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2010
Mois de
juillet
Les
Echos du 14 juillet
MUE
DU MOUVEMENT CITOYEN
Les poulains d’ATT et les zones d’ombre
C’est en principe ce week-end que se tient à Bamako l’assemblée
générale constitutive du Parti pour le développement économique
et social du Mali (PDES). Beaucoup de questions surgissent sur les vrais motifs
de la création d’un "parti présidentiel" aujourd’hui
alors qu’une frange du Mouvement citoyen (MC) celle de l’ancien ministre
du Développement social, Djibril Tangara, avait réclamé sans
succès l’érection du MC en parti politique.
" L’histoire ne tolère aucun intrus, elle choisit elle-même
ses héros et rejette sans pitié les êtres qu’elle n’a
pas élus, si grande soit la peine qu’ils se sont donnée",
a dit le penseur autrichien Stefan Zweig. Le Mouvement citoyen (MC) va enfin
mener ses activités politiques à visage découvert et le
temps a donné raison à un homme, qui, par le passé, s’était
vainement battu pour qu’il en soit ainsi. Cet homme n’est autre que
Djibril Tangara.
L’ancien ministre du Développement social, de la Solidarité et
des Personnes âgées croyait en la nécessité d’ériger
cette association tantôt dite "apolitique" tantôt qualifiée
de " politique", qu’il a lui-même contribué à porter
sur les fonts baptismaux, au début des années 2000 en parti politique.
Une conviction que l’on comprend aisément dans la mesure où le
Mouvement était sorti de son cadre associatif pour s’immiscer dans
les affaires politiques. Au grand désarroi des textes régissant
les formations politiques.
Face au refus catégorique de nombre de ses camarades politiques et du
général ATT lui-même, selon des indiscrétions, de
voir le MC transformé en un vrai parti politique, Djibril Tangara a jeté l’éponge
de la présidence du MC pour créer la Force citoyenne et démocratique
(FCD). Selon l’actuel président du conseil d’administration
de l’Ageroute, "les textes du MC stipulent que lorsque vous êtes
dirigeant d’un cadre politique, on ne peut vous permettre d’être
dirigeant d’un organe du MC". Aussi l’enfant de Kignan avait
dans la foulée déclaré que "nous considérons
la FCD comme l’aile politique du MC".
Les intérêts inavoués définissant les plans d’action
du réseau de placement des cadres proches du général ATT
qu’est le MC, très peu d'actions ont séparé ces déclarations
de Djibril Tangara et la décision de faire du MC un parti politique. Au
point de révéler la primauté des calculs politiciens au
sein des laudateurs du régime en place.
Comme Djibril Tangara avec la FCD, l’actuel président du comité exécutif
national (Cena) du MC, Hamed Diané Séméga ou le "fils
spirituel d’ATT" note "le soutien inconditionnel" du futur
Parti pour le développement économique et social du Mali (PDES)
au président de la République. "Avec le président ATT,
derrière le président ATT et pour le président ATT",
clame le ministre de l’Equipement et des Transports.
La FCD et le PDES se donnent donc comme ambition principale d’accompagner
le chef de l’Etat dans ses œuvres à la tête du Mali et
de défendre son héritage politique. Mais à quelle fin ?
Là se trouve toute la question. Les prochaines échéances
nous en édifieront certainement.
Amis d’hier, adversaires d’aujourd’hui ?
Pour l’heure, l’on imagine mal des dirigeants politiques, de surcroît
africains, continuer à se réfugier derrière un président
indépendant en fin de mandat. La preuve éloquente est que les démissionnaires
politiques de l’Alliance pour la démocratie et le progrès
(ADP) parlent de moins en moins de soutien à ATT, les élections
de 2012 occupant de plus en plus leurs esprits.
Souvent dubitatif sur les ambitions du parti PDES pour la magistrature suprême,
souvent sans équivoque sur les destinées politiques de la formation
qu’il représente, Hamed Diané Séméga affirme
tout de même par voie de presse que " tout parti politique à vocation à se
battre pour la conquête et l’exercice du pouvoir, y compris le mouvement
politique que nous allons créer".
D’un seul groupement d’hommes et de femmes aveuglement dévoués à un
indépendant, qui n’a pas eu besoin de talent pour "manipuler" à sa
guise de hauts cadres, se retrouverait-on avec "deux partis politiques présidentiels
?" Bien que Djibril Tangara ait inlassablement mouillé le maillot
pour ATT, notamment lors de sa réélection en 2007, la FCD semble
moins bénéficier des faveurs de l’homme du 26 mars 1991.
Du moins à s’en tenir aux déclarations publiques du général.
Comme sur le futur PDES, ATT n’a jamais eu l’audace de mentionner
ouvertement la FCD, pourtant composée de personnes ressources qui l’ont
soutenu bien avant son accession à la magistrature suprême.
Se référant au PDES lors de son compte-rendu du 8 juin dernier à la
presse, ATT a dit qu’"ils ont ma bénédiction".
Un tel propos n’a été entendu du général à l’endroit
de la FCD. Ce qui a tendance à confirmer les allégations que Djibril
Tangara serait tombé en disgrâce. Même si l’ex-président
du Cena du MC, tout en réitérant son soutien à ATT, ne l’a
jamais admis après son éviction du gouvernement en octobre 2007.
Le MC nouvelle version qu’est le futur PDES sera-t-il moins fort sans la
FCD que l’ancien directeur des impôts de Mopti, Djibril Tangara,
avait appelé "aile politique du MC" ou assistera-t-on à un
bicéphalisme autour de "l’héritage d’ATT" ?
En tout cas, dans un entretien récent accordé à nos confrères
de "L’Expression" en Côte d’Ivoire, où il
a passé une partie de son enfance, Djibril Tangara dresse un bilan "satisfaisant" de
sa formation politique.
" Je suis arrivé à composer un bureau de 91 membres, tous
du MC. La FCD est une formation jeune, mais elle est costaud par les hommes et
les femmes qui l’animent. Et, surtout qui ont une expérience dans
l’accompagnement d’un chef d’Etat. S’agissant des élections
communales de 2009, la FCD a participé pour la première fois à une élection
générale. Sur les 703 communes que compte le pays, nous avons engagé des
candidats sur près de 200 communes, avec des moyens très minces.
Au finish, nous avons glané 90 conseillers et quatre maires", s’est
félicité M. Tangara.
Des rapports FCD-MC, bon nombre de nos compatriotes retiennent ce problème
de siège qui a failli voir Djibril Tangara expulser le MC du local qui
abritait ce dernier à Hamdallaye ACI-2000. En définitive, des questions
importantes restent pendantes à l’orée de la grande mue du
MC en PDES. Et à défaut d’éclaircissements verbaux
des vrais acteurs, les gestes et actes seront assez évocateurs non seulement à l’assemblée
générale constitutive du parti présidentiel ce week-end,
mais aussi à l’occasion des prochaines joutes électorales.
Ogopémo Ouologuem
(correspondant aux USA)
Acceuil
14-JUILLET
AFRICAIN A PARIS
Pas de visa pour les chameaux du Mali
Des troupes de 14 pays africains, qui célèbrent cette année
2010 le cinquantenaire de leur indépendance, défileront ce matin
sur "la plus belle avenue du monde". Sur l’asphalte des Champs
Elysées, 36 méharistes du Mali, avec à leur tête le
colonel Daouda Sogoba et le porte-drapeau, le sous-lieutenant Adama Diakité,
battront le pavé à pied. Leurs chameaux n’ont pas été autorisés.
L’homme est presque passé sur toutes les télévisions
françaises et à RFI, la radio mondiale. Le colonel Adama Sogoba
a affirmé sa fierté en tant que Malien de défiler avec ses
hommes le 14 juillet 2010 sur l’avenue des Champs Elysées à l’invitation
du président français Nicolas Sarkozy.
A la tête de la troupe du Mali, composée d’éléments
des six unités méharistes du pays avec une forte représentation
de l’unité de Ménaka, l’homme regretterait à peine,
de n’avoir pu amener les chameaux pour ses hommes. "Des contraintes" ont
fait que ce souhait noble a été abandonné, se limitera-t-il
dans ses explications.
En effet, les 36 hommes devaient défiler sur leurs montures, pour montrer
la dignité de l’armée malienne à célébrer
son 50e anniversaire d’indépendance. Finalement, à côté des
241 cavaliers de la garde nationale française, le colonel Sogoba et ses
hommes se contenteront de leurs paires de godasses pour descendre les 1910 mètres
de ce "lieu des enfers" qui tire son nom de la mythologie grecque,
où séjournaient les âmes vertueuses.
Les 13 détachements africains de 36 hommes chacun (en fait les troupes
comptent 38 éléments, deux sont en réserve au cas où),
défileront par ordre alphabétique. Ils seront accueillis "en
frères d'armes", mais aussi "en représentants de nations
indépendantes, à l'histoire déjà longue", selon
une déclaration de Nicolas Sarkozy qui passera les troupes en revue avant
de rejoindre la tribune officielle, place de la Concorde, aux côtés
de 12 chefs d'Etats africains et de nombreuses personnalités politiques
françaises et étrangères, parmi lesquelles le roi Abdallah
d'Arabie saoudite.
Pour l’occasion, la tribune présidentielle est décorée
aux couleurs françaises et européennes et parée des 14 drapeaux
des nations africaines invitées même si Laurent Gbagbo de Côte
d’Ivoire a décliné l’invitation préférant
se faire représenter par son ministre de la Défense et Andry Rajoelina
de Madagascar, snobé pour sa prise de pouvoir anti-démocratique.
Et pourtant, à la table du déjeuner de travail, hier à l’hôtel
Marigny, peu de convives sont qualifiés de démocrates par les organisations
de défense de droits de l’Homme et les observateurs de la bonne
gouvernance qui pointent du doigt le bilan des cinquante dernières années
des relations entre la France et ses anciennes colonies.
" Un débat ambitieux aurait permis de faire le bilan critique de
cette politique qui n’a malheureusement que très rarement servi
la lutte contre la pauvreté et les injustices", affirment de nombreuses
organisations de la société civile africaines et françaises.
Malgré tout, le déjeuner a été "l’occasion
de confirmer la rénovation de notre lien privilégié avec
l’Afrique et de construire avec nos partenaires africains une relation
résolument équilibrée, transparente et décomplexée",
affirme un communiqué de l’Elysée.
Ce déjeuner consacré au "partenariat rénové entre
la France et les pays africains invités" devait faire le point sur
les évolutions engagées et de tracer les perspectives pour l’avenir.
Oussouf Diagola
(Paris)
14-JUILLET
AUJOURD’HUI
Des cyclistes pour dire "50 ans de Françafrique, ça
suffit !"
Trente cyclistes qui participent à la "course contre la Françafrique" de
l'association Survie sont arrivés mardi à Paris, juste avant les
dictateurs africains invités avec leur armée le 14 juillet par
l'Elysée à l'occasion des célébrations françaises
du "cinquantenaire des indépendances".
La trentaine de cyclistes était partie de Lyon samedi 3 juillet dernier.
Sur leur parcours, le peloton organisait chaque soir une projection-débat
afin d'informer davantage les Français sur le scandale de la Françafrique.
Cette caravane cycliste organisée par Survie a ainsi couru environ 500
kilomètres. En arrivant à Paris "avant les dictateurs",
le mardi 13 juillet, elle a porté avec 75 organisations associatives,
syndicales et politiques les revendications de l'appel à manifester "50
ans de Françafrique, ça suffit".
Oussouf Diagola
(Paris)
Acceuil
RAPPORT
DU CESC SUR LA SECURITE A l’AN
Vers une interpellation du gouvernement
L’Assemblée nationale prend acte du rapport du Conseil économique
social et culturel sur la sécurité au Mali. Elle pourrait interpeller
le gouvernement sur la question dès la session prochaine.
La 1re session ordinaire de la 4e mandature du Conseil économique social
et culturel s’est tenue en janvier dernier sur le thème "la
sécurité au Mali". Ce thème a été traité à travers
divers sous-thèmes, notamment la politique nationale de sécurité et
de protection civile : défis et perspectives ; la politique nationale
de lutte contre les mines antipersonnel et la prolifération des armes
légères et de petit calibre ; la politique nationale de sécurité alimentaire,
la sécurité routière, les conflits intercommunautaires.
A l’issue des travaux, un rapport a été élaboré à l’adresse
de l’Assemblée nationale et du gouvernement. Aux termes de l’article
109, alinéa 2 de la Constitution, "le gouvernement et l’Assemblée
nationale ont obligation, quand ils sont saisis, de donner suite aux avis et
rapports formulés par le Conseil économique, social et culturel
dans un délai maximum de 3 mois pour le gouvernement et avant la fin de
la session en cours pour l’Assemblée". Ainsi au cours de leur
dernière plénière le 3 juillet, les députés
ont pris acte du rapport du CESC.
En matière de politique nationale de sécurité, les honorables
ont estimé, à travers la Commission de défense nationale,
de la sécurité et de la protection civile, que les objectifs stratégiques à atteindre
sont de privilégier la prévention, de renforcer les capacités
opérationnelles des forces, d’endiguer l’insécurité routière
et fluviale, de renforcer la coopération avec les autres pays voisins.
Ils ont abouti à la conclusion qu’il est plus que jamais impératif
et urgent de réglementer la fabrication des armes légères
et de petit calibre et des armes à feu. La fabrication des armes à feu
s’est avérée être une activité intense au Mali,
se sont inquiétés des députés. Pour la sécurité routière,
les actions, estime l’Assemblée nationale, doivent porter sur la
sensibilisation, l’information et l’éducation des jeunes usagers
de la route, notamment en milieux scolaires.
En ce qui concerne la sécurité alimentaire, il a été admis
par l’AN le principe de la mise en œuvre de politiques durables pour
une production nationale suffisante et compétitive par le suivi des prix
et stocks sur le marché intérieur.
Au sujet des conflits intercommunautaires, il s’est avéré que
ces conflits mettent face à face des groupes humains et non des individus
et perturbent l’ordre public et la stabilité sociale. Généralement
de causes domaniales et foncières, ethniques ou religieuses, les conflits
intercommunautaires doivent être, ont réaffirmé les députés,
traités de façon consensuelle en mettant l’accent sur le
rôle de la société civile et des autorités politiques.
Les députés ont salué le rapport qui "évoque
l’essentiel de la problématique de la sécurité" au
Mali.
L’insécurité est un sujet récurrent qui a gagné du
terrain dans notre pays au point qu’il ne passe pas de jour sans qu’un
paisible citoyen ne soit agressé par de bandits. Pour certains députés,
le gouvernement pourrait être interpellé sur la question sécuritaire
dès la session prochaine.
Denis Koné
Acceuil
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