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2010

Mois de juillet

Les Echos du 13 juillet

 

TREVE DU SNESUP
Stratégie ou capitulation ?
Des délégations du Syndicat national pour l’enseignement supérieur (Snesup) et du Syndicat national pour l’éducation et la culture (Snec) ont été reçues dimanche 11 juillet 2010 à Koulouba par le chef de l’Etat. Ils étaient partis réaffirmer leur volonté d’accepter la trêve qui leur avait été demandée par le président de la République après quatre mois de grève illimitée.
Satisfait de la trêve des syndicalistes, ATT a exprimé sa joie avant de noter la nécessité de la reprise des négociations dans un nouvel état d’esprit. Mais dans quel état d’esprit sont désormais les grévistes après plus de trois mois d’action ?
Toujours est-il que le Snesup observe une prudence pour cette nouvelle dynamique de négociations menée par le chef de l’Etat en personne. Pour certains militants du Snesup, les enseignants ne pouvaient pas refuser la proposition de trêve du président au risque d’avoir l’opinion nationale sur le dos qui a cessé de les affectionner depuis un certain temps à cause de leur position jugée "radicale".
En accordant une trêve aussi éphémère (du 15 au 31 juillet 2010) les syndicalistes entendent déjouer d’éventuels pièges pouvant permettre de valider l’année, comme le souhaite ATT, sans qu’ils n’obtiennent gain de cause de leur lutte.
Dix-sept jours de trêve ne suffiront certainement pas à l’administration des établissements universitaires d’organiser des séances de travaux dirigés (TD) et pratiques (TP) et des grands devoirs permettant de valider l’année aux termes des examens.
Aussi, à l’issue de leur assemblée générale de samedi dernier les professeurs qui relèvent du Snesup ont convenu de s’abstenir pour le moment de déposer des sujets d’examen au niveau des administrations scolaires.
" Même si on nous le demandait, personne ne déposerait les sujets. On se rappelle que le président de la République avait dit en 2008 que personne n’est indispensable et ils avaient organisé les examens de fin d’année sans les enseignants de l’enseignement secondaire et professionnel", a noté un professeur, convaincu qu’il y a un piège derrière la trêve.
Cette méfiance a poussé les grévistes à saboter quelque part la trêve qu’ATT leur a proposée en n’accordant que 17 jours à celui-ci pour apporter une réponse claire à leurs revendications. Mais, dans le milieu universitaire on apprend également que "la petite trêve" du Snesup est stratégique et qu’elle est le début d’une solution définitive à la crise.
Puisque qu’ils pourraient se discréditer en acceptant de reprendre le chemin de l’école aussi facilement après l’échec des mois de négociations dirigées par le Premier ministre et son gouvernement et des médiations des autorités traditionnelles et religieuses, les enseignants se donnent le temps avant de céder au grand bonheur du peuple malien.
Il ne s’agit pas de céder sans rien obtenir, mais il semble qu’ils pourraient se contenter du minimum et de donner le temps à l’Etat de satisfaire leurs doléances.
Amadou Waïgalo


A quoi joue le RDA ?
Au Mali le ridicule ne tue pas. Et l’Union malienne/Rassemblement démocratique africain (UM-RDA) vient de le démontrer par sa promptitude à l’annonce de l’observation de la trêve des enseignants. Ce parti s’est précipité dimanche sur les antennes de l’ORTM pour déposer un communiqué qui se félicite de la reprise des cours et salut les enseignants pour leur décision.
Mais qu’est-ce que le RDA et l’ensemble de la classe politique ont fait pour désamorcer la crise ? Rien ! L’Assemblée nationale, qui avait été plusieurs fois interpellée sur la question, s’était défilée. La crise ne constitue pas visiblement une priorité des députés qui ont continué d’interpeller d’autres ministres sur des questions qui n’avaient rien d’urgents comparées à la crise de l’enseignement supérieur.
Mallé et l’ORTM
Le sectaire général du Snesup, Dr. Abdou Mallé, a toujours reproché à la télévision nationale de censurer ses propos. Il est revenu à la charge dimanche au cours de son assemblée générale. Il a accusé Bozola de couper la partie où il disait que son syndicat allait consulter sa base afin de prendre une décision à l’issue de leur rencontre du 7 juillet avec ATT.
" Ils ont fait croire aux gens qu’il y avait eu un accord, or j’ai bien dis que nous prenons acte de la proposition du président et que nous allons rendre compte à la base qui est seule habilitée à prendre une décision", a répliqué M. Mallé regrettant que ses propos ont été délibérément omis par le journaliste de l’ORTM.
A. W.

Acceuil


POLITIQUE DE DELIVRANCE DE VISA
Une association épingle le consulat de France à Bamako

La Cimade, service œcuménique d’entraide, vient de publier "Visa refusé", une enquête sur les pratiques consulaires en matière de délivrance des visas. Depuis plusieurs années, les permanences de l’organisme d’assistance et de soutien aux étrangers se font écho du labyrinthe administratif dans lequel se perdent ceux qui demandent un visa pour pouvoir venir en France. Nous vous donnons l’essentiel du rapport sur le Mali. Suite.
Refus et voies de recours
L’administration devrait informer les intéressés des différentes possibilités de contestation d’un refus de visa et des délais pour le faire. Légalement, il existe une possibilité de déposer un recours "administratif" devant le consulat et/ou le ministère de l’Immigration, et de former un recours dit "contentieux" devant la commission des recours à Nantes puis devant le Tribunal administratif de Nantes et le Conseil d’Etat.
Au consulat de France à Bamako, le refus de visa se constate :
- soit par l’absence de visa dans le passeport de l’intéressé lorsqu’on le lui rend ;
- soit par un cachet rouge indiquant le refus et une indication énonçant que l’intéressé a la possibilité de faire une nouvelle demande après un délai de six mois (délai qui n’est absolument pas prévu par la loi !) ;
- soit par un petit papier blanc glissé dans le passeport qui indique que l’on peut saisir la Commission des recours à Nantes.
Mais la plupart du temps, aucune indication sur les possibilités de recours n’est fournie. D’ailleurs, les personnes interrogées ignoraient totalement qu’elles avaient la possibilité de contester la décision du consulat... Et si un recours est déposé au consulat, il se déclare parfois incompétent…
La présentation au retour
La suspicion est telle qu’une fois rentré au Mali, on doit se présenter à nouveau au consulat français pour prouver que la durée du visa a bien été respectée.
Lors de la délivrance du visa, un papier peut en effet être agrafé dans le passeport, qui pose l’obligation de se présenter au consulat de France au retour de France avant la date de fin de validité du visa. Si la personne se présente alors que son visa est encore valable, il est barré avec une croix rouge et tamponné, afin qu’il ne puisse être utilisé une seconde fois. Et si l’intéressé ne fait pas la démarche de se présenter au consulat pour attester qu’il a respecté la durée de son visa, il lui sera très difficile par la suite de déposer une nouvelle demande de visa et cela, alors même qu’il peut prouver par d’autres moyens, tels que des billets d’avion par exemple, qu’il est bien rentré au Mali. Pourtant cette obligation de se présenter au consulat n’est prévue par aucun texte.
Les cas particuliers
La formation linguistique pour les conjoints de Français et les candidats au regroupement familial.
Pour entrer en France, les conjoints de Français et les bénéficiaires du regroupement familial sont soumis à une formation linguistique et civique, consistant à passer un test sur leur niveau de connaissance de la langue française et des valeurs de la République puis, si besoin, à effectuer une formation de 40 h réparties sur 2 mois maximum. L’attestation de suivi de cette formation conditionne la délivrance du visa de long séjour.
Le Mali est l’un des premiers pays dans lequel ce dispositif a été mis en place, en raison de la présence d’une délégation de l’OFII. En effet, alors même que le décret du 30 octobre 2008 prévoyait l’application de cette réforme sur l’ensemble du territoire dès le 1er décembre 2008, les dispositifs d’évaluation et de formation ne sont pas encore mis en place partout. Au Mali, l’évaluation et la formation sont devenues effectives le 1er février 2009. Et au moment de la mission, elles ne concernaient encore que les conjoints de Français.
Le conjoint de Français, ou le bénéficiaire du regroupement familial, doit d’abord déposer sa demande de visa au consulat, du lundi au jeudi. Ce dernier doit alors inscrire directement l’intéressé sur la liste des tests d’évaluation, qui ont lieu le lundi matin de la semaine qui suit, à la délégation de l’OFII.
Avant de procéder à l’évaluation, l’OFII à Bamako a décidé de faire visionner aux demandeurs le film "Vivre ensemble en France", habituellement diffusé dans le cadre du contrat d’accueil et d’intégration destiné aux migrants qui obtiennent un titre de séjour en France. Ce film comprend notamment une présentation du découpage administratif de la France, du rôle des mairies, du fonctionnement des institutions, des élections, des valeurs de la République (laïcité, égalité entre les hommes et les femmes, etc.), des symboles de la France (la Marseillaise, Marianne, le 14 juillet, la Révolution française, la Déclaration universelle des droits de l’Homme, etc.), des impôts, de l’ANPE, de l’école, des associations, du système de santé et du contrat d’accueil et d’intégration.
Avant et après la diffusion du film, l’équipe de l’OFII explique que le dispositif n’est pas fait pour rallonger la procédure, mais pour permettre aux candidats d’arriver dans de meilleures conditions en France, leur donner des repères sur le fonctionnement de la société française.
Douze personnes maximum assistent à l’évaluation, qui comprend un test de langue et un test sur la connaissance des valeurs de la République, en présence d’un traducteur en bambara. Dans le cadre du test de langue, les intéressés passent une évaluation orale et écrite. Pour être dispensés de la formation linguistique, ils doivent obtenir 50 points sur un barème de 100 points. Sur ces 50 points, la moitié concerne une évaluation orale, l’autre, une évaluation écrite. Si l’intéressé se débrouille très bien à l’oral, il peut être dispensé de la formation même s’il ne maîtrise pas bien l’écrit.
Pour être dispensé de la formation civique, il faut répondre correctement à 5 questions sur 6 choisies au hasard sur l’une des dix fiches officielles disponibles. Ces questions sont posées dans une langue que comprend l’intéressé, au besoin avec l’aide du traducteur. Selon le résultat obtenu lors de cette évaluation, il est déterminé si une formation est nécessaire ou non. Plusieurs scénarios sont alors possibles :
- Si l’intéressé a réussi les tests, son examen médical est effectué dans l’après-midi même. Il doit alors revenir le lendemain, mardi, pour analyser les résultats médicaux et recevoir quelques conseils au moment de l’arrivée en France. Deux cas de santé peuvent empêcher la délivrance d’un visa : une tuberculose évolutive et un cas psychiatrique lourd. Logiquement, la délivrance du visa, ou la suite de l’instruction de la demande, est possible dès le mercredi ;
- Si l’intéressé a réussi le test de langue mais a échoué au test sur les valeurs de la République, une formation de trois heures a lieu l’après-midi même ;
- Si l’intéressé a échoué aux deux tests, il sera convoqué ultérieurement par l’OFII pour suivre les cours. La formation sur les valeurs de la République est comprise dans la formation linguistique et n’est pas dispensée séparément.
L’évaluation et la formation sont confiées à des opérateurs extérieurs. Une convention est passée avec le Service de coopération et d’action culturelle et le CCF (Centre culturel français). Il y a environ une vingtaine de professeurs bilingues qui sont payés à l’heure de formation. Suite à cette formation, les intéressés doivent passer une deuxième évaluation. Une attestation d’assiduité leur est alors délivrée.
Au moment de la mission, en mars 2009, trois évaluations avaient eu lieu depuis le début de la mise en place du dispositif. En tout, 47 personnes avaient passé le test. La première formation devait se dérouler mi-mars et concerner 16 personnes, réparties en deux groupes selon leur niveau. La formation dure 40 h pour tout le monde, réparties sur 15 jours.
L’équipe de l’OFII à Bamako a manifesté sa volonté de mettre en place une procédure rapide pour ne pas pénaliser les demandeurs et ne pas retarder inutilement la réunion des familles. Lorsque nous avons effectué notre mission, les délais proposés par l’OFII étaient effectivement courts et l’équipe réussissait à mettre en place un suivi très personnalisé des demandeurs. Mais cette procédure n’ayant été mise en place que depuis un mois, nous n’avons pas assez de recul pour juger son fonctionnement et son efficacité à moyen et long terme.
Les principaux problèmes observés
L’état civil : un problème récurrent
L’état civil au Mali est problématique : la gestion et la mise à jour des registres n’est pas satisfaisante, une partie de la population ne possède pas de document d’état civil et n’est pas suffisamment sensibilisée à la nécessité de déclarer les faits d’état civil, enfin une partie des registres a été détruite lors de événements de mars 1991 dans le district de Bamako. Dès lors, le système de l’état civil malien ne correspond pas aux exigences du consulat français. Celui-ci demande parfois des documents qui n’existent pas au Mali.
A titre d’exemple, le consulat demande aux postulants de produire le volet n°3 de leur acte de naissance. Or ce volet n’existe que depuis 1987 mais le consulat le réclame parfois pour des naissances antérieures à 1987.
Selon un responsable de l’état civil dans une mairie de Bamako, ces exigences impossibles à satisfaire montrent à quel point le consulat de France a une mauvaise connaissance du fonctionnement de l’état civil malien. Il déplore que le consulat transpose le fonctionnement français au Mali alors que les deux systèmes sont totalement différents, le Mali ayant une importante tradition orale.
De plus, si des faux documents d’état civil circulent effectivement, cela entraîne de la part du consulat une suspicion systématique et disproportionnée sur tous les documents d’état civil présentés. Les services d’état civil interrogés le vivent mal, estimant qu’il s’agit d’une remise en cause de la qualité et de la fiabilité de leur travail : "Nous sommes quand même des gens dignes de responsabilités, il faut bien que l’on se fasse confiance".
Des vérifications sont donc effectuées auprès des mairies maliennes pour contrôler l’authenticité des documents produits. Mais le nombre de vérifications effectuées sur un même dossier semble tout à fait excessif pour les mairies que nous avons interrogé : "Souvent le consulat demande une copie intégrale d’un document, puis une copie littérale, puis le volet n°3, puis une authentification, il ne faut pas exagérer… Le consulat fatigue les gens, c’est une façon de les décourager. On a l’impression qu’ils font ça pour bloquer les gens".
Les demandes d’authentification ou de transmission d’actes d’état civil allongent considérablement les délais pour les demandeurs de visa. La première raison est qu’il y a parfois des problèmes de transmission entre les différents services de la mairie. La seconde est que le consulat ne saisit pas toujours la bonne mairie et envoie parfois la demande directement aux centres municipaux secondaires alors que cela doit passer par la mairie centrale qui se charge elle-même de dispatcher les dossiers.
La troisième raison est qu’il arrive que les dossiers se perdent ou que le consulat déclare n’avoir pas reçu la réponse de la mairie alors que celle-ci dispose de la preuve qu’elle a bien répondu à la demande du consulat.
Le consulat ne prend pas toujours la peine de relancer la mairie et c’est souvent à l’occasion du déplacement du demandeur de visa au consulat pour s’informer sur l’état d’avancement de l’instruction de son dossier, que celui-ci découvre qu’il y a un problème. Le consulat indique au requérant que sa demande de visa ne peut pas être instruite tant que la mairie n’a pas répondu à la demande d’authentification.
Le postulant doit alors se rendre à la mairie pour lui demander de répondre au consulat ou, si cela a déjà fait, pour obtenir un document prouvant que la mairie a déjà répondu. "Maintenant on essaye de garder une copie de tout ce qu’on envoie au consulat. Parfois les personnes repartent avec le bordereau de l’envoi pour bien prouver au consulat qu’on a déjà répondu".
Il arrive aussi que les services d’état civil reçoivent plusieurs lettres de rappel du consulat pour un dossier déjà transmis par la mairie. Entre ces différents courriers, plusieurs mois peuvent s’écouler, autant de temps perdu pour les demandeurs. "J’ai l’honneur de vous rappeler que ces localités ne relèvent pas de ma circonscription consulaire".
Le 9 janvier 2009, le consulat demande à la mairie des actes de naissance que celle-ci a déjà transmis depuis deux mois. "J’ai l’honneur de vous rappeler que ces correspondances ont fait l’objet de réponse de notre part le 3 novembre 2008, transmise à vos services le 5 novembre 2008".
Les services d’état civil interrogés déplorent que ces problèmes de communication ne donnent pas lieu à davantage d’échanges entre les autorités consulaires et les autorités maliennes afin de trouver des solutions pour le bien des usagers. Ils regrettent que le consulat ne prenne pas l’initiative d’organiser des réunions de travail en commun pour améliorer les procédures. Et ils estiment que concernant des situations individuelles qui sont totalement bloquées, un simple appel téléphonique du consulat permettrait souvent de trouver une issue favorable pour le demandeur :
" Le consulat a vu une incohérence dans un document d’état civil et il a saisi le procureur de la République de Nantes. S’ils nous avaient contactés, même par un coup de téléphone, le problème aurait pu être réglé rapidement. Nous aurions pu leur dire qu’il y avait une erreur au niveau de nos registres et nous aurions rectifié. Il y avait juste un problème de numérotation de l’acte, mais son contenu était bon. Au lieu de ça ils ont préféré saisir la justice française et faire des complications pour la personne alors qu’elle n’était pas responsable de cette erreur".
Les conséquences de ce défaut de communication peuvent être tout à fait préjudiciables pour les postulants. Surtout lorsque le consulat refuse de revenir sur une décision de refus de visa motivée par une erreur sur un acte d’état civil alors que la mairie a rectifié cette erreur.
Mlle D. a déposé une demande de visa en septembre 2006 pour rejoindre sa mère qui a obtenu le statut de réfugiée en France. En juillet 2007, le consulat refuse de lui accorder le visa au motif que l’acte de naissance produit à l’appui de la demande n’est pas authentique et que, dès lors, son identité comme sa filiation ne sont pas établies. Une erreur de transcription s’était effectivement produite au niveau des services d’état civil maliens qui avaient attribué un même numéro à deux actes de naissances : celui de Mlle D. et celui d’une autre personne née la même année dans la même Commune.
Malgré la lettre des services d’état civil reconnaissant cette erreur, le consulat a refusé de revenir sur sa décision après plusieurs recours et de multiples interventions d’associations françaises et maliennes, ainsi que celle d’un sénateur français demandant au consulat d’envoyer un agent à la mairie pour constater sur place l’existence et l’authenticité de l’acte de naissance.
Mlle D. a dû saisir la commission des recours contre les refus de visa puis le Conseil d’Etat qui lui a finalement donné raison en juillet 2009 en demandant au ministère de l’Immigration de réexaminer le dossier. Mlle D. est arrivée en France le 23 septembre 2009, après trois ans de procédure !
Le même accueil déplorable pour tous !
Si l’une des plus grandes difficultés, dans le cadre d’une demande de visa, consiste à pénétrer dans le consulat, force est constater que ce traitement n’est pas réservé aux seuls demandeurs de visa. En effet, durant nos observations, nous avons constaté que des Français se heurtaient également à de nombreux obstacles. La mauvaise qualité de l’accueil semble donc concerner toutes les personnes qui sollicitent le consulat, et pas exclusivement les Maliens.
M. M., de nationalité française, est venu au Mali dans le cadre d’un projet de mariage avec une jeune femme Malienne dont il a un enfant de six ans, qui vit avec elle au Mali. Il avait appelé le consulat depuis la France pour demander comment se passait la procédure pour se marier et ce qu’il devait faire pour que sa femme puisse ensuite le rejoindre en France.
Au bout de plusieurs tentatives, il avait fini par avoir une personne au téléphone, mais elle lui avait répondu qu’elle n’était pas habilitée à lui donner des renseignements. Lorsqu’il est arrivé au Mali, un cousin lui dit : "Je suis au regret de vous confirmer qu’effectivement une erreur de transcription nous a fait attribuer le même numéro à votre acte de naissance ainsi qu’à celui d’un certain M. X.".
Très peu d’informations ont été données sur le type de formulaire à remplir selon les demandes. "Si on ne sait pas ce qu’on est venu chercher ce n’est pas évident".
Il récupère le formulaire de demande de certificat de capacité à mariage. Lorsqu’il demande des explications sur les pièces à fournir, la procédure, les délais, l’agent lui répond que tout est dans le formulaire et ne donne pas plus de précisions. Il remplit le formulaire et amène quelques jours plus tard toutes les pièces demandées photocopiées.
Il pensait qu’il allait cette fois pouvoir entrer dans le consulat pour montrer ses pièces. On lui dit que non, et qu’il faut qu’il attache les pièces avec le dossier. Comme il n’a rien sur place pour attacher les pièces avec son formulaire l’agent lui dit de revenir. Le lendemain, il revient avec les pièces accrochées avec un trombone à son formulaire.
L’agent lui demande s’il n’a pas une enveloppe pour mettre le dossier à l’intérieur. Il dit que non, le dossier est dans une pochette et il insiste pour que l’agent le prenne. L’agent prend le dossier mais ressort en lui disant qu’il manque la copie intégrale de l’acte de naissance de l’enfant.
M. M. prouve que la pièce se trouve pourtant bien photocopiée dans le dossier, ce que nous avons d’ailleurs pu constater nous-mêmes. D’autres personnes qui se trouvent autour de l’agent s’en mêlent. L’agent finit par dire que même si le document était joint au dossier, c’est de toute façon trop tard et qu’il doit revenir jeudi ou vendredi.
M. M. est hors de lui : "Ici on ne peut pas communiquer, peut-être que nous ne sommes pas humains, ils nous traitent comme des sauvages. Comment est-il possible qu’un employé d’un consulat parle comme cela à un citoyen français. Les gens ne se rendent pas compte que l’on vient pendant des congés. A chaque fois on revient, on prend un billet d’avion, pour venir au consulat, il faut prendre des taxis. J’ai laissé mon travail pendant deux mois. Cela coûte cher".
M. M. indique à l’agent qu’il va se plaindre à l’intérieur pour dire ce qu’il pense de cette procédure.
L’agent lui a répondu d’un air menaçant, "quand vous rentrez à l’intérieur vous fermez vos bouches".
M. M. n’est hélas pas un cas isolé…
Un ressortissant français, qui s’est marié avec une jeune femme Malienne, s’est présenté au consulat en octobre 2008 pour faire transcrire son acte de mariage. Depuis, il attend la réponse mais son rendez-vous est à chaque fois reporté. Nous le rencontrons en mars 2009 devant le consulat. Là encore, on lui dit que son dossier est en cours et on lui dit de revenir fin mars. Depuis le début, le même scénario se reproduit : il se présente au consulat, on ne lui donne pas l’autorisation d’entrer, il n’obtient aucune information et on lui redonne sa convocation avec une autre date de rendez-vous sans aucune explication. Depuis son mariage, c’est-à-dire octobre 2008, il a fait neuf allers-retours sans jamais pouvoir entrer dans le consulat !
Le règne des intermédiaires
Le manque d’information aux différents stades de la procédure fait la part belle à ces intermédiaires que l’on nomme les "coxers", des rabatteurs qui agissent aux abords du consulat. Etant donnée l’impossibilité d’obtenir des informations de la part du consulat lui-même, les "coxers" deviennent en effet incontournables et sont très écoutés parce qu’ils savent comment cela se passe à l’intérieur.
Les personnes qui n’ont pas réussi à obtenir un renseignement, ou qui ressortent du consulat visiblement déçues ou en colère, sont immédiatement approchées par ces intermédiaires qui leur proposent ouvertement leurs services : obtenir une information, avancer un rendez-vous, aider à remplir un formulaire, acheter une pièce justificative ou même un visa…
Un simple renseignement peut se négocier entre 500 et 1000 CFA, et l’achat d’un visa aux alentours de 4 millions de CFA, soit environ 6000 euros !
Cette information nous a été donnée par de nombreux témoins : "Sans être dans le secret des dieux, tout le monde sait qu’on peut acheter un visa".
Parfois, les "coxers" abordent les personnes avant même qu’elles n’aient accédé au consulat, pour les dissuader de déposer un dossier. Ils leur expliquent que si elles passent par la "voie normale", leur visa sera refusé et elles perdront de l’argent. Les "coxers" se trouvent sur le trottoir du consulat français, à quelques mètres de l’entrée. Ils ne cherchent aucunement à se dissimuler et agissent sous le regard des agents de sécurité, des policiers, des militaires et des caméras.
Quelques exemples de "services" vendus par les "coxers" :
- La location d’euros : les "coxers" conseillent aux demandeurs d’amener de l’argent liquide afin de prouver qu’ils ont des ressources suffisantes pour couvrir les frais de séjour en France, notamment dans le cadre d’une demande de visa touristique. En effet, les agents consulaires suspectent parfois les intéressés de verser sur leur compte bancaire de l’argent qui n’est pas le leur, uniquement pour la demande de visa. Le consulat demande alors aux personnes de montrer de l’argent liquide. On peut donc louer 200 à 500 euros aux "coxers" pour le temps de l’entretien, moyennant 20 000 CFA, soit 30 euros environ…
- L’achat d’un rendez-vous : les rendez-vous peuvent être difficiles à obtenir, en particulier en période d’été où il peut y avoir un délai de 30 à 45 jours pour être reçu. Les "coxers" peuvent apparemment obtenir un rendez-vous plus tôt moyennant 15 000 CFA, soit 22 € environ. Ce tarif serait négociable...
- Le dépôt d’un dossier : un demandeur raconte qu’il a payé 50 000 CFA (environ 75 euros), juste pour pouvoir déposer son dossier.
- L’achat d’un visa : il n’a pas été possible d’obtenir des informations précises sur ces pratiques mais, selon les témoignages recueillis, il semblerait que deux techniques soient utilisées par les intermédiaires. Soit leur intervention consiste à acheter un "vrai" visa, soit elle consiste à produire de faux justificatifs qui sont rassemblés dans un dossier qui est présenté au consulat selon la voie "normale".
Selon les témoignages recueillis, certains "coxers" arrivent à faire passer les dossiers, tandis que d’autres encaissent l’argent en sachant pertinemment que cela ne va pas fonctionner. Selon les personnes interrogées, on parle de "vrais coxers" lorsqu’ils ont leurs "entrées" pour obtenir les visas et de "faux coxers" pour les autres. Les plus réputés sont très demandés. Mais ce statut n’est pas définitif, car il arrive que les "vrais coxers" perdent leur contact à l’intérieur du consulat en raison d’une mutation.
Un coût de procédure souvent prohibitif
Le coût d’une demande de visa est assez élevé, car en plus du visa en lui-même, il faut compter un certain nombre de frais annexes : passeport, réservation d’hôtel, assurance… Sans oublier la réservation du billet d’avion aller-retour, dont les dates doivent être confirmées et les références du vol indiquées au moment du dépôt de la demande de visa. Il faut enfin attester, en chèques de voyage ou en espèces, d’un montant de 60 euros par jour pour toute la durée du visa sollicité. Sans compter le billet d’avion et la réservation d’hôtel que certains doivent payer avant d’avoir obtenu leur visa, la demande de visa coûte donc en moyenne 144 000 CFA, soit 220 euros environ, alors que le salaire moyen au Mali est de 40 000 CFA, soit 61 euros.
Toutes les personnes rencontrées nous ont parlé du coût exorbitant des visas, et surtout du sentiment d’injustice lié au non-remboursement de cette somme en cas de refus : "On prend ton argent et l’on te refuse sans rien t’expliquer. Ensuite, on n’a plus le droit de déposer une nouvelle demande avant six mois, c’est la logique de la forteresse. Ils prennent ton argent et ils s’arrangent pour ne pas te revoir avant six mois".
" Ils nous pillent, car ils savent qu’ils ne vont pas délivrer le visa et ils encaissent l’argent sans le rembourser. Ils se font de l’argent sur le dos des pauvres".
Calcul du coût moyen pour un visa touristique :
Certificat de résidence : 500 F CFA
Carte d’identité (pour avoir le passeport) : 3500 F CFA
Passeport : 75 000 F CFA
Photos biométriques : 3000 F CFA
Réservation d’hôtel : 29 500 F CFA
Assurance : 22 000 F CFA
Visa : 40 000 F CFA
Total : 144 000 F CFA
" Les Maliens se sentent grugés parce que quand ils sont déboutés on ne leur rend pas les 40 000 F CFA. Avec 200 à 250 personnes par jour devant le consulat ça fait beaucoup d’argent".
Le point de vue des demandeurs maliens
Que les personnes aient ou non déposé un jour une demande de visa, qu’elles aient eu un accord ou un refus et quel que soit leur milieu social, toutes parlent du consulat français, de la manière dont on y est traité et de la difficulté d’obtenir un visa. Dans la mesure où l’essentiel de la procédure de demande de visa se déroule sur le trottoir, les conditions d’accueil des demandeurs éclatent à la vue des Bamakois qui empruntent chaque jour cette artère très fréquentée.
Cet accueil déplorable suscite un sentiment d’humiliation, même chez les Maliens qui n’ont pas l’intention de demander un visa pour la France.
Un homme d’affaires dit ainsi : "Avoir un visa français, c’est aussi dur que d’entrer dans la chambre à coucher d’un président de la République. Ça blesse les gens, même ceux qui n’ont rien à voir avec les visas et qui ne feront jamais de demande pour venir en France. Mais tous les jours on voit la queue, l’attroupement devant le consulat. Alors on en parle très souvent autour du thé".
Ce sentiment d’humiliation est accru par l’incompréhension des refus qui ne sont ni motivés ni même expliqués oralement. Ce ne sont d’ailleurs pas tant les refus qui génèrent le plus de colère, mais la manière dont les demandeurs sont traités. Ce comportement du consulat à l’égard des ressortissants maliens est ressenti comme une offense.
Un autre homme d’affaires déclare : "J’ai envie de dire à tous ces gens qui font la queue ‘arrêtez d’aller chercher des visas, on a encore une petite dignité’. Je ne me lèverai jamais pour avoir un visa touristique pour la France, je veux préserver ma dignité".
Un haut fonctionnaire déplore : "Les Africains qui ont été colonisés méritent un autre traitement. Cette culture commune fait obligation à la France de nous considérer autrement. Qu’ils veuillent gérer les flux migratoires, c’est parfaitement compréhensible, mais rien ne les oblige à traiter les personnes de cette manière, il s’agit d’êtres humains".
Cette attitude entraîne progressivement un rejet de la France et de la Francophonie. Les Maliens sont d’autant plus blessés par le comportement du consulat français qu’ils se sentent très proches des Français.
Un huissier de justice confirme : "C’est une forteresse, pourtant les Maliens ne sont pas terroristes. Tout le monde ne veut pas rester en France, nous aussi on a le droit de partir en vacances. Quand on veut partir et qu’on a deux mois, la moitié des vacances est foutue à cause des problèmes de visa. C’est le parcours du combattant, ça ne donne pas envie d’aller faire un tour en France".
Un haut fonctionnaire précise : "La situation est très mal vécue par des Maliens en raison des liens forts entre le Mali et la France. Des Maliens sont morts pour la France, il faudrait qu’elle s’en souvienne. Et l’on veut développer la Francophonie mais l’image de la France est ternie".
Le permanent d’une association déclare : "Ils vous donnent l’impression que vous venez quémander. Cela donne une mauvaise image de la France, même une haine de la France. On formate une nouvelle génération contre la France. Tu ne peux pas aller en France même si tu as les moyens. Maintenant, les Maliens commencent à dire ‘Tout sauf la France !’. Mêmes les étudiants vont maintenant au Canada et aux Etats-Unis. Ils se sentent pourtant beaucoup plus proches de la France et il serait plus logique qu’ils fassent leurs études là-bas. Lorsqu’ils reviennent au Mali et qu’ils ont des postes importants, ils en veulent à la France et préfèrent travailler avec d’autres pays".
Un homme d’affaire affirme : "C’est l’étranger qui détient votre image. Si vous le traitez mal, c’est votre propre image qui en pâtit".
Quelles perspectives ?
Depuis quelques années, le Mali s’est engagé dans un plan de modernisation de son système d’état civil, avec notamment le soutien de la France, des Pays-Bas, de la Belgique, de l’Unicef, du Pnud et de l’Association internationale des maires de la Francophonie.
Cette opération est fondée sur la formation des acteurs, la sensibilisation de la population pour qu’elle prenne conscience de la nécessité de déclarer les faits d’état civil, et la mise en place d’un réseau permettant d’actualiser et de mettre à jour les registres.
Pour ce faire, un recensement de la population est en cours dont le but est de recenser tous les Maliens, y compris ceux qui n’ont pas de pièces d’état civil pour constituer un fichier central ouvert à diverses applications, avec attribution d’un identifiant unique à chaque Malien.
Concrètement, il s’agit de :
- mettre en place au niveau local un système de collecte efficace de tous les faits d’état civil au moment de leur survenance à l’aide des registres de déclaration ;
- permettre un traitement rapide des informations, en équipant convenablement les communes et en assurant une formation adéquate des acteurs ;
- doter les collectivités territoriales d’unités de saisie informatisées capables de prendre en charge tous les faits d’Etat civil émanant des communes ;
- doter les régions d’équipement permettant de centraliser toutes les données des collectivités territoriales de la région en vue de la constitution du fichier et de la sécurisation du suivi et du contrôle des données ;
- mettre en œuvre des moyens permettant la création d’un fichier central.
Il faut espérer que cette réforme du système d’état civil permettra de résoudre les nombreuses difficultés auxquelles se heurtent actuellement les demandeurs de visa pour attester de leur identité auprès du consulat de France. Par ailleurs, depuis 2006, la France souhaite signer avec le Mali un accord de gestion "concertée" des flux migratoires et de co-développement.
Cet accord a pour vocation d’inciter les autorités du Mali à s’engager à contrôler les flux migratoires en échange de possibilités limitées de migration légale et d’aide au développement. Il s’inscrit dans le cadre de la politique de sous-traitance de la gestion des "flux migratoires", menée par la France et l’Union européenne.
Le projet d’accord contient notamment des clauses de réadmission qui faciliteraient l’expulsion effective des ressortissants maliens en situation irrégulière en France mais rendraient également possible le renvoi au Mali de ressortissants d’États tiers, principalement d’Afrique, ayant transité par ce pays avant d’atteindre l’Europe.
Malgré la forte pression exercée par la France pour parvenir à la conclusion d’un tel accord, le Mali résiste. Il conviendra d’être vigilant à d’éventuelles poursuites des négociations, car la signature d’un tel accord pourrait avoir des conséquences en matière de délivrance des visas.
(source : Cimad)

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BRUITS SOURDS
Parti du PDES : la der gouvernementale pour Séméga ?
" Plus pressé que la musique, on danse mal". Pour n’avoir pas intégré plus tôt cette assertion dans ses calculs, le ministre de l’Equipement et des Transports, président de Mouvement citoyen, est peut-être en train de se brûler les ailes. Annoncé pour le 17 juillet, son parti PDES risque de ne pas voir le jour de sitôt, car il est désormais placé devant un dilemme cornélien : faire ou ne pas faire.
Nos sources rapportent en tout cas que Djibril Tangara qui est allé une fois à contre-courant de la volonté du président de la République en mettant en place une formation politique l’a payé. Elles soutiennent qu’il en sera de même pour tous ceux qui se réclament du chef de l’Etat, à égale distance des partis politiques, mais qui essayent de louvoyer avec ce principe surtout à deux ans de la fin de son mandat.
Séméga, qui voulait donc franchir le Rubicon, est en train de réfléchir par deux fois. Si bien qu’un report de la date de création du parti n’est pas à écarter parce que le président risque alors d’appliquer "sa" jurisprudence.
Cette nouvelle "donne" donne raison à la seule maire élue du Mouvement citoyen. Mme Seck Oumou Sall de Goundam, qui a tenu tête à l’Adéma et à l’URD aux dernières municipales, donc un poids lourd du camp présidentiel qui était l’objet d’une volée de bois verts. Elle avait simplement indiqué que le PDES et le nom d’ATT sont des patrimoines de tout le peuple malien et qu’il ne serait pas bon qu’un groupe seul en tire profit. Cela n’était pas du goût des tenants de la thèse contraire qui s’étaient acharnés sur elle. "Un tien vaut mieux que deux tu l’auras". Avis à Séméga !

 

Bakary Togola : un homme pressé
Le président réélu de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (Apcam), Bakary Togola, n’aime pas s’encombrer de détails. Elu à huis clos samedi dernier, il a mis à profit la journée de dimanche 11 juillet 2010 pour s’investir dans ses fonctions retrouvées. C’était à l’hôtel de l’Amitié en présence d’une foule de partisans, de parents, amis et connaissances et de vedettes de la musique traditionnelle malienne.
Pour lui, tout est normal, il n’a pas le temps d’attendre l’éventuel arbitrage de la justice sur les plaintes, la campagne, les renouvellements des chambres régionales d’agriculture n’ayant pas été dans bien des cas menés dans les règles de l’art, de sources proches du dossier.
Béni par le président de la République, qui le préfère aux intellectuels "casse-pieds", Bakary Togola décidément ne craint plus rien. Il fait ce qui lui plaît, fait comme bon lui semble, sans crainte d’être contesté. Il est comme qui dirait la justice et l’Etat par procuration. Celui qui n’est pas content peut s’exiler ? Qui dit mieux ?

 

Fête du 14 juillet à Paris : ATT veut se ressaisir
Le président de la République, Amadou Touré a quitté Bamako hier pour Paris où il prendra part demain 14 juillet à la fête nationale de la France. Il sera logé à l’hôtel Méridien Montparnasse. Le programme de cette fête nationale prévoit notamment des défilés et des parades militaires. L’on se rappelle lors du lancement de l’ORTM sur satellite à Paris, il y a environ deux ans, le président ATT avait été interpellé par la communauté malienne, mécontente du rapatriement massif des Maliens résidents à Paris. A l’époque, il avait été accusé de connivence avec les autorités françaises. Il semble cette fois-ci qu’ATT pour éviter les désagréments ne rencontrera qu’une centaine de Maliens triés sur le volet pour éviter le genre de scandale survenu lors de sa précédente rencontre avec la communauté malienne à Montreuil où des jeunes sans papiers avaient vivement réagi sur leur situation.

 

Loulou : un ex-directeur régional du travail indique des voies pour licencier des travailleurs
Un fonctionnaire de l’Etat a préféré prendre sa disponibilité pour aller à la direction des mines de Loulou (région de Kayes) comme conseiller. Par mois, l’ex-agent de l’Etat perçoit 2 millions de F CFA. Là n’est pas le problème. Le hic se situe au niveau du fait que c’est ce conseiller de par son expérience qui indique toutes les voies à la direction des mines de Loulo pour sanctionner ou licencier des travailleurs. Il serait à la base de la décision de licenciement de tous les membres du comité syndical en 2009.

 

Ségou : le maire retire la signature à son 2e adjoint
Les relations entre le maire de la Commune urbaine de Ségou, Ousmane Karamoko Simaga et son 2e adjoint, Niafungué Goïta, sont glaciales. Selon nos informations le divorce entre les deux hommes réside dans le fait que celui qui a fait la plainte contre le maire pour double identité serait un ami à son 2e adjoint. Pour se venger, le maire de Ségou n’a trouvé mieux que de s’attaquer à son 2e adjoint en lui retirant purement et simplement mardi sa délégation de signature. M. Goïta en sa qualité de "maire" chargé des domaines, voirie et assainissement n’a plus compétence à signer un document pouvant engager la mairie ni à délivrer un permis. Contacté, l’intéressé s’est refusé à tout commentaire, selon les instructions du préfet de Ségou. Nos sources rapportent que les deux protagonistes sont convoqués chez celui-ci.

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MINISTERE DE LA JUSTICE
Dans la mouvance du cinquantenaire
Dans le cadre des festivités du cinquantenaire de notre accession à l’indépendance, le ministère de la justice a procédé lundi 12 juillet 2010 à la Cour d’appel de Bamako au lancement de ses activités commémoratives du cinquantenaire.
La cérémonie de lancement a été présidée par le ministre de la Justice, Maharafa Traoré, qui avait à ses côtés Fatoumata Guindo, ministre chargé des Relations avec les institutions, M’Bam Diarra, médiateur de la République, Abdoulaye Issoufi Touré, 1er président de la Cour d’appel, et Oumar Hammadoun Dicko, président de la Commission d’organisation du cinquantenaire.
Pendant deux jours, les activités du cinquantenaire de la justice malienne porteront sur une journée portes ouvertes à la Cour d’appel de Bamako, des conférences et des panels animés par les représentants de différentes professions juridiques et judiciaires. Ils donneront à toutes les corporations judiciaires de parler d’elles-mêmes, de leur évolution et des perspectives.
Selon Maharafa Traoré, la justice, au cours de ses 50 ans a enregistré des avancées significatives qui méritent d’être connues du grand public. L’institution judiciaire a contribué au renforcement de l’indépendance de notre pays mais aussi a son développement et au maintient de la paix, et de cohésion sociale, a-t-il souligné.
Sous cet angle, pour le ministre, la célébration du cinquantenaire est l’occasion de mesurer le chemin parcouru et de jeter un regard critique sur son évolution en vue d’en déceler les forces et les faiblesses.
“ Les magistrats étaient 12 au départ du colonisateur et 402 aujourd’hui. Les avocats n’étaient qu’une dizaine jusqu’en 1971 contre 275 aujourd’hui. Les notaires ne dépassaient pas 2 jusqu’en 1974 contre 35. Les huissiers de justice, au lendemain de l’indépendance ne dépassaient pas 4, ils sont au nombre de 91…a-t-il noté.
Selon Oumar Hammadoun Touré, 2010, année du cinquantenaire est une année spéciale consacrée par les autorités de notre pays. Il a salué les doyens et l’initiative du département.
Selon lui, la justice est le fondement de la République, “ aucun Etat au monde ne peut progresser sans une justice saine et équitable “ a-t-il admis.
La cérémonie a pris fin par une visite des stands.
Aminata Traoré
(stagiaire)

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AIDE A L’AGRICULTURE, L’ELEVAGE ET LA PECHE
Un Fonds qui fait le bonheur du monde rural
Les paysans, éleveurs et pêcheurs peuvent se frotter les mains. L’Etat vient de mettre à leur disposition un fonds afin de les soutenir dans leurs activités et de prévenir les calamités.
Dans sa mise en œuvre, la Loi d’orientation agricole, adoptée en septembre 2006, prévoyait la création d’un certain nombre de fonds destinés à la prévention des risques et calamités agricoles, un financement de l’appui aux activités agricoles et péri agricoles et de garantir partiellement ou en totalité les emprunts contactés par les exploitations agricoles.
Les députés ont satisfait les doléances du monde paysan en donnant leur quitus au gouvernement pour la création d’un Fonds national d’appui à l’agriculture. Le projet de loi voté par les députés constitue un cadre d’intervention juridique permettant à l’Etat, aux collectivités territoriales et aux organisations agricoles de soutenir le secteur agricole par le Fonds national non lié à l’extérieur.
Le Fonds a notamment pour objectif de financer l’appui aux activités agricole et péri agricoles, les activités tendant à prévenir et minimiser l’impact des risques majeurs et des calamités sur le développement agricole et les conditions de vie des populations rurales, de financer le stock national de semences sélectionnées utilisables en période de calamité et de soutenir la production de semences à tous les stades de la production.
Le Fonds sera alimenté par les ressources provenant de l’Etat et des collectivités territoriales, du prélèvement d’un pourcentage sur les redevances perçues des organisations professionnelles agricoles. Il sera par ailleurs pourvu d’autres subventions et legs. La création du Fonds consacre la fusion de trois fonds ; à savoir : le Fonds national de développement agricole, le Fonds national des risques et des calamités agricoles et le Fonds de garantie.
Les organisations professionnelles paysannes concernées saluent la création de ce Fonds. Dans le domaine de l’élevage, il prévoit une indemnisation des éleveurs en cas d’abattage massif pour raison de santé publique (grippe aviaire par exemple). Il prévoit également un soutien en cas d’inondation et de sécheresse afin que les éleveurs puissent reprendre leurs activités économiques à travers la reconstitution du cheptel.
Au niveau de la pêche, les activités financées couvrent les aménagements aquacoles, les calamités, les déficits de cru des cours d’eau, la préservation des ressources halieutiques, les intrants et équipements de pêche.
Sur le plan forestier, il prévoit le reboisement sous toutes ses formes agro foresterie, plantations de production, vergers ainsi que des travaux de défense, de restauration et conservation des eaux et sols et l’aménagement de forêts.
Denis Koné

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GARE ROUTIERE DE SOGONIKO
Voyage dans l’univers des coxeurs
Les "coxeurs", ces chasseurs de clients pour les compagnies de transport de petite envergure marquent bien leur territoire dans la vie mouvementée de la Gare routière de Sogoniko.
Vendredi 9 juillet 2010. La gare routière de Sogoniko en Commune VI du district de Bamako. Il est 9 h. La gare reprend son train-train quotidien après avoir été parcimonieusement arrosé par une pluie matinale.
Aux abords des routes sont postés des jeunes gens à l’affût des taxis et motos ayant à bord des passagers en partance pour les capitales régionales ou les pays voisins. Un taxi clignote pour prendre la direction de la gare, un jeune s’accroche à la portière en vociférant : "Où vas-tu ? A Ségou, Gao, Sikasso, Abidjan ?"
L’indifférence des passagers n’ébranle pas outre mesure la détermination du jeune homme qui accompagne le taxi jusqu’à l’arrêt. Le jeune homme s’appelle Diakaridia Traoré. Profession : "coxeur".
Son travail consiste à chercher des clients pour des compagnies de transport contre une récompense qui varie selon le tarif de la destination du voyageur "gagné". La vingtaine bien sonnée, cet ancien apprenti menuisier, reconverti il y a juste sept mois, gagne entre 300 et 3000 F CFA par jour.
Son compère Madou Traoré est "coxeur" depuis plus d’un an. Agé de 22 ans, ce jeune se dit fier de son travail qui, assure-t-il, lui permet de joindre les deux bouts. "Avec mon travail, je parviens à régler mes besoins fondamentaux sans quémander, escroquer ou voler".
Très fier de son travail, Madou Traoré balaie d’un revers de la main les clichés qu’on colle aux "coxeurs". "Le coxeur n’est ni un voleur ni un escroc encore moins délinquant, mais celui qui gagne dignement son pain", affirme-t-il. A quelques encablures de la Gare routière, sur l’autre voie de l’autoroute qui mène à Faladiè, c’est le domaine des vieux coxeurs.
Avec une moyenne d’âge de 40 ans, la plupart de ces vieux routiers sont venus dans le métier à leur corps défendant. Ils sont généralement d’anciens chauffeurs sans véhicule ou en panne. C’est le cas d’Adama Samaké, "coxeur" depuis près d’une dizaine d’années.
Même s’il n’a pas la même énergie que ses cadets pour courir derrière les clients, ce quinquagénaire, qui a obtenu son permis de conduire depuis 1980, assure gagner sa vie malgré les difficultés. Au nombre de ses difficultés, M. Samaké cite la confusion que font les passagers entre les "coxeurs" et les voleurs.
Des "lutteurs" aussi
" Des passagers nous assimilent souvent à tort aux voleurs qui s’infiltrent dans nos rangs. Les coxeurs se connaissent entre eux et ne font que leur boulot", explique-t-il. Adama Samaké regrette au passage aujourd’hui le mépris dont font montre certaines grandes compagnies à leur égard (celles-ci ne collaborent pas avec les coxeurs). Or, explique-t-il, avec une pointe de déception, ce sont les "coxeurs" qui ont fait prospérer toutes les grandes compagnies de transport.
A côté des "coxeurs", l’on retrouve aussi les "lutteurs". A la différence des premiers qui ne travaillent pas au compte d’une compagnie de transport déterminée, les seconds sont des jeunes recrutés spécialement par des compagnies pour "lutter" en leur faveur, c’est-à-dire chercher des clients pour elles contre une récompense journalière ou mensuelle selon la compagnie. Nitiéma Tidiane est un "lutteur" au compte de la compagnie MTG-Mali.
Agé d’environ 25 ans, ce colosse est habillé en débardeur blanc assorti d’un pantalon jean’s noir. C’est un jeune cireur burkinabé reconverti "coxeur" depuis quatre ans et "lutteur" il y a tout juste quelques mois. Plus connu sous le nom de Morè à la Gare routière, Nitiéma Tidiane explique, dans un français approximatif à forte consonance burkinabé, qu’il vit très bien de son boulot. Pour lui, ce travail lui rapporte plus que celui de cireur. "Maintenant, je peux gagner 3000 F CFA par jour et 12 000 F CFA par mois", dit-il.
Mais que pensent les policiers de ces "coxeurs" ? L’adjudant-chef de police en faction à l’intersection de la Gare routière est plutôt embarrassé dans sa réponse. S’il reconnaît que les "coxeurs" cherchent leur pain, il indique également les désagréments qu’ils causent souvent comme l’arrêt sur la chaussée. Mais, tempère le sous-officier de police, les "coxeurs" causent rarement des cas d’accident de la route.
Malgré le modus vivendi entre nous, affirme notre interlocuteur, les policiers agissent avec beaucoup de circonspection avec les "coxeurs". "Quand ils arrivent, ils viennent même se présenter à nous. Seulement, il faut reconnaître qu’il y a quelques brebis galeuses parmi eux qui polluent l’atmosphère", précise-t-il.
Chez les voyageurs également, la prudence est de mise à l’égard des "coxeurs". Ils estiment, pour la plupart, qu’ils cherchent l’argent mais n’en demeurent pas moins des pickpockets prêts à voler.
Moussa Camara
(stagiaire)

 


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COUPE DU MONDE 2010
Les mondialistes africains au peigne fin
Née en 1930, la Coupe du monde de football avait élu domicile dans tous les continents hormis le continent africain. La Confédération africaine de football (Caf) s’était attelée, depuis plusieurs années à corriger cette injustice. Plusieurs tentatives d’organiser la Coupe Jules Rimet sur le sol africain avaient été vaines. Surtout la candidature du Maroc pour le Mondial-1998 avait déçu plus d’un. L’"injustice" a été réparée aujourd’hui. Le parcours des Africains au peigne fin.
Finalement l’équipe d’Issa Hayatou a pu convaincre les "barons" de la Fifa pour donner à l’Afrique du Sud, l’organisation de la Coupe du monde 2010. Atout Seigneur, tout honneur. Commençons par l’Afrique du Sud. Elle a gagné son pari de l’organisation du Mondial africain : dix stades construits ou rénovés de dernière génération, des structures hôtelières avec toutes les commodités souhaitées et des stades toujours remplis malgré l’élimination de son équipe au 1er tour.
Les Bafana Bafana ont aussi rempli leur contrat. Ils se sont classé 3e avec quatre points, éliminés au goal average (-2) dans une poule relevée où la dernière place est occupée par la France, détentrice de la Coupe du monde de 1998.
Le coach brésilien Parreira a monté une équipe jeune, volontaire, soudée, généreuse dans l’effort et faisant même oublier les anciens McCarthy et autres. Parreira a semé la bonne graine. Il incombe aux responsables de veiller sur elle afin qu’elle se taille une place de choix dans la cour des grands dans un avenir proche.
Algérie : quel gâchis !
Cette équipe a barré la route du Mondial à la meilleure équipe africaine du moment (l’Egypte). Elle s’est classée dernière de sa poule avec un point (deux défaits, un nul). Pourtant l’entraîneur Saadane, un Algérien aussi, connaît bien ses joueurs. Ce qui n’a pas marché, c’est certainement l’inexpérience surtout au premier match contre la Slovénie (0-1) et la condition physique contre les USA qui ont gagné dans les arrêts de jeu (0-1).
La Côte d’Ivoire : le mirage
Les Eléphants pensaient avoir atteint leur vitesse de croisière pourtant, ils ne sont pas loin du quai. Drogba est certes un buteur mais pas un attaquant de classe. Il n’atteint pas un Abdoulaye Traoré Benbady à la cheville, il est seulement plus puissant que son aîné. La Côte d’Ivoire n’a pas non plus un joueur de la trempe de Miézan Pascal dans l’entre jeu pour être un complice attitré de Drogba. Sa défense a un bon teint, commandé par les frères Touré. Il y a encore du chemin à parcourir, la Côte d’ivoire a battu seulement la Coré du Nord, la plus faible équipe du Mondial avec zéro point.
Le Nigeria : la reconstruction
Classé quatrième de sa poule avec un point, le Nigeria cherche encore son chemin après la retraite des Okocha, Amokachi, etc. Battu par le minimum 1 à 0 par l’Argentine, il a peiné face à la Grèce (1-2) et fait jeu égal avec l’excellente Corée du Sud (2-2). L’équipe est jeune, perfectible et a un bon gabarit.
Le Cameroun : la déception
Ce pays ne fait que s’éloigner de la belle époque des années 1980 et 1990 des Milla, M’Bida Arantés et autres Nkono. Le football ne peut pas être conçu seulement sur la condition physique. Il faut surtout des joueurs intelligents, techniques comme Alexandre Song. Eto’o est certes le meilleur attaquant africain de ces dernières années, mais il ne peut pas toujours, seul, assurer la victoire. Les Lions Indomptables ont été domptés par les Néerlandais, les Japonais et les Danois donc zéro point, dernière équipe du Mondial. Quelle déception !
Le Ghana : la classe
Le pays a une politique de football reposant exclusivement sur la promotion des jeunes. Huit de ces jeunes ont remplacé valablement les cadres des "Black Stars". Mieux, ils nous ont fait oublier Essein, le joueur africain le plus complet à l’heure actuelle. Les résultats du Ghana ne surprennent pas les observateurs avisés du football. Jugez-en : vice-champion d’Afrique 2010 derrière l’Egypte, second de la poule D (la poule la plus disputée derrière l’Allemagne 6 points) devant l’Australie et la Serbie, quart de finaliste du Mondial-2010 après le Cameroun en 1990 et le Sénégal en 2002.
N’eut été la "mauvaise" main de l’avant-centre uraguayeen Suarez, le Ghana serait en demi-finales pourtant et classé parmi les quatre meilleures équipes du monde. Ghana oyé !
Pour clore, nous invitons la Caf à une relecture de ses règlements dans le but de corriger certaines imperfections constatées ça et là. Les nouveaux textes doivent admettre la qualification, directe du champion d’Afrique au Mondial de la même année et supprimer le goal average spécial entre les équipes à égalité de points dans la même poule.
Aussi nous ne comprenons pas, pourquoi la Caf veut rompre avec les Can en année paire. Pourtant ces Can qui se tiennent en année de Coupe du monde sont de véritables tremplins pour les équipes africaines qualifiées à la Coupe du monde. Celles-ci peuvent utiliser cette opportunité pour faire des essais, des réglages (janvier, février, mars) et rebondir (juin-juillet) pendant le Mondial. Le cas ghanéen est édifiant en la matière.
Trop d’innovations de la Caf peuvent freiner l’ascension de notre football.
Amadou Sidibé
(conseiller pédagogique à la retraite)



COULISSES
Le streaker n'est pas un inconnu


Le streaker qui a fait irruption dimanche lors de la finale du Mondial pour toucher le trophée n'en est pas à son coup d'essai. En effet, le perturbateur, dont on ignore l’identité, s’était déjà illustré lors de la demi-finale de Durban entre l’Allemagne et l’Espagne en faisant le tour du terrain, un streaker bien connu en Afrique du Sud.

Mandela et la Coupe
Nelson Mandela, la Coupe du monde entre les mains ? L’image fait rêver. Surtout Sepp Blatter. Le président de la Fifa avait annoncé samedi dernier que Nelson Mandela pourrait remettre la Coupe du monde au vainqueur dimanche. "Si il vient et qu’il reste jusqu’à la fin du match, il pourrait remettre le trophée". L’ancien président sud-africain, 92 ans, n’a pu tenir puisqu’il s’est retiré pour rentrer chez lui juste après la cérémonie de clôture. Et c’est le président sud-africain, Jacob Zuma et celui de la Fifa, Sepp Blatter, qui ont remis le trophée au capitaine espagnol, Iker Casillas.

Emotion au Soccer City
Nelson Mandela a fait une courte apparition sur la pelouse du stade de Soccer City à Johannesburg, à bord d'une voiturette, au terme de la cérémonie de clôture du Mondial-2010. Habillé de noir, avec bonnet et gants, Mandela, héros de la lutte anti-apartheid, tout sourire, a fait une courte apparition. La voiturette le transportant a effectué un petit tour du terrain, sous l'acclamation des 80 000 personnes du stade de la finale. La foule scandait "Madiba", son nom tribal. "C'est vraiment pour dire merci et rendre hommage à tous les fans", a-t-il souligné.
Des éléphants et hippopotames en vedette
La cérémonie de clôture de dimanche a été un spectacle d'une trentaine de minutes au cours duquel la star colombienne Shakira a partagé la scène avec des éléphants et des hippopotames factices. Les spectateurs ont eu également droit, pour l'occasion, à un fantastique mélange de chansons, de danses et de technologie moderne. Stoan, Ladysmith Black Mambazo, Africa United (avec Jozi, Zulu boy, Silkour, 2 Face, Kwesta, Chameleone, Awadi, Krotai et Samini), Abigail Kubeka et le Sud-africain Mafikizolo.

Du beau monde
Dix-sept chefs d'Etat ainsi que de nombreuses stars, dont Naomy Campbell étaient dimanche dernier au stade de Soccer City, à Soweto. La famille royale espagnole était représentée par la reine Sofia et son fils, le prince héritier Felipe. Le prince héritier des Pays-Bas, Willem-Alexander, et son épouse Maxima étaient aussi de la partie.

Après le match
Quelque 30 000 personnes étaient rassemblées dimanche devant le stade pour assister à une fête qui était prévue à Soweto. Pour rappel, l’Espagne avait choisi la ville de l’apartheid pour s’installer. Ainsi dans le gigantesque township situé à quelque kilomètres de Johannesburg, il n'y avait qu'une équipe : l'Espagne. Selon nos informations, le choix était simplement pour des raisons purement footballistiques et sans doute quelques-unes liées au passé et à l'apartheid.

La cérémonie de clôture en quelques phrases
Des chants zoulous, des éléphants, des danseurs sud-africains avec une audience cumulée de plus de 500 millions de téléspectateurs. Un nouveau tableau retraçait en images le parcours des 32 engagés lors de la phase de groupes. Shakira entre en scène au milieu de la pelouse du stade avec une centaine de danseurs. Pour Danny Jordan, le patron du comité d'organisation, le Mondial-2010 est d'ores et déjà un succès. "La nouvelle Afrique du Sud, celle dont nous avons rêvée quand Mandela est sorti de prison en 1990, est devenue une réalité en 2010", a-t-il déclaré dimanche.

Sneijder et compagnie au zoo
Pour préparer leur finale de dimanche, les joueurs de l'équipe des Pays-Bas sont allés faire un tour... au zoo de Johannesburg l’après-midi. Etonnant, non ? C’est pourquoi, dimanche dernier sur le terrain on a vu qu’ils ont refusé de jouer. "Ils se sont inspirés peut être d’un animal laissant leurs points forts de côté", déclarait un journaliste néerlandais.
Le coup de fil porte bonheur du roi
Le roi d’Espagne, Juan Carlos, convalescent, n’a pu se rendre à Johannesburg pour la finale, mais il a tenu à encourager par téléphone samedi l'entraîneur Vicente del Bosque et le capitaine Iker Casillas. Grand amateur de sport, le roi d'Espagne a transmis ses "encouragements et salutations affectueuses" à toute l'équipe, selon la maison royale. Message reçu 5 sur 5 avec le sacre d’Espagne.

Ramos écrit à Sneijder
Anciens coéquipiers au Real Madrid, Sergio Ramos et Wesley Sneijder sont restés bons copains depuis le départ forcé du second vers l'Inter. La preuve. Mercredi dernier, le latéral espagnol, sachant qu'il allait retrouver le Néerlandais, lui a envoyé le SMS suivant : "Tu as suffisamment gagné de trophées cette année, il va falloir penser à te calmer".

Les chiffres
Avant cette finale, 144 buts ont été inscrits en 63 matches, soit une moyenne de 2,28. Ce qui fait de cette Coupe du monde-2010, la deuxième moins prolifique de l'histoire. Seule Italie 1990 a fait pire (2,21). Dimanche, le Mondial transalpin a conservé ce triste record.
Le temps en question
A cinq heures du coup d’envoi, le temps était au beau fixe avec un grand soleil sur Johannesburg. Après la mi-temps du match, le temps était idéal sur Soccer City. Mais vers la fin du temps réglementaire jusqu’aux prolongations, il faisait bien plus froid et le mercure tournait autour des 20°.
Rassemblés par Boubacar Diakité Sarr
(envoyé spécial)





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