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2010
Mois de
juillet
Les
Echos du 19 juillet
IL
FAUT LE DIRE
Bienvenue !
" Après lui, c’est nous !" Ceux qui caressaient l’espoir
que le président leur offrirait le pouvoir sur un plateau d’argent
parce qu’ils se sont tenus cois pendant ses deux mandats constitutionnels
ont maintenant le salaire de leurs "efforts" avec la mise en place
effective du Parti du développement économique et la solidarité (PDES,
ex-Mouvement citoyen, groupe des amis de longue date du chef).
Ils vont devoir se battre encore plus pour reconquérir la confiance de
ce peuple qu’ils ont visiblement perdue. La tâche paraît tellement
rude que la majorité des Maliens savent que la plupart des prétendants
au fauteuil présidentiel ont participé plus ou moins à la
gestion des affaires publiques.
Certes la mode est à l’idéalisation de tout ce qui est fait
depuis 2002, mais ils seraient tout aussi comptables de ce qu’on pourrait
reprocher au chef de l’Etat. Quand on s’invite au miel de quelqu’un,
il ne serait pas sain de lui tourner le dos parce qu’il n’aurait
plus que le fiel à offrir.
La décence commande que la responsabilité des méfaits soit
alors partagée parce que bien des girouettes qui scrutent à présent
la direction du vent ne devront leur salut qu’au président de la
République. Quel thème mobilisateur vont-ils d’ailleurs découvrir,
qui puisse entraîner l’électorat dans leur sillage ? La lutte
contre la corruption, l’insécurité généralisée
? Que nenni ! Sauf à avoir la mémoire courte.
Car, en dehors de quelques velléités de l’opposition, réduite à sa
plus simple expression, les nombreux partis qui se sont agglutinés à la
majorité, occupés à tirer profit de tout, n’ont rien
vu ni entendu des souffrances des citoyens. Ils ont fait comme si tout est clair,
net et précis : aucune suggestion ou protestation qui vise à soulager
un tant soit peu leurs électeurs. Ils ont même laissé dire
dans ce pays que ce qui a été fait depuis 8 ans dépasse
les réalisations de toutes les républiques réunies.
Pourquoi donc changer une équipe qui gagne ? Voilà une question/boutade
qui pourrait servir d’argument massue de campagne au néo-parti.
D’aucuns avaient prophétisé qu’ils ne discuteraient
jamais avec le Mouvement citoyen, ils vont devoir changer d’avis puisqu’il
est devenu un parti à part entière, qui ne renoncera pas à sa
vocation (la conquête et l’exercice du pouvoir) pour rien au monde.
Il va donner des insomnies aux "poids lourds" autoproclamés,
les malmener, débaucher leurs militants pour bien s’affirmer.
Les jérémiades, les cris d’orfraie, les bouderies… ne
risquent de durer que l’espace d’un matin. Habitués à la
douceur mièvre, beaucoup vont rapidement chercher à lui plaire,
sinon à rentrer dans les rangs. Le pouvoir fascine. Qui est fou pour se
mettre à sa périphérie ?
Au Sénégal, le Parti socialiste a tenu la dragée haute 40
ans durant à l’opposition ; Me Wade, devenu président sur
le tard, envisagerait une succession dynastique. En Côte d’Ivoire,
sans l’entêtement de Bédié, le PDCI serait encore aux
affaires. Le Togo, le Gabon ? Rien que des démocraties à la baguette
de fer.
Pourquoi faire bande à part en compagnie des seuls Ghana et Bénin
: en lâchant la proie pour l’ombre ? Vive le parti PDES pour que
vive la démocratie tropicalisée !
A. M. T.
Acceuil
LE
MOUVEMENT CITOYEN DEVIENT PARTI
Le PDES pour pérenniser la vision d’ATT
Le Mouvement citoyen, une association qui regroupait diverses associations apolitiques
qui avaient soutenu le président de la République Amadou Toumani
Touré pour un second mandat s’est métamorphosée en
parti politique samedi dernier au CICB. Le Parti pour le développement économique
et la solidarité (PDES) entend pérenniser la vision du président
ATT.
C’est dans une salle du CICB qui a refusé du monde qu’a été porté sur
les fonts baptismaux le 17 juillet 2010 le Parti pour le développement économique
et la solidarité (PDES). La cérémonie de lancement s’est
déroulée dans un cadre festif avec les prestations du groupe théâtral
Nyogolon et des chanteuses Mamou Sidibé et Salimata Sidibé.
Le PDES, selon son président, ministre de l’Equipement et des Transports,
Hamed Diané Séméga, a été créé pour
deux objectifs. Le premier est que le nouveau parti qui se réclame du
président de la République Amadou Toumani Touré. Et pourquoi
maintenant ?
La réponse d’Hamed Diané Séméga est que "à nos
yeux, c’est maintenant plus que jamais que nous devons donner plus de visibilité et
de cohérence à notre soutien au président de la République
pour lui permettre de dérouler avec sérénité les étapes
décisives du projet pour le développement économique et
social".
En créant le PDES, a poursuivi M. Séméga, ses géniteurs
visent un double objectif : préserver les acquis obtenus par le peuple
malien sous ATT et œuvrer à pérenniser les idéaux et
valeurs qui fondent la vision politique d’ATT. Préserver les acquis,
pour M. Séméga, signifie : "soutenir le gouvernement afin
qu’il maintienne le cap des politiques publiques menées dans le
cadre de l’accès à l’électricité, à l’eau,
aux soins de santé, aux services sociaux de base, à l’éducation".
Le 1er congrès ordinaire en janvier 2011
L’ambition pour la nouvelle formation est de fédérer les
synergies d’action autour du projet PDES. A en croire le président
du PDES ce nouveau parti aura à cœur de donner à la politique "sa
réelle légitimité et sa véritable dignité".
Toutefois, M. Séméga ne se trompe pas sur la dure réalité sur
le terrain politique.
Il a indiqué que les militants et militantes du PDES devront prendre conscience
des enjeux et que c’est au prix de l’effort et de l’engagement
que le nouveau parti pourra se forger une place au soleil, malgré sa jeunesse
en devenant à l’horizon 2012, année électorale, l’une
des premières forces politiques du Mali.
Au regard de son potentiel humain, de l’expérience acquise de ses
principaux animateurs et de la force de leur engagement M. Séméga
a jugé qu’ils ont les moyens de réaliser leur ambition. Le
PDES compte un bureau provisoire de 127 membres avec comme président Hamed
Diané Séméga.
Le 1er vice-président n’est autre que Jeamille Bittar, président
de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali et du Conseil économique
social et culturel (CESC). Le poste de 2e vice-président est allé à Ndiaye
Bah (ministre de l’Artisanat et du Tourisme). Maharafa Traoré, ministre
de la Justice, est le secrétaire général du PDES.
Ce bureau provisoire va travailler avec 7 commissions (économie et finances,
infrastructures et transport, santé et solidarité, politique, emploi
et ressources humaines, information et communication, audit, contrôle)
pour aboutir à la tenue du 1er congrès en janvier 2011.
Denis Koné
Acceuil
MC-PDES
Une symphonie inachevée
Le Parti du développement économique et la solidarité (PDES)
a été porté le week-end dernier sur les fonts baptismaux,
avec une révision de casting, et certainement, des réserves de
Koulouba.
" Le scénario de départ retenu pour la création ‘du
grand parti’ d’ATT, n’était pas ça", affirme
un proche du général. En effet, selon le premier scénario,
c’était dans la droite ligne de la politique de consensus, "fédérer
les mouvements et partis", de manière à avoir une grande entité acquise à la
cause ATT et prête à poursuivre son œuvre après son
retrait officiel en 2012.
Cependant, le Mouvement citoyen donne l’impression d’avoir changé le
casting. Séméga et ses proches semblent pressés d’aller
en besogne, puisqu’ils ont lancé le parti le samedi 17 juillet 2010,
avec tout ce qu’ils ne devaient pas se permettre, pour pouvoir "rassurer" les
alliés possibles. Des partis politiques, des entreprises de débauchages,
de coptation et de ralliement furent organisés.
La moisson fut maigre, pour ne pas dire insignifiante. En dehors de Ndiaye Bah
et d’une quinzaine d’anciens du Cnid/Fyt, aucun autre déserteur
d’aucune autre formation politique n’a pris le départ. Aucun
leader d’envergure d’une autre formation n’a répondu à l’appel.
Certes, une petite poignée de personnalités de la société civile,
dont le président du Conseil économique, social et culturel (CESC),
ont été coptées. Mais on est vraiment loin du compte.
Le parti, à peine né, revendique déjà 20 députés,
qui ne peuvent être que des nomades. Il se chargera "de tous les opportunistes
qui pensent pouvoir faire carrière à ce niveau" et souvent
qui ont détruit leur parti au profit de cette entité quelque peu
hybride, en tout cas sans âme. Un bureau provisoire a pris les commandes,
sans aucune consultation avec la base. Ce bureau pléthorique, pour un
bureau de "mission" (127 membres) est censé organiser le congrès
en 2011 et procéder à l’implantation des cellules représentatives
du parti dans toutes les contrées du pays.
Quid d’Ahmed Sow ?
Point besoin d’être un expert politique pour prédire que ce
sera la chronique d’un échec annoncé. A cela s’ajoute
déjà un problème de leadership. Hamed Diané Séméga,
de l’aveu même de nombreux membres, "ne fait pas l’affaire" du
fait de son manque de charisme. A vrai dire, il ne fait pas le poids face aux
présidentiables des autres partis.
Contrairement à ce qui se dit, ce n’est pas le scénario voulu
par le président ATT. Du coup, contre mauvaise fortune, il a fait bon
cœur : en laissant faire, mais, selon nos sources, il aurait demandé à certains
de ses "boys" de rester en marge.
Parmi ceux-ci, Ahmed Sow. Pressenti un moment pour diriger le nouveau parti,
le Dr. Sow ne fait pas partie du bureau exécutif. Père du PDES
originel, il est mis en réserve du parti avec un poste de 1er président
d’honneur. Plusieurs raisons expliquent la "retraite" de la tête
pensante de la galaxie ATT.
Primo : depuis sa démission du gouvernement, il est à la tête
d’une importante structure financière dont la gestion l’amène
souvent hors du Mali. C’est dans ce cadre qu’il a mobilisé des
financements pour des infrastructures pour le Mali, pour l’Organisation
pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) et pour d’autres
pays africains, dont, entre autres, l’autoroute et le pont de Koulikoro,
le barrage de Gouina… Le président craint que "son conseiller
personnel" ne se "disperse" en prenant une part active dans le
nouveau parti.
Secundo : ATT le réserverait pour "d’autres missions",
ce qui fait qu’il n’a pas voulu qu’il soit trop marqué politiquement
pour ne pas le gêner dans ses actions futures. Fidèle parmi les
fidèles du président, son absence à la tête de la
nomenclature active du PDES ne manquera cependant pas de susciter bien de questions
chez les militants.
Certains proches disent aussi que ce sont les mêmes raisons qui ont amené le
Premier ministre Modibo Sidibé à prendre totalement ses distances
vis-à-vis du nouveau parti. Le PDES, dans tous les cas, dans sa forme
actuelle, naît avec des tares congénitales : il devra se convaincre
et convaincre qu’il est un parti, qu’il n’est pas un parricide,
un liberticide ou un "particide" ; qu’il n’est pas non
plus un conglomérat de personnes qui craignent l’après-ATT.
Des tâches pour le moins herculéennes.
Alexis Kalambry
Acceuil
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