vanter, l’Etat étant une continuité, les infrastructures qui sont en train d’être réalisées dans le cadre du PDES sont la poursuite des efforts de désenclavement intérieur et extérieur commencés au cours du mandat de l’ancien président du Mali, Alpha Oumar Konaré. Qu’à cela ne tienne ! ATT est en train de réaliser des efforts dans la construction des routes. Mais, de quelles qualités ?
On ne peut pas le nier, beaucoup de chantiers d’infrastructures de transports sont ouverts à travers le pays. Et selon des proches d’ATT, les investissements rentrent dans le cadre du PDES.
Dans le domaine de la construction et de la réhabilitation des routes, les actions ont concerné la poursuite des efforts de désenclavement intérieur et extérieur qui se sont matérialisés par : l’achèvement des travaux des routes Kita-Sékékoto, Bougouni-Koualé, Koualé-Sikasso, RN20-Ansongo Andéraboukane et des voies urbaines à Gao et Kati, la construction du pont de Balé et la réparation de celui de Kayes…
La poursuite des travaux de construction des routes Sékékoto-Bafing, Bafing-Falémé, Bandiagara-Wo, Bamako-Kangaba, Niono-Goma Coura, Sévaré-Douentza-Gossi, Kayes-Diamou-Bafoulabé.
Toujours au titre des acquis, un pont a été construit à Balé, un échangeur multiple, le troisième pont avec ses deux échangeurs et les voies d’accès sont en construction dans le district de Bamako, ainsi que 3 autres ponts à l’intérieur du pays.
L’entretien routier étant un travail difficile, le gouvernement a poursuivi son effort de mise en place d’un mécanisme de financement pérenne se fondant sur le recouvrement des redevances d’usage de la route par la construction de treize postes de péage.
En matière d’insécurité routière, les principaux objectifs visés sont, entre autres : le renforcement des contrôles sur les routes, la révision du code de la route, le renforcement des capacités des usagers et des agents chargés de la protection civile, l’amélioration de la prise en charge des victimes et le renforcement des capacités de l’Agence nationale de la sécurité routière.
Dans le domaine du transport aérien : la réhabilitation des terminaux passagers existants à Bamako-Sénou, la construction d’une aérogare fret à Bamako-Sénou dans le cadre du Millénium Challenge Account, l’extension et la modernisation des aéroports de Mopti et de Kayes. La construction du siège de l’Anac, les études d’aménagement d’un parc industriel à Bamako-Sénou et des aéroports de Kidal et de Taoudéni.
La météorologie n’a pas été en reste des grands chantiers amorcés par le MET. Quant au domaine ferroviaire, dans le cadre de la modernisation de la voie ferrée et du matériel de transport Bamako/Dakar, les activités suivantes sont réalisées : étude institutionnelle pour déterminer le mode de gestion du chemin de fer Dakar-Bamako, l’achèvement de la rénovation du parc de transport ferroviaire fret et voyageur avec l’acquisition de plusieurs locomotives et de wagons et leur mise en service avec la mise en service d’une structure de gestion du trafic voyageur.
Dans le domaine du transport fluvial : la finalisation des études d’aménagement et démarrage des travaux des quais fluviaux de Dioro, Diafarabé, Ténenkou et Kona. Le processus d’acquisition de deux bateaux à fonds se poursuit.
Si les réalisations sont faites, aujourd’hui leur entretien reste un défi majeur auquel les autorités devront s’attaquer. Les défis se situent surtout au niveau de l’entretien courant des voies goudronnées.
Amadou Sidibé

INFRASTRUCTURES ROUTIERES EN 2002
La pierre de la modernisation posée
Le Mali est un pays enclavé. N’ayant pas un débouché maritime, l’essentiel du transport s’effectue à partir des voies terrestres délabrées. Depuis les événements de mars 1991, le développement du réseau routier a été une priorité des autorités du pays.
En 1991, les principales routes nationales ou secondaires au Mali étaient dans un état de délabrement avancé au point que des transporteurs rechignaient à emprunter certains itinéraires. La plupart des routes, en effet, présentaient, par de nombreux endroits, des fissures, des trous et autres nids de poule.
Des populations se retrouvaient isolées du reste du pays pendant la saison pluvieuse à cause des eaux qui coupent la voie. Dans la capitale, des usagers à l’humour caustique ironisaient qu’à "Bamako on n’évite pas les trous sur la route, mais on choisit les moins béants et les moins profonds pour préserver son engin du choc". Cette boutade sera quelque peu classée dans les oubliettes avec la Transition et l’arrivée d’Alpha Oumar Konaré au pouvoir.
Depuis la chute du régime en mars 1991, la Transition s’est un peu attelée à donner une image digne de ce nom à la capitale malienne, non seulement en procédant à des travaux de réhabilitation sur certaines routes vitales pour le pays comme les RN 6 et 7, mais aussi des pistes à l’intérieur du pays.
La réhabilitation des infrastructures routières sera l’une des priorités de l’Adéma/PASJ à travers son candidat Alpha Oumar Konaré, élu président de la République à l’issue des premières élections pluralistes démocratiques. Le Mali dont l’économie dépend en partie de ses produits d’importation et d’exportation se devait d’améliorer son réseau routier surtout celui de l’intérieur.
Ainsi seront lancés les travaux de réhabilitation des routes Kita-Sékékoto, Bougouni-Koualé, Koualé-Sikasso, la RN20-Ansongo Andéraboukane, et des voies urbaines à Gao et Kati totalisant une longueur d’environ 900,9 kilomètres (dont 182 km de routes bitumées et 718,9 km de routes en terre et pistes). Il y aura également la construction du pont de Balé et la réparation de celui de Kayes.
Le programme de réalisation des routes se poursuivra avec la construction des Sékéto-Bafing, Bafing-Falémé, Bandiagara-Wo, Bamako-Kangaba, Niono-Goma Coura, Sévaré-Douentza-Gossi, Kayes-Diamou-Bafoulabé. Dans le même temps, le réseau routier de la capitale ainsi que celui des capitales régionales connaîtront une légère amélioration.
A Bamako en particulier, les voies sont devenues étroites pour la circulation à cause du nombre élevé des engins roulants occasionnant des embouteillages et souvent dans le pire des cas des accidents de circulation. Cela a incité le pouvoir à construire des routes avec échangeurs (superposition d’une route sur une autre) afin de faciliter et de désengorger le trafic routier à Bamako.
Ces échangeurs font la fierté des Maliens et forcent l’admiration de l’étranger qui voit en ces "architectures routières" le premier pas du Mali vers une modernisation de son réseau routier. Toutes ces routes seront par la suite achevées par le pouvoir actuel qui poursuit ainsi le programme entamé par le précédent à travers les chantiers en cours, entre autres, "l’Anneau Sotrama", les échangeurs multiples au monument de la paix, l’élargissement de certaines voies pour en faire des voies multiples (2x2) ou encore les passerelles pour piétons.
Lorsque l’on s’en tient aux données du ministère de l’Equipement et des Transport, en 2002 le Mali avait un réseau routier totalisant environ 18 563 km dans un état sensiblement bon. En termes de coûts d’investissements hors entretien environ 489 milliards de F CFA ont été investis pendant les 15 dernières années sur la période 1992-2007 dans lesquels 75 %, soit 358,127 milliards de F CFA pendant le quinquennat 2002-2007 et, 25 % soit, 130,873 milliards de FCFA dans la décennie 1992-2002.
Denis Koné

INFRASTRUCTURES ROUTIERES
La médaille et son revers
Le rythme de construction effrénée des routes n’occulte pas leur état aussi dégradant.
Les routes du développement et le développement de la route sont deux notions chères au PDES. Sur cette base, le PDES, proposé par ATT comme son programme de gouvernement pour son quinquennat 2007-2012, a axé ses efforts sur la construction d’infrastructures routières.
A Bamako, des centaines de kilomètres de routes ont été bitumées. L’un des grands chantiers en cours d’exécution est l’échangeur multiple sur l’avenue Kwame Nkrumah. Sur un financement de la Boad et du budget national, cet ouvrage construit dans le cadre des festivités du cinquantenaire de notre indépendance doit rendre la circulation fluide pour tous les usagers du pont Fahd et des populations des communes environnantes.
Dans le cadre du projet d’urbanisation des villes de l’intérieur, les cercles de Bougouni, Kati, Tombouctou, Gao, Koutiala et San ont été dotées chacune de 5 km de voies bitumées avec des lampadaires. Bamako a eu aussi sa part avec le tronçon de 2 voies sur 2 de Guarantiguibougou à Kalabancoura-Sud, ouvertes à la circulation en 2009.
D’autres chantiers attendent avec la signature d’un accord de prêt de la Boad pour l’aménagement de l’avenue du 22 octobre en 3 fois 3 voies et de la corniche de Badalabougou. Le nouvel hôpital du Mali à Yirimadio attend son autoroute bientôt. L’autoroute de 4 fois 4 voies Bamako-Ségou, don de la coopération chinoise, est en projet. Le 3e pont, du nom de pont de l’amitié Sino-malienne, sera réceptionné en 2011. La liste n’est pas exhaustive.
Efforts vains
Un accent particulier est mis sur les routes de désenclavement extérieur. Le bitumage des corridors Conakry-Bamako, Dakar-Bamako entre dans ce cadre. Il s’agit de faire bénéficier au Mali, un pays de l’Hinterland, tous les avantages de son enclavement à travers des voies de communications routières qui l’approchent de ces principaux ports de ravitaillement. Les aménagements de l’aéroport de Bamako- Senou financés par le Millenium Challenge Account entrent dans ce cadre.
Ces efforts de désenclavement intérieur et extérieur restent vains sans politique d’entretien routier permanant et efficace. La plupart des chantiers réceptionnés sont vite dégradés. La compétence des entreprises de BTP est souvent mise en cause. Mais il y a aussi des dégradations dues aux hommes.
Des goudrons à l’intérieur de Bamako subissent les assauts des particuliers pour des travaux de branchement d’eau. Pourtant, ces installations d’adduction d’eau doivent être prévues dans le plan de construction des ouvrages pour permettre ce genre de branchement. Ce qui n’est toujours pas le cas. Souvent, des ralentisseurs de vitesse posés à tort et à travers, endommagent sérieusement les goudrons.
Au cours de la dernière session d’interpellation de l’Assemblée nationale, un député a adressé une question orale au gouvernement, représenté par le ministre du Budget, sur le mauvais état de nos ouvrages. L’interpellation de l’élu visait la compétence des entreprises chinoises adjudicataires de la plupart des offres de construction de route dans notre pays.
Abdrahamane Dicko

PROJETS ROUTIERS DU MALI
C’est le fonds qui fait défaut…
Le Mali dispose de 19 912 km de routes, dont seulement 3717 km de routes bitumées sur une superficie de plus d’un million de km2. Pour le reste, ce sont des tonnes de projets qui croupissent au ministère de l’Equipement et des Transports.
Le Mali est un pays continental entouré par 7 Etats. Cet enclavement et la vaste étendue du territoire posent d’énormes problèmes de circulation pour les personnes et les biens. Les ressources agricoles, les produits de la cueillette pourrissent sur place faisant perdre à l’économie nationale des centaines de millions de F CFA chaque année.
Selon un spécialiste, notre pays ne dispose que de 19 912 km de routes, dont 3717 km de routes bitumées, 11 498 km de routes en terre moderne et 4707 km de pistes rurales. Pour le reste, "ce sont des projets de construction de routes qui dorment sur la table du ministre cherchant désespérément des financements", ajoute notre source. Il est envisagé, dit-on, la construction de 400 km de pistes rurales, 350 km de routes en terre moderne et plus de 1300 km de routes bitumées. Des projets qui s’inscrivent dans le cadre du Programme de développement économique et social (PDES). Cependant, nos sources rapportent qu’à côté, des tonnes de constructions de routes croupissent au ministère de l’Equipement et des Transports ou sont enfouies dans les tiroirs faute de financements.
Néanmoins, dans le chapitre des projets, l’on peut noter la construction de 5 km de voies bitumées dans des villes secondaires comme Kita, Bougouni, Koutiala, San, Bandiagara, Tombouctou, Gao… A côté, il faut noter la construction de certaines infrastructures routières et d’ouvrages d’art au nombre desquels les ponts de Gao, Nianandougou (Bougouni), Tiendaga et Kankéla dans le cercle de Kolondiéba.
Quant à l’entretien routier, il a été prévu pour 2006-2007 respectivement 11,5 et 13 milliards de F CFA contre 8,3 milliards de F CFA en 2005. C’est dans cette perspective de protection des routes que des postes de péage-pesage ont été installés sur les routes bitumées interurbaines du pays. Une chose est sûre : l’intégration sous-régionale tant clamée par les autorités, restera un vœu pieux sans la construction d’infrastructures routières. Même sans le PDES.
Mohamed Daou

FINANCEMENT DES ROUTES
Les institutions financières et le contribuable
A la lecture des projets de loi et des conventions de financement des infrastructures routières, nous pouvons dire que les routes au Mali sont l’œuvre des institutions financières qui financent leur construction ou réhabilitation sous formes de prêts.
L’un des derniers accords de prêt est le projet d’aménagement en 2x3 voies du boulevard du 22-Octobre 1946, en 2x2 voies de la corniche et le renforcement de l’avenue du 5-Septembre à Bamako. Ces projets sont à mettre au compte de la Banque ouest-africaine pour le développement (Boad).
Cet accord a été paraphé, il y a quelques jours, entre Lassine Bouaré, ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances, chargé du Budget, et Bassary Touré, vice-président de la Boad.
Le projet porte sur 9 milliards de F CFA, soit 95 % du coût global. Toutes les dispositions ont été prises pour accélérer l’instruction du dossier relatif à son financement. Avec ce montant, les engagements de la Boad dans le secteur des infrastructures de transport au Mali s’élève à 89,5 milliards de F CFA.
Il faut noter que la Banque a déjà financé la construction d’un échangeur multiple au rond-point de la paix et l’aménagement en 2x2 voies de l’avenue Kwame Nkrumah.
Les banques sous-régionales, en plus du financement des routes appuient aussi des travaux d’entretien périodique.
La Banque africaine de développement (Bad) a assuré dans ce cadre l’entretien du tronçon Sévaré-Douentza-Gossi de la route Sévaré-Gao. S’agissant du remboursement des prêts, un député de l’Assemblée nationale admet que c’est le contribuable malien qui le prend en charge.
Amadou Waïgalo

PDES ET INFRASTRUCTURES ROUTIERES
Des citoyens se prononcent
Le PDES enregistre un résultat satisfaisant sur le train en matière de réalisation d’infrastructures routières. C’est du moins ce qui ressort du micro trottoir ci-dessous. Réactions.

Mohamed Camara (syndicaliste) :
" Quoi qu'il en soit, le PDES vaut mieux que rien et doit être encouragé même s'il y a d'autres priorités. Les infrastructures routières sont indispensables pour le développement d'un pays".
Amara Traoré (étudiant) :
" En matière de construction et de réhabilitation d'infrastructures routières, la poursuite des efforts de désenclavement s'est matérialisée par l'achèvement des travaux des routes, mais il faut aussi des gens bien éduqués et bien soucieux pour les gérer".

Abdoulaye Sidibé (fonctionnaire) :
" Avec le PDES, notre pays se transforme au rythme des chantiers ouverts, des chantiers de routes, de ponts, d’aéroports, etc. Convaincu plus que jamais que la route est un moyen de développement, le président Amadou Toumani Touré a mis l’accent sur l’intensification de la mise en place des infrastructures et le développement des systèmes de transport".

Mme Dia Fatou Camara (militant d’un parti politique) :
" Le PDES est un programme à soutenir. En termes d’investissement, je peux dire que c’est le domaine routier qui a plus bénéficié de ce programme. A l’intérieur ou à l’extérieur du pays des voies ont été goudronnées et des routes butinées ou aménagées. Mais les défis restent nombreux à relever. Il n’y a pas que des routes à construire ou à entretenir".

Famoussa Ba (transporteur routier) :
" Il ne suffit pas de construire mais aussi d’entretenir. Voyons, il y a certaines routes tellement dégradées surtout dans les régions. La route Bamako-Sikasso est un exemple. Ce n’est pas une manière de dévaloriser les réalisations du PDES dans le domaine routier. Le Mali n'est pas que Bamako, et il est grand temps de penser à l'intérieur du pays".
Propos recueillis par
Anne-Marie Kéita



 

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