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2010
Mois de
juillet
Les
Echos du 2 juillet
ASSEMBLEEE
NATIONALE
Huicoma, téléphonie mobile et BTP en débats
Les députés sont, depuis hier jeudi en plénière.
A l’ordre du jour, en plus de 20 projets et propositions de loi, trois
questions orales. L’Huicoma, la téléphonie mobile et les
BTP se sont invités aux débats.
La plénière de l’Assemblée nationale a débuté jeudi
par les trois questions orales adressées respectivement aux ministres
de l’Industrie, des Investissements et du Commerce, de la Communication
et des Nouvelles technologies et des Finances et du Commerce.
Les questions orales étant prioritaires, car ils avaient déjà fait
l’objet de renvoi. Ahmadou Abdoulaye Diallo, Mme Diarra Mariam Flantié Diallo
et Sanoussi Touré ont eu l’honneur de s’expliquer devant les
députés.
Huicoma, la couverture téléphonique du Mali par les opérateurs
du GSM (Orange et Malitel) et les bâtiments et travaux publics ont été les
sujet abordés par les ministres et leurs interpellateurs. Le gouvernement
malien a pris l’option de privatiser toutes les sociétés
nationales.
L’option de la privatisation est argumentée par une meilleure gestion
des entreprises par les opérateurs économiques, capables, selon
l’Etat, de financer, d’investir et de développer la production.
Mais, dans la pratique la réalité est autre en témoigne
le cas de l’Huilerie cotonnière du Mali (Huicoma), cédée
au Groupe Tomota.
Selon le député Oumar Mariko, la privatisation de Huicoma n’a
apporté aucune plus-value au Mali. Elle a, au contraire, fragilisé l’économie
malienne et accrue l’insécurité alimentaire dans notre pays
: en nous rendant encore plus dépendant des importations d’huile
puisque la production des usines de Huicoma a chuté.
Plus grave : le nombre de travailleurs a considérablement diminué.
De 1199 au moment de la privatisation, ils n’étaient que 260 en
2009. Ce qui a le plus suscité l’indignation du député,
c’est le sort des 411 travailleurs licenciés en 2007 au motif de
manque de graines de coton alors que Huicoma avait reçu, aux dires de
l’élu, 93 500 tonnes de graines de coton au détriment d’autres
unités industrielles d’huile de coton.
Dans ses éléments de réponses, le ministre Diallo a nié toute
connivence entre l’Etat et le Groupe Tomota, l’existence d’arriérés
de salaires, de salaires impayés ou droits impayés aux travailleurs.
A l’en croire, l’envahissement de la Bourse du travail par les travailleurs
de Huicoma n’a pas sa raison d’être, car, a-t-il soutenu, ils
ont été mis dans leurs droits. Cette réponse n’a pas
convaincu le député qui a exigé de l’Etat, la nationalisation
de Huicoma.
La seconde question orale était adressée au ministre de la Communication
et des Nouvelles technologies. L’honorable Ilias Goro, élu à Douentza,
a interrogé Mme Diarra Flantié Diallo sur le plan de couverture
du Mali en téléphonie mobile par l’opérateur Orange.
Aux dires du député, cette société avait prévu
la couverture d’un certain nombre de communes rurales, dont la Commune
rurale de Mondoro Yangassadjou (lieu de résidence du député)
avant décembre 2009.
Promesses
Dans les prévisions de couverture de juin-décembre 2009, Mondoro était
prévue à travers le village de Yangassadjou, à plus de 25
km de Mondoro. Ce qui ne favorise pas la population, a indiqué le député.
Mais qu’à cela ne tienne ! La prévision est restée
lettre morte. Selon le député, toutes ses démarches personnelles
auprès de Orange-Mali n’ont pas abouti à une suite favorable.
Mme le ministre a assuré son interlocuteur de la couverture téléphonique
de sa localité et s’est appesantie sur les efforts que déploient
le gouvernement et les sociétés de téléphonie mobile
pour un accès en grand nombre et de qualité des populations au
mobile.
La dernière question orale était adressée au ministre délégué auprès
du ministre de l’Economie et des Finances chargé du Budget, Lassine
Bouaré. L’honorable El Hadj Baba Haïdara s’est entretenu
avec le ministre sur le secteur des bâtiments et travaux publics. Pour
l’honorable Haïdara, le secteur du BTP est celui dans lequel l’Etat
investit le plus. Le montant des investissements inscrit au budget d’Etat
2010 pour les travaux est de 446 957 000 000 F CFA, soit 40,71 % du budget total
dont la moitié provient du budget national.
Le député s’offusque cependant que cette somme obtenue par
les impôts des Maliens et des prêts remboursables est à 90
% attribuée aux entreprises étrangères, faute de décision
ou de courage politique. En clair, selon le député, en attribuant
la majeure partie des travaux aux entreprises étrangères, notre
pays perd sur toute la ligne, car les seuls produits que nous fournissons sont
les agrégats (sable, gravier, cailloux, latérite).
Le député a aussi évoqué la concurrence déloyale
endémique dans ce secteur, le manque d’accès au crédit
d’investissement et l’absence d’assistance pour l’accès
aux marchés.
Même si les arguments donnés par le ministre n’ont pas semblé convaincre
son interlocuteur, celui-ci s’est résolu à accepter que les
entreprise maliennes doivent beaucoup s’améliorer en matière
de compétence et de ressources financières.
Denis Koné
Acceuil
ENTREPRENARIAT
AU MALI
Un cadre et des idées à gogo
Dans le cadre d’une plus grande intégration des activités économiques
au Mali et de création de plus-values dans les domaines de l’industrialisation
et de l’agro-industrie, le ministère de l’Industrie, des Investissements
et du Commerce a créé un cadre de concertation et proposé beaucoup
de pistes de réflexions.
Dans le cadre du processus d’appui aux entreprises et de renforcement de
leurs capacités de production, de vente et d’exportation, le ministère
a mis en place un cadre de concertation. Des produits comme la farine de blé,
le savon, les articles en produits textiles, les sacs d’emballage plastic,
etc. ont fait l’objet d’accords actuellement en application. Cette
procédure est également envisagée pour les infusions dont
le kinkéliba, la citronnelle, l’oseille ou dah bléni, le
jus de gingembre, le thé, etc.
Cependant, à l’application, le ministère a rencontré des
difficultés, puisque les commerçants importateurs de thé n’ont
pas paru comprendre et accepter les explications données par le bureau
du Modérateur de la concertation Etat/secteur privé.
En effet, le ministre de l’Industrie, des Investissements et du Commerce
veut relancer Farako et faire en sorte que ceux qui se sont spécialisés
dans l’importation du thé s’intéressent à la
valorisation de notre potentiel à Farako. Pour le ministère, "cette
unité rénovée et renforcée sera capable à raison
de 10 % d’augmentation de production par an, de couvrir en l’espace
de dix ans, la consommation nationale de thé en rendant le Mali autosuffisant.
Pour les autres infusions, il n’existe pas de problèmes de production".
On estime les besoins du Mali en emballages d’infusions et de thé à environ
800 millions d’unités pour une valeur estimée entre 4 à 5
milliards de F CFA. Ces emballages (sachets, dosettes, etc.) peuvent parfaitement être
fabriqués par au moins deux entreprises d’imprimerie du Mali. Dans
ces conditions, les entreprises de production d’infusion devront commander
ces sacs d’emballage auprès des entreprises maliennes au lieu de
les importer comme c’est le cas actuellement. Un délai de 3 mois
est accordé aux producteurs pour s’approvisionner auprès
des fournisseurs locaux.
" Pour les produits de grande consommation comme le riz, le sucre, l’huile,
le lait, la farine, le ciment, les engrais, etc., le Mali parviendra à couvrir
par lui-même, ses besoins de consommation et de dégager le cas échéant
des excédents qui seront destinés à l’exportation.
Nous pouvons gagner ce pari", pense le ministre.
Alexis Kalambry
Acceuil
RESULTATS
DE LA PRESIDENTIELLE
Les Guinéens s’impatientent
Quatre jours après le 27 juin 2010 au cours duquel plus de 80 % des électeurs
se seraient rendus dans les urnes, les Guinéens restent toujours dans
l’attente des résultats.
La Céni, seule institution habilitée à proclamer les résultats,
en est toujours au dépouillement, à la centralisation et à la
vérification des résultats au niveau des bureaux de vote, des circonscriptions électorales
et du bureau de centralisation national.
Une phase très importante, car il s’agit d’aboutir comme le
souhaitent les observateurs nationaux et internationaux ainsi que les organisations
de la société civile et les associations des droits de l’homme, à des
résultats crédibles et acceptés de tous.
Pour le moment, la ville est très calme, il n’y a pas de manifestation
ni de violence sur le terrain. Les leaders des partis politiques appellent leurs
militants au calme. Tout le monde a le regard tourné vers la Céni,
qui n’est toujours pas prête à donner les premières
tendances. Les résultats qui étaient prévus 72 h après
le scrutin conformément au code électoral, ont été reportés à ce
vendredi 2 juillet 2010 pour des raisons d’ordre logistique, technique
et sécuritaire.
Dix-sept partis politiques, réunis en coalition, dénoncent des
fraudes massives dans des bureaux de vote à Kankan, Matoto, Coyah, Siguiri
et dans beaucoup de préfectures de Conakry.
Selon le candidat de l’Union démocratique de Guinée (UDG),
El hadj Mamadou Sylla que nous avons interrogé sur le déroulement
du scrutin, "plusieurs cas de fraudes ont été découverts.
Aux cas où elles s’avèrent, il y a un risque d’annulation
du scrutin. Nous demandons à la Céni d’être objective".
L’ambassade des Etats-Unis d’Amérique (USA) indique que les
contestations des partis politiques sont en contradiction avec les rapports des
missions internationales. Selon l’ambassadeur américain, Mme Patricia
Moller, "les élections de ce dimanche ont été une réussite
remarquable pour le peuple guinéen. Ceux qui voient décliner leurs
chances politiques ne devraient pas tenter d’entraîner vers le bas
la légitimité de ces élections".
Anne-Marie Kéita
(envoyée spéciale)
PRESIDENTIELLE GUINEENNE
La société civile révèle
des tentatives de fraude
Si le vote s’est déroulé dans le calme et la sérénité,
le Conseil national des organisations de la société civile guinéenne
(CNOSCG) révèle cependant des tentatives de fraudes dans certains
bureaux de vote.
Le CNOSCG qui s’est impliqué dans l’organisation des élections
a mis en place un dispositif d’observation permettant de disposer d’un
regard objectif et critique sur le processus électoral et le scrutin.
Ainsi, le jour du scrutin, quelques tentatives de fraudes ont été découvertes,
mais déjouées grâce à la vigilance des 964 observateurs
de la société civile déployés sur tout le territoire
national.
Selon les informations recueillies auprès de ces observateurs, dans la
Commune de Ratoma, les enveloppes des bureaux de vote numéro 440 à 447
ont été ouvertes, selon le constat de la commission de centralisation.
Il y a eu tentative d’un chef de quartier de faire voter 63 personnes à l’aide
de cartes d’électeur non délivrées.
Dans la Commune de Matoto, dans les bureaux de vote n°116, il a été constaté un écart
de 98 voix entre le suffrage exprimé lors du dépouillement et celui
retrouvé au moment de la centralisation des résultats.
A Kankan, et plus précisément à Farako 2 dans le bureau
de vote n°376, deux résultats différents pour le même
bureau ont été transmis à la commission de centralisation.
A Dar Salam, il y a eu plus de votants que d’inscrits et à Coyah,
le détournement des résultats par les membres du bureau de
vote.
Bien que ces tentatives aient été déjouées, certains
partis politiques comme le parti du Rassemblement du peuple de Guinée
(RPG), l’Union des forces républicaines (UFR) et l’Union des
forces démocratiques de Guinée (UFDG) dénoncent des
fraudes.
Ils entendent utiliser des voies légales pour contester les résultats.
Déjà les militants des partis politiques sont impatients de connaître
les résultats provisoires de ce 1er tour qui devaient être disponibles
dans les 72 heures qui ont suivi le vote.
Anne-Marie Kéita
(envoyée spéciale)
PRESIDENTIELLE GUINEENNE
La Céni appelle au calme et à la sérénité
La Commission électorale nationale indépendante (Céni) guinéenne,
l’organe chargé de l’organisation des élections, s’est
adressée à la presse pour donner ses impressions de ce 1er
tour.
Selon le directeur technique de la Céni, c’est la première
fois qu’une élection libre et acceptable par tous est organisée
en Guinée.
" C’est la première fois que les candidats à l’élection
présidentielle ne donnent pas l’ordre d’un boycott électoral.
C’est la première fois qu’une commission électorale
indépendante organise des élections. Et je puis vous dire que nous
n’avons pas enregistré de dérapages ni à l’intérieur
ni aux alentours des bureaux de vote".
Les missions internationales d’observation, dans un communiqué conjoint,
appellent les candidats et leurs sympathisants à attendre les résultats
complets et définitifs dans la même atmosphère de sérénité et
de tolérance qui a prévalu durant la campagne électorale,
et à utiliser exclusivement les moyens légaux pour résoudre
tout contentieux.
Aux dires du directeur technique, l’élection présidentielle
du dimanche 27 juin 2010 apporte une preuve de la détermination du peuple
guinée à choisir librement ses dirigeants, ouvrant ainsi une nouvelle ère
en Guinée.
Le chef des missions internationales d’observation électorale a
souligné que le processus électoral est loin d’être
achevé avec la clôture des bureaux de vote et qu’il passe
maintenant à la phase essentielle des opérations de décompte,
de centralisation et d’annonce des résultats provisoires et définitifs.
Il a ensuite rappelé le message du 26 juin 2010 du président de
la Transition, le général Sékouba Konaté, qui a invité chacun
des candidats à privilégier la paix et l’intérêt
supérieur du peuple guinéen.
Anne-Marie Kéita
(envoyée spéciale)
Acceuil
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