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2010
Mois de
juillet
Les
Echos du 5 juillet
IL
FAUT LE DIRE
Réel et imaginaire
Face à la question du handicap, l’Etat, qui se doit aussi d’incarner
des valeurs traditionnelles, fait des efforts certains. Des dons par-ci, des
réalisations concrètes par-là sont notés au profit
des handicapés. Aujourd’hui, plusieurs services, banques et commerces
sont devenus plus accessibles aux handicapés moteurs grâce à certaines
installations qui leur permettent de se rendre aux guichets ou aux caisses où ils
sont prioritairement servis.
Que dire de certaines décisions de l’Etat comme l’opération
de la cataracte qu’il assure gratuitement à l’instar d’autres
maladies comme la lèpre et la réinsertion socioprofessionnelle
de ceux qui en guérissent ! La liste n’est pas exhaustive, mais
c’est tout simplement fantastique ! Il y a sur ce plan d’autres exemples
tangibles de l’esprit de solidarité qui caractérise la société malienne,
comme pour corroborer l’adage "bon sang ne saurait mentir".
Cependant, il y a loin de la coupe aux lèvres. On peut par exemple citer
le cas de l’atelier de fabrication de craie, serpillière, balais
de l’Union malienne des aveugles du Mali, source de revenu pour l’Institut,
qui végète à cause de la mévente de sa production
(on aurait dit une désinvolture) alors que les besoins de consommation
sont là.
Aussi en soutenant au Handi-Forum de l’Uémoa, la semaine dernière à Bamako,
que tous les handicapés diplômés maliens sont recrutés
sans concours dans la fonction publique, l’hôte de la rencontre,
le ministre du Développement social, pour le nommer, a, semble-t-il, généralisé la
pratique avec quelques cas rares, aucune enquête n’étayant
ses propos.
D’ailleurs, on se demande si le législateur a planché sur
cette question et s’il a décidé. Dans l’affirmative,
le MDSSPA aura alors du pain sur la planche puisque ce ne sont pas les handicapés
diplômés sans emploi qui manquent. Mais qu’à cela ne
tienne ! Car il est aisé de constater que malgré cette "avancée",
les handicapés recrutés restent confrontés à des
préjugés défavorables qui font que leur promotion est gelée,
voire inexistante.
Alors que les nominations se font à la pelle, les Maliens peuvent à ce
jour encore compter du bout des doigts les ministres, ambassadeurs, directeurs
nationaux, PDG ou membres de cabinet handicapés. Ils ne sont qu’une
infime minorité au mieux des cas. C’est un peu cela la partie fiction
du discours du ministre.
Hélas ! Le handicap n’est pas que physique ; on oublie souvent qu’il
peut être aussi mental, car des concitoyens, apparemment en bonne santé,
dès qu’ils sont appelés à des responsabilités,
deviennent fous d’argent et laissent prospérer la corruption, la
gabegie, le népotisme. Vous avez dit handicap moral ? Pour plus de solidarité vis-à-vis
des handicapés visibles, il est temps de les débusquer afin de
mieux gérer les maigres ressources au profit de l’ensemble, handicapés
ou non.
Gageons que de la même manière que les routes de l’espace
de l’Uémoa, les résolutions de Handi-Forum obligeront tous
les Etats-membres à une promotion sans fard des handicapés au sein
de l’Union économique et monétaire ouest-africaine.
A. M. T.
Acceuil
ZONE
INDUSTRIELLE DE KAYES
Litige entre AZI-SA et Sovic
La convention qui lie l’Etat à l’Agence pour l’aménagement
des zones industrielles (AZI-SA) autorise implicitement d’autres initiatives
en matière d’aménagement et de gestion des zones industrielles.
Ce qui a motivé la création d’une société privée
dénommée Société de viabilisation, d’industrialisation
et de cession (Sovic). Mais il semble qu’il y a un monopole de fait. Jugez-en
vous-même !
Enregistrée au Guichet unique du ministère de la Promotion des
investissements et des Petites et moyennes entreprises sous le numéro
07-034/PI/CADSPC-GU le 12 septembre 2007, la Sovic a pour vocation l’aménagement
et la vente des zones industrielles. Au regard de ce vaste chantier quasi inexploité de
l’industrialisation du pays, son action vient en complément de celle
de l’AZI-SA qui existe depuis 2002, mais qui tente maintenant de sortir
la tête de l’eau et de l’Agence pour la promotion des investissements
au Mali (Apim-Mali).
A la suite de l’accord écrit du conseil de la Commune rurale de
Liberté Dembaya, de l’accord de principe des autorités administratives
régionales et de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali,
la Sovic a bénéficié également de l’autorisation écrite
du département en charge du foncier et de l’avis de non-objection
du ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce
pour aménager la zone industrielle de Diyala (Kayes). En plus, dans sa
lettre n°85/MEIC-SG du 24 janvier 2008, le secrétaire général
dudit ministère, sur ordre de son ministre disait ceci dans une correspondance
adressée à la Sovic : "J’apprécie hautement votre
démarche relative à l’aménagement des zones industrielles
au Mali…"
C’est en vertu de toutes ces assurances que la Sovic, en rapport avec ses
partenaires techniques et financiers a entrepris des travaux sur le site, notamment
la délimitation, le bornage et les levés topographiques. Les démarches
en vue du lancement officiel des travaux d’aménagement étaient
très avancées.
Dans une correspondance adressée au gouverneur de Kayes, la Sovic demandait
l’autorisation provisoire de lotir en vue de la pose de la première
pierre par le président de la République, dans le cadre du cinquantenaire.
C’est dans cette attente qu’est survenue la volte-face du ministre,
faisant croire aux journalistes qu’un délai dont la Sovic n’a
aucune référence lui aurait été donné pour
aménager le site et qu’il ne l’aurait pas respecté.
Le ministre a imposé AZI-SA sur le site déjà affecté à la
Sovic. Il a utilisé les données et les acquis réalisés
par celle-ci au prix d’un passage en force et en réduisant à néant,
par la même occasion, les investissements coûteux en accordant de
fait un monopole à AZI-SA.
Kalifa Théra
Acceuil
PROJET
DE REVISION CONSTITUTIONNELLE
Le RPM se prépare pour les débats
Dans la perspective de l’examen par l’Assemblée nationale
du projet de révision constitutionnelle, les députés du
groupe parlementaire du Rassemblement pour le Mali (RPM) sont en atelier depuis
samedi au stade du 26-Mars pour examiner le projet de constitution du Comité d’appui
aux reformes constitutionnelles (Cari) c’est-à-dire le rapport Daba
Diawara.
La cérémonie d’ouverture des travaux était présidée
par le président du RPM, Ibrahim Boubacar Kéita en présence
de plusieurs membres du bureau politique national (BPN), de militants et sympathisants
du parti du Tisserand.
Cet atelier, à l’intention des députés RPM, est organisé en
partenariat avec la Fondation CMDID. Il a pour objectif de renforcer les capacités
du groupe parlementaire non pas seulement pour mieux examiner le projet de loi
de révision de la Constitution mais aussi des autres projets notamment
le code de la personne et de la famille.
Il s’agira, pour le RPM, de formuler le point de vue du parti sur les principales
propositions contenues dans le projet de réformes politiques du président
ATT et préparer les députés à "défendre
avec responsabilité et fidélité" ses positions lors
des débats.
Ainsi au cours des travaux, les participants vont-ils s’interroger sur
l’opportunité de la révision constitutionnelle, sur l’initiative
du chef de l’Etat en fin de second et dernier mandat de réviser
la Constitution et les risques qu’il y a.
D’autre part, les députés tenteront de décortiquer
la pertinence et la performance du projet si celui-ci ne renforce pas la légitimité des
structures publiques. L’impact économique des réformes sur
le budget et sur le contribuable sera également un autre sujet que les
députés vont examiner.
Denis Koné
Acceuil
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