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2010
Mois de
juillet
Les
Echos du 23 juillet
PARTI
PRESIDENTIEL
Le PDES met l’administration au garde-à-vous
L’une des spécificités du Parti pour le développement économique
et la solidarité (PDES) est qu’il s’est nourri de l’administration
malienne. Il semble que l’on n’est pas loin de revivre le scénario
cauchemardesque de 2007 où toute la machine de l’Etat avait été mise à contribution
pour assurer la réélection d’ATT.
Ministres, présidents d’institutions de la République, présidents
directeurs généraux, directeurs généraux, secrétaires
généraux, conseillers techniques, chargés de mission, directeurs
administratifs et financiers… Tels sont substantiellement les postes qu’occupent
dans l’administration malienne les membres du bureau dont a accouché l’assemblée
générale constitutive du Parti pour le développement économique
et la solidarité (PDES) samedi dernier.
Sans compter qu’en dehors du bureau XXL de 127 membres du benjamin des
partis politiques au Mali, il se murmure que nombreuses sont les hautes personnalités
du pays (appartenant à des partis politiques ou non) qui guettent une
occasion pour adhérer au PDES, mais qui se tiennent pour le moment à l’écart,
en raison de calculs politiques.
Nul doute donc que le PDES a ratissé large et qu’il est au cœur
de la gouvernance actuelle du pays. Mêmes certains que l’on croyait
en dehors de tout champ politique n’ont pu résister aux sirènes
rouges manipulées depuis Koulouba. Cette situation n’est que la
conséquence logique du clientélisme et de l’anarchie rampante
qui minent l’administration malienne sous ATT.
Dans un pays où l’accession à de hautes responsabilités
dépend plus de l’appartenance politique et des affinités
avec les milieux proches du grand chef que de la compétence intrinsèque
du promu, il n’est pas exagéré d’affirmer que l’administration
malienne est déboussolée et détournée de ses propres
missions.
Et quand le jeu politique se pointe, tout est mis en œuvre pour d’abord
servir les intérêts partisans. Au nom d’un soi-disant "militantisme
désintéressé" et d’une adhésion hypothétique à des
idéaux, propagandistes soient-ils.
Le PDES s’est justement approprié cette réalité. Son
président, Hamed Diané Séméga en est une illustration
parfaite. Sachant que "charité bien ordonnée commence par
soi", le ministre de l’Equipement et des Transports a entraîné avec
lui dans le bureau du PDES des membres influents de son cabinet, dont le secrétaire
général Malick Alhousseiny et le directeur national des transports,
Djibril Tall.
Comme ces derniers, tout le beau monde administratif que compte le PDES, s’attellera
certainement à assurer d’abord la suprématie du néo-parti
dans l’administration. Un phénomène qui porte le "label
ATT" et qui n’est pas nouveau sous la gouvernance éclairée
du général-président.
Le "renouveau de l’action publique" en marche
Lorsque des avantages faramineux ont été accordés aux commandements
locaux (gouverneurs, préfets et autres) à la veille de l’élection
présidentielle de 2007, peu de nos compatriotes ont été incapables
de comprendre cette manœuvre du pouvoir visant à conditionner l’administration
au tripatouillage électoral. La suite est connue de tous.
L’utilisation de l’appareil de l’Etat à des fins politiques
sera donc plus que jamais ancrée avec le PDES et des cadres obsédés
par une quelconque promotion ou du moins leur maintien à leurs postes.
Surtout que beaucoup parmi eux, jusqu'à présent loin des milieux
politiques et non membres officiels du PDES, se sont fait voir à la tribune
de l’assemblée de samedi dernier.
Me Tall restera certainement l’un des perdants de cette méthode
de séduction politique orchestrée par le PDES. Mais en réalité,
ce n’est qu’un retour du bâton, pour qui sait que ce fils de
Ségou, démissionnaire politique et lamentablement acquis au candidat
ATT en 2007, a tout fait pour rendre inaudibles les dénonciations d’usage
des moyens de l’Etat à des objectifs clairement électoraux
formulés par les animateurs du Front pour la démocratie et la République
(FDR) et du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance
(Sadi) lors de la présidentielle de 2007 à l’encontre du
président sortant.
Avec le style dithyrambique qu’on lui connaît en pareilles circonstances,
cet acteur du Mouvement démocratique balayait d’un revers de la
main les accusations des opposants d’ATT et allait jusqu'à humilier
certains d’eux : "Amadou Toumani Touré bat même certains
de ses adversaires dans leurs fiefs !" Sous la houlette de ce même
ATT, les partisans de ce dernier ont transformé le ministère de
l’Artisanat et du Tourisme en l’un des nombreux "nids" du
PDES dans l’administration malienne. Au détriment de Me Tall et
avec l’appui de la machine de l’Etat dans la mesure où les
transfuges du parti du Soleil levant ne sont considérés que comme
des "sangsues", dénués de toute conviction politique.
A également changé de coloration politique, l’ancien ministre
Abdoulaye Diop, précédemment ambassadeur du Mali au Maroc.
Au-delà du Cnid, les autres formations politiques doivent impérativement
revoir leurs copies s’ils veulent faire poids face au PDES, étant
donné qu’ils ne sont guère à l’abri d’une
saignée similaire à celle que Me Tall et les siens viennent de
connaître. Au demeurant, de grands partis ne doivent s’en prendre
qu’à eux-mêmes pour avoir baissé pavillon devant un
indépendant et son groupuscule et pour avoir ironiquement cru que cet
indépendant leur faciliterait l’accession à Koulouba en 2012.
Il est inutile de dire que les autres partis politiques pourraient difficilement
lui tenir la dragée haute au rythme actuel. Même si certains parmi
ces derniers sont aussi bien représentés dans le paysage administratif.
En clair, le Projet de développement économique et social (PDES)
d’ATT est en marche et le parti PDES a concrétisé l’un
des volets du "renouveau de l’action publique" cher au chef de
l’Etat. Renouveau certes, mais renouveau avec une administration majoritairement à la
solde d’une entité politique et des ambitions différentes
de celles du peuple.
Alors, opportunistes politiques, adhérez au PDES pour assurer votre promotion
au sein de l’administration malienne !
Ogopémo Ouologuem
(correspondant aux USA)
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DEBACLE
AU DEF
Déception et remise en question
La nouvelle est tombée mercredi dernier, le taux de réussite aux
examens du diplôme d’études fondamentales (DEF) est passé à moins
de 33 % à l’échelle nationale, soit deux fois moins que l’année
dernière. D’aucuns n’hésitent pas à qualifier
ces résultats de catastrophiques, mais dans le milieu à Bamako,
l’heure est au bilan, au questionnement.
Dans les cours d’école, les enseignants et les directeurs n’hésitent
pas à affirmer que les résultats de cette année sont malheureusement
représentatifs de la performance des élèves et par association
de ceux qui les accompagnent, notamment les parents et les enseignants.
" Les élèves négligent leurs leçons à la
maison et les parents les supervisent trop peu. Par exemple, un collègue
m’a même dit qu’il avait mis un billet de 5000 francs dans
le cahier de l’un de ses élèves. Plusieurs jours plus tard,
il l’a convoqué et lui a montré la coupure cachée.
Elle y était toujours, l’élève n’avait pas ouvert
son cahier depuis la dernière rencontre", a expliqué hier
jeudi un enseignant.
Ils sont toutefois nombreux à accorder une partie de la responsabilité à l’examen
lui-même, qui couvrait cette année neuf matières au lieu
des cinq habituelles et qui se tenait pendant trois jours au lieu d’une
seule.
Selon plusieurs enseignants interrogés, ce serait en mathématiques
et en biologie que les questions étaient les plus difficiles. "J’ai
participé à la correction. Les copies notées à cinq
sur vingt étaient très, très nombreuses. Ce n’est
tout simplement pas normal que les meilleurs élèves en mathématiques
ne sachent pas du tout répondre aux questions posées", a affirmé l’un
d’entre eux.
Ils ont également remis en question le choix des sujets. Selon eux, ils
sont trop peu représentatifs de ce qui est enseigné en classe.
Ils ont répété leur désir d’être impliqués
dans la préparation des examens.
La réforme de l’éducation, dans le cadre de laquelle les
examens ont été modifiés, est également pointée
du doigt. "Elle a été mise en place trop rapidement, les enseignants
n’ont pas été préparés adéquatement",
a indiqué le secrétaire général du Syndicat national
pour l’éducation et la culture (Snec), Tibou Télly, qui s’est
bien gardé de tirer des conclusions hâtives. "Les résultats
viennent tout juste d’être dévoilés, nous allons prendre
le temps de nous pencher dessus pour mieux les comprendre avant de nous prononcer",
a-t-il poursuivi.
Tous sont d’accord pour dire que ce taux de réussite révisé fortement à la
baisse devrait entraîner une prise de conscience de l’ensemble des
acteurs du domaine de l’enseignement. On s’entend pour dire que les
résultats sont plus représentatifs des aptitudes des élèves,
qui évoluaient auparavant dans un système peut-être trop
laxiste.
" Nous constatons aujourd’hui les vrais résultats des élèves
maliens. Le passage des masses est terminé, il faut désormais avoir
le niveau pour poursuivre ses études", a confié la directrice
d’une école de Bamako qui a préféré rester
anonyme, par peur des représailles. Selon elle, les parents et les élèves
sont mécontents, tellement qu’elle ne serait pas surprise si un
mouvement de protestation s’organisait pour faire entendre leur opposition
aux résultats.
Malgré la surprise, la nouvelle est vue d’un bon œil par de
nombreuses personnes. "Après le choc initial, nous réalisons
que c’est positif. Les étudiants ne seront plus bloqués lors
des années subséquentes parce qu’ils ont obtenu le DEF sans
avoir les connaissances requises", a analysé un enseignant de l’Ecole
Notre Dame du Niger à Bamako, qui a prédit, comme plusieurs de
ses collègues, une augmentation progressive du taux de réussite
dans les années à venir.
Pascal Raiche-Nogue
et Sissoko Bacary (stagiaires)
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EXAMENS
Le Cnec s’explique sur le faible taux de réussite au DEF
Sur 153 537 candidats, seuls 50 500 élèves ont réussi à l’examen
2010 du diplôme d’études fondamentales (DEF), soit un taux
de réussite de 32,89 %. Pour les autorités scolaires, ce faible
résultat peut s’expliquer non seulement par la réforme qui
vise l’amélioration de la qualité de l’enseignement
et mais surtout la rigueur qui a caractérisé le déroulement
des épreuves.
Les résultats de la session de juin 2010 du DEF ont été publiés
le mercredi 21 juillet 2010 confirmant des informations fournies par certaines
sources proches du département de l’Education, qui faisaient état
du faible taux de réussite.
Sur 153 537 candidats, seuls 50 500 élèves ont été déclarés
admis, soit un taux de réussite de 32,89 %. A la lumière de ces
statistiques, les résultats du DEF-2010 sont jugés globalement
catastrophiques comparés à ceux de l’année dernière
qui étaient de 64,94 %.
Le directeur du Centre national des examens et concours (Cnec), Hachimi Adama
Touré, a tenté hier, au cours d’un point de presse, une explication
au faible taux de réussite au DEF.
Pour lui, l’introduction des matières dites secondaires (sciences
naturelles, histoire et géographie, éducation civique et morale
et éducation physique et sportive) a apporté beaucoup de changements
dans l’organisation de la session et aux critères de passage.
Avec l’ancien système, la note de classe que l’élève
obtenait dans ces disciplines étaient systématiquement ajoutées à celle
qu’il engrangeait à l’examen. Cette méthode permettait à bon
nombre de candidats de décrocher le diplôme.
Notre interlocuteur rappelle qu’avec la réforme, les notes de classe
n’interviennent plus que dans certains cas. Aussi, le directeur du Cnec
rappelle que les dispositions rigoureuses qui ont été mises en
place pour minimiser les tentatives de fraude ont contribué à l’instauration
d’une certaine transparence qui a étouffé les pratiques de
triche qui ouvraient la porte des études secondaires à plusieurs
candidats.
Harmonisation
Certains cadres du ministère de l’Education, de l’Alphabétisation
et des Langues nationales estiment que les résultats ne reflètent
que le niveau réel des candidats jugé faible, voire médiocre. "Difficilement,
les résultats auraient pu être autrement", a indiqué un
conseiller technique du département faisant allusion à certains
centres d’examen qui ont enregistré un résultat néant.
Hachimi Adama Touré signale que la réforme vise à harmoniser
nos diplômes nationaux avec ceux de la sous-région afin de rendre
plus compétitifs les produits de l’école malienne au moment
où notre pays est résolument engagé dans le processus d’intégration
régionale.
" Il n’y a pas d’omelettes sans œufs cassés".
Cette assertion sied bien à la volonté des autorités de
l’éducation déterminées à rompre avec ce qu’on
appelle dans le milieu scolaire "la médiocrité".
La réforme se fera alors au prix d’un sacrifice. La question qui
taraude maintenant l’esprit est relative à l’orientation des
candidats qui ont été ajournés et qui ne répondent
plus aux critères d’orientation.
Au ministère, l’on apprend qu’avec la réforme en plus
du critère d’âge, les critères de performance, de scolarité et
du genre seront pris en compte à partir de cette année, ce qui
signifie que même la faiblesse des résultats impactera le lot des
non orientés.
" Des mesures sociales sont prévues pour eux en collaboration avec
les départements techniques comme le ministère de l’Emploi
et de la Formation professionnelle et le ministère de l’Agriculture",
avait récemment assuré le Pr. Salikou Sanogo, ministre de l’Education,
de l’Alphabétisation et des Langues nationales.
Amadou Waïgalo
Acceuil
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