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2010
Mois de
juillet
Les
Echos du 9 juillet
REVERS
DE L’EXPLOITATION
MINIERE
L’orpaillage renchérit le coût de la vie à Kadiolo
Aujourd’hui, le cercle de Kadiolo (480 km au sud de Bamako) regorge de
nombreux sites d’orpaillage (exploitation traditionnelle d’or) dont
le plus important se trouve sans doute à Massiogo (à une cinquantaine
de kilomètres de Kadiolo). Loin de profiter de l’or exploité,
les populations de la ville de Kadiolo souffrent de cette activité qui
ne cesse de renchérir le coût de la vie.
" C’est le calvaire au quotidien pour les ménagères.
Les commerçants installés sur les différents sites d’orpaillage
viennent s’approvisionner en condiments sur le marché local. Tant
et si bien que les prix ont considérablement augmenté ces dernières
années. La situation politique en Côte d’Ivoire (le cercle
fait frontière avec ce pays voisin, Ndlr) a plongé l’économie
locale dans une profonde crise qui pèse sur le pouvoir d’achat.
Si avec 500 F CFA on pouvait s’offrir suffisamment de condiments pour la
cuisine du jour, aujourd’hui, même avec 1000 F CFA, on ne s’en
sort plus", déclare Mme Koné Afou Koné, ménagère
rencontrée au marché de Kadiolo.
Un avis partagé par d’autres femmes du marché. "Cette
hausse des prix n’est pas de notre faute. Les grossistes et les maraîchers
ne cessent d’augmenter le prix des condiments. Nous sommes contraintes
de réajuster les nôtres pour nous garantir une petite marge bénéficiaire",
se défend Salimata, une vendeuse de condiments. De l’avis d’Issa
Touré, responsable d’une ONG, ce ne sont pas seulement les condiments
qui ont augmenté.
" On ne peut rien acheter ici présentement à cause des commerçants
des sites d’orpaillage. Le kilogramme de la viande frôle de nos jours
les 1500 F CFA alors que qu’il était entre 500 et 800 F CFA il y
a quelques années. Les coqs qu’on achetait entre 1000 et 1250 F
CFA sont de nos jours vendus à 2500 F CFA. Les pintades, on n’en
parle même pas ! Les céréales n’ont pas échappé à ce
renchérissement du coût de la vie", s’offusque-t-il.
Selon Chaka Diarra, un jeune de Kadiolo, revenu de Massiogo, "les pintades,
surtout blanches, se vendent sur les sites entre 5000 et 6000 F CFA. Presque
tout nous est vendu au double du prix de Kadiolo".
" A la création de notre association, notre première activité génératrice
de revenus a été la fabrication de savon. Aujourd’hui, nous
avons abandonné cette activité parce que le beurre de karité,
le produit de base, est trop cher. Une grande partie de la production locale
est acheminée sur les sites d’orpaillages, ce qui crée une
situation de crise sur le marché de Kadiolo", témoigne Mme
Dougnon Hawa Dougnon, responsable de l’Association "Morobemu" (Œuvrons
ensemble) des femmes dogons de Kadiolo.
A qui profite donc l’orpaillage ? "Les retombées de cette activité sont
insignifiantes pour les populations locales. Il est vrai que Kadiolo s’est
presque vidée un moment au profit des différents sites. Mais, je
ne connais pas quelqu’un qui a fait fortune ici grâce à l’orpaillage.
Ce sont plutôt les intermédiaires, venus d’ailleurs, qui en
profitent réellement", déplore Hamidou Diarra, une notabilité de
la localité.
Un avis conforté par les témoignages de nombreux interlocuteurs.
Pour Mme Salimata Kéita, chef de famille, "nous ne savons plus où mettre
la tête. Les prix ne cessent d’augmenter alors que les revenus chutent
chaque jour un peu plus".
Une preuve que l’or, comme l’argent, ne fait pas forcément
le bonheur.
Alphaly
(envoyé spécial)
Acceuil
ANICT
L’an X célébré
L’Agence nationale d’investissement des Collectivités territoriales
(Anict), créée le 7 juillet 2000, a dix ans. L’événement
a été célébré le 8 juillet à son siège à Darsalam.
La célébration des 10 ans de l’Anict, mercredi dernier, était
placée sous la présidence du ministre de l’Administration
territoriale et des Collectivités locales, le général Kafougouna
Koné. Les partenaires techniques et financiers, représentés
par le chef de la Délégation de l’Union européenne,
ainsi que des directeurs des services centraux étaient parmi les personnalités
invitées.
Le directeur général de l’Anict, Mohamed Ag Erlaf, satisfait
du chemin parcouru, a égrené un chapelet de difficultés
vécues par son Agence et les projets réalisés en faveur
des 682 nouvelles et les 761 existantes.
L’heure était au bilan. Selon M. Ag Erlag, en 10 ans, 128 070 946
068 de F CFA ont été alloués aux communes sous forme de
subvention. Cet argent a permis de financer 11 765 projets dans les secteurs
de l’économie, du social, de la gestion des ressources naturelles
et de l’environnement.
Aux dires du DG de l’Anict, au cours de la décennie passée,
le budget d’Etat a contribué pour 14 142 822 978 de F CFA. Ce qui
représente une participation moyenne annuelle de 11 % des ressources du
Fonds national d’appui aux collectivités territoriales (Fnact).
La participation de l’Etat a atteint 16 % en 2009 et pourra toucher 20
% en 2011.
Les principales concernées que sont les collectivités territoriales
ont apporté des contributions de 8,7 milliards de F CFA (39 % de contribution
nationale).
Au vu des résultats atteints et du chemin parcouru, Giacomo Durazzo, ambassadeur
et chef de la Délégation de l’Union européenne au
Mali a jugé le bilan globalement satisfaisant. "(…) On peut
dire que l’Anict a acquis au fil du temps une maîtrise et une expérience
qui font de l’Agence un partenaire efficace et diligent pour la mise en œuvre
des investissements communaux, locaux et régionaux sous maîtrise
d’ouvrage des collectivités territoriales".
Le parrain du dixième anniversaire, le général Kafougouna
Koné, a placé la cérémonie dans le cadre d’une
manifestation de la reconnaissance du gouvernement à l’endroit de
l’ensemble des partenaires techniques et financiers. Il n’a pas manqué de
féliciter la direction et le personnel de l’Anict pour leur rigueur
et professionnalisme dans le travail.
Abdrahamane Dicko
Acceuil
ENTREPRENEURIAT
JEUNES AU MALI
Le Pajm se distingue dans le financement des projets
Près de 2 ans après son lancement, le Programme d’appui à la
jeunesse malienne (PAJM), continue de marquer des points dans le financement
des projets des jeunes entrepreneurs au Mali. Retombée du sommet Afrique-France
de Bamako et fruit de la coopération entre le Mali et la France, cette
initiative est en train de tenir toutes ses promesses dans le domaine de l'insertion
des jeunes, de leur engagement citoyen et du dialogue institutionnel.
La première composante du PAJM a permis d’accompagner techniquement
et financièrement des projets de création ou de développement
de micro-entreprises dans divers secteurs appropriés à l’insertion
des jeunes dans le circuit économique. Ainsi, 46 % des projets ont été financés
dans le commerce, 33 % dans l’artisanat, 13 % dans l’agro-pastoral
et 8 % dans les services.
" Après 20 mois, nous pouvons être fiers des résultats
déjà atteints par cette expérience qui se veut pilote sur
le territoire malien. Ainsi, plus de 500 jeunes ont intégré le
dispositif Entrepreneuriat sur l’ensemble du territoire. Ces bénéficiaires
ont suivi une des 32 sessions de formation dans le domaine des compétences économiques à l’esprit
d’entreprise", témoigne Drissa Guindo, le directeur national
de la jeunesse.
Il faut aussi souligner que 237 projets de création ou de développement
de micro-entreprises ont été validés par le Comité de
crédit et ont pu obtenir un prêt. Et 60 autres dossiers viennent
d’être finalisés pour être financés. A la date
de mai 2010, le montant global des emprunts avait atteint 400 millions F CFA,
pour un montant moyen des prêts accordés aux bénéficiaires
de 1 700 000 F CFA. Ce qui est aussi encourageant, c’est qu’une partie
non négligeable (plus de 33 %) des projets financés sont présentés
par des femmes.
Enfin à ce stade, il est intéressant de relever que le taux global
de remboursement des jeunes avoisine les 80 %. C’est dire que les bénéficiaires
sont conscients qu’en respectant les échéances de remboursement,
ils donnent la chance à d’autres jeunes de réaliser leurs
rêves.
Dans un entretien que nous avons eu récemment avec le directeur national
de la jeunesse, ce dernier a beaucoup insisté sur l’effet du programme
comme levier sur l’emploi, avec la création en moyenne de deux emplois
par entreprises. Ce qui fait de ce dispositif un outil pertinent d’insertion économique
et social des jeunes qui se trouvent ainsi armés pour être de vrais
acteurs de la concrétisation de leurs rêves et du développement
du pays.
Dans le cadre de sa 2e composante, le PAJM a appuyé 35 projets pilotés
par des associations de jeunes dans le domaine culturel ou d'éducation à la
citoyenneté sur l'ensemble du territoire malien, pour un montant moyen
de subvention de 1 300 000 F CFA. Il est intéressant de constater, à travers
la mise en œuvre de ces projets, l’interaction des associations de
jeunes avec leur environnement local par la recherche de partenaires ainsi que
le développement de l’organisation des jeunes et du sens de leur
responsabilité.
Quant à la 3e composante, elle a permis le renforcement du Conseil national
des jeunes du Mali (CNJ) en tant qu’interlocuteur privilégié des
pouvoirs publics. Cet appui s’est traduit par le développement de
ses outils de communication avec notamment la mise en place d’un site web,
la formation de leurs instances et démembrements, à l’animation
d’un réseau d’associations. "Le Pajm a été très
utile dans le renforcement des capacités des jeunes tout en nous dotant
d’outils performants pour notre épanouissement", souligne un
membre du CNJ.
Enfin une trentaine d’associations de jeunes ont pu bénéficier
d’une formation sur l’animation de leur structure et la gestion de
projet à Bamako et dans les régions du pays. On comprend alors
que les jeunes bénéficiaires ne puissent plus tarir d’éloges
sur les avantages du PAJM en matière de réinsertion socioéconomique
de la jeunesse.
Alphaly
(source : MJS)
Acceuil
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