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2010

Mois de juillet

Les Echos du 9 juillet

 

REVERS DE L’EXPLOITATION MINIERE
L’orpaillage renchérit le coût de la vie à Kadiolo
Aujourd’hui, le cercle de Kadiolo (480 km au sud de Bamako) regorge de nombreux sites d’orpaillage (exploitation traditionnelle d’or) dont le plus important se trouve sans doute à Massiogo (à une cinquantaine de kilomètres de Kadiolo). Loin de profiter de l’or exploité, les populations de la ville de Kadiolo souffrent de cette activité qui ne cesse de renchérir le coût de la vie.
" C’est le calvaire au quotidien pour les ménagères. Les commerçants installés sur les différents sites d’orpaillage viennent s’approvisionner en condiments sur le marché local. Tant et si bien que les prix ont considérablement augmenté ces dernières années. La situation politique en Côte d’Ivoire (le cercle fait frontière avec ce pays voisin, Ndlr) a plongé l’économie locale dans une profonde crise qui pèse sur le pouvoir d’achat. Si avec 500 F CFA on pouvait s’offrir suffisamment de condiments pour la cuisine du jour, aujourd’hui, même avec 1000 F CFA, on ne s’en sort plus", déclare Mme Koné Afou Koné, ménagère rencontrée au marché de Kadiolo.
Un avis partagé par d’autres femmes du marché. "Cette hausse des prix n’est pas de notre faute. Les grossistes et les maraîchers ne cessent d’augmenter le prix des condiments. Nous sommes contraintes de réajuster les nôtres pour nous garantir une petite marge bénéficiaire", se défend Salimata, une vendeuse de condiments. De l’avis d’Issa Touré, responsable d’une ONG, ce ne sont pas seulement les condiments qui ont augmenté.
" On ne peut rien acheter ici présentement à cause des commerçants des sites d’orpaillage. Le kilogramme de la viande frôle de nos jours les 1500 F CFA alors que qu’il était entre 500 et 800 F CFA il y a quelques années. Les coqs qu’on achetait entre 1000 et 1250 F CFA sont de nos jours vendus à 2500 F CFA. Les pintades, on n’en parle même pas ! Les céréales n’ont pas échappé à ce renchérissement du coût de la vie", s’offusque-t-il.
Selon Chaka Diarra, un jeune de Kadiolo, revenu de Massiogo, "les pintades, surtout blanches, se vendent sur les sites entre 5000 et 6000 F CFA. Presque tout nous est vendu au double du prix de Kadiolo".
" A la création de notre association, notre première activité génératrice de revenus a été la fabrication de savon. Aujourd’hui, nous avons abandonné cette activité parce que le beurre de karité, le produit de base, est trop cher. Une grande partie de la production locale est acheminée sur les sites d’orpaillages, ce qui crée une situation de crise sur le marché de Kadiolo", témoigne Mme Dougnon Hawa Dougnon, responsable de l’Association "Morobemu" (Œuvrons ensemble) des femmes dogons de Kadiolo.
A qui profite donc l’orpaillage ? "Les retombées de cette activité sont insignifiantes pour les populations locales. Il est vrai que Kadiolo s’est presque vidée un moment au profit des différents sites. Mais, je ne connais pas quelqu’un qui a fait fortune ici grâce à l’orpaillage. Ce sont plutôt les intermédiaires, venus d’ailleurs, qui en profitent réellement", déplore Hamidou Diarra, une notabilité de la localité.
Un avis conforté par les témoignages de nombreux interlocuteurs. Pour Mme Salimata Kéita, chef de famille, "nous ne savons plus où mettre la tête. Les prix ne cessent d’augmenter alors que les revenus chutent chaque jour un peu plus".
Une preuve que l’or, comme l’argent, ne fait pas forcément le bonheur.
Alphaly
(envoyé spécial)

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ANICT
L’an X célébré
L’Agence nationale d’investissement des Collectivités territoriales (Anict), créée le 7 juillet 2000, a dix ans. L’événement a été célébré le 8 juillet à son siège à Darsalam.
La célébration des 10 ans de l’Anict, mercredi dernier, était placée sous la présidence du ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, le général Kafougouna Koné. Les partenaires techniques et financiers, représentés par le chef de la Délégation de l’Union européenne, ainsi que des directeurs des services centraux étaient parmi les personnalités invitées.
Le directeur général de l’Anict, Mohamed Ag Erlaf, satisfait du chemin parcouru, a égrené un chapelet de difficultés vécues par son Agence et les projets réalisés en faveur des 682 nouvelles et les 761 existantes.
L’heure était au bilan. Selon M. Ag Erlag, en 10 ans, 128 070 946 068 de F CFA ont été alloués aux communes sous forme de subvention. Cet argent a permis de financer 11 765 projets dans les secteurs de l’économie, du social, de la gestion des ressources naturelles et de l’environnement.
Aux dires du DG de l’Anict, au cours de la décennie passée, le budget d’Etat a contribué pour 14 142 822 978 de F CFA. Ce qui représente une participation moyenne annuelle de 11 % des ressources du Fonds national d’appui aux collectivités territoriales (Fnact). La participation de l’Etat a atteint 16 % en 2009 et pourra toucher 20 % en 2011.
Les principales concernées que sont les collectivités territoriales ont apporté des contributions de 8,7 milliards de F CFA (39 % de contribution nationale).
Au vu des résultats atteints et du chemin parcouru, Giacomo Durazzo, ambassadeur et chef de la Délégation de l’Union européenne au Mali a jugé le bilan globalement satisfaisant. "(…) On peut dire que l’Anict a acquis au fil du temps une maîtrise et une expérience qui font de l’Agence un partenaire efficace et diligent pour la mise en œuvre des investissements communaux, locaux et régionaux sous maîtrise d’ouvrage des collectivités territoriales".
Le parrain du dixième anniversaire, le général Kafougouna Koné, a placé la cérémonie dans le cadre d’une manifestation de la reconnaissance du gouvernement à l’endroit de l’ensemble des partenaires techniques et financiers. Il n’a pas manqué de féliciter la direction et le personnel de l’Anict pour leur rigueur et professionnalisme dans le travail.
Abdrahamane Dicko

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ENTREPRENEURIAT JEUNES AU MALI
Le Pajm se distingue dans le financement des projets
Près de 2 ans après son lancement, le Programme d’appui à la jeunesse malienne (PAJM), continue de marquer des points dans le financement des projets des jeunes entrepreneurs au Mali. Retombée du sommet Afrique-France de Bamako et fruit de la coopération entre le Mali et la France, cette initiative est en train de tenir toutes ses promesses dans le domaine de l'insertion des jeunes, de leur engagement citoyen et du dialogue institutionnel.
La première composante du PAJM a permis d’accompagner techniquement et financièrement des projets de création ou de développement de micro-entreprises dans divers secteurs appropriés à l’insertion des jeunes dans le circuit économique. Ainsi, 46 % des projets ont été financés dans le commerce, 33 % dans l’artisanat, 13 % dans l’agro-pastoral et 8 % dans les services.
" Après 20 mois, nous pouvons être fiers des résultats déjà atteints par cette expérience qui se veut pilote sur le territoire malien. Ainsi, plus de 500 jeunes ont intégré le dispositif Entrepreneuriat sur l’ensemble du territoire. Ces bénéficiaires ont suivi une des 32 sessions de formation dans le domaine des compétences économiques à l’esprit d’entreprise", témoigne Drissa Guindo, le directeur national de la jeunesse.
Il faut aussi souligner que 237 projets de création ou de développement de micro-entreprises ont été validés par le Comité de crédit et ont pu obtenir un prêt. Et 60 autres dossiers viennent d’être finalisés pour être financés. A la date de mai 2010, le montant global des emprunts avait atteint 400 millions F CFA, pour un montant moyen des prêts accordés aux bénéficiaires de 1 700 000 F CFA. Ce qui est aussi encourageant, c’est qu’une partie non négligeable (plus de 33 %) des projets financés sont présentés par des femmes.
Enfin à ce stade, il est intéressant de relever que le taux global de remboursement des jeunes avoisine les 80 %. C’est dire que les bénéficiaires sont conscients qu’en respectant les échéances de remboursement, ils donnent la chance à d’autres jeunes de réaliser leurs rêves.
Dans un entretien que nous avons eu récemment avec le directeur national de la jeunesse, ce dernier a beaucoup insisté sur l’effet du programme comme levier sur l’emploi, avec la création en moyenne de deux emplois par entreprises. Ce qui fait de ce dispositif un outil pertinent d’insertion économique et social des jeunes qui se trouvent ainsi armés pour être de vrais acteurs de la concrétisation de leurs rêves et du développement du pays.
Dans le cadre de sa 2e composante, le PAJM a appuyé 35 projets pilotés par des associations de jeunes dans le domaine culturel ou d'éducation à la citoyenneté sur l'ensemble du territoire malien, pour un montant moyen de subvention de 1 300 000 F CFA. Il est intéressant de constater, à travers la mise en œuvre de ces projets, l’interaction des associations de jeunes avec leur environnement local par la recherche de partenaires ainsi que le développement de l’organisation des jeunes et du sens de leur responsabilité.
Quant à la 3e composante, elle a permis le renforcement du Conseil national des jeunes du Mali (CNJ) en tant qu’interlocuteur privilégié des pouvoirs publics. Cet appui s’est traduit par le développement de ses outils de communication avec notamment la mise en place d’un site web, la formation de leurs instances et démembrements, à l’animation d’un réseau d’associations. "Le Pajm a été très utile dans le renforcement des capacités des jeunes tout en nous dotant d’outils performants pour notre épanouissement", souligne un membre du CNJ.
Enfin une trentaine d’associations de jeunes ont pu bénéficier d’une formation sur l’animation de leur structure et la gestion de projet à Bamako et dans les régions du pays. On comprend alors que les jeunes bénéficiaires ne puissent plus tarir d’éloges sur les avantages du PAJM en matière de réinsertion socioéconomique de la jeunesse.
Alphaly
(source : MJS)

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SEGOU
Des handicapés moteurs appareillés
Cinquante handicapés de la région de Ségou qui ont accepté le principe de la participation aux frais de fabrication de leur appareillage à hauteur de 10 % viennent d’être dotés par le Centre père Bernard Verspiéren. Ils sont tout heureux de retrouver une certaine autonomie.
La joie est encore indicible chez les bénéficiaires. En fin juin 2010, des appareillages leur ont été livrés à leur domicile à Niono, Markala, Baraouéli et Ségou par l’équipe orthopédique du Centre père Bernard Verspiéren de Bamako. Un mois plutôt, au cours d’une précédente mission d’agents du Centre, des prescriptions avaient été faites et les commandes lancées après le consentement de chacun des patients de contribuer au coût de fabrication des appareils à hauteur de 10 %.
C’est un principe essentiel dans le contrat d’appareillage avec les handicapés. Selon les indications du Centre orthopédique, les appareils proposés ne sauraient s’apparenter à des dons. Aussi moindre soit-il, chaque futur bénéficiaire devra accepter de participer financièrement au coût de son appareillage.
A Niono, ce sont 23 personnes handicapées physiques moteurs qui ont été appareillées. A Markala, elles sont au nombre de 15, Ségou et Baraouéli totalisant une douzaine de bénéficiaires chacun.
A Konobougou, l’équipe a effectué des consultations en vue d’autres appareillages. Très heureux, les bénéficiaires reconnaissent que leur liberté de mouvement est en grande partie recouvrée. "Jusque-là, je me traînais par terre et j’utilisais mes quatre membres pour me déplacer. Aujourd’hui, je suis debout !", laisse entendre une écolière.
Un autre bénéficiaire explique son bonheur de marcher droit et de voir son appareil dissimuler totalement le handicap qu’il porte à la jambe gauche. Un troisième d’ajouter que c’est une joie pour lui de troquer à présent son bâton fourchu contre deux béquilles anglaises avec lesquelles il espère se familiariser très rapidement.
Le Centre père Bernard Verspiéren est une institution de l’association "Prophète". Il est spécialisé dans l’appareillage des personnes handicapées physiques moteurs manifestant des séquelles d’accidents divers, de maladies handicapantes comme la poliomyélite, d’hypertension artérielle, de malformation congénitale ou d’injection, etc.
Dans le cadre de ses actions de promotion des personnes handicapées physiques à travers l’appareillage, le Centre entreprend régulièrement des tournées sur le terrain, il propose des consultions gratuites, oriente les patients et prescrit le matériel orthopédique adéquat.
H. Diabaté
(correspondant régional)

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SOIREE GALA D’ORANGE-MALI
Une fête à la hauteur de l’hôte Marc Renard
En marge de la visite de Marc Renard vice-président exécutif du Groupe France Télécom Orange chargé des régions Afrique, Moyen-Orient et Asie, Orange-Mali a organisé une soirée gala au cours de laquelle il a réitéré sa volonté de faire du Mali un pôle d’excellence de technologie de pointe et a offert plusieurs cadeaux aux invités suite à une loterie.

Deux ans après le lancement des premiers réseaux 3G en France, la technologie haut débit mobile évolue vers la 3G+ (HSDPA) permettant de multiplier par trois ou quatre les débits de données.
Le Mali n’entend pas rester en marge de cette innovation technologique. Notre pays peut d’ailleurs se targuer d’être l’un des premiers pays africains à avoir lancé cette révolution technologique grâce à Orange-Mali fidèle à son engagement à mettre à la disposition de ses clients les offres et services de télécommunications à la pointe de la technologie à travers le monde.
Cette capacité de la société à offrir des services de technologie de dernière génération a été favorisée, selon Marc Renard, par les autorités maliennes qui ont, a-t-il dit, su créer un environnement propice à l’expansion et au développement des télécommunications.
A l’occasion de cette visite, l’opérateur privé de téléphonie mobile a organisé le mercredi 7 juillet 2010 dans un hôtel de la place une soirée gala placée sous le signe la satisfaction des abonnés. Au cours de la soirée des cadeaux composés de clé 3G+, téléphones iphone… ont été offerts aux invités suite à une loterie.
Parlant des performances de 3G+, le directeur général d’Orange-Mali, Alioune Ndiaye dira, qu’elle offre aux clients un confort d’utilisation jusque-là inégalé, des services de communication voix et Internet et aussi des services innovants comme la télévision sur le mobile.
" La 3G+ permet également aux clients équipés de clés USB 3G Orange de se connecter à Internet depuis leur ordinateur, à la maison comme en déplacement", a commenté M. Ndiaye en présence des ministres de la Communication et des Nouvelles technologies, Mme Diarra Mariam Flantié Diallo, de l’Artisanat et du Tourisme Ndiaye Bah qui comme toute l’assistance ont passé la soirée dans une atmosphère de rires grâce à l’humoriste Adama Dahico venu de la Côte d’Ivoire pour faire le maître de cérémonie (MC).
Des prestations des artistes talentueux comme Abdoulaye Diabaté, Baba Salah et l’Ensemble instrumental ont donné une éclat particulier à la soirée.
Amadou Waïgalo

 


Dahico, le président
Pour Adama Dahico " pour savourer la musique, il faut venir au Mali et pour danser il faut se rendre en Côte d’Ivoire". Vêtu en grand boubou bazin blanc immaculé, l’humoriste MC a demandé aux invités de deviner à qui il ressemblait dans son grand boubou. "ATT", dira-t-il. Appelant ATT, son "collègue" parce que lui-même candidat à l’élection présidentielle de son pays, Dahico a confirmé qu’il n’a jamais vu "son collègue" Laurent Gbagbo en boubou. "Avez-vous vu une fois Gbagbo habillé en boubou, jamais !", a ironisé Adama Dahico.
A. W.

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DOSSIER
LE PDES
C’est quoi ?
Pour briguer son deuxième et dernier mandat à la tête du Mali en 2007, Amadou Toumani Touré avait besoin d’innover pour la satisfaction de la demande sociale des Maliens. Comme lui-même se plaisait à dire que son parti est celui de la demande sociale, il est alors venu avec sous les bras, le Programme de développement économique et social (PDES).
Si ATT est considéré comme le père biologique du PDES, Ahmed Sow, l’ancien ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau en est le concepteur. M. Sow, avant sa nomination à ce poste était à la tête d’un projet de l’Union européenne et était venu accompagner ATT se succéder à lui-même.
Le PDES, au vu de certaines réalisations et eu égard à son contenu, est ce remède miracle proposé par ATT pour mettre le Mali sur les rails du développement comme sur un coup de baguette magique. Il est ce genre de poudre de Perlimpinpin censé guérir tous les maux du Mali.
L’objectif général de ce programme, sur le deuxième et dernier quinquennat d’ATT, vise le bien-être des Maliens. Les domaines concernés sont une croissance forte et soutenue produisant les opportunités et la prospérité pour tous les citoyens. Le PDES, tel que conçu, doit aussi ouvrir la voie à l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), à l’horizon 2015.
L’accent est mis sur le respect des droits fondamentaux des Maliens dans le cadre de l’autosuffisance alimentaire afin que chaque citoyen puisse manger à sa faim, avoir accès à l’eau potable, aux soins de santé de base dans un rayon de 5 km, à l’école pour les enfants de même que la création d’emplois pour la majorité des jeunes. Les domaines du secteur privé, du tourisme, entre autres, sont explorés.
A moins de deux ans de la fin du mandat du président ATT, il appartient aux Maliens surtout ceux qui lui ont accordé leurs suffrages, de juger du respect de cette promesse électorale. Mais aussi de voir la pertinence d’un programme aussi ambitieux.
Abdrahamane Dicko

 

CE QUE J’EN SAIS
Le PDES, c’est quoi ?
On nous raconte que ce document écrit par Ahmed Sow est le livre saint qui fera du Mali un pays développé. Vraiment ?
" Dans le cadre du PDES !" Cette phrase est devenue comme une leçon à réciter. Les membres du gouvernement en ont fait leur bréviaire. Ils marchent, courent, travaillent, dorment avec cette expression à la bouche. Il semble que seuls le général Kafougouna Koné et le PM Modibo Sidibé se passent de répéter que tout ce qui se fait au Mali est une œuvre du PDES. Même le vent qui souffle et apporte la pluie est l’œuvre du PDES. Ils sont tellement convaincus de la pertinence de leur œuvre qu’ils utilisent désormais ce sigle pour en faire un parti politique. Finalement, c’es quoi ce truc, comme le diraient les Français ?
Un an environ avant l’élection présidentielle de 2007, Ahmed Sow, fonctionnaire au CDE (Centre de développement des entreprises) prend langue avec le cercle restreint de Koulouba pour mettre sur pied un comité stratégique chargé d’aider ATT à rempiler. C’est ainsi que le principe acquis, Ahmed Sow prend une disponibilité et se met à la rédaction de l’ouvrage. Ses détracteurs disent plutôt que se sachant objet d’une enquête de l’Olaf (section anti-fraude de l’Union européenne), il a voulu se trouver une planque immunisante. Le Programme pour le développement économique et social est ainsi né.
Pour les "experts" en développement, il s’agit d’un document cohérent, lisible, sérieux et ambitieux. Il touche à tous les domaines du développement et ses rubriques s’enchaînent les unes dans les autres. Même s’il s’agit d’un ensemble de textes arides et peu accessibles aux non-initiés, les spécialistes du domaine pensent que c’est le document le mieux élaboré depuis des décennies et portant sur le développement de l’Afrique.
Le problème du PDES, c’est qu’en réalité très peu de personnes l’ont lu. Malgré sa grande diffusion et toute la propagande organisée autour, sa lecture n’intéresse pas grand monde. Il y a bien sûr le peu d’engouement des Maliens pour l’écrit, ensuite le niveau de compréhension des textes et l’accessibilité du langage économique. En sus de ces irritants, il faut noter le peu de sérieux qui accompagne la promotion du PDES.
A force de crier et de répéter que n’importe quelle peccadille du pays est l’œuvre du PDES et que ce dernier "est en marche" ou en vol partout sur le territoire national, on se lance dans une entreprise de dénégation et de minimisation de tout ce qui a été fait avant. Ainsi, des projets et programmes en vigueur des années avant l’irruption d’ATT sur la scène politique sont attribués au PDES, des campagnes de publicité comme d’habitude axées sur le folklore sont organisées pour magnifier cette "œuvre grandiose". Les logements sociaux, le 3e pont de Bamako, le développement de la riziculture, la construction d’infrastructures routières seraient alors l’œuvre du document d’Ahmed Sow.
Certes, le PDES est une première dans le Mali démocratique en ce sens qu’il a tout l’air d’un document bien pensé et bien structuré visant un objectif clair, mais en conséquence, il faudra aussi que des thuriféraires acceptent d’être jugés sur les résultats concrets au lieu des discours assourdissants et peu productifs.
Ousmane Sow

 

RETOMBEES DU PDES
ATT rit, les Maliens pleurent
Parlant du bilan du Programme de développement économique et social (PDES), un confrère de la place a résumé de façon illustrative ce programme : "ATT rit, les Maliens pleurent".
" Le PDES ne marche pas, mais il court", aime à dire le président de la République. Faisant allusion aux réalisations d’infrastructures, sanitaires, aménagement du territoire, construction de routes… ATT vente partout où il passe les chantiers réalisés dans le cadre du PDES.
Sans contredire le président, nous pouvons dire que le Mali est en chantier et ses réalisations frappent à l’œil. Mais, pour une frange importante, au moment où le PDES court, le peuple se traîne dans la recherche du pain quotidien. A quoi sert le PDES si ceux pour qui il a été initié souffrent ?
" Les routes, ponts et hôtels ne peuvent jamais remplacer les marmites trouées", répliquent des concitoyens. Selon Mamadou Sangaré, enseignant au second cycle de Kalabancoura en Commune V, c’est sous ce projet que le prix du kilo du riz a atteint 500 F CFA.
Quand en est-il du résultat de "l’Initiative riz" que le gouvernement a exécuté au nom du PDES à coûts de milliards ? Un Fiasco ! Au lendemain de cette initiative qui visait à assurer la consommation nationale mais aussi pour l'export, le prix du riz a pris l’ascenseur au grand dam des populations.
Il faut reconnaître que c’est sous ce même PDES que la corruption et l’impunité ont connu une ampleur inquiétante au Mali.
C’est avec le PDES que l’école a sombré et continue d’être dans un gouffre sans fin. Avec le PDES, on ne sait plus de quoi demain sera fait, le Trésor est à l’agonie et l’incivisme est devenu un fléau réel.
Parlant de la justice, le président de la République n’a-t-il pas lui-même levé le lièvre sur les bavures dont sont victimes des justiciables ?
Et pourtant, l’institution du Vérificateur général avait suscité l’espoir afin de lutter contre la corruption et la délinquance financière. Mais, les hommes et les institutions sont épinglés à longueur de journée sans qu’ils soient pour autant interpellés.
Aussi, les analystes remarquent que le sport et la culture qui constituent des vecteurs sûrs du développement demeurent des parents pauvres du PDES.
Amadou Waïgalo

 

PDES
Les ATT Boys
Ahmed Sow, ancien ministre de l’Energie, des Mines et de l’Eau, et Hamed Diané Séméga, ministre de l’Equipement et des Transports (huit ans au gouvernement) sont deux des fervents défenseurs du Programme de développement économique et social (PDES). Le premier est assez discret alors que le second ne jure que par ATT.
La presse le voyait prendre la tête du gouvernement après la démission d’Ousmane Issoufi Maïga en 2007. Mais c’était sans compter avec le chef de l’Etat qui a finalement jeté son dévolu sur Modibo Sidibé. Ahmed Sow, puis que c’est de lui qu’il s’agit, a néanmoins été nommé ministre de l’Energie, des Mines et de l’Eau du gouvernement Modibo. Il est le concepteur du PDES d’ATT.
Comme certains aiment à le dire, M. Sow est la tête pensante du clan ATT de par son expérience.
Celui qui avait en charge le ministère de l’Energie, des Mines et de l’Eau, est diplômé de l’Institut national des sciences et techniques nucléaires de Saclay (France) en 1983. Quatre ans plus tard, il obtient un doctorat en économie de la production à l’Université de Paris IX. M. Sow a une très grande connaissance des affaires.
Sa capacité de gestion a fait qu’il a travaillé au CDE de 1992 à août 2007. Un parcours couronné par le poste de directeur de cet organisme. Auparavant, il avait été économiste senior au cabinet SEED (France) de 1986 à 1992. Il sera, à ce niveau, conseiller technique principal du projet "Energie-II" au Niger (1989-1992), financé par la Banque mondiale et expert auprès de la Commission européenne (DG VIII/B5) de 1986 à 1989. Il était préalablement économiste conseil dans le groupe Sema-Metra en France (1983-1985). Ahmed Sow est l'auteur de publications se rapportant à la problématique de l’énergie.
Il est nommé en février 2005 à la tête du Centre pour le développement de l’entreprise (CDE), une institution au service de la coopération entre l’Union européenne (UE) et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Mais, dans l’exercice de ses fonctions et après sa nomination au gouvernement (2007), il a été suspecté d’avoir fait un usage délictueux des fonds de l’Union européenne.
Ce qui fait qu’il a fait l’objet d’une enquête des instances communautaires chargées de la lutte antifraude. Les conclusions de l’enquête administrative, menée par l’Office européen de lutte antifraude, ont permis de l’innocenter en décembre 2009. M. Sow qui avait démissionné de son poste de ministre en fin septembre 2008, "pour sauvegarder les intérêts de son pays", est aujourd’hui à la tête de sa société, Amic-Invest.
Quant à Hamed Diane Séméga, son dévouement pour le président ATT n’est caché à personne. Il fait partie de ceux qui ne jurent que par le chef de l’Etat. Il est le chantre du PDES, qui est devenu sa musique préférée. De même qu’Ousmane Thiam, Séméga distille les formules magiques : "depuis l’arrivée d’ATT en 2002" ou "dans la ligne droite du PDES".
L’ancien ministre de l’Energie, des Mines et de l’Energie, qu'il a dirigé pendant 5 ans avant de prendre les destinés du département de l’Equipement et des Transports, au moment de sa nomination en 2002 comme ministre, n’était pas bien connu.
Le maîtrisard en sciences juridiques, avec une spécialisation dans l’administration des projets miniers, a été directeur administratif de Canadian Mali Gold Corporation, une société de recherche minière (1990-1992), directeur des opérations de USM Industries pour le Mali (1992-1994), directeur administratif de "Golden Star Ressources" pour le Mali (1994-1997) et enfin directeur administratif et juridique de Pan African Resources Corporation (filiale de Golden Star Resources) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.
Au moment de sa nomination comme ministre en juin 2002, il occupait le poste de consultant en administration des projets miniers. Indépendamment de ses deux caciques du régime ATT, beaucoup d’autres ministres et personnalités ont eux aussi compris qu’il faut toujours bûcher les 4 lettres "P-D-E-S" avant même d’aller au lit.
Amadou Sidibé

 

LE PDES
Projet de développement ou propagande ?
Le deuxième et dernier mandat du président ATT a été placé sous le signe du changement avec le Programme de développement économique et social (PDES). Vaste chantier de développement pour les uns, propagande pour les autres, le PDES calqué sur le Cadre stratégique de réduction de la pauvreté aura été le moteur du 2e mandat d’ATT.
Dans la pratique, le Projet de développement économique et social (PDES) du président de la République s'articule autour de quelque six axes d'intervention. Il s’agit notamment de l’organisation de l'action publique pour soutenir les autres composantes du programme, l’amélioration de la production primaire, l’assurance de la sécurité alimentaire, la mise en place d’un environnement propice à l'émergence et au développement du secteur privé, l’insertion des femmes et des jeunes dans les circuits productifs, le développement des secteurs sociaux…
C’est surtout dans le domaine de l’agriculture, de l’éducation et de la santé que les mérites du PDES sont ventés Au niveau du département de l'Agriculture, beaucoup d'efforts ont été consentis. Après plusieurs mois de travaux, le Mali est doté aujourd'hui d'une usine d'assemblage de tracteurs à Samanko. Des hôpitaux et autres centres de santé équipés, des salles des classes, la construction d’amphithéâtres sont autant de réalisations à mettre à l’actif du PDES sans oublier les infrastructures routières.
Pour le président ATT, le PDES serait aujourd’hui comparable à un train à grande vitesse (TGV). "Le PDES ne marche plus, il court. Les retardataires devront le prendre à la prochaine gare", disait-il lors de sa traditionnelle présentation des vœux à la presse en fin décembre 2009. Comme pour dire que le Programme de développement économique et social a atteint sa vitesse de croisière et que tous les projets ne pouvaient être pris en compte que dans les années à venir.
Pour les adeptes du PDES, la fonction publique a enregistré des avancées notables, avec l’amélioration des statuts et des différentes grilles, la révision de la valeur du point d’indice portée à 300 F CFA à compter de janvier 2007, le recrutement de 5228 fonctionnaires et de 2849 contractuels, soit 8077 sur la période 2002-2006.
La masse salariale a progressé de 97,4 milliards de F CFA à 158,2 milliards FCFA sur la période, soit une hausse de 62,42 %.
Malgré le PDES, conçu pour le bien-être de la population, notre pays reste l'un des plus pauvres de la planète : manger à sa faim reste un luxe pour certains, l’accès à l’eau potable et à un système d’assainissement est un rêve pour d’autres, le chômage des jeunes persiste. Mais patience ! Le PDES est bien en marche. Mais en avant ou à reculons ? C’est selon.
Idrissa Sako

 


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DEVELOPPEMENT DU BASKET
La NBA-Afrique voit le jour
La Ligue majeure américaine de basket (NBA) a exploité l’engouement et la réussite de la plus prestigieuse compétition sportive mondiale pour s’implanter dans la durée sur le continent. Première étape, l’Afrique du Sud.
" Le succès du Mondial nous donne confiance vis-à-vis du continent africain. Et depuis 2003, nous avons commencé notre camp avec des stars de la NBA", a déclaré mardi dernier le représentant en Afrique de la NBA lors d’une conférence de presse.
" Depuis 20 ans, la NBA a commencé à s’intéresser au continent en y envoyant ses vedettes à l’image de Patrick Ewing, Hakim Olajuwon, Dikembo Motombo faisant des actions caritatives mais aussi animant des camps", a rappelé le vice-président de développement en Afrique, Amadou Gallo Fall.
A la suite des basketteurs qui se sont beaucoup investis, à l’instar de Mutombo, qui a construit un hôpital d’un coût de 29 millions de dollars US dans son pays natal (la RD Congo), c’est le patron de la NBA lui-même, David Stern, qui a fait le voyage et depuis 2003, des camps périodiques sont organisés pour aider au développement de la discipline, a-t-il ajouté.
Ce camp d’entraînement était organisé à Johannesburg avec des jeunes dont les internationaux maliens Wali Coulibaly et Younoussa Maïga et depuis février dernier, la NBA a décidé, à l’instar des autres continents, d’ouvrir ses portes en Afrique.
" C’est une façon de contribuer à la promotion du basket en accord avec la Fédération internationale de basket (Fiba), les ministères des Sports et de l’Education", a rappelé le vice-président pour l’Afrique tout en précisant que la mission serait la mise en place d’une Ligue professionnelle.
Selon Amadou Gallo Fall, le prochain camp d’entraînement se tiendra à Dakar du 5 au 8 août 2010. Il a souligné que la réussite de l’organisation de la Coupe du monde en Afrique du Sud ouvre de bonnes perspectives pour la balle au panier.
De son côté le président du bureau pour l’Afrique de la NBA, John Manyo Plange, originaire du Ghana, a précisé que l’ouverture de ce bureau, le premier et non le dernier, contribuera à promouvoir notre communauté.
" Nous aurons une présence remarquée et remarquable sur le continent. L’aspect le plus important, est que nous ne voulons pas imposer la pratique de la discipline de façon unilatérale. Mais de concert avec les associations et les autorités sportives afin que notre discipline favorite puisse connaître le même essor que le football", a-t-il souhaité. Et d’ajouter : "On a bien compris notre projet et les autorités locales, nous ont ouvert toutes les portes".
Le choix d’ouvrir les portes du NBA au pays de Nelson Mandela, connu plutôt comme une terre de rugby, est simplement stratégique. "La plupart de nos partenaires ont des compagnies ici. D’ici 2012, nous allons ouvrir un bureau un peu partout sur le continent", a-t-il conclu.
Boubacar Diakité Sarr
(envoyé spécial)

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