|
|
| |
| |
2010
Mois de
juillet
Les
Echos du 21 juillet
PARTI
DES AMIS DU PRESIDENT
ATT
La pathétique image de Ndiaye Bah
Les images du congrès fondateur du PDES
sont plus révélatrices que les
discours lénifiants sur les buts et objectifs
de ce parti franchement bizarre.
Les photographes et cameramen sont des témoins
précieux des grands moments. Il y en a
parmi eux qui ont du génie, du flair,
du bon sens. Ils croquent sur le vif des images
qui nous montrent, nous expliquent, elles ne
souffrent d’aucun commentaire.
Au congrès constitutif du Parti pour le
développement économique et la
solidarité (PDES), samedi 17 juillet 2010
au CICB ou Palais des congrès de Bamako,
nos preneurs d’image talentueux se sont
régalés. Nous avons vu et compris
tout. Nous avons surtout vu la disgrâce
d’un homme qui se donnait des ambitions
nationales.
L’image est mortelle. Ndiaye Bah, ministre
du Tourisme et de l’Artisanat, ancien secrétaire
général du Congrès national
d’initiative démocratique (Cnid/Fyt),
bras droit de Me Mountaga Tall et démissionnaire
avec fracas du parti qui l’a nourri et
engraissé, ne rayonnait pas, loin s’en
faut.
Il y a cette cruelle image de l’impitoyable
vicissitude de l’organisation, certainement
pas du hasard : Il s’est retrouvé voisin
de Me Tall. Ndiaye Bah, assis à côté de
son ancien mentor, avait l’air d’un
garnement surpris en flagrant délit de
chapardage par sa sévère marâtre.
Il ressemblait à un talibé indiscipliné assis
aux côtés de Karamoko pour réciter
la "fatiya" de la rédemption.
Il était gêné, confus, incapable
de croiser le regard de son ancien ami. Ses yeux
hagards évoquaient Brutus au moment de
poignarder dans le dos César.
Ndiaye Bah n’en menait pas large et il
aurait donné son or au diable pour sortir
de ce cauchemar. Il a eu raison de dire au journaliste
Tiémoko Traoré (Le Pouce) : "C’est
le destin qui a voulu ça" quand Mountaga
est parti.
Le destin, certes, mais aussi ces formes de punition
dont seul Dieu a le secret. On dit Me Tall rancunier,
homme au pardon difficile. Il a certes mauvais
caractère souvent, mais sur ce coup, il
a eu raison de s’éloigner, de partir
dignement. Qui sait ? Lui préparait-on
une surprise désagréable ?
Humiliation
Il fallait franchement des capteurs géniaux
pour nous montrer que la gouaille et les fanfaronnades
de Ndiaye Bah à travers les médias
cachent le malaise et la flétrissure d’un
homme qui s’est vu affubler le surnom de "traître" dès
son départ. Car, en réalité,
que l’on aime ou déteste Me Mountaga
Tall, son ennemi intime et ancien compagnon n’arrive
toujours pas à expliquer sa désertion.
Des âmes souvent charitables, plus souvent
encore intéressées tentent de consoler
Ndiaye Bah en lui demandant des explications.
Il répond qu’il n’a trahi
personne et que les démissionnaires ont
le contrôle du Cnid. Mais diantre ! Quand
on a le contrôle d’un parti, on déboulonne
le chef sur la place publique et l’on prend
les rênes ! Or, toutes les manœuvres
de ce type ont lamentablement échoué.
La pire humiliation pour le ministre Ndiaye Bah
est survenue à la lecture de la composition
du Bureau. Il est 2e vice-président, derrière
Jeamille Bittar, "opérateur économique",
politicien erratique, sans conviction, étranger
aux idéologies et professions de foi.
Avec toute la smala que M. Bah affirme traîner
derrière lui en termes de militants et
d’élus, il n’a pu devancer
celui qui a pitoyablement échoué à devenir
député et ne se fait élire
que dans des scrutins contrôlés
par l’administration.
Ndiaye Bah soutient drainer du monde vers le
PDES, Jeamille Bittar n’est même
pas capable de drainer ses propres cheveux au
congrès et le premier accepte de devenir
le portefaix du second. Et toute la "nomenklatura" de
la dynastie fait le rang derrière Hamed
Diané Séméga, "nobody" avant
2002, jamais élu et fort en gueule. Il
y a des rêveurs qui disent que la bonne
place est au PDES.
Toute la machine gouvernementale se mettra derrière
le candidat de ce Léviathan en 2012 pour
lui faire gravir les marches de Koulouba. Comme
on le dit, la vérité sortira avec
le temps et si c’est pour ce steak tartare
que Ndiaye Bah a faussé compagnie à ses
amis, il risque de se retrouver au milieu du
cercle, imitant un dindon bien connu.
Ousmane Sow
Acceuil
PARTI
PRESIDENTIEL
L’éducation à vau-l’eau
Dans notre édition de lundi, nous nous interrogions sur le type d’éducation
que le Parti pour le développement et la solidarité, (PDES), ce
parti très spécial créé samedi dernier par les amis
du président de la République Amadou Toumani Touré propose
aux Maliens. Aujourd’hui, nous sommes en mesure de répondre à cette
question : une éducation à vau-l’eau.
L’éducation, note le dictionnaire Larousse, est "l’action
de développer méthodiquement une faculté. C’est l’ensemble
des acquisitions morales, intellectuelles et culturelles de quelqu’un".
Dans la société malienne, l’éducation a toujours occupé une
place prépondérante parce qu’elle est le socle du développement
de la société et de l’être humain.
Que ce soit dans les sociétés secrètes ou dans les établissements
scolaires, académiques et autres, l’éducation des enfants
ou adultes n’a jamais été confiée à des individus
dont la moralité a été mise en cause encore moins à une
personne qui s’attaque, casse ou détruit le bien d’une personne,
de la communauté.
Mais il semble qu’au parti présidentiel on n’a cure de ces
valeurs sociétales qui fondent la dignité humaine. A preuve, la
nomination de Nouhoum Togo, ancien de l’Association des élèves
et étudiants du Mali (AEEM), un des principaux casseurs de la coopérative
Jamana, de l’Assemblée nationale et d’autres structures privées
et publiques.
Quel type d’éducation des gens de la trempe de M. Togo, pyromane,
peuvent-ils inculquer au peuple et particulièrement à la frange
la plus importante, c’est-à-dire les jeunes et les enfants ? Rien
bien sûr, sauf comment mettre un feu à des édifices publics
et privés.
Cette nomination de M. Togo au poste de secrétaire national à l’éducation
démontre combien les amis du président de la République
se moquent des problèmes de l’école et de l’éducation
tout court dans notre pays.
Denis Koné
Acceuil
POUR
MAITRISER L’INFLATION
Le Conseil national des prix renaît
Le Conseil national des prix reprend du service pour contrôler la hausse
des prix. Ses membres ont été installés dans leurs fonctions
le lundi 19 juillet au ministère de l’Industrie, des Investissements
et du Commerce.
L’institution du Conseil national des prix est une doléance de l’Union
nationale des travailleurs du Mali (UNTM) à l’issue du Forum national
sur les denrées de première nécessité, organisé en
février 2008 à Bamako. Il a été institué par
décret n°08-191/PM-RM du 31 mars 2008 abrogé par décret
n°10-199/PM-RM du 9 avril 2010.
A l’approche du Ramadan et en cette période d’hivernage caractérisée
par la hausse généralisée des prix des produits de première
nécessité dont le sucre, le Conseil national des prix a tenu sa
première réunion le lundi 19 juillet sous l’égide
du ministre en charge du Commerce.
La présidence de l’organe, chargé de réguler les prix,
a été confiée à Bakoré Sylla, PDG du Grand
grenier du bonheur (GGB), importateur de denrées de première nécessité et
président du Groupement patronal des commerçants.
M. Sylla a été nommé à l’unanimité à ce
poste au cours de la rencontre de lundi sur recommandation des représentants
de l’UNTM, de la société civile, des associations de consommateurs,
du Groupement patronal des commerçants, de la douane, de la DNCC, du ministère
des Finances, etc.
Le nouveau président est chargé de veiller sur les prix des produits
de grande consommation comme le sucre, le lait, la farine, l’huile et le
gaz domestique. Une mission, qui s’avère salutaire au moment où le
prix du sucre, est sujet à une forte spéculation à quelques
semaines du jeûne musulman.
Demain jeudi, le ministre de l’Industrie, des Investissements et du Commerce,
Abdoulaye Amadou Diallo, et Bakoré Sylla se rendront à Sukala-SA,
dans la zone Office du Niger pour constater de visu le stock de sucre. D’autres
visites de terrain sont prévues à Bamako auprès des importateurs
pour faire le point du ravitaillement correct du pays pour le Ramadan.
Selon son décret de création, le Conseil national des prix est
chargé de suivre l’évolution des prix des produits et services
et de proposer toutes mesures visant à les maîtriser. Il a trois
points dans ses attributions : faire périodiquement le point sur l’évolution
des prix en rapport avec les services techniques compétents ; proposer
toutes mesures utiles tendant à la maîtrise des prix ou à limiter
les effets de la hausse des prix sur le pouvoir d’achat ; présenter
au gouvernement un rapport annuel sur l’évolution des prix, le coût
de la vie et le pouvoir d’achat.
Le Conseil national des prix peut en outre être saisi de toutes questions
relatives aux prix, notamment celles se rapportant à la fixation des prix
des produits de première nécessité.
Abdrahamane Dicko
Acceuil
| | |