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2010
Mois de
juillet
Les
Echos du 20 juillet
"JATIGI
FAGA YIRI"
Le PDES face à la protestation citoyenne
Le Parti pour le développement économique et la solidarité est
bel et bien né. Mais telle une graine qui germe sur un autre arbre vidant
ce dernier de sa sève nourricière (jatigi faga yiri), le nouveau
parti à qui ATT dit accorder ses bénédictions, va-t-il vider
le Mouvement citoyen (MC) de sa belle dynamique citoyenne ? Si en 2002 ATT a
bénéficié de cette dynamique de fond pour le soutien de
sa candidature et par la suite l'action de son gouvernement, le PDES qui vient
de naître doit faire face à une vague de protestation voire de contestation,
en son sein et de la part de partis majors de l'échiquier politique national.
Rarement création d'une formation politique a donné lieu à autant
de commentaires, de critiques, de curiosités, mais aussi de protestations.
C'est que le Mouvement citoyen aujourd'hui Parti pour le développement économique
et la solidarité (PDES), au-delà du fait qu'il a été initié pour
soutenir ATT dans sa stratégie de conquête de Koulouba en 2002,
vient troubler le paysage politique national telle une marée de boue drainée
dans une rivière déjà assez trouble.
Le Parti pour le développement économique et la solidarité "ce
nom, mieux que tout discours, situe l’ancrage du nouveau parti : avec le
président ATT, derrière le président ATT et pour le président
ATT !", claironne Hamed Diané Séméga, élu à la
tête de la formation et qui préside également aux destinées
du MC. Pourtant au sein des associations créées pour soutenir ATT
dans sa conquête de Koulouba en 2002, les visions diffèrent, les
aspirations divergent et des membres actifs tergiversent.
Dynamique citoyenne contre esprit partisan
Trois camps se disputent âprement le MC. Ceux qui, voulant assumer l'héritage
des 10 ans d'ATT à la tête du pays, souhaitent poursuivre son œuvre
et demeurent convaincus qu'ils ont une chance pour la succession en 2012, en
se dotant d'une force politique. Pour ce groupe qui vient de s'emparer de la
direction du nouveau parti, "pour avoir une chance d’être élu à la
présidence de la République, il faut réunir trois conditions
idéales".
La première : avoir atteint une dimension nationale incontestable. La
deuxième : être au pouvoir ou l’avoir exercé longtemps.
La troisième : avoir l’appui d’un bon appareil de parti ainsi
que l'a si bien dit Georges Pompidou. Et parmi les trois conditions idéales,
ils satisfaisaient une seule : celle d'être au pouvoir depuis dix ans qui
procure une force économique et financière capitale dans les batailles électorales.
Mais sachant bien que quelque soit cette manne économique, à défaut
de forces sociales et politiques (la première et la deuxième condition)
ils ne pourront que constater à leurs dépens dans le lanterneau
politique que le manque du seul ATT rend tout le reste désert, pour paraphraser
le poète.
Il est vrai, ATT a bénéficié de la dynamique citoyenne avec
les dizaines d'associations créées pour le soutenir face aux politiques
en 2002 qui se sont presque tous rangés derrière le champion du
consensus politique mais qui ont réalisé un peu tardivement que
ce positionnement aboutira à la fin à une perte durable de crédibilité dans
l'opinion. On se rappelle les premières critiques de l'action gouvernementale
de la part du RPM, le parti d'Ibrahim Boubacar Kéita au sujet de la gestion
du problème du Nord. Ce qui a véritablement froissé le chef
de l'Etat puisque pointait du doigt un système de gestion.
Lorsque des élus, souvent en dehors de leur bureau politique à l'Assemblée
nationale, ont commencé aussi à critiquer l'action gouvernementale,
des hommes plus alertes comme Djibril Tangara ont compris très tôt
que le défaut de députés et donc de parti constituerait
tôt ou tard un handicap. L'homme a eu tort d'avoir eu raison très
tôt (lire notre édition n°3510 du mercredi 14 juillet).
ATT ayant publiquement déclaré sa volonté de quitter le
pouvoir au terme de son deuxième et dernier mandat de cinq ans et se rendant
compte aujourd'hui que son seul nom ne suffira plus à rallier les forces
politiques et sociales pour défendre son héritage alors qu'il ne
sera plus là et que son projet de société (le Programme
de développement économique et social) doit courir jusqu'en 2014
au moins soit deux années après la fin de son dernier mandat, se
serait donc résolu à préparer ce futur incertain en donnant
son aval, si ce n'est pas lui qui l'aurait même insufflé, pour la
création d'un parti politique alors même qu'il s'était dit
opposé à une politique partisane, mettant à la touche le
premier président du Mouvement citoyen qui s'était entêté malgré l'opposition
présidentielle à créer une formation politique pour encadrer
les forces sociales que sont les associations fédérées au
sein du MC.
Du palais présidentiel de Koulouba serait même né le nom
du parti qui vient de s'ajouter à la kyrielle de formations partisanes
du pays. Une filiation sans ambiguïté mais manquant de véritable
sens politique. En effet, comment convaincre les militants et sympathisants du
MC dont la plupart, surtout les jeunes, sont venus sans renier leur parti politique
d'origine ?
" Je supporte ATT, mais je suis militant d'un autre parti politique",
vous diront aujourd'hui la grande majorité des membres du Mouvement citoyen
dont certains déclarent ouvertement rejoindre aujourd'hui leur formation
puisqu'ATT n'est plus là et personne d'autre ne pourra, à leurs
yeux, prendre la place qu'il laissera en incarnant cette figure de chef dévoué,
encore que les critiques ne furent pas toujours tendres à son égard.
Les technocrates isolés
Le second groupe qui campe sur la position citoyenne congénitale au MC
prônait un candidat indépendant pour continuer l'œuvre du général
et rester sur l'image de l'engagement pour le Mali, a perdu la main définitivement
avec la création du Parti.
Ses tenants auraient voulu faire du Premier ministre actuel, le dauphin du général
pour assurer la continuité du Programme de développement économique
et social. Mais Modibo Sidibé, policier dans l'âme avec tout ce
que ceci connote de prudence et de précaution devant toute situation,
semble prendre du temps, trop de temps, pour se décider à endosser
la casaque neutre du MC. C'est ce qui expliquerait, selon certaines sources haut
placées, le report du remaniement gouvernemental toujours annoncé mais
jamais opéré.
Modibo Sidibé, apprend-on, a demandé des garanties suffisantes
qu'il n'a pu avoir, lui qui de 1991 à aujourd'hui, a été aux
premières loges pour vivre les combines politiques de fin de mandat.
On aurait pensé un moment à Ahmed Sow, le père du Programme
pour le développement économique et social. Le technocrate a vite
fait de prendre ses distances vis-à-vis de "ces politicards obnubilés
par les coups bas, les intérêts personnels et la médisance
populaire", commente, sous le sceau de l’anonymat, un membre influent
du premier cercle des fidèles d'ATT. Rien donc ne dit que cette opposition
de vue teintée de guerres picrocholines ne laissera de tâches fâcheuses éloignant
davantage les deux camps, surtout que leur attachement au Mouvement citoyen semble
indéfectible.
Et même si le MC continuera à exister à côté du
nouveau parti, il semble acquis aujourd'hui que le camp des technocrates a fait
cas de son désaccord avec les dirigeants du parti qui, eux, ont intégré la
maxime de l'essayiste, mémorialiste et poète américain Henry
David Thoreau : "La politique n’est pas la morale, elle s’occupe
seulement de ce qui est opportun".
Mais alors qu'est-ce qui est opportun se demande un troisième camp, convaincu
que le nouveau parti servira un seul homme : Hamed Diané Séméga.
Séméga, candidat du PDES ?
Puisque le PDES, programme de gouvernement, concocté en 2007 pour assurer
la réélection d'ATT, sera l'enjeu de la présidentielle de
2012, peu importe l'homme qui sera amené à le porter. Pour les
questions de style, ainsi que Thomas Jefferson, on nagera avec le courant, l'essentiel étant
de rester solide comme un roc sur les questions de principe.
Mais il sera si difficile pour Séméga et ses amis de remplir toute
la place laissée vacante par ATT même avec un bureau provisoire
avec son chapelet de vice-présidents comptant des ministres opportunistes,
des conseillers proches et des hommes d'affaires malgré la cooptation
de la figure emblématique de Bakary Togola du monde paysan.
Le tout nouveau président du PDES aura-t-il la carrure nécessaire
pour rassembler toutes les forces économiques, politiques et sociales
qui gravitent autour du Mouvement citoyen pour créer cette synergie indispensable
pour les victoires prochaines ? Même si M. Séméga semble
occulter l'horizon 2012 en affirmant son ambition d'homme d'Etat pour porter
les espoirs des générations futures, désormais, en tant
qu'homme de parti, il lui faudra bien de formules nuancées, de compromis
et de combinaisons d'intérêts, pour être un homme de gouvernement.
Le conseil de Gaston Doumergue n'est sûrement pas méconnu du conseiller
en stratégie de communication qui règne sur Koulouba depuis des
années avec admiration. Le nouveau parti doit d'abord faire face à ses
dissensions internes nées dès le soir de sa naissance par le difficile
accouchement de son bureau provisoire qui ressemble à une véritable
Arche de Noé avec tout ce monde d'horizons divers, si éloignés
souvent et où presque tout le monde considère tout le monde comme
un opportuniste.
Il faudra un travail de titans aux stratèges pour maintenir le cap avec
l'attelage gouvernemental d'abord et puis lorsque les hostilités débuteront
avec les adversaires politiques, faire valoir l'utilité d'une énième
formation politique. Ce qui n'est pas gagné d'avance.
Oussouf Diagola
(correspondant permanent à Paris)
Acceuil
MC-PDES
Le poujadisme à la malienne
Il ne manquait plus que ça ! Un parti politique malien à l’image
de l’Union de défense des commerçants et artisans (UDCA),
mouvement fondé en 1953 en France par Pierre Poujade avec comme doctrine
une attitude politique revendicative et étroitement corporatiste.
Le Parti pour le développement économique et la solidarité (PDES),
créé samedi par ceux qui se disent les amis du président
de la République Amadou Toumani Touré, s’apparente plus à un
courant poujadiste, c’est-à-dire de revendication corporatiste,
de défense d’intérêts de groupuscules qu’à une
force politique dédiée à défendre les intérêts
du peuple. Ceci apparaît clairement au regard de la composition du bureau
provisoire et de la présidence d’honneur.
Sur les 23 présidents d’honneur, la plupart sont des opérateurs économiques
de renommée, établis à l’intérieur du pays
comme à l’extérieur notamment dans le pays d’Ali Oumar
Bongo Odimba, le Gabon. On y trouve également de hauts gradés de
l’armée comme le général Bréhima Siré Traoré.
Bakary Togola, président de l’Apcam et Jeamille Bittar, président
de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali en sont respectivement
4e vice-président et 1er vice-président. Ils sont plus connus des
citoyens maliens dans leurs activités respectives (le commerce et l’agriculture)
que sur le champ politique.
Quant aux ministres et autres hauts cadres de l’administration, ils sont
plus connus technocrates qu’hommes rompus aux arcanes politiques. Ce manque
de maturité politique pour les cadres du PDES saute à l’œil
avec le stratégique poste de secrétaire général confié à Maharafa
Traoré, un homme dont il faudrait chercher dans les annales pour lui trouver
un cursus politique.
Tout cela fait que le PDES s’oriente vers un parti destiné à défendre
les intérêts de corporations que sont de grands commerçants,
de grands producteurs, d’industriels et une partie de la haute bourgeoisie
représentée à travers les ministres et autres hauts cadres
de l’administration.
La paresse intellectuelle affichée par les géniteurs du Parti pour
le développement et la solidarité à ne pas lui trouver un
contenu autre que celui du Programme de développement économique
et social du président de la République (qui est en fait le programme
de travail du gouvernement et dont plus d’une quarantaine de formations
politiques peuvent réclamer les échecs et les réussites)
en dit long sur la capacité du nouveau parti à pouvoir mobiliser,
voire à "être en 2012 l’une des premières forces".
" Il n’y a pas de vent contraire pour celui qui sait où il
va", aime dire le président du PDES, Hamed Diané Séméga.
Mais on a comme l’impression que le PDES est créé pour être
un instrument pour gérer, sauvegarder ou sauver au sens propre du terme
ceux qui voient sombre l’après ATT.
Denis Koné
PARTI
PRESIDENTIEL
Nouhoum Togo, le pyromane secrétaire national à l’éducation
Nouhoum Togo, l’ancien pagailleur de l’Association des élèves
et étudiants du Mali (AEEM), pyromane de la coopérative Jamana,
de l’Assemblée nationale et d’autres structures publiques
et privées, le 5 avril 1993, a été nommé secrétaire
national à l’éducation de ce parti très spécial.
Quelle éducation ce parti entend donner à notre peuple ? Nous
y reviendrons.
Acceuil
LYCEES
La réforme est là, le personnel non !
C’est en principe en octobre prochain que la réforme du lycée
avec l’introduction de nouvelles séries entrera en vigueur. Mais,
la question que beaucoup de Maliens se posent se rapporte à l’insuffisance
du personnel enseignant qualifié dans l’enseignement des nouvelles
matières comme les langues nationales, informatique, économie,
les arts…
Dans sa campagne de concertation qui vise à intégrer les suggestions
et propositions pour améliorer son projet de réforme des séries
au lycée, le ministère de l’Education de l’Alphabétisation
et des Langues nationales a organisé samedi dernier une journée
de concertation avec certains acteurs de l’école dont les enseignants,
les animateurs des Académies, et les promoteurs d’écoles
privées.
A la lumière des échanges, les uns et les autres sont conscients
de la nécessité d’adapter les séries au lycée à celles
des établissements universitaires conformément au principe de l’adéquation
formation/emploi prenant en compte les priorités nationales en matière
de développement.
Selon le directeur national de l’enseignement secondaire général
et technique, Dr. Bakary Casimir Coulibaly, les séries actuelles des lycées
existent depuis maintenant trois décennies, donc obsolètes. Il
estime que ces séries portent en elles-mêmes les germes de l’échec
au niveau de l’enseignement secondaire et principalement au baccalauréat.
Pour lui, tout comme pour le ministre Salikou Sanogo, les filières qui
existent présentement dans les lycées n’ont pas de répondant
au niveau de l’enseignement supérieur, d’où le besoin
de réajuster l’enseignement secondaire aux disciplines enseignées
dans les Facultés et grandes écoles.
Le bien-fondé du réaménagement des séries étant
justifié, la plupart des acteurs s’interrogent sur l’accompagnement
de l’initiative par le personnel enseignant qualifié dans les domaines
de l’art, de l’informatique, de l’économie ou des langues
nationales.
C’est une lapalissade de dire que l’insuffisance d’enseignant
constitue un des maillons faibles de notre système éducatif. Or,
la réussite du projet dépend en partie de leur disponibilité et
surtout de leur capacité à dispenser les nouvelles matières.
Au MEALN, on est convaincu que les enseignants peuvent se recycler au sein des
comités pédagogiques ou auprès de leurs collègues
pour assurer l’enseignement des nouvelles matières.
Tronc commun
Pour certains enseignants, il serait plus prudent d’appliquer la réforme
au fur et à mesure. Ils pensent qu’il serait même louable
de choisir un établissement pilote pour l’expérimentation
de la réforme.
" Le lycée Technique représente à mon avis une structure
qui pouvait servir d’école test", ajoute un promoteur d’école
privée. Il croit que les écoles privées ne sont pas prêtes
pour l’application de la réforme prévue dès la rentrée
prochaine.
Sur ce point, les autorités scolaires ne tergiversent pas. Le directeur
national de l’enseignement secondaire, général et technique
estime que c’est à l’école privée de s’adapter à l’école
publique et non le contraire. Il s’agira alors, pour les promoteurs d’écoles
privées, de se conformer aux exigences de l’Etat, conformément
aux textes en vigueur. Aussi les promoteurs se demandent-ils si les nouvelles
réformes auront une incidence sur les frais scolaires que l’Etat
leur verse en guise de formation de ses élèves.
Avec la réforme applicable sur les élèves qui seront admis
cette année au diplôme d’étude fondamentale (DEF),
il n’y aura qu’une seule 10e commune, trois 11e (lettres, sciences économiques
et sociales et sciences).
Les terminales langues-lettres (TLL), arts/lettres (Tal), sciences sociales (TSS),
sciences expérimentales (TS-Exp), sciences exactes (TSE) et sciences économique
(TS-Eco) font aussi leur apparition dans la nouvelle réforme.
Amadou Waïgalo
Acceuil
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