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2010

Mois de juillet

Les Echos du 15 juillet

 

UN MALIEN ESCROQUE L’OR DE DEUX SENEGALAIS
La hiérarchie couvre deux gendarmes suspectés
Un Malien, avec la complicité de deux gendarmes, a escroqué 5 kg d’or d’une valeur de 55 millions de F CFA sur deux Sénégalais. L’escroc a été mis sous mandat de dépôt, mais ses deux complices gendarmes refusent de répondre à la convocation du procureur de la République près le Tribunal de la Commune I.
L’or malien brille pour les escrocs dont les exploits défraient régulièrement la chronique. Souleymane Traoré, se faisant passer pour un opérateur minier a soutiré 30 millions de F CFA, en acompte de 55 millions de F CFA pour 5 kg d’or à deux Sénégalais. L’affaire remonte à fin avril 2010. Souleymane, qui se dit promoteur de l’entreprise "Misseni Gold", a approché un Sénégalais vivant à Bamako pour lui trouver des clients dans son pays. Mor Thiam et Falou Thiam ont mordu à l’hameçon. Ils se sont montré intéressés et ont effectué le déplacement de Bamako en mai.
Souleymane leur a fait comprendre qu’il vend le métal au kilo. Il a apporté 5 kg d’or estimés à 55 millions de F CFA. Les Sénégalais qui sont des professionnels du métal précieux étaient venus avec leur matériel. Ils ont procédé séance tenante à un premier test et des analyses dans deux laboratoires différents de Bamako, qui ont tous attesté de la bonne qualité du métal.
Mais les Thiam n’ayant pas les 55 millions sur place ont convenu avec Souleymane d’aller faire provision à Dakar. Falou rentre à Dakar et revient avec 30 millions de F CFA. Souleymane propose de les conduire à Dakar dans son véhicule avec son chauffeur. Ce dernier devait retourner avec le reliquat de 25 millions de F CFA. Le métal précieux a subi de nouveaux tests qui furent tout aussi concluants et le butin soigneusement gardé dans un caisson cadenassé et la clé gardée par un Sénégalais. Souleymane avec la permission des Sénégalais a lui-même mis l’or dans le coffre, à la place de la roue de secours.
Le véhicule de Souleymane, une Peugeot 407 conduit par son propre chauffeur, a pris la route de Dakar nuitamment. L’engin a été intercepté par deux gendarmes à 1 km, à la sortie du poste de péage de Kati. L’adjudant-chef Samboura Bah du Groupement d’intervention mobile (GIM) de la gendarmerie et l’adjudant-chef Mady Oullé Dembélé de la Brigade de recherche du Camp I de la gendarmerie, qui n’étaient pas en service commandé et loin d’un poste de contrôle ont procédé à la fouille du véhicule, armés de PM. Après avoir contrôlé l’identité des passagers, ils ont ouvert le coffre et ont trouvé enfoui du chanvre indien sous le caisson contenant l’or.
Ils ont accusé les occupants de trafic d’or et de drogue et ordonné la saisie du véhicule qu’ils ont fait retourner au Camp I avec ses passagers. Mor et Falou Thiam ont passé la nuit dans le violon du Camp I. Mais ils ont été libérés le lendemain grâce à l’intervention de Souleymane, qui prétend avoir donné 370 000 F CFA aux gendarmes pour leur élargissement. Souleymane a demandé à ses deux victimes de changer d’hôtel et de quitter immédiatement le Mali. Sous le coup de la peur, Mor et Falou sont rentrés dans leur pays.
Deux gendarmes trempés jusqu’au coup
Les deux Thiam qui s’étaient endettés pour 30 millions de F CFA auprès d’un autre partenaire financier à Dakar ont été sommés de rembourser l’argent ou l’or. Ils sont alors retournés à Bamako une semaine plus tard. Souleymane, un aigrefin, a demandé 7 millions aux Sénégalais pour mettre la main sur l’or qu’il dit être confisqué par les gendarmes. Pour montrer sa bonne foi et les appâter davantage, il leur a fait comprendre qu’il a payé lui-même 4 millions F CFA et qu’ils doivent à leur tour apurer un reliquat de 3 millions de F CFA.
Les deux Sénégalais, qui ont été déplumés dans cette affaire n’ont même plus leurs frais d’hôtels. Ils sont hébergés par un Malien, qui a vécu plus de 40 ans au Sénégal. Leur salut est venu de leur consulat, qu’ils ont contacté en juin dernier. Le consulat a approché le colonel Sidy Oumar Touré, chef du service d’investigation judiciaire du Camp I.
Le colonel qui a mis ses réseaux en branle a cueilli Souleymane, qui avait été appelé par ses victimes sénégalaises pour récupérer ses 3 millions de F CFA. Souleymane, dans sa déposition, a dénoncé les adjudants-chefs Sambourou Bah et Mady Oullé Dembélé. Il a indiqué avoir payé 750 000 F CFA à l’adjudant-chef Bah. Son collègue Dembélé a reconnu n’avoir perçu que 75 000 F sur l’argent de la mission douteuse.
Deux problèmes se posent : le vrai or testé plusieurs fois demeure introuvable. Il a été échangé contre du cuivre. Les deux gendarmes complices et qui ont fait des aveux dans leurs dépositions ne sont pas encore présentés devant le juge. Ils sont pourtant poursuivis suivant réquisition du procureur de la République près le Tribunal de la Commune I pour escroquerie et complicité.
Souleymane Traoré, le principal inculpé, a été mis sous mandat de dépôt, le 11 juin 2010 par le procureur près le Tribunal de la Commune I pour escroquerie.
Les deux gendarmes couverts par la hiérarchie se la coulent douce. Ils font fi des deux convocations déposées en mai avec accusés de réception à la direction générale de la gendarmerie, par le juge d’instruction en charge du dossier, Dramane Kanté. En juin, deux autres lettres de mise à la disposition de la justice, demeurées sans suite, ont été déposées au bureau du commandant de la Brigade de recherche du Camp I et du commandant du Groupement d’intervention mobile (GIM) de la gendarmerie.
Ce n’est pas la première fois que des porteurs d’uniformes, impliqués dans des dossiers scabreux, soient couverts par la hiérarchie. Souvent, les mis en cause sont affectés par un tour de passe-passe et les dossiers classés sans suite. Samboura Bah ne serait pas à son premier coup. Son nom serait lié à plusieurs sales affaires mais il s’est toujours tiré d’affaires. Y a-t-il une justice à deux vitesses dans notre pays ? Qui parlait de modernisation de la justice ?
Abdrahamane Dicko

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L’AFRIQUE ET LE 14-JUILLET
Il n’y a pas de quoi s’enthousiasmer
Le 14-Juillet a été célébré hier en France sur les Champs Elysées. Pour la première fois dans l’histoire des relations France-Afrique, ils étaient 13 chefs d’Etat africains dont le nôtre, Amadou Toumani Touré, avec une partie de leurs armées à être aux côtés du chef d’Etat français, Nicolas Sarkozy, pour marquer d’une pierre blanche cette date. Mais l’euphorie passée, les uns et les autres doivent descendre de leur piédestal.
Jamais 14-Juillet n’a été ainsi célébré par l’Afrique et la France parce que s’inscrivant, entend-on dire, dans la mouvance du cinquantenaire de l’accession à la souveraineté nationale et internationale des ex-colonies française d’Afrique. C’est donc dans la joie et la fraternité entre les peuples que soldats africains et français ont défilé démontrant ainsi à la face du monde que l’Afrique et la France avaient une histoire commune.
Ce défilé qualifié de "retour de l’amitié", "de beau", "qui met du baume au cœur", "de l’Afrique est avec nous" par les différentes autorités françaises aura permis, certes, de sceller davantage les liens de fraternité entre Français et Africains des ex-colonies de l’Hexagone. Cependant, ce 14 juillet devrait être le début de reconnaissance d’un droit, mais non de "réparation d’une injustice" envers les anciens combattants africains plus connus sous le vocable de "Tirailleurs sénégalais" d’une part et de tous les Africains des ex-colonies en général.
A partir de 2011, ces dignes fils d’Afrique qui ont, par leur fidélité à la France, leur bravoure inégalée et leur détermination sans faille à vaincre l’ennemi, contribué à la libération de la France du joug fasciste, verront leur salaire enfin relevé au même niveau que ceux des Français de France. C’est un droit mérité, car on n’étalera pas dans ces colonnes la trouille qu’avaient des Français de France sur le champ de bataille pendant la guerre de Dien Bien Phu (Vietnam) à laquelle mon oncle (paix à son âme) a participée.
Et lorsqu’il lui arrivait de nous narrer certains épisodes de cette bataille, nous l’écoutions avec plaisir et admiration. Voilà des morceaux choisis : "Quand le Blanc était à plat ventre, nous nous étions sur les genoux en train de tirer. Quand le Blanc était sur les genoux, nous nous étions déjà debout". "A travail égal, salaire égal". Sans discrimination de sexe, de race et de religion.
A côté de la plaque
Mais ayant combattu dans des conditions ci-dessus évoquées, les tirailleurs méritent bien plus. Loin d’être une injustice à réparer, il s’agirait plutôt d’un droit que la France devra donner aux anciens combattants. Ainsi, il n’y a pas de quoi s’enthousiasmer avec tout ce tintamarre autour du 14-Juillet.
Les autorités françaises disent vouloir rompre avec la France-Afrique. Ses bases ont été démantelées en partie dans certains pays, mais la France reste encore présente physiquement à Djibouti, au Tchad au Gabon. Pour quel dessein ? Pas en tout cas pour l’entraînement et la formation de troupes africaines pour le maintien de la stabilité sur le continent comme le prétendait encore hier Bernard Kouchner.
La France doit tout à l’Afrique, notamment à ses ex-colonies. Sans elles, elle ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui : une puissance mondiale. Aussi, ce 14-Juillet 2010 devait jeter les jalons d’une saine coopération basée sur la reconnaissance sincère de l’œuvre africaine envers la France, une aide accrue et une assistance désintéressée pour relever les défis essentiels qui ont pour noms : la santé et l’éducation.
La France se devait d’accepter de rouvrir les dossiers sombres et faire toute la lumière afin que la vérité soit. Il s’agit notamment du massacre du Camp de Tiaroye, de l’affaire Ben Barka, sur les exactions en Algérie lors de la guerre de libération… et tant d’autres. Enfin, la France se devait de restituer aux pays africains, à ses ex-colonies leurs archives.
Espérons que les chefs d’Etat africains présents à Paris auront le courage d’évoquer ces sujets en tête-à-tête avec leur hôte français. Mais… chat échaudé craint l'eau froide.
Denis Koné

 

 

L’AFRIQUE AUX FESTIVITES DU 14-JUILLET
La France entretient l’idée de domination
Treize présidents africains et quelque 400 militaires du continent ont pris part mercredi aux festivités du 14-Juillet. Pourtant, Nicolas Sarkozy, le président français, n’a jamais été présent aux fêtes des pays africains qui ont célébré déjà leur cinquantenaire. Ce qui laisse penser que Sarkozy anime l’idée de la supériorité.
Conviés par Nicolas Sarkozy, 13 chefs d’Etat des 14 pays africains qui fêtent le cinquantenaire de leur indépendance cette année ont répondu présents aux festivités du 14 juillet, jour de la fête nationale française, dédiée cette année à l’Afrique.
Représenté par son ministre de la défense, Laurent Gbagbo a été le grand absent de cette cérémonie. Le pays de Laurent Gbagbo a décliné l’invitation pour des raisons d’organisation des élections qui avancent de sources diplomatiques.
Dans notre pays, des citoyens sont d’avis divers sur la présence des chefs d’Etat et des militaires africains à cette fête. Pour certains, la participation des militaires maliens en particulier et des militaires africains en général aux festivités du 14 juillet est une bonne chose étant donné que c’est dans le cadre du partenariat. "Ça nous a permis de nous rappeler des souvenirs même si c’est mauvais".
Pour d’autres, Nicolas Sarkozy, qui n’a jamais pris part aux fêtes nationales d’un pays africain, est en réalité, à cette occasion, animé d’un réflexe de domination.
" Normalement, Nicolas Sarkozy devait être présent aux fêtes des pays africains qui ont célébré leur cinquantenaire, mais il n’a envoyé que des représentants", a regretté Siaka Ballo de la société civile. Pour lui, les chefs d’Etat africains ont encore montré leur faiblesse vis-à-vis de la France.
La Côte d'Ivoire a été félicitée pour son refus de participer à la cérémonie. Mais pour qui suit l’actualité dans ce pays, les relations entre Paris et Abidjan n’ont jamais été au beau fixe depuis l’éclatement de la guerre, le bombardement de soldats français et la mort du journaliste Pierre-André Kieffer.
La France, en dédiant cette année la fête du 14-Juillet à l’Afrique, voulait rendre hommage aux centaines d’Africains qui se sont sacrifiés pour elle. Mais, des Africains voient la participation des militaires africains aux défilés et la présence des chefs d’Etat à cette fête d’un autre œil.
Sidiki Doumbia

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POUR LA RESOLUTION DE LA CRISE UNIVERSITAIRE
La classe politique se félicite de l’implication d’ATT
Dans une déclaration signée du colonel Youssouf Traoré, président de l’UFDP (Union des forces démocratiques pour le progrès), la classe politique se félicite de l’implication personnelle du président de la République dans la résolution de la crise dans l’enseignement supérieur.

La classe politique malienne, dans une déclaration déposée à notre rédaction, exprime sa satisfaction de voir l’implication effective du président de la République pour la résolution de la crise qui frappe depuis quarte mois l’enseignement supérieur, suite à une grève illimitée observée par les enseignants.
La classe politique est convaincue que le chef de l’Etat, en rencontrant à Koulouba les syndicats d’enseignants les 7 et 11 juillet 2010, a évité l’année blanche dans les facultés, grandes écoles et instituts du Mali.
" Elle salue, remercie et encourage S. E. Amadou Toumani Touré, chef de l’Etat, pour son courage politique et son engagement pour l’école malienne", mentionne la déclaration qui note que les partis politiques suivent avec "une attention soutenue" la crise scolaire et universitaire qui perdure dans notre pays.
La déclaration rappelle que la classe politique s’est auto saisie de la question depuis le 28 mai 2010 et fait un certain nombre de recommandations soumises au chef de l’Etat. Ces recommandations, dit-elle, suggéraient l’implication personnelle du chef de l’Etat.
A noter que la déclaration est accompagnée d’une copie des recommandations issues des différentes rencontres initiées par les partis politiques pour trouver un terrain d’entente entre les autorités scolaires et les syndicats d’enseignants.
Amadou Waïgalo

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SIKASSO
Vol à la direction régionale du trésor
Ce n’est pas tant le montant (105 000 F CFA) que le laisser-aller dans la garde du trésor public à Sikasso qui est à craindre.
La direction régionale du trésor public de Sikasso est gardée par les éléments de la garde nationale, qui sont censés assurer la sécurité de ce service stratégique. Malheureusement, ces éléments ne font que se prélasser à leur poste. Le tout dernier vol d’argent dans cette direction a eu lieu dans la nuit du lundi 12 à mardi 13 juillet dernier et de quelques milliers de F CFA. Ce vol de plus fait planer le doute sur la moralité et le sérieux mis dans la préservation des édifices publics.
Comment des voleurs arrivent-ils à détruire le portail du trésor public, voler et s’en aller en toute quiétude alors que le bâtiment est gardé ? Par quel miracle ces voleurs ont pu entrer dans le bâtiment par effraction, avec un lourd arsenal pour forcer les verrous sans être vus, et comment comprendre qu’à ce moment les agents étaient dans leur chambre de garde, dans un long sommeil d’un bon temps pluvieux sur la Capitale du Kénédougou ?
A notre passage, les autorités locales du trésor assuraient que le coffre-fort qui était la cible principale des voleurs n’a pas pu être défoncé, seul quelques billets se trouvant dans les petits tiroirs ont été emportés par les bandits, soit environ 105 000 F CFA. Une enquête a été diligentée. Mais déjà, pour certains agents du trésor, qui ne comprennent plus la récurrence des vols, il y a anguille sous roche. Pour eux, s’il y a vol au trésor public, c’est qu’il y a défaillance de la sécurité.
Des mesures devront être prises pour que ce genre de vols ne se reproduise plus. Or, à chaque fois qu’il y a eu vol, aucune sanction n’est tombée.
Avec ce vol d’argent, il n’est pas sûr que même le trésorier-payeur soit en sécurité.
B. Y. Cissé
(correspondant régional)

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POLITIQUE DE DELIVRANCE DE VISA (suite et fin)
Une association épingle le consulat de France à Bamako
La Cimade, service œcuménique d’entraide, vient de publier "Visa refusé", une enquête sur les pratiques consulaires en matière de délivrance des visas. Depuis plusieurs années, les permanences de l’organisme d’assistance et de soutien aux étrangers se font écho du labyrinthe administratif dans lequel se perdent ceux qui demandent un visa pour pouvoir venir en France. Nous vous donnons l’essentiel du rapport sur le Mali. Suite.
Le point de vue des demandeurs maliens
Que les personnes aient ou non déposé un jour une demande de visa, qu’elles aient eu un accord ou un refus et quel que soit leur milieu social, toutes parlent du consulat français, de la manière dont on y est traité et de la difficulté d’obtenir un visa. Dans la mesure où l’essentiel de la procédure de demande de visa se déroule sur le trottoir, les conditions d’accueil des demandeurs éclatent à la vue des Bamakois qui empruntent chaque jour cette artère très fréquentée.
Cet accueil déplorable suscite un sentiment d’humiliation, même chez les Maliens qui n’ont pas l’intention de demander un visa pour la France.
Un homme d’affaires dit ainsi : "Avoir un visa français, c’est aussi dur que d’entrer dans la chambre à coucher d’un président de la République. Ça blesse les gens, même ceux qui n’ont rien à voir avec les visas et qui ne feront jamais de demande pour venir en France. Mais tous les jours on voit la queue, l’attroupement devant le consulat. Alors on en parle très souvent autour du thé".
Ce sentiment d’humiliation est accru par l’incompréhension des refus qui ne sont ni motivés ni même expliqués oralement. Ce ne sont d’ailleurs pas tant les refus qui génèrent le plus de colère, mais la manière dont les demandeurs sont traités. Ce comportement du consulat à l’égard des ressortissants maliens est ressenti comme une offense.
Un autre homme d’affaires déclare : "J’ai envie de dire à tous ces gens qui font la queue ‘arrêtez d’aller chercher des visas, on a encore une petite dignité’. Je ne me lèverai jamais pour avoir un visa touristique pour la France, je veux préserver ma dignité".
Un haut fonctionnaire déplore : "Les Africains qui ont été colonisés méritent un autre traitement. Cette culture commune fait obligation à la France de nous considérer autrement. Qu’ils veuillent gérer les flux migratoires, c’est parfaitement compréhensible, mais rien ne les oblige à traiter les personnes de cette manière, il s’agit d’êtres humains".
Cette attitude entraîne progressivement un rejet de la France et de la Francophonie. Les Maliens sont d’autant plus blessés par le comportement du consulat français qu’ils se sentent très proches des Français.
Un huissier de justice confirme : "C’est une forteresse, pourtant les Maliens ne sont pas terroristes. Tout le monde ne veut pas rester en France, nous aussi on a le droit de partir en vacances. Quand on veut partir et qu’on a deux mois, la moitié des vacances est foutue à cause des problèmes de visa. C’est le parcours du combattant, ça ne donne pas envie d’aller faire un tour en France".
Un haut fonctionnaire précise : "La situation est très mal vécue par des Maliens en raison des liens forts entre le Mali et la France. Des Maliens sont morts pour la France, il faudrait qu’elle s’en souvienne. Et l’on veut développer la Francophonie mais l’image de la France est ternie".
Le permanent d’une association déclare : "Ils vous donnent l’impression que vous venez quémander. Cela donne une mauvaise image de la France, même une haine de la France. On formate une nouvelle génération contre la France. Tu ne peux pas aller en France même si tu as les moyens. Maintenant, les Maliens commencent à dire ‘Tout sauf la France !’. Mêmes les étudiants vont maintenant au Canada et aux Etats-Unis. Ils se sentent pourtant beaucoup plus proches de la France et il serait plus logique qu’ils fassent leurs études là-bas. Lorsqu’ils reviennent au Mali et qu’ils ont des postes importants, ils en veulent à la France et préfèrent travailler avec d’autres pays".
Un homme d’affaire affirme : "C’est l’étranger qui détient votre image. Si vous le traitez mal, c’est votre propre image qui en pâtit".
Quelles perspectives ?
Depuis quelques années, le Mali s’est engagé dans un plan de modernisation de son système d’état civil, avec notamment le soutien de la France, des Pays-Bas, de la Belgique, de l’Unicef, du Pnud et de l’Association internationale des maires de la Francophonie.
Cette opération est fondée sur la formation des acteurs, la sensibilisation de la population pour qu’elle prenne conscience de la nécessité de déclarer les faits d’état civil, et la mise en place d’un réseau permettant d’actualiser et de mettre à jour les registres.
Pour ce faire, un recensement de la population est en cours dont le but est de recenser tous les Maliens, y compris ceux qui n’ont pas de pièces d’état civil pour constituer un fichier central ouvert à diverses applications, avec attribution d’un identifiant unique à chaque Malien.
Concrètement, il s’agit de :
- mettre en place au niveau local un système de collecte efficace de tous les faits d’état civil au moment de leur survenance à l’aide des registres de déclaration ;
- permettre un traitement rapide des informations, en équipant convenablement les communes et en assurant une formation adéquate des acteurs ;
- doter les collectivités territoriales d’unités de saisie informatisées capables de prendre en charge tous les faits d’Etat civil émanant des communes ;
- doter les régions d’équipement permettant de centraliser toutes les données des collectivités territoriales de la région en vue de la constitution du fichier et de la sécurisation du suivi et du contrôle des données ;
- mettre en œuvre des moyens permettant la création d’un fichier central.
Il faut espérer que cette réforme du système d’état civil permettra de résoudre les nombreuses difficultés auxquelles se heurtent actuellement les demandeurs de visa pour attester de leur identité auprès du consulat de France. Par ailleurs, depuis 2006, la France souhaite signer avec le Mali un accord de gestion "concertée" des flux migratoires et de co-développement.
Cet accord a pour vocation d’inciter les autorités du Mali à s’engager à contrôler les flux migratoires en échange de possibilités limitées de migration légale et d’aide au développement. Il s’inscrit dans le cadre de la politique de sous-traitance de la gestion des "flux migratoires", menée par la France et l’Union européenne.
Le projet d’accord contient notamment des clauses de réadmission qui faciliteraient l’expulsion effective des ressortissants maliens en situation irrégulière en France mais rendraient également possible le renvoi au Mali de ressortissants d’États tiers, principalement d’Afrique, ayant transité par ce pays avant d’atteindre l’Europe.
Malgré la forte pression exercée par la France pour parvenir à la conclusion d’un tel accord, le Mali résiste. Il conviendra d’être vigilant à d’éventuelles poursuites des négociations, car la signature d’un tel accord pourrait avoir des conséquences en matière de délivrance des visas.
| (source : Cimad)

 

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EMIGRATION
Un front commun sahélien
La création d’un front commun des pays du bassin sahélien dans les négociations sur l’émigration, c’est l’une des recommandations qui est ressortie d’un atelier qui a lieu dimanche et lundi dernier à Kayes.
Organisé par le Parena, en partenariat avec la Fondation Friedrich Ebert, l’atelier intitulé "Mondialisation et émigration : enjeux et perspectives : le cas du Mali" s’est penché sur les questions des flux migratoires et de l’apport des Maliens de l’extérieur au développement du Mali.
Le front commun proposé impliquerait le Mali, le Sénégal, la Mauritanie, en plus d’un partenaire supplémentaire ; la Guinée. Il a été avancé que l’initiative donnerait du poids aux revendications des pays concernés et changerait la dynamique lors de négociations avec les pays accueillant leurs ressortissants.
De plus, l’atelier a non seulement reconnu la grande contribution financière des Maliens de l’extérieur à l’économie de leur pays d’origine, mais également l’immense potentiel diplomatique de cette diaspora, qui facilite les échanges internationaux et la connaissance de l’autre.
Plus près de nous, les participants ont demandé aux divers paliers de gouvernement l’organisation d’une deuxième table ronde pour le développement de la région de Kayes. Les résultats de la première édition de l’activité, en 1997, doivent selon eux être évalués et une nouvelle stratégie de développement de la région doit être élaborée.
La mise en place de visas de plus longue durée et à entrées multiples a aussi été identifiée comme une solution pouvant réduire l’immigration illégale en Europe.
Le week-end dernier à Kayes, une partie importante de l’atelier a été rayée de la programmation. Malgré ce qui a été rapporté dans la presse plus tôt cette semaine par certains journalistes, le conférencier principal, Christophe Daum, professeur à l’Université française de Rouen, a brillé par son absence. A cause de son état de santé, ont expliqué les organisateurs du Parena.
Le président du Parena, Tiébilé Dramé, faisant miroiter son statut d’ancien ministre des Affaires étrangères et des Maliens de l’extérieur, s’est adressé à l’audience, présentant ses idées et sa vision de l’histoire de l’émigration dans la région du Sahel occidental.
Selon lui, l’apport financier des Maliens de l’extérieur est majeur et louable, mais il ne faut pas oublier qu’il est important de faire de la 1re région du Mali un endroit offrant à ses habitants l’occasion de s’épanouir et de vivre convenablement.
" Je souhaite qu’un jour, les mères bercent leurs enfants avec des chansons qui ne célèbrent pas le départ de Kayes, mais qui encouragent les jeunes à rester pour contribuer au développement de leur région", a-t-il affirmé.
Pascal Raiche-Nogue
(stagiaire)


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PRESSE AFRICAINE EN DEUIL
Hommage à Pius Njawé
Dors en paix, Puis Njawé, infatigable combattant des libertés, militant de l’émancipation de l’homme africain !
Pionner de la presse privée indépendante africaine, je viens d’apprendre ta disparition des suites d’un accident de route aux Etats-Unis. Dieu de nos pères, seigneur de longue connaissance, ainsi avez-vous donc décidé de notre condition d’homme : partir comme nous sommes arrivés sans pouvoir crier gare ? Pius, je me rappelle, mais tes amis de Bamako se rappellent aussi de ton passage récent dans la capitale, tu venais alors de célébrer les 30 ans du "Messager" et tu t’apprêtais à nouveau à prendre rendez-vous avec tes lecteurs afin que ce continent qui a tant fait pleurer ses enfants, les console. Rendez-vous plein de promesses, rendez-vous de tous les défis !
J’ai eu alors le privilège de te voir, de te rencontrer. J’avais été émue de t’accueillir à Cauris Editions, toi l’icône, qui a alterné ta vie entre salles de rédaction et cellules de prison, des cellules qui ne t’ont rendu plus que libre !
J’avais été émue de te recevoir, moi ta cadette de plusieurs années… J’en étais presque gênée. Par quel hasard heureux du destin, cela a-t-il donc été possible ? Tu venais certainement pour me remettre le prix décerné à "Alfa", mon père, prix de l’intégration africaine, à la suite de la célébration du trentenaire de ton journal. Mais je crois aussi sans me tromper - du moins je l’espère - que tu venais aussi pour tâter le pouls de cette Afrique pour laquelle tu as dédié ta vie, cette Afrique jeune, cette Afrique ingénieuse, cette Afrique qui voudrait gagner la bataille de l’émancipation et d’un mieux-être grâce à la force des mots et à la pertinence des idées.
Mais Pius, de cette rencontre, j’ai surtout retenu ton regard, un regard habité par l’angoisse, certainement l’angoisse nègre pour paraphraser Césaire… un regard las. Cette lassitude m’avait inquiétée, car comment ton regard, le regard d’un combattant de ton calibre pouvait-il se lasser ? Le moment était-il déjà arrivé de renoncer, de passer la main après avoir accompli ta part de devoir afin de ne jamais rompre le serment du devoir de génération ?
Et aujourd’hui, pendant que des milliers de voix s’élèvent à travers l’Afrique mais aussi à travers le monde pour te rendre hommage, à toi le pionnier, à toi le martyr, je fouille dans ma mémoire afin que ton regard de héros qui tire sa révérence continue de nous illuminer sur l’Afrique de nos pères !
Dors en paix !!!
Kadiatou Konaré
(éditeur, Cauris Editions)


Diouf salue la mémoire de Pius Njawé
Abdou Diouf, secrétaire général de la Francophonie, a exprimé, le mardi 13 juillet, sa profonde tristesse à l’annonce du décès de Pius Njawe, fondateur du quotidien camerounais "Le Messager".
" J’ai été personnellement très attristé à l’annonce du décès de Pius Njawé dans un accident de voiture. Au nom de la Francophonie et en mon nom personnel, je tiens à saluer la mémoire de ce pionnier de la presse indépendante en Afrique francophone", a déclaré Abdou Diouf.
" Mes pensées vont particulièrement à sa famille, à ses proches, à l’équipe du journal et à tous ses collègues et confrères journalistes", a-t-il ajouté.
Le secrétaire général regrette la disparition du fondateur d’un quotidien qui a reçu le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie, notamment à travers son fonds d’appui à la presse francophone.

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DU NOUVEAU AUX EDITIONS JAMANA

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