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2010
Mois de
juillet
Les
Echos du 7 juillet
ENSEIGNEMENT
SUPERIEUR
Les coûts de la grille exigée par le Snesup
Un des points de désaccord entre le gouvernement et les syndicats de l’enseignement
supérieur, notamment le Snesup, est la grille indiciaire. Le gouvernement
a fait la proposition d’une augmentation de 10 % à compter du 1er
juillet 2010, de la grille de rémunération des personnels enseignants
et chercheurs de l’Enseignement supérieur. "Cette grille est
portée à 1100 points, le plafond auquel les agents de l’Etat
ont accès".
Les Echos s’est procuré la proposition de la grille du Snesup (voir
fac-similé), jamais parvenu officiellement au gouvernement (le syndicat
a préféré la remettre à l’Assemblée
nationale et à des médiateurs obscurs). Un expert des fonctions
publiques africaines d’expression francophone livre ici sa réflexion.
Que contient cette grille ? La rémunération de trois corps (assistant
et attaché de recherche, maître de conférences et maître
de recherche, professeurs et directeur de recherche). Un assistant débutant
commence à la 3e classe (1er échelon) avec un indice de 1368 points,
soit un salaire de base de 452 466 F CFA, sans compter les primes et indemnités
réclamées par le syndicat.
Cet assistant terminera à la classe exceptionnelle à l’indice
2745, soit un salaire de base de 907 908 F CFA. Le maître de conférence
ou maître de recherche débute à l’indice 1791 avec
un salaire de 592 373 F CFA et termine en classe exceptionnelle avec un indice
de 2832 (salaire de base de 936 684 FCFA).
Le professeur débute à l’indice 1926 (637 024 F CFA) et termine à l’indice
3000 (992 250 F CFA). Un expert a évalué l’incidence annuelle
de cette grille en transposant l’effectif (1069) du personnel enseignant
et en tenant compte de "la nouvelle hiérarchie", non observée
dans aucun pays de la sous-région, notamment du Cames.
L’incidence annuelle de la grille du Snesup, sans les primes et indemnités
est estimée à 8,3 milliards F CFA (quasiment le double de la masse
salariale globale actuelle des 1069 enseignants du supérieur). Le syndicat
exigerait du gouvernement une application dès 2010 de 60 % (4, 9 milliards
F CFA) et 40 % en 2011 (3,4 milliards F CFA).
En ajoutant les primes (prime de risque représentant 10 % du salaire brut
mensuel, prime académique, prime de recherche, prime de fonction spéciale)
et indemnités (indemnités de logement, indemnité de sujétion),
estimées à 5,9 milliards F CFA, l’incidence globale des revendications
du Snesup est évaluée à 14,2 milliards CFA. Les doléances
du Snec sont dans l’ordre des mêmes grandeurs.
En plus, le syndicat exige des "frais d'encadrement du Master" pour
600 000 F CFA, des frais d'encadrement de thèse pour 1 800 000, des "frais
d'encadrement de stage" pour 200 000 F CFA et des "frais de jury soutenance" pour
20 000 F CFA, sans compter une allocation spéciale familiale par enfant/mois
de 15 000 F CFA.
A u titre des heures supplémentaires : 15 000 F CFA l’heure pour
les cours magistraux des professeurs et des maîtres de conférences,
et 12 000 F CFA pour les assistants et attachés de recherche ; 12 000
F CFA l’heure pour les travaux dirigés et les travaux pratiques
des professeurs et des maîtres de conférence, des assistants et
attachés de recherche.
En faisant une comparaison interne, on constate que la grille du Snesup est hors
norme. Les agents de la fonction publique plafonnent à l’indice
900 (297 675 FCFA), même s’ils sont titulaires d’un doctorat,
le général d’armée à l’indice 1000 (330
750 F CFA) et les magistrats à 1100 (363 825 F CFA). Dans les indices
spéciaux, les membres du gouvernement plafonnent à l’indice
1200 (396 900 FCFA). Déjà, au plan national, pas besoin d’être
un spécialiste pour constater l’incohérence de la grille
proposée.
Au plan international, en comparaison avec les salaires des enseignants de l’Université Abdou
Moumouni du Niger (la référence des syndicats) qui compte 10 000 étudiants
et 300 enseignants (NB : l’Université de Bamako et les grandes écoles
comptent 75 000 étudiants, 1310 enseignants et chercheurs, dont 1069 enseignants
sur le campus), les résultats sont les suivants :
Un assistant débutant au Niger à l’indice 500 (valeur de
l’indice 4180 F CFA : 12 = 348,33 F CFA) gagne 174 166 F CFA contre 452
466 F CFA du Snesup, d’où une variation de 278 299 F CFA, soit 159,79
%.
Un maître de conférences débute à l’Université Abdou
Moumouni à l’indice 1300 (452 833 F CFA) contre un indice de 1791
(592 373 F CFA) du Snesup, d’où une variation de 139 540 F CFA,
soit 30,81%. Il termine au Niger à l’indice 1860 (647 900 F CFA),
tandis que le maître de conférences, 1re classe, 3e échelon
du Snesup est à l’indice 2442 (807 692 F CFA), d’où une
variation de 159 792 F CFA, soit un taux de 24,66 %.
Le professeur titulaire débute à l’Université Abdou
Moumouni à l’indice 1550 (539 917 FCFA) contre un indice de 1926
(637 025 FCFA) du Snesup, d’où une variation de 97 108 FCFA, soit
17,99 %. Il termine au Niger à l’indice 2250 (783 750 F CFA), tandis
que le professeur titulaire, 1re classe, 1er échelon du Snesup est à l’indice
2295 (759 071 F CFA). Le professeur titulaire du Snesup est à l’indice
3000 (992 250 FCFA), d’où une variation de 208 500 F CFA, soit un
taux de 26,60 %.
De cette analyse comparative de la grille du Niger et de celle proposée
par le Snesup, la conclusion est que les rémunérations proposées
dépassent largement les salaires de la grille du Niger, qui est son pays
de référence où la hiérarchie comporte les quatre
corps (assistant, maître assistant, maître de conférences
et professeur titulaire), où les enseignants s’inscrivent sur les
listes d’aptitude du Cames et n’avancent pas par décret, mais
sur la base de leur productivité (recherche et publications).
A l’analyse, on comprend aisément pourquoi, le chef de l’Etat
et le gouvernement se sont montrés prudents à satisfaire dans l’immédiat
toutes les doléances des syndicats évaluées à plus
d’une dizaine de milliards de F CFA. Ils ont déclaré, à maintes
reprises, que l’Etat a donné ce qu’il pouvait se permettre
immédiatement. Le reste devant faire l’objet de planification. C’est
tout le sens du Plan décennal de développement de l’enseignement
supérieur, dont le début de la mise en œuvre de la première
phase (2011-2015) est prévu en 2011.
Les syndicats, dont les membres prétendent constituer une partie de l’élite
de notre pays doivent comprendre le message de leurs partenaires, les soucis
des différentes composantes de notre nation et lever le mot d’ordre
de grève, tout en continuant à revendiquer et négocier,
le Gouvernement ayant laissé "la porte ouverte" dans le cadre
de la formulation et de la mise en œuvre du plan de développement
de l’enseignement supérieur.
Cheickna Traoré
(Lafiabougou)
Acceuil
BUREAU
DU VERIFICATEUR GENERAL
Sidi Sosso Diarra promet un rapport explosif
Dans une interview accordée à Jeune
Afrique datée du 6 juillet 2010, le
Vérificateur général,
Sidi Sosso Diarra aborde plusieurs points concernant
sa mission, ses déboires et ses futures
ambitions. Mais ce qui capte le plus est l’avant-goût
du rapport 2009 qu’il remettra au chef
de l’Etat ce 19 juillet. Un document
qui va faire trembler la République
avec son cocktail de sujets abordés.
Le rapport 2009 dont la première copie
sera remise au chef de l’Etat le 19 juillet
et aux différents présidents
des institutions de la République est
un cocktail explosif. Sidi Sosso Diarra s’est
attaqué à "l’Initiative
riz" du Premier ministre Modibo Sidibé.
Mais l’abordage de ce sujet n’a
pas été sans problème,
aux dires du Vérificateur général. "Un
gros problème rencontré est la
non-comptabilité des fonds de la Primature,
contrairement à ce qui se passe au Burkina
Faso, par exemple, où il est question
de la justification de certains fonds",
a-t-il fait remarquer.
Fait partie des dossiers explosifs promis par
Sidi Sosso Diarra, la privatisation de l’Huicoma,
qui selon lui, "contient beaucoup de zones
d’ombres" et dont l’enquête
a été réitérée
par les députés. "Vous le
voyez, ce rapport risque d’être
iconoclaste et de faire du bruit", a commenté le
Vérificateur général.
Cerise sur le gâteau : l’audit
des directions régionales du trésor
et la comptabilité est révélé dans
le futur rapport. Bamako, déjà vérifié en
2008, n’est pas sur la liste rouge. "Il
y a beaucoup de mauvaise surprise… Le
gros problème c’est que le ‘côté dépense’ est
informatisé, alors que le ‘le
côté recette’ est encore à l’âge
de la pierre", a indiqué Sidi Sosso
Diarra.
Ce rapport, qui constitue le cadeau d’adieu
de Sidi Sosso Diarra dont le mandat de 7 ans
prend fin en mars 2011, sera suivi d’un
tout dernier. Celui-ci fera le bilan de son
septennat au BVG, a-t-il jugé.
Abdrahamane Dicko
Acceuil
CHRONIQUE
D’IBA
L’extraordinaire Coupe du monde africaine
La première Coupe du monde organisée sur le continent noir a battu
bien des records et l’univers du ballon rond nous a montré d’autres
facettes moins glorieuses.
Cette Coupe du monde africaine avait tout pour émerveiller et faire vibrer
le continent entier : d’Alger à Johannesburg, de Dakar à Addis-Abeba.
Pourtant, ce projet n’a pas été un long fleuve tranquille.
Très tôt, des voix se sont fait entendre sur l’incapacité des "Sudaf" à exécuter
les travaux à temps. Par ailleurs, la crise financière, la poussée
de la violence, les attaques contre la communauté zimbabwéenne
ont fait craindre le pire, mais les autorités locales n’ont jamais
baissé les bras. Bien au contraire, les stades, les infrastructures routières
et d’accueil ont été réalisés. Des milliers
d’agents ont été formés afin de garantir la sécurité des
footballeurs et de leurs supporteurs.
La fête devait donc être belle ! Des artistes du monde entier, Shakira
en tête, avec sa reprise sans autorisation de "Zangaléwa" sous
l’appellation "waka waka", a fait monter la température.
La Fondation Mandela, aussi, a confirmé la participation du "patrimoine
mondial" au match inaugural. Un rendez-vous manqué suite au décès
tragique de son arrière petite-fille, Zenani Mandela, à la sortie
du concert de coup d’envoi du mondial. Incroyable !
De tout ce monde, il a fallu que le sort s’acharne sur cette petite. Madiba
n’assistera pas au match d’ouverture. Contre mauvaise fortune bon
cœur. C’est peut-être le sacrifice qu’il fallait pour
que tout se déroule bien. Zenani a peut-être évité à son
arrière grand-père, à la santé fragile, une grosse
fatigue qui aurait pu lui être fatale, who knows ?
Le Mondial commence mal pour les Africains. Des six pays participants, cinq se
font remercier sans management dès la première étape. L’Afrique
du Sud entre dans l’histoire en devenant le premier pays organisateur à sortir
dès le 1er tour. Walaî, pourquoi a-t-il fallu que ça tombe
sur les Noirs ? Bref, il ne reste plus que le Ghana et l’Afrique s’aligne
derrière elle prouvant ainsi que nous sommes aptes à nous unir.
C’est la magie du foot, je ne vous apprends rien ! Le Ghana, déjà une
fierté par sa bonne gouvernance, est en phase d’inscrire le continent
dans les annales de la Coupe du monde. Le rouge, le jaune étoilé et
le vert de son drapeau maquillent désormais les capitales africaines et
même les townships de Soweto où les bambins commencent à idolâtrer
les jeunes joueurs descendants de Kwame Nkrumah.
Cela dit, le Ghana reste un pays africain, les Black Stars sont à l’image
du continent souvent incapable de saisir l’histoire, incapable de transformer
un penalty en but. Tous les marabouts d’Afrique réunis, toutes les
prières, la forte présence et les encouragements de dignitaires
africains au Soccer City Stadium n’ont pas permis à Gyan de marquer
ce tir direct obtenu suite au geste criminel de Luis Suarez, qui par pure indélicatesse,
je pèse mes mots, a interdit à l’Afrique de rentrer dans
l’Histoire.
Ce défenseur antisportif uruguayen a fait sortir de ses mains le ballon
de la ligne de but du gardien Fernando Mulsera. Eh Allah ! Il n’a pas mesuré ce
que ce point représentait pour tout un continent. Il allait cicatriser
un siècle d’échec, renforcer les liens de fraternité qui
nous lient.
Que la Fifa revoit les règles du football international pour que plus
jamais la tricherie ne l’emporte sur l’effort et le mérite.
Durant cette Coupe, les faux jugements, les erreurs d’arbitrage ont causé plus
que de la colère, des crises cardiaques à travers le monde. Ne
serait-il pas temps de donner la possibilité aux arbitres de recourir à la
vidéo ? Ne me dites surtout pas que tous les Etats n’ont pas les
moyens de s’équiper pendant que des joueurs gagnent des millions
d’euros par mois.
En parlant de joueurs multimillionnaires, j’aurais tellement souhaité que
la France de Nicolas Sarkozy s’inspire des politiques africaines pour une
fois. Le Nigeria voulait interdire à son équipe de football de
participer à toute compétition internationale pendant deux ans
afin de restructurer son jeu. Dans un passé pas très lointain,
les Eléphants de Côte d’Ivoire, suite à leur mauvaise
prestation à la Can-2000, ont été internés par le
général Robert Gueï dans le camp militaire de Zambakro pour
avoir fait "la honte de la nation". Au lieu de laisser les Bleus tranquillement
rentrer chez eux, certains par jet privé et qui s’empresseront sans
doute d’aller se consoler dans les bras des Zahia de la République,
il aurait fallu les faire suivre une formation de patriotisme et des cours d’éducation
civique. C’est quoi ces joueurs qui s’insultent et se martyrisent
?
L’image de cette équipe française, majoritairement black,
retournant dans le car de l’équipe de France ne cesse de parasiter
mes pensées. Heureusement, qu’il n’y a pas que les Noirs qui
ont disjoncté en Afrique du Sud. Toujours au sein des Tricolores, Raymond
Domenech, le coach décrié, prié depuis des mois de rendre
son tablier, a livré son show : provocations habituelles, arrogance à l’égard
de la presse, refus de serrer la main de l’entraîneur des Bafana-Bafana,
l’équipe nationale du pays organisateur. Ça fait des records
!
Que le Ghana sèche ses larmes. L’Uruguay rentrera dans le Guiness
des records en devenant le pays le plus détesté par tout un continent,
un milliard d’habitants en l’espace d’une seconde. Les joueurs
de la Celeste n’iront nulle part ! Vous vous rappelez la main de Thierry
Henry contre l’Irlande ? Vu le résultat des enfants de Roselyne
Bachelot, il lui aurait mieux fallu garder sa main dans la poche. A partir de
cette faute, tous les éléments se sont mis en place pour que les
Bleus perdent : la pression médiatique, la presse assassine, Rama Yade
et l’hôtel de luxe, Domenech…
Il y aura une justice et nous ne nous contenterons pas d’avoir organisé le
1er Mondial en terre africaine. Cela a pris près d’un siècle.
Que dame Coupe du monde revienne vite, peut-être en Afrique de l’Ouest
ou en Afrique centrale pour des raisons d’accessibilité. Et l’Afrique
se réunira derrière ses nations, car désormais nous avons
une revanche à prendre.
Birama Konaré
Acceuil
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