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2010
Mois de
juillet
Les
Echos du 15 juillet
UN
MALIEN ESCROQUE L’OR DE DEUX SENEGALAIS
La hiérarchie couvre deux gendarmes suspectés
Un Malien, avec la complicité de deux gendarmes, a escroqué 5 kg
d’or d’une valeur de 55 millions de F CFA sur deux Sénégalais.
L’escroc a été mis sous mandat de dépôt, mais
ses deux complices gendarmes refusent de répondre à la convocation
du procureur de la République près le Tribunal de la Commune I.
L’or malien brille pour les escrocs dont les exploits défraient
régulièrement la chronique. Souleymane Traoré, se faisant
passer pour un opérateur minier a soutiré 30 millions de F CFA,
en acompte de 55 millions de F CFA pour 5 kg d’or à deux Sénégalais.
L’affaire remonte à fin avril 2010. Souleymane, qui se dit promoteur
de l’entreprise "Misseni Gold", a approché un Sénégalais
vivant à Bamako pour lui trouver des clients dans son pays. Mor Thiam
et Falou Thiam ont mordu à l’hameçon. Ils se sont montré intéressés
et ont effectué le déplacement de Bamako en mai.
Souleymane leur a fait comprendre qu’il vend le métal au kilo. Il
a apporté 5 kg d’or estimés à 55 millions de F CFA.
Les Sénégalais qui sont des professionnels du métal précieux étaient
venus avec leur matériel. Ils ont procédé séance
tenante à un premier test et des analyses dans deux laboratoires différents
de Bamako, qui ont tous attesté de la bonne qualité du métal.
Mais les Thiam n’ayant pas les 55 millions sur place ont convenu avec Souleymane
d’aller faire provision à Dakar. Falou rentre à Dakar et
revient avec 30 millions de F CFA. Souleymane propose de les conduire à Dakar
dans son véhicule avec son chauffeur. Ce dernier devait retourner avec
le reliquat de 25 millions de F CFA. Le métal précieux a subi de
nouveaux tests qui furent tout aussi concluants et le butin soigneusement gardé dans
un caisson cadenassé et la clé gardée par un Sénégalais.
Souleymane avec la permission des Sénégalais a lui-même mis
l’or dans le coffre, à la place de la roue de secours.
Le véhicule de Souleymane, une Peugeot 407 conduit par son propre chauffeur,
a pris la route de Dakar nuitamment. L’engin a été intercepté par
deux gendarmes à 1 km, à la sortie du poste de péage de
Kati. L’adjudant-chef Samboura Bah du Groupement d’intervention mobile
(GIM) de la gendarmerie et l’adjudant-chef Mady Oullé Dembélé de
la Brigade de recherche du Camp I de la gendarmerie, qui n’étaient
pas en service commandé et loin d’un poste de contrôle ont
procédé à la fouille du véhicule, armés de
PM. Après avoir contrôlé l’identité des passagers,
ils ont ouvert le coffre et ont trouvé enfoui du chanvre indien sous le
caisson contenant l’or.
Ils ont accusé les occupants de trafic d’or et de drogue et ordonné la
saisie du véhicule qu’ils ont fait retourner au Camp I avec ses
passagers. Mor et Falou Thiam ont passé la nuit dans le violon du Camp
I. Mais ils ont été libérés le lendemain grâce à l’intervention
de Souleymane, qui prétend avoir donné 370 000 F CFA aux gendarmes
pour leur élargissement. Souleymane a demandé à ses deux
victimes de changer d’hôtel et de quitter immédiatement le
Mali. Sous le coup de la peur, Mor et Falou sont rentrés dans leur pays.
Deux gendarmes trempés jusqu’au coup
Les deux Thiam qui s’étaient endettés pour 30 millions de
F CFA auprès d’un autre partenaire financier à Dakar ont été sommés
de rembourser l’argent ou l’or. Ils sont alors retournés à Bamako
une semaine plus tard. Souleymane, un aigrefin, a demandé 7 millions aux
Sénégalais pour mettre la main sur l’or qu’il dit être
confisqué par les gendarmes. Pour montrer sa bonne foi et les appâter
davantage, il leur a fait comprendre qu’il a payé lui-même
4 millions F CFA et qu’ils doivent à leur tour apurer un reliquat
de 3 millions de F CFA.
Les deux Sénégalais, qui ont été déplumés
dans cette affaire n’ont même plus leurs frais d’hôtels.
Ils sont hébergés par un Malien, qui a vécu plus de 40 ans
au Sénégal. Leur salut est venu de leur consulat, qu’ils
ont contacté en juin dernier. Le consulat a approché le colonel
Sidy Oumar Touré, chef du service d’investigation judiciaire du
Camp I.
Le colonel qui a mis ses réseaux en branle a cueilli Souleymane, qui avait été appelé par
ses victimes sénégalaises pour récupérer ses 3 millions
de F CFA. Souleymane, dans sa déposition, a dénoncé les
adjudants-chefs Sambourou Bah et Mady Oullé Dembélé. Il
a indiqué avoir payé 750 000 F CFA à l’adjudant-chef
Bah. Son collègue Dembélé a reconnu n’avoir perçu
que 75 000 F sur l’argent de la mission douteuse.
Deux problèmes se posent : le vrai or testé plusieurs fois demeure
introuvable. Il a été échangé contre du cuivre. Les
deux gendarmes complices et qui ont fait des aveux dans leurs dépositions
ne sont pas encore présentés devant le juge. Ils sont pourtant
poursuivis suivant réquisition du procureur de la République près
le Tribunal de la Commune I pour escroquerie et complicité.
Souleymane Traoré, le principal inculpé, a été mis
sous mandat de dépôt, le 11 juin 2010 par le procureur près
le Tribunal de la Commune I pour escroquerie.
Les deux gendarmes couverts par la hiérarchie se la coulent douce. Ils
font fi des deux convocations déposées en mai avec accusés
de réception à la direction générale de la gendarmerie,
par le juge d’instruction en charge du dossier, Dramane Kanté. En
juin, deux autres lettres de mise à la disposition de la justice, demeurées
sans suite, ont été déposées au bureau du commandant
de la Brigade de recherche du Camp I et du commandant du Groupement d’intervention
mobile (GIM) de la gendarmerie.
Ce n’est pas la première fois que des porteurs d’uniformes,
impliqués dans des dossiers scabreux, soient couverts par la hiérarchie.
Souvent, les mis en cause sont affectés par un tour de passe-passe et
les dossiers classés sans suite. Samboura Bah ne serait pas à son
premier coup. Son nom serait lié à plusieurs sales affaires mais
il s’est toujours tiré d’affaires. Y a-t-il une justice à deux
vitesses dans notre pays ? Qui parlait de modernisation de la justice ?
Abdrahamane Dicko
Acceuil
L’AFRIQUE
ET LE 14-JUILLET
Il n’y a pas de quoi s’enthousiasmer
Le 14-Juillet a été célébré hier en France
sur les Champs Elysées. Pour la première fois dans l’histoire
des relations France-Afrique, ils étaient 13 chefs d’Etat africains
dont le nôtre, Amadou Toumani Touré, avec une partie de leurs armées à être
aux côtés du chef d’Etat français, Nicolas Sarkozy,
pour marquer d’une pierre blanche cette date. Mais l’euphorie passée,
les uns et les autres doivent descendre de leur piédestal.
Jamais 14-Juillet n’a été ainsi célébré par
l’Afrique et la France parce que s’inscrivant, entend-on dire, dans
la mouvance du cinquantenaire de l’accession à la souveraineté nationale
et internationale des ex-colonies française d’Afrique. C’est
donc dans la joie et la fraternité entre les peuples que soldats africains
et français ont défilé démontrant ainsi à la
face du monde que l’Afrique et la France avaient une histoire commune.
Ce défilé qualifié de "retour de l’amitié", "de
beau", "qui met du baume au cœur", "de l’Afrique
est avec nous" par les différentes autorités françaises
aura permis, certes, de sceller davantage les liens de fraternité entre
Français et Africains des ex-colonies de l’Hexagone. Cependant,
ce 14 juillet devrait être le début de reconnaissance d’un
droit, mais non de "réparation d’une injustice" envers
les anciens combattants africains plus connus sous le vocable de "Tirailleurs
sénégalais" d’une part et de tous les Africains des
ex-colonies en général.
A partir de 2011, ces dignes fils d’Afrique qui ont, par leur fidélité à la
France, leur bravoure inégalée et leur détermination sans
faille à vaincre l’ennemi, contribué à la libération
de la France du joug fasciste, verront leur salaire enfin relevé au même
niveau que ceux des Français de France. C’est un droit mérité,
car on n’étalera pas dans ces colonnes la trouille qu’avaient
des Français de France sur le champ de bataille pendant la guerre de Dien
Bien Phu (Vietnam) à laquelle mon oncle (paix à son âme)
a participée.
Et lorsqu’il lui arrivait de nous narrer certains épisodes de cette
bataille, nous l’écoutions avec plaisir et admiration. Voilà des
morceaux choisis : "Quand le Blanc était à plat ventre, nous
nous étions sur les genoux en train de tirer. Quand le Blanc était
sur les genoux, nous nous étions déjà debout". "A
travail égal, salaire égal". Sans discrimination de sexe,
de race et de religion.
A côté de la plaque
Mais ayant combattu dans des conditions ci-dessus évoquées, les
tirailleurs méritent bien plus. Loin d’être une injustice à réparer,
il s’agirait plutôt d’un droit que la France devra donner aux
anciens combattants. Ainsi, il n’y a pas de quoi s’enthousiasmer
avec tout ce tintamarre autour du 14-Juillet.
Les autorités françaises disent vouloir rompre avec la France-Afrique.
Ses bases ont été démantelées en partie dans certains
pays, mais la France reste encore présente physiquement à Djibouti,
au Tchad au Gabon. Pour quel dessein ? Pas en tout cas pour l’entraînement
et la formation de troupes africaines pour le maintien de la stabilité sur
le continent comme le prétendait encore hier Bernard Kouchner.
La France doit tout à l’Afrique, notamment à ses ex-colonies.
Sans elles, elle ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui : une puissance
mondiale. Aussi, ce 14-Juillet 2010 devait jeter les jalons d’une saine
coopération basée sur la reconnaissance sincère de l’œuvre
africaine envers la France, une aide accrue et une assistance désintéressée
pour relever les défis essentiels qui ont pour noms : la santé et
l’éducation.
La France se devait d’accepter de rouvrir les dossiers sombres et faire
toute la lumière afin que la vérité soit. Il s’agit
notamment du massacre du Camp de Tiaroye, de l’affaire Ben Barka, sur les
exactions en Algérie lors de la guerre de libération… et
tant d’autres. Enfin, la France se devait de restituer aux pays africains, à ses
ex-colonies leurs archives.
Espérons que les chefs d’Etat africains présents à Paris
auront le courage d’évoquer ces sujets en tête-à-tête
avec leur hôte français. Mais… chat échaudé craint
l'eau froide.
Denis Koné
L’AFRIQUE
AUX FESTIVITES DU 14-JUILLET
La France entretient l’idée
de domination
Treize présidents africains et quelque 400 militaires du continent ont
pris part mercredi aux festivités du 14-Juillet. Pourtant, Nicolas Sarkozy,
le président français, n’a jamais été présent
aux fêtes des pays africains qui ont célébré déjà leur
cinquantenaire. Ce qui laisse penser que Sarkozy anime l’idée de
la supériorité.
Conviés par Nicolas Sarkozy, 13 chefs d’Etat des 14 pays africains
qui fêtent le cinquantenaire de leur indépendance cette année
ont répondu présents aux festivités du 14 juillet, jour
de la fête nationale française, dédiée cette année à l’Afrique.
Représenté par son ministre de la défense, Laurent Gbagbo
a été le grand absent de cette cérémonie. Le pays
de Laurent Gbagbo a décliné l’invitation pour des raisons
d’organisation des élections qui avancent de sources diplomatiques.
Dans notre pays, des citoyens sont d’avis divers sur la présence
des chefs d’Etat et des militaires africains à cette fête.
Pour certains, la participation des militaires maliens en particulier et des
militaires africains en général aux festivités du 14 juillet
est une bonne chose étant donné que c’est dans le cadre du
partenariat. "Ça nous a permis de nous rappeler des souvenirs même
si c’est mauvais".
Pour d’autres, Nicolas Sarkozy, qui n’a jamais pris part aux fêtes
nationales d’un pays africain, est en réalité, à cette
occasion, animé d’un réflexe de domination.
" Normalement, Nicolas Sarkozy devait être présent aux fêtes
des pays africains qui ont célébré leur cinquantenaire,
mais il n’a envoyé que des représentants", a regretté Siaka
Ballo de la société civile. Pour lui, les chefs d’Etat africains
ont encore montré leur faiblesse vis-à-vis de la France.
La Côte d'Ivoire a été félicitée pour son refus
de participer à la cérémonie. Mais pour qui suit l’actualité dans
ce pays, les relations entre Paris et Abidjan n’ont jamais été au
beau fixe depuis l’éclatement de la guerre, le bombardement de soldats
français et la mort du journaliste Pierre-André Kieffer.
La France, en dédiant cette année la fête du 14-Juillet à l’Afrique,
voulait rendre hommage aux centaines d’Africains qui se sont sacrifiés
pour elle. Mais, des Africains voient la participation des militaires africains
aux défilés et la présence des chefs d’Etat à cette
fête d’un autre œil.
Sidiki Doumbia
Acceuil
POUR
LA RESOLUTION DE LA CRISE UNIVERSITAIRE
La classe politique se félicite de l’implication d’ATT
Dans une déclaration signée du colonel Youssouf Traoré,
président de l’UFDP (Union des forces démocratiques pour
le progrès), la classe politique se félicite de l’implication
personnelle du président de la République dans la résolution
de la crise dans l’enseignement supérieur.
La classe politique malienne, dans une déclaration déposée à notre
rédaction, exprime sa satisfaction de voir l’implication effective
du président de la République pour la résolution de la crise
qui frappe depuis quarte mois l’enseignement supérieur, suite à une
grève illimitée observée par les enseignants.
La classe politique est convaincue que le chef de l’Etat, en rencontrant à Koulouba
les syndicats d’enseignants les 7 et 11 juillet 2010, a évité l’année
blanche dans les facultés, grandes écoles et instituts du Mali.
" Elle salue, remercie et encourage S. E. Amadou Toumani Touré, chef
de l’Etat, pour son courage politique et son engagement pour l’école
malienne", mentionne la déclaration qui note que les partis politiques
suivent avec "une attention soutenue" la crise scolaire et universitaire
qui perdure dans notre pays.
La déclaration rappelle que la classe politique s’est auto saisie
de la question depuis le 28 mai 2010 et fait un certain nombre de recommandations
soumises au chef de l’Etat. Ces recommandations, dit-elle, suggéraient
l’implication personnelle du chef de l’Etat.
A noter que la déclaration est accompagnée d’une copie des
recommandations issues des différentes rencontres initiées par
les partis politiques pour trouver un terrain d’entente entre les autorités
scolaires et les syndicats d’enseignants.
Amadou Waïgalo
Acceuil
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